Puystory
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21 décembre 2020

Mon beau sapin.*

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S'il est le roi des fêtes de fin d'année et s'il a fière allure paré de ses guirlandes, il est avant tout, comme le dit la chanson, le roi incontesté de la forêt et mérite que notre admiration s'exerce là où il domine son royaume.
Seul arbre dont la verdure perdure au coeur de l'hiver, le sapin était jadis en Allemagne, symbole de vie.
En 1508, un prédicateur allemand de Strasbourg mentionne pour la première fois le sapin de Noël dans son sermon.
A la même époque, il symbolise l'arbre de l'Eden et on y accroche les pommes de la tentation.
Au XVIIème siècle, on le décore de roses en papier et de bougies pour chaque mois de l'année.
Le premier sapin français est dressé aux Tuileries, à Paris, en 1837, à la demande de la duchesse d'Orléans.

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Depuis, il a conquis le monde entier... sauf l'Islande où l'on décore un sorbier !
Quant aux 6 millions d'arbres qui trônent dans nos foyers, ce ne sont pas des sapins mais, à 85 % des épicéas !
Connaît-on vraiment la nature de ce résineux si familier que l'on fête une fois l'an et qui fait rêver petits et grands ?
Le "sapin" de Noël de notre enfance, celui au pied duquel on dispose soigneusement les cadeaux en prévision du grand jour, est en effet, dans la plupart des cas, un épicéa commun.
La croissance de l'épicéa est rapide.
Cet arbre, qu'on trouve aussi bien en plaine, que dans la vallée ou en moyenne montagne, est abondamment planté, fortement exploité et son utilisation est variée : menuiserie, ébénisterie, pâte à papier...
Il est ainsi géré en vastes parcelles à des fins industrielles et de reboisement.

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Quant à son utilisation en sapin de Noël, sachez que plusieurs sortes d'épicéas sont en compétition.
En revanche, et contrairement à l'épicéa commun, le sapin des Vosges ou sapin blanc se fait rare.
Ce sapin qui apprécie tout particulièrement l'humidité des sous-bois, impressionne par sa taille démesurée.
Son tronc, d'une droiture exceptionnelle, est souvent gris argenté, alors que sa cime, lorsqu'elle est visible, semble rejoindre le ciel.
Le sapin blanc est un conifère pouvant atteindre 600 ans.
Vous surprendrez peut-être, par hasard, descendant de l'arbre à toute allure et défiant la pesanteur, l'écureuil roux en quête de nourriture.
Quelques secondes plus tard, l'animal vous observe, malicieusement caché derrière un tronc d'arbre protecteur.
Vous voilà surpris en flagrant délit de nostalgie.
Surpris à rêver aux Noëls de votre enfance, tout étincelants, tout illuminés de petites loupiotes, tout parfumés des senteurs du feu ouvert ou des bougies parfumées.
Tout colorés de boules et de guirlandes rouge et or.

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Qu'à cela ne tienne : plantez le décor !
Habillez votre sapin de rouge et d'or.
Décorez-le avec de belles pommes rouges entourées d'un ruban écossais, qui remplaceront joliment les boules traditionnelles.
Ajoutez des grands nœuds que vous découperez dans un ruban rouge de grande largeur.
Puis armez-vous d'une bombe à dorer, de pommes de pin que vous aurez récoltées au cours de vos promenades et que vous vaporiserez d'un nuage étincelant.
Vive la tradition !

3 décembre 2018

PETIT PAPA NOËL

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Quelques mots sur notre bien aimé "PETIT PAPA NOËL".
Qui est-il ?
D'où vient-il ?
PETIT PAPA NOËL.
Ce malicieux papy, chaussé de hautes bottes et portant un bonnet rouge, fait depuis quelques temps concurrence à Saint Nicolas.
Plus jeune, les yeux pétillants de malice et les pommettes rieuses, le père Noël porte un baluchon de joujoux sur l'épaule et se promène sur un magnifique traîneau tiré par un attelage de rennes.
Chanté par Tino Rossi, il y a de nombreuses années, qui oserait encore imaginer un décembre sans son "Petit Papa Noël" ?
Le bambin qui garde les yeux ouverts la nuit du 24 décembre, a des chances de l'apercevoir se glissant par la cheminée pour déposer les cadeaux au pied du sapin.
Car, par tous les temps, il fait son tour, et, pour rien au monde, il ne voudrait décevoir les têtes blondes.

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LE PAYS DU PERE NOËL.
En Norvège, même le père Noël a dû prouver qu'il avait du sang lapon dans les veines pour pouvoir conserver son renne !
Le lien qui unit lapons et rennes remonte à la nuit des temps.
A la fin de la période glaciaire (il y a 10.000 ans), le renne fut le premier animal à s'établir dans le nord de la Scandinavie.
A l'origine, les lapons chassaient exclusivement les rennes sauvages.
Toutefois, ils parvinrent vite à en apprivoiser quelques-uns.

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(Photo : https://www.santaclausvillage.info)

Dès le 17ème siècle, l'élevage du renne supplanta définitivement la chasse des animaux sauvages.
La Laponie d'aujourd'hui s'étend par-delà les frontières de Norvège, de Suède, de Finlande et de Russie. Pourtant, on ne rencontre plus de lapons semi-nomades qu'en Norvège (qu'ils appellent Finmark).
Ces peuplades parcourent annuellement des centaines de kilomètres avec leurs troupeaux.
A l'heure actuelle, il n'y a plus que 10% de lapons en Norvège à dépendre des rennes pour leur subsistance.
L'aventure reste pourtant à l'ordre du jour, quand on pense que 450 familles et 170.000 rennes voyagent sur un territoire aussi grand que tout le Danemark.
Au printemps, les troupeaux et les "bergers" se déplacent vers les îles et les presqu'îles qui bordent la côte, pour retourner vers la toundra en automne, afin d'y passer l'hiver.
Ces migrations semestrielles sont bénéfiques tant aux hommes qu'aux animaux.
Dans les pâtures d'hiver, les bêtes se nourrissent essentiellement de lichens, qui sont composés surtout d'hydrate de carbone.
Cependant, bien que ces lichens soient suffisants pour assurer leur croissance, les rennes doivent aussi absorber des protéines, qu'ils trouvent au printemps dans les prés, le long des côtes.
Afin de sauver la culture lapone, le gouvernement norvégien encourage l'élevage de rennes.
Dans les circonstances particulières comme un mariage, les lapons revêtent toujours leur costume typique et coloré.

2 décembre 2019

Décembre en fête.

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Voici venu décembre et son cortège de festivités !
Marchés de Noël, foires aux artisans, crèches animées, marionnettes, distribution de friandises et dégustations de toute sorte de bonnes choses...
Décembre et son arc en ciel de couleurs, de paillettes et de saveurs.
Décembre, mois du rêve et de la magie...
Décembre, mois de Saint-Nicolas et du Père Noël, mois des cadeaux et des enfants.

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Que ce mois décembre soit avant tout celui de la famille, de la chaleur humaine, de la fête et de la joie... la vraie.
Celle du coeur !
Un peu partout pendant le mois de décembre sera le théâtre d'expositions et d'animations plus passionnantes les unes que les autres.

20 décembre 2019

La crèche à travers le temps.

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Connaissez-vous l'histoire de la crèche ?
Elle remonte à bien longtemps et célèbre la joie de la Nativité, devenue au fil des siècles une merveilleuse expression de foi populaire.
La première représentation de la crèche a suivi de peu la naissance de l'enfant Jésus.
Dès le deuxième siècle, à Rome, un artiste peignait, sur les murs des catacombes de Priscille, une fresque de la Nativité.
Puis, dans le même lieu, les mages firent leur apparition.
Au quatrième siècle, on vit apparaître l'âne et le boeuf.

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Mais c'est incontestablement à Saint François d'Assise que l'on doit la première crèche vivante.
Depuis, dans le monde entier, on commémore la naissance de Jésus.
A Creccio, dans la nuit du 14 au 15 décembre 1223, François fit préparer au château, une crèche avec du foin, un âne et un boeuf.
Il pensait qu'il était plus facile, grâce à cette représentation vivante, de s'imaginer la vie du Christ dès sa plus tendre enfance et les souffrances qu'il avait dû endurer dès sa venue au monde.
L'office de Noël fut donc célébré avec les frères de l'ermitage voisin et les gens du pays.
François, qui n'était que diacre, servait la messe.
A l'époque, il semble que cette crèche ait été une nouveauté dans la liturgie.

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Elle aurait été approuvée par le pape dont Saint François avait sollicité l'autorisation.
Pendant deux siècles au moins, les crèches furent aménagées uniquement dans les églises, pour l'édification des fidèles.
Puis elles entrèrent dans les maisons et les palais.
Les artisans et artistes mirent à l'épreuve leur habileté et les crèches rivalisèrent d'ingéniosité.
Certaines d'entre elles, fabriquées durant l'ère baroque, étaient même munies de mécanismes compliqués permettant aux personnages de se mouvoir comme les petits acteurs d'une pièce de théâtre.
Depuis, la crèche n'a cessé de conquérir le cœur des hommes du monde entier.
La crèche est devenue ainsi l'expression d'un art spontané et chacune d'elles est unique.
Placée sous le majestueux sapin, la crèche évoque la naissance du Christ et transmet un message d'amour et de paix.

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C'est autour d'elle que se réunissent familles et amis.
A l'origine, le mot crèche désignait la mangeoire des bestiaux où fut déposé Jésus par la Vierge.

20 février 2019

L'histoire, le temps et les périodes.

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1. Qu'est-ce que l'histoire ?
C'est un retour dans le PASSE dans le but de connaître la vie des hommes.
C'est-à-dire les événements (ex.: l a guerre), mais aussi tout ce qui a été adopté par les hommes depuis leur origine.
Habitudes, manières de penser, lois, religions, arts, sciences, techniques, etc., bref, en un mot, la CIVILISATION.

