Puy Story

Histoire d'une région.

Les trois âges du château féodal.

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On peut distinguer les grandes lignes suivantes :
Xème au XIIème siècle.

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- Le modèle de la demeure seigneuriale traditionnelle, entourée d'une enceinte, subsiste.
- Un fossé et une palissade protègent des bâtiments sur une levée de terre.
- Des bâtiments à usage domestique : écuries, grange, forge ...
- Une grande maison rectangulaire abritant au rez-de-chaussée les réserves et la cuisine, et à l'étage une grande salle, à la fois salle de séjour et lieu de réception.
La chambre, partie privée de la résidence, est située dans la même maison ou dans un bâtiment contigu.
- une chapelle.
- Une tour de garde permettant de surveiller les alentours.

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Le morcellement de l'Occident en châtellenies indépendantes et la multiplication des guerres favorisent la diffusion d'un type d'ouvrages plus défensif : la motte féodale.
C'est une butte artificielle en terre (jusqu'à 100 m de diamètre à la base et 20 m de hauteur), de forme conique, la plupart du temps entourée par un fossé.

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Un donjon, tour quadrangulaire en bois, ainsi qu'une palissade, couronnent le sommet de la motte, reliée à l'extérieur, par-delà le fossé, par une passerelle.
Ces caractéristiques expliquent que le château apparaisse d'abord dans le nord de la France (Flandre, Normandie), où le relief de plaine rend nécessaire la construction de buttes artificielles, et où la présence de forêts et l'humidité des sols permettent l'entassement de la terre et la construction de bâtiments en bois.
Parfois, la motte féodale unit les fonctions militaire et résidentielle.
Dès lors, on y retrouve les caractéristiques de la demeure seigneuriale.
Les bâtiments de service sont rejetés dans une basse-cour située en contrebas de la motte, et protégée par une deuxième enceinte et d'un fossé.

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De grands donjons résidentiels en pierre apparaissent dès le Xème siècle, en même temps que le donjon à motte.
Fin XIIe siècle seconde moitié XIVe s.
La pierre supplante le bois.
Également les étages sont voûtés pour éviter les incendies.
L'ancienne enceinte de la basse-cour est renforcée par la multiplication des tours circulaires (forme adoptée pour faciliter la défense) et l'édification de murs crénelés (les courtines).
Plusieurs cercles de lices (cours) et de murailles peuvent s'ajouter autour du donjon.
Le donjon, qui se distingue des autres tours par sa hauteur, est le plus souvent adossé aux courtines.
Il est parfois supprimé, en tous cas de plus en plus souvent, en raison de son manque de confort, déserté par le seigneur qui installe son logis dans la cour, contre la muraille.
Les logis et les bâtiments de service s'adossent aux courtines, à l'intérieur de la cour.

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La solidité des fortifications entraîne de longs sièges.
C'est le tarissement du ravitaillement, plus que les assauts, qui entraîne la reddition d'un château.
XIVe - XVe siècles.
L'emploi d'échelles dans les assauts et l'apparition de l'artillerie amènent les architectes à surélever les courtines.
Un chemin de ronde continu parcourt l'enceinte, tandis que les couvertures en tuile du sommet des tours laissent la place à des terrasses où peut prendre place l'artillerie.
De petites tourelles surélevées, couvertes d'un toit en poivrière, rehaussent encore les tours.
La partie basse du château est percée d'archères.
En ces temps troublés de la Guerre de Cent ans, le donjon redevient le refuge du seigneur et de sa famille.
Mais la forme carrée, plus adaptée à l'habitation, domine désormais dans sa construction.
Les courtines elles aussi abritent peu à peu aussi des appartements.

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A la fin du XV' siècle, la fonction résidentielle du château prend de plus en plus d'importance.
Le confort gagne peu à peu.
Grands escaliers à vis, appartements reliés par des galeries, jardins.
Les tirs tendus de l'artillerie rendant caduques les techniques de défense employées dans les châteaux forts, le château perd sa fonction militaire pour n'être plus qu'une résidence noble.

Posté par Puystory le 06 avril 2020 - Histoire de château - Commentaires [0] -


Le Mystère du Puy du Fou (2/2)

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Pourquoi le Puy du Fou ?
On songe à quelque lieu étrange enrobé d'un puissant mystère, dont l'origine nous plongerait au cœur d'une histoire lointaine et tourmentée. 
Le détour toponymique nous aide à en comprendre le sens exact.
Les "Puy" sont nombreux en France et signifient toujours une élévation, depuis la montagne altière jusqu' à la paisible butte.
Promontoire qui dissimule les vallées, son origine latine révèle un podium.
Le substantif qui le caractérise, facile à traduire désigne un arbre, plus précisément un hêtre.
Un demi-siècle avant Jésus-Christ, lors de l'occupation romaine, cette colline devait être boisée.

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Plusieurs hêtres dominaient alors le paysage.
L'histoire est assez imprécise et le lieu garde encore tout son mystère.
Il faut bien dire que le Château du Puy du Fou était alors le siège de légendes et d'anecdotes peu flatteuses.
Mais le château de Puy du Fou est le présent lié au passé.
Le château, dont les grandes lignes Renaissance se sont brisées dans des volutes de charpentes en feu, était la plus perdue des ruines, au fond d'un des terroirs les plus secrets.

