Puy Story

Histoire d'une région.

Il était une fois un projecteur.

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Ouf ! il était temps ... me voilà redescendu !
Ils se sont enfin décidé les hommes en bleu.
Depuis plus de 6 mois maintenant qu'ils m'avaient attaché par les pieds à une quinzaine de mètres de haut juste au-dessus du public, heureusement que je n'ai pas le vertige !
Mes camarades et moi n'avons pas été gâtés encore cette année, que de pluie !
Que de coups de vent !

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Sans compter le froid de certaines nuits, mais c'est peut-être préférable aux projections de boue et aux sabots des chevaux, je pense à mes collègues de la digue.
Malgré cela, nous avons passé de bons moments quand même et lorsque la température estivale le permettait, je me plaisais, quant à moi, à regarder du haut de notre portique les merveilles qui se répétaient sous nos yeux.
Je me plaisais particulièrement à éblouir les belles robes de ces dames de la Cour et j'y mettais alors toute mon énergie, faut avoir le réflecteur solide !

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On chuchote même que l'an prochain, nous aurons quelques nouveaux parmi nous.
Tout à coup, grand branlebas dans nos rangs !
Tous s'allument, alors j'en fais autant et pour voir qui ?
Le Roi !
Fier sous sa barbe, dans son superbe carrosse, faisant des signes de la main à mes patrons de la régie.
Au château, mes collègues s'affairent également, aidés par les artifices et les jets d'eau.
Même qu'un soir, une bataille s'engagea entre un artifice et mes collègues !
Après un bref coup d'œil sur les bœufs, quelques éclairages sur les scènes de la vie quotidienne, j'étais à nouveau sollicité pour suivre la troupe des bleus et trahit ceux qui ne marchaient pas au pas.

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Ma mission accomplie, je cédais la place à mes camarades rouges du château qui suffoquaient dans la fumée de l'incendie.
Ils devaient se consoler en écoutant les milliers de personnes qui, sous mes pieds, applaudissaient à tout rompre.
Puis, après un bon moment de repos, pendant lequel mes copains bleus travaillaient à leur tour, lorsque "la Vendée a fait la paix avec son temps des moissons et vendange dans l'insouciance des jours heureux".
Je m'activais volontiers sur les acteurs de la "Quintaine" avec ses valseurs et leurs costumes colorés se reflétant dans l'eau leurs images si agréables à regarder.
Je m'amusais même quelquefois lorsqu'un petit nuage de pluie fine, provenant des pompes voisines, venait balayer le ponton.

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Quand, aux accents du "Chant des Marais", je fermais mon œil, je me dis qu'il fait bien noir sans nous, que ces lieux sont bien tristes dans ce noir et que nous avons dû bouleverser bien des choses et engendrer beaucoup de sueur et de soucis pour arriver à nous faire naître et vivre sur ce plateau.
Je me dis aussi que je peux être fier d'être ici présent puisque, avec mes camarades, chaque soir nous redonnons vie à tout ce qui nous entoure.
Mais souvent, je me prenais à rêver quand arrivaient "Le Marché" et que le forgeron me donnait le signal du départ.

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La calèche laissait la place, en ce temps du progrès, à la voiture que les gendarmes, dans un parfait uniforme surveillaient de près, tant et si bien qu'un soir la voiture ne repartait plus, j'étais sur le point de m'éteindre et je voyais qu'à la régie on commençait à faire des signes et à s'impatienter.
J'appris plus tard que ce soir-là, l'un des gendarmes n'était autre qu'un de nos chef en personne, pas étonnant !

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Le temps passait si vite que déjà mes collègues du contre-jour lançaient leurs rayons bleu-blanc-rouge et aux accents de la marche succédaient vite les premières notes du à la fin du "Ballet d'hiver", nous étions alors tous prêts pour l'apothéose pour le "Final".
Sublimes images que celles qui se déroulaient sous nos yeux.
Même en regardant partout à la fois je n'arrivais pas à tout voir et ces quelques dernières minutes trop courtes me laissaient rêveur, osant à peine croire que tant de belles choses étaient possibles.

