Puy Story

14 juin 2022

La cabosse

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La cabosse est le fruit du cacaoyer  pour les fèves de chocolat.
C'est une baie qui contient de 15 à 40 graines.
Après fermentation et torréfaction, ces graines sont utilisées pour la fabrication du cacao et du chocolat.
La cabosse, dans le vieux langage, faisait aussi référence à une contusion, à une bosse ou à une meurtrissure.

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Dans le spectacle du "Dernier Panache", on assiste à la "Danse des Cabosses" qui représente des personnes qui n'ont pas eu une vie facile, qui ont subi beaucoup d'épreuves.
Charrette aimait danser et la fête.
A la vieille d'un combat, la danse et l'amour étaient de bons exutoires à la violence à venir.

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A chaque victoire, Charrette organisait un bal, notamment à son quartier général de Legé.
Très technique, la "Danse des Cabosses" nécessite de danser... avec des sabots.
Et en l’écoutant, même les plus timides et les moins adroits sont pris d’une irrépressible envie de danser !

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31 mai 2022

La messagère

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La messagère Jeanne Marie Andrée Lourdais
Née à Domalain le 15 mars 1762, et décédée à La Gaubretière dans la nuit du jeudi le 30 octobre 1856 (95 ans).
Fille d'André Lourdais et de Renée Roussel. 
Marie Lourdais n’était pas originaire du pays.
Elle venait de Domalain, une petite paroisse du pays de Vitré (Bretagne), et s’était retrouvée dans le bourg de La Gaubretière où elle tenait une épicerie.

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Durant la révolution, profondément religieuse et monarchiste, elle gagna la Vendée afin de secourir les prêtres réfractaires et devint très vite une espionne aux services de Sapinaud et de Charette de La Contrie.
Pour accomplir sa mission, elle troque son costume poitevin, un peu lourd, contre la robe accorte et la coiffe coquette des femmes nantaises.

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La messagère des chefs vendéens, passait ainsi  les postes républicains sans éveiller les soupçons, grâce à sa mine paysanne et au ballot de mercerie qu'elle portait dans sa hotte.
Nul ne prêtait attention à cette pauvre femme ployant sous le poids de son lourd baluchon, pas même les Bleus qui la croisaient au détour des chemins sans se douter un seul instant qu’ils laissaient filer la messagère de Charette et de Sapinaud.

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Le général Charette, connaissait son audace et son intrépidité, il  jugea au premier coup d'œil celle qu'il appela dès lors, à la grande joie de l'humble femme, "Ma Bretonne !".
Il l'attacha au service de l'armée et lui confia les missions les plus graves, celles où il faut autant d'adresse et de sang-froid que de courage et de résistance.
Il l'envoyait d'un corps d'armée à l'autre, d'une extrémité à l'autre de la Vendée, de Montaigu à Fontenay, de Cholet à Luçon, de Belleville à Noirmoutier.

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Elle parcourait parfois quinze lieues (+/- 72 km) en un jour avec des lettres, cachées dans la doublure de sa coiffe, qui valaient pour elle, en cas qu'on les découvrît, un arrêt de mort.
Il la chargea même d'y porter une lettre au généralissime d'Elbée.
Puis elle rapporta de la même façon la réponse du généralissime à Charette.

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Elle chemina sans répit, tantôt à travers les pâtures à demi-submergées du Marais, tantôt parmi les forêts de Grand'Lande ou de Machecoul, ou bien dans les chemins encaissés et les taillis presque impénétrables du Bocage.
Après les combats, elle pansait les blessés, leur procurait une bonne cache, les fournissait de fruits, de pain, mendiés chez les fermiers bien pensants et n’eut de cesse de porter secours aux prêtres proscrits, s'oubliant elle-même pour secourir les autres.

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Après la guerre, Marie Lourdais fut recueillie par Madame de Buor née Marie-Aimée Baudouyn de Lansonnière  (1752-1829) en récompense des nombreux services qu’elle lui avait rendus, et avec laquelle elle revint s’établir à La Gaubretière.
 

