Puy Story

Histoire d'une région.

5. Histoire du Village des Ouches (fin)

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En se dirigeant vers la masure du Père François, Thibaud avait, en tête, ses plans bien tracés.
Puisque le Seigneur Renaud ne lui accordait pas le droit de quitter la Seigneurie du Puy du Fou pour épouser Guillaumette et que, sans doute, le Seigneur Robert agirait de même à Ardelay, il allait proposer à la jeune fille de s'enfuir avec lui.
Avec l'accord de ses parents, bien sûr !
Il n'était pas question de vivre dans le péché. Ils iraient s'installer au cœur de la forêt d'Ardelay, là où d'autres fuyards, des insoumis aux lois seigneuriales, avaient commencé une vie nouvelle au sein d'une petite communauté.
Le Père François, la Mère de Jeanne et surtout Guillaumette écoutèrent attentivement le jeune homme qui s'expliquait.
Ensuite le silence fut pesant.
Enfin le père parla :
"C'est d'accord, si la fille le veut, une seule condition, le mariage.
Il faudra vous marier devant Dieu avant de faire des enfants, sinon vous serez maudits à jamais.
Partez maintenant, si vous vous aimez assez fort."
Thibaud regarda Guillaumette qui sourit et tout fut dit.
Jeanne leur donna du pain et du lard, noua dans un drap quelques effets pour sa fille et ils partirent, le cœur léger, malgré toutes les menaces qui pesaient sur leur avenir.
Ils se dirigèrent vers la clairière des essarts.
Le spectacle qu'ils découvrirent en arrivant, les étonna grandement.
Au beau milieu d'une clairière qui s'étendait sur une centaine d'arpents, un ensemble de huttes forestières s'alignait le long du chemin.
Le torchis grisé des murs s'y confondait avec la terre argileuse.

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Une fumée noirâtre s'élevait des toitures de chaume.
On comptait bien une dizaine de demeures frileusement groupées.
Derrière ces misérables masures s'allongeaient des sortes de lanières de terre, longues d'au moins cent pieds, atteignant la lisière de la forêt.
Une intense activité y régnait.
Des vilains maniaient la houe avec vigueur, en mesure.
Ils étaient trois ou quatre paysans à lever ensemble l'outil.
Sous le tranchant, les mottes de terre durcies éclataient avec violence.
Pied à pied la terre s'ameublissait. Plus loin, des hommes s'affairaient autour d'un brasier qu'ils alimentaient avec leurs fourchées de ronces et de broussailles.
Un autre poussait dans le sol le soc d'un araire en bois tiré par un bœuf.
La tunique relevée au dessus des genoux, il s'enfonçait à chaque pas dans la terre lourde qu'il égratignait à peine avec son instrument rudimentaire.
A la lisière de la forêt, des bûcherons s'attaquaient aux arbres avec des haches aux longs manches.
Un superbe chêne s'abattit dans un fracas impressionnant.
Tout près, des femmes agenouillées arrachaient avec des serpes dentées les ronces que d'autres apportaient au brasier.
Thibaud et Guillaumette s'avancèrent vers le groupe et c'est à ce moment que surgit un homme à cheval escorté de chiens hurlants.
"Que faites-vous ici dans le domaine de l'Abbaye ? Vous n'avez aucun droit d'y demeurer."
"C'est que nous avons faim et que nous étions accablés de taxes. Nous avons fui. "
"Je vais avertir l'Abbé de votre audace. "
Qu'allaient-ils faire ?
Quel châtiment allaient-ils subir ?
Leur ardeur au travail s'était subitement effondrée, le cœur n'y était plus.
Ainsi nos deux amoureux qui espéraient se créer une vie nouvelle, étaient-ils encore menacés.
A l'abbaye de la Grainetière, l'Abbé restait pensif.

