Puy Story

Histoire d'une région.

C'est en Forgeant

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Il y a peu encore, chaque village avait sa forge.
C'est un lieu de passage et de rencontre par excellence, au même titre que l'estaminet ou la place du marché.

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Les hommes aiment à s'y retrouver autour du feu qui réchauffe et qui éclaire l'endroit en faisant danser les ombres sur les murs noircis.
Ils y échangent les dernières nouvelles alors que le forgeron étire le fer à grands coups de marteau et le dompte en faisant jaillir des bouquets d'étincelles.

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Sa force physique impressionne.
Beaucoup d'activités dépendent de son travail et cela lui donne une réelle importance.
Sa maîtrise du feu, de l'air et de l'eau... en font le personnage de la vie villageoise.
C'est lui qui ferre les chevaux, les mules et les vaches, fabrique et répare les versoirs et les pièces en fer des charrues et des attelages.

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Il réalise tout l'outillage à main nécessaire aux travaux des champs et les outils des artisans du village.
Il forge également les objets de la vie de tous les jours, en particulier ceux qui servent à la cuisine, à l'âtre : landiers, trépieds, grils et crémaillères.

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Le foyer et son énorme soufflet, l'enclume, la cuve d'eau pour tremper le fer incandescent occupent la plus grande partie de l'espace disponible.
De cinq heures du matin à tard le soir, l'enclume sonne joyeusement, même le dimanche.
Il n'y a guère qu'à la Saint Eloi que le silence se fait.
Un peu magicien, le forgeron est aussi vétérinaire, dentiste et guérisseur.

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Ne dit-on pas que son marteau a le pouvoir de guérir ?
On lui amène des enfants souffrant de convulsions placés nus sur l'enclume que l'homme de l'art martèle avec violence.
Il lève le bras, fait semblant de frapper l'enfant, arrête le marteau à deux doigts du ventre du petit malade avant de le toucher doucement avec le fer et la guérison espérée se produit quelquefois.

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Dans l'atelier du Sabotier

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Dans l'atelier de l'artisan règne une bonne odeur de menuiserie.
Au mur, des outils rudimentaire alignés comme à la parade.
Au centre, éclairé par les fenêtres, trône "la chèvre", sorte de billot de bois à quatre pieds auréolé de copeaux blonds qui jonchent le sol.

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L'artisan manie la hache, l'herminette et le paroir et dégrossit son morceau de bois.
Le bois se travaille demi-sec.
Abattu en vieille lune, dépouillé de son écorce et débité en bille d'un mètre de long, il est entreposé près de l'atelier.
Chacune de celles-ci est elle-même sciée en trois morceaux correspondant à la longueur maxima des sabots. Leur taille se donne en pouces et va du 8 1 /2 (22 cm) au 13 (34 cm).

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Le bûchage s'effectue à l'aide de la hache à bûcher, appelée aussi hache à épaule de mouton.
C'est un outil caractérisé par la forme très particulière de son manche et de son fer décentré sur la gauche pour ne pas gêner le mouvement du sabotier.

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Le talon est marqué d'une encoche et l'ébauche est fixée sur un billot.
La mise en forme est commencée à l'herminette pour être achevée au paroir, sorte de long couteau à un manche fixé par une extrémité.
L'artisan taille, épluche, lime sans un raté.
Copeau après copeau, la forme émerge de sa gangue parfaitement équilibrée.

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Le sabot est ensuite creusé à l'aide de gouges, tarières et autres cuillères diverses.
La talonnette sert à donner l'arrondi du talon tandis que la rouannette permet de planer le dedans.
La finition est assurée au racloir.

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Il est alors possible de les décorer et de les teinter au brou de noix ou à la suie ou bien encore de les vernir.
L'œuvre terminée, devant tant de savoir-faire, on ne peut s'empêcher de penser à la marionnette que "Gepetto" avait créée avant tant d'amour et à qui une fée donna la vie.

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Le Sabotier.

"Les belles dames, les gros bourgeois dédaignent mes sabots de bois.
Le roi peut bien se chausser de veau.
Moi je préfère mes durs sabots, sabots de frêne taillés chez nous, ils m'ont coûté quatorze sous."