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06 août 2021

Mais qui est "Las Cases" ?*

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Dans le spectacle "Le Dernier panache", Napoléon s'adresse à Las Cases :
"Écrivez Las Cases : J'aurais voulu l'avoir à mes côtés ce Charette, il me donne l'impression d'un grand caractère, il laisse percer du génie ..."
Mais qui est "Las Cases" ?
Emmanuel-Augustin-Dieudonné-Joseph, comte de Las Cases était un historien français.
Il est l’un des compagnons d’exil de Napoléon à St-Hélène.
Le nom de "Las Cases" en Espagne (dans l’entourage de Christophe Colomb), et en France (dans les armées de Louis XII et de François Ier) apparaît tout au long de l’histoire.
Né le 21 juin 1766 sur la commune de Blan, lieu-dit Las Cases, situé entre Castres et Revel dans le Tarn, décédé le 14 mai 1842 à Passy, il appartenait à une famille d’origine espagnole qui se vantait de compter parmi ces ancêtres, (l’apôtre des Indiens), le vénérable Barthélémy de Las Cases (1474-1512) de l’Ordre des Prêcheurs.
L’antique famille de Las Cases s’était illustrée au XIIe siècle dans la lutte contre les Maures.
Il entra tout jeune dans la marine et parvint à 23 ans au grade de lieutenant de vaisseau.
Après avoir fait de bonnes études à Vendôme (aujourd’hui Lycée Ronsard) chez les Oratoriens, il est admis en 1780 à l’Ecole militaire de Paris, comme cadet gentilhomme et ensuite, il entra dans la marine comme aspirant, où sa petite taille (1,60 mètre) le fait remarquer.

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Comme aspirant, il suit les cours de l’Ecole d’application navale de Brest, où il se spécialise dans les techniques de la cartographie.
Embarqué, à bord de l’Actif faisant partie de la flotte de la Motte-Picquet (1720-1791), il participe au blocus de Gibraltar (1779-1783) et à divers combats contre les navires anglais.
Il sert, durant les dernières années de la Guerre d’Indépendance américaine, brillamment dans la marine du roi, en particulier aux Antilles.
Au rétablissement de la paix, il entreprit des voyages scientifiques avec Lapérouse (1741-1788).
Lorsque survient la Révolution, il choisit en 1790 d’émigrer et de rejoindre l’armée de Condé à Coblence.
Il y est déçu par l’accueil qui lui est fait et par les querelles entre émigrés.
Après la dissolution de cette armée, suite à la bataille de Valmy du 20 septembre 1792, Las Cases se rend en Angleterre, participe à la préparation de l’expédition de Quiberon, débarque à l’île d’Yeu.
Après l’échec de cette expédition, il peut réembarquer et revenir en Angleterre.
A Londres, il travaille à la rédaction d’un atlas géographique et donne des leçons.
C’est à cette occasion qu’il noue une fidèle amitié avec l’épouse du riche baronet Thomes Clavering " une jolie lady française".

