Puy Story

Histoire d'une région.

La troupe du Marais..*

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"L’accueil est à haut risque puisque derrière ce rideau qui, dans quelques instants, va s’ouvrir grand, pour vous, la troupe du Marais, en quittant ses tréteaux, change de résidence et fait le pari fou d’un accueil incertain, ici, au Puy du Fou !"
Le théâtre du Marais est l’un des plus célèbres de Paris et un des premiers théâtres du Paris de l’époque classique, mais qui a connu une histoire mouvementée.
C’est là que fut créé le Cid de Corneille et que furent jouées les pièces de Mairet (1604-1686), Scudéry (1607-1701), Scarron (1610-1660).
La collaboration étroite de Pierre Corneille (1606 – 1684) et de l’excellent acteur Montdory (1594-1654), contribue de manière décisive à la renommée de cette scène concurrente de l’Hôtel de Bourgogne dite "Troupe royale" et qui reçoit une pension de la part du roi.
Vers 1600, il semble (car peu d’écrits l’attestent) qu’une troupe soit venue à Paris pour la foire Saint Germain et voulut s’installer en ville dans un théâtre qu’elle aurait fait construire dans le Marais, dans une maison appelée "Hôtel d’Argent".

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Et ce non sans mal.
En effet, Paris comptait alors deux salles.
Le Petit Bourbon pour les comédiens royaux et l’Hôtel de Bourgogne pour les spectacles ouverts au public.
Et difficile de sortir du monopole de ce dernier.
Déjà, le 28 avril 1599, le Châtelet de Paris réaffirme la défense de jouer ailleurs qu’au théâtre de l’Hôtel de Bourgogne.
Défense également aux bourgeois de louer leur maison à des comédiens.
Mais en 1624, Guillaume de Mondory et Claude Deschamps (dit Villiers (1600 – 1681)) fondirent leur troupe sous le nom de Marais.
1634 : Le 8 mars, Mondory loua le Jeu de paume du Marais, rue Vieille du Temple, pour y entreprendre des travaux afin d’aménager un vrai théâtre.
1635 : 1 er janvier : Inauguration du théâtre du Marais.

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1637 : Première représentation du Cid de Corneille (Pièce crée en pleine guerre avec l’Espagne Corneille prépare une pièce qui célèbre l’héroïsme castillan).
1638 : L’acteur Josias de Soulas, dit Floridor (1608 – 1671) entre dans la troupe, pour succéder à Montdory et devient rapidement à son tour une vedette parisienne et l’ami personnel de Pierre Corneille.
La concurrence entre le théâtre du Marais et l’hôtel de Bourgogne est vive, au point que fréquemment les deux troupes créent la même saison deux pièces rivales sur le même sujet.
Le roi lui-même intervient à deux reprises au moins pour modifier la composition des troupes et faire passer des comédiens d’un théâtre à l’autre.

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1643 : La salle, les décors et les costumes sont détruits par un incendie.
1644 : Octobre, après sa complète rénovation et nouveautés techniques, réouverture du théâtre du Marais et "les petits comédiens" comme on les appelle, par opposition aux "grands comédiens" de l’Hôtel de Bourgogne rejouent et passent par diverses périodes de prospérité et de détresse.
Le nouveau Marais développe de plus en plus ses changements de décors spectaculaires, avec naufrages et cataclysmes dans ses pièces à machines et met fin au décor austère du théâtre de la Renaissance.
Le Marais connaît notamment un succès triomphal avec une pièce à machine, La Toison d’or, que Louis XIV (1638 – 1715) voit deux fois, mais Jean-Baptiste Lully (1632 – 1687) lui porte le coup fatal avec son privilège d’exclusivité, ce qui interdit à la fois la représentation des comédies ballets et des pièces à machines.

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L’ampleur du succès dut à la pièce de Corneille "Le Cid" joué par la troupe du Marais oblige les comédiens à placer certaines personnes de part et d’autre de la scène.
Ces places étaient bien plus chères et donc réservées à la Cour.
Mais cela n’arriva pas à compenser le départ, pour l’Hôtel de Bourgogne, de Floridor puis de Corneille, qui apportait toutes ses pièces à la troupe depuis 18 ans.
Durant les années 1650, la salle est désertée.
1660 : Malgré le monopole de l’Hôtel de Bourgogne avec qui il est en concurrence, le théâtre du Marais ouvre ses portes grâce à Mondory et sa troupe.