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2. Comment connaître l'histoire ?
a. Par le souvenir mais imprécision, oubli, erreur... et impossibilité de remonter personnellement au-delà de 100 ans !
b. Par la documentation.
La documentation est recherchée dans le but de retrouver la VERITE.
2 sortes de documents existent :
- les documents écrits (lettres, textes de lois . . .).
Ce sont les meilleurs, mais ils ne disent pas toujours la vérité (ex. : les journaux !).
- les documents non écrits (monuments, pièces de monnaie, bijoux, armes...).
Il est difficile de les expliquer.
L'archéologie est la science qui étudie les monuments anciens.

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3. La chronologie.
a. Qu'est-ce que l a chronologie ?
C'est la science qui permet de dater les événements afin de les replacer correctement les uns par rapport aux autres.
b. Quel en est le point de départ ?
La naissance du Christ est le point ZERO à partir duquel les années sont comptées (ex.: 1968 = 1968 ans après la naissamce du Christ).

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4. Quelles sont les grandes divisions du temps ?
- L'année
- Le siècle (100 ans) ex.: I968 = 20e siècle (19 + 1).
- Le millénaire (1000 ans ou 10 siècles).
- Les grandes périodes :
La préhistoire : du premier homme à l'invention de l'écriture.
L'histoire :
+ L'Antiquité : de l'Egypte ancienne à la disparition de l'empire romain (5ème siècle).
+ Le Moyen Age : de la disparition de l'empire romain aux grandes découvertes du 15e siècle.
+ Les Temps Modernes : des grandes découvertes à la révolution française de 1789.
+ Les Temps Contemporains : de la révolution française à nos jours.
Ces divisions n'ont été choisies que pour faciliter l'étude (en effet : Antiquité en 475 et Moyen Age en 476 ?).

6 février 2019

Horloge *

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Si on réduisait à un an le milliard d'années qui s'est écoulé depuis l'apparition de la vie sur le globe, l'homme préhistorique occuperait les huit dernières heures du jour ultime, l'homme historique - de l'Egyptien antique à nos contemporains — ne représenterait que deux ou trois minutes.

CARL GRIMBERG (1875-1941 / historien).

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4 mai 2021

MONUMENT élevé au GÉNÉRAL TRAVOT par MAINDRON (Hippolyte).*

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Œuvre crayon lithographique, Deveria (Achille-Jean-Marie), imprimée chez Lemercier, 1838.
Travot est représenté tenant à la main une feuille sur laquelle est écrit :
"Travot pacificateur de la Vendée ".
Sur le socle "Le général Travot, H. Maindron ".
Refusée par le jury au Salon de Paris de 1836, cette statue en bronze a été inaugurée le 26 août 1838 à la Roche-sur-Yon.
L'affiche de souscription comportant la liste des personnes qui ont participé à l'érection de ce monument, est conservée aux Archives Départementales de la Vendée (cote T.369).
Cette œuvre a été envoyée à la fonte par les Allemands lors du second conflit mondial (1944).
Jean-Pierre Travot.
Né à Poligny en 1767, mort à Chaillot en 1836.
Engagé dans un régiment d'infanterie (1786), il prend part aux campagnes révolutionnaires.

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Vainqueur de Charette à la Brussière (janv. 1796), il le fait prisonnier (mars 1796).
Général de division (1805), il participe aux guerres de l'Empire.
Après avoir remporté les victoires d'Aizenay et de Saint-Gilles (mai 1815), il livre bataille à Rocheservière et pacifie le marais vendéen.
Pair de France en 1815, il se retire à Lorient après l'abdication de Napoléon V.
Arrêté en 1816, condamné à vingt années de réclusion, il est interné au Fort de Ham.
Atteint de folie, il est gracié en 1819.

20 mai 2019

Le Mystère du Puy du Fou (2/2)

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Pourquoi le Puy du Fou ?
On songe à quelque lieu étrange enrobé d'un puissant mystère, dont l'origine nous plongerait au cœur d'une histoire lointaine et tourmentée. 
Le détour toponymique nous aide à en comprendre le sens exact.
Les "Puy" sont nombreux en France et signifient toujours une élévation, depuis la montagne altière jusqu' à la paisible butte.
Promontoire qui dissimule les vallées, son origine latine révèle un podium.
Le substantif qui le caractérise, facile à traduire désigne un arbre, plus précisément un hêtre.
Un demi-siècle avant Jésus-Christ, lors de l'occupation romaine, cette colline devait être boisée.

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Plusieurs hêtres dominaient alors le paysage.
L'histoire est assez imprécise et le lieu garde encore tout son mystère.
Il faut bien dire que le Château du Puy du Fou était alors le siège de légendes et d'anecdotes peu flatteuses.
Mais le château de Puy du Fou est le présent lié au passé.
Le château, dont les grandes lignes Renaissance se sont brisées dans des volutes de charpentes en feu, était la plus perdue des ruines, au fond d'un des terroirs les plus secrets.

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Le Bocage vendéen est l'équilibre même de la nature.
Son relief est à l'image des cartes de Noël émaillées de paillettes de notre enfance, avec des petits chemins qui se perdent derrière des collines basses.
Mais ses floraisons ont la violence d'un sacre et les versants se couvrent de bleu, de mauve ou de jaune.
Les Vendéens sont de cette sorte.
Ce peuple qui regarde le monde à travers des rideaux de lin fermés est capable de réveils et de colères cosmiques.
Ces gens n'aiment pas que d'autres pensent à leur place et leur dictent leur bonheur.

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Leur silence est observation, ou désapprobation.
Leur fureur est générosité. Une expérience comme celle du Puy du Fou peut se faire partout, mais la dimension du phénomène social est ici exceptionnelle.
Ici, une population a décidé qu'une ruine serait à la fois église, école, terrain de spectacle, centre de méditation, stade.
Aspiration collective, fraternelle, inspirée par un chef naturel et le contraire d'un embrigadement de masse ou de loisirs programmés.
Du Marais à la Loire, de la Plaine au Pays de Retz, le terrain semblait vierge.
Mais lorsque la baguette du magicien commença à jouer, les silhouettes sortirent de partout, étonnées d'être si nombreuses, si jeunes et enthousiastes, si désintéressées.

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Ils se déclarèrent chez eux, dans ce château pathétique, dont aucun motif ne reflète la prétention, mais dont chaque pan de mur a un air de dignité innée.
Fierté de vivre et de mourir debout, mais en toute simplicité….
Un château sans histoire.
Il n'est pas de ces grands navires qui ont marqué les itinéraires de l'histoire.

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Il reflète la vie d'un pays, d'une petite noblesse très attachée et liée à ses paysans.

8 avril 2019

Le Mystère du Puy du Fou (1/2)

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En 1978, Puy du Fou est une carcasse décharnée.
D'un aspect imprévu, le château enchante l'œil.
Face au couchant, des pans de murs ruinés baignent dans des flaques de boue.
Une fois le porche franchi, on pénètre dans la cour carrée autour de laquelle s'ordonnent les bâtiments.
Les deux tours octogonales de l'aile nord rappellent ce que fut la demeure au XVème siècle.
La partie principale du château se compose de deux corps de bâtiments réunis autour d'un escalier somptueux enrichi d'un péristyle à arcades et colonnes.

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Premier regard, première passion.
Le granit roux des Mauges aux gros grains de mica, les tuiles creuses, les briques roses, donne à l'ensemble une allure sobre et élégante.
Les tons pastel des tuiles et des briques tranchent habilement sur le granit.
Et lorsque le soleil, dans un ciel bleu de mer, éclaire sa façade, le Puy du Fou rayonne de pureté.
L'éblouissement gagne le visiteur : délicatesse et raffinement.
Les blocs de granit s'écartent sous la pression des racines sauvages et des paquets d'herbes folles.
Sur les caissons Renaissance, une pellicule verte, algue ou champignon, retient une humidité sournoise qui pénètre la pierre.

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La grande cour intérieure donne des allures de grosse ferme.
Au sol, des lapins s'agitent dans leurs clapiers.
Plus haut, sur des meneaux brisés, perchent des coqs, surveillant leur harem.
Dans les airs, tournoient des nuées de corbeaux dont les nids se détachent sur un ciel indifférent gorgé de nuages froids.
L'usure du temps et l'incurie des hommes ont eu raison, en un siècle, de sa partie centrale très certainement copiée sur le péristyle de Lebreton à Fontainebleau.
La nuit, une chouette-effraie crie et redonne vie à cette énigme de blocs effondrés, de corniches rousses de mousses.
Cette chouette est un lien.
Se souvient-elle et imite-t-elle le cri des hommes qui, dans ce pays, ressemble au sien ?

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Ces hommes qui ont défendu leur château contre les colonnes infernales de Turreau.
1794, l'année de sang, qui crucifia ce pays de son épée de feu, lui enlevant une âme sur deux, anéantissant tous ses villages, incendiant ses bois et ses champs.
Le souvenir des reflets de fer et de feu des guerres de Religion s'était estompé, depuis si longtemps, lorsque la plus injuste des répressions s'abattit sur ce peuple de paysans et d'artisans, au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité.
Devenu inutile, restreint à un rôle de symbole déformé dans l'esprit des volontaires parisiens, le château ne pouvait être qu'une cible facile et sans grand danger pour les incendiaires.
Puis, destin commun aux chefs-d'œuvre en péril, il offrit ses cicatrices aux villageois ayant leur foyer à construire ou à reconstruire.

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Triste dépeçage justifié par les nécessités d'un pays exsangue aux survivants hagards.
Mais les Vendéens, peuple secret, peuple généreux et méfiant, se renfermeront derrière une pudeur qui en fait des géants et ne parleront plus de ce qu'ils n'oublieront jamais.
Pendant un siècle et demi, les murs du Puy du Fou braveront un destin scellé d'avance.
Lente érosion des souvenirs et des pierres, jusqu'au jour où en 1978, une nouvelle aventure attend le château dont le nom secret provoque à lui seul l'enchantement.
Un jour, l'École Nationale d'Administration (l'ENA, comme on dit) allait accueillir un jeune et brillant lauréat qui, pour l'instant, planchait sur ses manuels.
Etudiant aux champs avant de devenir sous-préfet, allongé sur l'herbe, face au château enflammé par les chauds rayons de soleil d'une fin d'été.
Manuels dans la main gauche, mais bloc de papier dans la droite, sur lequel une fine écriture dessinait une mise en forme de l'histoire à la dimension des hommes et des femmes du pays du Puy du Fou.