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Alors, c'est sur cette féerie que je m'endormais dans l'heure tardive de la nuit en pensant que :
"Chacun se devra de connaître le Puy du Fou et que perdront beaucoup ceux qui ne le connaîtront pas".

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Cinéscénie ... Au fil du spectacle du Puy du Fou.

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En regardant la foule immense qui envahit les allées des tribunes, on sent des gens heureux qui profitant d’un week-end, viennent se détendre dans ce petit coin de Vendée.
Eclats de rire, plaisanteries et sourires accompagnent la joie qu’ils éprouvent.
Le Puy du Fou, certains y viennent seulement parce qu’ils en ont entendu parler… et d’autres y reviennent…
Soudain, devant ces ruines, le visage des nouveaux change brusquement.
Tous se posent la même question :

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"Mais que peuvent-ils faire de si bien avec ce château en ruine ?"
Pendant ce temps, les PUYFOLAIS pensent à autre chose : dans les villages, les enfants s’amusent, les jeunes discutent et les responsables, toujours d’un œil vigilant, vérifient costumes et plannings.
Du côté de la régie, un dernier essai et une dernière vérification.
C’est bon ! Tout est prêt !

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Au parking, l’agitation continue : des voitures, toujours des voitures !
Comme à l’ordinaire, les guichets sont encombrés.
Mais c’est avec gentillesse, que les gens sont renseignés.
Et dans les tribunes, les vendeurs de livres d’images proposent inlassablement….
"Un souvenir du Pays du PUY DU FOU".

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Tout cela dans la joie et dans la bonne humeur.
Puis le soir tombe.
Dans les gradins, les rires se sont tus.
L’impatience se fait ressentir.
Tout comme du côté des acteurs.

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Quand enfin, la musique qui accompagne le marchand de quenouilles se fait entendre, tous savent que l’aventure" commence.
Le silence devient maître et déjà, chacun est plongé dans une atmosphère impénétrable et vit à sa façon le moment présent.
"Je n’ai jamais reçu de nom.
Ils m’appellent le vieux galopin.
Je ne me suis jamais perdu.
Ils m’appellent, le vieux cherche-pain"..
C’est reparti pour une nouvelle séance !

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Après la foudroyante quintaine, place à l'accueil de François 1er, les enfants là encore s’en donnant véritablement à cœur joie, d’autres toujours au rythme de la musique rentrent dans leur village pour se préparer à la scène suivante, et cela sous les applaudissements du public.

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C’est un vrai va et vient et l’aventure vendéenne se poursuit différemment.
En effet, la Révolution de 1793 éclate, plus redoutable que jamais.
Malgré cela, c’est sans doute l’instant où les acteurs vivent le plus passionnément le personnage qu’ils interprètent.

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Les soldats se battent avec acharnement, les femmes crient en fuyant, et l’on sent la main des enfants se crisper plus fort sous les coups de feu.
Du côté des spectateurs, l’instant est aussi intense.
Certains sursautent, un peu surpris, et d’autres regardent avec des yeux fascinés…
Le passé resurgit et réveille des souvenirs enfouis.

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Mais, la mémoire est plus forte que la douleur.
L’émotion dépasse la tristesse.
Et le temps passe, apportant de nouveaux espoirs.
La gaieté revient dans les cœurs et dans les esprits avec les fêtes.
Et toujours le défilé des acteurs qui rentrent aux vestiaires enfiler de nouveaux costumes.

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Au fil du spectacle, on arrive à la scène où les gens n’applaudissent pas.
Celle des "Réfugiés des Ardennes", qui réveille la sensibilité de tous…
"Maman, pourquoi les avions ? La sirène ?".
Mais, comme à l’image du Puy du Fou, la joie revient inlassablement et les jets d’eau déjà accompagnés avec le ballet des danseuses,… annoncent le final.