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Le théâtre du Marais en plein âge d’or du théâtre français reste loin derrière l’Hôtel de Bourgogne et le Palais Royal de Molière.
Il déménagera encore à plusieurs reprises, mais reste toujours attaché au quartier du Marais.
La troupe du théâtre y joue toujours les œuvres de Pierre Corneille.
Mais les trois troupes de comédiens se disputent le public de théâtre parisien, la troupe du Palais Royal (dirigée par Molière), celle du Marais et celle de l’Hôtel de Bourgogne.
1669 : à cause de difficultés financières, la salle est fermée en 1673 et la troupe est dissoute sous l’ordre de Louis XIV.

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Désireux d’une centralisation, Louis XIV ordonne aux comédiens de la troupe du Marais de rejoindre la troupe de Molière après la mort de ce dernier.
Le roi force également la main de la troupe de Bourgogne pour qu’une troupe unique se forme à Paris.
C’est par un édit de Louis XIV que s’est fondée cette troupe unique et permanente : la Comédie Française.
La Comédie Française fut nommée sous deux autres noms également, Théâtre Français et la Maison de Molière.
Les comédiens français s’unissent finalement le 5 janvier 1681, pacte qui ne sera jamais rompu.
En 1791 un autre théâtre du Marais est bâti avec des matériaux récupérés de la prise de la Bastille et présentant des spectacles révolutionnaires.
Si Corneille en était l’auteur-maison au XVIIème siècle, c’est maintenant le tour de Beaumarchais (1732- 1799).

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Le théâtre du Marais connaît alors un franc succès avec la célèbre trilogie de Beaumarchais : "La Mère coupable", "Le Barbier de Séville" et "Le Mariage de Figaro".
1807 : Fermeture du Théâtre par ordre de Napoléon (1769-1821).
1812 : La salle est détruite pour laisser la place à un établissement de bains.
Au XXe siècle, un nouveau lieu théâtral est ouvert sous le nom de théâtre du Marais.
Fondé par Jacques Mauclair en 1976, il ferme un temps ses portes en 1999 avant d’être repris par le cours Florent en mai 2000.
En 2009, il est repris par Sébastien Autret, Charles Petit et Quentin Paulhiac, qui font revivre cette salle avec une programmation hétéroclite de pièces de théâtre.

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Posté le 02 novembre 2021 - MOUSQUETAIRES *


L'art équestre et l'équitation classique française.*

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L'art équestre tire ses racines de la Grèce Antique, époque où l'on a cherché l'affinement du dressage des chevaux à des fins guerrières.
Les Romains firent de même avec leur cavalerie pour les grandes campagnes d'Afrique et d'Espagne.
Mais l'équitation en tant qu'art n'a véritablement pris naissance qu'après la renaissance Italienne, abandonnant l'objectif guerrier au profit de l'esthétisme, ainsi dans tous les pays du monde civilisé naquirent des écoles et des académies équestres pour enseigner et perpétuer cet art, universellement considéré comme noble.
L'art équestre peut se définir comme étant la capacité d'apprendre à un cheval, par la douceur, la logique basée sur les lois naturelles de l'équilibre et de l'harmonie, à se soumettre avec plaisir et fierté à la volonté de son cavalier sans dénaturer en aucune manière sa façon de se déplacer.

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Pour pénétrer "l'âme" de l'équitation classique, il faut essayer de comprendre la philosophie du classicisme et de son époque du XVIe au XVIIIe siècle.
A cette période l'art représentait ce qui était précis, classique, il appartenait à la réalité, il reflétait la beauté et l'ordre de la nature, il était toujours soumis aux lois de l'équilibre et de la légèreté.
C'était le règne de la symétrie et de la logique.
Il est ainsi plus aisé de comprendre que l'équitation académique française dû sa naissance à l'esprit classique qui atteignit son apogée à la Cour de Versailles sous Louis XIV.
À la Cour de louis XIV, des carrousels extravagants d'inspiration italienne furent organisés et devinrent très populaires.
La gravure de CHAUVEAU (1613-1676) faite en 1670 montre le roi habillé en romain dans "une côte d'argent brodée d'or".

