Puy Story

Histoire d'une région.

Le château de Boistissandeau

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Le château de Boistissandeau a traversé le temps.
Il se situe au sud d'Ardelay (commune des Herbiers), sur la route de Mouchamps, au bout d'une longue avenue ombragée bordée de hêtres, de charmes antiques et de vieux marronniers.
Construit en 1578, ce château dévoile sa façade surmonté d'une poivrière en brique rose

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Il constitue un superbe ensemble de bâtiments des XVIe et XVIIe siècles, entièrement restauré et réputé pour ses jardins à la française.
L'envers du décor vaut le détour avec cachés à l’arrière, ses jardins "à la Française" et la charmille vieille de deux siècles.

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Ils sont protégés et classés aux Monuments Historiques depuis le 23 janvier 1958.
Il est l'un des mieux conservés de la région.
Autrefois propriété des Frères de Saint-Gabriel, qui y avaient établi une maison de retraite, le domaine du Boistissandeau a été acquis en juin 2003 par le Conseil Général de Vendée.

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L'intérieur demande encore de la rénovation, même si dans la salle verte trône une superbe cheminée du XVIe siècle.
Au XVIIIe siècle, le savant René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757), y a fait de fréquents séjours en compagnie du propriétaire, Jean-Baptiste-Laurent d'Hillerin (1704-1779), lui-même une sommité scientifique
Il fut aussi le théâtre d'un épisode de la Terreur en Vendée.

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Le 28 octobre 1793, le Boistissandeau reçut sa première visite de hussards de l'armée républicaine, accompagnés de trois volontaires des Herbiers.
Ils rançonnèrent et pillèrent.
Ils avaient mission d'incendier.
Ils n'eurent pas le cœur assez barbare pour détruire le vieux château, ils mirent le feu sous un lit et partirent disant :
"Éteignez-le comme vous pourrez" ! 

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Le 31 janvier 1794, cinq hussards vont venir massacrer, sur le montoir toujours visible, la châtelaine impotente, Marie Agathe d'Hillerin (1714-1794) et ses deux filles - (Henriette (1738-1794) et Agathe (1741-1794)).
Marie-Agathe sera traînée par les pieds dans l'escalier de granit et sera massacrée à coups de sabres.
Les deux filles cherchèrent à se sauver.
Elles seront abattuent.

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Une près de la porte principale du château, l'autre en face de la petite porte de la chapelle.
La porte garde encore la traces des balles.

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En 1942, les Frères de Saint Gabriel s'y installent et transforment les lieux, d'abord pour en faire un Noviciat, puis en 1970 une Maison de Retraite.
Il abrite aujourd'hui un centre d'hébergement pour les handicapés.

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Le clocher de Saint-­Michel-­Mont-Mercure

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A 290 mètres d'altitude, du parvis de l'église et du haut du clocher, quel panorama.
Le point culminant de la Vendée se situe à Saint-Michel-Mont-Mercure, commune au cœur de Vendée Vallée, entre Pouzauges et Les Herbiers.

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Du haut de la tour de 42 mètres surplombant l'église, les plus courageux gravissent les 194 marches et arrivent au pied de la statue de l'archange Saint-Michel, terrassant le dragon et dominant de sa couleur or étincelante le département et ceux limitrophes.

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La statue de l'Archange Saint-Michel, réalisée à la fin du XIXème siècle en cuivre martelé, est la réplique exacte de celle installée sur la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon.

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Elle mesure 8,66 m et pèse 1200 kg avec des ailes de 2,30 mètres.
Point culminant de la Vendée, elle veille depuis 1897 sur la commune et sur le département.

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Descendu en novembre 2012, l'Archange a été entièrement rénové, recouvert de feuilles d'or et hissé de nouveau sur le clocher en septembre 2013.

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Près de 10 000 personnes sont venues assister à l'événement.
Une visite du sommet de la Vendée à ne pas manquer.

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Le château de la Ménardière

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Le vocable "Saint-Pierre-du-Chemin" témoigne de l'existence ancienne de la bourgade.
En effet, Saint-Pierre évoque les premiers siècles de l'ère chrétienne, célébrant le chef des Apôtres.
Quant au "chemin", il n'est que le vestige des deux voies romaines qui se croisaient en ces lieux.
La plus remarquable était celle de Nantes à Rom (Vienne).

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De nombreux lieux-dits permettent d'en tracer l'itinéraire.
À l'occasion du chantier de la "route stratégique" reliant la Rochelle à Saumur, on a trouvé une borne milliaire qui permet de dater cette voie de l'époque de Tacite.
Des écrits attestent aussi l'existence d'un hypocauste, système de chauffage d'une villa romaine.

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On a également trouvé sur le site des tuiles à rebords.
Le nom des habitants de la commune est, tout simplement, "LES PÉTROVICINIENS", évoquant, comme il se doit le Grand Apôtre et les voies romaines.
Des écrits attestent que Saint-Pierre du Chemin fut chef-lieu de doyenné (avec 31 paroisses) jusque vers 900.
Pierre Bressuire, un savant bénédictin, est né à Saint Pierre du Chemin vers la fin du XIIIème siècle.

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On ne sait rien de son enfance, mais il semblerait qu’il ait passé sa jeunesse à l’abbaye de Maillezais.
Selon les historiens, "c’est un savant de premier ordre et un écrivain éminemment moral et religieux".
Il est l’auteur de cinq ouvrages importants traitant de la morale et de la description du monde.
Malheureusement, il ne reste aucune trace de ses manuscrits.
En 1351, il devient secrétaire du roi Jean le Bon.

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Il est mort en 1362 à Paris.
À cette époque (XVème) aurait été construite l’église dont il reste encore, de nos jours, la façade.
En 1403, apparaissent les premiers seigneurs de la Ménardière en la personne d'André Grignon ainsi que la première construction du château.
Les guerres en ont détruit la plus grande partie mais ont épargné une tour que nous pouvons encore admirer.
Elle renferme un magnifique escalier de granit.

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Au bout d'une allée ombragée de 1100 m se dresse dans la campagne vendéenne, la silhouette du château de la Ménardière.
Un petit porche permet de franchir les douves et donne accès à la façade ornée d'une porte ouvragée.
Datant du 15ème siècle, ce monument a conservé de sa splendeur originelle un majestueux escalier.
D'élégantes balustrades et des clés de voûtes armoriées en complètent la décoration.
A droite de l'entrée principale s'ouvrait une autre porte, sans doute celle d'origine.