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Au printemps 1977, le département de la Vendée vient d'acheter ces ruines.
Alors, commence l'itinéraire d'abord solitaire de ce fils du pays qui allait déclencher une réaction en chaîne engendrant une série d'opérations collectives à vocation culturelle, inspirée par une pensée claire, et aussitôt prise en main par les populations du Haut-Bocage.
La plus importante est la renaissance du rôle social du château en pays rural.

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Puisque tout commence par la soif culturelle, les ruines du château allaient, en quelques mois, devenir une fourmilière et l'amorce du plus grand centre culturel de la région.
Une multitude d'actions et de créations allait éclore spontanément du savoir faire des acteurs du "Spectacle du Puy du Fou", car le creuset est né dans les textes et les images de ce fils du pays, Philippe de Villiers, et grâce à l'Association pour la mise en valeur du château et du pays du Puy du Fou.
Les répétitions de 1978 prouvent immédiatement qu'un nouveau mode d'expression est né, qui s'appellera "Cinéscénie", cinéma vivant de plein air, en direct, par des acteurs qui se souviennent et refont les gestes de leurs anciens.

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Fêtes et labeurs autour des quintaines du Moyen Age, danses et travaux des champs le long du passage légendaire de François Ier au château, saines colères pour la liberté de croire et de penser, modernismes et guerres mondiales.
Fil conducteur, témoin immuable de tous les temps : le paysan vendéen, Jacques Maupillier.
Un symbole parmi des millions d'ancêtres, hier la faux à la main et aujourd'hui manipulant des amplificateurs, des lasers, des jets d'eau ou de géantes brioches.
Ce pays caché a retenu son souffle car au départ, les notables craignent l'échec.
Mais les Vendéens ont compris l'importance du spectacle et se sont reconnus.
C'est encore leur victoire.
Le miracle de leur château va leur donner de nouvelles raisons de vivre et de se dépasser, subjugués par un phénomène que l'on croyait périmé, le bénévolat absolu.

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La Vendée n'était plus un pays perdu, oublié, méprisé.
La caricature que l'on avait voulu donner de ce pays de bocage, de marais, de landes et de plaines, pendant des décennies, vola en éclats en un soir.
Le bâtiment en lui-même n'est pas le sujet du spectacle.
Château vivant, propriété sentimentale d'un pays, il est un catalyseur entre le cœur des Vendéens et l'âme de leur terre.

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Le produit en est un phénomène social unique, dépassant la beauté et la charge émotionnelle d'une prestation qui est pourtant une réussite d'originalité avoisinant la perfection.
Les Puyfolais veillent sur lui, le château de tout un peuple.
En foulant la terre de sa cour, chacun s'y sent à la fois le propriétaire et le serviteur.
Pourquoi au Puy du Fou ?

Suite dans le preochain article.

31 décembre 2018

Sur la route du Puy du Fou !!*

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Un voyageur lève les yeux, surpris, émerveillé...
Là, devant lui, en plein ciel, l'Archange Saint Michel terrasse le Dragon.
En un instant, il pense à un miracle.
On lui avait dit que ces paysages vendéens distillaient des philtres et des enchantements.
Le Dragon qui gardait les entrées de ce bocage agonisait enfin, et Saint Michel permettait à nouveau la découverte de ce royaume du bleu, du vert, de l'ensoleillé, du clair-obscur, du limité et de l'illimité.
Une porte s'entrebâille en effet à partir de Saint Michel-Mont-Mercure.

 

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La route monte, monte, en direction des Epesses.
C'est la route des retrouvailles avec des lieux que bon nombre de gens ne connaissent pas.
Des paysages de légende, des carrefours d'histoire, des repères d'avenir.
Il y a de tout cela, sur ce parcours de voies modernes et de petits bourgs anciens, dans un décor historiquement verdoyant et glorieux.
Encore un virage.

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Le silence des montagnes vendéennes accueille le voyageur, attentif et curieux.
Il est conscient que chaque tour de roue le rapproche de "quelque chose ou de quelqu'un", d'un endroit qui est effectivement "quelque chose et…. quelqu'un".
Et soudain le nom l'accroche : "LE PUY DU FOU" !

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Soudain le site lui apparaît : "LE PUY DU FOU !
QUELQUE CHOSE ET QUELQU'UN ... des ruines, des restes de style, des confidences de pierre, des rêveries d'eaux et de prairies, des murmures d'arbres et de voix disparues...
D'ailleurs, le voyageur écoute et entend :

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..//..
Je n’ai jamais reçu de nom.
Ils m’appellent le vieux galopin.
Je ne me suis jamais perdu.
Ils m’appellent, le vieux cherche-pain.
Je couche dans les barges des granges, ou sur les berges des fossés.
Je traîne mes souvenirs avec mon baluchon humide, et je colporte les nouvelles de métairie en métairie.
Jamais je ne suis attendu, mais jamais ils ne sont surpris.
Et je porte avec moi l’histoire, à tous les enfants du pays.
../..

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Le voyageur écoute, entend, imagine ...
Il voit sous les feux des projecteurs l'Histoire de la Vendée, cette histoire féerique et grandiose...
Cette histoire qui lui prendra le cœur...
Un merveilleux texte du Maitre de Cérémonies, Monsieur Philippe de VILLIERS, auteur et réalisateur.
De grands interprètes, et la grande foule des participants, chanteurs, danseuses, le formidable enthousiasme de ceux que l'on nomme les Puyfolais et qui, en fait, sont eux-mêmes la Vendée...

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Le voyageur regarde et lentement, très lentement, il s'intègre à cette ombre qui va redevenir lumière, pour réinventer les dits et les fastes de l'épopée vendéenne.
Toute l'Histoire.
Car l'existence de la Vendée n'a pas connu que les tristes guerres célèbres de 93...
L'image et la parole de la Vendée, vêtue de légendes et auréolée de mains modernes, c'est tout cela que l'aventure du Puy du Fou promet à ses habitants, à ses voisins, à tous ses amis...

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A partir de ce mémorial de forme, de sons, de gestes, de paroles et de talent, va s'élever un monument à la gloire de la Vie Provinciale...
A partir de l'aventure du Puy du Fou commence l'aventure culturelle de la Vendée...

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L'Art et l'Histoire sont au rendez-vous de notre présent.
Le mariage du visible et de l'invisible, presque palpable pour le voyageur de notre temps, ce voyageur qui, lui aussi, sera au rendez-vous.

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Il reviendra l'été prochain.
Il est déjà vendéen par le cœur, l'âme et l'esprit...
A demain, la Vendée de toujours...

25 février 2019

Derniers souvenirs

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Un dimanche après-midi d'octobre, mon grand-père m'avait demandé de l'accompagner pour sa promenade habituelle aux environs de la ferme (sans savoir que ce serait la dernière).
Tout était calme dans la campagne.
Un soleil d'automne sans éclat accordait cependant à la nature une beauté bien qu'éphémère.
Les feuilles des arbres se détachaient au vent léger et des oiseaux s'envolaient en bandes furtivement vers le bosquet voisin.
Mon grand-père aimait parcourir les champs qui lui rappelaient tant de souvenirs.
Il n'avait jamais quitté ce coin de terre auquel il s'était attaché.

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Il connaissait tous les arbres centenaires témoins de son labeur, les chemins creux, les haies et les fourrés touffus les coteaux nappés de genêts.
A l'entrée d'un champ, son regard se porta sur un grand chêne.
Enfant, il avait joué sous son ombre en gardant le troupeau.
Plus tard, il était venu par les grandes chaleurs y faire la sieste.
Plus loin, il ne cessait d'admirer les sillons fraichement labourés qui s'alignaient droit devant nous.
Son regard perdu dans le lointain, il devint soudain triste.
Il ne disait plus un mot.
Je restais silencieux à côté de lui.
Je devinais l'émotion qui l'habitait au soir de sa vie.
Bientôt, il devait quitter les terres qu'il avait labourées, sa famille à qui il laisserait le patrimoine de ses ancêtres.

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Peut-être entrevoyait-il aussi le passé avec ses joies, ses souffrances, ses épreuves et l'espoir qui ne lui avait jamais manqué.
Il était resté homme de bien toute sa vie, en accord avec lui-même.
Il se confiait peu.
Peut-être de peur d'en dire trop.
Comme les paysans, il portait tout cela en son cœur.
Chez nous, l'âme du paysan a ses secrets.
La transmission de son exemple, de son courage et du patriotisme s'accomplissait ainsi sans parole.

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Au contact de mon grand-père, dès mon enfance, l'amour de la terre et la fierté du paysan s'étaient déjà enracinées en moi.
Cette vie qui s'harmonisait pleinement avec la nature m'agréait.
Les saisons amenaient la diversité de mes occupations.
Je ne puis vous d'écrire tout le charme poétique qui m'envahissait quand je traçais les sillons dans la glèbe ou lorsque je conduisais la charrette remplie de gerbes de blé.
Autour de moi un monde d'oiseaux et d'animaux familiers.

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Je me sentais heureux alors, insouciant, sans doute, inconscient peut-être.
Ma jeunesse ne voulait pas renier ce passé plein d'idéal, car mes pensées, mes aspirations ne s'arrêtaient pas au bout du chemin.
Mais peut-être se sont-elles révélées, et puis un jour,… "En cet été 1793…." .
Un événement déchirant est venu dans le bocage marquer la conscience des gens de mon âge…
"Je n'avais pas encore 16 ans, j'étais garde au Puy du Fou.
Avec mes frères et mes voisins, je m'en suis allé au combat, comme je m'en allais à l'ouvrage..
Avec les armes de la grange, la faux que l'avais emmanchée… droit pour en faire une baïonnette, la fourche qui me servait de pic, un aiguillon qui me servait de lance…
Je n'avais pas peur.
Ainsi que le disait mon père :
"Le courage s'accomplissait en moi comme la marche et la respiration.
Cependant, moi non plus, je n'avais rien pu faire…..
Les colonnes infernales de Turreau étaient passées.".