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A la cour de Louis XIV, des carrousels extravagants d'inspiration italienne furent organisés et devinrent très populaires.
En 1680, le Roi Soleil s'installait à Versailles et y organisait ses écuries avec toute la splendeur qu'il apportait à ce qu'il touchait.
L'esprit classique apparaissait dans l'art, l'architecture, la sculpture, la musique, l'aménagement des jardins et des parcs, l'équitation ...
L'équitation classique était enseignée, au même rang que la littérature, la poésie, la musique.
L'école de Versailles, plus qu'une localisation géographique représentait une philosophie de l'équitation qui était en perpétuelle quête de la perfection, à la recherche de l'harmonie cheval-cavalier, permettant l'expression esthétique de l'art.

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A toute philosophie, des esprits, des maîtres et celui qui personnifia l'école de Versailles, qui fut le véritable artiste équestre qui inspira par ses écrits (notamment "l'école de cavalerie" publié en 1729) l'équitation classique jusqu'au monde actuel de la haute école, s'appelait François ROBICHON de la Guérinière (1688-1751).
Il est souvent considéré comme le plus grand écuyer français de tous les temps.
Il fut certes inspiré par d'autres maîtres Français comme Salomon de la BROUE (1530-1610) écuyer d'Henri III, Antoine de PLUVINEL (1555-1620) écuyer de louis XV, qui eux-mêmes furent influencés par l'Italien Gianbatista PIGNATELLI (1525-1558).
Mais, c'est lui de l'avis des historiens d'art équestre, qui amena l'équitation classique à son apogée, sa conception du dressage et sa parfaite connaissance de la psychologie des chevaux étaient et restent novatrices.
Même si les circonstances ne l'ont pas amené au titre de grand écuyer de France auprès du Roi Soleil, l'écuyer en titre, le Prince Charles de LORRAINE fut totalement à l'écoute de ses conseils.

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Son art fut prolongé à Versailles par des écuyers comme Monsieur de NESTIER (1684-1754), écuyer de Louis XV ou Claude BOURGELAT (1712-1760), écuyer, médecin fondateur des écoles vétérinaires.
Mais la pression des militaires et l'évolution des techniques de combat qui considéraient l'équitation de manège comme une folie inutile, et surtout le cataclysme de 1789, changèrent du tout au tout la conception de l'équitation, et sa vision artistique faillit disparaître.
Le seul cavalier qui apporta un embellissement à l'équitation classique de la Guérinière fut François BAUCHER (1796-1873).
Il se produisait à travers des spectacles que l'on peut rapidement comparer au cirque actuel.
Il "exportait" ses connaissances ne trouvant qu'à l'étranger de l'intérêt pour ses travaux.
De nos jours les préceptes de Monsieur de LA GUERINIERE inspirent les écoles d'art équestre étrangères, comme au Portugal l'école de Lisbonne, en Espagne avec l'école de Jerez ou encore la plus prestigieuse école de Vienne, où sa méthode fait figure de règle d'or.

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On peut remarquer que la France a été le pays qui magnifia l'équitation classique jusqu'à l'amener à l'état d'art, et par une vague dévastatrice l'a détruite, oubliée ou presque, laissant à d'autre la jouissance d'un véritable trésor du patrimoine français.
En France, au lendemain des guerres napoléoniennes, la cavalerie française est décimée.
Dès 1815, pour reformer les troupes à cheval, une "école des Troupes à cheval" fut créée à Saumur avec pour mission de former des instructeurs pour tous les corps de Cavalerie.
Face à l’urgence de cette remonte en cavaliers et en chevaux, on y constitue un corps d’enseignants composé de quelques grands écuyers , civils, issus des Manèges de Versailles, des Tuileries ou de Saint-Germain.
Celle-ci est fondée en 1825, au départ, sur les principes académiques hérités de l’école de Versailles, puis sous l’autorité du comte d’Aure, elle évolue vers une forme plus naturelle et plus hardie. 
Enfin, les apports techniques de François BAUCHER sont étudiés de près par cette communauté militaire qui cherche en permanence à améliorer sa technique.

