Puy Story

Histoire d'une région.

R. Liegeois - La Belle et le Ménestrel, Les Légendes Chevaleresques

Posté par Puystory à 00:20 - Richard - Commentaires [1] -


1. Le premier Puy du Fou.

Puy du Fou 2011 - 2118

Tous les auteurs ayant écrit sur le Puy du Fou font dériver ce nom du latin "Puy" élévation, podium, hauteur surplombant toute la région.
Pour la première partie de ce nom, c'est vraisemblable, mais la seconde "Le Fou" en vieux français désignait un "hêtre", peut-être le seul de toute cette région où il n'en existe pas aujourd'hui.
Un hêtre, qui par sa rareté, ses proportions, était considéré comme un arbre sacré.

PUY_0495

En 1632, lorsque Gabriel du Puy du Fou dressa la généalogie de sa maison, il consulta les sommités de l'époque et le savant bénédictin Besly, lui écrivant le 25 juillet 1632 s'arrêtait à cette origine latine.
Depuis, tout le monde à emboité le pas derrière Besly.
Cette petite colline dominait le vieux "Bourg Bérart", blotti à ses pieds.
N'oublions pas que nos lointains ancêtres étaient de fervents adorateurs du "Dieu Soleil".
Ce Soleil que les habitants du Bourg Bérart voyaient chaque matin se lever sur cette colline où plus tard s'élèvera le premier Puy du Fou.

PUY_2264

Le Soleil que nos ancêtres appelaient "Bel" ou "Belen", et auxquels de nombreux lieux-dits sont consacrés.
N'avons-nous pas jouxtant le Puy du Fou, le lieu-dit de "Belair", lieu consacré au Dieu "Bel", le Grand Dieu Solaire.
Les Irlandais lui consacraient la Fête du 1er Mai, ou "Beltaine" (Feu de Bel), et la plupart des hauts lieux lui étaient réservés.
Dans la nuit du Noël chrétien, qui correspondait à la nuit du solstice d'hiver, les Gaulois allumaient des feux sur les lieux élevés en l'honneur du Dieu Soleil.
Peut-être eut-il sur la colline du Vieux Puy du Fou, des feux autour desquels des danses rituelles se déroulaient toute la nuit.
La nuit du 1er au 2 novembre, Fête du Feu était aussi la Fête des Défunts.
Les feux de la Saint-Jean, sont les feux de l'ancienne Fête Gauloise du Soleil.
Ce culte "Solaire" a laissé des traces profondes dans les noms de lieux de notre région.
Les innombrables toponymes qu'on peut trouver dans notre Haut-Bocage, sont bien en rapport avec le Soleil. Cette région du Puy du Fou, des Herbiers, est-ce "Le Pays du Soleil" ?

DSC_6425

Alors le Puy du Fou ….."Colline du Soleil", "Colline du Feu".
Doit-on prendre en considération cette hypothèse, si l'on veut sortir des sentiers battus ?
Mais revenons à notre Puy du Fou primitif.
Les invasions barbares, vers la fin du 3ème siècle de notre ère, obligèrent les habitants des Bourgs à construire sur les escarpements des ouvrages défensifs.
Ce fut certainement le cas pour les habitants du Bourg Bérart, et notre premier "Puy du Fou" fut certainement le suprême refuge de ses habitants en cas de siège.

Donjon Imaginaire 15

Peut-être d'abord un souterrain-refuge, qui fut le premier système défensif de nos lointains ancêtres.
Puis autour on creusa des fossés, on dressa des palissades faites de pieux entrelacés de branchages et enfin on éleva une tour de bois.
Le premier donjon, le premier château du Puy du Fou.
De ces fortifications qui ont pu être dressées pendant la période mérovingienne ou carolingienne, il ne subsiste rien.
Alors, à partir du Xème et des XIème siècles, dans tout l'Ouest de la France se dressa des fortifications de pierres, donjons carrés ou rectangulaires, dont quelquefois les murs sont renforcés par des contreforts plats.

PUY_4105

Voyez le donjon rectangulaire des Herbiers.
Au XIe siècle, c'est l'époque des donjons romans, une tour carrée, avec aux angles ces massifs cylindriques, et au centre des contreforts intermédiaires, souvent eux-mêmes en demi-cylindre.
A partir du XIIIe siècle, les châteaux se multiplient.
Autour d'un donjon, souvent intérieur, se développent une ou plusieurs enceintes, dont les courtines sont flanquées de tours rondes.
Souvent le donjon est l'une de ces tours.
Et ce fut certainement pareil pour le Puy du Fou, dont les ruines se dressent encore sur la " Colline du Soleil". En 1810, M. Poëy d'Avant (1792-1864), visitait ces ruines et il y voyait quelques vestiges de tours.
P. Lelièvre y découvrait la base de quelques tours "dénotant l'architecture militaire du Xème ou du XIème siècle.