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J. Maupillier (garde)

10 octobre 2018

Souvenirs de Dame Catherine du Puy du Fou (2/3)

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François 1er reçoit Catherine du Puy-du-Fou.
La servante entre à pas feutrés dans la chambre où repose Dame Catherine...
Elle s'approche doucement du grand lit, écarte les rideaux damassés...
Personne...
Un petit rire moqueur la rassure.
Catherine est bien là, assise devant un vieux coffret.
Devant elle, les précieuses reliques de son Passé... des boucles de cheveux, des fleurs séchées, des bagues, des épingles et puis... un collier... le collier de Saint-Michel que le Roi remit à François, son premier époux, un beau jour d'Août 1537.
Catherine revoit le messager apportant l'invitation royale...
Comme elle était fébrile en veillant aux préparatifs du voyage !
Pensez-donc...
Se rendre à la Cour...
Affronter les routes durant plus de trois semaines... !
Mais, les soucis, elle les a oubliés...
Seule son arrivée au château de Fontainebleau s'impose à sa mémoire...
La litière s'avance lentement sur la chaussée de Maintenon qui borne les eaux de l'étang où, parmi des nénuphars roses, glissent des cygnes nonchalants.

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Soudain, des trompettes résonnent, saluant les nouveaux venus au château.
Catherine et François franchissent la porte d'Orée, pénètrent dans la cour du Donjon et leurs yeux s'émerveillent...
Disparues les lourdes masses féodales, envolés les murs austères et froids...
Ils ne voient que constructions ajourées, fenêtres qui s'ouvrent à la lumière et à la chaleur du soleil...
Les valets se précipitent...
Sa Majesté attend ses invités dans la Galerie...
La fameuse Galerie... !

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Le Roi, entouré de sa Cour, s'avance vers eux.
Catherine se sent gauche et maladroite.
Comme les robes des dames sont somptueuses... !
En velours, en satin, en toile d'or frisé... !
Et comme les couleurs sont chatoyantes... !
Rouges, vertes, violettes... !
Elle n'ose penser à sa garde-robe stricte et sombre de petite provinciale...!!

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Avec un plaisir non feint, le Roi accueille François, son compagnon des bons et des mauvais jours italiens... Mais son œil qui s'allume laisse à penser qu'il n'est pas indifférent au charme de la belle Dame du Puy-du-Fou...
Le regard noir que lui jette une des dames de la suite royale en est la preuve !
Ce regard jaloux serait-il celui de l'insolente favorite, la blonde Madame d'Etampes ?
Mais Catherine oublie bien vite cette déplaisante impression tant elle est éblouie par la splendeur de la galerie où elle se trouve...
Devant le plafond cloisonné soutenu par des caryatides de faunes grimaçants et de nymphes gracieuses, devant les murs ornés de guirlandes enchevêtrées de fleurs et de fruits, devant la profusion des couleurs, Catherine évoque son lugubre château dont les seuls ornements sont de tristes tapisseries usées par le temps...
Toute à ses pensées, Catherine entend à peine le Roi lui proposer de prendre un peu de repos.
C'est avec reconnaissance qu'elle accepte, car en ce mois d'Août, la chaleur est accablante et, malgré le confort de la litière tirée par quatre robustes chevaux, la poussière et les cahots de la route ont rompu son corps.

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Enfin, Catherine et François se retrouvent seuls dans leur appartement où une collation les attend : des fruits, des confitures, des brioches, des dragées..
Mais bien vite, une servante pimpante et gaie apparaît.
Elle apporte des linges de toilette, des miroirs, des pots à éponges, des pelotons de satin pour les épingles, des étuis serrant des peignes.
Elle propose aux deux voyageurs d'aller se détendre dans l'Appartement des Bains.
Intimidés et éblouis, ils admirent longuement cette enfilade de salles d'eau, de pièces de repos et d'étuves.
Aux murs, pour le plaisir et le délassement des yeux, ce ne sont que tableaux, notamment ceux de ce Maître Léonard que le Roi ramena d'Italie, avec ses mystères et ses étranges inventions.
N'avait-il pas imaginé de faire marcher les hommes au fond des eaux et même de les faire voler ?
Catherine prolonge sa visite, charmée, irrésistiblement attirée par ce portrait de femme qui lui sourit avec une tendre douceur.
Avec regrets, elle s'arrache à sa contemplation et, toujours escortée de la petite servante, regagne sa chambre.
Avant de se préparer pour le souper et le bal, la châtelaine du Puy-du-Fou se penche à sa fenêtre.

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Dans la cour du Donjon, la colonne d'Orée illumine le crépuscule grâce au flambeau qui brûle à son sommet ; au-delà, l'Etang des Carpes s'étale paresseusement dans le soleil couchant et, plus loin encore, s'effilochent les frondaisons de la forêt où, demain, elle ira courir le cerf avec toute la Cour... 
Une porte s'ouvre...
Une petite servante s'avance...
Il faut que Madame s'allonge et prenne ses potions...
Catherine reprend brutalement pied dans la réalité.
Les belles images de Fontainebleau s'estompent... pour un temps...
Un jour prochain, elles revivront en sa mémoire.

7 novembre 2018

Souvenirs de Dame Catherine du Puy du Fou (3/3)

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Catherine ouvre les yeux...
La nuit est encore profonde...
Seule la lune indiscrète éclaire la chambre.
Catherine soupire, heureuse...
Tout le château dort...
Personne ne viendra troubler le fil de ses pensées.
Ils ne savent pas tous ceux qui l'entourent de tant de sollicitude, comme son cœur se réchauffe au soleil des souvenirs.
Ressentir les joies et les peines des jours passés, c'est sa façon à elle de retenir la vie, maintenant que le froid de la mort s'empare de son corps.
Alors, vite, vite... il faut qu'elle profite de ces heures qu'elle vole au sommeil... !.
La lune, éclatante dans le ciel d'été, attire son regard... La lune... Diane... la belle Diane de Poitiers qui l'avait éblouie à Fontainebleau.
Fontainebleau...
Le Roi François... un tournant de sa vie.
L' "esprit italien" avait soufflé sur elle...
La beauté, la grâce, l'élégance qui régnaient en maîtresse à la Cour, lui étaient devenues indispensables... !
Elle se souvenait de son voyage de retour...

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Sans cesse, ses yeux revenaient vers l'esquisse tracée par un élève du Primatice sur les instructions de son maître... et c'était le Roi François, en personne, qui avait invité son architecte favori à élaborer un plan de transformation pour le château du Puy du Fou... ...
Déjà, elle voyait les larges fenêtres à meneaux avec leurs carreaux jaunes qui laisseraient pénétrer la lumière du jour.

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Elle voyait aussi la longue galerie, les loggias encadrées de fines sculptures qui ouvriraient son triste château à la clarté du soleil.
Elle imaginait les tapis qu'elle ferait tisser à ses femmes et qui remplaceraient la jonchée, ces herbes et ces branchages qu'il fallait étendre sur les dalles pour en adoucir le froid humide.
Et même, elle prendrait près d'elle, Jehanne, la fille du meunier qu'on disait si adroite aux travaux d'aiguille.
La jeune fille saurait créer de belles tapisseries qui rendraient les vastes salles plus accueillantes. ...
Lentement, la nuit cède la place à l'aube rougissante...

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Un coq chante...
Un cri d'enfant trouble le silence... son petit-fils Gilbert, sans doute... Jadis, elle se levait au petit matin...
Tant de tâches lui incombaient...
François préférait la chasse... et il lui fallait veiller à la bonne marche du domaine.
Après qu'elle se fût recueillie dans son oratoire, Catherine commençait toujours sa journée par le long défilé des officiers venant aux ordres.
Elle recevait le sénéchal qui lui rapportait les menus incidents des fermes et des métairies.
Puis venait le chambrier qui distribuait l'ouvrage aux gens du château et tenait les comptes.
Il y avait aussi le maître-queux, souverain des cuisines et le bouteiller, gardien jaloux de la cave.

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Ainsi, la matinée se déroulait et l'heure du repas cornait sans que Catherine ait vu le temps passer...
Elle rejoignait la salle à manger.
Les servantes avaient dressé les tables et amené le couvert.
Des pièces de venaison recouvertes de serviettes chaudes.
La famille, les compagnons de François, les voyageurs de passage se retrouvaient là...
On mangeait, on buvait...
Les hommes racontaient leurs exploits de chasse...
Les dames écoutaient, s'extasiaient...

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Catherine se rappelait la surprise et l'étonnement de tous lorsqu'elle avait ramené de Fontainebleau, des assiettes en étain et en céramique pour remplacer les tranchoirs, ces épaisses tranches de pain sur lesquelles on servait les viandes.
Elle avait ramené aussi, des fourchettes, petites piques à deux dents qui évitaient de puiser dans les plats avec ses doigts...
Toutes ces nouveautés venaient d'Italie... la dauphine Catherine de Médicis les avait apportées dans ses bagages...
Sans compter cet étrange petit légume venu d'Amérique, le fayot, qui s'était si bien acclimaté dans les potagers des paysans et qui avait évité la famine, une année où le blé avait manqué... !
Après le repas, elle reprenait ses activités : s'occuper des enfants, visiter les pauvres, soigner les malades.
Jamais, elle n'avait connu l'ennui, elle avait vécu de tout son être les moindres minutes de sa vie.
Elle avait essayé de répandre le bonheur autour d'elle.

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Avait-elle réussi ?
Le soleil est haut dans le ciel...
La porte grince légèrement...
Des pas feutrés...
Un regard vers le lit... "Madame dort-elle ?"... "Madame... ?"...
Un cri étouffé...
Oui, Madame dort... pour toujours...

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Elle s'en est allée rejoindre ses souvenirs.

