Puystory
Google Translate
Newsletter
Retrouvez les articles sur :
1 mars 2021

Le Récit Fondateur de Rome.*

PUY_8634

Amulius, le roi d’Albe-la-Longue qui avait détrôné son frère, redoutant que sa nièce Rhea Silvia ne mette au monde un prétendant légitime au trône, obligea celle-ci à se consacrer au culte de la déesse Vesta dont les prêtresses faisaient vœu de chasteté.
Vaine précaution.
Séduite par le dieu Mars, elle mit au monde deux jumeaux, Romulus et Remus.
Epouvanté, le roi Amulius fit jeter les nouveau-nés dans le Tibre qui, prit de pitié, arrêta son cours.
C’est alors qu’une louve, s’approchant de la rive, recueillit et allaita les jumeaux au pied du Palatin.
"Selon la légende, les eaux basses en ce lieu, laissèrent à sec le berceau flottant contenant les deux enfants.
Une louve assoiffée, descendue des montagnes voisines, accourut en entendant les cris des nouveau-nés.
Se couchant, elle leur présenta délicatement ses mamelles si bien que le berger du roi qui, dit-on, s’appelait Faustulus la trouva en train de les lécher.
Il les emmena à la bergerie et les donna à sa femme Larentia pour qu’elle les élève".

Tite-Live, Histoire romaine, I, 4

PUY_0537_08979

On révéla par la suite aux jumeaux le secret qui entourait leur naissance.
Ils se vengèrent en tuant Amulius et en rétablissant leur grand-père sur le trône.
Selon la légende, le 21 avril 753 avant JC, à l’issue d’une querelle dont les motifs restent obscurs (désaccord au sujet de l’interprétation des augures ou provocation de Rémus au moment du tracé des remparts), Romulus tua son frère et devint seul maître de la ville.

Dans le Stadium, la louve allaitant les jumeaux Romulus et Remus apparaît à plusieurs reprises :

Puy du Fou 2011 - 9628

- dans l’enceinte du Stadium, au-dessus de la porte monumentale qui s’ouvre au passage du défilé militaire.

PUY_5396

- dans de petits macarons sculptés sur les pierres des gradins.
- une statue de la louve allaitante est portée triomphalement lors de la procession qui précède les jeux.
Par l’omniprésence de son mythe fondateur, Rome affirme sa puissance et impose sa culture aux Gaulois.

7 août 2019

Saint Philibert au Puy du Fou.*

PUY_7165_10238

Le spectacle des Vikings représente les moines de Noirmoutier fuyant devant l’invasion des Normands et cherchant sur le continent un refuge pour les restes de Philibert.
L’évocation des atrocités et des profanations commises par les envahisseurs s’inspire du récit d’Ermentaire de Noirmoutier, également appelé Ermentarius Tornusiensis (xxx- 860).

Puystory_07145

La mise en scène renforce l’émotion en jouant sur l’amplification épique, les détails pathétiques du récit mais aussi sur le ton et la gestuelle du moine traumatisé.
Pour illustrer les vertus thaumaturges des reliques, des prodiges spectaculaires sont représentés.
Sous les yeux médusés des Normands déjà subjugués par un triple jet de flammes gigantesques, le reliquaire jeté dans le fleuve refait surface.
Saint Philibert revêtu des attributs de Père Abbé s’en extrait avec dignité, puis après avoir béni les Vikings miraculeusement convertis, disparaît mystérieusement dans l’envol d’une colombe.

Puystory_07534

Dans l’intervalle, la résurrection de l’enfant noyé rendu à sa mère éplorée évoque les scènes miraculeuses des vies de Saint Nicolas ou Saint Christophe telles que La Légende Dorée les popularisa au XIIIème siècle.

PUY_8135

Cependant, au-delà du recours au merveilleux chrétien caractéristique des hagiographies (écriture de la vie ou œuvre des saints) médiévales, les miracles de Saint Philibert dans le spectacle des Vikings retracent de façon symbolique l’action missionnaire des moines du Haut Moyen-âge et l’évangélisation des Normands par le biais de l’adhésion de leurs chefs à la religion chrétienne.

20 avril 2021

Les Joutes *

Puystory_9461

A partir du XIIIème siècle, le tournoi tend à devenir un spectacle ritualisé, une fête solennelle offerte par la chevalerie, qu’on appelle "joutes", mais les termes de tournoi et de joutes sont souvent employés indifféremment et le tournoi coexistera longtemps avec sa forme édulcorée.
Ces face-à-face se déroulent dans des zones circonscrites par les lices.
Fortes barrières en bois qui entourent un espace carré ou rectangulaire, avec des barrières intérieures qui délimitent un chemin de circulation ou des couloirs d’affrontement.

Donjon 028

Le public prend désormais place dans des pavillons de bois ("loges", "hourds") depuis lesquels les dames encouragent les chevaliers, leur jettent un gant ou un ruban en gage d’amour.
Revêtu d’une tunique de mailles en acier (le haubert) ou, à partir du XIVème siècle, d’une armure, casqué d’un heaume.
Chaque combattant est reconnaissable à sa bannière, à son écu armorié, et à son cimier.
Ornement en forme d’aile, de corne, de tête d’oiseau, d’animaux chimériques ou de monstres, destiné à impressionner les spectateurs avant le combat.

PUY_4194

Dans "Le Secret de la Lance", les cimiers des chevaliers arborent des figures d’animaux (lion, dauphin, licorne) et des éléments symboliques.
Couronne, fleurs de lys, macles (pièces en forme de losange) des armes du Puy du Fou…
Les chevaux de joute et de tournois sont les mêmes que les chevaux de guerre.
Les destriers, ainsi nommés parce qu’ils sont "menés en destre" (les écuyers les tiennent à leur droite), sont des chevaux rapides et puissants, entraînés à porter un chevalier en armure.

Puy180601701

Leur tête est recouverte par une protection métallique (le chanfrein) et à la fin du Moyen-âge leur corps est protégé par une barde en métal, dissimulée par une housse en tissu décoré : le caparaçon.
Les armes aussi se sont peu à peu modifiées pour limiter les risques de blessure.
On a arrondi le fer des lances, qui sont désormais de longs bâtons sculptés et on a émoussé le tranchant des épées.
On parle d’armes courtoises.
On utilise aussi la "lance brisée", à demi-sciée près du bout, si bien qu’elle se brise facilement.
La dimension festive et spectaculaire des joutes se signale dès l’ouverture de la manifestation, qui débute par une parade des participants, au cours de laquelle les hérauts identifient et présentent les jouteurs.

