Puy Story

Histoire d'une région.

François 1er et la Renaissance (1/2).

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François 1er (1494-1547), de la branche des Valois, monté sur le trône en 1515, symbolise la période de la Renaissance.
Héritier des traditions chevaleresques, il méprise l'arquebuse, cette arme à feu lourde apparue vers 1450, parce qu'elle ne permet pas aux chevaliers de s'illustrer.
Amoureux des arts et des lettres, il s'entoure d'artistes italiens, notamment Leonard de Vinci (1452-1519), qui s'installe dans le Val de Loire, près d'Amboise, dès 1516.
Le roi de France mène par ailleurs de nombreuses guerres en Italie, sans réussir pour autant à s'y implanter durablement, et lutte contre l'empereur Charles Quint (1500-1558).

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La nécessité de financer ces nombreux conflits conduit au renforcement du pouvoir royal.
François d'Angoulême n'était pas destiné à la Couronne.
La mort sans héritier mâle vivant de Charles VIII (1470-1498) puis celle de son oncle Louis XII (1462-1515) le conduit au trône le 25 janvier 1515.
Il a alors 20 ans.
Elevé par sa mère, Louise de Savoie (1476-1531), qui jouera toujours auprès de son fils un rôle prééminent, notamment dans les affaires étrangères, François a acquis, à la cour de Louis XII, le goût des lettres et des arts et à découvert les chefs-d'œuvre italiens.

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Avec sa forte carrure et sa haute taille, cet habile cavalier, soldat courageux, amateur de peinture, de musique et d'architecture, mais aussi grand séducteur, incarne parfaitement le prince de la Renaissance.
Marchant dans les pas de ses prédécesseurs, François 1er se lance dans l'aventure italienne.
Les États italiens, divisés et en conflit les uns contre les autres, semblent des proies faciles.
Dès la première année de son règne, il fait appel à des mercenaires allemands, laisse la régence du royaume à sa mère et se jette sur Milan.
Face aux troupes du pape, du duc de Milan, de l'empereur et du roi d'Aragon, François 1er remporte la bataille de Marignan en septembre 1515.
À l'issue des combats, le roi est fait chevalier par le seigneur Pierre Terrail de Bayard (1475-1524).

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Le règne de François 1er marque à la fois une continuité et certaines ruptures par rapport aux usages médiévaux.
Le roi s'inscrit indéniablement dans la tradition chevaleresque.
Pourtant, à partir de Pavie, les coups d'éclat ne suffisent plus.
Une guerre plus moderne s'impose, il faut mobiliser les ressources du royaume et mener des négociations en Europe ainsi qu'avec L'Empire ottoman.
François 1er règne de façon autoritaire et centralise fortement le pays.
Malgré son grand rêve italien, la France ne réussit pas à s'installer durablement dans la péninsule.

Posté par Puystory le 13 janvier 2021 - Château Renaissance - Commentaires [0] -


Le porche

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Un porche, (du latin porticus, doublet populaire de portique) est un espace couvert devant une entrée ou un édifice.
On peut le définir plus simplement comme une construction en saillie qui abrite la porte d'entrée d'un édifice ou comme un vestibule, un hall.
Jusqu'au début du XIXème siècle, en Vendée, toutes les maisons un peu importantes étaient à l'intérieur d'une cour fermée.
Pour pénétrer dans cette enceinte, on franchissait un porche.

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Il était "barré" chaque soir, car on redoutait, de petits groupes soit d'adversaires religieux, soit de voleurs, soit encore de voisins.
Le porche le plus simple était un double arceau, dans l'un, la porte principale pour les voitures et cavaliers, dans l'autre, la porte piétonne.

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Certains de ces porches étaient surmontés d'un petit toit.
D'autres étaient crénelés.
Lorsque la cour était entièrement close de bâtiments, le portail formait un petit pavillon entre les autres constructions.

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Quelques demeures plus importantes possédaient un porche monumental.
Un solide portail permettait de clore le porche.
Il était constitué de forts madriers de bois de chêne avec, à l'intérieur, un cloisonnement de chevrons réunis par de grands clous de fer forgé.
Si les porches de Vendée demeurent encore assez nombreux, les portails en bon état sont rares.
Les porches ont aujourd'hui perdu toute fonction utilitaire et ne sont plus désormais maintenus que par un attachement au passé qui devrait être encouragé, si nous voulons protéger l'ensemble du patrimoine.

Posté par Puystory le 17 février 2020 - Château Renaissance - Commentaires [0] -

La cloche du Puy du Fou.

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Lors de la Cinscénie on entend ces mots :

J’aime le geste au ciel que fait mon clocher,
j’aime l’appelle des cloches qui de leurs voix pesantes demandes, en patois, de se mettre en dimanche,
j’aime la prière des cloches à l’angélus de l’aube qui féconde mes champs,
j’aime la joie des cloches aux matins de baptême,
j’aime le glas des cloches au soir de trépas, j’aime le vent des cloches qui m’annonce l’orage.
- Mais pourquoi on-t-il fait taire les cloches ?
- Leur trop long silence est devenu intolérable et la bourrasque de 1793 va déferler sur ce pays en accord d’une lugubre désespérance, ils ont proférés des blasphèmes contre la religion, ils ont proscrit les prêtres légitime, ils ont indignés les cœurs, ils sont venus jusqu’au pignon de la ferme, ils ont réquisitionnés les hommes et ils ont provoqués la révolte.

