Puy Story

Histoire d'une région.

Dans la tour

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Continuons notre aventure archéologique au Puy du Fou par la découverte de la grande tour du vieux Château.
Cette grande tour est creuse, avec un diamètre intérieur de 3,15 m, et une épaisseur de mur d'une moyenne de 2,75 m, sauf au niveau de la partie plate (jonction du rempart), où l'épaisseur atteint 2,90 m.
Ce qui nous fait un diamètre moyen extérieur de 8,65 m.
Vidée entièrement sur une profondeur de 5,00 m, elle représente un volume total d'environ 39 m3.
La partie Est de la construction restante est plus élevée (d'un mètre environ) que la partie Ouest.

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Le lierre enlevé, l'arrondi de la tour est apparu nettement, avec un léger basculement de l'aplomb vers l'intérieur, et un trou correspondant à des arrachements de pierre un peu au-dessous du nivellement de la partie Ouest.
Les parties Sud et Nord présentent 2 passages en vis-à-vis, par lesquels les curieux accédaient au sommet de la tour.
A 5,85 m, se trouve le rocher de fondation.
Il n'y a aucune trace d'escalier sur tout le pourtour dégagé.
Vers le milieu de la tour, quatre pierres taillées, de belle dimension, tombées à l'intérieur auraient pu servir de "corbeau" à destination de poutres pour un éventuel plancher.

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Cette tour présente 2 niveaux d'occupation très caractéristiques : l'un très haut placé

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Le niveau 1 avec des fragments de poterie (15ème-16ème siècle), beaucoup d'ossements de petits animaux (lapin, jeune chien...), du charbon de bois, un couteau de table avec manche en corne riveté en cuivre (longueur 192 mm).
L'autre niveau d'occupation, tout au fond (niveau 5) a livré des suites de poterie permettant de reconstituer 2 cruches et un fond de vase (13ème-14ème).
Il y avait également des clous de charpente, du charbon de bois dont certains fragments faisaient 20 cm de long, 3 gros morceaux de ferraille oxydés (15 cm de long) non identifiables actuellement, et beaucoup d'ossements d'animaux (lapin, cerf, porc...).
Le niveau 2 était constitué par d'énormes pierres enchevêtrées avec un peu de terre dans les alvéoles, et quelques fragments de poterie du niveau supérieur qui s'étaient infiltrés.
Le niveau 3 est apparu plus tassé, avec des pierres moins grosses, beaucoup de fragments de tuiles, des clous de charpente, et de la terre granuleuse.
Le niveau 4 était essentiellement constitué par un lit de tuiles de 0,20 m, les unes d'un rouge très vif, d'autres roses pâle ou ocre.
Certaines avaient dû subir l'action de l'incendie, car elles paraissaient recuites, avec des reflets irisés... Certains fragments étaient très lisses, et d'autres très poreux...
Quelques- unes sont presque entières.
Le niveau 5, tout à fait au fond de la tour, dans un niveau d'occupation caractéristique, avec clous de charpente, charbon de bois assez important, gros ossements d'animaux, de nombreux tessons sont apparus, appartenant à 3 poteries différentes, dont 2 sont pratiquement complètes
Le niveau 6 est un mélange de terre battue et de roche granitique en décomposition.
Quelques inclusions de charbon de bois en tous petits fragments.
Le niveau 7 est le rocher de fondation qui forme une sorte de cuvette au centre.

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Le mobilier :
D'abord les nombreuses tuiles découvertes nous indiquent que l'ensemble était couvert en tuiles creuses, puisque nous les trouvons partout, et pratiquement à tous les niveaux.
Il s'agit toujours de tuiles creuses, ou tuiles canal, dites "en tige de botte", de couleur rouge la plupart du temps.
Ce mode de couverture est très ancien.
Les romains utilisaient déjà cette tuile creuse (imbrex), en même temps que la tuile plate à rebord (tegula).
L'utilisation de tuiles creuses indique toujours une toiture (et donc une charpente...) à faible pente, en général inférieure à 30".
Nous datons celles-ci de la dernière phase d'utilisation de l'édifice, c'est-à-dire fin du 14ème début du 15ème siècle.
Elles sont très frustes et rugueuses.
Le niveau 5, avec 3 poteries, apparaît comme normal, et la première analyse nous fait penser au 13ème- 14ème.