PUY_6369

Le jouteur combat son adversaire seul-à-seul, à la lance.
Les règles sont annoncées par les hérauts.
Il peut s’agir de briser les lances jusqu’au poing, ou de désarçonner l’adversaire, voire de lui faire toucher la terre.
Pour les jeunes chevaliers, c’est une école d’adresse et de prouesse.
A la fin des joutes, c’est le retour au château du seigneur, qui offre un festin.
Le vainqueur occupe la place d’honneur et reçoit son prix : un faucon, une ceinture, un écu, parfois un cheval…
Ces exercices tombèrent peu à peu en désuétude quand la féodalité s’affaiblit.

Puystory_9182

Les joutes étaient cependant encore pratiquées à la Renaissance puisqu’en 1559, le roi Henri II fut mortellement blessé dans un "tournoi" organisé pour les festivités liées aux mariages de sa sœur et sa fille.
D’après Madame de La Fayette,
"le roi ne songeait qu’à rendre ces noces célèbres par des divertissements où il pût faire paraître l’adresse et la magnificence de sa cour (…)
Il résolut de faire un tournoi où les étrangers seraient reçus et où le peuple pourrait être spectateur (…)
L’on fit publier partout le programme, qu’en la ville de Paris le pas était ouvert le quinzième juin…"

PUY_8808

Ces extraits de La Princesse de Clèves soulignent l’importance revêtue par les tournois pour la renommée de la cour du roi.
Suite au décès d’Henri II, la reine Catherine de Médicis interdit les tournois et les joutes.
Les joutes évoluèrent ensuite de manière à se transformer en combats singuliers à l’épée ou au pistolet, dans une forme très codifiée.
Le duel, lui-même interdit par Richelieu au XVIIème siècle.

PUY_3008

7 octobre 2020

Les tournois *

SH100787

Au Moyen-âge, nombreux sont les exercices sportifs et militaires qui constituent pour les nobles (dont la fonction est de combattre) une forme d’entraînement à la guerre.
Conçus sur le mode de l’affrontement et de la compétition, ils revêtent également une dimension sociale.
Ce sont des spectacles organisés à l’occasion de réjouissances publiques.
Tout comme la chasse, le tournoi est pour les nobles une "école de guerre", voire une des formes de la guerre féodale.
A l’origine, Xème - XIème siècles, c’est une véritable bataille (le "cembel") qui oppose de nombreux combattants, parfois des armées entières.

PUY_4023

Le combat, mené avec de vraies lances et de vraies épées, ne s’arrête qu’à la tombée de la nuit.
Le tournoi est prévu de longue date.
Des hérauts annoncent le lieu et la date du combat, des défis sont jetés.
Les villes sont pavoisées, la campagne se couvre de tentes colorées.
On prépare les chevaux et les armes, on expose les écus (les boucliers) des combattants.
On festoie, on danse, on assiste à la messe avant le combat.
Parce qu’il rassemble un grand nombre de combattants, le tournoi a lieu en plein champ.
Deux camps s’affrontent.
Les attaquants et les défenseurs, dans une mêlée collective tumultueuse et sanglante mais cependant règlementée.

PUY_9235

Les coups ne doivent être portés qu’au plastron (entre les quatre membres) ou au visage, on ne se réunit pas à plusieurs contre un seul, on ne blesse pas le cheval de son adversaire, on ne frappe pas un chevalier qui a remonté sa visière ou perdu son casque.
Quoique terribles et souvent mortels, ces combats sont cependant déjà perçus comme des spectacles, auxquels on assiste debout, dans les champs ou sur les murs de la ville.
Mais le sang des chevaliers ne doit pas être répandu inutilement.
L’église et les rois multiplient les réprobations et les condamnations.

DSC_8196

Les tournois sont défendus parce qu’ils coûtent souvent la vie à des hommes, et qu’ils sont un obstacle à la croisade par la dépense inutile d’hommes, d’argent et de chevaux qu’ils impliquent.
Sous l’influence des idées chrétiennes, au fil des années, les tournois s’adoucissent progressivement.
Le nombre de participants diminue (ce ne sont plus des armées mais des groupes restreints qui s’affrontent).
Les défis se transforment en invitations, les affrontements personnels comme la charge à la lance (duel entre les champions de chaque camp) l’emportent sur la mêlée collective pour limiter les pertes humaines.

DSC_8176

6 avril 2021

"Les Œufs de Pâques"

PUY_0189

Symboles de Résurrection, chaque année, à l'aube du Jeudi-Saint, les cloches s'envolent pour Rome.
Elles viennent triomphalement, le Samedi-Saint, carillonner la joie de Pâques, porteuses des fameux œufs que des petites mains impatientes dénichent dans les recoins des jardins.
Le scepticisme de St-Pierre serait à l'origine de cette coutume d'offrir des œufs au matin de Pâques.
L'apôtre s'en allait au tombeau du Christ lorsqu'il rencontra Ste-Madeleine qui lui annonça que Jésus était ressuscité.
Nullement convaincu, le futur évêque de Rome aurait répondu :
"Je croirai cette nouvelle quand les œufs que je vois dans ton tablier seront rouges.
Aussitôt, les œufs devinrent écarlates.
Qui dira si la tradition naquit ainsi ?
Toujours est-il que dès les premiers temps de l'ère chrétienne, on offrit des œufs rouges pour Pâques.
Ces cadeaux pascals avaient une double valeur symbolique.
La fête de Pâques coïncide avec l'équinoxe de Printemps qui voit renaître la nature.
L'œuf, par le phénomène de l'éclosion, représente le passage d'un état à un autre, la renaissance après la mort.
Offrir des œufs, c'est faire participer ses parents et ses amis à la joie du renouveau.
Mais, aussi, leur rappeler les lois du devenir de l'homme et leur apporter l'espoir de la Vie Eternelle.

DSC01690

De même que l'œuf doit cesser d'exister pour donner naissance à un être nouveau l'Homme doit disparaître pour mieux s'accomplir dans l'Au-delà et renaître d'entre les morts après le Jugement Dernier.
(Cette idée se retrouve dans la célèbre parabole : "Si le grain ne meurt...").
Les œufs étaient ainsi le symbole de la Résurrection... rouges... en souvenir du sang versé par le Sauveur.
Peu à peu, on oublia cette signification première.
Il ne resta que la joie. Le plaisir d'offrir et de recevoir.
La couleur rouge disparut. Les œufs furent décorés de devises ou de dessins, porteurs de messages bien précis.
Les œufs, comme les fleurs avaient leur langage.
Si l'on peignait sur la coquille un soleil, c'était un souhait de bonne fortune.
Un coq ou une poule, c'était la réalisation assurée de tous vos vœux.
Un cerf ou un daim, c'était une solide santé.
Si l'œuf était parsemé de fleurs, il vous apportait un message d'amour.