26 juin 2017

"La Citadelle" plonge ses clients dans le Moyen-Âge

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C'est une véritable forteresse médiévale que le Puy du Fou vient d'inaugurer à l'occasion de ses 40 ans.
Baptisé La Citadelle, le 5e établissement thématisé du groupe a pour ambition de plonger les clients directement au 13e siècle.
La Citadelle dispose de 74 chambres quintuples et de 26 chambres triples.
Côté décoration, les détails ont été soignés, avec des lits en chêne, des murs enduits à la chaux.
Les lanternes, les vitraux, les étoffes et les fresques murales viennent accentuer ce voyage dans le temps.

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Avec la Citadelle, le Puy du Fou dispose désormais de 448 lits supplémentaires au sein de sa Cité Nocturne, qui comprend déjà Le Logis de Lescure, Les Iles de Clovis, Le Camp du Drap d'Or et la Villa Gallo Romaine.
C'est aujourd'hui plus de 2 000 lits que le parc propose à ses clients.

23 juin 2017

Un bon complément au spectacle.

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Bouton d’Or est un orphelin recueilli dans un champ par une religieuse.
A l’âge de 15 ans, il devient palefrenier au Puy du Fou, où il apprend également l’escrime.
Mais suite à un malheureux duel trois ans plus tard, il est condamné à mort et décide de s’enfuir en Espagne.
Sur son chemin, en compagnie de son cheval Présage, il rencontre un cadet de Gascogne nommé d’Artagnan, qui quitte ses parents pour devenir mousquetaire.
Bouton d’or ne peut imaginer que son destin le conduira non seulement à retrouver le chevalier d’Artagnan mais aussi à réaliser son rêve le plus inespéré…

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Livre disponible sur la boutique en ligne du Puy du Fou :  
http://boutique.puydufou.com/produit/de-bouton-dor/

11 avril 2018

Les Lucs-sur-Boulogne et les Colonnes infernales (1/3)

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D'abord il y eut une guerre.
"Une guerre de géants", a dit Napoléon.
Deux grandes armées face à face :
celle de la République et celle du Roi.
Les Bleus qui s'élançaient derrière les trois couleurs, les Blancs dont le drapeau était le Sacré-Coeur.
"Les rebelles se battaient comme des tigres, a dit Kléber, et nous comme des lions".
S'il y eut des morts, beaucoup de morts, c'est surtout au combat.
S'il y eut des massacres - il y en eut beaucoup - c'est autour et à la suite des combats.
Marceau témoigne, comme s'il s'agissait d'une routine :

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"Nos soldats en firent une boucherie épouvantable".
Mais la Grande Armée Catholique et Royale ne faisait pas non plus de cadeaux.
Cette guerre-là s'est achevée quand les derniers carrés vendéens furent écrasés à Savenay, les 22 et 23 décembre 1793, par les troupes de Westermann.
A l'intention du Comité de Salut public, et sans ambiguïté, ce général bleu avait dressé l'acte de décès de la Vendée en armes :
"Il n'y a plus de Vendée, citoyens...
Elle est morte sous notre sabre libre.
Je viens de l'enterrer dans les marais et les bois de Savenay...
J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de brigands.
Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher".

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Selon Kléber, la victoire républicaine réduisait les insurgés au désespoir.
De petites bandes de fidèles suivaient encore Stofflet et La Rochejaquelein.
Quelques autres obéissaient à Charette.
Surtout, répétait Kléber, surtout que l'on ne s'avise point de vouloir "ratisser" le pays.
Pour parvenir à la pacification, de simples opérations de police devaient suffire.
Aujourd'hui encore, sa lucidité nous saisit :
"On forcerait tous les paysans de l'intérieur, qui ne demandent plus que la paix, à se réunir en masse, et l'on verrait une nouvelle armée se former dans la Vendée."
On n'a pas écouté Kléber.
Déjà, à Nantes, le représentant Carrier cherche comment vider les prisons trop pleines.
Les noyades sont pour demain.
Et le général Turreau vient d'être nommé à la tête de l'armée de l'Ouest.
Turreau.

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Le voilà donc qui entre en scène.
Quand un spectacle frappe le public, il réclame l'auteur.
L'auteur, ici, c'est Turreau.
Une brute militaire ?
Pas même.
Avant la Révolution, ce fils d'un directeur des domaines du Roi s'appelait Turreau de Garambouville.
Il servait aux gardes de Monseigneur le comte d'Artois.
Les idées nouvelles ne semblent l'avoir séduit qu'au printemps de 1791.
Les volontaires qui s'en allaient aux frontières défendre la patrie en danger avaient élu lieutenant-colonel cet homme expérimenté. 
Le voilà aux armées du Nord, il passe général de brigade et, un mois plus tard, général de division.
Il sera commandant en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales, d'où on l'appellera dans l'Ouest.
Pour le malheur de l'Ouest.
Il a trente-sept ans.
Il connaît la région.
Il y revient pénétré d'une certitude :
toute manifestation d'humanité sera comprise par les insurgés comme une preuve de faiblesse.
D'emblée Turreau va écarter le plan de pacification proposé par Kléber :
"Ce n'est pas le mien !".
Il veut agir selon un texte qui, pour lui, se révèle une bible : le décret pris le 1er août 1793 par la Convention nationale.

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Exaspérée parce que les Vendéens l'emportent partout, elle a ordonné que les bois, les taillis, les genêts, les forêts des rebelles seraient détruits, que les récoltes seraient coupées, les bestiaux saisis, les femmes et les enfants déportés dans l'intérieur de la République.
Ce décret, on n'a eu ni le temps ni la possibilité d'en pousser jusqu'au bout l'application.
C'est la tâche que se donne Turreau.
Même il veut aller plus loin.
Le vendredi 17 janvier 1794, aux 102.709 hommes qu'il lâche sur la Vendée, il ordonne :
- Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette.
On en agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas...
Tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes".
C'est muni de cet ordre terrifiant que douze colonnes vont progresser dans un pays exsangue.
Il ne faudra pas longtemps pour qu'elles méritent le nom dont l'Histoire les a marquées pour jamais :
les Colonnes infernales.

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Turreau a proclamé :
"La Vendée doit être un cimetière national." ?

Extrait du Discours d'Alain Decaux de l'Académie Française, le 25 septembre 1993.

7 septembre 2018

Une légende Vendéenne

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Il y avait autrefois, il y a bien longtemps, au bas d'une montagne, un monastère de moines rassemblés pour prier Dieu.
Certains d'entre eux avaient pour tâche de travailler la terre et de faire vivre le monastère.
N'oubliez-pas que le travail est aussi une prière !
Tous les soirs les moines étaient rassemblés autour du prieur, qui leur parlait de l'éternité, du paradis.

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Un de ces moines surnommé Thomas Croit-dur, en souvenir de Saint Thomas, demanda au prieur :
"Que fait-on au paradis, durant toute l'éternité ?"
Le prieur, après l'avoir béni, lui répondit :
"Au paradis, les âmes ne se lassent jamais de contempler Dieu dans toute sa gloire et sa magnificence, ni d'entendre la musique céleste des anges."
Ce Thomas Croit-dur s'exclama :
"Cela doit être bien ennuyeux d'entendre la même musique pendant toute l'éternité..."

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Un jour, perdu dans la montagne, alors qu'il se reposait sur un rocher, il entendit au loin un orchestre invisible jouer une musique inconnue.
La musique était lointaine, et pourtant toute proche.
Sa sonorité harmonieuse semblait descendre des nuages qu'emportait le vent du soir.
Quand les nuages disparurent, la symphonie devint bouleversante.
Le moine, intrigué, cherchait quelle en était l'origine.
On ne pouvait l'entendre que de la roche où il était assis.
Quand il comprit, il ne bougea plus, entièrement ravi par cette merveilleuse harmonie.
Il était tout à l'écoute de cette musique, qui chantait la gloire de Dieu et de la création, et rien n'aurait pu le faire changer de place.
Mais soudain, il dut se rendre à l'évidence : l'orchestre mystérieux avait cessé de jouer !
Déçu, il se leva et se trouva soudain très las.

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Il remarqua que sa barbe était devenue longue et blanche.
Le dos plié, il descendit péniblement de la montagne et, sur son chemin, découvrit de nouvelles maisons.
A son passage, les gens qu'il croisait semblaient surpris et le monastère lui parut étrange.
Quand il sonna, un portier qu'il ne connaissait pas lui demanda :
"Que désirez-vous, bon vieillard ?"
"Mais voyons, je demande à voir le prieur, Don Jérôme."
"Don Jérôme est mort depuis près de cent ans", lui répondit le portier.
"Je suis le frère Thomas Croit-dur."

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"Une légende de notre monastère raconte qu'il y eut autrefois un moine de ce nom, qui disparut dans la montagne, voici cent cinq ans", ajouta le portier.
"Est-ce possible ?, Cent cinq ans ? J'ai cru entendre cette musique l'espace d'une minute !".
Le moine pria alors Dieu de lui accorder grâce de l'entendre pour l'éternité et mourut quelque temps après.
Et son âme monta au paradis et depuis ce temps-là, elle nous y attend !

24 septembre 2018

Tous les chemins mènent à Rome

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Au fur et à mesure que l'empire romain étendait sa puissance, un réseau d'excellentes routes sillonnèrent l'Europe, l'Afrique et l'Asie Mineure.
Les Romains ne reculaient devant aucun obstacle lorsqu'il s'agissait de construire une route solide.
Ils asséchaient les marais, comblaient les vallées et les fossés, jetaient des ponts par dessus les fleuves et établissaient des barrages.
De nos jours encore, les restes prestigieux des constructions romaines se retrouvent depuis l'Ecosse jusqu'en Mésopotamie et à Tripoli.

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On comprend l'origine du dicton :
"Tous les chemins mènent à Rome".
Il pouvait être pris à la lettre, à cette époque.
Le centre du réseau routier romain était la grande colonne du "Forum Romanum".

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Elle servait de point de départ au jalonnement des routes.
Les milles (1,480 km) étaient marqués par des bornes et les principales portaient un chiffre en bronze doré.
Ces bornes servaient aussi de trépied aux cavaliers pour monter ou descendre de cheval, (c'était avant l'invention des étriers).