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En pénétrant dans la cours du château renaissance, on remarque sur l'une des tours, une potence.
A cet endroit se trouvait la petite cloche du château.
Depuis le début de la Terreur, par ordre de la Convention, les cloches étaient descendues des clochers et envoyées à la fonderie pour en faire "des sous et des canons".

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La paroisse des Épesses ne faisait pas exception.
En 1797, les habitants du bourg voulurent retrouver le son de leur clocher.
En effet, un nouveau prêtre assurait le service religieux à l'église paroissiale.

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Or, il restait une petite cloche oubliée au Puy du Fou, accrochée à une tour du châtelet.
Elle portait la date de 1731 et l'inscription "Madame d'Armaillé", du nom de la dernière fille de Claude Boylesve, Gabrielle.
Avec la complicité du régisseur, Gilles Lelièvre, la cloche du Puy du Fou fut montée triomphalement au clocher de la paroisse.
Les auteurs de cette bravade se réjouissaient du tour qu'ils allaient jouer ainsi aux Patriotes.

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La cloche sonna bientôt à toute volée pour les offices.
Une plainte ne tarda pas à être déposée à Fontenay.
Le commissaire voisin se fit rappeler à l'ordre par le Directoire départemental :
"Il paraît, lui écrivait-on, que depuis un certain temps, une cloche sonne aux Épesses, et bien qu'habitant à Saint­Mars-la-Réorthe, vous ne vous en êtes pas rendu compte !"
Le commissaire se précipita aux Épesses et condamna au silence la petite cloche, dont il fit "descendre la corde".
L'histoire ne dit pas si la cloche du Puy du Fou se remit à sonner en l'absence de ce commissaire à l'oreille un peu dure ... 

Source : Puy du Fou

Posté par Puystory le 21 août 2019 - Château Renaissance - Commentaires [0] -

La vie quotidienne au château fort.

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Les conditions de vie ont évolué entre le XIe siècle et la fin du Moyen Âge.
Voici à peu près à quoi ressemblait la vie quotidienne d'un châtelain entre 1150 et 1270, si tant est que la guerre, la croisade ou les tournois ne l'appellent loin de son château.
Le seigneur se lève tôt.
Vers six heures, un valet le réveille en secouant son oreiller.
Il enfile sa chemise, ses braies et ses chausses, et debout.
La toilette s'effectue dans une cuve en bois apportée directement dans la chambre, ou encore dans l'étuve, à l'étage ou souterrain.
La châtelaine, elle, se baignera après le repas.
Après quoi notre homme passe dans son oratoire (lieu consacré à la prière) pour prier, voire assister à la messe, s'il est seigneur assez important pour avoir un chapelain (prêtres).
Après le déjeuner, le maître reçoit ses officiers.
Le sénéchal, qui représente son autorité dans toute l'étendue dans la seigneurie, le maréchal, responsable des écuries, le chambrier qui tient les comptes et s'occupe des affaires domestiques, d'autres encore comme le bouteiller.
Ces hommes de confiance dirigent tout un personnel de maître-queux, de sergents ..., qui constituent la mesnie (gens vivant ensemble), la maison du seigneur.

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Après avoir discuté avec eux du bon ordre de ses affaires, celui-ci peut terminer la matinée par une visite des écuries ou du chenil, ou encore se rendre au village.
Il est temps maintenant de passer à table pour dîner, c'est-à-dire prendre le repas de la mi-journée.
Celui-ci a lieu dans la grande salle, dans le donjon ou dans le bâtiment principal du château, aux murs agrémentés de scènes de chasse ou de guerre peintes, ou encore ornés de tapisseries ou de trophées.
Le sol, lui, est pavé de petits carreaux.
Les valets dressent la table en posant de simples planches sur des tréteaux.

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Les convives prennent place d'un seul côté de la table, sur des bancs mobiles, tandis que le seigneur préside, assis sur le maître-dois (Chaise).
Comme on ne connaît pas encore la fourchette et qu'on mange avec les doigts, chacun se lave les mains avant de passer à table.
Dès lors le service, effectué par des valets ou par de jeunes damoiseaux hôtes du seigneur, peut commencer. 
On apporte les "couverts ", les mets recouverts d'une étoffe destinée à les tenir au chaud.
Chacun a devant soi un napperon, une cuiller et un couteau, une écuelle et un hanap (grand vase à boire en métal, avec un pied et un couvercle).

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C'est la nappe qui tient lieu de serviette.
Le repas, certains jours, peut durer plus de deux heures.
Les plats sont nombreux et épicés, évidemment arrosés de bon vin.
Les châtelains mangent le produit de leur chasse : quartier de cerf au poivre, épaule de sanglier farcie, cygne rôti, pâtés de chevreuil ou de lapin...
D'ailleurs, d'interminables histoires de chasse égrènent le repas, agrémenté aussi par les exploits des jongleurs ou les récits des troubadours de passage, si toutefois le brouhaha de la conversation permet qu'on les écoute.
Les devoirs de la charge reprennent ensuite le dessus.
Certains après-midi, le seigneur rend droit de justice à ses vassaux.
Il tient audience dans la grand-salle ou dehors s'il fait beau temps, et reçoit les plaideurs.
Dans les petits fiefs, il rend lui-même les jugements.
Les grands barons s'en remettent à leur sénéchal.
Les autres jours, par beau temps, il part pour la chasse.