PUY_0275

La coutume atteignit un suprême raffinement au XVIIIe siècle.
Les œufs offerts à la Cour de Louis XV (1710-1774) étaient rehaussés d'or, de pierreries ou décorés par de grands maîtres comme Watteau Antoine (1684-1721), Lancret Nicolas (1690-1743) ou Boucher François (1703-1770).
Louis XVI, quant à lui, lança la mode des œufs-surprises.
Des bijoux, des poèmes y étaient glissés, selon la fortune des donateurs.
De nos jours, la tradition reste bien vivace, même si nos œufs de Pâques ne sont plus manifestations de Foi, ils restent cependant des messages de tendresse.

6 décembre 2019

Saint-Nicolas

PUY_1984

En Allemagne, en Autriche et en Hollande, c'est Saint-Nicolas qui "descend du ciel".
La charmante tradition, si chère aux enfants, qui veut que le Père Noël remplisse de présents les chaussures laissées devant la cheminée, trouve ses origines dans la générosité légendaire de Saint-Nicolas.
Certes, le saint homme a été délaissé par la plupart des enfants du monde au profit de son "collègue" américain.
Mais, nos voisins allemands, autrichiens et hollandais lui sont restés fidèles.
Saint-Nicolas était évêque de Myre, en Asie Mineure, où il mourut le 6 Décembre 342.
Il s'illustra en distribuant toute sa fortune aux miséreux.
Mais Saint-Nicolas serait resté un saint "local" si sa réputation n'avait été répandue par les Croisés au-delà de la Méditerranée.
Lorsque ses restes furent ramenés à Bari, en Italie, une terrible tempête se déchaîna...
Le seul bateau du convoi à être épargné fut celui où reposaient les pieuses reliques.

PUY_9377_06101

De ce fait les marins l'invoquaient pour se protéger des naufrages.
Plus tard, l'imagination populaire en fit le protecteur des enfants en détresse.
N'avait-il pas ressuscité trois petits enfants, qui s'en allaient glaner aux champs et qu'un boucher sadique avait égorgés, puis mis au saloir ?
Ainsi au fil des siècles, Saint-Nicolas devint-il le saint patron des pauvres, des marins et des enfants.
Au XIIe siècle, les villes commerçantes du Nord de l'Europe, se mirent sous la protection de ce Saint-Nicolas qui sauvegardait si bien les navires.
En l'honneur de leur saint patron, les villes prirent l'habitude, le 6 Décembre, de donner aux enfants de chœur un jour de congé et quelques piécettes de monnaie.
Puis, peu à peu, ces largesses s'étendirent à tous les enfants.
Enfin, la coutume s'établit que Saint-Nicolas distribue lui-même des présents aux petits.
Le 5 Décembre au soir, les enfants déposent devant la cheminée leurs souliers (bien cirés !) ou leurs chaussettes (les plus grandes !).
Ils n'oublient pas le compagnon favori du bon évêque : son âne.
Une belle carotte l'attend pour le récompenser de porter la lourde hotte.
Ensuite, il faut se mettre au lit.

PUY_2067

Dans la nuit du 5 au 6 Décembre, Saint-Nicolas arrive par les airs et commence sa "tournée".
Mais, attention, l'âne qui le suit transporte deux paniers.
L'un chargé de jouets et l'autre de martinets.
Gare aux petits diables !
Souvent, Saint-Nicolas qui n'aime vraiment pas sévir, confie la distribution des pénitences" à Pietr son serviteur maure.
Celui que l'on appelle aussi le "Père Fouettard".
Le 6 Décembre, la fête s'installe.
On découvre des trésors devant la cheminée, on chante, on rit et on festoie.
On mange traditionnellement le lapin qui a mijoté des heures et surtout de nombreuses sucreries.
Notamment des brioches fourrées aux fruits confits en forme de Saint-Nicolas, bien-entendu !
Fruits secs, raisins et pommes sont sur toutes les tables.
Les pommes, semble-t-il, pour que chacun se souvienne bien de la faute d'Eve, qui priva les hommes des délices du Paradis (Mais était-elle la seule responsable !) .
A peine le bon évêque est-il retourné dans le monde bleu des rêves que chacun prépare fébrilement la fête de la Nativité.
Dans toutes les maisons, c'est alors une extraordinaire floraison de crèches en bois sculpté et de sapins illuminés.
Des couronnes de houx ornent les portes d'entrée pour souhaiter la bienvenue aux étrangers.
Ne dit-on pas que toutes les mauvaises pensées restent accrochées dans les épines de la plante ?

Puy Noël 2017_00995

Puis Noël passe avec son cortège de joies et de repas.
Une autre tradition enfantine clôt, enfin, cette période de fêtes.
La veille de l'Epiphanie, les enfants vont, de maison en maison, offrir le gui, symbolisant ainsi la longue marche de l'Etoile des Rois Mages.
Dans chaque demeure, ils chantent le lied traditionnel.
"Que Gaspard, Melchior et Balthazar vous gardent et vous bénissent..."
Après leur départ, le maître des lieux inscrit, à la craie, sur la porte, les initiales des trois Rois avec le millésime de l'année.
Une année nouvelle peut alors commencer sous le signe de la protection divine...

25 décembre 2019

Petit Claus devient le Père Noël

Puystory_00048

Lors d'une nuit glaciale, un 25 décembre, est né un petit garçon nommé CLAUS.
Ce jour-là, il faisait si froid, que même le sapin de Noël, à l'intérieur de la maison était recouvert de glaçons.
Depuis ce jour, le nouveau-né adorait le froid, la gelée, la neige...
Et ceci au grand désespoir, de son grand frère et de sa grande sœur.
VICTOR et ANNE qui eux, préféraient le soleil, la chaleur.
Même la maman de CLAUS était inquiète à son sujet.
Elle craignait qu'il n'attrape un rhume.
La saison préférée de ce dernier s'avéra donc l'hiver.
Dès qu'il sut marcher, il aimait jouer à l'extérieur.
Il construisait des bateaux, des châteaux ... de neige.
Il ne se sentait bien que dans un univers de fraîcheur.

DSC_0488

Sa maman redoutant qu'il ne se perde dans la neige, lui confectionna un petit ensemble rouge bordé de fourrure blanche ainsi qu'un petit bonnet rouge (forme et couleur qu'il portera toute sa vie).
Elle lui épingla même sur une manche la clé de la maison.
Afin qu'il puisse entrer chez lui quand il le souhaiterait.
Cependant, un jour, il perdit la clé que sa maman lui avait confiée.
Gardant son calme, il monta sur le toit de la maison et rentra chez lui par la cheminée.
CLAUS adoptait un comportement très différent de celui d'Anne et Victor.
Il était de nature très calme, solitaire mais toutefois gaie.
Quant à son frère et sa sœur, ces derniers aimaient attirer l'attention de tout leur entourage par des récitations, des chants... et ceci jusqu'à applaudissements.
Anne et Victor s'appropriaient tout ce qu'il possédait.

