Puy Story

Histoire d'une région.

La bataille des saintes 1782

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Lors de sa deuxième expédition pour l’Amérique, que Christophe Colomb (1451-1506) découvre le petit archipel, le 4 novembre 1493, qu’il baptise "Los Santos", en référence à la fête de la Toussaint qui venait d’être célébrée.
Ce groupe d'îles est situé dans les Antilles, entre la Basse-Terre (Guadeloupe) et la Dominique.
L’archipel des Saintes a fait l’objet, à partir du 16ème et pour 3 siècles, d’illustres batailles de possession entre la France et l’Angleterre.
La bataille des Saintes se déroule du 9 avril au 12 avril 1782.

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Photo Nade

La flotte britannique, dirigée par George Rodney (13.02.1718-24.05.1792), fut envoyée sur place les contrecarrer et attaquer la flotte française, dirigée par le comte de Grasse (13.09.1722-11.01.1788), qui protégeait un convoi marchand et qui se préparait à envahir la Jamaïque.
Le 07 avril 1792, la flotte française se composait de 35 navires de ligne, dont 2 armés de 50 canons, et un grand convoi de plus de 100 navires de transport.
Le 9 avril, de Grasse ordonne au convoi se réfugier en Guadeloupe et fait mettre ses navires en ordre de bataille pour couvrir leur retraite.

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Photo Nade

Baptisée le Trafalgar antillais, elle sera le point final à la Guerre d’Indépendance de l’Amérique.
Malgré la défaite de la flotte française, commandée par le Comte de Grasse, l’Angleterre lors du traité de Versailles, en 1783, reconnait l’indépendance des Etats-Unis et est obligée de restituer à la France certains territoires.

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Après Yorktown, l'indépendance des jeunes Etats-Unis était assurée, cependant la France et la Grande-Bretagne s'affrontaient toujours dans les Caraïbes à propos des territoires coloniaux.
La victoire des Saintes redora le blason de la Royal Navy dans les Antilles, mais ce ne fut que provisoire.
Au début d'avril 1782, elle rencontra effectivement celle de l'amiral de Grasse au nord de la Dominique, près d'un groupe d'îles appelé les Saintes.

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Après quelques manœuvres initiales et affrontements mineurs, la bataille proprement dite eut lieu le 12 avril, opposant les 36 navires anglais aux 30 français restant.
Au début de l'engagement, les deux flottes se positionnèrent parallèlement l'une à l'autre.
Les Britanniques lâchèrent de meilleures bordées, afin de briser la ligne de la flotte française.
La manœuvre fut couronnée de succès car une partie de l'armement anglais était équipée de nouveaux systèmes de mise à feu.

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La ligne française présentait également un certain relâchement et Rodney exploita un brusque changement de direction du vent pour l'enfoncer et tirer sur les bâtiments placés de part et d'autre et sur courte distance, leurs canons (des caronades) étaient particulièrement efficaces.
D'autres navires britanniques imitèrent leur capitaine et les Français perdirent toute formation, durement éprouvés au cœur de la mêlée.
Quelques bâtiments français tentèrent de virer de bord ce qui rompit l'ordre de bataille.

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Le combat fut particulièrement acharné et dura plus de cinq heures.
Grasse, ayant épuisé toutes ses munitions, fit tirer une dernière salve en chargeant quelques canons avec sa vaisselle d'argent puis se rendit.
Son vaisseau n'était plus qu'un ponton sanglant et démâté.
Le César (74 canons), capturé par les Britanniques, explosa à la tombée de la nuit.
Ce sacrifice n'avait cependant pas été inutile car le reste de l'escadre put s'enfuir.
De Grasse et son navire amiral se rendirent en fin de journée.

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400 hommes de son équipage avaient été tués.
Quatre autres vaisseaux français furent également capturés.
La victoire aurait pu être totale si Rodney, amiral assez conservateur, avait organisé une poursuite plus vigoureuse du reste de la flotte française.
Il n’a jamais été élucidé si Rodney a coupé les lignes françaises par tactique ou si ce n’est pas plutôt le vent qui a induit la manœuvre.
La question de savoir pourquoi les navires français n’ont pas été poursuivis reste aussi sans réponse.