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Il n'en subsiste qu'un entourage de pierre blanche, mais qui est une véritable dentelle.
La famille propriétaire jusqu'au siècle dernier était de la lignée d'Asnières de la Châtaigneraie.
L'un des héritiers eut le mérite de redonner un peu de splendeur au logis et introduisit dans la région le peuplier d'Italie.
Les propriétaires actuels en sont Mr et Mme Du Plessis de Grenédan.
Ils ont mené à bien une belle opération de sauvetage de l'édifice.

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Ils ont remis en valeur le logis par une restauration et en ont fait un Gîte de France de caractère.
Grâce à eux, le site, promis aux ronces et aux éboulis, a repris vie.
Et les soirs de fête, on peut encore entendre les cors et les cris d'une meute imaginaire poursuivant quelque cerf dans la forêt.
Le château de la Ménardière est intégré à une ferme.
Situé sur un domaine agricole et sur une terre noble à la fois, il constitue la synthèse architecturale entre le château et la métairie.
Construit au XVème siècle, il a d'abord appartenu aux seigneurs de GRIGNON.

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À la suite d'une sentence en 1579, il fut démoli, puis reconstruit début XVIIème.
Jean d'Asnières de la Chataigneraye et sa famille en furent alors les heureux propriétaires.
Celui-ci introduisit un certain nombre de peupliers d'Italie sur le domaine.
Durant la Révolution, le château fut incendié par des colonnes infernales.
La femme du dernier des d'ASNIÈRES a possédé le château et fonda aussi un hôpital à Saint Pierre du Chemin.

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Mais revenons sur son histoire.
Le château de la Ménardière fut habité, presque constamment, jusqu'à la révolution, par des familles importantes et fortunées.
Il devait être à cette époque une des plus belles demeures de cette partie de Vendée.
La Ménardière fut évidemment fondée par les MESNARD dès le 14ème siècle.

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On sait seulement que dès 1403, André GRIGNON, fils de Jean GRIGNON, déjà seigneur de Breuil Bastard, à la Tardière, est seigneur de la Ménardière.
Le dernier des GRIGNON de la Ménardière fut François GRIGNON.
Celui-ci fut assassiné vers 1529 par Gilles et Jacques de Faubert, seigneurs de la Vergne à Secondigny.
Ces derniers furent condamnés à être décapités et leurs biens confisqués.

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Cette sentence fut rapidement suivie de lettres de grâces.
François GRIGNON était alors père d’une fille mariée depuis quelques années à Louis BIGOT.
Tout fait penser, que François GRIGNON fit construire la tour et l'escalier de la Ménardière.
Les armes des GRIGNON y sont nombreuses et toutes en premières places.
Louis BIGOT qui en 1531 est veuf de Catherine GRIGNON descend d'un maire de Poitiers en 1372.
Sa famille est riche.

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Les nouveaux seigneurs de la Ménardière sont donc les BIGOT.
Ils possèdent en outre la seigneurie de la Girardie à Sérigné où ils édifieront une fort belle demeure.
La Ménardière passe à leur second fils François BIGOT.
Il est catholique et capitaine d'une compagnie d'ordonnances du Roi Charles IX.
En mai 1574, il assiège le château de la Forêt-sur-Sèvre, occupé par les protestants parmi lesquels se trouve son gendre, René BASTARD de la Cressonnière.

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Les protestants paraissent les moins nombreux et disposés à se rendre.
François BIGOT vient se présenter en tant que parlementaire.
Il est tué.
Il se trouvait alors entre les deux ponts du château et ce meurtre était "contre tout droit de guerre".
On ne se gêna pas pour accuser René Bastard d'avoir voulu faire assassiner son beau-père.
Il était pressé de le voir disparaître et lui reprochait d'avoir donné La Girardie à sa fille cadette Anne.
Sa propre femme Charlotte BIGOT était l'aînée des deux sœurs et il estimait que son père aurait du lui donner la Girardie en plus de La Ménardière.

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Le 7 novembre 1579 René BASTARD sera condamné à mort par la Cour des Grands Jours de Poitiers.
La sentence ordonne que les châteaux de La Ménardière et de la Cressonnière, tous deux appartenant à René BASTARD soient rasés…
Ce n'est que deux ans plus tard que René BASTARD fut tué dans un combat près de Richelieu.
La Ménardière sera jusqu'à la Révolution la résidence principale des héritiers de René BASTARD.

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Ces derniers seront des personnages riches et puissants.
Son fils Henry BASTARD sert Henri IV avec fidélité. Il sera chevalier de l'ordre du Roi et Gouverneur de Maillezais.
Sa femme Louise de PONTLEVOYE lui porte le charmant château de la Blandinière près de Mauléon et d’autres biens.
Mais les BASTARD sont restés protestants et, à la génération suivante, les deux fils d'Henry BASTARD suivront Soubise dans sa révolte contre Louis XIII.
L'aîné sera tué lors de la bataille de Mareuil.
La Ménardière et la plus grande partie de l'héritage des BASTARD va revenir à la fille aînée Louise.

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Comme la plupart de ses frères et sœurs, elle est née à la Ménardière.
Elle a épousé Louis MAISTRE qui est seigneur de la Papinière et d'Aizenay.
Leurs descendants, les MAISTRE puis les LA TOUR vont vivre à la Ménardière.
En 1784, leur héritière, Henriette-Catherine de La Tour épouse Louis-Henri d'ASNIERES, seigneur de Lucques.
C'était un voisin qui résidait au petit château de Lucques à la limite de Menomblet et de Saint-Marsault.

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C'est peu de chose à côté de la Ménardière et les d'ASNIERES vont désormais habiter la Mesnardière.
HENRI D'ASNIERES, était marquis d'Asnières, seigneur baron de Palluau et Aizenay, ancien mousquetaire noir et maréchal de camp, né au château de La Ménardière de Saint-Pierre-du-Chemin, le 3 décembre 1737, de parents demeurés secrètement protestants.
Marié à Paris en 1773 avec Jeanne-Rose DIGEON, aussi protestante.