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C'est sa principale activité violente depuis que St-Louis est venu à bout des guerres privées.
Outre le fait qu'il est son plus grand plaisir, ce sport, cet art qu'il a appris dans son plus jeune âge lui permet de protéger les récoltes de ses vassaux en éliminant les animaux nuisibles qui ravagent les récoltes, cerfs, loups, sangliers.
Il lui permet aussi, en parcourant ses terres, d'inspecter les cultures et de rencontrer ses tenanciers, voire de régler certaines affaires.
La pêche, la marche, la simple promenade à cheval peuvent encore être d'autres occupations.
L'escrime permet de s'entretenir pour la guerre et de former du même coup les damoiseaux.
Quant aux longs après-midi d'hiver, ils s'écoulent à réparer les armes devant la cheminée, ou à jouer aux échecs et aux dés, tandis que les femmes filent la laine ou tissent.
Les plus riches se distraient en visitant leur ménagerie.

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La châtelaine vaque à ses propres occupations.
Elle peut accompagner son mari à la chasse ou participer aux jeux de plein air, mais aussi elle coud, tisse, brode, tout en surveillant les meschines, c'est-à-dire les femmes de chambre et servantes.
Parfois elle descend aux cuisines, mais c'est plutôt l'affaire du sénéchal.
Femme du seigneur, elle se doit de remplir ses obligations envers les vassaux de son mari et visite les pauvres et les malades du village.
Le soir, après un rapide et léger souper, on se réunit dans la chambre, plus agréable que la grande salle, avec ses murs peints dans des tons vifs, voire, dans les grandes occasions, recouverts de tentures de soies, également moins vaste et mieux meublée, avec son bahut et son armoire en chêne.
On prend place autour de la cheminée.
Celle-ci, souvent placée entre deux baies, est immense.
Peinte comme tout le reste, elle occupe tout un côté de la chambre.
Des troncs entiers y brûlent, à tel point que sa flamme suffit souvent à éclairer la pièce.
Là, les chiens couchés aux pieds de leurs maîtres, les convives assis sur des bancs ou par terre sur de grands tapis, autour du fauteuil du chef de famille, on écoute de nouveaux récits ou on chante pour s'égayer avant d'aller dormir.

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Enfin, tandis que le guetteur prend son poste au donjon, le maître va se coucher après une journée longue et bien remplie.
Après une dernière toilette (c'est à cette heure qu'il se lave les pieds), assisté d'un valet ou, s'il est grand seigneur, du chambrier, le châtelain dispose ses vêtements (manteau, surcot, cotte et chausses) sur une perche horizontale près du large lit entouré de rideaux (les courtines), et qui fait face à la cheminée.
La chemise est roulée sous le traversin, et les braies sous la couverture.
Le seigneur n'a plus qu'à se glisser dans les draps de soie pour sombrer dans un lourd sommeil réparateur.

D'après Jacques LEVRON, Le château fort et la vie au Moyen Âge. Edition Fayard.

Posté par Puystory le 15 mars 2019 - Château Renaissance - Commentaires [1] -

Le Bourg-Bérard

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A proximité du château, il se forma très vite une agglomération, le Bourg-Bérard.
Le château d u Puy du Fou servit de refuge à la population en cas de danger.
Le personnel attaché au service d u château dut aussi venir grossir le chiffre de la population du Bourg.
Soldats et serviteurs ne pouvaient pas tous trouver place dans l'enceinte du château.
D'après des archives, le Bourg-Bérard existait en 1563, mais il n'aurait plus compris alors que cinq ou six maisons, dont l'une se dénommait l a "Maison Brumault", du nom, sans doute, de celui qui la fit construire et habitation d'un sénéchal ou officier du Puy du Fou.
Plus tard, en 1740, le Bourg-Bérard est également mentionné dans un aveu rendu par Maître Savart.

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Mais existait-il encore réellement dans son entier aux dates mentionnées.
Ceci dit, il y a bien eu un Bourg d'une certaine importance à cet endroit.
La tradition veut aussi qu'une importante foire annuelle se soit tenue à proximité.
Pendant cette foire, les marchands, venus un peu de tous les pays, se réunissaient à des dates fixes et y apportaient leurs marchandises en grande quantité.

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Les marchandises étaient le plus souvent des produits rares (à l'époque), des étoffes précieuses, des épices, dont on faisait alors le plus grand usage, le poivre en particulier, des parfums, des fourrures.
Ces grands rendez-vous du commerce duraient plusieurs semaines et les acheteurs y venaient par milliers.
Jongleurs et acrobates de tout genre dressaient leurs tréteaux près des boutiques des marchands et se produisaient dans mille tours de leur invention, pour le plus grand amusement des badauds.
Si l'étymologie de "bourg" offre relativement peu de difficultés, il n'en va pas de même du mot "Bérard".
Bérard (on trouve aussi les formes : Bérat, Bérac) est un mot d'origine germanique.
Ce mot pourrait signifier : "ours fort", mais Bérard pourrait être aussi un nom de famille.
Mais alors, qui est ce Bérard ?
Et pourquoi a-t-il donné son nom ou son prénom à l'agglomération blottie auprès du château du Puy du Fou ? 