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Les pertes furent :
Britanniques, aucun navire perdu, 1000 morts ou blessés.
Français, 4 navires capturés, 1 détruit, 5000 morts, blessés ou prisonniers.
De retour à Versailles, de Grasse pour se justifier accusa ses deux chefs d’escadre Vaudreuil (1724-1802) et Bougainville (1729 - 1811) d’avoir désobéi à ses ordres.
D’où un Conseil de guerre ordonné par Louis XVI (1754 - 1793).
Trois cent quatre survivants vont témoigner à Lorient, où chacun essayera de justifier sa conduite.
Après trois mois de délibérations, seul Bougainville est condamné, tous les autres officiers sont absous.

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De Grasse est le grand perdant de ce procès, il lui sera interdit de monter sur un vaisseau et il subira pendant plus d’un siècle l’opprobre de la Marine française.
En revanche, les Américains et Washington lui rendirent toujours hommage.

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Photo Nade

Charette de la Contrie (1763 - 1796) embarqué sur le "CLAIRVOYANT" participe à la bataille des SAINTES.
De Grasse donnera l’ordre à la frégate "l’Astrée", commandée par La Pérouse (1741 - 1788), de le prendre en remorque et de le convoyer aux Antilles.

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7 novembre 1793 : Département Vengé

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Un changement imposé par la Convention montagnarde.
En 1793 commence la Terreur.
Les Montagnards, un groupe de députés de l'Assemblée constituante, mettent en place une dictature révolutionnaire de crise et décident d'une levée en masse pour renflouer l'armée.
Une décision qui passe mal dans les campagnes.
En Vendée, une révolte paysanne éclate.

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C'est le début de la guerre de Vendée, qui oppose républicains et royalistes (1793-1796).
Prêts à tout pour ramener le calme, les Montagnards jurent de supprimer la Vendée.
Le 7 novembre 1793, le département est nommé "Vengé".
Un nom issu de "vengeur", autre appellation du bourreau qui manœuvre la guillotine...
C'est entre 1793 et 1795, que la Vendée sera nommée "Vengé".

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La Vendée porte à cette époque le n° 79.
Parler de génocide vendéen était et est pourtant justifié.
C'est Bertrand Barrère qui demandait à la tribune, en avril 1793, d’exterminer les Vendéens, répondant à trois lois votées à l’unanimité par la Convention, cette assemblée de furieux :
– La loi du 1er août 1793 qui " conceptualise l’anéantissement matériel de la Vendée et la déportation des femmes, des enfants, des vieillards".
– La loi du 1er octobre 1793 qui a pour objectif de "régler définitivement la question vendéenne".
– La loi du 8 novembre 1793 qui "débaptise la Vendée, laquelle devient le département Vengé".

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Cette dénomination imposée par décret de la Convention à la fin de l’année 1793 devait effacer de la mémoire des hommes celui de "Vendée", entaché de tous les crimes aux yeux des révolutionnaires.
C'est le 18 brumaire an II (8 novembre 1793), que la Convention nationale vote un "décret relatif au ci-devant département appelé la Vendée, lequel se nommera désormais le département Vengé" (article Ier).
Au même moment, plusieurs communes ou lieux vendéens sont rebaptisés.

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Le texte prévoyait d’autre part de confisquer tous les biens des rebelles pour les distribuer aux patriotes locaux (article IV), mais aussi aux réfugiés républicains venus des frontières de l’Est (article V) et aux familles pauvres, que les autres départements étaient invités à envoyer en Vendée pour y recevoir une propriété (article VI).
Ce nom de "Département Vengé" n’a guère connu de succès dans la pratique, pas plus que les noms déchristianisés des communes vendéennes.
On le trouve cependant sur quelques cartes, extraite d’un triptyque "des départements Vengé, des Deux-Sèvres et de la Vienne".