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Il mourra à Paris en 1814 où il avait émigré en octobre 1791.
Il fait la campagne de 1792 dans la 2e compagnie d'ordonnance comme chef d'escadron, rejoint l'armée de CONDÉ le 20 août 1793, est capitaine du 1er escadron de la 2e division de cavalerie noble en 1794 à Dubno, en Volhynie, puis séjournera à Hambourg.
Son frère cadet, Jean d'Asnières, marquis d'Asnières-La Châtaigneraie, aussi ancien mousquetaire noir, officier des gardes françaises.
En 1791, il devient dans l'armée des princes, colonel de la 7e brigade des compagnies nobles d'ordonnance.
Il quittera le service dès le 31 décembre 1792. Né à La Ménardière le 23 mars 1739.
Sa femme, Armande-Catherine DE MONTMORIN, épousée en 1784, était catholique.
Il mourra à La Ménardière en 1824.

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C’est à cette époque, que les d’ASNIERES remanient profondément l’architecture du château et de ses dépendances.
Leur fils Jean d'ASNIERES se trouve à la tête d'une fortune considérable.
Il obtient l'érection en marquisat d'ASNIERES-LA CHATAIGNERAIE, de ses terres du Petit château de Vouvant, de La Chataigneraie, de la Ménardière, Saint-Pierre-du -Chemin et Menomblet.
Jean d'ASNIERES épouse en 1784 Mademoiselle Catherine de Montmorin.
Ils habitent la Ménardière où vont naître leurs enfants.
La Révolution arrive et Jean d'ASNIERES émigre. 
Sa femme et ses enfants demeurent d'abord à la Ménardière puis se retirent en Normandie.

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Le château est incendié lors du passage des colonnes infernales.
Mais qu'en est-il réellement sur la femme et les enfants……?
Une légende dit que le propriétaire de l'époque voyant les colonnes infernales s'approchant du château, prit la fuite laissant femme et enfant à leur triste sort.
L'épouse sera malheureusement torturée, violée et comme ses enfants, sacrifiée…
Certains soirs de pleine lune, il n'est pas rare de voir le fantôme bienveillant de la maîtresse de maison à la fenêtre de la tour (attendant le retour de son époux ou veillant sur ses hôtes en guettant l'arrivée des bleus)..., et d'entendre les rires des enfants jouant dans le grand escalier.

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Légende ou réalité…., je vous laisse juge….
Toutes les terres de Jean d'ASNIERES ont été confisquées comme biens d'émigrés.
Elles seront mises en adjudication le 9 Pluviôse an IV (29 janvier 1796).
Grâce à un prête-nom, la citoyenne Catherine Arnaude de Montmorin, femme de Jean d'ASNIERES a le droit de racheter le "ci-devant château de la Ménardière, incendié".
Ainsi La Ménardière revient aux d'ASNIERES.
On peut penser qu'ils procédèrent à quelques réparations sommaires afin de pouvoir y faire quelques séjours mais en temps normal ils habitent Paris.
Le dernier des d'ASNIERES à posséder la Ménardière sera le comte Raymond d'ASNIERES qui épouse Mlle MORIN de BANNEVILLE.
Cette dernière meurt veuve en 1881.
Elle a fondé à Saint-Pierre-du-Chemin un hôpital.
Elle sera inhumée dans la chapelle de ce dernier ainsi que son mari.

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On y transportera également les corps de ses beaux-parents.
La Ménardière a été achetée en 1869 par Edmond SAVARY de BEAUREGARD, de la branche du Chastenay à La Chataigneraie, qui s’intéressait essentiellement aux terres qui l’entouraient.
Le château ne fut pas habité par sa famille et tomba en ruines.
La Ménardière passera par héritage à ses descendants directs, les LA BARRE de NANTEUIL, puis les du PLESSIS de GRENEDAN qui la restaureront partiellement à partir de 1998.
Débutée au 14ème siècle, la construction du château se poursuivit au 15ème, notamment avec l'escalier.

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De style gothique flamboyant, il est classé comme le plus bel escalier au patrimoine de France.
Il est caractéristique de la fin du 15ème siècle.
Le Roi Charles VIII (régnant de 1483 à 1498) avait 21 ans quand il épousa la duchesse Anne de Bretagne, mariage qui devine une réussite sentimentale.
Il entreprit d'importantes constructions à Amboise, dont l'aile dite "de Charles VIII" et la chapelle Saint-Hubert (Gothique flamboyant).
Mais toutes proportions gardées, faisons quelques comparaisons entre le château d'Amboise et le modeste château de la Ménardière…

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Les clés de voûte de l'escalier de la Ménardière présentent des similitudes avec celles de la chapelle Saint Hubert d'Amboise.
Il y a une ressemblance avec la balustrade du haut de l'escalier de la Ménardière avec celle de la lucarne d'Amboise.
Les restes de sculptures de l'ancienne porte d'entrée de la Ménardière présente des similitudes avec cette même lucarne d'Amboise (Deux pinacles, et traces d'un fleuron).
Revenons sur l'histoire.
Charles VIII part pour l'Italie en 1494, d'où il ramènera des artistes et des artisans qui furent les premiers à diffuser le courant artistique de la Renaissance en France.
C'est la fin de l'art gothique.

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Charles VIII meurt à Amboise en 1498 en se fracassant le crane contre le linteau d'une porte trop basse… comme on le faisait à l'époque….
Les remaniements du 18ème siècle seront :
A l'extérieur…
L'accès principal du château a été redéfini dans l'axe de la tour.
Une plantation d'une avenue menant au château sur plus d'un kilomètre.
La modification du porche d'entrée et du pigeonnier (colombier).
Réduction de la grande cour en construisant deux petits bâtiments terminés par des frontons triangulaires.
Percement d'une nouvelle porte centrale et suppression de la porte flamboyante donnant accès à l'escalier.

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A l'intérieur…
Le salon de forme carrée a été transformé pour réaliser une plus grande symétrie dans le salon octogonal actuel.
Pour cela, on modifie la place et le style de la cheminée pour la mettre au centre de mur.
On perce de nouvelles portes hautes.
On coupe les quatre angles de la pièce en bouchant le passage vers l'escalier.
Ce passage ne sera réouvert qu'en l'an 2000 avec une porte dissimulée dans le mur.
En 1997, la tour d'escalier octogonale du logis était le seul élément encore couvert d'une toiture.

