Puy Story

21 septembre 2021

Bouvines *

Puystory_7838

Entrant dans la salle des tableaux, nous sommes plongés dans un dialogue entre Diane et ses tableaux, dont son aïeul, hanté par son passé glorieux, voulant retourner sur le champ de bataille de Bouvines.
Pendant des siècles, le combattant luttait souvent en hordes compactes et indisciplinées, domina la plupart des guerres de l'Antiquité et du Moyen Âge.
L'ascension de Sparte dans la Grèce antique montra ce qu'une infanterie professionnelle et disciplinée lourdement armée pouvait accomplir devant un ennemi supérieur en nombre.
Comme le démontra Alexandre le Grand dont les phalanges macédoniennes parurent longtemps invincibles.

PUY_8556

Plus tard, les Romains créèrent la plus complète et la plus efficace armée professionnelle du monde ancien, grâce à une infanterie bien entraînée, manœuvrant en cohortes homogènes et compactes, et dominèrent les champs de bataille de la Méditerranée pendant des siècles.
Toutefois, la technologie militaire et le professionnalisme régressèrent seuls les Normands et les Byzantins conservèrent la tradition du guerrier professionnel.
À partir du XIVe siècle, les armées professionnelles recommencèrent à s'imposer sur les champs de bataille et purent battre de façon décisive un ennemi supérieur en nombre.

PUY_0519

Mais revenons à la bataille de Bouvines.
Philippe Auguste (1165-1223), roi de France, y vainquit la coalition d'Otton IV (1175-1218), empereur romain germanique, de l'Anglais Jean sans Terre (1166-1216) et des comtes Ferrand de Flandre (1188-1233) et Renaud de Boulogne (1165-1227).
Cette victoire confirma la souveraineté du roi sur la Bretagne et la Normandie.

PUY_8027

Il avait été prévu qu'Otton, Ferrand et Renaud marcheraient sur Paris depuis le nord et que Jean débarquerait sur la côte atlantique avant de se diriger lui aussi vers Paris.
Alors que Jean fut vaincu par les troupes royales françaises le 2 juillet 1214 près d'Angers, Philippe Auguste affronta l'armée du Nord dans la plaine près de Bouvines le 27 juillet 1214, en Flandre.
Otton IV déploya ses 25 000 hommes.

Puystory_05846

Ses chevaliers répartis en deux groupes sur les flancs, l'infanterie au centre et une réserve de cavalerie à l'arrière.
Les troupes de Philippe Auguste, qui montaient à 15000 hommes, adoptèrent une formation similaire.
La bataille débuta par un affrontement de cavalerie sur le flanc droit français.
Au centre, l'armée impériale (qui comprenait la puissante infanterie des Pays-Bas) poussa vers l'avant, mais la cavalerie française, commandée par le roi, la força à reculer.

PUY_6911

Les Français triomphèrent sur l'aile gauche et William Longsword, comte de Salisbury (1176-1226), fut fait prisonnier.
La cavalerie française fut aussi victorieuse sur la droite et le comte Ferrand de Flandre fut capturé à son tour.
Au centre, les deux blocs de réserve de cavalerie s'affrontèrent et la France triompha une fois de plus. Les deux ailes se rapprochèrent pour bloquer la retraite des parties centrales de l'armée impériale. Renaud de Boulogne résista encore courageusement mais finit par être capturé.

PUY_7676

La bataille eut plusieurs conséquences directes.
L'empereur Otton IV fut détrôné par Frédéric II Hohenstaufen (1194-1250) et Jean sans Terre si affaibli qu'il fut obligé de signer la Magna Cana (charte des droits anglais).

PUY_0127

Pertes : Français, 1000 sur 15000.
Coalition, 1000 tués et 9000 prisonniers sur 25000.

Posté par Puystory à 18:06 - -


10 octobre 2018

Souvenirs de Dame Catherine du Puy du Fou (2/3)

Puystory_01675

François 1er reçoit Catherine du Puy-du-Fou.
La servante entre à pas feutrés dans la chambre où repose Dame Catherine...
Elle s'approche doucement du grand lit, écarte les rideaux damassés...
Personne...
Un petit rire moqueur la rassure.
Catherine est bien là, assise devant un vieux coffret.
Devant elle, les précieuses reliques de son Passé... des boucles de cheveux, des fleurs séchées, des bagues, des épingles et puis... un collier... le collier de Saint-Michel que le Roi remit à François, son premier époux, un beau jour d'Août 1537.
Catherine revoit le messager apportant l'invitation royale...
Comme elle était fébrile en veillant aux préparatifs du voyage !
Pensez-donc...
Se rendre à la Cour...
Affronter les routes durant plus de trois semaines... !
Mais, les soucis, elle les a oubliés...
Seule son arrivée au château de Fontainebleau s'impose à sa mémoire...
La litière s'avance lentement sur la chaussée de Maintenon qui borne les eaux de l'étang où, parmi des nénuphars roses, glissent des cygnes nonchalants.