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Cet événement est un des épisodes de la Guerre de Vendée, commencée en 1793 opposant le pouvoir central et une région où le vote par la Convention nationale d'une levée en masse de 300.000 hommes pour combattre les ennemis de la Révolution française, le 24 février 1793 provoquant ainsi un soulèvement populaire.
CONVENTION NATIONALE du 18 brumaire an II (8 novembre 1793).
Décret relatif au ci-devant département appelé la Vendée, lequel se nommera désormais le département Vengé.

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La Convention Nationale, décrète les articles :
I. Le département ci-devant appelé de la Vendée se nommera désormais le département Vengé.
II. Toutes les séparations des héritages, soit sellés ou haies, seront détruits par les anciens ou nouveaux propriétaires, dans l'espace de six mois, et seront remplacés par de simples bornes.
III. Deux représentants du peuple se transporteront à Nantes et dans toutes les villes de la Vendée, y prendront l'état des héritages possédés ci-devant par les rebelles et tous ceux qui, ayant pris part à la guerre de la Vendée n'ont point abjuré leur erreur.
IV. Ces héritages seront distribués à des cultivateurs restés fidèles dans le pays, et qui ont droit à des indemnités.
V. Aux réfugiés de l'Allemagne qui ont abandonné leurs propriétés pour cause de patriotisme.
VI. Les départements enverront dans la Vendée, près des représentants du peuple, une famille de cultivateurs infortunés par canton, pour y recevoir une partie de terre à y cultiver en propriété.
Les départements leur fourniront les moyens de ce rendre dans le pays, et les frais avancés par eux leur seront remboursés par le trésor national.
VII. La Convention Nationale charge les représentants qu'elle nommera des mesures de détail, et enjoint aux départements de mettre la plus grande diligence dans l'exécution de celles qui leur sont confiées.

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Les Lucs-sur-Boulogne et les Colonnes infernales (3/3)

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Que s'est-il passé aux Lucs-sur-Boulogne à la fin de février 1794 ?
Réponse : un épouvantable massacre.
Comment s'est-il déroulé ?
L'historien a le devoir de l'attester : nous l'ignorons.
Nous sommes informés de l'identité des victimes et même de leur âge.
Nul ne saura jamais dans quelles conditions on les a fait mourir.
Si en d'autres lieux, des survivants ont pu témoigner, ici aucun ne l'a fait.
Aucun.

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Aux Lucs-sur-Boulogne, ce sont les chiffres qui parlent : plus de cinq cents personnes, des hommes, des femmes, des enfants - surtout des femmes et des enfants - ont été massacrés par les deux colonnes du général Cordelier.
Elles arrivent, ces colonnes.
Elles approchent par ces chemins creux où l'on est vu sans jamais voir ceux qui, tapis derrière les haies, vous regardent.
Un chef vendéen obsède littéralement les généraux de la République : Charette.
L'ordre a été donné de lui courir sus.
Il est signalé, le 17 février, comme se trouvant aux Petit et Grand-Luc.
Turreau lui-même veut être là pour l'attaque.

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Le 22 février, les colonnes se ruent.
Turreau écrit au Comité de Salut public :
"J'ai vu enfin M. Charette en personne, à la tête de quelques tirailleurs, masqués par une haie".
Il n'a fait que le voir.
Charette s'est dérobé.
Le 28 février 1794, les colonnes du général Cordelier partent des landes de Boisjarry en direction des Lues.
Une colonne traverse la rivière au moulin de l'Audrenière.
Elle tourne vers le sud et se déploie pour remonter la rive gauche de la Boulogne en direction du Grand-Luc.
Au même moment, la colonne du commandant Martincourt s'avance sur la rive droite vers le Chef-du-
Pont et le Petit-Luc.