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Aujourd'hui, après restauration, le château est un très grand gîte de caractère, entièrement indépendant.
RDC : salon de 50 m² décoré, grande salle à manger, cuisine (congélateur), salle d'eau/wc, 1 chambre (2 lits 90 jumeaux), wc.
Escalier gothique monumental.
Etage : 3 chambres (1 lit 160) - (1 lit 140) - (2 lits jumeaux 90, 1 lit 90), 1 salle de bains, 1 salle d'eau, 2 wc.
Téléphone illimité sur fixes en France.
Jardin clos de 1000 m² avec terrasse (salon de jardin, barbecue).
Piscine semi-enterrée ouverte d'avril à septembre. Abri voiture, ping-pong, VTT, mini-billard.
Ferme à proximité.
Pièce d'eau avec barque et cannes à pêche.

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Construit au 15ème siècle, remanié au 18ème, ce château (grâce à son imposant escalier est inscrit aux Monuments historiques) a été partiellement restauré en 98/2000.
L'escalier de la Ménardière est un escalier gothique monumental.
C'est grâce à celui-ci que le château est répertorié au Monuments Historiques de Vendée dont la directrice elle-même a déclaré comme sans nul doute le plus bel escalier gothique de Vendée.
En 2014, il a été le cadre du tournage de plusieurs scènes du film "meurtres à Guérande" diffusé sur FR 3 le 14 février 2015, rediffusé régulièrement.
La maquette de ce château et le moulage d'une des clés de voûte de l'escalier sont présentés à la Chabotterie (haut lieu touristique de la Vendée).

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Il se situe en Sud Vendée, dans une zone riche en ressources touristiques à une trentaine de kilomètres du célèbre parc d'attractions du Puy du Fou.

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Renseignements et réservation sur : 
https://www.gites-de-france.com/fr/pays-de-la-loire/vendee/chateau-de-la-menardiere-h85g010410

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Court résumé origine guerres de Vendée

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Pendant la révolution Française certains départements de l'Ouest, comme la Vendée, rejettent la lutte menée contre l'Église par les révolutionnaires.
Depuis 1791, révolutionnaires et paysans vendéens s'opposent.
Ces derniers regrettent l'abolition de la gabelle, la confiscation des biens de l'Église et les mesures successives de déchristianisation.
En février 1793, la levée d'une armée de 300 000 hommes par la convention met le feu aux poudres.
Le tocsin sonne dans 800 paroisses de plusieurs départements de l'Ouest.

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D'abord dirigés par les roturiers comme Cathelineau, les insurgés demandent aux nobles de devenir leurs chefs.
Ils forment alors l'armée "catholique et royale" ou "des Blancs", capable de mobiliser entre 30 000 et 70 000 hommes, commandée par les chefs dont les noms deviennent célèbres :
Bonchamps, d'Elbée, Charette de la Contrie ou le comte de La Rochejaquelein.

M.G.

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"VENDEE ! PAYS DES MISSIONS DE MONTFORT !"

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Son nom retentit dans la nuit du Puy du Fou.
Il n'est pas Vendéen.
Il est né en Ille-et-Vilaine, à Montfort-sur-Meu.
Enfant de la campagne bretonne, il a grandi au village d'Iffendic (35750), dans une famille plus riche d'enfants que d'écus.
A douze ans, il a pris le chemin de Rennes pour aller étudier au collège des Jésuites.
Brillant élève, il apprend le latin, le grec, il excelle en dessin, en peinture, en poésie.
On remarque surtout sa piété, son silence recueilli, son amour de la Vierge, sa tendresse pour les pauvres.
Un jour qu'il prie devant Notre-Dame des Miracles, une illumination intérieure confirme l'inspiration déjà germée en son cœur.
Il sera prêtre et missionnaire.
Il donnera sa vie à Jésus-Christ et à l'évangélisation de ses frères.
Une bourse, un habit neuf, de bons souliers et le voici sur la route, à pied, vers Paris et le séminaire de Saint-Sulpice.
Au premier pont, sur la Vilaine, un mendiant se présente à lui.
Montfort lui donne sa bourse.
Plus loin, un pauvre à nouveau le sollicite.
Le jeune homme lui offre son habit neuf.
Au troisième qui surgit, que donner encore ?
Montfort n'hésite pas.
Il se dépouille de ses vêtements et les échange contre les haillons du miséreux.
Puis, tout heureux, il poursuit son chemin.

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C'est en cet équipage qu'il arrive dans la capitale.
Il n'est pas Vendéen d'acculturation.
Sa formation "Jésuite", ses études théologiques à St-Sulpice lui ouvrent des possibilités diverses.
Sitôt ordonné prêtre, il ne rêve pourtant que d'aller catéchiser les "pauvres des campagnes", alors si démunis, et de missionner parmi eux.
On l'envoie à Nantes, il passe à Poitiers.
On l'appelle à Paris.
Son goût pour l'indigence et les indigents, son zèle à introduire des réformes, son style de vie "à la Providence" choquent et scandalisent les gens installés.
Des évêques même, prévenus contre lui, le chassent de leur diocèse.
"Je suis, dit-il, comme une balle dans un jeu de paume, on ne l'a pas sitôt poussée d'un côté qu'on la pousse de l'autre, en la frappant durement".
Adieu, Rennes... Adieu, Poitiers... Adieu Nantes... Adieu, Paris...
Quelle est donc sa voie ?
Il va la découvrir à Rome, près du Pape Clément XI.
Il lui fait part de son désir des missions lointaines.
Mais non !
"Vous avez, Monsieur, en France, un assez grand champ pour exercer votre zèle".
C'est la parole du Vicaire de Jésus-Christ.
C'est pour Montfort la parole de Dieu.
De 1706 à 1716, il va missionner dans 'l'Ouest de la France.
En 1712, il se fixe un temps dans le diocèse de La Rochelle, dont fait partie à l'époque, le bocage vendéen.
L'évêque de La Rochelle, Mgr de Champflour, est pour Montfort un protecteur et un ami.
Il lui confie plusieurs missions dans les paroisses de sa ville épiscopale et de son diocèse.
Alors, le missionnaire sillonne l'Aunis, le Bressuirais, la Vendée.
Il prêche à La Garnache, à Saint-Hilaire-de-Loulay, à Luçon, à l'île d'Yeu, à Sallertaine, à St-Christophe-du-Ligneron, à Esnandes, à Courçon, à Bressuire, à La Séguinière, à Roussay, à Saint-Amand, à Fontenay-le-Comte, à Mervent, à Vouvant, à Villiers-en-Plaine, etc.