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Il avait écouté avec attention le récit du garde forestier.
S'il laissait faire ces vilains, le bois si nécessaire au chauffage et à la construction ne tarderait pas à manquer.
De plus, ils avaient bravé l'autorité seigneuriale.
Ils avaient bel et bien quitté leurs villages sans autorisation.
Si un tel exemple était suivi, les villages finiraient par être déserts.
Bien sûr, bien sûr, mais..
Après un silence, il se tourna vers son garde, réfléchissant à haute voix :
"Si la forêt se peuple de nouveaux habitants, les routes seront plus sûres.
Les brigands n'oseront plus s'attaquer aux convois qui la traversent et puis en accueillant ces vilains, nous pourrions y gagner la dîme... une gerbe sur dix récoltées, voilà qui ferait notre affaire".
Le garde regardait l'Abbé avec étonnement :
"Que décidez-vous ?
Je prends des renforts et je chasse la bande ?"
"Chasser ces hommes ! Non, il faut au contraire les attirer.
Va me chercher un scribe que je lui dicte une charte."
"Ecris".
dit-il au moine qui arriva muni de son écritoire et d'un parchemin.
"Moi, Roger et tout le chapitre de la Grainetière, à tous ceux qui verront ou entendront cette présente charte, salut.
Nous avons prescrit que, dans la forêt d'Ardelay, les habitants pourront, avec notre approbation, construire un village.
Ils auront l'usage du bois mort, recevront en toute propriété une étendue de soixante-douze verges de longueur et de trente en largeur.
Ils seront affranchis de leur servitude.
Après la mort du père et de la mère, les frères et sœurs pourront hériter de leur terre sans payer de mainmorte.
Ils pourront vendre leurs biens.
Ils pourront se marier librement sans payer le droit de formariage qu'ils versaient autrefois quand ils prenaient femme hors de la seigneurie.
Pour toutes ces libertés, ils seront tenus de nous donner la dîme des fruits de la terre, à savoir la onzième gerbe, le dixième des agneaux, des porcs, des chèvres et des oies.
Si les hôtes commettent un délit et s'il y a plainte, l'amende, qui ne pourra jamais dépasser cinq sous, nous sera versée.
Tous les ans, à la St Martin, ils donneront un denier pour Noël, quatre beaux chapons."
Quand le scribe eut relu la charte, l'Abbé y apposa son sceau et la tendit au garde :
"Tiens, en vertu du droit d'hôtise de l'Abbaye, va lire ce texte à ceux de la forêt."
Dans la clairière, tous les paysans ainsi que Thibaud et Guillaumette acceptèrent, avec des cris de joie, la charte de franchise octroyée par l'Abbé.
Devenant les hôtes de l'Abbaye, ils devenaient intouchables.
Aucun seigneur ne pouvait et n'oserait se dresser contre la protection de l'Eglise.
Les jeunes gens rayonnaient, ils allaient pouvoir se marier et fonder une famille.
Les bons moines seraient heureux de les unir et la fête qui suivrait la cérémonie serait comme l'acte de baptême du nouveau village.

Posté par Puystory le 05 octobre 2017 - Petites histoires au Puy du Fou - Commentaires [0] -


Le monument aux morts des Epesses

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Ce monument de la guerre 1914-1918 fut élevé par souscription publique à la demande du Conseil Municipal présidé alors par le maire Ludovic TESSIER, le 25 juillet 1920.

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Réalisé en granit, il représente la descente de la Croix du Christ dans les bras de sa mère.

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A gauche, un poilu crie victoire, tenant dans sa main une Couronne de lauriers.

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A droite, le COQ GAULOIS, en avant un canon pris à l'ennemi.

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Posté par Puystory le 02 octobre 2017 - X. Visiter la VENDEE - Commentaires [0] -

R. Liegeois - Sainte Hélène, Le Dernier Panache 2014

Posté par Puystory le 30 septembre 2017 - Z. Richard Liegeois. - Commentaires [0] -

Les ombres du Puy du Fou (5)

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Posté par Puystory le 28 septembre 2017 - Cinéscénie en Photos. - Commentaires [1] -

Sous la pluie.

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Même sous la pluie, les Puyfolais jouent la Cinéscénie.