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Il remporte un grand succès en Angleterre en 1802, après la publication, sous le pseudonyme de A.Lesage, d’un Atlas historique, généalogique, chronologique et géographique.
Cet ouvrage connaîtra le même succès en France, puisqu’à partir de 1803, une édition paraîtra chaque année.
En 1812, il effectue une mission d’inspection des dépôts de mendicité et des prisons qui lui fera proposer d’utiles réformes à Napoléon.
Au printemps 1814, il participe à la défense de Paris comme chef de bataillon à la 10e légion, sous Moncey. (1754-1842).
Après l’abdication de Napoléon (1769-1821), il refuse de siéger au Conseil d’Etat et rejoint Londres.
Au retour de l’Aigle, Las Cases est aux Tuileries dès le 21 mars 1815.
Dès le 24 mars 1815, il retrouve ses fonctions de chambellan et de conseiller d’Etat.
Après Waterloo, il reste au service de l’Empereur et sollicite l’honneur de partager son exil.
Marquis d’Ancien Régime, officier de marine émigré pendant la Révolution, devenu chambellan et comte de l’Empire puis conseiller d’État pendant les Cent Jours, Emmanuel de Las Cases ne présenterait dans l’épopée napoléonienne qu’un intérêt restreint s’il ne s’était attaché à son maître proscrit et n’avait publié en 1823, deux ans après la mort de l’Empereur, le Mémorial de Sainte-Hélène, qui fut peut-être le livre le plus lu du XIXe siècle.
Las Cases avait, avec son fils (Emmanuel Pons de Las Cases – 1800-1854), suivi Napoléon à Sainte-Hélène et y sont restés durant dix-huit mois jusqu’à son expulsion en 1816.
Au jour le jour, il a consigné les propos de l’Empereur.
Il prit, sous sa dictée, le récit de certaines de campagnes de l’Empereur et noté les persécutions dont l’illustre captif était l’objet de la part de ses geôliers, dont Hudson Lowe (1769-1844).
Le 7 août 1815, Napoléon et sa suite montent à bord du Northumberland.

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Au cours de la traversée à destination de Sainte-Hélène, Las Cases note déjà les premiers souvenirs de Napoléon, qui sont remis en ordre en fin de journée par son fils Emmanuel.
Napoléon commence ses dictées le 9 septembre 1815, en mer.
Ces dictées seront à l’origine du Mémorial de Sainte-Hélène.
Las Cases sait se faire apprécier Napoléon par ses manières affables, son érudition et sa disponibilité.
Les dictées continuent jusqu’en novembre 1816.
C’est à cette époque qu’il confie au serviteur James Scott une lettre clandestine pour Lady Clavering Châtelaine à Louveciennes (née Claire Gallais 1770-1854), dans laquelle il dénonce les conditions de détention de l’Empereur.
Malheureusement, le serviteur en informe Hudson Lowe et le 21 novembre 1816 Las Cases et son fils sont arrêtés.
Las Cases et son fils sont expulsés et quittent l’île de Sainte-Hélène le 30 décembre 1816 sur le Griffon pour le Cap, où ils restent en quarantaine, avant de regagner l’Europe.
Refoulés d’Angleterre en novembre 1817, ils sont conduits à Ostende.
La France, les Pays-Bas et l’Autriche refusent de leur donner l’asile.
Las Cases et sa famille s’installent en décembre 1817 à Francfort, puis au pays de Bade au début 1818.
Après la mort de Napoléon en 1821, l’autorisation de rentrer en France est accordée à Las Cases dans les derniers jours de juillet 1821 et il arrive à Paris le 15 août 1821.
En 1822, il récupère ses manuscrits et les huit volumes du Mémorial de Sainte-Hélène ou journal, où se trouve consigné jour par jour tout ce qu’a dit et fait Napoléon durant dix-huit mois, du 20 juin 1815 au 25 novembre 1816.
Il publia en 1823 ce "Mémorial" dont le retentissement fut si grand qu’il fut réimprimé en 1824, 1830, 1835, 1840 et surtout 1842 avec illustrations de Nicolas Charlet et lui rapportent 3 millions de francs (+/- 9,5 millions €).

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Il fut traduit en de nombreuses langues et, enfin, qu’il valut à Las Cases un siège de député en 1831.
La légende napoléonienne doit beaucoup à cet ouvrage.
En 1831, Las Cases est élu député de l’arrondissement de Saint-Denis et siège à l’extrême gauche de la Chambre des députés.
Il est réélu en 1839.
Aveugle, il ne peut accompagner le prince de Joinville à Sainte-Hélène pour le Retour des Cendres de Napoléon.
Le 15 décembre 1840, il est présent aux Invalides, lors de la cérémonie.
Il mourut le 14 mai 1842, après avoir eu la satisfaction de voir rendre à la France les restes mortels de l’homme à qui il avait donné des preuves d’un attachement et d’un dévouement qui honorent toujours sa mémoire.

