Puy Story

16 novembre 2022

Sur le Mont des Alouettes de Vendée.

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23 septembre 2022

L'histoire du château de Talmont

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À l’aube du peuplement de la région côtière, d’immenses forêts couvraient tout ce pays au milieu duquel se dressait une petite éminence, sur laquelle aujourd’hui s’élèvent des ruines de ce que fut le fier château de Talmont.
Les étymologistes s’en donnèrent à cœur joie quant à l’origine de Talmont et de son château.
Il y a de multiples hypothèses émises par divers savants.
Mais la plus plausible est l’origine Celtique "TALL MUN" rempart, front de pierres "TALL = FRONT ; MAN = PIERRES".
Elle rejoint l’hypothèse anglaise, qui est la même que ci-dessus quand on se rappelle les liens unissant l’Armorique voisine au "Pays des Angles".

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D’ailleurs le primitif château de Talmont n’était pas à l’emplacement des ruines actuelles, mais en contrebas, vers la ville, au Nord des ruines, dans la propriété voisine, où se dresse encore une belle motte féodale, sur laquelle s’élevait le primitif château de bois, semblable au fort de l’an Mil, du Grand Parc du Puy du Fou.
Peut-être a-t-il dû brûler lors des invasions normandes ?
Mais dès le début de l’occupation romaine, Talmont devint leur possession pour plusieurs siècles.
S’installèrent-ils sur l’emplacement de l’actuel château ?
C’est possible mais on n’en trouve aucune trace.

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Comme partout, la religion chrétienne, vraisemblablement introduite par quelques soldats romains convertis à la nouvelle religion, y fit des adeptes, puisque dès le 8ème siècle, le bourg de Talmont formait un Doyenné relevant de l’Archidiaconné (circonscription territoriale religieuse, subdivision d’un diocèse) de Briancais.
Et lorsque Charlemagne eut remplacé les décanies (Réunion de terres placées autrefois sous l’autorité d’un même magistrat nommé doyen) par les Vigueries, il y eut un viguier (Magistrat-Prévot) à Talmont dépendant du comte de Poitiers.
Mais toute cette organisation médiévale disparut dans les ravages Normands si bien que lorsque les comtes du Poitou envoyèrent les vicomtes de Thouars et les sires de Parthenay dans le Talmondais, ils trouvèrent un pays vide.

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En 993, Hugues Capet et Guillaume le Grand, comte du Poitou désignèrent Guillaume le Vieux dit Le Chauve, on le disait fils naturel de Guillaume le grand-duc de Poitou, pour redonner vie à cette région du Bas-Poitou : ce fut une explosion de monuments.
Sur cette falaise à pic, il construit une forteresse pour y établir sa demeure seigneuriale.

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À côté, il construit une église, dont le clocher lui servit de donjon.
Sa femme Aloine de Parthenay lui apporta en dot divers domaines : Angles, Fontaines, l’Ile d’Yeu, Grosbreuil, Olonne, Saint-Hilaire-la-Forêt.
Il règne sur une trentaine de familles seigneuriales de la région côtière.

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En 1040, il fonde l’Abbaye Bénédictine de Talmont et dans une charte de 1046 (Cartulaire de l’Abbaye) il énumère ses diverses fondations, dont l’abbaye Sainte-Croix de Talmont où il se fit moine et y meurt en 1048.
Son fils Guillaume le Jeune lui succède comme seigneur de Talmont, et fit reconstruire son donjon de Talmont y incorporant le clocher carré à plusieurs étages de l’église Saint-Pierre, qu’il fit détruire.
Ce clocher devenu donjon existe toujours.
Dès lors commence une lutte violente entre les Maisons de Talmont et celles d’Aquitaine.

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Guillaume le Jeune eut deux filles : Ameline, puis Anceline.
Cette dernière épousa un gentilhomme nommé Chalon.
À la mort de Guillaume le Jeune, Talmont ne pensa pas à sa fille aînée Ameline, non-mariée, mais à sa fille cadette Anceline épouse Chalon, lequel régna sur Talmont de 1058 à 1074.
Ce fut seulement après la mort de Chalon que Talmont revint à sa belle-sœur Ameline et à son mari normand de Montrevault.
Chalon avait eu deux fils : Guillaume et Pépin.

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Guillaume étant venu à mourir, Pépin succède à son oncle normand de Montevrault dans le gouvernement de Talmont.
Pépin fit détruire les restes de l’église Saint Pierre.
À la fin de XIIème siècle, on voit la châtellenie de Talmont gouvernée régulièrement par la succession de frères à frères, Raoul III seigneur de Mauléon et de Talmont (1180-1200) et eut pour successeur son frère Guillaume (1200-1214), après l’extinction du viager de son oncle.