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Le Bocage vendéen est l'équilibre même de la nature.
Son relief est à l'image des cartes de Noël émaillées de paillettes de notre enfance, avec des petits chemins qui se perdent derrière des collines basses.
Mais ses floraisons ont la violence d'un sacre et les versants se couvrent de bleu, de mauve ou de jaune.
Les Vendéens sont de cette sorte.
Ce peuple qui regarde le monde à travers des rideaux de lin fermés est capable de réveils et de colères cosmiques.
Ces gens n'aiment pas que d'autres pensent à leur place et leur dictent leur bonheur.

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Leur silence est observation, ou désapprobation.
Leur fureur est générosité. Une expérience comme celle du Puy du Fou peut se faire partout, mais la dimension du phénomène social est ici exceptionnelle.
Ici, une population a décidé qu'une ruine serait à la fois église, école, terrain de spectacle, centre de méditation, stade.
Aspiration collective, fraternelle, inspirée par un chef naturel et le contraire d'un embrigadement de masse ou de loisirs programmés.
Du Marais à la Loire, de la Plaine au Pays de Retz, le terrain semblait vierge.
Mais lorsque la baguette du magicien commença à jouer, les silhouettes sortirent de partout, étonnées d'être si nombreuses, si jeunes et enthousiastes, si désintéressées.

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Ils se déclarèrent chez eux, dans ce château pathétique, dont aucun motif ne reflète la prétention, mais dont chaque pan de mur a un air de dignité innée.
Fierté de vivre et de mourir debout, mais en toute simplicité….
Un château sans histoire.
Il n'est pas de ces grands navires qui ont marqué les itinéraires de l'histoire.

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Il reflète la vie d'un pays, d'une petite noblesse très attachée et liée à ses paysans.

Posté par Puystory le 20 mai 2019 - Histoire de château - Commentaires [0] -

Le Mystère du Puy du Fou (1/2)

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En 1978, Puy du Fou est une carcasse décharnée.
D'un aspect imprévu, le château enchante l'œil.
Face au couchant, des pans de murs ruinés baignent dans des flaques de boue.
Une fois le porche franchi, on pénètre dans la cour carrée autour de laquelle s'ordonnent les bâtiments.
Les deux tours octogonales de l'aile nord rappellent ce que fut la demeure au XVème siècle.
La partie principale du château se compose de deux corps de bâtiments réunis autour d'un escalier somptueux enrichi d'un péristyle à arcades et colonnes.

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Premier regard, première passion.
Le granit roux des Mauges aux gros grains de mica, les tuiles creuses, les briques roses, donne à l'ensemble une allure sobre et élégante.
Les tons pastel des tuiles et des briques tranchent habilement sur le granit.
Et lorsque le soleil, dans un ciel bleu de mer, éclaire sa façade, le Puy du Fou rayonne de pureté.
L'éblouissement gagne le visiteur : délicatesse et raffinement.
Les blocs de granit s'écartent sous la pression des racines sauvages et des paquets d'herbes folles.
Sur les caissons Renaissance, une pellicule verte, algue ou champignon, retient une humidité sournoise qui pénètre la pierre.

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La grande cour intérieure donne des allures de grosse ferme.
Au sol, des lapins s'agitent dans leurs clapiers.
Plus haut, sur des meneaux brisés, perchent des coqs, surveillant leur harem.
Dans les airs, tournoient des nuées de corbeaux dont les nids se détachent sur un ciel indifférent gorgé de nuages froids.
L'usure du temps et l'incurie des hommes ont eu raison, en un siècle, de sa partie centrale très certainement copiée sur le péristyle de Lebreton à Fontainebleau.
La nuit, une chouette-effraie crie et redonne vie à cette énigme de blocs effondrés, de corniches rousses de mousses.
Cette chouette est un lien.
Se souvient-elle et imite-t-elle le cri des hommes qui, dans ce pays, ressemble au sien ?

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Ces hommes qui ont défendu leur château contre les colonnes infernales de Turreau.
1794, l'année de sang, qui crucifia ce pays de son épée de feu, lui enlevant une âme sur deux, anéantissant tous ses villages, incendiant ses bois et ses champs.
Le souvenir des reflets de fer et de feu des guerres de Religion s'était estompé, depuis si longtemps, lorsque la plus injuste des répressions s'abattit sur ce peuple de paysans et d'artisans, au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.
Devenu inutile, restreint à un rôle de symbole déformé dans l'esprit des volontaires parisiens, le château ne pouvait être qu'une cible facile et sans grand danger pour les incendiaires.
Puis, destin commun aux chefs-d'œuvre en péril, il offrit ses cicatrices aux villageois ayant leur foyer à construire ou à reconstruire.

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Triste dépeçage justifié par les nécessités d'un pays exsangue aux survivants hagards.
Mais les Vendéens, peuple secret, peuple généreux et méfiant, se renfermeront derrière une pudeur qui en fait des géants et ne parleront plus de ce qu'ils n'oublieront jamais.
Pendant un siècle et demi, les murs du Puy du Fou braveront un destin scellé d'avance.
Lente érosion des souvenirs et des pierres, jusqu'au jour où en 1978, une nouvelle aventure attend le château dont le nom secret provoque à lui seul l'enchantement.
Un jour, l'École Nationale d'Administration (l'ENA, comme on dit) allait accueillir un jeune et brillant lauréat qui, pour l'instant, planchait sur ses manuels.
Etudiant aux champs avant de devenir sous-préfet, allongé sur l'herbe, face au château enflammé par les chauds rayons de soleil d'une fin d'été.
Manuels dans la main gauche, mais bloc de papier dans la droite, sur lequel une fine écriture dessinait une mise en forme de l'histoire à la dimension des hommes et des femmes du pays du Puy du Fou.