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28 mai 2021

Mars 1793.*

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Mars 1793, 600 paroisses de quatre départements au sud de la Loire se soulèvent par refus de la "levée en masse" et pour défendre leurs "bons prêtres", persécutés par le régime révolutionnaire.

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C’est le début des guerres de Vendée.

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Derrière des chefs issus du peuple (Cathelineau, Stofflet…) et d’anciens officiers (La Rochejaquelein, Bonchamps, Charette…), une armée de paysans va résister avec foi et courage.

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Ceux que Napoléon qualifiait de "géants de la Vendée" combattront les Bleus durant trois ans.

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04 mai 2021

MONUMENT élevé au GÉNÉRAL TRAVOT par MAINDRON (Hippolyte).*

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Œuvre crayon lithographique, Deveria (Achille-Jean-Marie), imprimée chez Lemercier, 1838.
Travot est représenté tenant à la main une feuille sur laquelle est écrit :
"Travot pacificateur de la Vendée ".
Sur le socle "Le général Travot, H. Maindron ".
Refusée par le jury au Salon de Paris de 1836, cette statue en bronze a été inaugurée le 26 août 1838 à la Roche-sur-Yon.
L'affiche de souscription comportant la liste des personnes qui ont participé à l'érection de ce monument, est conservée aux Archives Départementales de la Vendée (cote T.369).
Cette œuvre a été envoyée à la fonte par les Allemands lors du second conflit mondial (1944).
Jean-Pierre Travot.
Né à Poligny en 1767, mort à Chaillot en 1836.
Engagé dans un régiment d'infanterie (1786), il prend part aux campagnes révolutionnaires.

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Vainqueur de Charette à la Brussière (janv. 1796), il le fait prisonnier (mars 1796).
Général de division (1805), il participe aux guerres de l'Empire.
Après avoir remporté les victoires d'Aizenay et de Saint-Gilles (mai 1815), il livre bataille à Rocheservière et pacifie le marais vendéen.
Pair de France en 1815, il se retire à Lorient après l'abdication de Napoléon V.
Arrêté en 1816, condamné à vingt années de réclusion, il est interné au Fort de Ham.
Atteint de folie, il est gracié en 1819.

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13 novembre 2019

Que dit Napoléon ?*

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"J'ai lu une histoire de la Vendée, si les détails, les portraits sont exacts Charette est le seul grand caractère, le véritable héros de cet épisode marquant de notre révolution, lequel, s'il présente de grands malheurs, n'immole pas du moins notre gloire.
On s'y égorge, mais on ne s'y dégrade point, on y reçoit des secours de l'étranger, mais on n'a pas la honte d'être sous sa bannière et d'en recevoir un salaire journalier pour n'être que l'exécuteur de ses volontés.
Oui, Charette me laisse l'impression d'un grand caractère, je lui vois faire des choses d'une énergie, d'une audace peu communes, il laisse percer du génie. "

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Napoléon Ier, cité par Emmanuel de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène.

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09 septembre 2019

La bataille des saintes 1782.*

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Lors de sa deuxième expédition pour l’Amérique, que Christophe Colomb (1451-1506) découvre le petit archipel, le 4 novembre 1493, qu’il baptise "Los Santos", en référence à la fête de la Toussaint qui venait d’être célébrée.
Ce groupe d'îles est situé dans les Antilles, entre la Basse-Terre (Guadeloupe) et la Dominique.
L’archipel des Saintes a fait l’objet, à partir du 16ème et pour 3 siècles, d’illustres batailles de possession entre la France et l’Angleterre.
La bataille des Saintes se déroule du 9 avril au 12 avril 1782.