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Imaginez un instant une armada de plus de mille sabots ...
Sabots massifs tirés d'un morceau de hêtre, propres à naviguer dans la boue, sabots pointus et coquets garnis de cuir, pour danser...
Sabots qu'un Maupillier rageur fait claquer comme un homme, ou lourds sabots qui traînent lorsque la terre enfonce ...
Faits de bois dur, de frêne, de hêtre ou d'orme pour l'hiver, de vergne pour l'été, plus légers, ou sabots fantaisie en noyer.
Certains, destinés aux marins, taillés dans le bois tendre du peuplier, ne causaient aucun dommage aux ponts des bateaux !
Sur le dessus du pied, un coussinet joliment roulé et une semelle intérieure, tous deux confectionnés en paille de seigle, donnaient un certain confort et gardaient le pied au sec.
Le "sabaron", sorte de guêtre en cuir, parfois fixé au sabot, complétait la protection.
Il était d'usage, afin d'éviter qu'ils ne se fendent, d'entourer le dessus des sabots avec un fil de fer.
Celui-ci nommé "pionnette" ou "arçon" était vendu sur les foires et marchés par quelques pauvres bougres qui ont disparu de nos jours.

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Jusqu'à la dernière guerre, avant que la botte de caoutchouc n'envahisse nos campagnes, le sabotier faisait partie de la vie quotidienne du Bocage.
Surnommés "Chausse-Martyrs", ils allaient de village en métairie où ils étaient attendus avec impatience ... Le Saint Patron des sabotiers fut aussi le premier d'entre eux.
En effet, Saint René (396-450), évêque d'Angers, se retire à Sorento (royaume de Naples), vers l'an 440, pour y façonner des sabots.
Le jour de sa fête, le 12 novembre, les manœuvres offraient leur journée de travail au patron sabotier.
Le soir, celui-ci les invitait à un banquet et à des danses.
La fête finissait fort tard dans la nuit voir le lendemain.

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Au XVlllème siècle la production était vendue par les boisseliers (fabricant de boîtes en bois et de récipient), les chandeliers (fabricant et marchand de chandelles) et les regrattiers (commerçant de denrée de seconde main) des villes.
Comme les charbonniers (livreur de charbon), les sabotiers en forêt se traitaient de "bons cousins" et formaient un corps du Compagnonnage.
Venus de la forêt où abondait la matière première, les moins farouches, lassés de leur vie d'ermite, se rapprochèrent des villages ouvrirent boutique dans les bourgs.
Aujourd'hui, il reste très peu de ces artisans capables de dégager d'une pièce de bois un de ces sabots qui protégeait si bien le pied de l'eau et du froid.

Posté par Puystory à 00:25 - XVIII EME SIECLE - Commentaires [1] -

Visiter le Village 18ème.

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En parcourant le village XVIIIème, le visiteur découvre avec étonnement que sa construction remonte aux années 1988-1989.
Ce village a été le décors principal du film "Vent de Galerne" et portera le nom de "Puy de Galerne" 
Jacques Boissière, architecte des Bâtiments de France, s'est appuyé sur un important travail de recherches historiques afin de donner l'authenticité d'un village du Bas-Poitou tel que vous auriez pu le découvrir au XVIIème ou XVIIIème.

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Peu de bâtisses remontent au-delà du XVème siècle.
En composant cet ensemble architectural, différents éléments de construction ont été repris. 
Si l'âme du village repose sur ses vieilles pierres, les artisans n'y sont pas non plus étrangers.
Les musiques anciennes sont aussi là pour nous rappeler la richesse de notre culture régionale.

Je vous propose de parcourir les bâtiments ayant servit pour le film "Vent de Galerne".

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En entrant dans le village, on découvre :

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Une forge au volume simple est adossée à la maison du forgeron.

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La première maison (de l'ébéniste) est supposée être celle du forgeron.

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Elle est à deux niveaux et couverte en croupe surmontée d'un épi de faîtage sur la toiture.
C'est à cette époque qu'apparaissent les menuiseries à six ou huit carreaux.

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La cheminée est une récupération qui provient de la Charrie de Montournais et date sans doute du XVème.

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La maison des senteurs, la plus petite des maisons, doit être considérée comme un "reste" de logis plus important.

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Le linteau de la porte d'entrée est une pierre armoriée authentique provenant du prieuré de Chambretaud aujourd'hui disparu.

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L'atelier de l'Enluminure est une maison de tisserand composée selon l'étude faite par le C.A.U.E. (Conseil en Architecture Urbanisme et Environnement) de Vendée.
Elle possède deux pièces superposées.