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Au printemps 1977, le département de la Vendée vient d'acheter ces ruines.
Alors, commence l'itinéraire d'abord solitaire de ce fils du pays qui allait déclencher une réaction en chaîne engendrant une série d'opérations collectives à vocation culturelle, inspirée par une pensée claire, et aussitôt prise en main par les populations du Haut-Bocage.
La plus importante est la renaissance du rôle social du château en pays rural.

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Puisque tout commence par la soif culturelle, les ruines du château allaient, en quelques mois, devenir une fourmilière et l'amorce du plus grand centre culturel de la région.
Une multitude d'actions et de créations allait éclore spontanément du savoir faire des acteurs du "Spectacle du Puy du Fou", car le creuset est né dans les textes et les images de ce fils du pays, Philippe de Villiers, et grâce à l'Association pour la mise en valeur du château et du pays du Puy du Fou.
Les répétitions de 1978 prouvent immédiatement qu'un nouveau mode d'expression est né, qui s'appellera "Cinéscénie", cinéma vivant de plein air, en direct, par des acteurs qui se souviennent et refont les gestes de leurs anciens.

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Fêtes et labeurs autour des quintaines du Moyen Age, danses et travaux des champs le long du passage légendaire de François Ier au château, saines colères pour la liberté de croire et de penser, modernismes et guerres mondiales.
Fil conducteur, témoin immuable de tous les temps : le paysan vendéen, Jacques Maupillier.
Un symbole parmi des millions d'ancêtres, hier la faux à la main et aujourd'hui manipulant des amplificateurs, des lasers, des jets d'eau ou de géantes brioches.
Ce pays caché a retenu son souffle car au départ, les notables craignent l'échec.
Mais les Vendéens ont compris l'importance du spectacle et se sont reconnus.
C'est encore leur victoire.
Le miracle de leur château va leur donner de nouvelles raisons de vivre et de se dépasser, subjugués par un phénomène que l'on croyait périmé, le bénévolat absolu.

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La Vendée n'était plus un pays perdu, oublié, méprisé.
La caricature que l'on avait voulu donner de ce pays de bocage, de marais, de landes et de plaines, pendant des décennies, vola en éclats en un soir.
Le bâtiment en lui-même n'est pas le sujet du spectacle.
Château vivant, propriété sentimentale d'un pays, il est un catalyseur entre le cœur des Vendéens et l'âme de leur terre.

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Le produit en est un phénomène social unique, dépassant la beauté et la charge émotionnelle d'une prestation qui est pourtant une réussite d'originalité avoisinant la perfection.
Les Puyfolais veillent sur lui, le château de tout un peuple.
En foulant la terre de sa cour, chacun s'y sent à la fois le propriétaire et le serviteur.
Pourquoi au Puy du Fou ?

Suite dans le preochain article.

Posté par Puystory le 08 avril 2019 - Histoire de château - Commentaires [0] -

Souvenirs de Dame Catherine du Puy du Fou (3/3)

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Catherine ouvre les yeux...
La nuit est encore profonde...
Seule la lune indiscrète éclaire la chambre.
Catherine soupire, heureuse...
Tout le château dort...
Personne ne viendra troubler le fil de ses pensées.
Ils ne savent pas tous ceux qui l'entourent de tant de sollicitude, comme son cœur se réchauffe au soleil des souvenirs.
Ressentir les joies et les peines des jours passés, c'est sa façon à elle de retenir la vie, maintenant que le froid de la mort s'empare de son corps.
Alors, vite, vite... il faut qu'elle profite de ces heures qu'elle vole au sommeil... !.
La lune, éclatante dans le ciel d'été, attire son regard... La lune... Diane... la belle Diane de Poitiers qui l'avait éblouie à Fontainebleau.
Fontainebleau...
Le Roi François... un tournant de sa vie.
L' "esprit italien" avait soufflé sur elle...
La beauté, la grâce, l'élégance qui régnaient en maîtresse à la Cour, lui étaient devenues indispensables... !
Elle se souvenait de son voyage de retour...

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Sans cesse, ses yeux revenaient vers l'esquisse tracée par un élève du Primatice sur les instructions de son maître... et c'était le Roi François, en personne, qui avait invité son architecte favori à élaborer un plan de transformation pour le château du Puy du Fou... ...
Déjà, elle voyait les larges fenêtres à meneaux avec leurs carreaux jaunes qui laisseraient pénétrer la lumière du jour.

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Elle voyait aussi la longue galerie, les loggias encadrées de fines sculptures qui ouvriraient son triste château à la clarté du soleil.
Elle imaginait les tapis qu'elle ferait tisser à ses femmes et qui remplaceraient la jonchée, ces herbes et ces branchages qu'il fallait étendre sur les dalles pour en adoucir le froid humide.
Et même, elle prendrait près d'elle, Jehanne, la fille du meunier qu'on disait si adroite aux travaux d'aiguille.
La jeune fille saurait créer de belles tapisseries qui rendraient les vastes salles plus accueillantes. ...
Lentement, la nuit cède la place à l'aube rougissante...

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Un coq chante...
Un cri d'enfant trouble le silence... son petit-fils Gilbert, sans doute... Jadis, elle se levait au petit matin...
Tant de tâches lui incombaient...
François préférait la chasse... et il lui fallait veiller à la bonne marche du domaine.
Après qu'elle se fût recueillie dans son oratoire, Catherine commençait toujours sa journée par le long défilé des officiers venant aux ordres.
Elle recevait le sénéchal qui lui rapportait les menus incidents des fermes et des métairies.
Puis venait le chambrier qui distribuait l'ouvrage aux gens du château et tenait les comptes.
Il y avait aussi le maître-queux, souverain des cuisines et le bouteiller, gardien jaloux de la cave.

