Puy Story

Histoire d'une région.

Les Lucs-sur-Boulogne et les Colonnes infernales (1/3)

Puystory_5530

D'abord il y eut une guerre.
"Une guerre de géants", a dit Napoléon.
Deux grandes armées face à face :
celle de la République et celle du Roi.
Les Bleus qui s'élançaient derrière les trois couleurs, les Blancs dont le drapeau était le Sacré-Coeur.
"Les rebelles se battaient comme des tigres, a dit Kléber, et nous comme des lions".
S'il y eut des morts, beaucoup de morts, c'est surtout au combat.
S'il y eut des massacres - il y en eut beaucoup - c'est autour et à la suite des combats.
Marceau témoigne, comme s'il s'agissait d'une routine :

Puystory_4636

"Nos soldats en firent une boucherie épouvantable".
Mais la Grande Armée Catholique et Royale ne faisait pas non plus de cadeaux.
Cette guerre-là s'est achevée quand les derniers carrés vendéens furent écrasés à Savenay, les 22 et 23 décembre 1793, par les troupes de Westermann.
A l'intention du Comité de Salut public, et sans ambiguïté, ce général bleu avait dressé l'acte de décès de la Vendée en armes :
"Il n'y a plus de Vendée, citoyens...
Elle est morte sous notre sabre libre.
Je viens de l'enterrer dans les marais et les bois de Savenay...
J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de brigands.
Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher".

Puystory_4685

Selon Kléber, la victoire républicaine réduisait les insurgés au désespoir.
De petites bandes de fidèles suivaient encore Stofflet et La Rochejaquelein.
Quelques autres obéissaient à Charette.
Surtout, répétait Kléber, surtout que l'on ne s'avise point de vouloir "ratisser" le pays.
Pour parvenir à la pacification, de simples opérations de police devaient suffire.
Aujourd'hui encore, sa lucidité nous saisit :
"On forcerait tous les paysans de l'intérieur, qui ne demandent plus que la paix, à se réunir en masse, et l'on verrait une nouvelle armée se former dans la Vendée."
On n'a pas écouté Kléber.
Déjà, à Nantes, le représentant Carrier cherche comment vider les prisons trop pleines.
Les noyades sont pour demain.
Et le général Turreau vient d'être nommé à la tête de l'armée de l'Ouest.
Turreau.

Puystory_3720

Le voilà donc qui entre en scène.
Quand un spectacle frappe le public, il réclame l'auteur.
L'auteur, ici, c'est Turreau.
Une brute militaire ?
Pas même.
Avant la Révolution, ce fils d'un directeur des domaines du Roi s'appelait Turreau de Garambouville.
Il servait aux gardes de Monseigneur le comte d'Artois.
Les idées nouvelles ne semblent l'avoir séduit qu'au printemps de 1791.
Les volontaires qui s'en allaient aux frontières défendre la patrie en danger avaient élu lieutenant-colonel cet homme expérimenté. 
Le voilà aux armées du Nord, il passe général de brigade et, un mois plus tard, général de division.
Il sera commandant en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales, d'où on l'appellera dans l'Ouest.
Pour le malheur de l'Ouest.
Il a trente-sept ans.
Il connaît la région.
Il y revient pénétré d'une certitude :
toute manifestation d'humanité sera comprise par les insurgés comme une preuve de faiblesse.
D'emblée Turreau va écarter le plan de pacification proposé par Kléber :
"Ce n'est pas le mien !".
Il veut agir selon un texte qui, pour lui, se révèle une bible : le décret pris le 1er août 1793 par la Convention nationale.

Puystory_2956

Exaspérée parce que les Vendéens l'emportent partout, elle a ordonné que les bois, les taillis, les genêts, les forêts des rebelles seraient détruits, que les récoltes seraient coupées, les bestiaux saisis, les femmes et les enfants déportés dans l'intérieur de la République.
Ce décret, on n'a eu ni le temps ni la possibilité d'en pousser jusqu'au bout l'application.
C'est la tâche que se donne Turreau.
Même il veut aller plus loin.
Le vendredi 17 janvier 1794, aux 102.709 hommes qu'il lâche sur la Vendée, il ordonne :
- Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette.
On en agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas...
Tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes".
C'est muni de cet ordre terrifiant que douze colonnes vont progresser dans un pays exsangue.
Il ne faudra pas longtemps pour qu'elles méritent le nom dont l'Histoire les a marquées pour jamais :
les Colonnes infernales.

