Puy Story

Histoire d'une région.

De toits en toits

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Posté par Puystory à 21:01 - GRAND PARC - Commentaires [2] -


Il faisait bon vivre chez nous !

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J'habitais une ferme adossée au versant d'un coteau dominant les prairies et les terres qui s'étendaient jusqu'à une petite rivière.
Au milieu de la grande cour, entre la remise et l'étable se dressait une construction en pierres de granit burinées par le temps.
On y pénétrait par une petite porte à deux battants qui ouvrait sur un large couloir au fond duquel s'élevait un escalier de bois.
A gauche, la vaste cuisine éclairée seulement de deux étroites fenêtres.
Au plafond, de grosses poutres noircies.
Pour nous, la cuisine, c'était un lieu privilégié, c'était la "maison".
En effet, c'était là que la famille séjournait le plus longtemps pour les repas, les veillées.
C'était aussi là que j'ai grandi avec mes frères et sœurs.
Je me souviens encore de la haute cheminée devant laquelle je venais souvent me réfugier.

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Au-dessus de moi, pendaient toute l'année, trois ou quatre jambons et une trentaine d'andouilles fumées, accrochées au conduit.
Elles attendaient là, la saison des foins pour être consommées, comme le voulait la coutume.
Une petite étagère de bois faisait le tour de la hotte et portait les objets les plus hétéroclites, posés sans aucune recherche.
Chandeliers en cuivre, et en étain de chaque côté d'une croix, une vierge de faïence aux couleurs vives, une pyramide de morceaux de savon à sécher, des lanternes….
Mon grand-père venait toujours se reposer dans un fauteuil à droite de la cheminée entre la salière et son lit qui occupait le coin.

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Le long du mur suivaient deux autres lits à rideaux placés côte à côte et prenaient beaucoup de place dans la pièce.
A la tête de chaque lit était fixé un bénitier, entouré d'images pieuses de la Vierge et du Sacré-Cœur.
Au milieu de la pièce, une lourde table retrouvait son équilibre sur un sol de terre battue, grâce à plusieurs petites plaquettes de bois posées sous les pieds.
Un pain de ménage enveloppé d'une toile rustique reposait sur la table à côté d'un pichet.
Je revois encore ma mère, avec son tablier rayé debout, surveillant les plats qu'elle faisait réchauffer sur la braise.
Non loin d'elle, sur la plaque de cheminée des "ponnes" (cuves en terre cuite) à demi-pleine de lait, le chauffe-pieds de grand-mère et les ustensiles de cheminée.
Et puis, un chat dormait sur un "paillasson" à côté du chien de la maison.
La vielle horloge s'étirait le long du mur blanchi à la chaux.

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Elle avait déjà marqué bien des heures de la vie de notre famille et continuait à battre de son tic-tac les activités journalières.
Chaque dimanche matin, mon grand-père la remontait dans un cérémonial religieux.
Je ne voudrais pas oublier les objets disparates cachés sous les lits et qu'un regard indiscret permettait de remarquer… des sabots, des souliers, des fuseaux de lin et les vanneries inachevées de la dernière Veillée.
On pouvait encore apercevoir des paniers accrochés au plafond, le porte-cuillers où l'on rangeait les couverts après chaque repas.

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Comme dans la plupart des maisons de ferme, il y avait la "grande chambre" meublée de deux ou trois lits, d'un vaisselier aux assiettes dessinées et d'une armoire spacieuse où s'entassait des piles de draps.
J'aimais particulièrement grimper au grenier qui s'étendait sur toute la longueur de la maison.
Il était éclairé par de petites ouvertures et il y régnait une odeur bien caractéristique des récoltes, de graminées et de mogettes, le tout disséminé en tas sur le plancher.
De temps en temps, les hommes venaient les brasser avec des pelles de bois, pour les faire sécher.
J'aimais les aider.

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La maison de mon enfance ?
Pour moi, c'est la grande cheminée où nous aimions faire jaillir les étincelles des bûches qui se consumaient. Ce sont les meubles sentant bon la cire d'abeille.
Ce sont encore les repas, les veillées, les fêtes de famille..; toute une vie régulière rythmée aux heures du jour, des saisons, des fêtes et des travaux…
Chez nous, j'avais une impression de calme, de joie sereine après les rudes journées de labeur, d'un tranquille bien-être dans lune maison accueillante, véritable havre de paix et de confiance pour l'enfant que j'étais.
Il faisait bon vivre chez nous !

Jacques Maupillier (Garde)

Posté par Puystory à 00:20 - Parole de Jacques Maupillier - Commentaires [2] -

Archéologie du Vieux château.