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A certaines stations plus importantes, on avait placé un relais où les voyageurs pouvaient changer de cheval et parfois même de voiture et de postillon.

20 juillet 2017

Le Château de l'Etenduère (Vendée)

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De la superbe demeure, incendiée en 1794 pendant les guerres de Vendée, il ne reste plus que des ruines nostalgiques et chancelantes d'un grand corps de logis et quelques pans de murs menaçant de s'écrouler.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, ce logis était le plus bel ensemble seigneurial de la contrée.
Entre 1100 et 1150, dans le centre-ville actuel, au lieu-dit la Boutinollière, existait "Le petit" fief en l'air, constitué d'un étang, d'une maison et d'un jardin.
Cette seigneurie appartenait jadis au domaine des seigneurs des Herbiers.
Elle remonterait au début du XIIe siècle.

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Elle passa entre les mains de la branche cadette de la famille.
La première mention d'un "des Herbiers, seigneur de l'Etenduère", descendant direct d'un cadet de la famille seigneuriale des Herbiers, remonterait à 1205.
Ce fief fut concédé à Guy des Herbiers, cadet de la famille qui n'avait pas droit à l'héritage selon la coutume du Poitou.
Ce fief, c'était une misère et les gens du pays l'appelèrent l'Etang du hère.
Laurence Raoul, en épousant Guy des Herbiers, lui apporta en dot les terres où s'élèvent les ruines du château actuel qui prit le nom du nouveau propriétaire : "l'Etenduère".

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De simple hébergement en 1375, puis d'hôtel noble et de seigneurie en 1484, le château acquit ses lettres de noblesse en 1622 en étant fortifié avec canonnières, pont-levis et mâchicoulis.
Parmi les seigneurs de l'Etenduère se comptent des générations de marins de guerre sur les vaisseaux de la Royale avec une bonne demi-douzaine de capitaines de vaisseaux, mais aussi des marins de commerce.

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Les cadets des familles étaient sans fortune, aussi avaient-ils pris l'habitude de s'engager dans la marine royale où l'avancement se faisait au mérite.
L'un deux, l'amiral Henri-François des Herbiers L'Etenduère (1680-1750) fit flotter le pavillon des Herbiers sur toutes les mers du globe.

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Mais, le château ne fut pas épargné par les colonnes infernales qui y mirent le feu le 31 janvier et 1er février 1794.
C'est la colonne infernale du général Grignon qui incendiera le château de l'Etenduère, pourtant éloigné, à l'époque, du bourg des Herbiers.
Ce sinistre sonne le glas de cette bâtisse.
Selon une tradition orale, des trombes d'eau se sont abattues et l'ont sauvé partiellement.
Miraculé, il fut malgré tout laissé à l'abandon et ignoré pendant deux siècles.

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Le château de l'Etenduère n'est plus que l'ombre de lui-même depuis le 31 janvier 1794.
De ses temps radieux, il reste un passé millénaire et une biche blanche mystérieuse.
"La légende de la Demoiselle remonte au XVIIe siècle et elle comporte plusieurs versions".
La plus courante raconte qu'un jeune seigneur courtisait une jeune fille du château de l'Etenduère.
En vain.
Furieux d'être éconduit, il chargea une sorcière d'envoûter la belle.

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La nuit, la jeune fille se transformait en biche blanche et ne reprenait forme humaine que le matin, peu avant l'aube.
Pour conjurer le sort, il aurait fallu blesser "au sang" l'animal.
Pour cela, il fallait utiliser un fusil à piston, avec une balle bénie, et intercaler un cheveu de nouveau-né entre le chien et le percuteur.
Sinon l'animal restait animal.
Quelqu'un, excédé par le va-et-vient nocturne de la biche, tira sur elle et la tua, sans les précautions requises.

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La Demoiselle de l'Etenduère disparut à jamais.
La bête aurait été enterrée à l'angle du domaine, sous un petit monument, dans le virage de la rue de la Demoiselle.
Mais la révolution étant passée par là, il n'y a plus de trace de l'endroit.
Dans les années 1980-1990, le château put rêver qu'on allait lui redonner vie.
Il flottait un vague projet de théâtre de verdure.
Mais les problèmes techniques et financiers découragèrent la municipalité qui donna priorité à la restauration des dépendances.
Depuis, le château de l'Etenduère est redevenu abandonné, s'interrogeant sur son destin.

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Depuis octobre 2016, tous les samedis matin, une joyeuse équipe des bénévoles de l’association Passion patrimoine (une vingtaine à se relayer par petits groupes) transpirent sur ce chantier d’envergure pour le défrichage du château afin de le faire sortir de l'oubli.

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15 août 2018

Cinéscénie ... Au fil du spectacle du Puy du Fou. *

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En regardant la foule immense qui envahit les allées des tribunes, on sent des gens heureux qui profitant d’un week-end, viennent se détendre dans ce petit coin de Vendée.
Eclats de rire, plaisanteries et sourires accompagnent la joie qu’ils éprouvent.
Le Puy du Fou, certains y viennent seulement parce qu’ils en ont entendu parler… et d’autres y reviennent…
Soudain, devant ces ruines, le visage des nouveaux change brusquement.
Tous se posent la même question :

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"Mais que peuvent-ils faire de si bien avec ce château en ruine ?"
Pendant ce temps, les PUYFOLAIS pensent à autre chose : dans les villages, les enfants s’amusent, les jeunes discutent et les responsables, toujours d’un œil vigilant, vérifient costumes et plannings.
Du côté de la régie, un dernier essai et une dernière vérification.
C’est bon ! Tout est prêt !

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Au parking, l’agitation continue : des voitures, toujours des voitures !
Comme à l’ordinaire, les guichets sont encombrés.
Mais c’est avec gentillesse, que les gens sont renseignés.
Et dans les tribunes, les vendeurs de livres d’images proposent inlassablement….
"Un souvenir du Pays du PUY DU FOU".

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Tout cela dans la joie et dans la bonne humeur.
Puis le soir tombe.
Dans les gradins, les rires se sont tus.
L’impatience se fait ressentir.
Tout comme du côté des acteurs.

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Quand enfin, la musique qui accompagne le marchand de quenouilles se fait entendre, tous savent que l’aventure" commence.
Le silence devient maître et déjà, chacun est plongé dans une atmosphère impénétrable et vit à sa façon le moment présent.
"Je n’ai jamais reçu de nom.
Ils m’appellent le vieux galopin.
Je ne me suis jamais perdu.
Ils m’appellent, le vieux cherche-pain"..
C’est reparti pour une nouvelle séance !

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Après la foudroyante quintaine, place à l'accueil de François 1er, les enfants là encore s’en donnant véritablement à cœur joie, d’autres toujours au rythme de la musique rentrent dans leur village pour se préparer à la scène suivante, et cela sous les applaudissements du public.

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C’est un vrai va et vient et l’aventure vendéenne se poursuit différemment.
En effet, la Révolution de 1793 éclate, plus redoutable que jamais.
Malgré cela, c’est sans doute l’instant où les acteurs vivent le plus passionnément le personnage qu’ils interprètent.

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Les soldats se battent avec acharnement, les femmes crient en fuyant, et l’on sent la main des enfants se crisper plus fort sous les coups de feu.
Du côté des spectateurs, l’instant est aussi intense.
Certains sursautent, un peu surpris, et d’autres regardent avec des yeux fascinés…
Le passé resurgit et réveille des souvenirs enfouis.

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Mais, la mémoire est plus forte que la douleur.
L’émotion dépasse la tristesse.
Et le temps passe, apportant de nouveaux espoirs.
La gaieté revient dans les cœurs et dans les esprits avec les fêtes.
Et toujours le défilé des acteurs qui rentrent aux vestiaires enfiler de nouveaux costumes.

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Au fil du spectacle, on arrive à la scène où les gens n’applaudissent pas.
Celle des "Réfugiés des Ardennes", qui réveille la sensibilité de tous…
"Maman, pourquoi les avions ? La sirène ?".
Mais, comme à l’image du Puy du Fou, la joie revient inlassablement et les jets d’eau déjà accompagnés avec le ballet des danseuses,… annoncent le final.

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Cette fois, les acteurs se retrouvent tous ensemble.
Et ce qui est formidable, c’est qu’après deux heures de spectacles, on retrouve le même entrain,… et la même gaieté !….
Alors, les spectateurs d’applaudir une dernière fois !
Les mots ne viennent pas pour définir un tel spectacle.
Même les mots les plus forts ne sont pas à la hauteur.

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Perdus dans leurs pensées, revivant les temps forts fredonnant une musique, les spectateurs rentrent chez eux.
Demain, ils reparleront du Puy du Fou.
Et longtemps après encore.

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Et peut-être reviendront-ils l’an prochain, car désormais, ils savent ce que l’on peut faire de si bien avec ce château en ruines.

7 mai 2018

Sur la colline du Puy du Fou

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D'où que l'on vienne, quel que soit le chemin que l'on emprunte, la route est longue et mystérieuse.
Ni forteresse, ni remparts.
Pas imposant en haut d'une colline, le château est imprévisible...

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Ce n'est qu'au détour d'une courbe, au travers des buissons sauvages, au-dessus de la cime des arbres que l'on devinera les ruines.
Sans prétention, c'est ici que depuis des siècles, le château du Puy du Fou se repose et coule des jours paisibles, les pieds dans l'eau et la tête dans les étoiles, loin des vicissitudes du temps.

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Pancarte après pancarte, départementale après nationale, les cars et les voitures déferlent, avalent les kilomètres et pourtant le château se cache toujours et se fait attendre.
Et l'on roule et roule vers l'inconnu, vers un nom, un lieu, une réputation...

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S'il n'y avait pas quelques indications sur les bords des routes "Puy du Fou", les plus impatients rebrousseraient sans doute chemin.
Mystérieux, austère et humble à la fois, le château ne s'impose pas.
Ce n'est pas lui qui vient à nous, c'est nous qui allons vers lui.