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Il est passé, sans doute, au Puy du Fou...
La forêt de Mervent charme son attrait pour la nature et pour la solitude.
D'une grotte, il fait son ermitage.
Il s'y livre à la prière.
Il y trouve le bonheur.
Il y entend : "L'éloquent silence des rochers et des forêts qui ne prêchent que paix, qui ne respirent qu'innocence".
Il y goûte "une paix profonde".
Le granit breton a fait alliance avec les rochers du bocage.
L'alliance est scellée dans la mort.
A quarante ans, Montfort est épuisé...
Épuisé par le travail, les longues marches, les jeûnes et les veilles, les dures mortifications qu'il s'inflige.
En avril 1716, il arrive à St-Laurent­-sur-Sèvre, miné par la fièvre.
Toujours ardent, il y commence la mission.
Son dernier effort, c'est le dernier sermon qu'il y prêche, sur la douceur de Jésus.
Il doit s'aliter.
C'est dans une chambre d'auberge, exiguë et misérable, qu'il rend le dernier soupir, au milieu des gens du bourg qui veulent tous, à leur tour, recevoir sa bénédiction.
Allons, mes chers amis, Allons en Paradis.
Quoi qu'on gagne en ces lieux, Le Paradis vaut mieux.
Cette strophe d'un de ses cantiques est son dernier message.
Il n'est pas Vendéen, mais la Vendée garde son tombeau.
Selon une ancienne tradition, reprise il y a quelques années.
Un pèlerinage annuel (le second dimanche d'octobre) rassemble les gens de la région dans la basilique de Saint-Laurent.

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Il n'appartient pas à la Vendée.
Canonisé par Pie XII en 1947, il appartient désormais à l'Eglise universelle.
Ses livres, ses cantiques, les récits de sa vie sont à tous ceux qui veulent le découvrir.
Son esprit se survit en ses fils et ses filles.
- Pères et Frères Montfortains, Filles de la Sagesse, Frères de Saint-Gabriel, dont les maisons bordent la Sèvre, dont les clochers émergent des coteaux qui en longent le cours.
- Pères, Frères et Sœurs dispersés à travers le monde.
- Pères, Frères et Sœurs de toutes races, en tous les continents.
Il n'appartient pas à la Vendée.
Mais la Vendée lui appartient depuis qu'elle l'a reçu, depuis qu'elle a reçu son dernier souffle.
"VENDEE - PAYS DES MISSIONS DE MONTFORT"
- Pays évangélisé par lui et par ses fils.
- Pays qui lui a donné tant de ses enfants.
- Pays qui a suivi ses consignes, au temps des violences et de la persécution religieuse.
- Pays qui a reçu de lui un héritage spirituel.
Dans la nuit du Puy du Fou, la Vendée, fidèle, a redit son nom.
Puisse-t-elle garder son message !

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La Vendée militaire.

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On appelle "Vendée militaire" les territoires qui se soulevèrent en 1793 contre la Convention (Assemblée constituante) : en Anjou, les Mauges, autour de Cholet ; en Poitou, la Gâtine, le Bocage et le Marais vendéen, le pays de Retz, autour du lac de Grand-Lieu.
Ces régions de pénétration difficile, coupées de haies et de cours d'eau, forment un terrain favorable aux embuscades.
On distingue la Vendée militaire, contrôlée par l'armée catholique et royale, des pays de chouannerie (Maine, Normandie, Bretagne), où les royalistes opérèrent en ordre dispersé.
Si les premières années de la Révolution ne provoquent aucun rejet de la part de la paysannerie locale, l'opposition entre la Vendée et Paris se noue autour de la persécution des prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé.

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Cette répression donne lieu à des révoltes sporadiques.
L'exécution de Louis XVI, mais surtout la conscription forcée, sont à l'origine de l'insurrection qui éclate en mars 1793 à St-Florent-sur-Loire, puis qui s'étend rapidement à toutes les Mauges angevines et au Bas-Poitou.
Dirigés au début par des chefs issus du peuple, comme Cathelineau, colporteur au Pin-en-Mauges, ou Stofflet, garde-chasse à Maulévrier, les paysans font ensuite appel à leurs "Messieurs".
Dans les Mauges, les gars de Beaupréau vont chercher d'Elbée et ceux de St-Florent le marquis de Bonchamps.
Au cœur du bocage et du marais, Sapinaud et le chevalier de Charrette conduisent leurs fermiers, comme en Gâtine le jeune châtelain de la Durbelière, La Rochejaquelein, et celui de Clisson, Lescure.
Ces "Brigands" armés de faux, de fourches et de quelques fusils, puis d'armes de guerre prises aux Républicains, sont groupés en paroisses.
Tous portent le scapulaire, une étoffe ornée du Sacré-Cœur enflammé surmonté d'une croix, que l'on passe sur les épaules et qui couvre le dos et la poitrine.

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Le drapeau des Vendéens est blanc, semé de fleurs de lys, et porte souvent la devise "Vive Louis XVII".
La base de leur tactique est la surprise, les bons tireurs enveloppent la force adverse et, dissimulés dans les haies, déciment l'ennemi.
Puis tout le monde se jette à l'assaut au cri de :
"Rembarre ! Vive la Religion I Vive le Roi !".
En avril 1793, les Bleus (républicains) ont réagi et, malgré un grave échec à Chemillé, ont repoussé l'armée catholique et royale sur la Sèvre.
Puis celle-ci reprend l'avantage et s'empare de l'Anjou en juin.
Mais son premier chef Cathelineau est tué lors des assauts infructueux contre Nantes et d'Elbée prend alors le commandement.
La menace extérieure des armées coalisées étant en partie levée, la Convention s'inquiète de ce conflit intérieur qui lui semble le plus important.

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L'armée de Mayence, conduite par Kléber, Westermann et Marceau, est envoyée en Vendée militaire.
Vaincue d'abord à Torfou, cette armée remporte la sanglante bataille de Cholet que l'armée vendéenne essaie de reconquérir.
Lescure et Bonchamps sont mortellement atteints.
En se retirant sur St-Florent, Bonchamps, mourant, fait libérer des milliers de prisonniers.
Puis l'armée catholique et royale passe la Loire, dans l'espoir de rejoindre à Granville une flotte anglaise.
Elle échoue dans cette tentative, les déroutes du Mans et de Savenay finissent de désagréger ce qui en reste. 
Décrétée par la Convention, la répression commence alors.
Elle est véritablement effroyable durant l'hiver 1794, s'accompagnant d'exécutions massives et de la destruction de la Vendée.
Deux armées, commandées par le général Turreau, sont divisées en colonnes ayant chacune un itinéraire précis.