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Dans ses spectacles "Mousquetaire de Richelieu" et "Cinéscénie", le Puy du Fou renoue avec les traditions de cet art, en présentant des figures équestres de qualité.
Notons particulièrement un passage unique au monde, qui met en scène une chorégraphie d'un dresseur et ses chevaux dans le noir (éclairé par des tubes ultraviolets).
Un cheval perd normalement tous ses repères dans le noir et ce numéro a nécessité près de deux ans de travail.

Posté le 01 juin 2021 - MOUSQUETAIRES *

Historique sur les Mousquetaires

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"Les Trois Mousquetaires" est le titre d’un roman d’Alexandre Dumas.
Il raconte les aventures d’un jeune homme de 18 ans, nommé d’Artagnan, qui va à Paris pour devenir mousquetaire du Roi.
Mais, c’est vers la fin du XVIe siècle que l’on trouve l’origine des mousquetaires du Roi.
Ils étaient des gentilshommes qui escortaient Henri IV, armés d’un mousquet à canon court avec lequel ils pouvaient tirer tout en restant à cheval. 

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La carabine, d’où leur nom de "Carabins du roi".
Le mousquet était une arme lente car elle nécessitait plusieurs opérations avant la mise à feu.
Verser la poudre, introduire la balle, allumer la mèche avec un briquet (mèche que l’on attachait en attendant à la têtière de la bride), amorcer le mécanisme à ressort.
Louis XIII créa en 1622 un corps de cavalerie.
La compagnie des mousquetaires du Roi.

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Les 150 mousquetaires étaient issus de grandes familles et portaient une casaque bleue agrémentée d’une grande croix d’argent.

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Richelieu possédait sa propre compagnie de mousquetaires portant une casaque rouge qui, à sa mort, passa sous les ordres du Roi.

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Chaque compagnie comptait un porte-drapeau, un porte-étendard, 250 mousquetaires, un aumônier, un fourrier (qui s’occupait des armes), un sellier, un apothicaire, un maréchal-ferrant, quatre hautbois et six tambours.

Posté le 16 avril 2021 - MOUSQUETAIRES *

Mousquetaire de Richelieu

Découvrez la bande annonce du spectacle "Mousquetaire de Richelieu" et revivez les combats, les danses flamenco et le final majestueux de cette création originale du Puy du Fou.

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Au cœur du Grand Siècle, la belle Sérafina et l'orphelin Bouton d'Or vivent un amour impossible.

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Savant mélange de duels à l'épée, de ballets flamenco et de prouesses équestres, le spectacle "Mousquetaire de Richelieu" tire sa force d'une mise en scène intense agrémentée d'effets spéciaux impressionnants.

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Le théâtre géant dans lequel se produit ce spectacle est notamment équipé du plus grand rideau de scène au monde.

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Posté le 23 janvier 2021 - MOUSQUETAIRES *

CYRANO DE BERGERAC AU PUY DU FOU

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Dans Mousquetaire de Richelieu, Cyrano se situe d’emblée sous le signe de "l’illusion comique" par une entrée en scène des plus surprenantes.
Statue qui s’anime, l’œuvre devient homme, à l’inverse de la logique et de la réalité.
Puis, dans un tourbillon gestuel et verbal plein de verve et d’élégance, il effectue une traversée de scène fugace mais exubérante.
Par sa poésie et sa truculence, sa tirade pastiche les morceaux de bravoure du personnage de Rostand.
Les octosyllabes lui confèrent, par opposition avec les alexandrins solennels du présentateur, dynamisme et légèreté, en écho à La Chanson des Cadets ou à La Ballade du Duel composée "Hop ! À l’improvisade".

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Cyrano y récuse avec véhémence le statut banal de Monsieur de Bergerac, et revendique avec fierté le titre d’œuvre et d’emblème.
Il intervient plus tard aux côtés des mousquetaires pour secourir Bouton d’Or, écrasé sous le nombre des assaillants.
Son regret de n’avoir à affronter qu’une dizaine d’adversaires rappelle le combat de la Porte de Nesle chez Rostand (à un contre cent).
La jubilation qu’il éprouve à se "dégourdir" l’épée fait directement allusion à son Duel avec le Vicomte.
Personnage spectaculaire et pleinement conscient de sa théâtralité, Cyrano parvient dans Mousquetaire de Richelieu à fondre imaginaire et réalité, dans une mise en abyme vertigineuse qui renouvelle l’esprit baroque du Grand Siècle.