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Photo Nade

La flotte britannique, dirigée par George Rodney (13.02.1718-24.05.1792), fut envoyée sur place les contrecarrer et attaquer la flotte française, dirigée par le comte de Grasse (13.09.1722-11.01.1788), qui protégeait un convoi marchand et qui se préparait à envahir la Jamaïque.
Le 07 avril 1792, la flotte française se composait de 35 navires de ligne, dont 2 armés de 50 canons, et un grand convoi de plus de 100 navires de transport.
Le 9 avril, de Grasse ordonne au convoi se réfugier en Guadeloupe et fait mettre ses navires en ordre de bataille pour couvrir leur retraite.

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Photo Nade

Baptisée le Trafalgar antillais, elle sera le point final à la Guerre d’Indépendance de l’Amérique.
Malgré la défaite de la flotte française, commandée par le Comte de Grasse, l’Angleterre lors du traité de Versailles, en 1783, reconnait l’indépendance des Etats-Unis et est obligée de restituer à la France certains territoires.

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Après Yorktown, l'indépendance des jeunes Etats-Unis était assurée, cependant la France et la Grande-Bretagne s'affrontaient toujours dans les Caraïbes à propos des territoires coloniaux.
La victoire des Saintes redora le blason de la Royal Navy dans les Antilles, mais ce ne fut que provisoire.
Au début d'avril 1782, elle rencontra effectivement celle de l'amiral de Grasse au nord de la Dominique, près d'un groupe d'îles appelé les Saintes.

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Après quelques manœuvres initiales et affrontements mineurs, la bataille proprement dite eut lieu le 12 avril, opposant les 36 navires anglais aux 30 français restant.
Au début de l'engagement, les deux flottes se positionnèrent parallèlement l'une à l'autre.
Les Britanniques lâchèrent de meilleures bordées, afin de briser la ligne de la flotte française.
La manœuvre fut couronnée de succès car une partie de l'armement anglais était équipée de nouveaux systèmes de mise à feu.

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La ligne française présentait également un certain relâchement et Rodney exploita un brusque changement de direction du vent pour l'enfoncer et tirer sur les bâtiments placés de part et d'autre et sur courte distance, leurs canons (des caronades) étaient particulièrement efficaces.
D'autres navires britanniques imitèrent leur capitaine et les Français perdirent toute formation, durement éprouvés au cœur de la mêlée.
Quelques bâtiments français tentèrent de virer de bord ce qui rompit l'ordre de bataille.

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Le combat fut particulièrement acharné et dura plus de cinq heures.
Grasse, ayant épuisé toutes ses munitions, fit tirer une dernière salve en chargeant quelques canons avec sa vaisselle d'argent puis se rendit.
Son vaisseau n'était plus qu'un ponton sanglant et démâté.
Le César (74 canons), capturé par les Britanniques, explosa à la tombée de la nuit.
Ce sacrifice n'avait cependant pas été inutile car le reste de l'escadre put s'enfuir.
De Grasse et son navire amiral se rendirent en fin de journée.

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400 hommes de son équipage avaient été tués.
Quatre autres vaisseaux français furent également capturés.
La victoire aurait pu être totale si Rodney, amiral assez conservateur, avait organisé une poursuite plus vigoureuse du reste de la flotte française.
Il n’a jamais été élucidé si Rodney a coupé les lignes françaises par tactique ou si ce n’est pas plutôt le vent qui a induit la manœuvre.
La question de savoir pourquoi les navires français n’ont pas été poursuivis reste aussi sans réponse.

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Les pertes furent :
Britanniques, aucun navire perdu, 1000 morts ou blessés.
Français, 4 navires capturés, 1 détruit, 5000 morts, blessés ou prisonniers.
De retour à Versailles, de Grasse pour se justifier accusa ses deux chefs d’escadre Vaudreuil (1724-1802) et Bougainville (1729 - 1811) d’avoir désobéi à ses ordres.
D’où un Conseil de guerre ordonné par Louis XVI (1754 - 1793).
Trois cent quatre survivants vont témoigner à Lorient, où chacun essayera de justifier sa conduite.
Après trois mois de délibérations, seul Bougainville est condamné, tous les autres officiers sont absous.