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Cordelier, persuadé que "Charette est aux abois" – ce sont ses propres termes - fait savoir, le même jour, que ses colonnes vont "exécuter de concert l'attaque du Grand et Petit Luc".
C'est tout ce que nous disent les rapports officiels.
Et nous n'aurions rien su de ce qui s'est ensuivi, si le curé Barbedette n'était revenu dans sa paroisse Saint-Pierre du Grand Luc quelques jours plus tard.
Avec un acharnement qui nous bouleverse, il a tenu, en s'aidant du témoignage de quelques survivants, à relever l'identité de ceux dont les cadavres pourrissaient à l'abandon.

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Il faut que vous l'entendiez, le curé Barbedette énoncer par ma voix les dernières lignes de la terrible liste qu'il a dressée et qui témoigne devant l'Histoire :
"Lesquels noms ci-dessus des personnes massacrées en divers lieux de la paroisse du Grand Luc m'ont été référés par les parents échappés au massacre, pour y être inscrits sur le présent registre, autant qu'il a été possible de les recueillir dans un temps de persécution la plus atroce, les corps ayant été plus d'un mois sans être inhumés, dans les champs de chaque village du Luc.
Ce que j'atteste comme trop véritable après avoir été témoin oculaire de ces horreurs et plusieurs fois exposé à en être aussi la victime.
Ce 30 mars 1794", signé C. Barbedette, curé de Saint-Pierre-du-Luc.
Point d'autres preuves écrites ?

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Si.
Un républicain qui marchait à la suite des légions.
Il s'appelait Chapelain - tenait son journal.
Voici ce qu'il a écrit ce jour-là :
"Journée fatigante, mais fructueuse.
Pas de résistance.
Nous avons pu décalotter toute une nichée de calotins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme.

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Nos colonnes ont progressé normalement".
Le manuscrit du curé Barbedette dormira quatre-vingts ans dans un grenier.
Quand on le découvrira, certains, de la famille "bleu", crieront à l'imposture.
Ils ne voudront pas croire à tant de barbarie.
Assurément c'est un faux !
En revanche des historiens "blancs" brandiront la liste comme une machine de guerre.
Aujourd'hui - il faut que vous le sachiez, le doute n'est plus permis.
Les archives ont parlé.
Les chercheurs ont prononcé.
Les ultimes épreuves viennent d'être apportées dans un travail définitif par Monsieur Pierre Marambaud.
La liste du curé Barbedette contient 564 noms.
559 ont été confirmés par d'autres sources.
L'effroi glace notre âme lorsque nous découvrons parmi eux les noms de cent dix enfants "de sept ans et au-dessous".

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Au village, le cri a retenti : les Bleus arrivent ! Trop tard : ils sont là.
Et ce sont les portes que l'on enfonce, les femmes qui hurlent, celles qui crispent leurs mains sur leur chapelet et s'agenouillent pour mourir, celles qui couvrent leurs enfants de leur corps.
Les hommes impuissants qui serrent les poings ou cherchent en vain une arme.
Et les Bleus qui déferlent en jurant de toutes leurs forces, comme pour mieux accomplir la sale besogne.
Le galop de ceux qui fuient.
Les petits que l'on entraîne.
Les sanglots.
Les cris qui s'achèvent en gémissement d'agonie.
Ceux qui se cachent, ceux que l'on trouve.
Les baïonnettes qui se lèvent, qui frappent, qui fouillent, qui éventrent, qui égorgent.
Les supplications inutiles, les jurons des tueurs qui redoublent.
Ceux que l'on achève.
Ceux qui mettront des heures à mourir.

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Et les flammes qui se lèvent, qui ronflent, qui dévorent tout, les maisons, le bétail, les meubles, les bardes et aussi ceux qui avaient cru sauver leur vie en se glissant dans quelque soupente.
Le feu, le sang, les larmes.
Il y a deux siècles de cela.
Vous ne seriez pas morts pour rien, enfants des Luc-sur-Boulogne, si l'image et le souvenir de vos petits corps martyrisés pouvaient arrêter les bras qui se lèveraient encore pour commettre de tels crimes.
Rien ne les excuse, rien ne les excusera jamais car ils font régresser le genre humain.
Il faut sans cesse qu'ils soient rappelés à ceux qui nous suivront.
Même lorsque les bourreaux, aux yeux enfin dessillés, pleureront un jour sur leur barbarie.
Même lorsque les fils des victimes, sans oublier, voudront accorder leur pardon à leurs frères égarés.