Puystory_00055

Et CLAUS donnait généreusement tous ses jouets.
Il aimait que tout le monde soit heureux auprès de lui.
Mais son frère et sa sœur lui en faisaient voir de toutes les couleurs en collant du chewing-gum sur sa luge, faisant des nœuds aux manches de son manteau, inventant même une chansonnette pas très élogieuse à son égard.
Puis vint le temps pour CLAUS d'aller à l'école.
Sa bonté resta la même.
Il continuait d'offrir ses jouets à ses camarades de classe, ainsi que son déjeuner.
Il alla même jusqu'à offrir son orange à la maîtresse.
Celle-ci enchantée, le remercia en le comparant à un saint "SANTA CLAUS".

Puystory_00049

Devenu adulte, CLAUS décida alors de se retirer et dit :
"Je vais m'établir dans un endroit très froid et me laisser pousser la barbe.
Et chaque année, le jour de mon anniversaire, je rendrai visite dans toutes les maisons du monde pour y déposer des jouets".
Décidé, il se mit à fabriquer un traîneau et se fit deux amis.
Des rennes appelés PRINCE et RACHEL.
Ces derniers tireraient son traîneau.
Le jour du départ arriva.
CLAUS dit au revoir à toute sa famille.
Le chemin fut très long.
Mais arrivé au pôle nord, il rencontra des petits lutins qui voulurent bien l'aider dans son entreprise.

DSC_6607

Pour commencer, ils lui fabriquèrent une immense et ravissante maison.
Ensuite, ils l'aidèrent à fabriquer des millions et des millions de jouets.
Il en fallait pour tout le monde.
Puis, ils perfectionnèrent le traîneau afin que celui-ci puisse porter tous les jouets.
Le lutin magicien donna même un pouvoir aux rennes.
Dorénavant PRINCE et RACHEL voleront dans les airs.

PUY_3188

Aujourd'hui, chaque année, lorsque le 25 décembre approche, CLAUS quitte tous ses amis et le pôle nord pour distribuer tous les cadeaux qu'il porte dans sa hotte.
Cette année il n'oubliera personne.
Tous les enfants de la terre trouveront dans leurs souliers les jouets qu'ils ont désirés.

16 octobre 2019

Découvrir le Bourg 1900.*

Puy19060392

Le XIXe siècle est marqué par un retour à une simplicité architecturale dont les façades commerciales sont le reflet.
Sous l’Empire, l’essor des commerces et leur distinction marquée avec les ateliers d’artisanat mèneront à créer des devantures dont le but principal sera de présenter les marchandises et de séduire les chalands.
Les coffrages menuisés qui sont apparus dès le tout début du XIXe forment un décor effaçant la banalité des rez-de-chaussée.
Les grands vitrages qui offrent davantage de transparence sont généralisés.

108

A partir du milieu du XIXe siècle, les coffrages de bois s’ornementent de décorations originales et travaillées qui apportent fantaisie et gaieté aux rues commerçantes.
Avec l’arrivée du style Art Nouveau en 1900 apparaîtront les courbes et contre-courbes qui témoigneront d’une nouvelle tendance architecturale.
Rattaché à ce contexte historique, le Bourg 1900 illustre l’ensemble de ces évolutions architecturales.
La Boutique "le Cerf-volant" construite aux alentours des années 1850 témoigne d’un autre mode de réalisation des devantures dites en feuillures.

Puystory_1646

A contrario des autres échoppes, celle-ci laisse apparaître la structure primitive composée d’une arcade et de piliers de pierres.
La confiserie pour sa part, témoigne des tendances observées au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les coffrages de bois sont épurés et les panneaux latéraux sont ornés de devantures peintes influencées pour celle-ci par le style Art Nouveau du début du XXe siècle.

PUY_9228

L’architecture n’est jamais figée dans l’histoire mais le fruit des évolutions techniques et esthétiques que peuvent subir les bâtiments au cours de leur vie.
Dans le "Bourg 1900", il est important de comprendre que l’ensemble de cette composition est le témoignage de constructions s’échelonnant du début du XIXe jusqu’aux années 1920.

PUY_2022

D’un point de vue technique le bistrot illustre l’arrivée, dans l’art de construire, de nouveaux matériaux comme le métal et le verre de grandes dimensions, qui influenceront dans leur production de nombreux architectes comme Baltard dont le goût personnel l’aurait porté à réaliser des halles de marché de pierres et non des pavillons métalliques.

PUY_2041

Le bistrot reflète cette hésitation architecturale entre le classicisme pur et l’arrivée d’un style plus léger où la structure métallique devient porteuse, la halle Michelin en étant l’éblouissement esthétique et technique.

PUY_8574

Nous retrouvons plusieurs traces d’un nouveau vocabulaire architectural qu’est l’Art Nouveau.
Les garde-corps du pont, la boutique du photographe, les décorations de panneau de la confiserie seront autant de clins d’œil à ce style audacieux qui marque le début du XXe siècle.

10 juillet 2020

Les rapaces au Puy du Fou.*

PUY_6992

Un oiseau est un animal vertébré recouvert de plumes, dont les membres supérieurs sont des ailes et qui se reproduit en pondant des oeufs.
Il a été répertorié 9956 espèces d’oiseaux dans le monde.
Le rapace est un oiseau qui, dans la nature, capture et tue des animaux vivants pour se nourrir.
C’est un oiseau carnivore puisqu’il se nourrit de viande.

Puystory_00626

On trouve les rapaces diurnes, qui vivent le jour (aigles, faucons, vautours, milans, buses,…) et les rapaces nocturnes (hiboux et chouettes).
Les rapaces comprennent les prédateurs, ceux qui capturent et tuent des animaux vivants pour se nourrir, et les charognards (vautours) qui se nourrissent, eux, de cadavres d’animaux.
Les caractéristiques des rapaces

PUY_7002

La vue : les oiseaux ont une vue excellente.
Pour les rapaces, ce sens a une importance capitale, car il leur permet de repérer les proies à distance.
Le rapace a une vue 8 à 10 fois supérieure à celle de l’homme.
Un vautour peut repérer un cadavre d’animal long de 30 cm à 3,7 kms dans le ciel.
Le faucon pèlerin, lui, peut percevoir des passereaux jusqu’à 3-4 kms de son point d’observation.

PUY_6403

Les ailes : les rapaces ont une forme d’ailes adaptée au mode de chasse le plus fréquemment pratiqué.
Les planeurs : larges ailes associées à une queue plus ou moins longue (vautours, aigles, buses).
Les intermédiaires : larges ailes courtes et arrondies capables de voler habilement dans la végétation forestière (autour des palombes).

