Puy Story

26 juillet 2022

Le carnaval

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Le mot carnaval est issu de l’italien "carnevale" qui provient du latin "carnelevare", signifiant littéralement "enlever la viande".
En effet, le carnaval marque généralement dans la tradition chrétienne, l’entrée en carême, c’est-à-dire une période de jeûne et d’abstinence de quarante jours.
Bien avant le carnaval, nos ancêtres avaient déjà pour habitude de se déguiser à certaines occasions.  
A l’image des fêtes saturnales chez les Romains  ou des fêtes dionysiaques chez les Grecs, qui sont toutes deux des précédents historiques du carnaval.
A l’origine, cette tradition archaïque marquait les cycles saisonniers et agricoles

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Le carnaval de Venise est une fête traditionnelle italienne remontant au Moyen Âge.
Comme le Carnaval dans la Rome antique, l’institution du Carnaval par les classes dominantes de Venise est généralement attribuée au besoin de la République Sérénissime afin de maintenir la population paisible et heureuse en lui offrant une période de loisirs et d’amusement.
Outre une vocation civique, le carnaval permettait d’abolir les contraintes sociales.
Le riche pouvait se faire passer pour un pauvre et inversement.
Le port du costume autorisait une liberté impossible le restant de l’année.
L’incognito procuré par les masques apparus dès le XIIIe siècle.

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L’arrivée massive des étrangers,  parmi lesquels on pouvait compter des souverains, qui venaient là pour profiter au maximum des amusements et des plaisirs, représentait une manne économique pour Venise doublée d’une réputation unique de liberté et de magnificence.
Les couleurs, les formes, les costumes et les masques sont au rendez-vous.
Dès le 10ème siècle, le peuple profitait un maximum des derniers jours précédant les mortifications du carême en se divertissant et en savourant les plaisirs et les joies de la vie.
En 1094, le carnaval est mentionné pour la première fois dans une charte du doge Faliero de Venise.

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En 1269 un Edit du Sénat déclare la veille du Carême jour férié fête (mardi gras)  et autorisant le déguisement.
 De même "la Fête des Marie", qui existe depuis 948, le 2 février est déplacée pour ouvrir le Carnaval.
Au XVIIe siècle, dans la Venise baroque, le carnaval durait dix jours, pendant lesquels les habitants épuisaient leur appétit de fête et de débauche avant le Carême.
Au XVIIIème siècle, le Carnaval, repris en main par la noblesse, atteint le sommet de sa splendeur, faisant ainsi oublier le long déclin de la République.
Les raisons du succès et de la réussite du Carnaval de Venise depuis la  étaient à la fois politiques et économiques.

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Son mythe s’est répandu dans toute l’Europe au XVIIIe siècle (œuvres de Canaletto, Francesco Guardi, Giandomenico Tiepolo et Pietro Longhi).
Au XIXème siècle, sous l’occupation napoléonienne, le Carnaval fut interdit, puis rétabli, mais très encadré sous la domination autrichienne.
Au XIXè siècle, le carnaval s’est embourgeoisé et a disparu dans les années 1970.
A l’initiative d’associations de citoyens, de la municipalité de Venise, de La Fenice et de la Biennale de Venise, il fut relancé en 1979, prenant une tournure touristique et revêtant un enjeu économique important.
C’est en 1980 que le Carnaval de Venise est officiellement et mondialement reconnu.

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24 juillet 2022

Jets Sauteurs

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22 juillet 2022

Les vomitoires *

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Les vomitoires, du latin vomitorium, étaient des passages souterrains voutés le plus souvent prévus dans les théâtres romains afin de faciliter la sortie des spectateurs.

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Les vomitoires sont situés sous les gradins, dont l'ensemble forme la cavea, et sont généralement couverts d'une voute d'arêtes concrète.
Ce dispositif permettait d'éviter de mettre en contact les différentes classes sociales.