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Extrait du Discours d'Alain Decaux de l'Académie Française, le 25 septembre 1993.

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CÉLESTE JULIE MICHÈLE "BULKELEY"

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L'élégance au service de la cause !!
Voir l'article : 
http://www.puystory.fr/archives/2017/08/07/33769086.html

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Les Lucs-sur-Boulogne et les Colonnes infernales (2/3)

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Elles foncent d'est en ouest, les Colonnes infernales.
Comme Turreau l'a voulu.
Chacun de leurs chefs connaît sa mission : il faut anéantir la Vendée et les Vendéens.
Peu de temps plus tard, Gracchus Babeuf le comprendra le premier en inventant le mot :

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On a voulu dépopulationner la Vendée.
La Vendée flambe.
Les Vendéens meurent.
Les responsables rendent compte.
Le général Grignon :
"Cela va bien, nous en tuons plus de cent par jour..."
Le général Cordelier - retenez bien ce nom :
"J'avais ordonné de passer au fil de la baïonnette tous les scélérats qu'on aurait pu rencontrer et de brûler les métairies.
Mes ordres ont été ponctuellement exécutés et, dans ce moment, quarante métairies éclairent la campagne...
J'ai fait passer derrière la haie - cela veut dire fusiller - environ six cents particuliers des deux sexes!...".

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Le général Duquesnoy : "J'ai brûlé et égorgé tous les habitants que j'ai trouvé."
L'adjudant commandant Névy : "J'ai brûlé et cassé la tête à l'ordinaire."
On tue.
On brûle.
Les rapports s'accumulent au quartier général de Turreau.
Le général Avril : "J'ai couché les insurgés de Saint-Lyphard par terre au nombre de cent...
Il en a été grillé une quantité dans les brûlis de toutes les maisons du faubourg."
Ces insurgés ont-ils tous pris les armes ?
S'agit-il des "brigands" dénoncés par les textes officiels ?
Nullement.

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Ce sont des habitants restés dans leurs villages et qui précisément n'ont pas voulu accompagner au-delà de la Loire ceux qui avaient plus de raisons qu'eux de redouter les Bleus.
Pas de quartier : ce sont les ordres.
Turreau a hésité quant au sort à réserver aux femmes et aux enfants.
Il a cherché à obtenir un blanc seing du Comité de Salut public :
"S'il faut les passer tous au fil de l'épée, je ne puis exécuter une pareille mesure sans un arrêté qui mette à couvert ma responsabilité."
Le Comité a préféré ne pas répondre.

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Les témoignages les plus accablants émanent souvent des rangs de l'armée républicaine.
Celui du régisseur général Beaudesson :
"Voulant connaître et m'assurer par moi-même s'il restait encore des subsistances à enlever des maisons éparses çà et là à moitié brûlées, je me transportai dans quelques-unes.
Mais qu'y trouvai-je ?
Des pères, des mères, des enfants de tout âge et de tout sexe, baignés dans leur sang, nus et dans des postures que l'âme la plus féroce ne pourrait envisager sans frémissement.
L'esprit se trouble même en y pensant."
Nombre de ceux qui ont été les artisans de cette monstruosité se sont engagés à l'appel de Danton pour défendre la patrie.

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Il y a des paysans parmi ceux qui massacrent ces paysans.
Des artisans parmi ceux qui exterminent les artisans.
Des bourgeois qui tuent d'autres bourgeois et même des nobles pour commander l'extermination de ceux qui se battent pour le Roi.
Ils étaient entrés en Belgique ou en Rhénanie.
On leur avait jeté des fleurs.
On ne les traitait pas comme des conquérants mais comme les ambassadeurs de la liberté.
Maintenant ils éventraient les femmes et embrochaient les enfants à la mamelle.
Pourquoi ?
Peut-être un des acteurs de cette horreur sans nom va-t-il hasarder pour nous l'esquisse d'une impossible réponse.
Il est capitaine.
Il s'appelle Dupuy.
Il appartient
- impossible d'inventer un tel détail - au bataillon de la Liberté !
Il écrit à sa sœur :
"Partout où nous passons, nous portons la flamme et la mort.
L'âge, le sexe, rien n'est respecté.
Hier un de nos détachements brûla un village.