Puystory_00002

Les chasseurs rapides : ailes longues et pointues capables de filer et piquer à toute vitesse (faucons).
La vitesse d’un faucon pèlerin en piqué est de 380 km/heure (le TGV atteint une vitesse de 320 km/heure).
Une diversité des dimensions d’un rapace :
le Condor des Andes est le plus gros rapace du monde : 3,20m d’envergure pour un poids de 15kg.
Le plus petit est le Fauconnet pygmée d’Afrique d’une taille de 20 à 25 cm pour un poids de 50 à 100g.

PUY_7129

Le bec : chez les rapaces, le bec est pointu et crochu avec des bords tranchants.
Sa forme dépend du type de proie capturée.
Les pattes : les rapaces se servent de leurs pattes pour capturer et tuer leurs proies, leurs serres sont pointues, tranchantes et puissantes.

Puy23060565

Les doigts : le faucon a des doigts fins alors que la buse qui capture au sol a des doigts trapus.
L’aigle, quant à lui, a des doigts robustes et puissants (un aigle royal a une pression de 200 kg au cm² et peut transporter en vol des animaux pesant au maximum 4 à 5 kg).
Enfin, le vautour a des doigts longs et des serres peu recourbées et inoffensives.

DSC_5447

L’ouïe : les rapaces entendent très bien.
Par exemple, les chouettes et les hiboux sont capables, sans se servir de leurs yeux, de localiser une proie d’après le bruit qu’elle fait.

DSC_5463

Le régime alimentaire : les rapaces sont carnivores, ils se situent en fin de chaîne alimentaire.

4 novembre 2020

La Table Ronde et le Saint Graal.

Puystory_01571

L’institution de la Table Ronde participe à l’exaltation de la figure du chevalier.
Comme au cours d’un festin, une violente querelle avait opposé ses chevaliers jaloux de leurs préséances, le Roi Arthur, soucieux de régler le conflit, fit fabriquer dit-on une immense table ronde autour de laquelle tous pouvaient se réunir dans une parfaite égalité qui garantît la paix et la convivialité.
C’est Wace (1100–1175) qui le premier mentionne dans le Roman de Brut cette table conçue pour attirer l’élite des chevaliers sans établir de hiérarchie entre eux, et devenue le symbole de l’équilibre du Royaume.
D’après Robert de Boron (XIIIème siècle), cette Table serait plutôt une initiative de Merlin, fabriquée en souvenir de la table de la Cène du Christ.

DSC_5544

Cette version tardive manifeste la volonté de christianiser le mythe ancien, de même que le chiffre récurrent de douze chevaliers.
Comme les douze apôtres du Christ, ils se trouvent associés au drame de la Passion et au salut de l’Humanité.
Sur chacun des sièges de la table, le nom du chevalier qui y a pris place s’inscrit miraculeusement en lettres d’or.
Un seul reste vide.
Le "Siège périlleux " ce siège vacant (qui est tantôt désigné comme celui de Judas, tantôt comme celui du Christ) est réservé au "meilleur chevalier du monde".
C’est le pur et parfait Galaad qui sera désigné par le Ciel pour l’occuper.
Aussi la Table Ronde est-elle restée dans l’imaginaire collectif comme l’expression la plus achevée de l’idéal chevaleresque.
A la Table Ronde s’associe étroitement le thème du Graal.

DSC_6375

Ce plat long et creux apparaît pour la première fois dans le Perceval de Chrétien de Troyes, associé à une lance au bout de laquelle perlent des gouttes de sang.
Cet objet mystérieux, qui contient une hostie, est capable de combler toutes les faims et de soigner tous les maux.
Par la suite, Robert de Boron l’assimile à la coupe dans laquelle Joseph d’Arimathie aurait recueilli le sang du Christ crucifié.
Une version tardive du mythe prétend même que celui qui boit dans cette coupe accède à la vie éternelle.

DSC_8894

Le "Saint Graal", progressivement devenu ciboire ou calice va transformer les aventures chevaleresques en quête mystique.
Au cours du XIIIème siècle, le Cycle du Graal va rassembler toutes les légendes arthuriennes dans une perspective chrétienne.
Talisman pourvu de pouvoirs merveilleux et promis aux esprits les plus purs, le Graal suscite dans la confrérie de la Table Ronde une quête fervente hissant les chevaliers à un haut degré de perfection spirituelle.
Elle trouvera son expression la plus parfaite avec Galaad.

Puystory_01572

C’est en effet au plus jeune et au plus pur des chevaliers qu’il est donné de toucher le Graal et de regarder à l’intérieur avant de rendre l’esprit, subjugué par la beauté de la vision.
La coupe est alors emportée au ciel par une main mystérieuse.
L’objet à jamais hors d’atteinte devient le symbole de l’inaccessible infiniment désirable.

PUY_2457

20 mai 2020

Le Roman Arthurien & les Chevaliers de la Table Ronde au Puy du Fou

328

La principale source écrite de la légende arthurienne émane de l’historien Geoffroy de Monmouth avec son Histoire Légendaire des Rois de Bretagne (Historia regum Brittanniae, 1135) principalement destinée à glorifier le passé breton.
Mais c’est au poète normand Wace qu’il revient d’avoir fondé le mythe littéraire d’Arthur avec le Roman de Brut (1155).
Chrétien de Troyes enfin, a popularisé en France cet univers mythique et ses héros avec Yvain ou le chevalier au lion (vers 1176), Lancelot ou le Chevalier de la charrette (1177), Perceval le Gallois ou le Conte du Graal (vers 1180).

Puystory_01536

Par ailleurs, dans les textes français, l’exaltation idéologique et politique disparaît au profit d’une célébration de la chevalerie occidentale.
Au début du XIIIème siècle, l’écrivain franc-comtois Robert de Boron (fin du XIIème - début du XIIIème siècle) christianisera définitivement le mythe en faisant du Graal une relique de la Passion du Christ.
A l’origine écrits en vers (octosyllabes), les romans de chevalerie, destinés à un public d’aristocrates sont chantés ou récités à haute voix dans les cours et les assemblées.
A partir du XIIIème siècle, la légende arthurienne se développe en prose.
C’est la naissance du "roman", c’est-à-dire de l’histoire écrite en langue "romane" (la langue populaire, par opposition à la langue savante : le latin).

PUY_1554

Avec Les Chevaliers de la Table Ronde, mythe venu du fond des âges et des forêts enchantées, le Puy du Fou revisite, en redonnant tout son lustre au personnage du Roi Arthur, héros incontestable du spectacle.
Comme dans la légende originelle, l’accession d’Arthur au trône procède d’une élection divine.
Suite au désarroi populaire occasionné par la mort d’un roi sans descendance, Merlin annonce que celui qui retirera l’épée de son socle "sera le Roi choisi par la Providence".
Arthur n’est pas pour autant exempt de faiblesse.