Puystory_3038

Turreau a proclamé :
"La Vendée doit être un cimetière national." ?

Extrait du Discours d'Alain Decaux de l'Académie Française, le 25 septembre 1993.

Posté par Puystory à 00:10 - Panache - Commentaires [1] -


Une capture par GROLLERON (Paul-Louis)

11 une capture

GROLLERON (Paul - Louis)
Né à Seignelay en 1848, mort à Paris en 1901.
Elève de Bonnat.
Peintre de genre, se spécialise dans les scènes de guerre de 1870.
Succès de ses toiles au Salon.
Décide de se consacrer uniquement à la peinture militaire.
Huile sur toile, 1888 est d'une hauteur de 3,23m et une largeur 4,13m
Dans un paysage de lande, quatre hommes sont réunis à proximité d'un feu.
Trois d'entre eux sont revêtus du costume des Chouans.
Tous regardent dans la même direction, mais le personnage qui se tient debout à droite apostrophe l'homme qui est à l'écart.
Ce dernier est vêtu du costume républicain.
Il vient probablement d'être fait prisonnier par les Chouans.
D'ailleurs son chapeau et son sabre gisent encore au tout premier plan.
Au second plan, un personnage assis sur un rocher regarde vers le lointain et agite la main dans laquelle il tient un mouchoir.
Le paysage, avec ses rochers qui affleurent et sa végétation pauvre, ainsi que la mer à l'horizon, évoquent en fait la Bretagne.
Cette œuvre ne traite donc que d'un épisode anecdotique, voire banal, de la guerre.

Posté par Puystory à 00:05 - Tableaux - Commentaires [1] -

Amoureux de Verdun (Puy du Fou)

Puystory_00020

Puystory_00000

Puystory_00002

Puystory_00044

Puystory_00017

Posté par Puystory à 00:10 - Amoureux de Verdun - Commentaires [1] -

Petite histoire de la "veuze" par Patrick Proust.

Puystory_4616

Si la veuze a pour lointain ancêtre une cornemuse du Moyen-âge, on ne sait rien des processus de son évolution jusqu'au XVIIIe siècle.
La veuze a gardé les caractéristiques extérieures du type de cornemuse le plus courant au XVe siècle en Europe occidentale et est donc un des derniers représentants d'un type archaïque de cornemuse très répandu à cette époque.
Les descriptions des coutumes locales se font de plus en plus nombreuses au tournant des XVIIIe et XIXe siècles confirmant l'intégration profonde des "veuzous" dans la société traditionnelle d'alors.

Puystory_1233

Ils sont présents dans toutes les fêtes populaires : plantation de l'arbre de Mai, fêtes de Noël, foires annuelles, mariages, bidoche (carnaval), etc.
Les "veuzous" ont joué un rôle en Pays de Retz pendant les Guerres de Vendée.
Ils ont trouvé naturellement leur place parmi le peuple insurgé, et on les signale dès les débuts de l'insurrection aux tout premiers rangs des "Blancs" qu'ils entraînent à la bataille au son des veuzes, tels les joueurs de "bagpipes" écossais.
Les républicains n'aiment pas entendre cette "veuze", comme l'écrit Huet de Coëtlizan (1769-1823) :
"Marchait-on à la rencontre d'un corps nombreux, dans l'instant on était enveloppé ; le bruit des cornemuses annonçait la présence de l'ennemi, qui se dérobait à la vue, et soudain on était assailli par des milliers de furieux jouant d'effroyables airs à la manière des sauvages."

Puystory_3680

Lucas de La Championnière (1769-1828), major de la division de Retz, raconte dans ses Mémoires (1799) que le 10 juin 1793, au combat de Machecoul, "l'on partit de Legé au son des veuzes et des chansons".
A la fin de la guerre, les "veuzous" sont toujours présents aux côtés des Blancs.
Dans la partie occidentale du Pays de Retz, la garnison de Paimbœuf et les colonnes du général de Grigny (1766-1806) exercent une étroite surveillance.
Malgré le danger, "des rassemblements nocturnes ont lieu dans la commune de Frossay, des domestiques s'absentent la nuit avec des armes.
On entend retentir la veuze à différentes heures de la nuit".
L'apogée de la veuze est atteinte fin XIXe, début XXe siècles.