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Il y eut ensuite une succession chaotique de seigneurs de Talmont, toutes sous la domination Anglaise.
Par suite du divorce d’Aliénor d’Aquitaine, d’avec le roi Louis de France et son remariage avec le roi d’Angleterre, Henri II Plantagenêt, qui devint le suzerain du seigneur de Talmont, Raoul II de Mauléon, grand ami de Richard Cœur de Lion, avec lequel il partira à la croisade.
Au cours d’une bataille, Raoul de Mauléon tombé à terre, pressé par les Sarrasins fut sauvé par Richard Cœur de Lion.

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Ce fut après cette Croisade que le frère de Raoul III mourant, en vertu de ce droit de viager en usage en Poitou, Guillaume de Mauléon devint seigneur de Talmont.
Il fut l’époux de la fameuse Béatrice de Machecoul, l’ogresse de la légende, mangeuse de cœurs d’enfants, avec laquelle il fonda l’abbaye des Fontenelles près de la Roche-sur-Yon.

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Un chant intitulé "La complainte de Madame Béatrice", relatant en une vingtaine de couplets, était autrefois chantée en Bas-Poitou.
Béatrice de Talmont devenu veuve, se remaria à Aimery de Thouars et eut une fille Jeanne, dont le tombeau orne encore l’église mutilée des Fontenelles.

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Leur descendant, Savary de Mauléon délicat poète renommé et guerrier reprend le titre de Prince de Talmont, et engage ses domaines du Talmondais au Sire de Thouars pour partir à la cinquième croisade en 1217.
Il épouse en 1227 Amable du Bois et meurt en 1233.
Il eut des démêlés avec le roi de France Charles VII et son fils Louis XI.

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Ce dernier, une fois sur le trône de France, donna Talmont à son favori Philippe de Commynes en 1472.
Mais en 1483, il reconnaît son erreur aux enfants de La Trémoille, qui en étaient les légitimes seigneurs.
Mais Commynes ne veut pas s’en dessaisir, résiste au roi qui le 22 mars
1485, le fait arrêter et déposséder de ses biens.

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Par un phénomène vraisemblablement volcanique, le niveau de la mer qui alimentait les fossés du Château de Talmont et se soulevant, les eaux se retirèrent le 1er novembre 1560.
Les "La Trémoille", comme beaucoup de grands seigneurs français, devinrent tour à tour calvinistes et catholiques.
Henri de Navarre, futur roi de France assiège Talmont, s’en empare en 1587, et restaure la forteresse en 1588, en vertu de l’Edit de Nantes, et reçoit une garnison protestante entretenue par le pouvoir royal.

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Mais bientôt la guerre reprenant entre les deux camps, Richelieu, le puissant ministre de Louis XIII, convertit Henri de La Trémoille au catholicisme, et le prince de Talmont obéissant aux ordres royaux, pour éviter la prise de sa forteresse par les protestants retranchés à la Rochelle, la fait démanteler.
Et jusqu’à la révolution, Talmont restera en possession de la famille de La Trémoille.
Le dernier seigneur de Talmont, Antoine­Philippe de La Trémoille, prince de Talmont, seigneur de Laval, né en 1765, rejoignit la Grande Armée Vendéenne à Saumur, et en fut nommé commandant de la cavalerie.

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Il assista à toutes les batailles de cette 2ème partie de la guerre de Vendée et fut un chaud partisan de l’exode des Vendéens Outre-Loire. Après la grande défaite de Cholet, où il fit preuve d’une grande bravoure, mais fait prisonnier au moulin de Malagra près de Fougères, il fut jugé et guillotiné à Laval devant son château le 9 janvier 1794.
Ainsi finit l’histoire de cette forteresse de Talmont.

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19 août 2022

Pourquoi visiter la Chabotterie?

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C’est ici que, le 23 mars 1796, s’est achevé l’Épopée Héroïque de celui qui fut "LE ROI DE LA VENDEE".
Celui que le peuple vendéen appelait familièrement "MONSIEUR CHARETTE". Un petit cadet de famille, François-Athanase CHARETTE de la CONTRIE, né dans un manoir au-dessus de Nantes en 1763.
Peu fortuné, il s’engage dans la Marine Royale, participe comme Officier à la Guerre d’Indépendance des ÉTATS-UNIS d’Amérique.
Il démissionne au début de la Révolution, et se marie avec la veuve d’un de ses cousins dont il courtisait la Fille, que SAPINAUD DE LA RAIRIE épousera plus tard, après la guerre.

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Il habitait le modeste manoir de son épouse, FONTECLOSE en la GARNACHE, d’où il partit pour Paris, où le 10 août 1792, avec d’autres futurs Officiers des Armées Vendéennes.
Il participe à la défense de la famille Royale, au château des Tuileries, échappe au massacre et revint à Fonteclose.
Pour tuer le temps il organise de multiples parties de chasse avec ses métayers, qui l’invitaient aux noces de leurs fils et filles.