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De Grasse est le grand perdant de ce procès, il lui sera interdit de monter sur un vaisseau et il subira pendant plus d’un siècle l’opprobre de la Marine française.
En revanche, les Américains et Washington lui rendirent toujours hommage.

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Charette de la Contrie (1763 - 1796) embarqué sur le "CLAIRVOYANT" participe à la bataille des SAINTES.
De Grasse donnera l’ordre à la frégate "l’Astrée", commandée par La Pérouse (1741 - 1788), de le prendre en remorque et de le convoyer aux Antilles.

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24 juillet 2019

7 novembre 1793 : Département Vengé.*

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Un changement imposé par la Convention montagnarde.
En 1793 commence la Terreur.
Les Montagnards, un groupe de députés de l'Assemblée constituante, mettent en place une dictature révolutionnaire de crise et décident d'une levée en masse pour renflouer l'armée.
Une décision qui passe mal dans les campagnes.
En Vendée, une révolte paysanne éclate.

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C'est le début de la guerre de Vendée, qui oppose républicains et royalistes (1793-1796).
Prêts à tout pour ramener le calme, les Montagnards jurent de supprimer la Vendée.
Le 7 novembre 1793, le département est nommé "Vengé".
Un nom issu de "vengeur", autre appellation du bourreau qui manœuvre la guillotine...
C'est entre 1793 et 1795, que la Vendée sera nommée "Vengé".

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La Vendée porte à cette époque le n° 79.
Parler de génocide vendéen était et est pourtant justifié.
C'est Bertrand Barrère qui demandait à la tribune, en avril 1793, d’exterminer les Vendéens, répondant à trois lois votées à l’unanimité par la Convention, cette assemblée de furieux :
– La loi du 1er août 1793 qui " conceptualise l’anéantissement matériel de la Vendée et la déportation des femmes, des enfants, des vieillards".
– La loi du 1er octobre 1793 qui a pour objectif de "régler définitivement la question vendéenne".
– La loi du 8 novembre 1793 qui "débaptise la Vendée, laquelle devient le département Vengé".

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Cette dénomination imposée par décret de la Convention à la fin de l’année 1793 devait effacer de la mémoire des hommes celui de "Vendée", entaché de tous les crimes aux yeux des révolutionnaires.
C'est le 18 brumaire an II (8 novembre 1793), que la Convention nationale vote un "décret relatif au ci-devant département appelé la Vendée, lequel se nommera désormais le département Vengé" (article Ier).
Au même moment, plusieurs communes ou lieux vendéens sont rebaptisés.

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Le texte prévoyait d’autre part de confisquer tous les biens des rebelles pour les distribuer aux patriotes locaux (article IV), mais aussi aux réfugiés républicains venus des frontières de l’Est (article V) et aux familles pauvres, que les autres départements étaient invités à envoyer en Vendée pour y recevoir une propriété (article VI).
Ce nom de "Département Vengé" n’a guère connu de succès dans la pratique, pas plus que les noms déchristianisés des communes vendéennes.
On le trouve cependant sur quelques cartes, extraite d’un triptyque "des départements Vengé, des Deux-Sèvres et de la Vienne".

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Cet événement est un des épisodes de la Guerre de Vendée, commencée en 1793 opposant le pouvoir central et une région où le vote par la Convention nationale d'une levée en masse de 300.000 hommes pour combattre les ennemis de la Révolution française, le 24 février 1793 provoquant ainsi un soulèvement populaire.
CONVENTION NATIONALE du 18 brumaire an II (8 novembre 1793).
Décret relatif au ci-devant département appelé la Vendée, lequel se nommera désormais le département Vengé.