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Ainsi, la matinée se déroulait et l'heure du repas cornait sans que Catherine ait vu le temps passer...
Elle rejoignait la salle à manger.
Les servantes avaient dressé les tables et amené le couvert.
Des pièces de venaison recouvertes de serviettes chaudes.
La famille, les compagnons de François, les voyageurs de passage se retrouvaient là...
On mangeait, on buvait...
Les hommes racontaient leurs exploits de chasse...
Les dames écoutaient, s'extasiaient...

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Catherine se rappelait la surprise et l'étonnement de tous lorsqu'elle avait ramené de Fontainebleau, des assiettes en étain et en céramique pour remplacer les tranchoirs, ces épaisses tranches de pain sur lesquelles on servait les viandes.
Elle avait ramené aussi, des fourchettes, petites piques à deux dents qui évitaient de puiser dans les plats avec ses doigts...
Toutes ces nouveautés venaient d'Italie... la dauphine Catherine de Médicis les avait apportées dans ses bagages...
Sans compter cet étrange petit légume venu d'Amérique, le fayot, qui s'était si bien acclimaté dans les potagers des paysans et qui avait évité la famine, une année où le blé avait manqué... !
Après le repas, elle reprenait ses activités : s'occuper des enfants, visiter les pauvres, soigner les malades.
Jamais, elle n'avait connu l'ennui, elle avait vécu de tout son être les moindres minutes de sa vie.
Elle avait essayé de répandre le bonheur autour d'elle.

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Avait-elle réussi ?
Le soleil est haut dans le ciel...
La porte grince légèrement...
Des pas feutrés...
Un regard vers le lit... "Madame dort-elle ?"... "Madame... ?"...
Un cri étouffé...
Oui, Madame dort... pour toujours...

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Elle s'en est allée rejoindre ses souvenirs.

Posté par Puystory le 07 novembre 2018 - Histoire de château - Commentaires [0] -

Souvenirs de Dame Catherine du Puy du Fou (2/3)

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François 1er reçoit Catherine du Puy-du-Fou.
La servante entre à pas feutrés dans la chambre où repose Dame Catherine...
Elle s'approche doucement du grand lit, écarte les rideaux damassés...
Personne...
Un petit rire moqueur la rassure.
Catherine est bien là, assise devant un vieux coffret.
Devant elle, les précieuses reliques de son Passé... des boucles de cheveux, des fleurs séchées, des bagues, des épingles et puis... un collier... le collier de Saint-Michel que le Roi remit à François, son premier époux, un beau jour d'Août 1537.
Catherine revoit le messager apportant l'invitation royale...
Comme elle était fébrile en veillant aux préparatifs du voyage !
Pensez-donc...
Se rendre à la Cour...
Affronter les routes durant plus de trois semaines... !
Mais, les soucis, elle les a oubliés...
Seule son arrivée au château de Fontainebleau s'impose à sa mémoire...
La litière s'avance lentement sur la chaussée de Maintenon qui borne les eaux de l'étang où, parmi des nénuphars roses, glissent des cygnes nonchalants.

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Soudain, des trompettes résonnent, saluant les nouveaux venus au château.
Catherine et François franchissent la porte d'Orée, pénètrent dans la cour du Donjon et leurs yeux s'émerveillent...
Disparues les lourdes masses féodales, envolés les murs austères et froids...
Ils ne voient que constructions ajourées, fenêtres qui s'ouvrent à la lumière et à la chaleur du soleil...
Les valets se précipitent...
Sa Majesté attend ses invités dans la Galerie...
La fameuse Galerie... !

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Le Roi, entouré de sa Cour, s'avance vers eux.
Catherine se sent gauche et maladroite.
Comme les robes des dames sont somptueuses... !
En velours, en satin, en toile d'or frisé... !
Et comme les couleurs sont chatoyantes... !
Rouges, vertes, violettes... !
Elle n'ose penser à sa garde-robe stricte et sombre de petite provinciale...!!

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Avec un plaisir non feint, le Roi accueille François, son compagnon des bons et des mauvais jours italiens... Mais son œil qui s'allume laisse à penser qu'il n'est pas indifférent au charme de la belle Dame du Puy-du-Fou...
Le regard noir que lui jette une des dames de la suite royale en est la preuve !
Ce regard jaloux serait-il celui de l'insolente favorite, la blonde Madame d'Etampes ?
Mais Catherine oublie bien vite cette déplaisante impression tant elle est éblouie par la splendeur de la galerie où elle se trouve...
Devant le plafond cloisonné soutenu par des caryatides de faunes grimaçants et de nymphes gracieuses, devant les murs ornés de guirlandes enchevêtrées de fleurs et de fruits, devant la profusion des couleurs, Catherine évoque son lugubre château dont les seuls ornements sont de tristes tapisseries usées par le temps...
Toute à ses pensées, Catherine entend à peine le Roi lui proposer de prendre un peu de repos.
C'est avec reconnaissance qu'elle accepte, car en ce mois d'Août, la chaleur est accablante et, malgré le confort de la litière tirée par quatre robustes chevaux, la poussière et les cahots de la route ont rompu son corps.