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Le 14 mars 1793, cédant aux pressantes et menaçantes sollicitations des Jeunes du Marais, il prend leur tête, pour la défense de leurs LIBERTES, et pendant trois longues années à travers les chemins et halliers de Vendée.
Il ne passa pas la Loire avec les autres.
Il tiendra en haleine, de victoires en défaites, les troupes de la République envoyées contre ces Vendéens à qui on voulait enlever leur âme, leur promettant même, en signant le Traité de la Jaunaye, la LIBERTE religieuse, à cette opiniâtre Vendée, qui finit par triompher avec le CONCORDAT de 1801, où NAPOLÉON, ce fils de la Révolution, s’inclina face aux revendications vendéennes.

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Et en venant sur les derniers pas de CHARETTE, à la CHABOTTERIE, vous referez le chemin douloureux, suivi par CHARETTE, de l’endroit où il tomba, marqué par une CROIX de granit, au Logis de la CHABOTTERIE, en Saint-Sulpice-le­Verdon, où devant la grande table de bois massif sur laquelle il fut pansé, il prit son premier repas de prisonnier, avant de tomber sous les balles Révolutionnaires, sur la Place Viarme à NANTES, le 29 mars 1796.

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Ce jour-là, alors que le roi de la Vendée s’affaissait dans le bois de la Chabotterie, c’était le glas de la Vendée insurgée qui flottait au-dessus des prés, des champs ; il était midi et demi.
La tradition raconte que dans la ferme voisine du FOSSE, la famille GEAY prenait son repas, lorsqu’un jeune entra en courant "MONSIEUR CHARETTE est pris !".
Les hommes baissèrent la tête, repoussant leurs écuelles, les femmes se signèrent en pleurant.
La VENDEE prenait déjà le deuil de son ROI !

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Et revivez l'histoire depuis ce Chemin de la Croix de Charette à la Chabotterie, superbement restaurée, remeublée comme au XVIIIème siècle, en particulier la vieille cuisine où Charette fut soigné, la table sur laquelle il répandit son sang, et tout en haut du Logis une superbe charpente du XVIIIème siècle, abritant une belle exposition.

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07 janvier 2022

L'Eglise SAINT MEDARD de Saint Mars la Réorthe.*

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L'église SAINT MEDARD récente puisqu'elle fut inaugurée le 22 juillet 1888.
Son style n'offre rien de remarquable dans sa construction" mais elle est RICHE de son passé!
Pourquoi est-elle sous la protection de SAINT MEDARD ?
Sans doute parce que cet évêque de Noyon (département de l'Oise) était l'ami de l'évêque de Poitiers.
Il serait intervenu auprès de ce dernier pour envoyer des missionnaires évangéliser le domaine de REORTA.
Le domaine de REORTA devint au 7ème ou 8ème siècle: "SAINT MEDARD la REORTE", nom que le langage ou les bizarreries de l'orthographe transformèrent en "SAINT MARS la REORTHE".

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Elle fut édifiée à l'emplacement d'une église romane, construite vers 1030-1050, représentée sur le VITRAIL situé au-dessus du portail central.
Au 17ème siècle, une TOUR-CLOCHER fut élevée.
Vers 1780, le mobilier demandant à être rajeuni, on confia cette rénovation à un menuisier de Trémentines qui envoya à Saint-Mars quelques ouvriers parmi lesquels un jeune apprenti, d'origine britannique: MATIHIEU DE CRUCHY.
C'est au cours de sein séjour à Saint-Mars la Réorthe, au contact de l'abbé Morennes, que Matthieu s'orienta vers le sacerdoce.

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Victime de la Révolution, il sera fusillé a Nantes le 28 novembre 1797.
Lorsque le culte reprit en 1799, une rénovation complète de l'église était nécessaire, mais étant donné le mauvais état des fondations, elle fut démolie et remplacée par l'édifiée actuel (1888).
Les vitraux sont relativement récents.

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Ils ont été réalisés en 1954, à l'initiative du chanoine Gouin, alors curé de St Mars.
Les vitraux qui témoignent de la foi des femmes et des hommes de cette paroisse pendant les Guerres de Vendée, sont l'œuvre de Mr Roger Degas, maître-verrier à Mortagne.
Nous devons celui de la chapelle des Fonts Baptismaux et ceux du chœur, à Mr Bordereau, maitre-verrier à Angers.

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L'église romane représentée sur ce vitrail, fut construite au XVIIe siècle.
Au fil des ans, elle subit maintes transformations (consolidations, agrandissements)
Malgré cela, trop petite, elle fut démolie en 1887.
L'église actuelle fut édifiée à son emplacement. 

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30 novembre 2021

L'habitat en Vendée.*

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C'est pour certain commun de dire qu'en Vendée tout a été brûlé pendant la Révolution.
Si on ajoute les châteaux forts, démantelés sur l'ordre de Richelieu, et tout ce qui fut détruit pendant les guerres de Religion, on en déduit qu'il ne reste plus rien de remarquable, comme demeures antérieures au 19ème siècle.
Certes, les colonnes infernales avaient pour but de transformer la Vendée en désert.
Pour cela, on incendia un peu partout.
Dans les campagnes, on s'acharna très particulièrement sur les maisons neuves ou très récentes, comme le grand château du Parc Soubise, Touche près à La Pommeraie et Les Villates à Chantonnay.
Mais, heureusement, dans certains cas, les incendiaires allaient vite.
Ils avaient fort à faire et, alors que dans les bourgs les troupes étaient relativement nombreuses, on envoyait dans les châteaux et les fermes isolées des groupes plus faibles.
Or, à cette époque, dans nos campagnes, plus d'un tiers des terres était à l'état de landes et d'ajoncs.