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La mission de ces Colonnes infernales est d'exterminer les combattants, les femmes, "sillons reproducteurs", et les enfants, "futurs brigands", et de détruire l'habitat et les cultures.
Cependant, au cours de cette année 1794, la Vendée résiste encore et mène une guerre d'usure contre l'occupant.
Dans les Mauges, Stofflet tient la campagne et défait les Bleus sur plusieurs sites.
Dans le Marais et le Bocage, Charette harcèle les républicains par de petits raids inopinés.
Cette guérilla, la mort de Robespierre, l'action pacificatrice de Hoche font qu'au début de 1795, la paix est signée avec Charette à La Jaunaye, avec Stofflet à St-Florent.

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Quelques mois plus tard toutefois, à l'instigation du comte d'Artois, Charrette et Stofflet reprennent la lutte.
Mais la Vendée est à bout de souffle et, le frère du roi ne secourant pas ses fidèles.
Hoche, habile et généreux, réussit à pacifier la région en obligeant d'Hervilly à se réfugier dans la presqu'île d'Oléron.
Il assure la victoire de la République en juillet 1795.
En 1796, Stofflet, pris à côté de Jallais, est fusillé à Angers.
Charette, capturé à la Chabotterie, subit le même sort à Nantes et meurt, le 29 mars au cri de :

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"Vive le Roi !"

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LE SANCTUAIRE de la Salette

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Aménagé sur le coteau qui domine le cours de la Petite Maine, le Sanctuaire de la Salette à La Rabatelière, constitue un ensemble de constructions insolites qui a marqué la vie paroissiale de la fin du XIXème siècle.

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En réponse à la politique anticléricale menée en France à partir de 1879, on assiste en Vendée à une vague de reconstructions d'églises et d'édifications de lieux de piété.

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C'est sous la houlette de l'Abbé Hillairet que s'élève un des lieux de pèlerinage les plus originaux du département.

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Fervent dévot à la Vierge, Hillairet a souhaité suggérer ici l'apparition de Marie à deux Jeunes bergers sur la montagne de la Salette, dans les Alpes, en 1846.

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Les différents monuments le rosaire, la tour, la chapelle et les multiples statues, constituent un élément pittoresque essentiel du patrimoine départemental et ne manque pas de surprendre tant par les matériaux employés, le schiste local et la brique, que par le programme architectural développé.

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Mouchamps et Georges CLEMENCEAU (1841-1929)

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MOUCHAMPS est une petite cité de caractère classée "Petites cités de caractère".
Le village de Mouchamps est juché sur un escarpement rocheux qui domine la sinueuse rivière du Petit Lay.

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Ici, tout est mis en œuvre pour garder le caractère pittoresque du vieux bourg.
Plantations en pieds de murs, ruelles escarpées, chaussées typiques et coteaux aménagés.
A l'abri des regards, découvrez le Colombier, lieu de mémoire incontournable où repose le "Tigre" Georges Clemenceau.

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Depuis plusieurs générations, les Clemenceau possédaient un domaine sur la commune de Mouchamps.
C'est dans le bois du Colombier que Georges Clemenceau repose auprès de son père.
Né en 1841 en Vendée, à Mouilleron-en-Pareds, il passe son enfance à l'Aubraie à Féole.

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"L'obstination têtue" était de ces vertus qu'il revendiquait de ses racines vendéennes.
Médecin, journaliste, homme politique, il est Président du Conseil de 1906 à 1909, puis de 1917 à 1919.
L'histoire a retenu son action décisive pour la victoire lors de la Première Guerre Mondiale.

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En 1929, il a choisi Mouchamps comme dernière demeure.
C'est là, auprès de son père, à qui il vouait une admiration sans borne, qu'il souhaitait être inhumé.

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Il avait, par avance, réglé tous les détails de ses obsèques, refusant des funérailles nationales.
Comme le rappelle le panneau qui mène à sa sépulture, on peut être surpris d'une telle simplicité.

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Seule une copie de la déesse Athéna, œuvre de son ami sculpteur Sicard, surplombe les deux sépultures jumelles.

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Châteaumur en Vendée

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Une petite commune, Les Châtelliers-Châteaumur, qui possède sur son territoire des vestiges du Moyen Age, dont le donjon domine le bourg de Châteaumur depuis 10 siècles.
C'est un quadrilatère dont les angles et le milieu des côtés sont renforcés de tours pleines sur leur plus grande hauteur.
Le donjon de Châteaumur (XIIème siècle) est de même style et de même époque que les donjons de Pouzauges, de Tiffauges et de Noirmoutier.
Frère ou cousin des châteaux romans de Tiffauges et de Pouzauges, Châteaumur se dresse sur une petite colline dominant "le Vieux Camp Gaulois" dont les traces de forme elliptique de 50 mètres de long sur 40 mètres de large, existent encore dans le Parc du Logis de Villefranche.

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Autrefois entouré d'eau au moyen d'étangs creusés et alimentés par le petit ruisseau voisin, qui sépare les communes de Châtelliers-Châteaumur et de la Flocellière, il fut longuement occupé par les Légions Romaines
De nombreux débris furent exhumés au cours des fouilles entreprises au siècle dernier par les archéologues.
Une église y fut même élevée vers l'an mil.
Ce fut Saint Nicolas qui devint Prieuré.
Ne se contentant pas d'occuper le vieil Oppidum Gaulois, les chefs Romains établirent un Prétoire sur la petite colline où s'élève le Donjon actuel.
Ce fut là que, lors des grandes invasions barbares qui amenèrent la chute de l'Empire Romain, les populations se regroupèrent sur un lieu facilement défendable, le Prétoire Romain.
Par voix électives, elles se choisirent un chef qui, par sa bravoure, son autorité, ses capacités, serait le plus apte à organiser leur défense.

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Ce fut l'origine de la Féodalité.
Ce pouvoir donné à un chef n'était pas transmissible à sa descendance.
A sa mort un autre chef était élu.
Puis, vers la fin du Xème siècle, la grande famille des vicomtes de Thouars qui avait été mise à la tête d'immenses domaines, correspondant à peu près aux Départements de la Vendée, des Deux­Sèvres, par les Ducs-Comtes du Poitou, commença, sous Aimery II de Thouars, d'organiser le territoire qui lui était confié.
Dans les points stratégiques comme Tiffauges, Pouzauges, Mortagne, les Herbiers, Mauléon, Châteaumur, ils placèrent des cadets de leur famille.
Ce qui prouve l'appartenance des premiers seigneurs de Châteaumur à cette Famille de Thouars, ce furent leurs armoiries.