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Posté le 02 octobre 2020 - MOUSQUETAIRES *


CYRANO DE BERGERAC : LE PERSONNAGE DE ROSTAND

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En 1897, Edmond Rostand (1868-1918) s’empare du personnage historique pour en faire un héros baroque et romantique, dans une comédie héroïque en cinq actes et en alexandrins.
C’est le brillant acteur Coquelin qui crée le rôle du personnage éponyme.
Ce drame historique met en scène un personnage héroïque et spirituel mais affublé d’un nez disproportionné qui l’enlaidit et le condamne à un amour impossible pour la belle précieuse Roxane, elle-même éprise de Christian, un jeune mousquetaire "à la moustache fine" totalement dépourvu d’esprit.
Décidé à pousser le sacrifice jusqu’au sublime, Cyrano aide Christian à conquérir la jeune femme, et garde le silence sur ses sentiments, se résolvant à l’aveu malgré lui au moment de mourir.

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Esprit libre, "empanaché d’indépendance et de franchise", oscillant entre l’idéal de l’honnête homme et celui de l’héroïsme cornélien, Cyrano est à la fois l’héritier enthousiasmant des vertus de la chevalerie française, et le modèle du sacrifice généreux.
Mais Cyrano est aussi un poète et un homme de théâtre, plein de "fierté, d’envol, de lyrisme, de pittoresque, d’étincelle, de somptuosité".
Capable d’improviser avec brio une ballade, ou de retarder le Comte de Guiche par un jeu de masques doublé d’une volubilité délirante, il introduit aussi le théâtre dans le théâtre en "jouant" à la place de Christian la scène de séduction sous le balcon de Roxane.

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Posté le 12 juin 2020 - MOUSQUETAIRES *

Qui est le vrai CYRANO DE BERGERAC ?

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Il n'est pas gascon (habitants de la Gascogne), mais parisien, le véritable Cyrano de Bergerac (1619-1655) s’engage à vingt ans comme mousquetaire dans la compagnie de Casteljaloux, et se fait rapidement remarquer pour sa bravoure et son goût pour les duels.
Blessé en 1639 et en 1640 dans les combats de la guerre de Trente ans, il doit quitter le service.
Il se lance alors dans la littérature.
Libre-penseur, Cyrano est un adepte du mouvement libertin, qui remet en cause la religion et le pouvoir royal.

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Son unique tragédie, La Mort d’Agrippine, écrite en 1653, fait scandale pour son impiété.
Ses deux romans d’anticipation, publiés seulement après sa mort, et rassemblés plus tard sous le titre "L’Autre Monde", racontent des voyages interplanétaires fabuleux.
Prétextes à relativiser les mœurs et les institutions de son temps et à exprimer sa philosophie matérialiste.
Son libertinage et son athéisme lui valurent de nombreux ennemis.
En 1654, il est victime d’un accident, une pièce de bois lui tombe sur la tête.
Il meurt non pas aussitôt, mais l’année suivante.

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Posté le 07 février 2020 - MOUSQUETAIRES *

Le Grand carrousel du Puy du Fou

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Le carrousel trouve son étymologie dans la contraction de deux mots latins "carrus-soli" ce qui signifie "char du soleil".
Hérité du tournoi médiéval, le carrousel était un intermédiaire entre les parades équestres et les jeux guerriers italiens.
Le roi, entouré des grands de la noblesse, endossait des rôles allégoriques.

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Le carrousel présente des joutes équestres et des figures chorégraphiques de hautes écoles.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les cours d’Europe organisent ces grands "ballets équestres" qui par leur conception tiennent autant de l’opéra que du ballet chorégraphique.
Les carrousels n’étaient pas réservés aux nobles, mais étaient plutôt une grande fête publique en la présence du roi et offerte par lui à ses sujets.

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Il s’agit d’une équitation raffinée basée sur la pureté des mouvements du cheval où l’écuyer conduit le cheval avec justesse, douceur, discrétion et patience.
Seules subsistent les partitions des carrousels de 1685 et 1686.
La musique de Jean-Baptiste LULLY, musicien du Roi (28 novembre 1632 – 22 mars 1687) réunit trompettes, timbales et bande de hautbois.