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C'est là que se réfugiaient les Vendéens en cas d'alerte et ces présences invisibles inquiétaient les bleus qui redoutaient toujours une embuscade.
Ils s'éloignaient donc dès le feu allumé et, sitôt leur départ, les Vendéens venait l'éteindre, en commençant le plus souvent par le château.
Les dégâts étaient grands, mais les Vendéens parvenaient généralement à les réparer, au moins en partie.
Par ailleurs, les maisons nobles étaient très nombreuses.
Certaines, perdues dans le bocage, loin des routes, furent oubliées.
Enfin, les généraux républicains résidaient dans quelques belles demeures, qui furent donc épargnées.
Les guerres de Religion qui, deux siècles plus tôt, avaient été très dures pour les églises, épargnèrent en principe les maisons nobles.
De fréquentes parentés unissaient les gentilshommes protestants et les familles catholiques.
Et si, pendant les périodes de combats, des parents s'entretuaient quelquefois, lors des trêves, on se retrouvait et on hésitait à détruire la maison de parents ou d'amis, pour le seul motif qu'ils pratiquaient une religion différente.
Quant aux châteaux démantelés par Richelieu, on en parle beaucoup, mais les dégâts furent moins graves, en général, que l'abandon par leurs propriétaires des grandes forteresses devenues inhabitables.
Au moment de la révocation de l'édit de Nantes, beaucoup de gentilshommes protestants furent menacés de voir raser leur demeure s'ils ne se convertissaient pas.
Or, il semble bien que ce projet ne fut mis à exécution qu'une seule fois au manoir de La Grossetière près de Pouzauges.
Ce qui signifie que, finalement, la situation de la Vendée, en matière d'anciennes demeures, paraît être très comparable à celle des départements voisins.
En Vendée, les fortunes importantes seront rares du XVIe siècle au milieu du XIXème siècle.
De ce fait, on construira peu de grandes demeures mais plutôt des petits manoirs souvent pittoresques et relativement modestes.
Au cours du XIXe siècle, une évolution sensible se produit.
Les anciens châteaux forts, qui ont cessé d'être entretenus depuis longtemps, se détériorent lentement.
Beaucoup sont encore debout après la Révolution, mais servent de carrière de pierre pour reconstruire les bourgs voisins dévastés par les colonnes infernales.
De plus, lors de la vente des biens nationaux, les principaux acquéreurs sont les bourgeois des villes.
Mal vus des populations rurales, ils préfèrent continuer à habiter leur maison.
Les anciens manoirs deviennent alors la résidence du fermier et se dégradent peu à peu.
La prospérité des familles terriennes, du milieu du XIXème siècle jusqu'à la guerre de 1914, contribue aussi à la ruine des anciennes gentilhommières.
A cette époque, tous les notables veulent posséder leur château.
Le néo-gothique et le néo-Renaissance sont à la mode.
Beaucoup se croient déshonorés si leur maison n'est pas pourvue de tours.
Il faut un sous-sol et, au-dessus du rez-de-chaussée, au moins deux étages.
L'ardoise est la seule couverture admise et le zinc ne doit pas être ménagé.
Quant à la maison des ancêtres, elle est soit rasée, soit transformée en ferme.

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Aujourd'hui, le vent a tourné.
Plusieurs châteaux du XIXème ont déjà été rasés, par contre, on restaure les vieux logis.
Mais le département de la Vendée reste encore riche de belles demeures.
Jusqu'à la fin de la guerre de Cent Ans, le Bas-Poitou se trouva être une zone frontière, sur trois côtés.
Au nord et à l'ouest, il était bordé par l'Anjou et la Bretagne, au sud, par l'Aunis et la Saintonge, qui dépendaient de l'Aquitaine.
En principe, toutes ces provinces faisaient partie du royaume de France.
Mais, si leurs souverains rendaient effectivement hommage au roi, pour tout le reste, ils étaient à peu près indépendants, et même parfois en conflit ouvert avec leur suzerain.
Ainsi, lors de la guerre pour la succession de Bretagne, les Blois Penthièvre reçurent l'appui du roi de France, alors que les Montfort étaient soutenus par les Anglais.
Et ce furent les Montfort qui gagnèrent.
Mais, c'est surtout après le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec le nouveau roi d'Angleterre, qu'un état de guerre quasi permanent exista entre Aquitaine et France.
Le Bas-Poitou fut même un moment anglais mais redevint français avec Saint Louis.
Pour protéger ses frontières, il fut nécessaire de construire des châteaux forts, qui ne faisaient pas réellement partie du domaine royal, mais étaient tenus par quelques grandes familles, supposées fidèles.
Les plus importantes furent les Thouars qui possédaient Thouars et Talmont, les Parthenay à Vouvant et Mouchamps et les Belleville à Belleville, Montaigu et La Garnache.
Les terres de ces grandes familles, rarement contiguës, se sont agrandies et enchevêtrées grâce à des mariages.
Cela occasionne des conflits, d'autant que certaines de ces familles sont du parti anglais, alors que leurs voisins sont demeurés fidèles au roi de France.
Chaque grande famille se constitue donc sa petite armée et sa résidence principale devient une véritable forteresse.
Une gravure ancienne de Balleyguier nous montre le château de Tiffauges comme un petit Carcassonne, avec une vaste enceinte flanquée de douze grosses tours, deux portes fortifiées et, auprès de l'une, un important château.