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Au rez-de-chaussée semi-enterré, il y avait la salle de travail et à l'étage la pièce d'habitation qui communique directement avec un jardin potager.

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La maison du Sellier est aussi à regarder comme une partie de construction modifiée.
Sa petite dépendance actuellement l'atelier du Relieur.

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La porte d'entrée est une copie fidèle de la porte du donjon d'Ardelay près des Herbiers et la fenêtre est copiée sur une du château de Vendrennes.

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La grange provient du Châtellier de Dompierre, elle figurait sur le cadastre Napoléonienet pour la sauver de la ruine elle a été entièrement démontée pour être reconstruite sur le site..
Une ferme (élément de charpente) étant trop détériorée, la grange a été réduite d'une travée.

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La grande grange-étable si caractéristique du paysage du bocage s'est surtout développée au XIXème.
Mais elle apparaît à la fin du XVIIIème comme le révèlent quelques granges datées.
La plus ancienne se situe aux Moulières de l'Hermenault.

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Le modèle de moulin utilisé au XVIII est le moulin tour avec ailes à voiles.
Le moulin du village provient de deux constructions. 
Les maçonneries anciennes proviennent du moulin de l'Epinay à Chambretaud daté de 1840 et la charpente du moulin du mont des Alouettes qui provenait auparavant du moulin du Parc Soubise.
La charpente est datée de 1827.

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La maison de la faïencière représente avec des menuiseries plus tardives le presbytère de la petite église contiguë (l'église étant disparue pour les raisons du film).

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Le volume est simple, couvert par un toit à quatre pans, comme souvent à cette époque. 

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La Maison du Préfou est la plus réduite en dimension.

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Le four accolé est reconstruit le plus fidèlement possible.

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Plusieurs éléments ont été récupéré et notamment l'entrée et la hotte du four aux Châtelliers-Châteaumur.

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A l'endroit où se trouve l'Auberge et le Relais de Poste, se trouvait une église qui à été incendiée et détruite pour les raisons du film.

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"L'Auberge - Ralais de Poste" s'inspire largement du "Relais de Poste" de Montaigu.

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Posté par Puystory à 00:04 - XVIII EME SIECLE - Commentaires [4] -

C'était en 1988 et… soixante jours pour construire tout un village.

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Un pari un peu fou, pour servir de décor au film "VENT DE GALERNE".
Mais comment appeler ce village.
Après avoir cherché dans tous les toponymes des environs, un patronyme sera inventé ne laissant aucune ambiguïté sur l'origine.
En faisant la contraction du "PUY DU FOU" et de "VENT DE GALERNE" est né tout simplement :
"LE PUY DE GALERNE".
Composer un village du XVIII, c'était aussi faire un peu l'histoire de l'habitat rural de la région.
Les impératifs du film ont amené à avoir un espace central assez ouvert, un peu important pour l'échelle de ce village.

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L'implantation a été dictée principalement en raison des facilités d'accès de la route toute proche.
La décision de réaliser un moulin obligeait aussi de le placer près du point haut.
Enfin un emplacement, peu visible du château et déjà déboisé, a été choisi.
La première surprise du chantier fut qualité médiocre des sols principalement composé d'argile et les bâtiments ont donc été fondés sur pieux.

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Les plus anciennes constructions, dont on retrouve des élévations en Vendée, ne remontent pas au delà du XVème siècle.
Il est même très difficile d'imaginer ce que pouvait être l'habitat dans la région avant cette époque.
Il est vraisemblable qu'il n'existait que des constructions en bois en dehors des châteaux et des édifices religieux.

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Par contre dès le XVème les témoins sont très nombreux et fréquents dans le haut-bocage.
La deuxième moitié du siècle a été une période économiquement faste.
Il y a une très grande unité de vocabulaire architectural entre les châteaux, les logis ou les maisons plus modestes.

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Il a donc été possible de prendre des modèles dans de grands édifices pour les utiliser dans de petites constructions.
Ne sont conservés de cette époque que des fragments et jamais de bâtiments complets.
Il est donc possible de rester crédible en intégrant des éléments importants, comme une grande fenêtre à croisée de pierre dans un volume relativement modeste.

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Ce que l'on peut désigner sous le terme de "style XVème" s'étend en fait sur une période beaucoup plus longue, notamment au début du XVIème, mais encore bien après.
Il est des formes qui ont pris naissance à ce moment-là (comme les linteaux de porte en accolade) et qui se sont perpétuées pendant longtemps.