Puystory_2041

Dans le Marais breton vendéen, les veuzous sont traités comme des personnalités, certains comme des "stars".
On commence à perdre sa trace après la guerre 14-18.
La veuze est peu à peu supplantée par l'accordéon et le violon.
Dans les noces et les fêtes locales, il faut paraître moderne, donc rejeter le veuzou qui représente la culture des vieux…
Avoir un veuzou dans sa famille devient même un handicap !
Quand Jean-Marie Rouaud disparaît en 1948 à Escoublac, plus aucun veuzou ne sonne depuis près de vingt ans et personne ne prendra le relais d'une aussi vieille tradition.

PUY_6683

Ce sont les recherches, dans les années 1970, de l'association Sonneurs de Veuze de Nantes et de passionnés (comme Thierry Bertrand de La Garnache, et d'autres) qui vont la sauver de l'oubli total pour qu'elle puisse reprendre sa place dans le Patrimoine historique, culturel et traditionnel de l'Ouest de la France.

Posté par Puystory à 00:05 - Instrumentarium - Commentaires [1] -

Artisans Village 18ème (Enluminure)

Puystory_237

Puystory_01142

Puystory_00102

PUY_5144

PuyStory 2011 Aout 1016

Posté par Puystory à 00:10 - Artisans - Commentaires [2] -


Le 1er avril

Puystory_07332

Une explication totalement légendaire avance que cette tradition trouve son origine en France, en 1564.
Jusqu’alors, l’année aurait commencé ou 1er avril, mois le roi de France Charles IX décida, par l’édit de Roussillon, que l’année débuterait désormais le 1er janvier, marque du rallongement des journées, ou lieu de fin mors, arrivée du printemps.
Mais en fait, l’année civile n’a jamais débuté un 1er avril.
Si l’origine exacte de l’utilisation des poissons reste obscure, la légende veut que plusieurs de ses sujets se rebiffèrent à l’idée qu’on leur chamboulât le calendrier, et ils continuèrent à célébrer les environs du 1er avril.

20090821164238(2)

Pour se payer gentiment leur tête, des congénères profitèrent de l’occasion pour leur remettre de faux cadeaux et leur jouer des tours pendables.
Ainsi naquit le poisson, le poisson d’avril, le jour des fous, le jour de ceux qui n’acceptent pas la réalité ou la voient autrement.
En plus de la Belgique, cette coutume de foire des plaisanteries s’est répandue dons de nombreux pays, bien que le poisson ne soit pas toujours exporté en même temps : les Britanniques ont conservé leur April Fool’s Day (certains Ecossais parlent aussi de Gowh ou de Cuckoo), les Allemands ont leur Aprilscherz.…

Posté par Puystory à 00:01 - Commentaires [2] -

Le Mystère de La Pérouse – création originale 2018

En 2018, le Puy du Fou vous invite à prendre le large pour affronter les mers inconnues, aux côtés de l’explorateur La Pérouse.
Vous allez vivre de l’intérieur l’odyssée d’une expédition sans retour :
le mystérieux voyage de La Pérouse !

Posté par Puystory à 20:38 - La Pérouse - Commentaires [4] -

Les veillées

Puystory_5805

Galants et galantes, valets et servantes, on en parlait longtemps dans les bourrines (habitation traditionnelle du marais breton vendéen) le soir de veillées.
La veillée n'est certes pas une coutume spécifiquement maraîchine.
Mais dans un pays aux maisons disséminées, dans un pays particulièrement fermé sur l'extérieur, il était tout naturel que les gens sentent ce besoin de contact et de distraction.
C'était comme une manière à eux de lutter contre l'âpreté (rigidité) de leur existence.

Puystory_1750

Un cercle de trois ou quatre familles se créaient et il était de bonne tradition d'en faire le tour dans un hiver.

Dans la nuit déjà noire, les yoles (petit canot) arrivent qui accostent tout près de la bourrine.
La porte s'ouvre alors.
Et la grosse lampe de cuivre suspendue à la charpente par un fil de fer essaye de trouer la nuit noire de sa lumière blafarde.
Les invités sont tous arrivés maintenant.