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Le château de Talmont, aujourd'hui encore plus ruiné, devait être de la même importance.
Beaucoup de ces châteaux forts disparaissent totalement durant la guerre de Cent Ans.
Cependant, certains sont reconstruits par quelques grands seigneurs, qui continuent à résider dans le pays jusqu'à la fin du XVIème siècle L'amiral Philippe Chabot fait édifier à Apremont un magnifique château Renaissance qui, s'il était encore intact, serait le Joyau de la Vendée.
Une famille nouvelle, les du Puy du Fou, dont le chef a accompagné François 1er en Italie, fait construire, à la place d'une ancienne demeure féodale, un château dans le style de ceux des rois sur les bords de la Loire.
Aux Essarts, le duc d'Étampes ajoute à l'ancien donjon du XIIe une somptueuse demeure, qui ne sera pas épargnée par les colonnes infernales.
On pourrait encore citer Sigournais, édifié par les Sainte-Flayve, le Parc Soubise et Palluau.
Mais, au début du XVIIe siècle, nos grands seigneurs s'ennuient en Bas-Poitou.
Paris, puis Versailles les attirent.
Ils laissent leur château de province à un régisseur, ou parfois même au fermier de la seigneurie qui trouve la maison trop grande.
Il commence par en habiter une partie mais, le plus souvent, il préfère sa maison particulière dans le voisinage.
Le château se dégrade alors peu à peu.
Les propriétaires demandent de l'argent pour mener leur vie fastueuse, mais ne laissent rien pour l'entretien de ce château désormais inutile.
On va même jusqu'à raser une partie du château d'Apremont pour payer certaines dettes.
Aujourd'hui, ces demeures sont en partie ruinées.
Mais certaines gardent encore de beaux restes, que l'on cherche à conserver et qui méritent nos visites.
Ils constituent pour nous un souvenir de l'ancienne grandeur de notre pays.

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30 avril 2021

Le Château de Tiffauge à l'époque féodale.

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En bordure de la route de Cholet à Saint-Jean-de-Monts, sur un vaste plateau granitique, entouré de ravins abrupts, au bas desquels coulent la Sèvre Nantaise et son affluent la Crume, formant une défense naturelle, s’élèvent les ruines du puissant château féodal de Tiffauges.
Sentinelle avancée du Poitou "Pays des Pictons' face à la Bretagne et à l’Anjou conquérants.
Les plus anciens habitants de notre région occupèrent ce plateau facile à défendre, attirés également par le gué de la Sèvre "Sépari", dont le passage leur donnait accès dans tout le pays environnant.

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Ils y taillèrent entre autres le souterrain refuge découvert en 1967, lors du creusement d’un passage sous la porte bailleresse, pour permettre l’accès au théâtre de plein air, établi à flanc de coteau à l’occasion du célèbre spectacle "La Bataille de Tartou".
Coupé en son milieu par ce passage, ce souterrain refuge creusé dans le roc, s’étendait parallèlement aux remparts, et mesurait d’un côté environ sept mètres de profondeur, comblé par des éboulis.
Sur ce plateau et aux alentours furent trouvées de nombreuses haches de pierre taillée, outils et armes des hommes qui y vivaient voici plusieurs millénaires.

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Puis nos plus récents ancêtres se sentant menacés par d’autres tribus, non seulement creusèrent ce souterrain refuge mais élevèrent autour du roc une palissade formée de rochers et de pieux de bois enchevêtrés de branches entrelacées et mêlées de terre glaise.
Ils y construisirent leurs huttes de bois recouvertes de chaume et de peaux de bêtes tannées.
Dans cette enceinte, près de leurs habitations, ils enterrèrent leurs morts dans des puits funéraires semblables à ceux de Pouzauges et du Boupère, découverts à Tiffauges au milieu du siècle dernier par l’archéologue Pouzaugeais : Fortuné PARENTEAU.