PUY_7082

Excalibur réputée incassable par la légende, se brise au cours d’un combat car le jeune homme n’a pu se défendre d’un mouvement de vanité face aux provocations de Lancelot jaloux.
Cette première erreur le prédispose fatalement à écouter les promesses fallacieuses de Morgane, la "fée des esprits mauvais".
Ebloui par la tentation de l’immortalité et du pouvoir illimité, Arthur met en péril l’avenir du royaume.
Pour être sans peur, Arthur n’est donc pas sans reproche.

PUY_2751

Afin de rompre le sortilège de la table ronde infernale, il lui faut faire preuve d’humilité en appelant à son secours "la bonne fée" Viviane, et renoncer aux vanités de la gloire terrestre, en jurant de consacrer sa vie à la quête du Saint Graal.
Serment qui lui vaut le privilège de s’asseoir dignement à la vraie Table Ronde et de contempler le Graal, tandis que le final met en scène l’éblouissante apparition de Galaad, figure accomplie d’une chevalerie spirituelle que la fin du Moyen-âge appelait de ses vœux.

PUY_6474

Dans le sillage de Chrétien de Troyes, l’itinéraire du chevalier prend la forme d’une quête mystique destinée à le hisser jusqu’ à la contemplation du souverain Bien.

24 juillet 2020

La Nature au service du Grand Parc.*

Puy20061061

Les rosiers sont sensibles à l’oïdium, au mildiou, à la maladie des taches noires et sont parfois victimes des attaques d’insectes ravageurs.

DSC_6995

Pour les en prémunir, les jardiniers du Grand Parc utilisent des produits naturels à base de macération végétale (prêle, grande consoude, ail…) qui renforcent les plantes.

Puystory_04927

Afin de limiter l’emploi de pesticides, ils font appel aux coccinelles (enfin les larves), friandes de pucerons.

20200616_084347

(Photo Jérôme Vrignaud - Directeur des Jardins du Puy du Fou).

Contrairement aux coléoptères adultes qui peuvent s’envoler, les larves de la coccinelle ne peuvent pas voler et restent donc mieux en place.

PUY_6617

Elles sont dites aphidiphages et consomment à 12°C de 60 à 150 pucerons par jour, faisant d'elles les championnes de la lutte biologique contre les pucerons.

PUY_3170

Toutes les opérations de désherbage s’effectuent manuellement.

Puystory_00004

 

La légende
Les coccinelles sont appelées familièrement "les bêtes à bon Dieu".
Ce surnom est tiré d’une légende remontant au Xe siècle.
Condamné à mort pour un meurtre commis à Paris, un homme, qui clamait son innocence, a dû son salut à la présence du petit insecte.
En effet, le jour de son exécution publique, le condamné devait avoir la tête tranchée.
Mais une coccinelle se posa sur son cou.
Le bourreau tenta de l’enlever, mais le coléoptère revint à plusieurs reprises se placer au même endroit.
Le roi Robert II (972-1031) y vit alors une intervention divine et décida de gracier l’homme.
Quelques jours plus tard, le vrai meurtrier fut retrouvé.
Cette histoire s’est très vite répandue et la coccinelle fut dès lors considérée comme un porte-bonheur qu’il ne fallait pas écraser.

23 septembre 2020

Une histoire de roses.*

Puystory_04930

Il y a environ 5000 ans, les Chinois entreprirent de cultiver la rose qui devint rapidement un remède incontournable de la pharmacopée asiatique.
Son essence était appréciée des coquettes et les gourmands recherchaient son fruit, le cynorrhodon, qui apparaît en automne.

PUY_0342

3000 ans avant notre ère, les peuples de Mésopotamie, d’Egypte, de Perse et de Grèce s’adonnèrent à la culture de cette fleur qu’ils appréciaient plus que toute autre.
Ils élaborèrent une technique de forçage ingénieuse.

PUY_9194

Des tuyaux de terre cuite dans lesquels coulait de l’eau chaude réchauffaient la terre et permettaient d’avancer ou de prolonger la production des végétaux.
Dans l’Antiquité, les roses étaient utilisées dans les cérémonies nuptiales et funéraires.
Leur parfum était un attribut indispensable de la séduction.

PUY_0071

Selon la mythologie antique, la rose sauvage serait née du sang d’Adonis mortellement blessé et de celui de son amante, Aphrodite, qui, en se hâtant pour venir à son secours, se serait écorchée à un buisson de ronces.
Une autre légende rapporte qu’elle aurait été créée par Chloris, déesse des fleurs, avec le corps d’une nymphe inanimée.
Les croisades permirent l’expansion de la culture des rosiers.

PUY_5368

Thibaut IV de Champagne rapporta de Terre Sainte vers 1250 (VIIème croisade), un rosier hybride spontané dont la fleur pourpre violacé devint la célèbre rose de Provins, ou rose des apothicaires (Rosa gallica officinalis) pouvant guérir, dit-on, 33 affections.

PUY_4229

Hildegarde de Bingen préconisait l’utilisation de la rose pour apaiser la colère.
"Prendre de la rose et à peine moins de sauge, réduire en poudre et au moment où la colère jaillit en soi, présenter cette poudre devant la narine.
En effet, la sauge apaise et la rose réjouit " (Livre de médecine composée).

PUY_9996

On mêlait au Moyen Âge une décoction de pétales de rose à du vin ou à de l’huile d’olive pour fabriquer du vin de rose ou de l’huile de rosat.
Au XIIIème siècle, Guillaume de Lorris composa son fameux Roman de la Rose, un ouvrage allégorique dans lequel la rose fait l’objet d’une quête métaphysique et incarne l’amour parfait.

PUY_4160

A partir du XVIIIème siècle, les rosiers de Chine et du Bengale furent introduits en Europe et offrirent leur caractère remontant aux rosiers européens avec lesquels ils furent croisés.
Au XIXème siècle, l’impératrice Joséphine joua un rôle considérable dans la création de nouvelles variétés de rosiers en France.

Puy20061056

Elle en planta 250 dans son jardin de la Malmaison et demanda au peintre du cabinet de Marie-Antoinette, Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), de réaliser le portrait de 180 roses exceptionnelles.
De nos jours, les roses font l’objet d’âpres batailles économiques.

122639029

Les rosiéristes améliorent constamment les qualités naturelles des plantes pour des collectionneurs de plus en plus nombreux à travers le monde.