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Résigné, peut être, depuis qu'il y a quarante ans maintenant, sa tranquillité a quelque peu été brusquée, son rythme de vie bousculé.
Jusqu'au dernier moment, on ne connaîtra rien de lui, ou si peu... quelques notes lues dans un guide ou sur internet.
Mais le château du Puy du Fou, c'est bien plus que cela.

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C'est une âme et un cœur.
Ce sont des odeurs, des anecdotes et des éclats de rire c'est une histoire !
Mais une histoire pas comme les autres.
L'histoire d'un château en avait fini avec son temps, mais sous l'influence de quelque 3800 caprices s'est trouvé une nouvelle raison de vivre.

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Et ce n'est en fait qu'une fois assis dans les tribunes, en tête à tête avec lui que l'on fera vraiment connaissance.
Le chemin aura été, certes un peu long, plein d'embûches peut-être et de suspens.
Mais maintenant il fait noir, le spectacle peut commencer et le château livrer ses secrets...

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Deux heures plus tard faisant le chemin inverse, nous laisserons à la nuit le soin de veiller sur lui avec des promesses de retrouvailles.

30 avril 2018

Le climat de la Vendée.

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Lorsque vous suivez le bulletin météo à la radio ou à la télévision, on remarque que la Vendée n'est pas logée à la même enseigne que les autres régions.
Très souvent traitée à part, "Pluies soutenues dans les Pays de la Loire, mais en Vendée, belles éclaircies après des brumes matinales...".

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C'est comme si elle ne faisait pas partie de cette région administrative dont on ne cite jamais les autres départements.
Mais Pourquoi ?

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Le climat de la Vendée est privilégié.
De type océanique, il peut être interprété comme "micro climat" ensoleillé de la façade Atlantique avec la Charente-Maritime.

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La Vendée, située très au sud du fleuve, ne fait pas partie du bassin hydrographique ligérien (bassin de la Loire), à la différence des quatre autres départements constitutifs.
De plus, la Vendée, située à égale distance du pôle Nord et de l'Equateur, bénéficie d'un climat doux et constant, à la différence des départements limitrophes, où les conditions climatiques sont plus marquées.
Les températures sont tempérées par un flux d'Ouest humide en hiver mais plus sec l'été.

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Les hivers y sont rarement rigoureux, les étés rarement caniculaires, même si les premiers sont plus rudes dans le haut Bocage et les seconds très chauds dans la plaine.
A cela s'ajoute le microclimat ensoleillé de la façade atlantique, qui vaut au littoral vendéen le surnom de "côte de lumière" en raison de son record de durée annuelle d'ensoleillement.

23 juillet 2018

LA LEGENDE D'HERBAUGES.*

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Dans le spectacle "Vikings" on entend :
"Oh je vous en supplie, faites sonner le tocsin, ouvrez votre chapelle, ouvrez votre donjon et ouvrez votre cœur.
Invoquez notre saint, car ils (les Vikings) ont quitté l’île très tôt dès ce matin.
Ils viennent par la Loire, et la Sèvre, et les Mauges !
Ramant sans perdre haleine dans toutes nos rivières, au pays de Tiffauges, de Pouzauges et d’Herbauges !
Aidez-nous à sauver notre Saint Philibert !"

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On connait les villages de Tiffauges, Pouzauges.
Mais la question reste… :
Où est le pays des Herbauges ?
HERBAUGES ne fut pas une ville, mais un Pagus, plus tard un immense Comté qui comprenait à peu près le territoire de l'actuel département de la Vendée.
Au siècle dernier, un enfant de Bazoges-en-Paillers, ISIDORE MASSE, nommé instituteur aux HERBIERS en 1819 et où il mourut en 1832, écrivit un ouvrage très romantique, intitulé "LA VENDEE POETIQUE ET PITTORESQUE".
Affabulateur né, il plaça la fameuse légende de la Ville d'HERBAUGES, ensevelie sous la malédiction de Saint MARTIN, dans les eaux de l'immense étang qui s'étendait du quartier des PIERRES.

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FORTES au PONT DE LA VILLE, et dans lequel on aurait trouvé, entre autres "une maison romaine de deux étages, avec son mobilier, son outillage, enfoncée dans la vase, intacte, sous le cataclysme Saint-Martinien" !
Isidore MASSE dans cet ouvrage récidive en situant la sépulture du mythique MERLIN L'ENCHANTEUR, le barde breton, aux alentours des HERBIERS, vers MALLIEVRE, LES EPESSES, sépulture qu'un de nos amis passionné de préhistoire s'acharna en vain, pendant de longues années à rechercher.
Avec cet autre faussaire de génie, Benjamin FILLON, Isidore MASSE aurait parfaitement convenu comme créateur de légendes vendéennes.
Cette légende de la ville engloutie d'HERBAUGES, qui semble copiée sur celle de SODOME et GOMORHE, vit le jour aux alentours du Xème siècle, fut transposée aux HERBIERS par Isidore Massé au cours du XIXème siècle et reprise plus tard par l'Abbé AILLERY dans ses Chroniques Paroissiales du Diocèse de Luçon.

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Ce qui est certain, c'est qu'après les ravages des envahisseurs Normands qui ruinèrent les Villas Herbretaises, et virent l'effondrement de l'Empire Romain, les Comtes du POITOU, vers la fin du IXème siècle, créèrent une nouvelle noblesse de chevalerie succédant à l'ancienne noblesse Gallo-Romaine, et placée par eux aux points stratégiques de leur immense Comté.
Les vicomtes de THOUARS se virent confier le territoire de l'actuel département de la Vendée, à l'exception du Talmondais.

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Sur les ruines de ces villas Herbretaises, ils placèrent des cadets de leur famille de Thouars, créant ainsi les châtellenies des HERBIERS, l'une à la COURT près du Pont de la Ville, l'autre à la ROCHETEMER.
De 956 à 1104, trois seigneurs du nom d'HERBERT ou ARBERT furent vicomtes de THOUARS, seigneurs de TIFFAUGES et MORTAGNE dont dépendaient les HERBIERS, et probablement un de ces HERBERT donna son nom à l'agglomération qui s'étendait de chaque côté du lac Herbretais, d'où le nom cité en plusieurs chartes de "VILLIS DE HERBERTIS", "VILLAS D'HERBERT".

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L'un d'eux, Arbert III de THOUARS, prit part à la première Croisade et mourut à JAFFA en 1104.
Les historiens, qui se penchèrent sur le passé Herbretais, nous disent qu'un seigneur des HERBIERS mourut à la première Croisade. 
C'est donc bien Herbert de THOUARS qui fut seigneur des HERBIERS et à l'origine du nom donné à l'agglomération, en remplacement du nom gallo-romain aujourd'hui oublié.
Il était frère de Geoffroy de THOUARS, seigneur de TIFFAUGES.

8 juin 2020

Les bouleversements révolutionnaires.*

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Les bouleversements révolutionnaires qui commencent en 1789 amènent en ce Bas-Poitou qui va devenir la Vendée, comme ailleurs, des espoirs, des déceptions et des conflits.
Les heurts entre les différents acquéreurs de bien nationaux dans les villes et dans les campagnes et autour de la constitution civile du Clergé, mais surtout la mort du roi, la déportation des prêtres légitimes puis l’annonce de la levée des 300.000 hommes en février et mars 1793 pour défendre la patrie en danger, déclenchent l’insurrection.
Ces événements, considérés comme la plus Grande Guerre civile des temps modernes, se déroulèrent en ce pays d’ouest qui s’appelle désormais dans l’Histoire : la Vendée Militaire.
A Beaupreau, la garde nationale tire sur la foule des réfractaires.
A Saint-Fulgent, à Machecoul, Brains, la Verrie et à Saint- Florent-le-Vieil, les jeunes gens refusent le tirage au sort qui doit les conduire aux frontières.
C’est de Saint-Florent-le-Vieil qu’une bande d’insurgés conduite par le voiturier du Pin-en-Mauges : Cathelineau, s’élance et prend Jallais, Chemillé, Cholet.
Partout, les paroisses se mobilisent ameutées par le tocsin, des troupes se forment, à Maulévrier, à la Gaubretière, à Vue, à Chanzeaux, à Challans, à l’Oie, et se donnent des chefs : le garde-chasse STOFFLET, SAPINAUD, BONCHAMPS, d’ELBEE et l’officier de marine Charette.

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Nous sommes le 16 mars 1793, les Mauges, le bocage, le marais breton, une partie de la Loire Inférieure sont sous les armes.
La Convention n’a pas encore réagi.
Il faudra la défaite des troupes commandées par le Général de Marcé, entre l’Oie et Saint-Vincent-Sterlanges pour que les Conventionnels comprennent qu’une véritable guerre est commencée sur la rive gauche de la Loire.
A partir de ce jour, elle s’appellera "la Guerre de Vendée".
La Convention décide de dépêcher les renforts dans les villes d’Angers, de Nantes et des Sables d’Olonne, qui n’ont pas pris part au soulèvement.
Mais, les brigands, comme les désignent les bulletins officiels, enhardis par leurs premiers succès, volent de victoire en victoire, en particulier dans les Mauges, à Chemillé, à Vihiers, à Coron.
C’est le moment où les paysans des Aubiers et des Echaubrognes nomment à leur tête Henri de La Rochejacquelein.
Dans le marais, la situation est plus indécise.
A Challans, à la Garnache, à Sallertaine.

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La République organise alors trois années pour lutter contre l’ennemi intérieur.
Plusieurs dizaines de milliers d’hommes pour mater la Vendée.
Sur le terrain cependant, les insurgés sont toujours victorieux : ils prennent Bressuire, puis le 5 mai 1793, la citadelle de Thouars que défend le Général Quetineau.
Parthenay est occupée le 13 mai ainsi que la Châtaigneraie.
La bataille pour Fontenay capitale du Bas-Poitou, réussit lors de la deuxième attaque le 25 mai et ouvre aux insurgés la porte des Deux-Sèvres et de la Charente.
Dans le nord du pays, Saumur tombe à son tour sous les coups de 30.000 Vendéens malgré la vaillance des officiers républicains qui défendent la ville : Berthier, futur Maréchal d’Empire et un jeune Lieutenant Marceau.