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La Convention Nationale, décrète les articles :
I. Le département ci-devant appelé de la Vendée se nommera désormais le département Vengé.
II. Toutes les séparations des héritages, soit sellés ou haies, seront détruits par les anciens ou nouveaux propriétaires, dans l'espace de six mois, et seront remplacés par de simples bornes.
III. Deux représentants du peuple se transporteront à Nantes et dans toutes les villes de la Vendée, y prendront l'état des héritages possédés ci-devant par les rebelles et tous ceux qui, ayant pris part à la guerre de la Vendée n'ont point abjuré leur erreur.
IV. Ces héritages seront distribués à des cultivateurs restés fidèles dans le pays, et qui ont droit à des indemnités.
V. Aux réfugiés de l'Allemagne qui ont abandonné leurs propriétés pour cause de patriotisme.
VI. Les départements enverront dans la Vendée, près des représentants du peuple, une famille de cultivateurs infortunés par canton, pour y recevoir une partie de terre à y cultiver en propriété.
Les départements leur fourniront les moyens de ce rendre dans le pays, et les frais avancés par eux leur seront remboursés par le trésor national.
VII. La Convention Nationale charge les représentants qu'elle nommera des mesures de détail, et enjoint aux départements de mettre la plus grande diligence dans l'exécution de celles qui leur sont confiées.

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23 mai 2018

Les Lucs-sur-Boulogne et les Colonnes infernales (3/3)

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Que s'est-il passé aux Lucs-sur-Boulogne à la fin de février 1794 ?
Réponse : un épouvantable massacre.
Comment s'est-il déroulé ?
L'historien a le devoir de l'attester : nous l'ignorons.
Nous sommes informés de l'identité des victimes et même de leur âge.
Nul ne saura jamais dans quelles conditions on les a fait mourir.
Si en d'autres lieux, des survivants ont pu témoigner, ici aucun ne l'a fait.
Aucun.

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Aux Lucs-sur-Boulogne, ce sont les chiffres qui parlent : plus de cinq cents personnes, des hommes, des femmes, des enfants - surtout des femmes et des enfants - ont été massacrés par les deux colonnes du général Cordelier.
Elles arrivent, ces colonnes.
Elles approchent par ces chemins creux où l'on est vu sans jamais voir ceux qui, tapis derrière les haies, vous regardent.
Un chef vendéen obsède littéralement les généraux de la République : Charette.
L'ordre a été donné de lui courir sus.
Il est signalé, le 17 février, comme se trouvant aux Petit et Grand-Luc.
Turreau lui-même veut être là pour l'attaque.

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Le 22 février, les colonnes se ruent.
Turreau écrit au Comité de Salut public :
"J'ai vu enfin M. Charette en personne, à la tête de quelques tirailleurs, masqués par une haie".
Il n'a fait que le voir.
Charette s'est dérobé.
Le 28 février 1794, les colonnes du général Cordelier partent des landes de Boisjarry en direction des Lues.
Une colonne traverse la rivière au moulin de l'Audrenière.
Elle tourne vers le sud et se déploie pour remonter la rive gauche de la Boulogne en direction du Grand-Luc.
Au même moment, la colonne du commandant Martincourt s'avance sur la rive droite vers le Chef-du-
Pont et le Petit-Luc.

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Cordelier, persuadé que "Charette est aux abois" – ce sont ses propres termes - fait savoir, le même jour, que ses colonnes vont "exécuter de concert l'attaque du Grand et Petit Luc".
C'est tout ce que nous disent les rapports officiels.
Et nous n'aurions rien su de ce qui s'est ensuivi, si le curé Barbedette n'était revenu dans sa paroisse Saint-Pierre du Grand Luc quelques jours plus tard.
Avec un acharnement qui nous bouleverse, il a tenu, en s'aidant du témoignage de quelques survivants, à relever l'identité de ceux dont les cadavres pourrissaient à l'abandon.