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Cette fois, les acteurs se retrouvent tous ensemble.
Et ce qui est formidable, c’est qu’après deux heures de spectacles, on retrouve le même entrain,… et la même gaieté !….
Alors, les spectateurs d’applaudir une dernière fois !
Les mots ne viennent pas pour définir un tel spectacle.
Même les mots les plus forts ne sont pas à la hauteur.

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Perdus dans leurs pensées, revivant les temps forts fredonnant une musique, les spectateurs rentrent chez eux.
Demain, ils reparleront du Puy du Fou.
Et longtemps après encore.

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Et peut-être reviendront-ils l’an prochain, car désormais, ils savent ce que l’on peut faire de si bien avec ce château en ruines.

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Cet étrange château

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La Vendée a élu, pour raconter sa longue histoire, un irrécusable témoin le Puy du Fou.
Cet étrange château enveloppé par la nuit, né de choix très anciens devenu des raisons mortes, a su garder au creux de ses murailles, le souvenir jaloux du passé.
Abandonnez-vous à la complainte de ses ruines douloureuses qui nous redisent à peine ce que fut cette demeure avant la renaissance et qui portent la trace des artisans qui l'ont élevée et des soldats qui l'on assaillie.

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Laissez-vous bercer par l'étang qui somnole et fredonne sa chanson d'eau.
Suivez l'ombre des arbres dont le péché des hommes à trop souvent trahi la paix.
Ecoutez le silence des chemins creux qui se recueillent pour vous faire confidence de ce qu'ils ont entendu.
Regardez ces bocages mystérieux, retraites impénétrables qui savent de folles amours discrètes et d'odieuses tueries.

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Alors vous distinguerez des voix, celle de "Catherine du Puy du Fou", lointaine et mélodieuse, celle de "Charrette", altière, celle de "Clemenceau", puissante et celle de "De Lattre", charmeuse.
Toutes ces pierres mutilées par le temps sortiront de leur nuit et reprendront vie pour un instant.
Les loggias vous diront leurs intriguent et le bassin confiera son mystère.
Et sous les feux des projecteurs, l'histoire de la Vendée vous remontera au cœur, féérique et grandiose.

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Le Dais

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Le dais est généralement un tissu surplombant qui symbolise la protection.
Il sert à couvrir un trône, un autel, une chaire, un catafalque, une statue, une œuvre d'église, un lit ou la place où siègent, dans les occasions solennelles, certains personnages.
Le dais du latin "discus" et du grec "diskos" signifiant disque, il désigne un "plateau où l'on disposait les met".

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Ensuite, le mot évolue phonétiquement au XII siècle en deis, table d’honneur dressée sur une estrade, en usage du XII au XVI siècle.
Cette plateforme est généralement située au fond des salles de banquets médiévaux où le seigneur mange sur une table haute.
Cette estrade est généralement surmontée d'une tenture, d'où l'assimilation du dais à un toit, une couverture (usage attesté avant 1350).
Le dais a désigné par la suite un ouvrage d'architecture.

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Il se présente sous forme de sculpture en pierre, en métal, de bois sculpté ou de tissus.
En pierre saillante couvrant des statues à l’extérieur ou à l'intérieur des édifices religieux et civils du Moyen Âge car les artistes de l'époque jugeaient inconvenable d’adosser une figure de saint ou de personnage célèbre à un mur, sans préserver sa tête de la pluie ou de la poussière par une sorte de petit auvent tenant à la construction.
Sa forme est généralement empruntée de celle d'une tente ou d'un pavillon.
Il n'est pas sans rappeler la tente des nomades.

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Il est parfois mobile et notamment dans les processions religieuses.
Il est alors porté par quatre hommes, tandis que le célébrant se tient dessous tenant le Saint-Sacrement.
Le dais souligne la dignité du Christ, présent dans l’Eucharistie.