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Xanten Römer Museum

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21 juillet 2022

Le drapeau belge

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Le 21 juillet voit fleurir le drapeau belge sur les façades.
Mais connaissez-vous son histoire ?
En 1787, nos ancêtres, opposés aux multiples réformes de l’empereur Joseph II, adoptèrent un insigne circulaire afin de manifester leur mécontentement : la cocarde.
Elles étaient de toutes les couleurs mais les cocardes brabançonnes étaient les plus nombreuses et finirent pas s’imposer.
Le blason du duché de Brabant était tricolore.
Un lion d'or (jaune) sur fond de sable (noir), griffes et dents de gueules (rouge).
Les couleurs du Brabant prirent le pas sur toutes les autres car elles avaient l’avantage de se retrouver dans celles du comté de Flandre, du comté de Namur, du comté de Hainaut, du marquisat d’Anvers etc.
En 1789, lors de la révolution brabançonne, ces trois couleurs furent nettement associées. Elles ne seront pas oubliées ; au contraire, elles réapparurent en 1830.
Jean-Baptiste Madou nous les montre dans les différentes œuvres qu’il a consacrées à notre révolution.
Le 26 août 1830, dans une maison située à l’angle de la rue du Marché aux Herbes et de la rue de la Colline, Madame Abst confectionna les deux premiers drapeaux belges.

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L’un flotta sur l’hôtel de ville, l’autre fut porté à travers la ville par le journaliste Lucien Jottrand et l’avocat Édouard Ducpétiaux, en tête de la 1ère Compagnie de la Garde Bourgeoise.
Le Gouvernement provisoire, puis le Congrès national approuvèrent ces trois couleurs et décidèrent de les placer horizontalement : le rouge en haut, le jaune au centre et le noir en bas (article 125 de la Constitution).
En date du 23 janvier 1831, un arrêté du Gouvernement provisoire adopta la disposition verticale, mais le rouge se trouvait du côté de la hampe.
Le 12 octobre 1831, Charles Rogier, chef du jeune gouvernement belge se prononça définitivement pour le noir attenant à la hampe.
On peut supposer qu’il agissait par analogie avec la France et par sympathie pour ce pays.
On peut aussi supposer que le modèle horizontal faisait trop « hollandais ».
Quoi qu’il en soit, les deux dispositions allaient encore cohabiter quelque temps.
En 1832, des drapeaux d’honneur, semblables à celui confectionné par Madame Abst, furent remis à une centaine de communes.
Ce n’est qu’en 1838, lors de fêtes commémorant la révolution, que les drapeaux à bandes horizontales disparaîtront définitivement.

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Le NOIR c'est le charbon, symbole de notre riche passé industriel.
C'est aussi la crise économique et les faillites récentes, les problèmes linguistiques et communautaires, le Vlaams Blok et le racisme.
Le JAUNE, c'est l'or de la couronne royale, portée successivement par six grands souverains.
C'est aussi les étoiles figurant sur le drapeau de l'Union européenne qui a choisi Bruxelles comme capitale.
L'éclat du diamant et du sable de nos plages du Nord ...
Le ROUGE, comme le sang répandu en 1830 qui a donné son indépendance à la Belgique.
Comme nos satanés Diables rouges, dignes représentants de notre football à l'étranger.
Comme le sang nouveau illustré par la naissance d'Elisabeth qui assurera la continuité et la modernité de notre dynastie.
Comme notre jeunesse, désireuse d'exprimer sa belgitude et soucieuse de grandir dans un pays uni et solidaire.

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La Fête nationale belge  est célébrée le 21 juillet, depuis une loi du 27 mai 1890.
Cette journée commémore la prestation de serment du 21 juillet 1831, au cours de laquelle le premier roi des Belges Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha jure de rester fidèle à la Constitution.
Le serment du roi marquait le début d'une Belgique indépendante, sous le régime d'une monarchie constitutionnelle et parlementaire.

L'hymne national belge.