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CONCLUSION :
L'intérieur dégagé de cette grande tour n'était sans doute pas habitable, puisqu'il n'y a aucune trace d'escalier, et que, par ailleurs, le diamètre intérieur est bien trop faible.
Il faut donc exclure l'hypothèse d'un donjon, et garder plutôt celle d'une tour de guet.
On devait quand même pouvoir descendre dans cette tour, sans doute au moyen d'une échelle...
La présence d'un niveau d'occupation, au fond, ainsi que les 2 parties du squelette de cerf, déposées dans l'excavation tout au fond (comme dans un garde-manger) donnent à penser que le fond de cette tour était utilisé.

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De la Préhistoire au Vieux château.

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Pendant les fouilles, le Club Archéologique du Puy du Fou pensait que ses recherches et ses décourvertes auraient été concentrées sur l'époque médiévale.
Or, un certain nombre de vestiges préhistoriques ont été découverts antérieur au Moyen-âge.
Les découvertes sont :
Une centaine de pièces, exclusivement lithiques (pierre transformés intentionnellement par les humains).
Ces pièces taillées montrent l'existence d'un minimum de deux occupations préhistoriques distantes de plusieurs millénaires.
La plus ancienne semble être du Mésolithique (10.000 à 5.000 av. J.C.).
On désigne ainsi, en Europe occidentale, la période qui suivit la fin des civilisations de grande chasse.
Le gibier, les troupeaux de rennes, ayant déserté nos régions devenues tempérées, consécutivement au réchauffement climatique survenu il y a une douzaine de milliers d'années.

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Les mœurs cynégétiques (Qui concernent la chasse) des hommes s'accommodèrent de compléments alimentaires divers obtenus par collecte.
Les végétaux prirent ainsi une part grandissante dans les menus d'alors, tandis que des proies jadis délaissées, comme les mollusques, offraient un appoint recherché en protéines animales.
La deuxième occupation du site correspond à la transition entre le Néolithique et les Ages des Métaux.
Le Néolithique, qui suit le Mésolithique, a vu les hommes se sédentariser et passer du stade de prédateur à celui de producteur par l'agriculture et l'élevage.
La liste des progrès accomplis dès cette époque est considérable.

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En fouille, ce qui saute aux yeux c'est la présence de la céramique, fragile car non tournée et souvent mal cuite, donc abondante dans les niveaux de cette époque, ainsi que la présence d'outils en pierre polie.
Les vestiges retrouvés au château médiéval, que l'on peut situer vers le milieu du troisième millénaire avant Jésus-Christ, sont contemporains des Cultures à vases campaniformes, ainsi dénommées en raison de la forme caractéristique, en cloche ("campana"), de leurs gobelets en céramique.
Ces premiers métallurgistes qui travaillent le cuivre et l'or inaugurent chez nous les Ages des Métaux par le Chalcolithique, même si certains menus objets métalliques circulaient déjà timidement à la fin du Néolithique.
Sur le site du Vieux château ont été retrouvés des objets pouvant appartenir à cette époque comme : des pointes de flèches à ailerons et pédoncule, une lame retouchée, des grattoirs, un nucleus sur galet de silex présentant les stigmates typiques d'un débitage au percuteur dur (pierre) sur une enclume, probablement de pierre.

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Le matériau lithique (ensemble d'objets en pierre transformés intentionnellement par les humains) utilisé par les préhistoriques au Puy-du-Fou est composé de silex provenant essentiellement de galets roulés, de quartzite fin venant très probablement de Montbert, près Geneston (Loire-Atlantique), ainsi que de phtanite, roche locale de qualité très variable, ressemblant à du jaspe.
Il est à souligner que les préhistoriques ne disposaient pas de gisements de silex autres que les galets d'alluvion, en Vendée.