Balois 043

Posté par Puystory à 00:01 - PUY DU FOU - Commentaires [0] -

1. Histoire du Village des Ouches (1/5)

Cine1606020009

Thibaud abattait le bois mort dans la forêt.
C'était un des bûcherons chargés par le Seigneur Renaud d'approvisionner les bûchers du château du Puy du Fou.
En vertu des droits seigneuriaux et des corvées qu'ils avaient à acquitter, une dizaine de paysans, choisis parmi les plus jeunes et les plus vigoureux du village, se trouvaient disséminés dans la forêt.
Ils devaient, outre ce que les cuisines seigneuriales consumaient chaque jour, pourvoir de tout le bois nécessaire, les cheminées monumentales du manoir.
Chaque année, des charretées de troncs énormes venaient s'engloutir dans les âtres toujours flambants... et le travail de tous ces hommes suffisait à peine à la consommation...!
Thibaud était un beau gars de vingt ans, la peau brunie par la vie au grand air ; un peu maigre, certes, mais vaillant à l'ouvrage.
Dès l'aube, il était parti des Ouches, emportant dans un pot de grès, son repas de la journée.
Arrivé dans la forêt, il avait ôté sa veste de bure, avait saisi sa cognée et s'était attaqué à un vieux chêne dont le dernier orage avait foudroyé la cime.
A peine, vers l'heure de midi, s'était-il interrompu un moment pour le repas...
Il savait bien qu'il fallait travailler sans relâche...
Sans se laisser distraire un instant, sans reprendre haleine, il faisait voler sa cognée, frappant l'arbre au pied, entaillant la dure écorce qui s'éparpillait au loin en éclats.
Tout à coup, au plus fort de sa tâche, un bêlement plaintif le fit sursauter et il suspendit son geste.

Puystory_02012

Il regarda autour de lui sans rien voir...
Il crut s'être trompé...
Tout le bétail du village n'était-il pas aux communaux, bien loin de là ?...
Thibaud soulevait de nouveau sa cognée quand un autre bêlement tremblant se fit entendre ...
Cette fois, il posa son outil et se dirigea vers le bruit.
Il déboucha dans un espace découvert où croissaient de jeunes plants de châtaigniers.
Un mouton était là, broutant des pousses nouvelles...
De temps en temps, la bête s'arrêtait et poussait un cri de détresse.
Un signe en forme de "A" timbrait en noir la blancheur sale de sa toison.
Thibaud ne savait pas lire, mais il ne pouvait se tromper à cette marque... c'était celle de la Seigneurie d' Ardelay ...!
Connaissant les éternels dissentiments qui divisaient les deux domaines, il décida d'agir...
Il courut à l'animal et réussit, non sans peine, à le charger sur ses épaules.
Résolument, il se dirigea vers Ardelay et atteignit le Petit Lay, limite à ne pas franchir...
Il aperçut sur la rive opposée un troupeau de moutons et, à quelques pas, une quenouille au côté, une jeune fille filant la laine.

PUY_0554

Le bûcheron franchit le cours d'eau, déposa le mouton qui, tout joyeux, alla rejoindre le troupeau en quatre bonds...
Thibaud se dirigea vers la jeune fille...
Petite et mince, elle n'avait guère plus de seize ans.
Ses cheveux blond roux, relevés sur le front, étaient noués sur sa nuque avec une brindille de roseau.
Des taches de rousseur criblaient ses joues, son cou, ses bras.
A l'approche du garçon, elle releva la tête, puis la baissa tout aussitôt filant avec une ardeur redoublée. Thibaud la reconnut très vite...
C'était la petite Guillaumette...
Si jolie, si fraîche...
Il l'avait déjà aperçue et son image l'avait parfois troublé dans la solitude de la forêt...
"Ça, Guillaumette", dit Thibaud,
"tu veux donc que nos maîtres soient en guerre que tu laisses tes moutons vaquer chez nous ?".
Il s'arrêta, attendant sans doute une réponse, mais la bergère se tut.
- "Eh bien !", reprit-il, "tu ne me remercies pas ?".
"Si", répondit-elle, toute rougissante, les yeux obstinément fixés sur son ouvrage.
"Guillaumette, surtout, ne sois pas inquiète ... je ne dirai rien ... ce sera notre secret"
"Allez, topes-là pour sceller notre accord".
La petite tendit timidement une main que le jeune homme prit doucement dans les siennes.
Ils se regardèrent longuement...
Que d'aveux retenus et de promesses cachées dans ce regard !...
Que de craintes, aussi ! ...
Y avait-il un avenir pour eux ?
Elle, la bergère d 'Ardelay et lui, le bûcheron du Puy du Fou ?

Posté par Puystory à 00:10 - Petites histoires au Puy du Fou - Commentaires [0] -