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Lors de la conquête de la Gaule par les Romains, un castrum fut édifié sur cet oppidum Gaulois.
Sur la motte encore apparente, avant l’aménagement par les fermiers de ce vaste enclos en 1958, on voyait encore les restes de cette grosse butte artificielle formée de la terre retirée lors du creusement des fossés qui l’entouraient et la protégeaient, s’élevait une tour de bois carrée de plusieurs étages, qui abritait la demeure du chef.
Ce fut le modèle des premiers donjons entourés de fossés en eau, qu’on franchissait au moyen d’un pont-levis.
Plusieurs routes gauloises, puis romaines s’y croisaient, venant de Clisson, Nantes, Mortagne et Mallièvre.

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Au IV siècle, sous l’empereur Honorius, qui comme ses prédécesseurs recrutaient des tribus étrangères pour défendre son immense empire, une tribu Sarmate, venue du nord-est du Caucase fut amené par lui à Poitiers.
Puis l’empereur romain y ayant établi une autre peuplade, les Visigoths, les Theiphales durent émigrer vers l’Ouest, et s’établirent dans les environs du Tiffauges actuel, auquel ils donnèrent leur nom.
Ils campèrent sur l’ancien oppidum et à l’emplacement de la ville actuelle.
Mais les fortifications qu’ils y élevèrent n’échappèrent pas aux envahisseurs Normands, et deux fois, aux IX et Xème siècles la forteresse Romaine fut détruite et rebâtie.

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Cent ans plus tard Tiffauges fut cédée à Alain Barbe-Torte, duc de Bretagne, vainqueur des Normands.
Et après toutes ces destructions, la paix revenant, les Comtes du Poitou donnèrent en "viager" aux vicomtes de Thouars une grande partie de l’actuelle Vendée.
Les nouveaux maîtres rebâtirent les places fortes ruinées, entre autres Tiffauges et les Herbiers, vers la fin du XI siècle et le début du XII' siècle.
Herbert II, vicomte de Thouars, seigneur de Tiffauges et des Herbiers, entreprit la reconstruction de la forteresse de Tiffauges et la construction des Herbiers, auxquels il donna son nom "VlLLlS DE HERBERTlS", villas d’Herbert.

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A Tiffauges, il rasa toutes les ruines accumulées par ces guerres successives, et éleva les premiers éléments du château actuel, le donjon, la barbacane, certaines tours encore existantes, renforçant la défense de cette place et la chapelle castrale.
Les abords du château actuel fort abrupts de tous côtés, sauf vers le sud-ouest, où est son entrée principale, c’était là le point faible, celui qui réclamait la plus solide défense de l’ensemble.
C’est pour cette raison qu’on ya élevé un donjon formidable, flanqué d’une barbacane.
Herbert II mourut à la Croisade de Jaffa en 1104 et fut remplacé par son frère Geoffroy, qui continua ses constructions, à Pouzauges, Tiffauges et les Herbiers.

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Ce donjon de Tiffauges forme un vaste quadrilatère de 18 mètres de côté, flanqué aux quatre angles de puissants contreforts arrondis, ainsi que sur le milieu de ses quatre faces.
Il était composé d’un rez-de-chaussée et de quatre étages, dont certains vraisemblablement voûtés, comme celui de Pouzauges bâti par le même architecte, et partagé de haut en bas, par un énorme mur de refend.
Le sommet garni primitivement de hourds en bois, sorte de balcon en saillie, qui fut plus tard remplacé par des créneaux de pierre.
Ces différents étages étaient reliés entre eux par un escalier en colimaçon, comme nous le montrent certains plans de construction établis au siècle dernier.
Les deux étages supérieurs furent entièrement détruits lorsqu’en 1625, Richelieu fit démanteler les forteresses huguenotes.

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Ce donjon était couvert d’une toiture à quatre rampants, et servait d’habitation au Seigneur.
Près de ce donjon et faisant corps avec lui, nous voyons encore la barbacane d’entrée, autrefois fermée d’une grille en fer, et d’un pont-levis, qui donnait accès au donjon dans lequel on pénétrait par une petite porte en plein cintre, percée au premier étage de cette barbacane.
Cette entrée se composait d’un rez-de-chaussée ouvert par un large portail, donnant accès au vaste enclos entouré de terre et de murailles et d’un unique étage.
C’était le seul accès au donjon dans lequel on pénétrait par une porte située au premier étage de cette barbacane.

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A l’ouest de ce donjon, bordant les douves qui l’entouraient se dressait la chapelle Saint-Vincent, composée d’une nef et d’un transept, entièrement détruits, et d’une abside qui subsiste encore en partie.
La croisée du transept était surmontée d’une coupole octogonale et d’un clocher.
Sous cette abside s’étend une belle crypte romane de la première moitié du 12ème siècle, divisée en trois nefs à peu près égales, par deux rangées de quatre colonnes, couvertes en voûtes d’arêtes, appuyées sur des chapiteaux historiés.