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Le château de Saint Mesmin.

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En regardant le Donjon du Puy du Fou (spectacle Secret de la Lance), je ne peux m'empêcher de voir quelques similitudes avec le Château de Saint-Mesnin.
Mais partons à la découverte de ce château.

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Aux confins de la Vendée et des Deux-Sèvres, le château est situé au lieu dit "La Ville", en contrebas du grand axe routier POUZAUGESBRESSUIRE, au pied du ruisseau "Le Sévreau", affluent de la Sèvre Nantaise.
Il possède le charme d’une petite forteresse militaire alliée au souci de confort grandissant de la fin du Moyen-Age.

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Son donjon de 28 m est couronné de mâchicoulis, archères-canonnières, pont-levis et vestiges des hourds témoignent de l’architecture militaire de cette forteresse érigée durant la guerre de Cent ans.
Il semble qu'avant la construction du château, il y ait eu là un monticule antérieur, à caractère défensif, à la manière d'un "Oppidum".

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Le toponyme "La Ville" semble indiquer une agglomération rurale médiévale (en l'occurrence un hameau) que l'on peut raisonnablement situer du XIème siècle au milieu du XIIIème siècle.
Il serait intéressant de faire la comparaison avec l'appellation du bourg de Saint Mesmin tout proche : "SAINT MESMIN LE VIEUX", (appellation encore en place sur le bâtiment désaffecté de la gare) pour déterminer le plus ancien...

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Mesmin est un aveu de La Fosse en Mouilleron, du 20 juin 1360, au nom de Jean DE MONFAUCON, chevalier, seigneur de Saint Mesmin.
Le premier Seigneur connu de Saint Mesmin, serait aussi un Jean de Montfaucon, Chevalier, époux d'Arsène CHASTEIGNER, fille de Guillaume CHASTEIGNER, Seigneur de la Chasteigneraye, en 1244 (selon André Duchesne, géographe du Roy en 1634).
Saint Mesmin aurait été, à l'origine, un prieuré très ancien, dédié à Saint Maximin, dont on a fait Saint-Mesmin.
Le fief de Saint Mesmin relevait de la baronnie de Secondigny, qui appartenait au Seigneur de Parthenay.

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A cette époque, le château était entouré de douves en eau, alimentées par la rivière (encore existante) "le Sevreau" .
L'aveu du 13 mai 1375 fait été d'une "transaction entre Guillaume l'Archevêque, seigneur de Parthenay, et le seigneur de Saint Mesmin, pour raison de l'édifice ou fort construit audit lieu de Saint-Maymin sans congé dudit seigneur de Parthenay ledit seigneur de Saint Maymin étant son homme lige" (Archives Nationales RI 187).

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Guillaume l'Archevêque se reconnaît donc le droit, dès qu'il le voudra, de raser le château édifié sans "permis de construire".
Au XV siècle, deux textes (24 avril 1454 et 8 février 1456) semblent indiquer une certaine prospérité.
En effet, Guy de Montfaucon, Seigneur de Saint Mesmin, paie pour le rachat de ses fiefs une somme importante (300 livres tournois).
La famille Montfaucon fortifia le château en y ajoutant au 15ème siècle l’imposant donjon.

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Le château fut principalement un lieu de résidence.
De plus, il emploie un garde du sceau, deux notaires, et sa seigneurie est le siège d'une prévôté.
Du XIVème au XVIIIème siècle, sur l'ensemble des aveux consultés, il apparaît que le destin du château a été peu mouvementé.
Bernard Metz affirme que "son intérêt politique et stratégique ne dépasse pas l'horizon de la Seigneurie dont il est le centre".

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Au XVIIIème siècle, à la mort d'Alexis Henry PETIT (le 1er mars 1734) sa veuve fait apposer les scellés au château de Saint Mesmin, ce qui est l'occasion d'un inventaire intéressant : 34 lits, 12 tables, 7 tapisseries, 5 coffres, 4 miroirs...