O Belgique, ô mère chérie,
A toi nos coeurs, à toi nos bras,
A toi notre sang, ô Patrie !
Nous le jurons tous, tu vivras !
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle :
Le Roi, la Loi, la Liberté ! (ter)

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Genèse de la Brabançonne.

Un soir, après les chaudes journées de septembre 1830, quelques jeunes gens entrent dans le café de 'l'Aigle d'or', rue de la Fourche à Bruxelles.
On offre aux jeunes patriotes le salon du premier pour se reposer.
C'est au milieu des paroles généreuses, des rires et des refrains de ces jeunes soldats de la liberté que l'un deux, un certain Jenneval, se met à réciter les vers d'un texte, qu'il avait composé et qui traduit les aspirations des révolutionnaires à ce moment-là.
C'est ainsi que l'on raconte la naissance de l'hymne national belge en 1830.

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19 juillet 2022

Dans le Grand Siècle.

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17 juillet 2022

Le tambour *

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Le tambour est un des plus anciens instruments de percussion. Les premières traces de l'existence de cet instrument remontent à 6 000 ans av. J.-C..
Les tambours accordés sont l'invention des Égyptiens.
On a en retrouvé des fragments dans des tombeaux datant du XIe siècle av. J. C.
On trouve aussi des représentations de tambours parmi les plus anciennes sculptures assyriennes ou peintures égyptiennes et romaines.
Le tambour n'a fait son apparition en Europe que vers la fin du moyen âge, emprunté aux musiques orientales, d'où on a pris le nom de l'instrument, "tabor".
Le tambour est souvent utilisé comme moyen de communication.
C'est au son du tambour, aussi, que l'on "faisait annonce" dans les rues et sur les places, au Moyen Âge.
C'est au cours du Premier Empire que la pratique du tambour s'est développée, notamment grâce aux grenadiers de la garde qui brillaient en la manière de battre, encore très employée lors des cérémonies officielles.

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15 juillet 2022

Dernier Panache

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14 juillet 2022

Le drapeau français. *

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Le drapeau tricolore bleu-blanc-rouge (adopté par décret du 27 pluviôse an II - 15 février 1794) est l’emblème de la République française associé à la notion de liberté.

En 1812, il sera le drapeau officiel de l'armée.
Dessiné par le peintre Jacques-Louis David (1748-1825) à la demande de la Convention, il est formé des trois couleurs disposées en trois bandes égales, le bleu soit attaché à la garde du pavillon, le blanc au milieu et le rouge flottant.

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Avant la prise de la Bastille, une milice se constitue et porte un signe distinctif, une cocarde bicolore composée des couleurs de la ville de Paris (bleu et rouge depuis la révolte bourgeoise d’Etienne Marcel (1302-1358) en 1358).
Le 14 juillet 1789, la bastille est prise d'assaut par les révolutionnaires qui arborant la cocarde bicolore.
Le 17 juillet 1789, le maire de Paris, Pierre Bailly (1736-1793) accrocha cette cocarde (rouge et bleu), représentative de la prise de la Bastille.
Le 17 juillet 1789, Louis XVI (1754-1793) se rend à l'hôtel de ville de Paris avec une cocarde rouge et bleu pour reconnaître la nouvelle Garde Nationale.

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La Fayette ajoutera, à la cocarde de Louis XVI, le blanc entre le rouge et le bleu (représentation la monarchie) pour montrer que le peuple exercera le pouvoir avec le roi.
Le 26 aout 1789 voit le jour de la "déclaration des droits de l'homme et du citoyen" posant les bases juridiques de la nouvelle société française.

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Le bleu, le blanc et le rouge remontent très loin dans l'histoire de la France.