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Armes reproduites dans le blason actuel de la commune des Châtelliers-Châteaumur, choisies sont celles de Thouars.
Puis ces cadets de Thouars abandonnèrent leur nom de famille pour prendre celui de leur domaine.
Pratique très fréquente, même au siècle dernier, où les cultivateurs prenaient le nom de leur métairie.
Ce sont eux qui après avoir fait élever un lourd donjon de bois, le remplacèrent au XIIème siècle, par l'actuel donjon roman, près duquel ils élevèrent l'église de la Madeleine, belle église romane à trois nefs voûtées en plein cintre.
Incendiée pendant les Guerres de Vendée, elle ne sera démolie qu'en 1826, de même que celle de Saint Nicolas.
Cet actuel donjon roman se présente comme un cube flanqué de tours rondes aux quatre angles.

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On y accède par une belle porte en arc brisé du XIVème siècle.
Au-dessus subsistent les fentes pour le passage des bras du pont-levis.
L'intérieur de ce donjon a perdu ses étages.
Situé à présent au milieu d'un petit village circulaire qui épouse la forme de l'ancienne enceinte de la place fortifiée.
Il est le cousin de ceux de Tiffauges et de Pouzauges, en ce qu'il est bâti sur un plan similaire, quadrangulaire, à contreforts hémicylindriques, au centre des murs avec les angles englobés dans de fortes tourelles massives au rez­de-chaussée, mais au premier étage contenant trois petites chambres destinées à la surveillance et au tir.

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Celle du Nord-Ouest comporte une petite cheminée et des lieux d'aisance.
On y entrait par une petite porte romane encore très bien conservée, placée aujourd'hui à deux mètres du sol, qui devait primitivement être plus bas, et cette porte était solidement fermée.

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A l'intérieur il comportait deux étages non voûtés, dont les planchers étaient soutenus par de grosses poutres reposant sur des corbellets de pierre.
Il mesurait à l'intérieur 11m sur 9m50.
Ce château était le siège d'une des plus importantes Baronnies relevant de Thouars.
Le Baron de Châteaumur avait le droit de haute, moyenne et basse-justice, sur tout ou partie de 32 paroisses aux alentours.

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Le premier texte concernant Châteaumur est de l'an 950, et le premier seigneur connu en fut Arnold 1er, fils cadet d'Arnold de Mauléon d'Humberge de Mortagne, qui avait eu Châteaumur en apanage.
Il apparaît dans les textes en 935, dans la charte de fondation de l'Eglise Saint-Pierre de Mauléon.
C'était un THOUARS.
Ensuite le dernier de cette famille Geoffroy de Châteaumur eut une fille Jeanne qui vers 1260 apporta cette Baronnie à Maurice de Belleville, seigneur de la Garnache et Montaigu.
Un de ses descendants fut le célèbre connétable Olivier de Clisson, ami de Du Guesclin, il fut seigneur de Châteaumur.
Puis toujours un de ces descendants dit de Bretagne, sera Baron de Châteaumur.
Laquelle Baronnie, vers le milieu du XVIème siècle, devint la propriété de la Famille ESCHALLART de la Boulaye en Treize-Vents.

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Châteaumur fut vendu par eux en 1649 à François MESNARD de TOUCHEPRES, seigneur de la Pomme­raie-sur-Sèvre.
Le dernier de cette famille, François MESNARD de TOUCHEPRES vivait à Paris.
Le vieux donjon n'étant pas très confortable, Les Mesnard de Toucheprès bâtirent, sur la seconde enceinte, une série de constructions que l'on voit 'encore aujourd'hui.
On raconte qu'avare et très inhospitalier, très impopulaire à Châteaumur et à la Pommeraye, il se tenait quand il y venait, dans l'appartement qui se trouvait au-dessus de l'entrée de son château de Châteaumur, pour surveiller le travail de ses serviteurs.
Il avait comme régisseur le Docteur Vincent CHAPELAIN, originaire des Epesses, qui fut Maire de Châteaumur, la Flocellière et les Epesses, révolutionnaire, guide des Colonnes Infernales en 1794.

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Les archives de la Vendée conservent tout un dossier de lettres adressées par MESNARD de TOUCHEPRES, à son régisseur CHAPElAIN. MESNARD de TOUCHEPRES mourut à Paris sans alliance le 12 Avril 1793, et comme ses héritiers, avaient émigré, leurs biens ont été dispersés et vendus comme biens d'émigrés.
Châteaumur fut donc mis en vente et acquis comme Bien National, le 14 novembre 1798. Les sieurs Cougnaud, notaire à Fontenay, et Bonamy, propriétaire à Maillezais, l'ont acquis pour 80.000 francs.
Quatre familles possédèrent Châteaumur successivement :
- Les sires de Châteaumur, de 950 à 1301.
- Les sires de Belleville, de 1301 à 1538.
- Les Eschallart de la Boulaye, de 1538 à 1649.
- Les Mesnard de Toucheprès, de 1649 à 1791.

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Un décret de la convention a décidé de remplacer par des noms nouveaux les noms des localités rappelant la féodalité.
Pendant la période de la révolution, Châteaumur se nommera "LIBRE-MUR" !
Le 8 juillet 1814, que Louis XVIII (1755-1824) annule le changement de noms des 3 000 communes rebaptisées par les sans-culottes

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Le Donjon des Herbiers

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Nous voici devant le dernier donjon féodal entourant le Puy du Fou, le donjon Roman des Herbiers, appelé communément le "Château Bousseau".
Les Herbiers furent dès la Préhistoire un centre important.
Des pistes gauloises puis romaines s'y croisaient, avec un camp retranché établi sur les hauteurs du Landreau, protégé par le vaste lac qui s'étendait jusqu'au Pont de la Ville, ancienne route d'Ardelay.
Lors de l'occupation romaine, deux grandes voies se croisaient aux Herbiers.