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Cet inventaire, en définitive fait état d'un intérieur assez austère (pas de tableaux d'objets d'art, de bibliothèque... pas de meubles précieux...).
Le seul luxe paraît être l'argenterie !
L'effectif même du personnel de service est assez minime pour une demeure de cette importance : un jardinier, un cuisinier, une femme de chambre et deux servantes...

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Le grand intérêt de cet inventaire, nous indique la disposition intérieure du château et de son ameublement, mais il montre comment une famille de nobles campagnards du XVIIIème pouvait vivre dans une maison forte de la fin du Moyen Age.
A la Révolution Française, le Château était encore habité par une vieille demoiselle qui fut tuée lors du passage des Colonnes Infernales.
Le 27 janvier 1794, un détachement sous les ordres de Brisset incendia le château.

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La grosse tour seule et une partie des communs furent brûlés.
Les soldats eux-mêmes éteignirent le feu, sur le contre-ordre donné de conserver les bâtiments non encore atteints qui faisaient de vastes logements faciles à défendre au besoin".
Le 20 février 1796, une quarantaine de Vendéens s'enferme dans le Château de Saint Mesmin et résiste aux troupes républicaines pendant 4 jours, avant de se rendre contre promesse de la vie sauve.
Le château fut vendu comme bien national en 1798.

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En 1914 et 1915, un hôpital militaire fut créé au Château de Saint Mesmin par le Docteur Boismoreau et Mme Proust.
Il accueillit jusqu'à 59 blessés.

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Très exactement le château ne servit que pour les contagieux, les autres malades étant hébergés à l'Orangerie.
La chapelle du donjon fut remise en service à cette occasion, tandis que le local attenant au Logis servait de prison pour les convalescents récalcitrants.
Au cours de l'année 1915, l'hôpital fut supprimé pour raison d'hygiène.

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Le Château fut habité jusqu'en 1921 par une vieille dame qui occupait la partie ouest (cuisines), et qui mettait ses chèvres dans le Châtelet d'entrée (selon le récit de M. Paul Proust, dernier propriétaire).

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Le Château de Saint Mesmin a été inscrit, le 9 juin 1943, à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, à la fois en Vendée et en Deux-Sèvres, mais il connaîtra une lente dégradation.
La création de l’Association du Château de Saint-Mesmin a permis de redonner vie au château.

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En effet, en 1990, monsieur Paul Proust, le propriétaire, rétrocède le château et ses dépendances à l’association.
Elle va alors en assurer la conservation, (monument historique en 1993) la restauration et l’animation.
Situé sur la commune de Saint-André-sur-Sèvre, département des Deux-Sèvres, le château appartient depuis 2003 au Syndicat Mixte du Château de Saint-Mesmin.

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Sept familles possédèrent successivement la Seigneurie et le Château de Saint Mesmin :
Famille de MONTFAUCON (XIIIème - XVème siècle) : Loyse de Montfaucon, héritière de Saint- Mesmin, apporte la Seigneurie en dot à son ler mari, Charles du PLESSIS, Seigneur de la Bourgonnière.

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Famille du PLESSIS (XVIème siècle) : Jeanne du Plessis, héritière de Saint Mesmin, apporte la Seigneurie en dot à son 2ème mari, Georges de VAUDREY, Seigneur de SAINT PHAL.

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Famille de VAUDREY de SAINT PHAL : (1er moitié XVIIème siècle).
Vers le milieu du XVIIème siècle, la Seigneurie devient la propriété de Gilbert Petit.

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Famille PETIT de la GUIERCHE (2ème moitié XVIIéme siècle - 1755) : Françoise Petit, héritière de Saint Mesmin, apporta la Seigneurie en dot, le 2 septembre 1755, à Jacques VASSELOT.

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Famille VASSELOT (1755-1796) : Joseph-Armand Vasselot sera fusillé en 1796 par les Troupes Républicaines.
Le château fut vendu comme Bien National à Pierre Ters de Paris, ancien chirurgien du Roi Louis XVI, Le 6 Ventôse de l'AN VI, après l'extinction de la 3ème bougie, pour la somme de 1.000.000 francs de l'époque.