Puystory_3979

Et la veillée commence dans les bruyants apostrophes des joueurs de "vache" (Jeu de carte de l'aluette).
Le maître des lieux veille soigneusement à remplir les verres, et met tout son honneur à verser généreusement "son" vin récolté du côté de Sallertaine, de Bois-de-Cené ou de Riez.
Puis le cercle se resserre autour de l'âtre de la cheminée où brûle le feu de grainette et de "bousats" (bûche à base de bouse séchée).
Assis sur les bancs, sur le tabouret, ou à même le foyer, les amis écoutent plusieurs heures durant les anciens qui évoquent leurs souvenirs de guerre, ou racontent des histoires de sorcière.

Puystory_3961

De retour à la maison, tout à l'heure, la nuit sera peuplée de fantômes et de farfadets.
Mais cette veillée aura réchauffé les amitiés, distrait les esprits et respecté une tradition... malheureusement disparue de nos jours.

Posté par Puystory à 00:33 - CINESCENIE - Commentaires [1] -

Home Most Days - Want You To

 

VIDEO officielle réalisée au Puy du Fou.

Posté par Puystory à 09:40 - Divers - Commentaires [1] -

De la Préhistoire au Vieux château.

img140 (2)

Pendant les fouilles, le Club Archéologique du Puy du Fou pensait que ses recherches et ses décourvertes auraient été concentrées sur l'époque médiévale.
Or, un certain nombre de vestiges préhistoriques ont été découverts antérieur au Moyen-âge.
Les découvertes sont :
Une centaine de pièces, exclusivement lithiques (pierre transformés intentionnellement par les humains).
Ces pièces taillées montrent l'existence d'un minimum de deux occupations préhistoriques distantes de plusieurs millénaires.
La plus ancienne semble être du Mésolithique (10.000 à 5.000 av. J.C.).
On désigne ainsi, en Europe occidentale, la période qui suivit la fin des civilisations de grande chasse.
Le gibier, les troupeaux de rennes, ayant déserté nos régions devenues tempérées, consécutivement au réchauffement climatique survenu il y a une douzaine de milliers d'années.

Puystory_3332

Les mœurs cynégétiques (Qui concernent la chasse) des hommes s'accommodèrent de compléments alimentaires divers obtenus par collecte.
Les végétaux prirent ainsi une part grandissante dans les menus d'alors, tandis que des proies jadis délaissées, comme les mollusques, offraient un appoint recherché en protéines animales.
La deuxième occupation du site correspond à la transition entre le Néolithique et les Ages des Métaux.
Le Néolithique, qui suit le Mésolithique, a vu les hommes se sédentariser et passer du stade de prédateur à celui de producteur par l'agriculture et l'élevage.
La liste des progrès accomplis dès cette époque est considérable.

Image1

En fouille, ce qui saute aux yeux c'est la présence de la céramique, fragile car non tournée et souvent mal cuite, donc abondante dans les niveaux de cette époque, ainsi que la présence d'outils en pierre polie.
Les vestiges retrouvés au château médiéval, que l'on peut situer vers le milieu du troisième millénaire avant Jésus-Christ, sont contemporains des Cultures à vases campaniformes, ainsi dénommées en raison de la forme caractéristique, en cloche ("campana"), de leurs gobelets en céramique.
Ces premiers métallurgistes qui travaillent le cuivre et l'or inaugurent chez nous les Ages des Métaux par le Chalcolithique, même si certains menus objets métalliques circulaient déjà timidement à la fin du Néolithique.
Sur le site du Vieux château ont été retrouvés des objets pouvant appartenir à cette époque comme : des pointes de flèches à ailerons et pédoncule, une lame retouchée, des grattoirs, un nucleus sur galet de silex présentant les stigmates typiques d'un débitage au percuteur dur (pierre) sur une enclume, probablement de pierre.

Puystory_5671

Le matériau lithique (ensemble d'objets en pierre transformés intentionnellement par les humains) utilisé par les préhistoriques au Puy-du-Fou est composé de silex provenant essentiellement de galets roulés, de quartzite fin venant très probablement de Montbert, près Geneston (Loire-Atlantique), ainsi que de phtanite, roche locale de qualité très variable, ressemblant à du jaspe.
Il est à souligner que les préhistoriques ne disposaient pas de gisements de silex autres que les galets d'alluvion, en Vendée.

Posté par Puystory à 00:01 - Archéologie - Commentaires [2] -