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Un volontaire tua ce matin trois femmes.
C'est atroce mais le salut de la République l'exige impérieusement..."
Il a horreur de ce qu'il fait, mais il le fait, parce qu'on lui a dit qu'il fallait le faire.
Et il ajoute : on croit entendre le soupir qu'il pousse alors même que sa plume trace les mots - :
"Quelle guerre !".
Cependant Turreau s'inquiète.
Il a instamment demandé au Comité de Salut public si son plan reflétait bien les intentions de la Convention nationale.
On n'a pas daigné lui répondre.
Il a insisté.
Cette fois avec succès.
On l'imagine décachetant fébrilement le pli scellé aux armes de la République.
Que lit-il ?
Ceci :
"Tu te plains de n'avoir pas reçu du Comité une approbation formelle de tes mesures.
Elles lui paraissent bonnes, et tes intentions pures.
Mais, éloigné du théâtre des opérations, il attend les grands résultats pour se prononcer dans une matière où on l'a trompé tant de fois, ainsi que la Convention nationale."
Ainsi on le jugera selon qu'il aura ou non réussi.

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Certes, un peu plus loin, on lui conseille d'exterminer de son mieux les brigands.
Mais, en ce temps-là, les généraux républicains qui échouent sont guillotinés.
Turreau en tire cette conclusion qu'il faut redoubler d'énergie.
Ce qui veut dire de férocité. Brûler, brûler, brûler davantage encore.
Et tuer, tuer, tuer.
Un village - plus que tous les autres - va payer le prix de cette implacable résolution.
Son nom ?
Les Lucs-sur-Boulogne.

 

Extrait du Discours d'Alain Decaux de l'Académie Française, le 25 septembre 1993.

 

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La Vendée ?

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La Vendée est une invention de la Révolution française, affirme l'écrivain vendéen, Michel Ragon (1924-….).
Pas parce que l'Assemblée constituante l'a érigée en département le 26 janvier 1790, mais parce que c'est la Convention qui en a fait un symbole, en 1793.
L'Assemblée constituante supprime, ainsi que toutes les autres du royaume de France, la province de Poitou.

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Initialement il est prévu de découper le Poitou en seulement deux départements, calqués sur le haut et le bas de la province abolie.
Mais, le nouveau découpage érige le Bas-Poitou en département de la Vendée, qui en conserve les limites et le haut-Poitou sera séparé en deux parties, les Deux-Sèvres et la Vienne.
Mais revenons à la Vendée.
Quel nom va-t-on donner à ce nouveau bébé de la Révolution ?
Pourquoi ne serait-il pas baptisé, comme la plupart de ses frères, en fonction d'un fleuve ou d'une rivière passant par là ?

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C'est le cas de tous les départements limitrophes : Loire-Inférieure (devenue Atlantique), Maine-et-Loire, Deux-Sèvres (Nantaise et Niortaise) et Charente-inférieure (actuellement Maritime) ?
C'est le cas également de la Vienne, dont l'ancienne capitale du Poitou est le chef-lieu.
Les législateurs pensent donc tout naturellement à un fleuve côtier qui coule au milieu du département, né de la confluence de deux rivières venant du Bocage, le Grand et le Petit Lay.
Le Bas-Poitou devrait devenir le département des Deux-Lay.
Mais il y a un problème.
La disgrâce physique trop marquée de deux de ses représentants, fournissant prétexte à jeux de mots, y fit renoncer.
Le choix se porte alors sur une modeste rivière qui coule au sud du département pour se jeter dans la Sèvre Niortaise, et qui présente l'avantage aux yeux des députés fontenaisiens de traverser leur ville.