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Etait-il le premier chef ou maître de l'endroit ?
A ce jour cela reste toujours un mystère.
Nous n'en savons rien !

Posté par Puystory le 20 juin 2018 - Château Renaissance - Commentaires [0] -


L'écomusée du Puy du Fou (1983-2006)

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L’actuel château, construit dans le style de la Renaissance italienne est dû à François II du Puy du Fou (1496-1548).
La construction demeura inachevée et le château fut vendu en 1659.
Situé à la porte de la Vendée, le château du Puy du Fou a été construit en associant deux matériaux inattendus la brique et le granit.
Il a succédé à un autre édifice qui lui fait face dans le bois au-delà de l'étang où ont été pratiquées des fouilles archéologiques.
Malmené par les siècles, il fut incendié par les colonnes infernales en 1794.
Inscrit au Monument historique en 1974, le château actuel a été acquis par le Département en 1977 et y créa un écomusée qui sera ouvert de 1983 jusqu’en 2006.
Depuis lors, ce dernier poursuit sa restauration.

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De l'époque de la Renaissance, le monument a conservé, outre une admirable galerie à l'italienne, des éléments architecturaux remarquables comme les péristyles copiés sur les modèles de Fontainebleau, les escaliers voûtés à caissons et la salle dite des Gardes.
Le château a abrité le siège de l'Ecomusée de la Vendée, créé en 1978 à l'initiative du Conseil Général.
Sur plus de 1000 m², une exposition permanente avait été installée évoquant l'histoire du Département des origines à nos jours.
Cette présentation "Traces de la guerre de Vendée dans la mémoire collective" intégrait les moyens muséographiques les plus modernes permet de découvrir, sans l'aide d'un guide, les principales étapes chronologiques jalonnant la formation et révolution de la Vendée.
Depuis 1985, un "Centre d'Etude et de Documentation" sur la "Révolution dans l'Ouest" permet aux chercheurs de consulter les ouvrages et l'iconographie spécialisés.
L'Ecomusée n'était donc pas un musée comme les autres.

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Georges-Henri RIVIERE, l'éminent muséologue français, avait largement inspiré la création de celui de la Vendée et avait résumé cette nouvelle forme de mise en valeur du patrimoine ainsi :
"L'Ecomusée est une institution culturelle assurant d'une manière permanente, sur un territoire donné, avec la participation de la population, les fonctions de recherche, conservation, présentation, mise en valeur d'un ensemble de biens naturels et culturels, représentatifs d'un milieu et des modes de vie qui s'y succèdent ".
L'originalité de la démarche vendéenne tient à l'étendue du territoire concerné, à la gestion de l'ensemble "chef-lieu et antennes" par un service départemental et surtout à l'exceptionnelle mobilisation des habitants.
En 2006, ses collections ont rejoint l’Historial de la Vendée, équipement muséographique réalisé aux "Lucs-sur-Boulogne" par le conseil général.

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Posté par Puystory le 12 février 2018 - Château Renaissance - Commentaires [0] -

5. La transformation du château

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Pour la transformation du château, c'est l'architecte italien, Le Primatice (1504-1570) qui dressa les plans.
Pour la construction de la grande Loggia, toute la première partie du château construite un siècle plus tôt au bord de l'étang fut démolie.
De nouvelles fondations furent bâties sur pilotis en raison des infiltrations provenant de l'étang tout proche.
Sur l'arrière, on retrouve une terrasse de 5 mètres de haut surplombant l'étang.
Dès 1540, la construction du grand corps de logis de plus de 66 mètres, qui fait face à l'entrée était commencée.

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Il se composait d'une vaste cuisine en sous-sol avec deux immenses cheminées, dont l'une pouvait cuire un bœuf entier.
Ensuite des magasins à vivres, des celliers.
La lumière du jour provenait par des fenêtres donnant sur la grande cour et sur la terrasse qui tout le long de l'étang borde le château.
On pénétrait dans le rez-de-chaussée par une petite loggia composée de deux arcades de granit.
A gauche, le grand salon éclairé par six belles fenêtres à meneaux.

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En face de l'entrée, un escalier à vis desservait l'unique étage et les combles.
Puis à droite, d'autres saules plus petites.
L'aspect de ces façades rappelle l'architecture italienne de la Renaissance.
Le sous-sol a la sévérité du style toscan.

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Le rez-de-chaussée dresse ses fines colonnades ioniques et le riche corinthien orne l'étage.
Une belle et large corniche, sommée d'élégantes lucarnes à frontons couronnait le tout.
Toutes les ouvertures, les colonnades étaient de fin granit de Mortagne, et les murs étaient remplis par un briquetage aux tons roses très décoratifs.