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Il désigne aussi toute couverture d'un mobilier honorifique.
Le dais est le plus souvent suspendu (à la manière d'un ciel de lit) mais parfois porté de fond (s'appuyant sur des fondations) ou en surplomb (dais de statue).
Tantôt isolé, tantôt adossé à un mur, il prend au XVI siècle une spécialisation honorifique avec le sens moderne de baldaquin (reposant sur des colonnes) qui est généralement garni de tentures (étoffe ou tapisserie).

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Placé au-dessus du trône royal, mais aussi au-dessus des jeunes mariés au cours de la cérémonie du mariage israélite (il est alors appelé hupa), il symbolise à la fois la protection divine et le foyer à construire.
Enfin, il représente toute espèce de voûte de verdure.
Un dais de feuillage.

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Les veillées

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Galants et galantes, valets et servantes, on en parlait longtemps dans les bourrines (habitation traditionnelle du marais breton vendéen) le soir de veillées.
La veillée n'est certes pas une coutume spécifiquement maraîchine.
Mais dans un pays aux maisons disséminées, dans un pays particulièrement fermé sur l'extérieur, il était tout naturel que les gens sentent ce besoin de contact et de distraction.
C'était comme une manière à eux de lutter contre l'âpreté (rigidité) de leur existence.

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Un cercle de trois ou quatre familles se créaient et il était de bonne tradition d'en faire le tour dans un hiver.

Dans la nuit déjà noire, les yoles (petit canot) arrivent qui accostent tout près de la bourrine.
La porte s'ouvre alors.
Et la grosse lampe de cuivre suspendue à la charpente par un fil de fer essaye de trouer la nuit noire de sa lumière blafarde.
Les invités sont tous arrivés maintenant.

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Et la veillée commence dans les bruyants apostrophes des joueurs de "vache" (Jeu de carte de l'aluette).
Le maître des lieux veille soigneusement à remplir les verres, et met tout son honneur à verser généreusement "son" vin récolté du côté de Sallertaine, de Bois-de-Cené ou de Riez.
Puis le cercle se resserre autour de l'âtre de la cheminée où brûle le feu de grainette et de "bousats" (bûche à base de bouse séchée).
Assis sur les bancs, sur le tabouret, ou à même le foyer, les amis écoutent plusieurs heures durant les anciens qui évoquent leurs souvenirs de guerre, ou racontent des histoires de sorcière.

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De retour à la maison, tout à l'heure, la nuit sera peuplée de fantômes et de farfadets.
Mais cette veillée aura réchauffé les amitiés, distrait les esprits et respecté une tradition... malheureusement disparue de nos jours.

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Toile de fond.

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D’une tour de guet romaine édifiée au sommet d’une "colline du hêtre" (Podium fagus), qui donnera son nom à une dynastie seigneuriale qui s’installera durant cinq siècles.

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Renaud du Puy du Fou édifiera au XIIème siècle un donjon de pierre.
Rasé par les Anglais lors de la guerre de Cent Ans, Guy du Puy du Fou entreprit alors la construction, à quelques centaines de mètres de là, d’un nouveau bâtiment fortifié.

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Vers 1527, François du Puy du Fou commencera la transformation du château dans le style de la Renaissance italienne, alliant la brique et le granit.

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Son fils René poursuivra les travaux, avec une élégante loggia et une grande galerie, mais sa mort empêchera la construction d’une seconde galerie.
Janvier 1794, la colonne du général Boucret incendie le château.

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De cette époque, il ne reste qu’une imposante masse de granit et de brique et il ne subsiste presque "intacte" que la loggia et l’aile nord du château des Puy du Fou.
C’est ruines dentelées du château et le grand miroir d’eau servent de toile de fond depuis 1978 à la Cinéscénie du Puy du Fou.