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Le tempo était adapté à l’allure des chevaux : prélude au pas, menuet au trot, gigue au galop puis gavotte au pas.
Un exercice de style pour un musicien dont on dit s’être inspiré de la cadence des sabots de son cheval pour composer une danse !
Cette salle de spectacle originale, allie le charme d'un théâtre à l'italienne et la modernité d'une grande salle de spectacle.

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Le Grand Carrousel du Puy du Fou est un immense théâtre du style XVIIe siècle devant lequel s’étend un magnifique jardin "à la française"de 3 hectares.
La façade de 110 mètres, culmine à 16 mètres et est ornée d’armoiries sculptées, de bas-reliefs équestres, de corniches, de chapiteaux et de colonnes doriques.
À l’intérieur : 3000 places assises, 6000 m2 dont 3600 m2 d’espace scénique (2 fois le ZENITH de Paris).

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Son rideau en velours rouge (le plus grand rideau du monde) d'une demi tonne et d'une surface de 950m² à une ouverture de 70 mètres de longueur sur 13.5 mètres de haut.
Un décor roulant de 21 mètres d’envergure et 10 mètres de haut, un balcon et 6 lustres escamotables, 1300 m² de décors.
Ce spectacle est aussi animé grâce aux 30,5 tonnes de matériels technique accrochés au plafond dont 70 projecteurs automatiques et un système audio stéréo multicanals L-Acoustics.
Le tout relié par plus de 50 km de câbles !

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Et n'oublions pas qu'il a la capacité de se transformer en un lac en seulement quelques minutes !

Posté le 10 juillet 2019 - MOUSQUETAIRES *

L'éventail

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Les éventails sont utilisés depuis la Préhistoire.
Tout au long de l'histoire, l'éventail a subi une métamorphose.
Dans l'Egypte ancienne, formé d’une longue plume d’autruche, il sera symbole de puissance.
Au Mexique, l’éventail est considéré comme un symbole d’autorité.
Souvent orné de pierres précieuses, il sert à activer le feu des sacrifices.
Pendant le Moyen-âge il sera accessoire de guerre, de danses et arts martiaux au Japon.
Les Espagnols portent des éventails à écrans ronds, garnis de plumes.
Vers le 14ème siècle, les éventails en cercle plissé sont apportés du Japon et de Chine.
Aux 17, 18, 19ème siècle un accessoire de mode dans toutes les cours d'Europe Depuis le début de 20ème siècle il devient un outil publicitaire.

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Les premiers hommes agitaient une feuille de palme pour se procurer un peu d'air frais lors de chaudes journées.
Sorte d'écran portatif avec lequel les dames s'éventent (produire de l'air), il est en papier ou en étoffe, plissé en forme palmée.
Objet de mode et objet d’art, l’éventail, venu d’Asie à la Renaissance, a connu son âge d’or en France sous l’Ancien régime (1484-1789).
Au 16ème siècle, les éventails sont fixes et sont très populaires.
A partir du 17ème siècle ils seront progressivement remplacés par les éventails pliables.
C'est Catherine de Médicis (1519-1589), reine de France qui introduit l'éventail pliable en France.
C'est lors de son mariage avec Henri II (1519-1559), fils de François Ier (1494-1547), en 1533, que les éventails sont devenus un accessoire indispensable à la gente féminine.
La partie supérieure est ordinairement recouverte de papier, de taffetas ou de plumes.

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En 1678, le roi Louis XIV (1638-1715), à l'initiative de Colbert (1619-1683), fondera la communauté des "Maîtres-éventaillistes" (60 membres) et fixera les règles de fabrication (protection des secrets de fabrication) et de commercialisation de l'éventail.
Les Maîtres-éventaillistes auront recours aux matériaux les plus précieux, comme la nacre et l’ivoire, le bois exotiques et aux peintres à la mode François Boucher (1703-1770), Antoine Watteau (1684-1721), Charles Le Brun (1619-1690), entre autres pour la décoration ainsi qu’aux techniques les plus innovantes, avec des ajouts d’optique, lunettes et loupe, ou de tubes à parfums…

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Les éventails pliables ont régné en maître pendant tout le 17ème siècle.
Le 18ème siècle fut l'âge d'or de l'éventail en Europe.
Durant ce siècle, les éventails pliables étaient un instrument accessible par toutes les classes sociales.
Pour la toute première fois, des éventails étaient fabriqués en grande masse.