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La charpente élancée permettait de créer des combles habitables, éclairés par les petites lucarnes en plein cintre à frontons triangulaires.
Comme tous les châteaux d'une certaine importance dans la région, la toiture était vraisemblablement composée par des tuiles plates au bout arrondi, dites "tuiles écailles", clouées sur une charpente assez élevée.
Ces tuiles étaient fabriquées sur place car chaque domaine avait sa tuilerie, qui travaillait non seulement pour le château, mais pour les multiples métairies du domaine.

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Le Primatice étant un architecte de goût, il n'aurait pas eu l'idée de coiffer un château de briques roses, par une sombre toiture d'ardoises, matériau d'ailleurs peu employé au-dessous de la Loire.
Pendant les Guerres du Protestantisme (1562-1598), le Puy du Fou fut incendié.
Sa haute toiture s'effondra, et on rétablit une couverture plus économique, moins haute et faite de tuiles romaines.

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Ce qui eut sans doute pour conséquence la suppression de l'habitabilité des combles.
Mais les lucarnes furent conservées en raison de leur bel effet décoratif.
Ceci était le grand corps de logis commencé en 1540 et terminé en 1548.
François II du Puy du Fou (1495-1548) tomba malade à Saumur et en mourut le 17 juillet 1548.
Si bien que sa veuve, Catherine de Laval (1499-1584), se contenta de terminer la décoration intérieure et extérieure de ce premier corps de logis.

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Le 2 novembre 1559, René ler du Puy du Fou (1520-1566), fils de François II et de Catherine de Laval, épousera Catherine de la Rochefoucauld (1528-1577), fille du Grand Sénéchal de Guyenne, Gouverneur de Paris et de Jeanne d' Amboise.
Ils viendront s'installer au Puy du Fou et continueront l'œuvre de leur père François II.
René ler du Puy du Fou meurt en 1566, dans de tragiques circonstances, très probablement des suites de la Guerre entre Catholiques et Protestants.
Sa veuve continuera, malgré l'insécurité des temps, l'œuvre de reconstruction du Puy du Fou.

Posté par Puystory le 07 décembre 2017 - Château Renaissance - Commentaires [2] -

6. Suite et fin du château renaissance.

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Veuve de René I du Puy du Fou, CATHERINE de LA ROCHEFOUCAULD continua la construction du château Renaissance du Puy du Fou.
Elle suivit les plans tracés par Le Primatice et construisit le Grand Degré, dont nous pouvons admirer le bel escalier voûté de caissons sculptés, qui facilite l'accès, aussi bien aux sous-sols qu'aux étages supérieurs.
L'escalier tout en granit avec sa rampe incorporée dans les murs est d'un fini véritablement somptueux.

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Il est précédé d'un péristyle, supporté par des colonnes de granit d'un seul morceau, autrefois voûté lui aussi en caissons de granit moulurés.
Le dessus de la loggia formant le balcon, permet d'accéder à l'étage de la grande galerie qui borde le côté gauche de la cour.
Faisant suite à l'escalier donnant directement sur le péristyle (galerie), on retrouve une chapelle de forme rectangulaire.
Le plus bel ornement était un plafond voûté, à caissons sculptés, dont il reste encore la première rangée. Cette voûte était peinte. Le restant s'étant effondré sous l'incendie révolutionnaire.
Pour l'éclairer, une baie flamboyante à meneau central.

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L'autel a disparu vraisemblablement dans les incendies de 1794.
Mais on trouva quelques restes du beau pavage de terre cuite à carreaux ornés de motifs en relief, rappelant ceux qui pavaient le transept de l'église de l'abbaye de La Grainetière.
Ces carrelages étaient fabriqués au Prieuré de Grammont, en Saint-Prouant.
A côté, était une chapelle consacrée à Sainte-Marie Madeleine, comme celle du Vieux Puy du Fou, à la magnifique architecture, éclairée de deux grandes fenêtres à meneaux, avec au milieu un très grand et bel arc surbaissé, la divisant en deux.

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Dans cette belle salle, deux cheminées monumentales se font face, encadrées de petites niches moulurées. Catherine de La Rochefoucauld ne s'arrêta pas dans sa reconstruction.
Entre 1566 et 1569, elle fit bâtir la galerie à arcades de granit, de 58 mètres de long qui borde le côté gauche de la cour.
Une chronique mentionnera que c'est "une architecture esgale à celle des maisons royalles ... ".

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Construite en granit et en brique, comme le grand corps de
 logis, elle se compose au rez-de-chaussée de 13 arcades séparées entre elles par des pilastres, 3 de ces arcades sont en partie bouchées par des portes en plein cintre permettant d'y accéder par l'extérieur.
L'étage qui surmonte cette galerie est éclairé par des fenêtres à meneaux, à l'intérieur de la cour comme à l'extérieur.
Une frise courant tout au long de la façade supportait autrefois les blasons des du Puy du Fou et des Familles alliées.
Comme sur le grand corps de logis, des lucarnes éclairaient autrefois des combles, supprimés après un vraisemblable incendie des Guerres du Protestantisme.