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Famille TERS (1806-1818) : Le château fut revendu, le 9 août 1818 à M. PROUST, ancien Receveur Général des Deux-Sèvres.

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Famille PROUST (1818-1990) : Paul PROUST s'est dessaisi du Château de Saint Mesmin, le 13 septembre 1990, pour le franc symbolique, en faveur de l'Association ACHASME, dont le Président est le Maire de Saint Mesmin.

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Archéologie du Vieux château.

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Le vieux château comme celui de la Belle au Bois dormant était perdu au fond des bois.
Ce château abandonné depuis plusieurs siècles était un terrain vierge, jamais fouillé et recouvert d'une végétation dense.
Il s'agit du 1er château du Puy du Fou, perdu dans les bois, à quelques centaines de mètres du château Renaissance actuel.
Les murailles se sont effondrées en cône et ont été recouvertes de végétation et seuls les vestiges d'une petite tour et des mouvements de terrain indiquaient la présence de cette forteresse qui a défié les Anglais pendant la guerre de Cent Ans.
Contrairement à ce que l'on pouvait croire à l'époque, il restait des vestiges importants.

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Une fouille de sondage effectuée en mai 80 a permis de faire ressortir de l'oubli, et de mesurer l'importance de cette fortification.
Abandonnée depuis la fin du XIVème siècle, époque à laquelle elle a été détruite par les Anglais, elle avait été oubliée sur toutes les cartes et des relevés cadastraux.
Le Club Archéologique la fait ressortir de l'oubli.
Avec du courage et beaucoup de temps, il a été possible de dégager des murailles de plusieurs mètres de hauteur.

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Après avoir "refait" le chemin d'accès et déboisé tout l'intérieur de la fortification jusqu'au premier fossé, l'ensemble est assez impressionnant !
Après avoir observé avec attention les mouvements de terrain, deux tours d'inégale importance ont été observées qui défendaient probablement l'accès au nord, et un talus d'éboulis, en forme de fer à cheval, qui délimite l'enceinte à la manière d'une cuvette.
Dégagées de la végétation envahissante et de l'amoncellement des décombres (terre, pierres, tuiles...), les murailles se découvrent petit à petit, et le château surgit, tel un champignon !...

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La fouille de sondage a permis, de retrouver la trace de deux constructions, et de dégager l'amorce intérieure du rempart.
Distantes de 11,10 m, elles étaient jointes par un rempart de fermeture, dont il ne reste que deux pans de mur attenants. 
Il s'agit davantage d'une enceinte fortifiée que d'un château traditionnel.

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Le sondage pratiqué au pied de la tour N.E., côté intérieur de l'enceinte, a permis de trouver l'aplomb de cette tour, avec le début du rempart attenant.
Cette tour est la partie la plus imposante visible de l'ensemble de la fortification. 
Le tout très bien ajusté, avec encore des traces d'enduit, et reposant sur le rocher, 2,40 m plus bas.

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Cette tour est ronde, et mesure 9 m de diamètre extérieur, pour une ouverture centrale de 3,10 m.
L'épaisseur des murs est d'environ 3 m.
Elle est creuse, d'un diamètre intérieur de 3,10 m 
La tour devait monter très haut, à la manière d'un donjon.
Etait-ce un donjon habité ?
Probablement pas, étant donné le faible diamètre intérieur qui n'aurait pas permis d'y habiter commodément.
D'ailleurs, il n'a été pas trouvé trace d'escalier à l'intérieur...

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Ce devait être plutôt une tour de guet, d'une très grande hauteur, et de son sommet le guetteur pouvait surveiller les approches de l'ennemi dans toute la campagne environnante.
La partie du rempart mise au jour est rectiligne, formée avec des pierres plates positionnées horizontalement, s'appuyant d'un côté sur la tour et s'enfonçant, côté Sud, dans le talus d'éboulis.
Vraisemblablement l'enceinte devait se présenter en pans coupés, à la manière d'un hexagone, avec de petites tours, à chaque changement de direction du rempart comme l'indique l'épaisseur plus importante du talus à ces endroits-là.