Puystory_02174

Soudain, des trompettes résonnent, saluant les nouveaux venus au château.
Catherine et François franchissent la porte d'Orée, pénètrent dans la cour du Donjon et leurs yeux s'émerveillent...
Disparues les lourdes masses féodales, envolés les murs austères et froids...
Ils ne voient que constructions ajourées, fenêtres qui s'ouvrent à la lumière et à la chaleur du soleil...
Les valets se précipitent...
Sa Majesté attend ses invités dans la Galerie...
La fameuse Galerie... !

Puystory_02196

Le Roi, entouré de sa Cour, s'avance vers eux.
Catherine se sent gauche et maladroite.
Comme les robes des dames sont somptueuses... !
En velours, en satin, en toile d'or frisé... !
Et comme les couleurs sont chatoyantes... !
Rouges, vertes, violettes... !
Elle n'ose penser à sa garde-robe stricte et sombre de petite provinciale...!!

Puystory_02209

Avec un plaisir non feint, le Roi accueille François, son compagnon des bons et des mauvais jours italiens... Mais son œil qui s'allume laisse à penser qu'il n'est pas indifférent au charme de la belle Dame du Puy-du-Fou...
Le regard noir que lui jette une des dames de la suite royale en est la preuve !
Ce regard jaloux serait-il celui de l'insolente favorite, la blonde Madame d'Etampes ?
Mais Catherine oublie bien vite cette déplaisante impression tant elle est éblouie par la splendeur de la galerie où elle se trouve...
Devant le plafond cloisonné soutenu par des caryatides de faunes grimaçants et de nymphes gracieuses, devant les murs ornés de guirlandes enchevêtrées de fleurs et de fruits, devant la profusion des couleurs, Catherine évoque son lugubre château dont les seuls ornements sont de tristes tapisseries usées par le temps...
Toute à ses pensées, Catherine entend à peine le Roi lui proposer de prendre un peu de repos.
C'est avec reconnaissance qu'elle accepte, car en ce mois d'Août, la chaleur est accablante et, malgré le confort de la litière tirée par quatre robustes chevaux, la poussière et les cahots de la route ont rompu son corps.

Puystory_05434

Enfin, Catherine et François se retrouvent seuls dans leur appartement où une collation les attend : des fruits, des confitures, des brioches, des dragées..
Mais bien vite, une servante pimpante et gaie apparaît.
Elle apporte des linges de toilette, des miroirs, des pots à éponges, des pelotons de satin pour les épingles, des étuis serrant des peignes.
Elle propose aux deux voyageurs d'aller se détendre dans l'Appartement des Bains.
Intimidés et éblouis, ils admirent longuement cette enfilade de salles d'eau, de pièces de repos et d'étuves.
Aux murs, pour le plaisir et le délassement des yeux, ce ne sont que tableaux, notamment ceux de ce Maître Léonard que le Roi ramena d'Italie, avec ses mystères et ses étranges inventions.
N'avait-il pas imaginé de faire marcher les hommes au fond des eaux et même de les faire voler ?
Catherine prolonge sa visite, charmée, irrésistiblement attirée par ce portrait de femme qui lui sourit avec une tendre douceur.
Avec regrets, elle s'arrache à sa contemplation et, toujours escortée de la petite servante, regagne sa chambre.
Avant de se préparer pour le souper et le bal, la châtelaine du Puy-du-Fou se penche à sa fenêtre.

Puystory_01454

Dans la cour du Donjon, la colonne d'Orée illumine le crépuscule grâce au flambeau qui brûle à son sommet ; au-delà, l'Etang des Carpes s'étale paresseusement dans le soleil couchant et, plus loin encore, s'effilochent les frondaisons de la forêt où, demain, elle ira courir le cerf avec toute la Cour... 
Une porte s'ouvre...
Une petite servante s'avance...
Il faut que Madame s'allonge et prenne ses potions...
Catherine reprend brutalement pied dans la réalité.
Les belles images de Fontainebleau s'estompent... pour un temps...
Un jour prochain, elles revivront en sa mémoire.

Posté par Puystory à 00:01 - -