Adjugé ! La Vendée est née.

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À peine créée, la Vendée est sortie de ses limites départementales pour donner son nom à un soulèvement populaire touchant trois anciennes provinces, quatre nouveaux départements, six cents paroisses.
Le concept est repris depuis plus de deux siècles, de Napoléon (1769-1821) à Lénine (1870-1924), de Burke (1729-1797) à Jaurès (1859-1914), de Babeuf (1760-1797) à Soljénitsyne (1918-2008), afin d'illustrer, pour les uns la quintessence de la contre-révolution, pour les autres le rejet du totalitarisme sous toutes ses formes.

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Lorsque Bertrand Barère (1755-1841) monte à la tribune de la Convention le 1er octobre 1793 en clamant "Détruisez la Vendée !", c'est pour présenter, au nom du Comité de salut public, un nouveau décret relatif à l'insurrection vendéenne et instaurer la terreur.
Mais la Vendée tient en échec depuis plus de six mois une République menacée sur toutes ses frontières extérieures.
En prenant la parole, le député des Hautes-Pyrénées, régicide (qui cautionne ou est coupable de l'assassinat d'un roi ou d'un monarque) à qui son éloquence lui vaut le surnom "d'Anacréon de la guillotine", ne sait pas que son apostrophe contre la "Vendée militaire" va entrer dans l'histoire :

12 La bataille du Mons

"Détruisez la Vendée et Valenciennes ne sera plus au pouvoir des Autrichiens.
Détruisez la Vendée et le Rhin sera délivré des Prussiens.
Détruisez la Vendée et l'Anglais ne s'occupera plus de Dunkerque.
Détruisez la Vendée et l'Espagne sera morcelée et conquise par les Méridionaux !...
Détruisez la Vendée et Toulon s'insurgera contre les Espagnols et les Anglais, Lyon ne résistera plus.
La Vendée, et encore la Vendée, voilà le chancre qui dévore le cœur de la République.
C'est là qu'il faut frapper !"

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Depuis plus de deux siècles, la Vendée est une énigme qui laisse perplexes historiens, sociologues, observateurs en tous genres.
Une sorte de scandale, parce qu'incompréhensible pour les esprits rationalistes qui voudraient la faire entrer dans un cadre préconçu et qui n'y parviennent pas.
"Il nous faut des Vendée", assène Lénine pour justifier la mise en place d'un régime policier en Russie, en 1920.
Et, 73 ans plus tard, c'est en Vendée que Soljénitsyne vient dénoncer la violence totalitaire.

Retrouvez l'intégralité de son discours sur :
www.puystory.com

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Céleste Julie Michèle "Bulkeley"

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Céleste Julie Michèle "Bulkeley", née "Talour de La Cartrie".
Elle est la fille de Guy Barthélemy Talour de la Cartrie et de Jeanne Ollivier (1712-xxxx).
Ses parents habitaient le château de la Villenière à la Pouëze en Anjou.
Née à Angers en 14 mai 1753, décédée le 13 mars 1832 à l'âge de 79 ans.
Elle fut une femme très courageuse, méprisant le danger et têtue dans ses convictions.
Elle se mariera 4 fois.
Son premier mariage fut célébré le 31 mai 1779 avec Louis Henri Marie Chappot de la Brossardière (1753-1785).
Il décéda la sixième année de leur mariage en 1779, laissant une fille Marguerite Ambroise Céleste Aminthe CHAPPOT (31 mars 1781- 10 février 1794).
Le 20 novembre 1786, elle épousa en deuxième noce le lieutenant William de Bulkeley (1766-1794) de nationalité irlandaise, appartenant au régiment Walsh-Serrant (régiment d’infanterie irlandais du Royaume de France créé en 1697) en garnison à l’Ile d'Oléron.