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Le vieux château comme celui de la Belle au Bois dormant était perdu au fond des bois.
Ce château abandonné depuis plusieurs siècles était un terrain vierge, jamais fouillé et recouvert d'une végétation dense.
Il s'agit du 1er château du Puy du Fou, perdu dans les bois, à quelques centaines de mètres du château Renaissance actuel.
Les murailles se sont effondrées en cône et ont été recouvertes de végétation et seuls les vestiges d'une petite tour et des mouvements de terrain indiquaient la présence de cette forteresse qui a défié les Anglais pendant la guerre de Cent Ans.
Contrairement à ce que l'on pouvait croire à l'époque, il restait des vestiges importants.

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Une fouille de sondage effectuée en mai 80 a permis de faire ressortir de l'oubli, et de mesurer l'importance de cette fortification.
Abandonnée depuis la fin du XIVème siècle, époque à laquelle elle a été détruite par les Anglais, elle avait été oubliée sur toutes les cartes et des relevés cadastraux.
Le Club Archéologique la fait ressortir de l'oubli.
Avec du courage et beaucoup de temps, il a été possible de dégager des murailles de plusieurs mètres de hauteur.

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Après avoir "refait" le chemin d'accès et déboisé tout l'intérieur de la fortification jusqu'au premier fossé, l'ensemble est assez impressionnant !
Après avoir observé avec attention les mouvements de terrain, deux tours d'inégale importance ont été observées qui défendaient probablement l'accès au nord, et un talus d'éboulis, en forme de fer à cheval, qui délimite l'enceinte à la manière d'une cuvette.
Dégagées de la végétation envahissante et de l'amoncellement des décombres (terre, pierres, tuiles...), les murailles se découvrent petit à petit, et le château surgit, tel un champignon !...

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La fouille de sondage a permis, de retrouver la trace de deux constructions, et de dégager l'amorce intérieure du rempart.
Distantes de 11,10 m, elles étaient jointes par un rempart de fermeture, dont il ne reste que deux pans de mur attenants. 
Il s'agit davantage d'une enceinte fortifiée que d'un château traditionnel.

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Le sondage pratiqué au pied de la tour N.E., côté intérieur de l'enceinte, a permis de trouver l'aplomb de cette tour, avec le début du rempart attenant.
Cette tour est la partie la plus imposante visible de l'ensemble de la fortification. 
Le tout très bien ajusté, avec encore des traces d'enduit, et reposant sur le rocher, 2,40 m plus bas.

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Cette tour est ronde, et mesure 9 m de diamètre extérieur, pour une ouverture centrale de 3,10 m.
L'épaisseur des murs est d'environ 3 m.
Elle est creuse, d'un diamètre intérieur de 3,10 m 
La tour devait monter très haut, à la manière d'un donjon.
Etait-ce un donjon habité ?
Probablement pas, étant donné le faible diamètre intérieur qui n'aurait pas permis d'y habiter commodément.
D'ailleurs, il n'a été pas trouvé trace d'escalier à l'intérieur...

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Ce devait être plutôt une tour de guet, d'une très grande hauteur, et de son sommet le guetteur pouvait surveiller les approches de l'ennemi dans toute la campagne environnante.
La partie du rempart mise au jour est rectiligne, formée avec des pierres plates positionnées horizontalement, s'appuyant d'un côté sur la tour et s'enfonçant, côté Sud, dans le talus d'éboulis.
Vraisemblablement l'enceinte devait se présenter en pans coupés, à la manière d'un hexagone, avec de petites tours, à chaque changement de direction du rempart comme l'indique l'épaisseur plus importante du talus à ces endroits-là.

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Les textes sont très pauvres sur le 1er château du Puy du Fou.
Il aurait été détruit par les Anglais vers 1421.
L'écroulement de la tour, commencé par les envahisseurs de 1421, a dû se continuer progressivement par l'action des intempéries (le gel, la pluie, les tempêtes...), et surtout les racines, qui se sont infiltrées partout, ont largement contribué à continuer l'œuvre destructrice des anglais.
N'oublions pas aussi tous ceux qui sont venus ici chercher de la pierre à bâtir !
Un certain nombre d'aveux du XVIIème siècle émanant de la famille des Puy du Fou, font mention des vestiges de fortifications, d'une ancienne chapelle de la Madeleine, d'une agglomération proche, le "Bourg-Bérard".
Le Club espérerait faire des découvertes intéressantes d'objets datant du Xème aux XIVème siècles, période médiévale très mal connue.

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A l'époque, on remarquait, que cette enceinte surplombait une rivière, sur laquelle une retenue d'eau permettait de faire monter le niveau, afin de décourager les assaillants de ce côté, il devait même y avoir des postes de défense avancés, de chaque côté du fossé (devenu chemin depuis...) qui descend très raide sur la rivière.
Les recherches dépasseront les espérances en découvrant des objets datant de la préhistoire.
Nous en reparlerons bientôt.

Posté par Puystory à 00:02 - Archéologie - Commentaires [2] -