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Les textes sont très pauvres sur le 1er château du Puy du Fou.
Il aurait été détruit par les Anglais vers 1421.
L'écroulement de la tour, commencé par les envahisseurs de 1421, a dû se continuer progressivement par l'action des intempéries (le gel, la pluie, les tempêtes...), et surtout les racines, qui se sont infiltrées partout, ont largement contribué à continuer l'œuvre destructrice des anglais.
N'oublions pas aussi tous ceux qui sont venus ici chercher de la pierre à bâtir !
Un certain nombre d'aveux du XVIIème siècle émanant de la famille des Puy du Fou, font mention des vestiges de fortifications, d'une ancienne chapelle de la Madeleine, d'une agglomération proche, le "Bourg-Bérard".
Le Club espérerait faire des découvertes intéressantes d'objets datant du Xème aux XIVème siècles, période médiévale très mal connue.

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A l'époque, on remarquait, que cette enceinte surplombait une rivière, sur laquelle une retenue d'eau permettait de faire monter le niveau, afin de décourager les assaillants de ce côté, il devait même y avoir des postes de défense avancés, de chaque côté du fossé (devenu chemin depuis...) qui descend très raide sur la rivière.
Les recherches dépasseront les espérances en découvrant des objets datant de la préhistoire.
Nous en reparlerons bientôt.

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Le club archéologique du Puy du Fou

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Créé le 20 septembre 1978 dans le cadre de l'Association pour la mise en valeur du Château et du Pays du Puy du Fou, le club historique et archéologique s'était vu rattaché, l'année suivante (juillet 1979), à la Section culturelle de l'Association.
Plus tard, il changera de dénomination en devenant : Centre de Recherche Médiévales dont le siège est au Château d'Ardelay. 
Les recherches archéologiques ont d'abord porté sur le château du Puy du Fou, puis très vite elles se sont orientées sur la découverte de la première demeure des du Puy du Fou, dans les bois, à quelques centaines de mètres de l'autre château, avec la mise en valeur d'une enceinte fortifiée (XIème-XIVème siècles) recouvrant les vestiges de deux occupations antérieures.

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Le Club s'est également étendu à d'autres fouilles sur des sites de la proche région comme, le donjon de Châteaumur, chapelle de l'Elu à La Verrie, château d'Ardelay, abbaye de la Grainetière, chapelle Saint-Jean aux Epesses, vieille église de Mesnard-la-Barotière, donjon de Pouzauges.....
Par ce club, l'équipe de bénévoles, complétée par le petit groupe de salariés, a apporté ainsi sa contribution au patrimoine culturel du pays en mettant en valeur les trésors enfouis.

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Quand on parle CLUB ARCHEOLOGIQUE, souvent, une image s'impose à notre esprit.
On pense systématiquement FOUILLES, c'est ce que l'on voit, c'est ce que l'on peut toucher, mesurer... et ce, armé de truelles, pinceaux, cottes et bottes poussiéreuse à boueuse.
La fouille, c'est donc la partie concrète, mais c'est une toute petite partie du travail.
Une fouille ne s'improvise pas.

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Elle exige une préparation de longue haleine.
a) Les préparations à la fouille.
b) L'étude du "mobilier" (les éléments trouvés).
c) La synthèse des réalisations.
Il peut paraître farfelu de ramasser soigneusement une coquille de moule pour la classer, la numéroter...
Cependant une étude rigoureuse de ces éléments peut nous donner les renseignements suivants :
1) La date à peu près exacte des modifications des locaux.
2) Une idée du type d'alimentation au château.
3) Le type de coquillage peut nous donner sa provenance et nous pouvons en déduire les relations commerciales et la nature de l'exploitation de la pêche qui existait à cette époque.
4) L'analyse des débris trouvés dans un milieu daté peut servir à des études sur l'évolution des espèces parfois disparues de nos régions.