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Depuis la tribune, la vue joue avec la structure du château.
Le contraste entre la partie conservée qui se dresse avec ses toits restaurés et la partie centrale, maintenue à l’état de ruines, est un symbole essentiel de la représentation du spectacle.

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De nombreuses séquences du spectacle jouent de cette opposition assistée par des techniques de projections, de jets d’eau et d'effets pyrotechniques.
La technique sert à exprimer des significations diverses telles que la paix opposée à la guerre, la victoire à la défaite, l’éternité aux troubles passagers, etc.

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Pendant la scène des guerres de Vendée, l’embrasement de l’aile en ruines est une image forte qui reste souvent dans la mémoire des spectateurs.
Pour mieux répondre aux besoins de la mise en scène, le château a fait l’objet d’aménagements particuliers.

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Tous les aménagements techniques et abris des acteurs (villages) sont savamment dissimulés.
Mais nous ne parlerons pas maintenant de tous ces artifices et laissons la magie du spectacle opérer au profit de l’émotion et de l’histoire présentée.

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Présentez-vous, Monsieur le "Marchand de Quenouille"

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Avant le spectacle, présentez-vous, Monsieur le "Marchand de Quenouille" ?
Je suis le galopin des routes, je cours au long des chemins et des sentiers.
J'erre de ferme en ferme au hasard de ma fantaisie et j'apporte dans ma besace les biens les plus précieux, l'amusement, le rêve, le vent d'ailleurs.
Après ma journée, passée à courir deux ou trois paroisses, je suis invité à la veillée chez l'un ou l'autre.
Les femmes filent, les hommes tressent des paniers.
On casse des noix, on écosse des haricots et on m'écoute.
Je dois les émerveiller de mes légendes, de mes récits terrifiants de bêtes fabuleuses.
Je leur conte aussi les nouvelles des autres villages, de la ville, même...

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Quand ils sont épuisés, quand leurs yeux se ferment, je m'en vais dormir dans la grange, roulé dans une couverture.
Le lendemain, à l'aube, après une bonne soupe de potée, un morceau de lard froid, je repars pour aller plus loin.
On ne me revoit, parfois, que de longs mois plus tard, ayant fait le tour de la province.
Je reviens avec les histoires et les nouvelles que j'ai récoltées dans d'autres veillées.
A nouveau les yeux qui brillent, à nouveau ils oublient, pour un temps, la banalité du quotidien.
Maintenant, je dois vous laisser.
Rejoignez votre place en tribune le spectacle commence dans quelques minutes.
*****

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Les lumières se sont éteintes.
A notre droite, une petite lumière, une ombre qui se précise, une silhouette qui arrive à grandes enjambées et qui va passer devant nous.
Une large cape sombre l'enveloppe laissant passer seulement les jambes que l'on devine longues dans un pantalon noir descendant sur des sabots usés par les cailloux des chemins creux.
Il s'appuie sur un grand bâton et dans l'autre main, il tient un falot.
Malgré la chevelure en broussailles délavée par les intempéries et les années, on devine un profil grave et un regard profond.

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Un feutre rétréci et cabossé lui couvre la tête.
La silhouette un peu courbée suit son chemin, s'arrêtant pour évaluer la distance qui lui reste à parcourir ou pour remettre en place d'un coup d'épaule les quenouilles qui sortent du sac accroché sur son dos.
Ce "vieux cherche-pain" va arriver au village, il s'arrête, le public le regarde.
La voix de Philipe Noiret est grave, envoûtante, le mystère est total et avec ses premiers mots, le grand livre qu'est "la Cinéscénie" ouvre les pages de l'histoire.

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"Je n'ai jamais reçu de nom.
Ils m'appellent le vieux cherche-pain.
Je traîne mes souvenirs avec mon baluchon humide et je colporte les nouvelles de métairie en métairie..."