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Enfin, Catherine et François se retrouvent seuls dans leur appartement où une collation les attend : des fruits, des confitures, des brioches, des dragées..
Mais bien vite, une servante pimpante et gaie apparaît.
Elle apporte des linges de toilette, des miroirs, des pots à éponges, des pelotons de satin pour les épingles, des étuis serrant des peignes.
Elle propose aux deux voyageurs d'aller se détendre dans l'Appartement des Bains.
Intimidés et éblouis, ils admirent longuement cette enfilade de salles d'eau, de pièces de repos et d'étuves.
Aux murs, pour le plaisir et le délassement des yeux, ce ne sont que tableaux, notamment ceux de ce Maître Léonard que le Roi ramena d'Italie, avec ses mystères et ses étranges inventions.
N'avait-il pas imaginé de faire marcher les hommes au fond des eaux et même de les faire voler ?
Catherine prolonge sa visite, charmée, irrésistiblement attirée par ce portrait de femme qui lui sourit avec une tendre douceur.
Avec regrets, elle s'arrache à sa contemplation et, toujours escortée de la petite servante, regagne sa chambre.
Avant de se préparer pour le souper et le bal, la châtelaine du Puy-du-Fou se penche à sa fenêtre.

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Dans la cour du Donjon, la colonne d'Orée illumine le crépuscule grâce au flambeau qui brûle à son sommet ; au-delà, l'Etang des Carpes s'étale paresseusement dans le soleil couchant et, plus loin encore, s'effilochent les frondaisons de la forêt où, demain, elle ira courir le cerf avec toute la Cour... 
Une porte s'ouvre...
Une petite servante s'avance...
Il faut que Madame s'allonge et prenne ses potions...
Catherine reprend brutalement pied dans la réalité.
Les belles images de Fontainebleau s'estompent... pour un temps...
Un jour prochain, elles revivront en sa mémoire.

Posté par Puystory le 10 octobre 2018 - Histoire de château - Commentaires [0] -


Souvenirs de Dame Catherine du Puy du Fou (1/3).

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1. Catherine du Puy du Fou reçoit François 1er.
La lumière du soir pénètre à flots dans la chambre.
Par la fenêtre, Catherine contemple la paix fleurie du jardin, la terrasse rouge le long de l’étang…
Dehors règne le printemps, son dernier printemps…
Dans son âme, dans son corps, règne l’hiver…
Son entourage a beau lui mentir, elle sait bien qu’elle vit les dernières saisons de son existence.

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Avant que les portes de la "Nuit" ne se referment sur elle, elle feuillette une dernière fois le grand livre de ses Souvenirs.
Elle revoit ce jour radieux de l’an de grâce 1527, où, toute jeune fille, elle épousa François II du Puy du Fou.
Elle se rappelle son émotion, son angoisse même…
Il lui fallait quitter la douceur rassurante d’un foyer, la protection affectueuse de parents attentifs pour s’en aller partager la vie d’un inconnu…
Si vieux déjà…
Il avait plus de trente ans… !
Elle sourit en évoquant ces puériles inquiétudes.

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Comment avait-elle pu craindre François ?
François, si attentionné…
François, vingt ans d’une vie pleine et intense : des enfants, des voyages, un château, "son" château… des visites prestigieuses…
Comme celle du "Roi François 1er revenant de Bayonne passer la nuit au Puy du Fou".
Comme il est encore vivant devant ses yeux, le roi François…
Un géant à la carrure imposante…

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Un homme séduisant…
Des yeux sombres et vifs, des mains admirables, un sourire à faire chavirer les cœurs.
D’ailleurs, elle avait entendu dire que plus d’une belle avait cédé au charme de Sa Majesté…
Mais elle était une épouse fidèle et ne pensait qu’à ses devoirs d’hôtesse.
Elle voulait que le Roi se souvînt de sa visite au Puy du Fou, qu’il appréciât l’hospitalité de son ancien compagnon d’armes en Italie.

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Catherine avait voulu fêter somptueusement la venue du roi François et de la reine Éléonore.
Des jours et des jours de fébriles préparatifs !
Le château était décoré de fleurs, le sol était jonché de feuilles fraîches en signe de bienvenue.
Dans la cour d’honneur, les oriflammes ornées de salamandres, claquaient au vent d’été.
Soudain, entre une double haie de paysans qui manifestaient une joie exubérante, le carrosse royal s’était avancé, lentement tiré par six chevaux empanachés.

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Catherine, trop émue, n’était plus elle-même.
Comme dans un rêve, elle avait vu descendre le couple royal qu’elle avait salué…
Le Roi qui la relevait, la complimentait sur sa jeunesse et sa beauté…
Puis leurs Majestés avaient pénétré dans la grande Salle pour participer au festin, qu’en bonne maîtresse de maison, elle avait minutieusement ordonné.

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Après que chacun se fut rafraîchi les mains dans un bassin d’eau parfumée, serviteurs et servantes avaient présenté aux yeux et aux estomacs émerveillés des convives : des pigeonneaux, des faisans, des poulets aux vinaigres, des lapereaux, des tourterelles, des pâtés de cailles…

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Comme entremets, des Bohémiens avaient donné un combat de coqs…
Spectacle que n’appréciait guère Catherine, mais que Sa Majesté prisait fort…
Ensuite des ours avaient dansé…
Puis le second service s’était avancé : des gâteaux découpés en fleurs de lys, des pains de Milan, des fromages, des tartes, des plats de gaufres, des confitures, des gelées, des dragées, des fruits…
Le repas terminé, des joueurs de buccins et de flûtiaux avaient escorté toute l’assemblée vers l’étang où les équipages de deux barcasses s’étaient affrontés en une joute colorée.