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Entre la chapelle et le Puits de la Fée, s’étendait un cimetière où furent faites d’importantes trouvailles entre autres les débris de la cloche de bronze.
Toute cette vaste enceinte fut entourée de dix-huit tours, reliées entre elles par des murailles crénelées, le tout contemporain du donjon.
Plus tard furent ajoutés une fausse braie et le châtelet actuel, mais ce fut après l’époque féodale qui seule fait partie de cette étude.
Laissé à l'abandon jusqu'au XXème siècle, le château de Tiffauges fut le théâtre des turpitudes du maréchal de France après la mort de Jeanne d'Arc.

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Un conservatoire d'artillerie médiévale a été édifié en 1992 dans l'enceinte du château.
Avec une quinzaine de pièces, construites à l'identique par un spécialiste international, Renaud Beffeyte, il réunit la plus grande collection européenne de reconstitution médiévale en fonctionnement.
Le public peut assister lors de la saison touristique à des démonstrations de tirs de trébuchet, couillard, bombarde et mangonneau, et admirer une grue en bois telle qu'utilisée par les bâtisseurs du Moyen Âge.

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24 février 2021

L’église du VIEUX-POUZAUGE.*

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Si pittoresque dans son cadre de cyprès, avec son lourd clocher, ses étroites fenêtres, son dallage de pierres tombales, mais bien délabrée, ses murs verdis, ses voûtes fissurées… fut d’abord un prieuré fondé par les moines de Luçon ou de Saint-Michel en l’Herm.
De prieuré Saint-Jean, elle devient prieuré Notre-Dame ensuite église Notre Dame.

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On est tenté d’en faire un édifice de la première époque romane, et cependant certains détails incitent à la rajeunir quelque peu, ne seraient-ce que sa construction en moellons de moyen appareil impeccablement alignés et ses arcs en tiers-point accentué.

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On n’a aucune donnée sur le plan primitif du chœur, cependant l’Église primitive apparaît dans les archives entre 1047 et 1118 comme la première église de Pouzauges.
Mais il est bien évident que la travée extrême, avec la grande baie ogivale à rainures du chevet et les baies latérales est une construction du XIVe ou XVe siècle.

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La voûte en berceau est d’une époque antérieure.
C’est un édifice en forme de croix latine, le chœur très profond étant fortement incliné vers le Nord.
Le transept, au centre du monument, supporte le clocher.
Dans les croisillons s’ouvrent les absidioles, simple travée chacune, l’une semi-circulaire, l’autre à chevet droit.
La nef est éclairée par de longues baies en lancettes très étroites.

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Toute la construction (chœur, nef, croisillons, transept) est recouverte de voûtes en berceau brisé.
La décoration est sommaire, à peine quelques corbelets aux figures grimaçantes ou quelques chapiteaux ornés de feuillages grossièrement sculptés.
Le clocher est une tour carrée dominant hautement l’église de sa double rangée d’arcatures.

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Les inférieures sont aveugles, mais la rangée supérieure présente dans chacune de ses faces une ouverture cintrée médiane, flanquée de deux plus petites placées à un niveau plus élevé.
L’ensemble, suivant les dires de R. Vallette et L. Charbonneau-Lassay, forme un des moins lourds et des mieux proportionnés parmi ces clochers carrés, sobres et sévères comme des donjons, que l’architecture monastique répandit dès le XIe siècle dans tout le Bas-Poitou et qui furent si souvent copiés depuis.

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Cette église est remarquable aussi par le nombre considérable de pierres tombales (99) qui forment le pavage.
Ces dalles proviennent du cimetière qui entourait l’église.
Aucune autre église n’en est aussi riche.
Taillées et sculptées dans le dur granit du pays, elles ont traversé les siècles, leur relief à peine émoussé par le temps.

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Les plus anciennes remontent au XIIIe siècle.
Certaines ne portent qu’un symbole rappelant la qualité du défunt : bouclier, épée, lance, ou bien calice, missel ouvert, croix plus ou moins ornée, ou encore un simple outil…
D’autres, qui sont en général plus récentes et ne remontent guère au-delà du XVIe siècle, sont décorées d’épitaphes ou de blasons.

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On peut voir aussi un superbe lavabo liturgique d’allure Gothique.
Enfin, une découverte assez récente (1948) vient de rehausser encore l’intérêt de cette vénérable église.
Classée Monument Historique, cette église est l’un des rares édifices à avoir conservé des traces de polychromies apportant une preuve supplémentaire que cette église, comme toutes les autres églises étaient peintes en polychromie à l’intérieur.

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Des peintures murales ont été mises à jour dans le mur Nord de la nef, racontant l’histoire de S. Joachim, d’après les Évangiles, Ancien Testament et des textes apocryphes, l’apparition de l’ange, la rencontre d’Anne et de Joachim sous la Porte dorée et la Présentation de Marie au Temple…
Une frise sépare ces scènes d’un registre supérieur montrant les travaux des saisons, mai, juin, juillet, août…

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Il s’agissait d’attirer les fidèles par les images.
Elles devaient enseigner les grands préceptes bibliques aux fidèles qui étaient dans l’incapacité de lire en leur rappelant sans cesse leurs devoirs envers l’Église.