Posté par Puystory le 26 septembre 2017 - Cinéscénie en Photos. - Commentaires [1] -


La bataille du MANS par SORIEUL

12 La bataille du Mons

SORIEUL (Jean) Né à Rouen en 1823, mort à Rouen en 1871.
Peintre de batailles.
Expose aux Salons de 1848, 1850 et 1852.
Huile sur toile, 1852 est d'une hauteur de 1,71m et une largeur 2,94m
Tout le premier plan est occupé par une scène de combat qui se déroule dans le quartier médiéval d'une ville.
Dans ce chaos, on distingue plusieurs protagonistes : des soldats républicains, des civils qui tentent d'échapper à ce carnage, alors que d'autres au contraire en sont les principaux acteurs (à droite, une femme tient un couteau à la main).
Au centre, une jeune fille agenouillée semble demander grâce à un cavalier.
Ce tableau fait directement référence à la bataille du Mans (12 et 13 décembre 1793) par ailleurs évoquée dans les "Mémoires" de la marquise de La Rochejaquelein.
En effet, les Vendéens, talonnés par les Républicains, pensèrent pouvoir trouver refuge au Mans.
Rapidement rejoints par l'ennemi, ils durent en outre subir l'hostilité de la population civile locale qui, par pure crainte ou par haine du sentiment royaliste, se montra sans pitié à leur égard.
Lors de son envoi au Salon de 1852, cette œuvre fut accompagnée du texte d'explication suivant :
"Kléber et Marceau s'étant emparés du Mans après un combat de vingt-quatre heures contre les bandes vendéennes, ce dernier secondé par les grenadiers d'Armagnac et d'Aunis, protège les habitants contre les sans-culottes et les tricoteuses de la ville, entraînés au carnage par le maire.
Marceau protège Mlle de Melliers, et Vidal, lieutenant colonel de Hussards, sauve M. d'Autichamps en lui donnant son uniforme".
Ce funeste épisode constitue une excellente page de propagande car il met en valeur les qualités "humaines" de quelques Républicains.
Parmi eux, le jeune général Marceau sauve la vie à un certain nombre de Vendéens sur le point d'être massacrés, dont la jeune fille située au centre.
De la même façon, Vidal, à droite, vêtu de rouge, cède ses vêtements à d'Autichamps.
Dans ce cas précis, il semble bien que J. Sorieul se soit inspiré de plusieurs sources littéraires dont les "Mémoires" de la Marquise de La Rochejaquelein, pour évoquer ce détail.
En revanche, la représentation des halles, au fond de la scène, révèle un anachronisme.
En effet, en 1793, les halles du XVIème siècle étaient déjà détruites.

Posté par Puystory le 25 septembre 2017 - Tableaux - Commentaires [1] -

Les Vikings

Posté par Puystory le 23 septembre 2017 - Vikings en Photos - Commentaires [1] -

R. Liegeois - Le Ballet des Panaches et des Voiles, Le Dernier Panache 2014

Posté par Puystory le 23 septembre 2017 - Z. Richard Liegeois. - Commentaires [1] -

TROIS PÉRIODES ENTRE 1793 ET LE CONCORDAT (1)

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1. Pendant la "Grande Guerre", de mars à décembre 1793, les Vendéens remportent de nombreux succès et menacent sérieusement la République, en tout cas ils lui font peur.
Elle se termine lorsque l’Armée catholique et royale, qui était passée au nord de la Loire le 18 octobre 1793, est anéantie à Savenay (44) le 23 décembre 1793.

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2. Une période de guérilla, qui s’étend de janvier 1794 à mars 1796.
Interrompue par une courte paix de février à juin 1795.
Les derniers grands chefs survivants, Charette, Stofflet, Sapinaud, tentent de s’opposer aux exactions des Colonnes infernales de Turreau qui ravagent le pays de janvier à mai 1794, puis poursuivent la lutte chacun de leur côté depuis les territoires dont ils restent maîtres, à la tête de troupes de plus en plus réduites, surtout à partir de 1795.
La guerre se termine quand Stofflet et Charette sont fusillés (février-Mars 1796).

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3. Suit une période de paix armée et troublée (1796-1799), pendant laquelle alternent une certaine tolérance religieuse et la reprise des persécutions.
D’anciens chefs suscitent une nouvelle révolte d’octobre 1799 à janvier 1800, avant que Bonaparte, qui vient de prendre le pouvoir, ne se lance dans une sincère politique d’apaisement.