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Pour couronner cette victoire, on apprend qu’après des revers à Legé et à Noirmoutier, l’armée de Charette a finalement repris Machecoul.
Alors que le conseil supérieur de Châtillon administre le pays conquis, la troupe des Vendéens devenue la grande armée catholique et royale se donne Catherine comme généralissime.
Tout semble alors permis aux insurgés.
Les Vendéens auraient pu marcher sur Paris, mais les chefs tergiversent.
Ils hésitent à emmener loin de leur village des paysans qu’ils savent ne pouvoir tenir sous les armes plus de deux ou trois jours.
Après la prise de Saumur en effet, la grande armée se désagrège : l’époque des travaux agricoles approche. Ce sera le drame permanent de cette armée temporaire.
L’attaque de Nantes le 29 juin 1793 par les Vendéens constitue un tournant dans l’histoire de l’insurrection. Après s’être emparée d’Angers, l’armée vendéenne marche sur la ville avec l’espoir de recevoir, grâce à son port, l’aide de l’Angleterre.
L’armée de Charrette vient renforcer les divisions de Cathelineau, de d’Elbée et de Bonchamps.
En face, le général républicain Canclaux dispose d’une force de 12.000 hommes.
Sa résistance énergique et la mort de Cathelineau débande les troupes des insurgés qui se retirent.
Pendant l’été, les troupes républicaines de Westerman reconquièrent Bressuire et Châtillon.
Saumur, Angers, Ancenis sont réoccupées elles aussi.
Les Vendéens toutefois sont victorieux à Vihiers le 10 Juillet et aux Pont-de-Cé deux jours après.
Dans la plaine, l’armée vendéenne échoue à deux reprises devant Luçon.
Malgré les succès de septembre sous le commandement du nouveau généralissime d’Elbée, l’automne apparaît lourd de menaces.
En effet, le Gouvernement envoie 18.000 hommes de la garnison de Mayence qui vient de capituler.
Partis de Nantes, les Mayençais commandés par Kléber, expulsent Charette du Pays de Retz, envahissent le bocage, reprennent Montaigu et Clisson dans le but d’acculer les insurgés à la Sèvre.
Cependant, les Vendéens se ressaisissent et le 19 septembre 1793, les Républicains sont défaits à Torfou mais également à Saint-Fulgent et à Coron.
La Convention donne alors à ses troupes l’ordre de vaincre à tout prix avant le 20 Octobre.
De leur côté, les chefs vendéens s’opposent sur la conduite à tenir, à l’exception de Charette, ils décident finalement d’attaquer Cholet le 17 Octobre à l’aube.
La bataille de Cholet qui entraîne la destruction quasi complète de la ville est la plus importante des Guerres de Vendée.
Plus de 60.000 adversaires s’opposent au nord de la ville.

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Lescure et d’Elbée sont gravement blessés.
Bonchamps évacué mourant à Saint-Florent-le-Vieil, dans un geste de pardon, fait libérer 5.000 prisonniers.
La grande armée catholique et royale fuit vers la Loire, entraînant les populations du Haut Bocage et des Mauges.
Alors, commence ce que l’Histoire appelle "la Virée de Galerne" du nom d’un vent de Norois qui souffle dans le pays. Plus de 80.000 combattants, femmes et enfants réussissent à franchir le fleuve à Saint-Florent-le-Vieil.
Charette, lui, est resté dans son marais, persuadé que le combat outre Loire est une erreur stratégique.
Henri de La Rochejacquelein, troisième généralissime de la grande armée catholique et royale, décide de se diriger à travers l’Anjou et le Maine vers Granville pour attendre le secours des Anglais.
Plusieurs victoires jalonnent cette route, à Entrammes, à Château-Gontier où est blessé le général républicain Beaupuy, à Laval où les insurgés de Vendée font leur jonction avec les Chouans du Maine amenés par Jean Cottereau et ceux du Morbihan par Cadoudal.
Lescure succombe à ses blessures le 4 novembre peu avant Fougères.
Les troupes du Prince de Talmont enlèvent cependant la ville, puis Dol-de-Bretagne, mais les Vendéens échouent devant Granville le 14 novembre.
Le retour de la grande armée vendéenne est alors une longue suite de combats meurtriers par Fougères, Laval, la Flèche.
C’est une troupe épuisée qui met le siège sans succès devant Angers le 3 Décembre.
Les Vendéens se replient sur la Mans où, après avoir investi la ville, ils sont surpris par les troupes de Westerman, de Marceau et de Kléber.
On estime qu’ils furent environ 15.000 à périr au cours des combats.
Les rescapés se dirigent vers Ancenis, pourchassés, encerclés par les troupes républicaines, ils se font massacrer à Savenay.
Nous sommes le 23 décembre 1793. La Virée de Galerne est achevée.
Sur les 80.000 Vendéens qui, en octobre, avaient franchi la Loire, 5.000 seulement rentreront dans leur pays.

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La Convention, reprenant un plan de destruction proposé par Barère, décide de parachever l’anéantissement du pays insurgé par l’incendie des maisons et des récoltes et l’extermination des habitants.
Imaginées par la Général Turreau, les colonnes infernales détruisent tout sur leur passage.
Le Château du Puy-du-Fou, comme la plupart des propriétés du bocage vendéen, est brûlé en 1794.
Ces colonnes infernales sèment la terreur et commettent des atrocités, dont une des plus honteuses est sans doute le massacre des enfants des Lucs-sur-Boulogne.
Attisée par la haine la résistance continue.
La Rochejaquelein remporte plusieurs succès éphémères dans les Mauges et périt dans une escarmouche près de Nuaillé.
D’Elbée est fusillé à Noirmoutier.
De son côté, après avoir repris l’île au nom du roi dans l’hypothèse d’un débarquement anglais, Charrette et sa troupe sont poursuivis par le général Haxo qui trouve la mort le 20 mars aux Clouzeaux.
En avril 1794, Marigny, un des chefs vendéens accusé par ses pairs d’avoir favorisé la défaite de Chaudron-en-Mauges, est fusillé après un simulacre de jugement.
A Belleville-sur-Vie, Charette mène une guérilla permanente contre les colonnes républicaines.
La mésentente, puis la rupture avec Stofflet, ne favorise pas le développement de la rébellion.
La chute de Robespierre, l’impossibilité d’anéantir totalement la révolte par les armes, conduit la Convention à entamer des négociations avec Charette.
Celles-ci aboutissent au traité de La Jaunaye, aux portes de Nantes, qui est signé en février 1795.
Les Vendéens obtiennent :
- la liberté religieuse,
- l’amnistie pour tous ceux qui font acte de soumission,
- la restitution des biens confisqués,
- la suppression de la conscription,
- le paiement des bons signés par l’armée catholique et royale.
Ils reconnaissent se soumettre aux lois de la République.
Pour célébrer cette réconciliation, Charette, Sapinaud et leurs troupes défilent aux côtés de Canclaux dans la ville de Nantes en liesse.
Stofflet paraphe le 2 mai à Saint-Florent-le-Vieil le traité de paix. Parallèlement, le général Canclaux entame près de Rennes, à la Habillais, des pourparlers avec les chefs chouans de Normandie et de Bretagne.
Mais la mort de Louis XVII, le 8 juin 1795, la promesse du Comte d’Artois et des Anglais de débarquer des troupes en Vendée, l’agitation des campagnes née de la misère, la pression des chefs chouans, l’application restrictive des traités, en particulier en ce qui concerne les prêtres, relancent l’insurrection.
Stofflet et Charrette reprennent les armes avec l’espoir d’être bientôt commandés par un prince de la maison de France.
C’est à Quiberon que débarquent finalement les émigrés en juillet 1795.
Ils pensent que la Vendée est à bout de forces et qu’en Bretagne, la grande armée des Chouans favorisera la réussite de leur entreprise.
L’habileté tactique de Hoche, les erreurs accumulées par les chefs des émigrés, donne la victoire aux républicains.
Charette, qui tient encore sous les armes une nombreuse troupe appelle de tous ses vœux le débarquement du Comte d’Artois.
Celui-ci s’est installé à l’Ile d’Yeu le 2 octobre, mais repart bientôt en Angleterre.
Les Vendéens sont désormais seuls face au destin.
Hoche parvient à surprendre Stofflet qui est fusillé à Angers.
Après une fuite éperdue en compagnie de quelques fidèles, Charette est capturé par le Général Travot dans les bois de la Chabotterie et fusillé à Nantes le 29 mars 1796.
Hoche rentre à Paris en triomphateur.
Son nom sera associé à la pacification de la Vendée.
Les successeurs de Stofflet, d’Autichamp et de Suzannet résistent encore quelque temps.
La guérilla des chouans du Maine et de Normandie se poursuit également pendant plusieurs mois, mais pour la Vendée, la lutte est achevée.
La Grande Guerre de Vendée a fait, selon les estimations 200.000 à 300.000 morts parmi les insurgés et laisse un pays ruiné.
Des troubles renaissent en 1799 et pendant les cent jours.
En 1832, la Duchesse de Berry tente de soulever à nouveau le pays contre le régime du roi citoyen.
En vain… La Vendée sort enfin des quarante années les plus cruelles de son histoire.
Deux siècles après, les traces de ses événements sont encore présents dans les mémoires.

26 janvier 2017

C'EST A JAMAIS *

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Les seigneurs du Puy du Fou avaient une devise.

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Devise laconique et demeurant assez énigmatique :
"C'EST A JAMAIS."

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Devise qui peut vouloir dire qu'une fois qu'ils ont adopté une ligne de conduite, les Puy du Fou ne s'en séparent pas et qu'il n'y a plus à y revenir, que c'est à jamais, enfin !

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Interprétée ainsi, cette devise conviendrait assez bien aux Puy du Fou, dont le trait distinctif paraît bien d'avoir toujours tenu, au cours des siècles, une ligne de conduite uniforme et inconditionnelle.

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Fidélité à Dieu (avec le symbole de l'eau du baptême) et au Roi (engagement au combat pour la liberté).

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Une fidélité dont ils ne se sont jamais séparés,

"C'est à jamais" !

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