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Ils représentaient des scènes d'Histoire, de la mythologie et des scènes d'amour.
Au 18ème siècle, en France de nombreux éventails ont représenté la reine Marie-Antoinette.
En 1782, Paris sera la capitale de l'éventail avec 253 "Maîtres-éventaillistes".
En 1789, les éventails étaient peu coûteux portaient fréquemment des slogans révolutionnaires.

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La première guerre mondiale mettra fin à la production de l'éventail le relayant au statut d'objet pour grand-mère.
Abandonné sauf dans quelques pays comme l'Espagne, il reste l'accessoire des danseuses de flamenco et un accessoire de défilé de mode.
Aujourd'hui, l'éventail est un accessoire raffiné, utile, écologique, peu onéreux, et possède des avantages pour à nouveau charmer les femmes d'aujourd'hui.

Posté le 22 août 2016 - MOUSQUETAIRES *

Qui sont les Mousquetaires ??? *

NON, ce ne sont pas ceux qui ont inventé les "Supermarchés".
Vous souriez peut-être, mais j'ai déjà entendu cette réflexion.

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Le corps des mousquetaires de la maison militaire du roi de France a été créé en 1622 lorsque le roi Louis XIII (1601-1643) dota de mousquets (arme d'infanterie) une compagnie de chevaux-légers de la Garde aussi appelés carabins (cavalerie légère), elle même créée par son père, Henri IV (1553-1610)
De 1622 à 1629, les mousquetaires dépendent du capitaine-lieutenant des chevau-légers. 
En 1622, le premier d'entre eux fut Jean de Bérard de Montalet (1585-?).
En 1634, le roi le fait capitaine de la compagnie des mousquetaires, laissant le commandement effectif au sieur de Tréville (1598-1672)
Les mousquetaires sont recrutés uniquement parmi les gentilshommes ayant déjà servi dans la Garde. 

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Le passage aux mousquetaires est une promotion. 
Il permet de rejoindre un corps d'élite, proche du roi.
De plus, il est prévu que les hommes quittant ses rangs soient nommés enseigne ou lieutenant (grade bien plus élevé alors, surtout dans les corps d'élite) dans les Gardes ou officiers dans les régiments.
En l'absence d'école militaire, le passage sous les yeux du souverain permet de vérifier la compétence et la fidélité de chaque homme. 
Bandouilière de mousquetaire, année 1640, chaque étui contient la dose de poudre nécessaire pour armer et effectuer un tir.

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Ces mousquetaires avaient la particularité de combattre indifféremment à pied ou à cheval. 
Ils formaient la garde habituelle du roi à l'extérieur, la garde à l'intérieur des appartements royaux étant celle des gardes du corps et des gardes suisses. 
Mazarin (1602-1661), n'appréciant guère les turbulents mousquetaires du roi, fit dissoudre leur compagnie en 1646. 
Elle ne reparut qu'en 1657, comptant alors 150 hommes. 

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À la mort de Mazarin (1602-1661), la compagnie des mousquetaires du cardinal passa au roi Louis XIV.
Elle fut réorganisée sur le modèle de la première compagnie en 1664 et reçut le surnom de "mousquetaires gris" dû à la robe de ses chevaux, alors que la deuxième compagnie fut appelée "mousquetaires noirs". 
À cette même époque, les effectifs des compagnies furent doublés. 
En effet les mousquetaires étaient l'un des corps militaires les plus prestigieux du royaume, ne rassemblant que des nobles en principe. 

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Nombre d'entre ces derniers, forcés depuis les réformes de Le Tellier (1603-1685) à passer un certain nombre d'années dans la troupe avant d'accéder au grade d'officier, préférèrent effectuer ce service dans un corps privilégié.
Ainsi, aussi bien des militaires comme le maréchal de Montesquiou (1640-1725) que des écrivains comme le duc de Saint-Simon (1675-1755) furent mousquetaires. 
En 1776, les mousquetaires furent supprimés pour raisons d'économie par Louis XVI (1754-1793).
Reformés en 1789, ils furent supprimés peu après. 
La Restauration les recrée le 6 juillet 1814, et les dissout définitivement le 1er janvier 1816.

Posté le 06 juin 2016 - MOUSQUETAIRES *