20 mars 2020

La Roseraie du Puy du Fou.*

PUY_5737

La Roseraie du Grand Parc propose aux visiteurs une promenade embaumée parmi plus de cent variétés de rosiers.
Ici, pas de labyrinthe aux mécanismes espiègles ni de mise en scène théâtrale.
Des pigeons voyageurs immaculés accueillent les passants dans un frou-frou rêveur d’ailes blanches.

Puystory_04932

La Roseraie s’apparente à un cabinet de senteurs où s’épanouissent des fleurs aux nuances délicates, que rehaussent ici et là arbustes fleuris, tulipes, fritillaires, gypsophiles ainsi qu’une quinzaine de variétés de plantes vivaces ou herbacées.

2 octobre 2019

Le dressage des rapaces.*

PUY_3581

Occupation aristocratique par excellence, la chasse est, sous l’Ancien Régime, à la fois une activité sportive, un divertissement et un privilège social.

PUY_5794

Il convient de distinguer la "vènerie" ou "chasse à courre", pratiquée avec des chiens, de la fauconnerie, encore appelée "chasse au vol", technique venue de l’Asie centrale et qui s’exécute à l’aide de rapaces élevés à cet effet.

PUY_6348

Selon les époques et les régions, cependant, elle a pu être ouverte à toutes les classes sociales ou au contraire être réservée à la noblesse, voire aux souverains.

PUY_5800

Les techniques médiévales de fauconnerie nous sont connues grâce au volumineux "Traité de l’Art de la Chasse avec des Oiseaux", écrit vers le milieu du XIIIème siècle par un empereur féru de sciences naturelles et passionné par les faucons : Frédéric II de Hohenstaufen (1194-1250).

PUY_6306

L’ouvrage, abondamment et précisément illustré, détaille les phases du dressage des oiseaux, les soins particuliers qu’ils nécessitent et les techniques de chasse.

9 septembre 2020

La Guerre de cent ans (résumé) *

PuyStory 2011 Aout 1475

L’appellation "Guerre de Cent Ans" désigne une période de troubles où les combats occupent en fait une place restreinte en regard des moments de trêve.
C’est un conflit qui prend sa source dans une rivalité séculaire entre la France et l’Angleterre.

PUY_2976

Dès le XIIème siècle, suite au mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec le comte d’Anjou Henri II Plantagenêt, l’Angleterre avait en partie réalisé ses ambitions conquérantes sur la France.
En 1337, le roi Édouard III d’Angleterre revendique la couronne de France et passe à l’offensive, infligeant plusieurs défaites à l’armée française, dont celle de Crécy (1346).

Puy du Fou 2011 - 7353

Au péril de l’étranger vient bientôt s’ajouter la guerre civile.
La folie du roi de France Charles VI éveille la convoitise de ses oncles les ducs de Bourgogne.
Le royaume se divise alors entre le parti d’Orléans (mené par Louis d’Orléans, frère de Charles VI) qu’on appellera bientôt des Armagnacs, et le parti des Bourguignons (dont Jean Sans Peur, duc de Bourgogne, est le chef), ces derniers n’hésitant pas à requérir l’aide des Anglais pour réaliser leurs ambitions politiques.
L’anarchie fait le jeu de l’Angleterre.
En 1413, le roi Henri V revendique la couronne de France et la main de la fille de Charles VI.

Puy du Fou 2011 - 8885

Débarquant sur le continent avec six mille hommes, il inflige aux armées françaises l’écrasante défaite d’Azincourt (1415) où la chevalerie française est décimée.
En 1418, la capitale passe aux mains des Bourguignons.
En signant l’infamant Traité de Troyes, en 1420, Charles VI déshérite son propre fils au profit du roi d’Angleterre auquel il accorde la main de sa fille.
Henri V devient l’héritier de la couronne de France.

Puy15060567

Écarté du trône, désavoué par ses parents, le dauphin Charles VII vient à douter de sa légitimité.
La France est divisée entre les possessions anglaises au nord, les possessions bourguignonnes à l’est, et les provinces demeurées fidèles au Dauphin au sud.

PUY_9820

Au nord, seules quelques places fortes sont restées fidèles à Charles VII, dont le Mont Saint-Michel et Vaucouleurs…
Cantonné à Bourges, le dauphin est appelé par dérision le "petit roi de Bourges".

PUY_3594

L’épopée de Jeanne d’Arc s’inscrit dans ce contexte désespéré.
A l’abandon de la couronne s’ajoutent les famines, les épidémies et le brigandage.

24 janvier 2020

Jeanne d'Arc au Puy du Fou *

Puy du Fou 2011 - 8843

Le Secret de la Lance rappelle, à travers l’attaque du château, la redoutable efficacité de l’archerie anglaise, qui anéantit la chevalerie française à la bataille d’Azincourt (1415).
Les engins de siège contribuent à l’évocation de la guerre médiévale tout en amplifiant le spectaculaire de l’action.

PUY_6089

Le spectacle évoque l’épopée de Jeanne d’Arc à travers la scène purement imaginaire d’un arrêt au Puy du Fou décidé par la jeune fille sur le chemin d’Orléans (en réalité, Jeanne n’a jamais dépassé Saumur).
Désireuse de sélectionner les cavaliers qui l’aideront à remporter la bataille d’Orléans, Jeanne nous permet d’assister à une éblouissante démonstration équestre.

Puystory_05382

Reconnaissable à son étendard fleurdelisé, la Pucelle mentionne l’apparition de l’archange Saint Michel, tandis que le texte d’entrée fait entendre les "Voix" instigatrices de sa mission…

"Va, fille de France… ".

29 janvier 2020

La Légion des Alouettes

PUY_5038

En -46, la "Legio Quinta Alaudae" s’illustra à la bataille de Thapsus (actuelle Tunisie) au cours de laquelle les partisans du défunt Pompée affrontèrent l’armée de Jules César.

Puystory_05529

Sous les ordres de ce dernier, la légion gauloise accomplit un spectaculaire fait d’armes.
Elle soutint avec courage la charge furieuse d’une soixantaine d’éléphants dont les cornacs avaient rallié la cause de Metellus Scipion.

Puystory_05502

Ce comportement héroïque lui valut d’arborer un éléphant sur ses enseignes.
Démobilisée à la mort de Pompée, la "Legio Quinta Alaudae" fut reconstituée par Octave et Marc-Antoine.
Elle parcourut l’Empire, de la Germanie à l’Espagne, de l’Afrique à l’Arménie.
Elle disparut dans la deuxième moitié du 1er siècle, bien avant l’avènement de Dioclétien.

PUY_5178

Pour notre plus grand plaisir, elle renaît de ses cendres à la faveur du Signe du Triomphe.
Elle met sa vaillance et sa loyauté au service du héros Damien qui a courageusement décidé de s’opposer aux cruautés des jeux romains.

15 mai 2020

La sifflotante !!