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Et sous cette galerie s'étend un caveau voûté en maçonnerie et non en pierre de taille, comme dans le reste du château.
Cette cave est certainement un reste du château du 15e siècle.
Dans le fond, nous trouvons un curieux bassin carré de 2 m 50 de côté et d'environ 2 m de profondeur.
Une bonde dont la pierre rainée subsiste encore permettait de le vider, l'eau s'écoulant dans un conduit de pierre allant se perdre dans le réseau d'égouts souterrains.
Autour de ce bassin, sur trois faces, un siège de pierre fait de débris de corniches moulurées, inemployées dans la construction, entre lesquelles d'autres pierres en forme d'accoudoirs ont été scellées.
Ce bassin mystérieux a fait couler beaucoup d'encre, et en vain !
De nombreux archéologues ont cherché sa destination.
Certains y ont vu une réserve d'eau pour les cuisines du château.

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D'autres un rafraîchissoir où était conservé de la glace.
D'autres une cuve à vendanges.
Pourquoi pas une baignoire collective, comme il en existait beaucoup au Moyen-âge et à la Renaissance.
Quelquefois on dressait une table à proximité du bassin, ou bien on servait le repas sur une planche posée près de la baignoire ou dessus, ce qui expliquerait les blocs de granit qui se voient entre la cuve et la banquette de pierre.
Mais là encore, ce n'est qu'une supposition.
Ces travaux coûtèrent alors vingt mille écus à Catherine de La Rochefoucauld.
Les ouvriers qui les exécutèrent démolirent l'ancien château au fur et à mesure de l'avancement des travaux, et il est plus que probable qu'une partie des murs anciens furent intégrés dans la construction de cette galerie.

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Une autre galerie d'arcades, semblable à celle de gauche devait border le côté droit de la cour.
Mais certainement sans la réplique du grand escalier de gauche.
Cette aile devait se souder en équerre au mur du château existant.
Un auteur écrit que le château commencé en 1540, par François II du Puy du Fou était achevé en 1578.
Mais à cette date Catherine de la Rochefoucauld est morte et son fils Gilbert n'a que quinze ans.

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Devenu majeur, les guerres l'entraînant dans des dépenses ruineuses et l'éloignant du Puy du Fou, l'empêchent de continuer l'œuvre de sa mère et s'étant marié en 1595 à Philippe de Champagne de Châteaubriant (1578-1666), Gilbert du Puy du Fou (1558-1597) abandonnera le domaine entouré de Protestants hostiles.
Il installera son épouse dans un autre château plus sûr, à Pescheseul, construit sur le modèle du Puy du Fou. Il meurt en 1597.
Son fils, René II du Puy du Fou, qui n'a que dix ans, est élevé loin de son domaine familial.
Il n'y reviendra que vingt ans plus tard, éloigné de la Cour par le tout puissant Cardinal de Richelieu.
Sa fortune étant très diminuée, la décision fut prise dès 1610 d'abandonner définitivement les travaux de reconstruction du Puy du Fou.

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C'est ainsi que le bâtiment carré flanqué de deux tours d'escalier, reste du château du XV siècle, fut conservé et aménagé pour les besoins du château.
On y pratiqua de disgracieuses fenêtres rectangulaires qui l'enlaidissent.
La date de cette restauration, 1610, est inscrite sur le linteau de la porte de la cuisine.
A cette époque et pour des besoins de sécurité, fut élevé le grand mur qui ferme la cour, dans laquelle on pénètre par le grand portail, flanqué de sa petite porte piétonnière.

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René II du Puy du Fou (1595-1642) employa les matériaux destinés à la construction de son château, à la restauration de l'Eglise des Epesses.
Le 5 juillet 1659 et suite aux lourdes dettes laissées par son père, Gabriel du Puy du Fou (1615-1669) vendit le Puy du Fou.
Sa famille le possédait depuis les premiers siècles de notre histoire.
C'est à Pescheseul, que Gabriel du Puy du Fou mourut le 25 juin 1675.

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Après avoir écrit la généalogie de sa famille, famille tombée en quenouille, puisqu'il n'eut que des filles, il terminera cette généalogie par ces mots :
"Et finit maintenant la très illustre et très ancienne maison du Puy du Fou".

Posté par Puystory le 06 novembre 2017 - Château Renaissance - Commentaires [2] -

Le club archéologique du Puy du Fou

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Créé le 20 septembre 1978 dans le cadre de l'Association pour la mise en valeur du Château et du Pays du Puy du Fou, le club historique et archéologique s'était vu rattaché, l'année suivante (juillet 1979), à la Section culturelle de l'Association.
Plus tard, il changera de dénomination en devenant : Centre de Recherche Médiévales dont le siège est au Château d'Ardelay. 
Les recherches archéologiques ont d'abord porté sur le château du Puy du Fou, puis très vite elles se sont orientées sur la découverte de la première demeure des du Puy du Fou, dans les bois, à quelques centaines de mètres de l'autre château, avec la mise en valeur d'une enceinte fortifiée (XIème-XIVème siècles) recouvrant les vestiges de deux occupations antérieures.

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Le Club s'est également étendu à d'autres fouilles sur des sites de la proche région comme, le donjon de Châteaumur, chapelle de l'Elu à La Verrie, château d'Ardelay, abbaye de la Grainetière, chapelle Saint-Jean aux Epesses, vieille église de Mesnard-la-Barotière, donjon de Pouzauges.....
Par ce club, l'équipe de bénévoles, complétée par le petit groupe de salariés, a apporté ainsi sa contribution au patrimoine culturel du pays en mettant en valeur les trésors enfouis.