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Les "Vendéens"

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Les "Vendéens" sont des combattants ardents et courageux.
Ils prient la Vierge avant chaque combat.
Sous le signe du Sacré-Coeur cousu sur leur veste, ils partent au feu en chantant des cantiques.
Ils sont empreints de valeurs chrétiennes et attachés à leurs prêtres, pour qui ils se sont mobilisés.

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Ils combattent en sabots, chapeau "rabalet" à large bord rabattu, chemise grise sous veste bleue pour les bocains, chemise de flanelle sous veste ronde et larges culottes à la bretonne dans des guêtres pour les maraîchins, ceinture de coton rouge serrée à la taille.

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Leur armement est sommaire.
Faux dont la lame est redressée ("à rebours"), fourches, bâtons ferrés, quelques canardières...
Ils se procureront armes et munitions, y compris des canons, au fil des combats et des victoires.
Les vivres dans les cités conquises.
Quelques-uns sont montés sur des chevaux de labour, avec des étriers de corde.

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La méthode de combat est peu orthodoxe.
Ils se ruent sur l'adversaire au cri de "Rembarre !".
Lors d'un "choc", ils se jettent à plat ventre lorsque tirent les canons.

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Ensuite, ils se relèvent et clouent les artilleurs sur leurs pièces.
L'adversaire est ajusté à coup sûr par ces braconniers et contrebandiers de longue date, d'où les pertes plus élevées dans les rangs des Bleus.

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La connaissance du terrain permet de tendre des embuscades et de disparaître en un clin d'œil si l'affaire tourne mal, bien abrités derrière haies et dans les marais.
Et les Bleus s'y risquent avec prudence.
Les transmissions sont assurées par des colporteurs de paroisse en paroisse, par le tocsin qui appelle au rassemblement ou les ailes de moulins, qui ont leur langage codé.

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La Quintaine.

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Au Moyen Âge, la Quintaine était l'exercice le plus dur pour les apprentis chevaliers.
Pour acquérir le plus d'adresse possible dans les tournois, l'apprentissage du métier des armes s'effectuait dès l'enfance (équitation et escrime au bâton).
Les jouets étaient le cheval-bâton, l'épée ou la lance de bois.
Adolescent, le jeune guerrier s'entraînait à la QUINTAINE en plantant sa lance au centre d'une cible, dans un écu de bois.
C'était un mannequin monté sur pivot et armé d'un bâton.
Il fallait frapper au centre, sinon il pivotait et assénait de sa masse, un coup sur le dos du maladroit qui l'avait frappé.
L'éducation était avant tout pratique, mais très dure soigner les chevaux, les dresser, les monter dès le plus jeune âge, s'habituer au poids des armes et à leur entretien.

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S'il n'apprenait pas toujours à lire, le jeune chevalier savait déchiffrer l'héraldique, la science des armoiries (blasons) et pouvait réciter par cœur, le nom des participants à un tournoi.
Pour prendre part à ce dernier, le jeune chevalier était armé au cours d'une Fête Religieuse "L'Adoubement'' où l'Eglise faisait promettre au futur chevalier de combattre pour le Christ, de pratiquer la charité, d'aider les faibles.
Il prêtait serment sur l'Évangile, recevait les éperons, la bannière et l'écu frappé à ses armes.
Les chevaliers guerriers au XI siècle étaient protégés par une broigne de cuir recouverte de plaques de métal.
Ils portaient une lance et une épée.

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Ils justifiaient leur domination sur le reste de la société par leur fonction de guerriers et de défenseurs au service de tous les autres.
Ils avaient pour idéal d'être les plus courageux et les plus généreux.
Les devoirs du chevalier :
- Etre courageux et loyal
- Etre fidèle à son suzerain
- Défendre la Foi et l'Église
- Protéger la veuve et l'orphelin.
Dans le fracas des tournois, le vaincu abandonnait son cheval et son équipage à son vainqueur.
S'il échappait à la mort, il devait payer rançon.