Mais d'où viennent ces couleurs ?
Voici quelques explications….
Le bleu et le rouge de la ville de Paris signifie "l'alliance solennel et éternelle entre le monarque et le peuple".
Le Bleu :

  • Fait référence au manteau que Saint Martin (+ 400), le Saint patron des Français qui l'a coupé en deux pour recouvrir un pauvre mendiant mourant de froid.
  • Couleur de la robe (vêtement royal) ornée de lys dorés que portait Charlemagne (742-814) lors de son sacre à Reims en 800.
  • Couleur des Capétiens (987-1328) et Valois (1328-1589) et aux armoiries de France.
  • Couleur longtemps considérée comme un symbole de grandeur spirituelle.
  • Associé au lys d'or, représente le symbole de loyauté et de fidélité.

Le Blanc :

  • Couleur que l'on retrouve lors des croisades et pendant de la Guerre de Cent Ans.
  • Au XVe siècle, Jeanne d'Arc (1412-1431) le mit à l'honneur (signification religieuse) et devint la couleur des rois de France au XVIIe siècle.
  • Couleur de la dynastie des Bourbons (1589 – 1830), les fleurs de lys, le blanc et le bleu sont les emblèmes du roi.
  • En 1589, en référence aux guerres de religion ou le blanc est la couleur des protestants, Henri IV (1553-1610) choisit le port du panache blanc par les armées souveraines et l'impose comme signe de commandement après son accession au trône (Symbolisation de l'autorité royale).
  • La couleur blanche symbole de la pureté et de la lumière est liée à la royauté française.
  • Aux XVIIème et XVIIIème siècle, le drapeau royal était blanc avec une fleur de lys.

Le Rouge :

  • Couleur de la dynastie des Carolingiens (751-987).
  • Couleur de l'oriflamme de Charlemagne (742-814) aussi sous le règne d'Hugues Capet (940-996) qui brandissait la bannière de Saint Denis.
  • Entre les XIIe et XVe siècles, c'est la couleur adoptée par les rois de France et symbolise aussi la présence du roi dans les batailles.
  • Symbole protecteur du peuple, l'oriflamme rouge est un petit étendard symbole de ralliement lors des batailles médiévales.
  • Couleur du sang versé pour libérer le peuple.

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Conclusion possible sur le drapeau.
Le drapeau français né sous la révolution est le symbole des 3 dynasties qui ont fait l'histoire de France.

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12 juillet 2022

La Croix Rouge.

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Depuis la nuit des temps, les hommes se combattent, s'entre-tuent.
Des milliers de guerres, des millions de morts.
Faute de pouvoir éviter les conflits, certains ont essayé de les limiter et de faire preuve de compassion à l'égard des victimes.
En Europe, les premières mesures pour tenter d'enrayer les violences et les trop nombreuses morts de jeunes chevaliers furent l'œuvre de l'Église.
Il fallait limiter les combats et les guerres privées entre seigneuries voisines.
La "Trêve de Dieu", proposée par le pape Jean XV (xxx-996) dès la fin du Xème siècle, codifiée par les conciles de Nice et de Narbonne au XIème siècle, défendit de se battre pendant l'Avent et le Carême.
Puis, pour assurer le respect du dimanche, l'interdiction fut étendue du samedi au lundi et enfin du mercredi au lundi.
On ne pouvait donc vider ses querelles que le mardi.
La peine pour ceux qui ne respectaient pas les règles... l'excommunication.
Malgré l'importance de la punition pour l'époque, être exclu de la communauté religieuse et de tout sacrement, elle ne fut guère dissuasive et on continua à se battre n'importe quel jour de la semaine.
Le but était de "protéger" les combattants de leurs instincts belliqueux.
Par contre, les souffrances des "populations civiles" n'étaient aucunement prises en compte.
Massacrer les enfants, violer les femmes, brûler les chaumières et les récoltes faisaient partie du "droit de guerre".
Où était l'idéal de la chevalerie de protéger les plus faibles ?