Posté par Puystory le 21 septembre 2017 - X. 1 Un peu d'Histoire. - Commentaires [2] -

Le dernier Sénéchal du Puy du Fou

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Sénéchal ?
Un bien grand titre pour une châtellenie comme celle du PUY DU FOU.
Mais pour savoir quelles étaient exactement ses fonctions, il faut tout bonnement prendre le Petit Larousse.
Découvrirez qu'un sénéchal "était un officier féodal ou royal qui dans un certain ressort était chef de la Justice".
Pour nos seigneuries Bas-Poitevines, c'était en quelque sorte le Juge de Paix.
Au Puy du Fou, comme ailleurs, nos ancêtres étaient passablement chicaneurs Le sénéchal défendait les intérêts de son seigneur, et rendait la justice sur toute l'étendue de la châtellenie.
Le sénéchal du Puy du Fou était en même temps notaire et régisseur, rendait les hommages que la baronnie devait à Rochetemer et à Mortagne, dont elle dépendait.
En un mot ses attributions étaient de faire régner l'ordre sur toute l'étendue de la juridiction du Puy du Fou.
Charles-Joachim Girault de la Limouzinière remplissait ces fonctions depuis au moins 1780.
Il était né et baptisé le 12 septembre 1742 à La Ferrière, et était fils de François Girault de la Clairie et de Marie Basty de Grandchamp.
Ces Girault appartenaient à cette bourgeoisie vendéenne que nous retrouvons en ce Haut-Bocage exerçant de multiples charges de judicature (chargé de rendre la justice).
Charles-Joachim Girault épouse le 9 mai 1780 à Sainte-Gemme-des-Bruyères, actuellement le Tallud-Sainte-Gemme, Jeanne-Charlotte Merlet, fil le de René Merlet sieur de la Jaunière, notaire et procureur-fiscal de Palluau, et de Charlotte Bodin, sœur de Merlet, premier Préfet de la Vendée.
Quand éclata l'insurrection Vendéenne, Charles-Joachim Girault opta résolument dès le premier jour pour le mouvement insurgé.
Dès 1793, il fit partie du premier, puis du second Comité Contre-Révolutionnaire des Epesses, mis en place par l'Etat-major des Armées Vendéennes.
Au sein de ce Comité, il prendra des initiatives qui lui vaudront la haine du révolutionnaire local, Gabriel-Vincent Chenuau, notaire du Puy du Fou.

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Aux tous premiers jours du soulèvement, Charles-Joachim Girault et cinq autres membres du Comité des Epesses : Fuseau, Rayneteau, Brandit, Lerin et Brousseau, oblige Chenau, alors prisonnier des Vendéens aux Herbiers, à leur remettre la somme de 10.440 livres, provenant de la vente effectuée de biens et objets mobiliers.
Cette somme sera remise au marquis de Donissan, Général de l'Armée Vendéenne.
Le 8 novembre 1793, alors que l'Armée Vendéenne bataillait Outre-Loire, le citoyen Baron, de la garnison de Cholet, fut chargé d'aller "révolutionner" le bourg des Epesses et ses environs.
Chenuau lui remit une liste de 26 habitants des Epesses, que Baron fit arrêter.
Sur cette liste figurait Girault.
Ces vingt-six habitants furent arrêtés sauf Joachim Girault qui réussit à se cacher.
Ils furent envoyés à la Commission militaire de Saumur qui les jugea et les fit exécuter.
Et le 13 novembre Chenuau écrivait à Baron de retour à Cholet :
"Il nous faudrait encore Girault ; l'on m'a assuré qu'il était caché à la métairie de Roche-Venve, paroisse de Saint-Malo-du-Bois ...".
Mais Girault restait introuvable.
Une de ses cachettes se trouvait non loin du Puy du Fou, dont il ne cessait de défendre les intérêts, la métairie de La Garouflère.
Puis les Vendéens ayant réagi vivement contre les Colonnes Infernales, Girault en profitera pour sortir de sa cachette, il reprendra ses fonctions de sénéchal du Puy du Fou et on trouvera sa dernière signature le 27 mai 1794.
Suprême imprudence !
Quelques jours plus tard, Joachim Girault était massacré dans le bourg de Chambretaud, par les amis de Chenuau.
Ce décès est mentionné sur la liste des victimes établie le 19 juin 1794, par l'abbé Gabard, curé de Chambretaud.

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Ce fut le dernier sénéchal du Puy du Fou, et il périt victime de ses convictions religieuses.

Posté par Puystory le 18 septembre 2017 - Histoire de château - Commentaires [0] -