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En septembre 78, l'idée d'un club archéologique était lancée pour plusieurs objectifs.
- Dépasser le cadre du spectacle qui venait de rencontrer un vif succès pour ces premières représentations.
- Se donner un but culturel en la recherche sur l'histoire et les coutumes du Puy du Fou afin de contribuer à l'évolution du spectacle et à la constitution de l'ECOMUSEE.
- La restauration du château et les divers aménagements nécessaires pour le spectacle d'art et d'histoire.
- Sauver des témoignages du passé qui risquaient d'être détruits par les travaux d'aménagement.
La démarche était passionnante et tenait plutôt d'une enquête policière avec l'enregistrement des témoignages (archives, légendes), enquête sur le terrain où les moindres indices ont été minutieusement relevés et numérotés.

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Plusieurs années de fouille et d'étude ont été nécessaires pour mettre à jour et comprendre ces vestiges des 2 grands lieux de fouilles (Château renaissance et Vieux château).
De 1978 à 1993, des recherches intéressantes ont été effectuées dans le château Renaissance (Sondage du sol de la cuisine, fouille de la cuve et des égouts de la cave, sol de la chapelle etc..).
De 1980 à 1990 sur le site du "Bois de l'Etang" emplacement du "vieux Château" (spectacle du Bal des Oiseaux Fantômes) en commençant par déboiser, quadriller le terrain et ensuite analyser l'environnement.

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En trouvant "des morceaux"... On revoit toute une civilisation... On imagine les gens qui ont vécu avec ces objets... On voit pratiquement la vie apparaître et petit à petit, c'est toute une histoire qui resurgit...".
Découvrir un objet du passé, c'est retrouver les gens du passé... c'est vivre un peu avec eux.
C'est partager les manières de vivre, les joies, les angoisses de ceux qui furent peut-être nos ancêtres.

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Château revenu du passé !!!

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Quand on rentre dans le Grand Parc du Puy du Fou, on est frappé par l'aspect authentique des villages et bâtiments servant aux spectacles.
Bon nombre de visiteurs pensent que tout est fidèlement reconstitué.

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Mais au Puy du Fou, le château Renaissance ainsi que le Vieux château (Bal des Oiseaux Fantômes) sont des témoins venant tout droit d'un autre temps.

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Ces deux témoins de l'histoire ont retrouvés leurs places dans l'histoire, et dans le spectacle grâce au travail du Club Archéologique du Puy du Fou.

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Pendant plus de 10 ans, cette petite équipe va sonder, creuser, déblayer, analyser et enfin sauver ces vestiges du passé.

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Un vieux château médiéval, porté disparu depuis plus de 500 ans, inscrit sur aucune carte, était enfoui sous des tonnes d'éboulis, envahi par les ronces et la vermine et recouvert par un bois de châtaignier prolifique.

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La forêt envahissante dissimulait, en effet, presque tout, laissant cependant deviner, çà et là, des élévations importantes, des dépressions très marquées, qui donnaient à penser à des murailles écroulées, à des fossés à demi comblés.

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En contrebas, un maigre ruisseau s'étire dans un vaste lit de rivière, barré par une légère surélévation sans doute une chaussée moyenâgeuse retenant les eaux d'un petit étang, élément dissuasif complétant la défense d'une enceinte primitive ?...

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Ici le temps n'a plus d'âge...

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Pour le Club Archéologique du Puy du Fou, le plus beau résultat est, sans conteste, d'avoir découvert, mis au jour, consolidé et mis en valeur des ruines médiévales qui témoignent d'un habitat seigneurial, de faible envergure certes, mais utilisant toutes les ressources de la défense militaire de l'époque, dans un coin reculé de campagne, à l'abri d'un repli de terrain surélevé.

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Le résultat de ce travail a été récompensé en 1984 par l'obtention du Premier Prix au Concours Régional des Chantiers de Bénévoles, organisé par la Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites.

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Un autre résultat, et non des moindres, a été la contribution au classement de cette enceinte fortifiée comme Monument Historique, par arrêté en date du 31 août 1986.
Cette découverte est ainsi inscrite définitivement au patrimoine culturel de la France.

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