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Le vainqueur emportait le prix et pouvait ainsi courir fortune de tournoi en tournoi.
Pendant le combat, il arborait son blason et les couleurs de sa dame.
Le blason ou écu était la carte d'identité des chevaliers du Moyen Âge.
Il décrivait la famille et constituait ainsi un langage codé déchiffrable seulement par les initiés spécialistes.
Attribués au début uniquement aux familles nobles, ils se sont étendus aux communautés religieuses, aux villes, aux provinces, aux états et même à certaines corporations (comme les meuniers ou les tondeurs de draps).
Par exemple, la Croix de Malte identifie l'ordre des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem qui avait pour mission de protéger les chrétiens contre les musulmans.
Mais l'art d'être chevalier est aussi et surtout de posséder un ou plusieurs chevaux.
Ces magnifiques destriers sont achetés fort cher en temps de guerre (un cheval est évalué 6 fois le prix d'un bœuf : d'après la Loi des Ripuaires).

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Leur équipement nécessitait l'emploi de différents et nombreux ouvriers pour fabriquer et entretenir : bourrelier, sellier, forgeron, éperonnier, drapier etc.
Et ce noble animal avait en ce temps-là, de multiples noms, suivant l'emploi qui lui était attribué :
DESTRIER : Cheval de chevalier.
Il devait son nom au page qui le menait toujours en le tenant par la dextre (la droite).
PALEFROI : Cheval de poste, de voyage et aussi de parade.
RONCIN : Cheval à tout faire.
SOMMIER : Cheval de manant pour traîner la charrue, les chargements de bois ou de pierres.
HAQUENÉE: Le plus souvent une jument, monture de dame, qui ambe (se déplace par bipèdes latéraux et non diagonaux).
A la Cinéscénie, c'est la première scène où la Cavalerie intervient.
Et ce mot QUINTAINE a une résonance un peu mythique, pour beaucoup de cavaliers, car c'est la scène phare, la plus spectaculaire.
Elle évoque la force, la virilité, la vitesse, la dextérité, le contrôle de l'animal, la magie.

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Secret par le mystère du heaume.
Jeu par le déguisement bien particulier...
En effet, il ne faut rien oublier : en commençant par le caparaçon du cheval qui aura la même couleur et le même blason que sur la robe, le fanion et le bouclier du chevalier.
Ensuite, le heaume avec la cagoule, qui doit être bien ajusté, sinon aux premiers galops, le cavalier ne voit plus rien et doit faire confiance uniquement à sa monture pour arriver à bon port.
Puis le godet à la jambe droite pour porter le fanion.
Dès le départ de la bande-son, les chevaux sortent des écuries et chaque soir, le "top départ" de service au château définit la place de chaque couple suivant ses couleurs et chacun se dirige en silence, dans l'allée de défilement.
En début de saison, l'atmosphère est au recueillement, avec un mélange de trac et de concentration. Dernières vérifications et dernières recommandations aux nouveaux cavaliers avant de s'élancer sur scène.
La pression la plus forte est sûrement pour le premier.
Il a la lourde responsabilité de donner le bon rythme.

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Avec les chevaux derrière lui pour que l'enfilade soit belle, assez rapide, sans trou, mais sans bouchon et surtout pas de cheval qui double.
Le passage sur scène au milieu des acteurs, est un moment difficile.
La QUINTAINE est un le baromètre, car si elle commence bien, le spectacle s'enchaîne à merveille.
A la fin de la quintaine, une ne page de l'histoire est tournée, une époque racontée.
Maintenant, les trompettes annoncent l'arrivée de François 1er au Puy du Fou, mais là, c'est une autre histoire.

Posté par Puystory à 00:10 - LE CINE SCENIE - Commentaires [2] -

Sous la pluie.

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Même sous la pluie, les Puyfolais jouent la Cinéscénie.

Posté par Puystory à 23:23 - CINESCENIE - Commentaires [1] -