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La "Paix de Dieu", censée remédier à ces fléaux, défendit donc de s'en prendre aux femmes, aux enfants, aux clercs, aux marchands, aux pèlerins, ainsi qu'aux paysans et leurs biens (précision nécessaire car, pour s'affronter, les belligérants n'hésitaient pas à choisir un champ, même s'il était à la veille des moissons !).
Cet interdit n'aurait pas été plus respecté que le précédent si l'excommunication n'avait été assortie d'une possible confiscation de terres.
Voilà qui pouvait faire réfléchir !!!
Mais si peu !
Au XIIème siècle, toujours afin de réduire les hécatombes, le concile de Latran déconseilla l'usage de l'arbalète, jugée trop dévastatrice dans les conflits entre chrétiens et seulement entre chrétiens.
On pouvait donc, sans vergogne, exterminer les musulmans !
Tout au long du Moyen Âge, seul le "droit d'asile" semble avoir été réellement respecté.
Il mettait à l'abri des poursuites et des brutalités ceux qui se réfugiaient dans les églises et les monastères.
Hélas, il n'y avait pas que les honnêtes gens qui demandaient protection !
Jusqu'au XVème siècle, le geste le plus "humain" que pouvait espérer un combattant gravement atteint était le "coup de grâce".
Le vainqueur compatissant introduisait, entre le heaume et l'armure du mourant, une dague dite de "miséricorde" et lui tranchait la gorge afin de lui éviter des heures d'agonie.
La médecine de guerre n'apparut que lentement sur les champs de bataille.

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Au XVIème siècle, avec Ambroise Paré puis, beaucoup plus tard, avec le baron Dominique Larrey (1766-1842), chirurgien de la Grande Armée qui suivit Napoléon 1er dans toutes ses campagnes.
Mais les soins restaient insuffisants, voire "dangereux".
On opérait sans hygiène, sans anesthésie sous des tentes hâtivement dressées.
On amputait sans précautions et sans discernement, comme un remède à toute blessure.
La mort immédiate aurait souvent été préférable pour les malheureuses victimes qui souffraient le martyr avant d'expirer.
Pourtant au XVIIIème siècle, sous l'influence des philosophes du "siècle des Lumières", on commença à s'intéresser au sort des blessés.
On parla d'"humanité", d'être "humanitaire".
Le soldat fut considéré comme un être humain et non comme de la simple "chair à canon".
Des accords eurent lieu entre les Etats pour des échanges.
Le premier en 1743, au cours de la bataille de Dettingen entre les Anglais de Lord Stair John (1673-1747) et les Français du Maréchal de Noailles (1678-1766).
En 1759, durant la guerre de Sept Ans, Français, Anglais et Prussiens agirent de même.
Cela ne concernait que quelques centaines d'hommes.
Mais, au fil des décennies, les Etats gonflèrent considérablement leurs effectifs militaires et utilisèrent des armements de plus en plus "performants".
Évidemment, le nombre des morts et des blessés sur les champs de bataille augmenta dans de fortes proportions.
Le comble de l'insoutenable fut atteint à Solferino, en Italie du Nord, le 24 juin 1859.
Les Italiens, soutenus par les Français, luttaient contre les Autrichiens pour conquérir leur indépendance.
La bataille fut une boucherie ... 16000 morts ... 24000 blessés à peine 4000 médecins et infirmiers.
Un Suisse, Henry Dunant (1828-1910), venu rencontrer Napoléon III, l'empereur des Français, pour lui parler agriculture, découvrit le champ de bataille.
Horrifié, il décrivit ce qu'il avait vu et ressenti dans un petit opuscule "Un souvenir de Solferino" qui, tiré à 1600 exemplaires, fit le tour des pays européens.

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Les observations et les réflexions de Dunant aboutirent à la création de la première organisation humanitaire.
La "Croix-Rouge" en 1864.
Son principe essentiel était le respect de la neutralité, celle des blessés, celle des soignants.
Les uns et les autres devaient être considérés comme appartenant à "l'humanité", sans aucune notion de nationalité particulière.
La "Croix-Rouge" devait aussi se tenir prête à intervenir, à tout moment, sur tel ou tel théâtre d'opérations.
Cette « attente» d'interventions semble un peu cynique.
La guerre serait-elle légitime et inévitable ?
Peu à peu, chaque pays d'Europe fonda son Comité national, chapeauté par le Comité international basé à Genève.
Dès 1877, les pays musulmans créèrent leur propre organisation de protection des victimes.
Le "Croissant Rouge".
Durant la Première Guerre mondiale, outre les soins aux blessés, la Croix-Rouge s'investit également dans l'aide aux prisonniers.