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Le couple Bulkeley combattit les armées de la République pendant l’insurrection vendéenne.
En 1793, ils furent arrêtés par les soldats républicains à la fin de la Virée de Galerne‎ (18 octobre au 23 décembre 1793) à "Le Loroux Bottereau" ainsi que leur fille de 12 ans et leur femme de chambre et furent amenés et incarcérés à Angers.
Ils furent condamnés tous les quatre à mort.
Deux furent guillotinés en janvier 1794 et sa fille morte du typhus.
Son époux la sauvera en justifiant à l'autorité une grossesse.

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Céleste Bulkeley échappa de justesse à la guillotine et obtient un sursis grâce à une fausse déclaration de grossesse.
Le sursis accordé lui fait traverser la "Terreur", mais la laisse absolument seule.
C’est auprès de Charette que la comtesse trouve refuge.
Elle était l’une des fougueuses amazones de François-Athanase Charette de La Contrie.
Suivant les expéditions, elle prit part aux terribles luttes et reçu deux coups de sabre à Torfou, se battit à Mortagne et à Saint Fulgent.

Madame de Bulkeley

L’image de cette femme couvrant la retraite des royalistes, armée d’une épée et d’un pistolet, est restée légendaire dans les manuels scolaires.
En rejoignant Charette, elle a retrouvé auprès de lui des dames et des demoiselles, nobles ou roturières, restées dans la légende sous l’appellation générique d' "amazones de Charrette" et dont certaines méritaient ce titre grâce à leurs incontestables faits d’armes.

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Elle ne rendra définitivement les armes qu’après la mort du général, le 29 mars 1796.
Le 19 septembre 1797, elle épousa le 19 septembre 1797, Jacques Thoreau de Touchardière (1766-1798) et finalement le 9 janvier 1803 le Capitaine François Pissière (1769-xxxx).

Posté par Puystory à 00:15 - Dernier Panache - Commentaires [6] -

Le Dernier Panache du Puy du Fou

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Le 16 novembre 2016 le "Dernier Panache" est sacré "Meilleure création Mondiale" par THEA AWARD.

Posté par Puystory à 18:33 - Dernier Panache - Commentaires [2] -

Acteurs au "Dernier Panache" du Puy du Fou.

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Les personnes qui me questionnent….
"Mais ça doit te lasser de faire le même spectacle tous les jours pendant tant de temps".

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Ils ne se rendent pas compte de quel bonheur c'est de travailler dans le domaine qu'on aime.

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Tu arrives le matin avec le sourire aux lèvres, prêt à découvrir quels rôles tu vas interpréter.

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Le spectacle commence et ça y est, tu n'es plus toi-même, tu entres dans cette époque et là, tu deviens ton personnage.

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Tu le vis à fond, comme si tu étais plongé dans l'histoire et surtout pour que le publique soit aussi concerné par les événements présentés.

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Même si on a fait ce spectacle au moins 700 fois, c'était 700 fois différents et puis….je reviendrais et je continuerais, car j'aime ça tout simplement.

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On ne peut rêver mieux.

Texte de Julie Hulewicz (actrice au "Dernier Panache).

Posté par Puystory à 00:01 - Dernier Panache - Commentaires [1] -

Le Dernier Panache (Puy du Fou).

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Jamais le Puy du Fou n'avait vu aussi grand !
En 2016, une salle de spectacle incroyable sort de terre pour donner naissance à la nouvelle création originale du Puy du Fou :

Le Dernier Panache !

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Suivez le destin glorieux d'un officier de marine français, héros de la Guerre d'Indépendance Américaine, dont la vie va basculer en 1793 dans un ultime combat pour la liberté ! 

Le Dernier Panache, dernière création originale du Puy du Fou, est le 20ème spectacle proposé au Grand Parc.

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Après les Romains, les Vikings, les rapaces, les Mousquetaires, ou encore les soldats de la Grand Guerre, les spectateurs découvrent les héros du XVIIIème siècle, de la Guerre d’Amérique à la Révolution Française.

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Posté par Puystory à 11:31 - Dernier Panache - Commentaires [1] -