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Quand on parle CLUB ARCHEOLOGIQUE, souvent, une image s'impose à notre esprit.
On pense systématiquement FOUILLES, c'est ce que l'on voit, c'est ce que l'on peut toucher, mesurer... et ce, armé de truelles, pinceaux, cottes et bottes poussiéreuse à boueuse.
La fouille, c'est donc la partie concrète, mais c'est une toute petite partie du travail.
Une fouille ne s'improvise pas.

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Elle exige une préparation de longue haleine.
a) Les préparations à la fouille.
b) L'étude du "mobilier" (les éléments trouvés).
c) La synthèse des réalisations.
Il peut paraître farfelu de ramasser soigneusement une coquille de moule pour la classer, la numéroter...
Cependant une étude rigoureuse de ces éléments peut nous donner les renseignements suivants :
1) La date à peu près exacte des modifications des locaux.
2) Une idée du type d'alimentation au château.
3) Le type de coquillage peut nous donner sa provenance et nous pouvons en déduire les relations commerciales et la nature de l'exploitation de la pêche qui existait à cette époque.
4) L'analyse des débris trouvés dans un milieu daté peut servir à des études sur l'évolution des espèces parfois disparues de nos régions.

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En septembre 78, l'idée d'un club archéologique était lancée pour plusieurs objectifs.
- Dépasser le cadre du spectacle qui venait de rencontrer un vif succès pour ces premières représentations.
- Se donner un but culturel en la recherche sur l'histoire et les coutumes du Puy du Fou afin de contribuer à l'évolution du spectacle et à la constitution de l'ECOMUSEE.
- La restauration du château et les divers aménagements nécessaires pour le spectacle d'art et d'histoire.
- Sauver des témoignages du passé qui risquaient d'être détruits par les travaux d'aménagement.
La démarche était passionnante et tenait plutôt d'une enquête policière avec l'enregistrement des témoignages (archives, légendes), enquête sur le terrain où les moindres indices ont été minutieusement relevés et numérotés.

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Plusieurs années de fouille et d'étude ont été nécessaires pour mettre à jour et comprendre ces vestiges des 2 grands lieux de fouilles (Château renaissance et Vieux château).
De 1978 à 1993, des recherches intéressantes ont été effectuées dans le château Renaissance (Sondage du sol de la cuisine, fouille de la cuve et des égouts de la cave, sol de la chapelle etc..).
De 1980 à 1990 sur le site du "Bois de l'Etang" emplacement du "vieux Château" (spectacle du Bal des Oiseaux Fantômes) en commençant par déboiser, quadriller le terrain et ensuite analyser l'environnement.

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En trouvant "des morceaux"... On revoit toute une civilisation... On imagine les gens qui ont vécu avec ces objets... On voit pratiquement la vie apparaître et petit à petit, c'est toute une histoire qui resurgit...".
Découvrir un objet du passé, c'est retrouver les gens du passé... c'est vivre un peu avec eux.
C'est partager les manières de vivre, les joies, les angoisses de ceux qui furent peut-être nos ancêtres.

Posté par Puystory le 09 octobre 2017 - Château Renaissance - Commentaires [14] -

4. Vers le nouveau château

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Nous avons vu la naissance du Vieux Puy du Fou, le peuplement de ce lieu-dit et sa mort sous les coups des démolisseurs Anglais, mais son seigneur ne mourut pas avec lui.
Guy II du Puy du Fou, allié à une grande famille poitevine, les Châteaubriant, lui survécut.
Sa participation à la victoire Française contre l'occupant Anglais, lui apporta certainement gloire et fortune. Guy II du Puy du Fou qui perdit son château en 1421 resta quelques années sans demeure en ce lieu.
Sans doute son éloignement du Poitou, puis qu'il guerroyait contre les Anglais, l'empêchèrent de se consacrer à sa reconstruction.
Sa famille devait alors habiter sa seigneurie de Faymoreau.
A moins que la démolition n'ait pas été entière et qu'il eut fait réparer quelque peu le Vieux Puy du Fou, en attendant des jours meilleurs.
En 1423, Guy II du Puy du Fou est chargé de la tutelle de ses neveux Jacques et Françoise du Puy du Fou, enfants de son frère cadet Pierre du Puy du Fou, époux de Jeanne de Sanzay, mort cette même année.
Quelques années plus tard, Guy II du Puy du Fou, passe au service de René ler d'Anjou (1409-1480), lequel en reconnaissance de ses loyaux services le nomme "son grand chambellan, par lettres patentes données à Tours le 8 mai 1434.