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Le Roi, visiblement enchanté, avait ri, avait applaudi à tout rompre, avait même invité Catherine et François à se rendre à Fontainebleau…
Catherine ressent encore la joie et la fierté qui l’inondèrent en ce jour de juillet 1530…
Mais elle se sent lasse, soudain…
Il faut qu’elle laisse sa mémoire en repos…

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Elle rouvrira son grand livre des Souvenirs…
Plus tard…
Beaucoup plus tard…

Posté par Puystory le 12 septembre 2018 - Histoire de château - Commentaires [0] -

Les commissions militaires de Noirmoutier.

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(suite de l'article : Avant la révolution française).
Les détenus de Noirmoutier sont tous conduits en prison sur dénonciation.
Un individu pouvait avoir jusqu’à 20 dénonciations contre lui sans nécessité de les prouver.
A la reprise de l’île par les républicains le 3 janvier 1794, trois représentants du peuple arrivent à Noirmoutier.
Pierre-louis Prieur de la Marne, Louis Turreau et Pierre Bourbotte.
Ces députés, envoyés par la Convention en province, contrôlent l’exécution des décisions du pouvoir central, le Comité de salut public.
En seulement 6 jours, ils mettent en place la "justice révolutionnaire" par le biais des commissions militaires.
Les républicains en place sur l’île et réunis dans les commissions militaires déclarent chaque personne suspecte de façon expéditive sans réel jugement.
La première commission militaire (04 janvier 1794).

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Cette première commission est davantage commandée par la vengeance que par l’esprit de justice.
Elle est à l’origine de 1800 royalistes exécutés sur l’île.
Les très rares documents conservés sur l’activité de cette commission nous permettent d’indiquer que tous les prisonniers ont été envoyés à la mort. Les deux commissions militaires suivantes.
La commission "Collinet" du 30 avril 1794.
A la différence de la première commission, elle est constituée d’un tribunal avec un greffier en chef du nom de Rousseau, un accusateur public, un secrétaire-adjoint et un commis huissier.
Elle se doit de juger tous les prévenus incarcérés dans les 3 maisons d’arrêt de l’île (le château, l’église et la maison de Tinguy).
Elle prononce 26 peines de mort, 20 détentions et 45 acquittements.
Il faut ajouter à ce décompte, la forte proportion de décès dans les prisons.

 

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La commission "d’Angers" (10 juin1794).

Les représentants du peuple estiment la commission "Collinet" trop lente et les membres sont renouvelés.
Son président et son vice-président sont nommés au tribunal révolutionnaire de Paris à compter du 24 juin, empêchant ainsi la commission de se réunir à Noirmoutier.
Il faut attendre la nomination d’un nouveau président et d’un nouveau vice-président le 11 juillet pour que la commission reprenne ses activités.
Au total, elle a prononcé 49 peines de mort, un nombre incalculable de détentions, 18 déportations et 576 remises en liberté. Depuis 1793, la guerre a épuisé les troupes et le pays.
Robespierre est arrêté et guillotiné en juillet 1794.
Les membres du Comité de salut public, acteurs de la Terreur, sont jugés et exécutés.
Au mois d’août 1794, Hoche et Canclaux, tous les deux favorables à une politique de pacification, se voient confier respectivement l’Armée des Côtes de Brest et l’Armée de l’Ouest.
La fin de l’année 1794 voit l’arrivée au pouvoir de révolutionnaires modérés qui vont gracier les prisonniers.
Le contexte devient alors favorable aux discussions pour ramener la paix.
Un nouveau climat sur le plan international, la France est en conflit avec les monarchies d’Europe depuis 1792.
Au milieu de l’année 1794, la France connaît une série de victoires.
Au début de l’année 1795, plusieurs traités de paix sont signés.

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La France peut ainsi mobiliser davantage de forces en Vendée.
Sur le plan national, un mouvement plus modéré s’installe.
Le voile est levé sur les atrocités commises contre les royalistes (hommes, femmes, enfants).
L’opinion publique condamne les massacres réalisés au nom de la République.
Le traité de la Jaunaye (12-17 février 1795) Charette, reconnu général en chef de l’Armée catholique et royale du Bas-Poitou, est convoité par les républicains pour engager des négociations.
Celles-ci se déroulent près de Nantes, au château de la Jaunaye, en février 1795, à la demande des républicains.
Ils s’engagent à laisser libre le culte des prêtes réfractaires, à ne pas lever de soldats ni d’impôts pendant 10 ans, à accepter que les soldats vendéens soient chargés du maintien de l’ordre dans la région.
En contrepartie, les Vendéens de Charette doivent reconnaitre la République.

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Le "Traité de la Jaunaye" rejette la cause de la guerre sur les "terroristes vaincus" (sans-culottes et amis de Robespierre).
Il conclut à l’intégration des Vendéens armés dans la garde territoriale, à l’indemnisation des habitants (20 millions de Francs prévus) ainsi qu’à une aide pour la reconstruction et au retour de leurs biens.
Ce traité est ratifié par les troupes vendéennes de Sapinaud de la Verrie.
Stofflet ainsi qu’une partie des officiers de Charette attendent le 2 mai 1795 pour signer la paix.
À partir de l’été 1795, Charette reprend la lutte.
Les exécutions de Stoffet et de Charette, début 1796, permettront de renouer avec la paix.
Elle revient difficilement et il faut attendre plusieurs années pour que la région revienne sous contrôle.
Le "Traité de Montfaucon" en janvier 1800, signera véritablement la fin de la guerre de Vendée.
La Révolution française a entrainé des bouleversements dans la société.
Les droits et privilèges féodaux ont été abolis.
Les revenus financiers qui leur sont attachés sont supprimés.
Des émeutes ont éclaté, des hôtels particuliers sont pillés.