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08 janvier 2021

LE VIEUX CHÂTEAU de Pouzauges.*

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"Monument historique", le Vieux Château médiéval domine le centre-ville et veille sur la Vendée.
Un imposant donjon et une courtine flanquée de tours et contreforts surplombent le paysage.
Les premières pierres datent du XIIe siècle.

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Après avoir appartenu aux seigneurs de Pouzauges, le château entre dans la famille du puissant vicomte de Thouars représentant le Duc de Poitou et d'Aquitaine.

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La dernière descendante, Catherine de Thouars, fut l'épouse de Gilles de Rais, seigneur de Tiffauges.
Érigé en baronnie, le château servit de prison puis fut confisqué à la Révolution.

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Aujourd'hui il ouvre ses portes et offre un panorama grandiose sur la Vendée.

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26 octobre 2020

Les moulins en Vendée.*

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Dès notre plus jeune âge, les moulins sont ancrés dans notre imaginaire et figurent dans des contes célèbres, comme ceux de Perrault "Le chat botté" ou d'Andersen "Le moulin du diable".
Les moulins sont emblématiques de l'histoire de Vendée Vallée, et sont tout particulièrement choyés.
Calmes et platoniques, les moulins à vent constituent le symbole de ce petit patrimoine qui a su traverser les siècles.

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Discrets, ils culminent souvent sur les promontoires les plus hauts du paysage, comme au Mont des Alouettes, sur les hauteurs des Herbiers.
Synonyme d'une activité rurale agricole riche, les moulins à vent servaient à moudre le grain pour le transformer en farine.
Durant la Guerre de Vendée, les paysans dispersés dans le bocage avaient besoin de communiquer entre eux.
Pourquoi ne pas utiliser les moulins ?

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Les meuniers envoyaient des messages de colline en colline en orientant les ailes des moulins selon un code avec quatre types de messages.
Danger proche, danger passé, rassemblement et repos.

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Cet usage leur a valu une destruction massive par les républicains menés par Turreau en octobre 1793.

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02 mars 2020

Le Bocage Vendéen

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La Vendée, une région essentiellement rurale, ne se réduit pas à une simple opposition entre campagne de l'intérieur et côte.
De même, cette terre, ensanglantée par les luttes fratricides entre bleus et blancs, est le produit d'une tradition séculaire dont chaque hameau et chaque métairie portent la marque.
Il y a, dans l'architecture rurale du Bas-Poitou, une certaine permanence des modes, des recettes, qui constituent l'un des traits fondamentaux de ce pays.
Le Bocage englobe la majeure partie septentrionale du département.
Dans cette contrée humide et austère, les roches cristallines dominent, essentiellement les granits gris ou rose, les schistes, ardoisiers ou micaschistes, qui contribuent à donner à l'habitation du "Bocquin" une tonalité sombre, que vient parfois égayer, dans les marches méridionales, l'emploi ponctuel de pierre calcaire claire provenant de la Plaine, notamment pour les éléments architectoniques.

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Cette partie de la Vendée est celle qui reste la plus attachée au souvenir des guerres de Vendée.
Longtemps pauvre, cette région n'a connu un certain essor qu'au siècle dernier.
Pays de grandes propriétés, le Bocage est pourtant très morcelé en petits hameaux, et en unités d'exploitation isolées, perchées sur un replat ou un mamelon ensoleillé.
La ferme ou la métairie du Bocage est généralement constituée par un ensemble de bâtiments ordonnés autour d'une vaste cour, parfois fermée par un porche traversant le bâtiment principal.
La maison d'habitation, qu'elle soit isolée ou prise dans un ensemble, a souvent un volume important, avec ou sans étage.

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Le plan en est simple, quadrangulaire, avec parfois une aile plus basse en retour, prolongée par un hangar ou une cave.
Les ouvertures sont rares et étroites, surtout dans le Haut-Bocage, et il n'est pas rare de rencontrer des logis dont seule la façade regardant le soleil soit percée de fenêtres.
Cette parcimonie dans l'aération des façades, alliée à l'absence quasi générale d'éléments d'architecture noble tels que corniches saillantes, linteaux ou jambages ornés, contribue à donner à l'habitat rural "bocquin" un aspect fruste et monolithique.

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Seule la tuile canal, appelée en Vendée "tige de botte", donne à ces constructions de moellons de schistes équarris une touche colorée.
Cette tuile canal est le plus souvent posée directement sur les têtes de murs-pignons sans déborder.
Ce n'est que vers la fin du siècle dernier que l'on a construit des fermes débordantes destinées à évacuer l'eau de ruissellement loin des murs.
Les bâtiments composant l'exploitation sont généralement de plan très simple, généralement rectangulaire. La grange est vaste et elle a souvent été augmentée d'un appentis servant de remise à outils, cellier et de l'autre côté, se trouvent les toits à cochons.

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Ces modes de construction du Bocage sont vraisemblablement anciens et se sont maintenus jusqu'à l'aube de notre siècle.

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