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Visites de 524 camps, envois de lettres, de colis (1200 bénévoles expédièrent 1813 wagons), rapatriement de 700 000 hommes à la fin des hostilités.
Son implication lui valut le prix Nobel de la paix en 1917 (Dunant, quant à lui, l'avait obtenu à titre personnel en 1901).
La "Croix-Rouge" n'agissait et n'intervenait qu'en cas de conflits armés, ne s'intéressant qu'aux combattants.
Si son efficacité et son dévouement sur les champs de bataille n'étaient plus à prouver, l'Organisation manqua cependant d'humanité et la Seconde Guerre mondiale jeta le discrédit sur elle ...
Ses délégués qui avaient pourtant, à maintes reprises, visité les camps de concentration, ne dénoncèrent pas le génocide.
L'Organisation des Nations Unies (l'ONU), née aux lendemains de la Guerre, en 1945, à San Francisco, s'efforça d'assurer la relève et d'œuvrer en faveur de la paix (et non de pallier les désastres de la guerre).
Furent donc créés le Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR), l'Unicef (en faveur des enfants), l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Programme alimentaire mondial (PAM).
Mais l'ONU connut bien vite des limites.
Elle ne gérait que les différents entre Etats et ne pouvait pas intervenir dans leurs affaires internes.
Elle resta impuissante dans les multiples guerres civiles qui éclatèrent en Ethiopie, en Somalie, en Angola, au Sri Lanka, au Liban, au Cambodge, au Nicaragua, en Afghanistan ...

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Impossible de venir au secours des populations dans la détresse, sans l'accord des gouvernements.
C'est alors qu'une nouvelle forme d'aide vit le jour.
Le tournant se produisit en 1968 au Biafra.
Face au refus du gouvernement nigérian de laisser les instances mondiales porter assistance aux populations, des Organisations Non Gouvernementales (ONG) agirent en toute illégalité apportant des soins, des remèdes, des produits alimentaires.
Ces organisations et c'était là la nouveauté, estimaient, qu'en plus de l'aide humanitaire qu'elles apportaient, elles avaient un devoir de témoignage.
Ce fut la devise de Bernard Kouchner qui, en 1971, fonda "Médecins sans Frontières".
La reconnaissance du rôle des ONG eut lieu le 22 novembre 1988 quand l'ONU vota une résolution adoptant "le droit d'ingérence humanitaire", c'est-à-dire le libre accès aux victimes en cas d'urgence, sans se préoccuper de l'éventuelle opposition des Etats concernés.
Deux jours après ce vote "historique", un tremblement de terre secoua l'Arménie, et c'est, sans
visas et forts de la nouvelle décision que les secouristes français débarquèrent dans le pays qui dépendait encore de l'URSS.
Le droit à l'ingérence fut ensuite appliqué en Irak, en ex-Yougoslavie, en Somalie, au Mozambique, au Liberia ou encore au Rwanda pour lequel Bernard Kouchner alla jusqu'à réclamer, en 1994, une intervention immédiate pour mettre fin aux massacres.
On compte aujourd'hui plus de 40000 ONG présentes dans le monde entier.
Malgré leur savoir-faire, l'abnégation de leurs bénévoles, elles n'ont malheureusement, qu'une influence variable, soumise aux caprices des Etats.
Cependant, en dépit des pressions politiques, elles restent des témoins, parfois gênants, mais qui veillent...
Ce rôle primordial d'aide et de vigilance, il faut que les ONG puissent continuer de l'exercer contre vents et marées.

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