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Celle de Nantes à Rome, existant encore en partie, après avoir traversé tout le territoire de Beaurepaire.
L'autre dite "Route de Brest à Aigues-Mortes", traversait en partie Beaurepaire, Sérit, les Bois-Verts, les Herbiers, Mouchamps, Chantonnay.
C'est la voie appelée "Le Grand Chemin du Bocage".
Une importante agglomération s'établit au croisement de ces deux voies, ce fut les Herbiers, dont on ne connaît pas le nom primitif.
Et au centre s'étendait un grand lac, remplacé au XVIIème siècle par l'ancienne Prairie du Landreau, où sont construits aujourd'hui le Centre Culturel d'Herbauges.
A cette époque, pour actionner des Moulins et donner un passage au Grand Chemin du Bocage, une chaussée fut construite, c'est l'actuelle rue du Pont de la Ville.
Pourquoi la "ville" ?

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Pour la bonne raison que les romains y avaient construit plusieurs villas, d'où les noms de "villes" appliqués plus tard aux différentes agglomérations herbretaises.
Et là, nous entrons dans l'Histoire des Herbiers et retrouvons son origine.
Après la défaite des Normands, dans le premier tiers du X' siècle, les Comtes du POITOU confièrent l'administration de ce qui fut le Bas-Poitou, aux Vicomtes de THOUARS, seigneurs de TIFFAUGES et de MORTAGNE.

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De 956 à 1104, trois seigneurs de nom d'HERBERT, Vicomtes de THOUARS, furent seigneurs de ces places fortes.
Un Herbert de THOUARS s'intitulait aussi seigneur des VILLES ET DES HERBIERS, et dans plusieurs chartes, dès 956 on trouve mention de "Villis de Herbertis" (Villas d'Herbert).
De 956 à 987 nous trouvons Albert 1" ou Herbert de THOUARS, fils' de Savary de THOUARS, qui épousa Adélaïde d'AULNAY.
Son petit-fils Albert Il de THOUARS, lui ayant succédé, prit part à la Première Croisade, avec son frère Geoffroy de TIFFAUGES, sous la conduite du Duc d'AQUITAINE, Guillaume IX.

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Il tomba gravement malade à Jaffa, y mourut en 1102, et fut enterré près de l'église Saint­Nicolas de Jaffa.
Or dans ses notes historiques sur les Herbiers, M. Georges LELIEVRE, décédé au bourg des Herbiers, dans l'actuelle Maison Lelièvre, parle d'unseigneur des Herbiers mort à Jaffa, en Croisade.
Les Seigneurs des Herbiers relevaient, et jusqu'à la Révolution de 1789, de la Baronnie de MORTAGNE, le Seigneur des HERBIERS était donc bien, en passant par Mortagne, le Vicomte de THOUARS.
Mais avant d'aller plus loin, voyons ce qu'était l'organisation du pays dans le Vicomté de THOUARS.
Le bourg prenait naissance, dès le 3ème ou le 4ème siècle autour d'un sanctuaire, formé aussi d'un cimetière et d'un château.
C'étaient les lieux d'asile.

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Ce fut le cas des Herbiers.
En 1066 Amaury des HERBIERS et son frère Hugues prenaient part à la conquête de l'Angleterre, sous la conduite d'Amaury de THOUARS.
Ce Geoffroy-Guillaume de THOUARS, Seigneur des HERBIERS, eut entre autres enfants, Jean-Juical Seigneur des HERBIERS, dont une fille aînée, Basilie des HERBIERS, qui en 1147 épousa Guillaume II FOUCHER, Chevalier Sire de la SAUZAIE.
Ce fut donc lui ou son frère Pierre FOUCHER, qui lui succédant à la tête de la seigneurie des HERBIERS fut le constructeur de l'actuel château des HERBIERS.

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Autrefois entouré de fossés et de murailles, ce château se dressait sur un petit éperon rocheux, proche de l'église Saint-Pierre bâtie par SAINT-MARTIN, au Nord de l'Etang des Herbiers, qui au Moyen Age était immense et s'étendait depuis le Parc du Landreau, jusqu'à la chaussée du Pont de la Ville.
Il alimentait les fossés du château.
Les murailles devaient entourer le château, l'église et le cimetière comme dans tous les bourgs féodaux primitifs.
L'actuelle maison Bousseau est l'ancien donjon du XIIème siècle.
Faisant suite aux donjons préromans, ils étaient à cette époque carrés ou rectangulaires, comme les ruines de l'actuel donjon de Loudun.
Avec des murs de 2 m d'épaisseur à la base et de 1,8 m au faîte, il mesure 18 m de long sur 11 m de profondeur.

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Il est composé de trois étages avec grenier au dessus et petite cave au-dessous (en partie).
Ces étages n'étaient pas voûtés, mais comme à Pouzauges et Tiffauges, séparés par des planchers.
Servit-il d'habitation ?
Probablement, mais les rares petites ouvertures qu'on voit sur les gravures qui en furent faites au début du XIX' siècle ne le laissent guère supposer.
On voit encore la petite entrée romane vers l'Est, à 5 ou 6 mètres du sol.
Ces étages devaient être chauffés, on en distingue les cheminées sur les gravures.
L'entrée du château était la petite tour carrée à porte ogivale, et traces de herse et de vantaux, reliée au château par un chemin de ronde roman, qui fait face actuellement au parking.

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Cette petite tour est vraisemblablement du XIIIème siècle.
Des maisons d'habitation entouraient ce château.
Elles furent brûlées à la Révolution et les ruines disparurent au siècle dernier.
Autour des années 1420, Pierre FOUCHER Seigneur des HERBIERS, et propriétaire de ce donjon, eut un procès retentissant avec son suzerain, le Baron de MORTAGNE au sujet de ce château que Pierre FOUCHER avait entouré de fortifications.
Le suzerain prétendait que le vassal ne pouvait fortifier son château, n'ayant le droit seigneurial de forteresse qu'avec son consentement.
Ce procès se termina par une transaction.

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Le Seigneur de MORTAGNE consentit le 9 novembre 1425, à ce que FOUCHER conserve les fortifications de son château sa vie durant, mais qu'à sa mort, elles devaient être démolies.
Elles ne le furent point puisque les Anglais assiégeant les Herbiers s'y heurtèrent.
Ils le ravagèrent plus tard, du GUESCLIN s'en empara et les chassa.
Après les FOUCHER, il passa à différentes familles.
Incendié à la Révolution, le 2 février 1794.
Après avoir été vendu comme Bien National à la famille AGERON, laquelle le revendit vers 1850 à un ancien aubergiste des Herbiers, Bordelais, qui le transforma en maison d'habitation.
Toutes les ouvertures actuelles furent faites à cette époque.
Ses héritiers le revendirent en 1980 à la municipalité herbretaise.

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