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Le XVIIe siècle est une période difficile à cerner, son habitat est relativement peu typé.
C'est une période de reconstruction après les dévastations de la plus longue guerre civile de notre histoire.
Les guerres de religion, qui ont particulièrement ensanglanté ce territoire, ont également provoqué quantité de destructions.

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Au XVIIIème, on répare surtout.
On constate, particulièrement le grand nombre de charpentes refaites au début du XVIIème.
C'est aussi le moment où l'on abandonne les hauts combles pour ne plus utiliser que des toitures à faibles pentes et les tuiles canal.

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Les maisons du XVIIe sont souvent hétérogènes (composé d'éléments différents) et construites assez pauvrement, sans décors importants.
Le XVIIIème est un siècle plus riche et c'est surtout une période en pleine mutation.
Les constructions y sont nombreuses.
Malheureusement, elles ont subi l'acharnement des troupes bleues pendant les guerres de Vendée, sans doute parce qu'elles étaient plus neuves.

Bientôt une description des maisons constituant le village. 

Posté par Puystory à 00:13 - XVIII EME SIECLE - Commentaires [2] -


VENT DE GALERNE *

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Au printemps 1793, les révolutionnaires vendéens réalisent qu'ils ont été joués par cette République qu'ils ont fait naître en 1789.

Pour forcer le pouvoir à respecter ses promesses, quand on est vendéen, on oublie vite la classe sociale à laquelle on appartient pour se révolter à nouveau...

Ce film  fut un échec, n'ayons point peur de le dire.
La seule réussite fut la construction du village XVIII éme érigé depuis plus de 20 ans.
Il a peu changé à part l'église disparue (brulée dans le film) et remplacée par le relais de poste.

Définition météorologique :

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Vent entre le nord et l'ouest.
Cette dénomination usitée seulement en quelques localités.
On indique certains endroits des bords de la Seine et l'embouchure de la Loire.
La galerne est froide et humide et souffle en rafales violentes et fait quelquefois geler les vignes.

Bientôt nous reviendons sur ce film et sur le Village 18ème du Puy du Fou.

Posté par FULGENT à 23:09 - XVIII EME SIECLE - Commentaires [1] -

Visitez le village 18ème du Puy du Fou

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Posté par Puystory à 07:58 - XVIII EME SIECLE - Commentaires [0] -

Le Village 18ème

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Posté par Puystory à 00:30 - XVIII EME SIECLE - Commentaires [2] -

Le Village 18ème

Embarquez pour la machine à remonter le temps !
Arrêtez-vous dans le village du 18 ème siècle, où le temps semble s'être arrêté.
A l'origine, ce village est construit pour les besoins d'un film historique : Vent de Galerne.

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Chaque maison de ce village abrite une surprise (Artisans, restauration....).
Déambulez au gré de vos humeurs, du potager au lavoir en passant par la grange.

Posté par Puystory à 00:14 - XVIII EME SIECLE - Commentaires [0] -

Le préfou

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Délicieux à l’apéritif, le préfou (produit traditionnel) est une spécialité gastronomique vendéenne par excellence.
Fourré au beurre salé, recouvert d’ail haché (cru ou cuit), le préfou est un pain très plat (à peine levé), au goût très relevé et se dégustant chaud et apprécié en accompagnement de l’apéritif.

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A l’origine, les fours fonctionnaient au bois et les thermostats n'existaient pas.
Afin d’estimer la bonne température, les boulangers posaient un bout de pâte aplati, allégé en levure, sur une tuile chauffée à la gueule du four avant l'enfournement de sa fabrication quotidienne.
Retiré avant la coloration de la pâte, ce petit pain est assez compact et non gonflé.
Pré : Préchauffer, Fou : enfourner

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A cette époque, la vie était rude et pour ne pas perdre ce petit pain à peine cuit, les Vendéens le beurraient d’un mélange de beurre aillé pour leurs casses croûtes.
Le préfou, comme les mogettes, la fressure, la brioche font parties de la gastronomie Vendéenne.
Le produit, que l'on trouvait dans les années 80 que dans quelques boulangeries, est maintenant disponible dans les supermarchés en Vendée.

Posté par Puystory à 01:01 - ART CULINAIRE - Commentaires [0] -