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Mais la grande œuvre de Guy II du Puy du Fou, fut la reconstruction de son château du Puy du Fou, que Charles VII, roi de France, par lettres patentes données à Amboise en mars 1432 l'autorisa à
"faire reconstruire et fortifier son château du Puy du Fou, ci-devant démoli par l'Anglais, pour être place importante sur le frontière du Poitou et de l'Anjou, pour le sureté du pays en temps de guerre et notamment des hommes et sujets dudit Puy du Fou".
Guy du Puy du Fou se mit donc en mesure de reconstruire un château.
Mais fait curieux, il le bâtit sur un nouvel emplacement. Pourquoi ?
L'emplacement du Vieux Puy du Fou relevait de la châtellenie de Mortagne.
A cette époque le Puy du Fou était une simple seigneurie.
Les redevances versées à Mortagne devaient être très élevées.
Guy II du Puy du Fou avait dû se rendre compte que les seigneurs de Mortagne, jaloux de leurs prérogatives, s'opposeraient à une extension des droits honorifiques que pourrait revendiquer le seigneur du Puy du Fou, en raison de l'accroissement de son influence et de l'augmentation de sa fortune.

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Alors Guy II du Puy du Fou, fort de ses bonnes relations avec son voisin immédiat, le seigneur-châtelain de Rochetemer, en les Herbiers.
Sans doute, qu'il lui a promit de prélever sur son nouveau château du Puy du Fou, des redevances moins élevées que celles versées à Mortagne.
Ils décidèrent de construire le nouveau château sur une partie de son domaine relevant féodalement et directement de la châtellenie de Rochetemer.
Plus tard même le seigneur de la Rochetemer abandonnera à celui du Puy du Fou, la féodalité consistant en huit chapons de cens, qui lui étaient dû sur le Bourg-Bérart et la Chasse-Levrière.
Le nouvel emplacement choisi était plus constructible que celui de l'ancien château, près du croisement de deux chemins importants.

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De plus, il ne serait plus gêné par la proximité du Bourg-Bérart, en partie en ruine, dont une part importante de la population avait été transférée au bourg des Epesses.
L'étang sur le bord duquel fut construit le nouveau château permettait facilement de mettre en eau les fossés qui devaient l'entourer.
Ce nouveau château pour répondre aux buts fixés dans l'autorisation donnée en mars 1432 par le Roi Charles VII.
Un édifice capable, vu l'insécurité du pays, de soutenir des sièges.
C'était une place forte importante sur la frontière du Poitou et de l'Anjou.
Il devait être de plan carré, avec donjon et tours aux angles.
En 1810, Poëy d'Avant (1792-1864) en visite au Puy du Fou parle d'un grand pavillon nommé "le Pavillon Anglais" et d'un autre pavillon flanqué de tours, nommé "le Pavillon de Renaud du Puy du Fou".
La nuit du 24 au 25 janvier 1799, sous l'effet d'un tremblement de terre, ces pavillons se sont écroulés comme de nombreux édifices, églises et autres ébranlés en Vendée.

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Pavillon "anglais", pavillon de "Renaud du Puy du Fou", mais pourquoi ?
Peut-être en raison de la démolition du Vieux Puy du Fou par les Anglais.
Peut-être aussi du fait que bon nombre de matériaux de ce Vieux Puy du Fou, probablement construit par Renaud, servirent à la construction de ce nouveau château.
Comme il est dit en plusieurs aveux, notamment en celui du 9 janvier 1784, rendu à Mortagne pour le Vieux Puy du Fou et ses dépendances "Lequel dit chasteau nouveau a été bâti et construit d'après les démolitions dudit vieux château du Puy du Fou".
Il en reste aussi le bâtiment carré, qui se voit en entrant dans la cour du Puy du Fou; à gauche, flanqué de deux tours à pans coupés.
L'une renferme un escalier desservant les étages.
Ce bâtiment fortement remanié conserve sa porte en plein cintre, et à l'intérieur, un ou deux corbelets (pièce de bois ou de pierre en saillie sur un mur) semblant provenir de l'ancien château.
Le mur semble avoir été refait à une époque relativement récente.
A l'intérieur, dans un angle, une porte dont la feuillure prouve qu'elle devait desservir une partie de bâtiment aujourd'hui disparue.

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Puis une génoise (fermeture d'avant-toit formée de plusieurs rangs pour éloigner les eaux de ruissellement de la façade) faite de tuiles renversées, doit dater de la restauration survenue après le tremblement de terre ce 1799.
Une partie des murs de la grande galerie proviennent probablement du château du 15ème, comme la petite tour carrée à mâchicoulis, qui se trouve près du portail actuel et l'éparons de l'angle extérieur Sud-est, qui ont toutes les apparences des constructions du 15ème siècle.
Ce château devait être doté de souterrains, comme tous les châteaux défensifs de cette époque.
L'un d'eux traverse la cour, allant du grand corps de logis vers le porche d'entrée de la cour.
Tout un réseau d'égouts, de passages souterrains passe sous les bâtiments actuels et semble aboutir à la dénivellation de terrain bordant la grande galerie à l'extérieur.
Certains écrits mentionnent deux souterrains dont l'un se dirigerait vers l'Ouest, l'autre vers l'Est.
Mais cela est une autre histoire.

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Les histoires de souterrains sont toujours impressionnantes.
Les descriptions furent écrite en plein romantisme, à peu près à l'époque où Isidore Masse découvrait la fameuse ville engloutie d'Herbauges.
Mais à cette époque, il fallait surtout impressionner et faire rêver le lecteur.

Posté par Puystory le 07 septembre 2017 - Château Renaissance - Commentaires [1] -