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Les membres de la noblesse craignent pour leurs biens et leur personne et vont alors émigrer vers les monarchies d’Europe.
Le frère du roi, le comte d’Artois, les courtisans comme Paulignac quittent la France dès 1789.
Les principautés allemandes, les états de la couronne d’Autriche ou d’Angleterre sont des refuges où tous affluent dès que le roi tente la fuite de Varennes en 1791.
Abbés, militaires, hommes de cour, de loi ou de finance, de Versailles, de Paris mais aussi de province suivent cette nouvelle vague d’émigration et "prennent les chemins de Coblence".
Une partie des émigrés va ainsi combattre la Révolution française de l’extérieur, l’autre tente de se mettre à l’abri.
Face à cette émigration et ces armées menaçant la République, des lois sont votées pour restreindre la mobilité des nobles, confisquer les biens des émigrés, puis finalement pour les condamner à mort.
Les royalistes restés en France espèrent des secours apportés par la royauté anglaise.

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L’île de Noirmoutier, un espoir ?
La conquête de l’île par Charette en octobre 1793 vaut de l’or pour les troupes royalistes.
Noirmoutier est un port et apporte un espoir pour l’arrivée des secours.
Les royalistes étaient en situation de communiquer avec le dehors et de recevoir les secours dont ils avaient besoin pour poursuivre la guerre contre les troupes de la Révolution.
Sachant que le comte d’Artois se trouve près des côtes anglaises, Charrette va solliciter le secours de l’Angleterre depuis l’île de Noirmoutier.
Pour le débarquement des émigrés, l’Angleterre préfère la Bretagne à la Vendée trop éprouvée par la guerre.
Les républicains mettront un terme à toute tentative de débarquement anglais le 21 juillet 1795 à Quiberon.

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L’expédition de l’île d’Yeu.
Le 12 septembre 1795, à bord du navire-amiral anglais Jason, le comte d’Artois rejoint l’île d’Houat, refuge des émigrés après la défaite de Quiberon.
Depuis l’île d’Houat, une attaque des royalistes est prévue pour reprendre Noirmoutier le 17 septembre 1795.
L’attaque se fera à partir du 22 septembre.
Le 02 octobre, le comte d’Artois descend à l’île d’Yeu dans l’attente de Charette afin de prévoir un débarquement sur les côtes vendéennes.
Les lettres de Charette n’arrivent pas jusqu’à lui et les côtes vendéennes se trouvent jalonnées par les troupes républicaines.
Le comte d’Artois est contraint de rentrer en Angleterre en novembre 1795 laissant les royalistes sans aucune aide.

Posté par Puystory le 28 mai 2018 - Histoire de château - Commentaires [1] -

Sur la colline du Puy du Fou

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D'où que l'on vienne, quel que soit le chemin que l'on emprunte, la route est longue et mystérieuse.
Ni forteresse, ni remparts.
Pas imposant en haut d'une colline, le château est imprévisible...

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Ce n'est qu'au détour d'une courbe, au travers des buissons sauvages, au-dessus de la cime des arbres que l'on devinera les ruines.
Sans prétention, c'est ici que depuis des siècles, le château du Puy du Fou se repose et coule des jours paisibles, les pieds dans l'eau et la tête dans les étoiles, loin des vicissitudes du temps.

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Pancarte après pancarte, départementale après nationale, les cars et les voitures déferlent, avalent les kilomètres et pourtant le château se cache toujours et se fait attendre.
Et l'on roule et roule vers l'inconnu, vers un nom, un lieu, une réputation...

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S'il n'y avait pas quelques indications sur les bords des routes "Puy du Fou", les plus impatients rebrousseraient sans doute chemin.
Mystérieux, austère et humble à la fois, le château ne s'impose pas.
Ce n'est pas lui qui vient à nous, c'est nous qui allons vers lui.

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Résigné, peut être, depuis qu'il y a quarante ans maintenant, sa tranquillité a quelque peu été brusquée, son rythme de vie bousculé.
Jusqu'au dernier moment, on ne connaîtra rien de lui, ou si peu... quelques notes lues dans un guide ou sur internet.
Mais le château du Puy du Fou, c'est bien plus que cela.

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C'est une âme et un cœur.
Ce sont des odeurs, des anecdotes et des éclats de rire c'est une histoire !
Mais une histoire pas comme les autres.
L'histoire d'un château en avait fini avec son temps, mais sous l'influence de quelque 3800 caprices s'est trouvé une nouvelle raison de vivre.

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Et ce n'est en fait qu'une fois assis dans les tribunes, en tête à tête avec lui que l'on fera vraiment connaissance.
Le chemin aura été, certes un peu long, plein d'embûches peut-être et de suspens.
Mais maintenant il fait noir, le spectacle peut commencer et le château livrer ses secrets...

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Deux heures plus tard faisant le chemin inverse, nous laisserons à la nuit le soin de veiller sur lui avec des promesses de retrouvailles.

Posté par Puystory le 07 mai 2018 - Histoire de château - Commentaires [1] -

Mémoires !!

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Un jour, en touchant ses murs et ses vieilles pierres, le château m'a demandé :
"Voyageur du temps, raconte mon histoire".
En m'approchant plus de ses murs, il chuchote dans mon oreille :
"Je suis le Puy du Fou et je te donne mes clefs, elles t'ouvriront les portes de mon passé.
Depuis longtemps, on me voit comme une ruine, comme une carcasse décharnée, une cathédrale inachevée.
Depuis 1978, je suis le décor, toile de fond, du plus beau spectacle au monde animé par le cœur des Puyfolais, et pourtant mon histoire est méconnue.
Mais, depuis de longues années ;
je t'observe et je t'apprivoise,…..
Tu m'inspectes, je te vois,…..
Tu m'observes, je te donne des indices,….
Tu me photographies, je me découvre,…..
Tu cherches mes secrets et…, je te taquine à travers mes vieilles pierres…
Secret de château, il est dit que tu ne décramponnes pas,….