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Il faut que vous l'entendiez, le curé Barbedette énoncer par ma voix les dernières lignes de la terrible liste qu'il a dressée et qui témoigne devant l'Histoire :
"Lesquels noms ci-dessus des personnes massacrées en divers lieux de la paroisse du Grand Luc m'ont été référés par les parents échappés au massacre, pour y être inscrits sur le présent registre, autant qu'il a été possible de les recueillir dans un temps de persécution la plus atroce, les corps ayant été plus d'un mois sans être inhumés, dans les champs de chaque village du Luc.
Ce que j'atteste comme trop véritable après avoir été témoin oculaire de ces horreurs et plusieurs fois exposé à en être aussi la victime.
Ce 30 mars 1794", signé C. Barbedette, curé de Saint-Pierre-du-Luc.
Point d'autres preuves écrites ?

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Si.
Un républicain qui marchait à la suite des légions.
Il s'appelait Chapelain - tenait son journal.
Voici ce qu'il a écrit ce jour-là :
"Journée fatigante, mais fructueuse.
Pas de résistance.
Nous avons pu décalotter toute une nichée de calotins qui brandissaient leurs insignes du fanatisme.

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Nos colonnes ont progressé normalement".
Le manuscrit du curé Barbedette dormira quatre-vingts ans dans un grenier.
Quand on le découvrira, certains, de la famille "bleu", crieront à l'imposture.
Ils ne voudront pas croire à tant de barbarie.
Assurément c'est un faux !
En revanche des historiens "blancs" brandiront la liste comme une machine de guerre.
Aujourd'hui - il faut que vous le sachiez, le doute n'est plus permis.
Les archives ont parlé.
Les chercheurs ont prononcé.
Les ultimes épreuves viennent d'être apportées dans un travail définitif par Monsieur Pierre Marambaud.
La liste du curé Barbedette contient 564 noms.
559 ont été confirmés par d'autres sources.
L'effroi glace notre âme lorsque nous découvrons parmi eux les noms de cent dix enfants "de sept ans et au-dessous".

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Au village, le cri a retenti : les Bleus arrivent ! Trop tard : ils sont là.
Et ce sont les portes que l'on enfonce, les femmes qui hurlent, celles qui crispent leurs mains sur leur chapelet et s'agenouillent pour mourir, celles qui couvrent leurs enfants de leur corps.
Les hommes impuissants qui serrent les poings ou cherchent en vain une arme.
Et les Bleus qui déferlent en jurant de toutes leurs forces, comme pour mieux accomplir la sale besogne.
Le galop de ceux qui fuient.
Les petits que l'on entraîne.
Les sanglots.
Les cris qui s'achèvent en gémissement d'agonie.
Ceux qui se cachent, ceux que l'on trouve.
Les baïonnettes qui se lèvent, qui frappent, qui fouillent, qui éventrent, qui égorgent.
Les supplications inutiles, les jurons des tueurs qui redoublent.
Ceux que l'on achève.
Ceux qui mettront des heures à mourir.

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Et les flammes qui se lèvent, qui ronflent, qui dévorent tout, les maisons, le bétail, les meubles, les bardes et aussi ceux qui avaient cru sauver leur vie en se glissant dans quelque soupente.
Le feu, le sang, les larmes.
Il y a deux siècles de cela.
Vous ne seriez pas morts pour rien, enfants des Luc-sur-Boulogne, si l'image et le souvenir de vos petits corps martyrisés pouvaient arrêter les bras qui se lèveraient encore pour commettre de tels crimes.
Rien ne les excuse, rien ne les excusera jamais car ils font régresser le genre humain.
Il faut sans cesse qu'ils soient rappelés à ceux qui nous suivront.
Même lorsque les bourreaux, aux yeux enfin dessillés, pleureront un jour sur leur barbarie.
Même lorsque les fils des victimes, sans oublier, voudront accorder leur pardon à leurs frères égarés.

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Extrait du Discours d'Alain Decaux de l'Académie Française, le 25 septembre 1993.

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12 mai 2018

CÉLESTE JULIE MICHÈLE "BULKELEY"

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L'élégance au service de la cause !!
Voir l'article : 
http://www.puystory.fr/archives/2017/08/07/33769086.html

Posté par Puystory à 00:05 - -