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Même mon père, dit le "vieux château" à la queue de l'étang, nous a confié lors d'une réunion de famille, que tu voulais percer son secret.
Son secret, …..
Je t'avoue que nous avons eut une petite crise de fou-rire autour d'une bonne trouspinette et d'un cerf tournant devant notre feu pour un bon festin……..
Même notre petite Guillemette est repartie en cuisine, avec un sourire dissimulé derrière ses mains fragiles, rejoindre Jacotte notre Maître-cuisinière.

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L'odeur du bon pain sortant du four à pierres chatouillait nos narines….
Ceci dit…. lors du banquet annuel de notre grande famille, personne ne croyait en ce projet farfelu…
A cette époque, seuls, Jean-Louis (notre fauconnier) et Nicolas (maître ménestrel), croyaient timidement en cette histoire.
Faire connaître notre Puy du Fou, et plus hilarant encore … écrire un livre sur notre passé était une idée à faire rire même notre vieux "Capitan" (Cheval de Maître Paco).
Autour de la grande cheminée et avec le cristal bien rempli à la main, Renaud de Mortagne, Guillaume, Pierre, Guyon, les François et Gilbert et j'en oublie (nous étions si nombreux), on en riait encore et encore.
Nous, châteaux du Puy du Fou… perdu dans nos campagnes et surtout perdu dans les mémoires des hommes…… revenir dans les rêves et destination de voyages…
Mais non…. !!!!
Qui sommes-nous pour prétendre à ces honneurs !!

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Au petit matin, en contemplant les dernières cendres de chênes crépitant au fond de la grande cheminée, personne ne croyait en cette persévérance.
Aux premières lueurs du jour, nous sommes repartis dans nos époques et dans nos dernières demeures sans oublier que…. tenaces… tu es !!!!
Mais aujourd'hui, grâce à toi visiteur d'un jour, notre grande famille, assise devant notre grand feu du souvenir, ouvrons avec plaisir, le grand livre de nos siècles de présence en ces lieux….."

Voir notre histoire sur :

www.puystory.net

Posté par Puystory le 29 janvier 2018 - Histoire de château - Commentaires [0] -

Un discours prémonitoire.

 

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Voici le discours d'accueil prononcé le 3 décembre 1977 par André COUTAND, maire des Epesses à l'époque, lors de l'illumination du château du Puy du Fou qui allait être l'élément déclencheur de l'aventure Puyfolaise.
Après 40 ans, ce texte n'a pas prit une ride.
Il ne faut que changer le nom du spectacle de "Ce soir la Vendée" en "Cinéscénie". …//…

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Il me semble que si les murs qui nous entourent pouvaient parler, ils frémiraient d'aise en pensant que les grands moments d'autrefois allaient revivre.
Preux chevaliers s'en allant à la guerre ou noce villageoise dansant une gavotte dans l'enceinte du château et même à sa périphérie.
Il me semble que si les bâtisseurs de ce château qui dorment çà et là aux alentours de leur dernier sommeil revenaient ce soir, ils remercieraient les baladins modernes qui ont permis que ce coin historique de la haute Vendée revive et continue à être le témoin de ces hommes et ces femmes que l'on a surnommés les Géants et dont nous, les descendants pouvons être fiers.
Mon propos n'est pas de vous présenter le destin de ce château, ni de vous dévoiler la trame du spectacle qui se déroulera l'été prochain, avec pour titre "Ce soir la Vendée" d'autres plus qualifiés que moi vont le faire.
Nous aurons un avant-goût de ce spectacle en regardant tout à l'heure le bouquet final et nous finirons, comme tout bon Vendéen qui se respecte, par le verre de l'amitié.
Je ne voudrais pas terminer avant de dire encore merci.
Merci aux nouveaux propriétaires : préfecture et conseil général car sans eux nous ne serions pas là ce soir.
Merci à d'autres personnes, beaucoup d'autres personnes dont je tairai volontairement les noms de peur d'en oublier.
Ce sont les créateurs du spectacle, les metteurs en scène, les artificiers que l'on va voir œuvrer tout à l'heure, les artistes qui sont venus de Paris et d'ailleurs en un mot tous les organisateurs du spectacle :
"Ce soir la Vendée".
Je peux dire qu'ils ont réussi dans la première partie de leur programme car ils nous ont communiqué leur foi et c'est pour cela que nous sommes là ce soir.
Merci encore aux responsables de l'association qui ont accepté la charge de la mise en route du spectacle malgré le travail supplémentaire que cela pose.
Merci enfin à vous tous qui êtes venus ce soir et qui demain serez figurants, spectateurs, ou invités.
Vous serez notre meilleure publicité.
C'est vous, qui porterez chez vous et autour de chez vous le témoignage qu'il se passe en ce coin de Vendée quelque chose de beau et de jamais vu et l'on viendra de loin, de très loin même, et je vous propose de nous retrouver tous le 16 juin 1978 date de la première représentation du spectacle d'art et d'histoire :
"Ce soir la Vendée".

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André COUTAND

Posté par Puystory le 09 janvier 2018 - Histoire de château - Commentaires [0] -