PUY_7462_09388

Damien, centurion gaulois dans la "sifflotante" légion romaine de l’Alouette, est le héros du spectacle "Le Signe du Triomphe" qui se déroule sous le règne de l’empereur Dioclétien (244-311).
Si Jules César encouragea l’intégration de nombreux soldats non romains dans les rangs des armées auxiliaires de Rome et s’il leur accorda la citoyenneté au terme d’un long service, il réserva cependant aux citoyens romains le privilège d’entrer dans la Légion.

Puystory_05400

L’étonnante Legio Quinta Alaudae (Cinquième Légion de l’Alouette) dérogea à cette règle.
Créée en -58 ou -57 par César pendant la Guerre des Gaules, elle fut la première légion à ne recruter que des Gaulois transalpins.
Directement rétribués par le Sénat, ses combattants purent accéder plus rapidement que de coutume au statut de citoyens romains.

Puystory_05406

"Après ce succès, Jules César ajouta d’autres légions à celles qu’il avait reçues de la République et il les entretint à ses frais.
Et même, il en forma une chez les Gaulois transalpins à laquelle on donna le nom gaulois d’Alauda.
Il la forma à la discipline des Romains, l’équipa et, plus tard, la récompensa toute entière en lui accordant le droit de cité."
(Suétone, Vie de César, 24,2)

PUY_0227

Certains furent même gratifiés d’une charge de judicature, à la stupéfaction des notables romains comme Cicéron qui s’en offusque dans ses Philippiques (livre XIII, 18).
Les deux plumes dressées sur le sommet du casque des combattants valurent à ceux-ci le surnom de légionnaires de l’Alouette.
Cet oiseau sacré dans la culture gauloise, volant entre le monde des hommes et celui des dieux, devint l’emblème de la "Legio Quinta".

Mont des Alouettes 092012 - 19

Entre le Puy du Fou et la commune des Herbiers, le Mont des Alouettes devrait son nom à cette légion qui y aurait établi un camp.

10 mars 2021

Cueillette, chasse, pêche : des activités encore très présentes.*

Puy23060662

Au Moyen Âge, la forêt est un espace de cueillette et une réserve de chasse sans équivalent.
La cueillette offre un complément végétal non négligeable (champignons, racines, plantes, châtaignes) alors que la chasse apporte viande et peaux (sangliers, cervidés).
Au Puy du Fou, des chasseurs s’illustrent étonnamment pendant le prélude du spectacle mais également lors d’une chasse à courre.

PUY_4841_09937

Privilège des nobles, cette chasse est surtout prétexte à entretenir son adresse.
Ainsi, le jeune adoubé démontre-t-il sa maîtrise à cheval et son habileté à l’arc en traquant le daim.
Enfin, la pêche reste une activité inhérente au quotidien des villageois.

Puystory_07080

Le point d’eau à proximité apporte des poissons une bonne partie de l’année.
Notons sur le site du spectacle, la maison d’un pêcheur, attenante au cours d’eau.
Celle-ci est dotée d’une avancée en bois qui surplombe l’eau et permet au villageois de maintenir en hauteur son filet de pêche.

17 avril 2020

Les costumes, reflets d’un rang social.*

PUY_3822

Le costume reflète la place de chacun dans la société.
En variant les tissus, les broderies et les galons, l’individu se détermine socialement.
Dans la sphère villageoise du Fort de l’an Mil, les disparités sont atténuées.
De condition plus ou moins similaire, la majeure partie des habitants portent la même tenue.

PUY_4826_09922

Pour les hommes, celle-ci se compose de braies en lin (pantalon long) et de chausses.
Par-dessus, on enfile un bliaud (Tunique).
C’est une longue tunique qui s’arrête à mi-cuisses et mi-bras pour faciliter les travaux manuels.

Puystory_07449

C’est sur ce vêtement qu’on affiche sa richesse avec des broderies ou des galons.
En hiver, les plus humbles portent une chape, manteau à capuche à large pan.
Les nobles préfèrent la cape maintenue à l’aide d’une fibule sur l’épaule droite.
Le seigneur et le jeune chevalier en sont pourvus lors de la cérémonie de l’adoubement.

Puystory_07444

Les femmes portent une longue robe composée d’une tunique plus large en bas et d’une bande de toile positionnée par-dessus et resserrée à la taille.
Les plus aisées s’ornent de belles ceintures et ajoutent de riches galons.

24 juillet 2019

7 novembre 1793 : Département Vengé.*

Image2

Un changement imposé par la Convention montagnarde.
En 1793 commence la Terreur.
Les Montagnards, un groupe de députés de l'Assemblée constituante, mettent en place une dictature révolutionnaire de crise et décident d'une levée en masse pour renflouer l'armée.
Une décision qui passe mal dans les campagnes.
En Vendée, une révolte paysanne éclate.

Puy Noël 2017_00361

C'est le début de la guerre de Vendée, qui oppose républicains et royalistes (1793-1796).
Prêts à tout pour ramener le calme, les Montagnards jurent de supprimer la Vendée.
Le 7 novembre 1793, le département est nommé "Vengé".
Un nom issu de "vengeur", autre appellation du bourreau qui manœuvre la guillotine...
C'est entre 1793 et 1795, que la Vendée sera nommée "Vengé".

PUY_8716

La Vendée porte à cette époque le n° 79.
Parler de génocide vendéen était et est pourtant justifié.
C'est Bertrand Barrère qui demandait à la tribune, en avril 1793, d’exterminer les Vendéens, répondant à trois lois votées à l’unanimité par la Convention, cette assemblée de furieux :
– La loi du 1er août 1793 qui " conceptualise l’anéantissement matériel de la Vendée et la déportation des femmes, des enfants, des vieillards".
– La loi du 1er octobre 1793 qui a pour objectif de "régler définitivement la question vendéenne".
– La loi du 8 novembre 1793 qui "débaptise la Vendée, laquelle devient le département Vengé".

PUY_2190

Cette dénomination imposée par décret de la Convention à la fin de l’année 1793 devait effacer de la mémoire des hommes celui de "Vendée", entaché de tous les crimes aux yeux des révolutionnaires.
C'est le 18 brumaire an II (8 novembre 1793), que la Convention nationale vote un "décret relatif au ci-devant département appelé la Vendée, lequel se nommera désormais le département Vengé" (article Ier).
Au même moment, plusieurs communes ou lieux vendéens sont rebaptisés.

PUY_6727

Le texte prévoyait d’autre part de confisquer tous les biens des rebelles pour les distribuer aux patriotes locaux (article IV), mais aussi aux réfugiés républicains venus des frontières de l’Est (article V) et aux familles pauvres, que les autres départements étaient invités à envoyer en Vendée pour y recevoir une propriété (article VI).
Ce nom de "Département Vengé" n’a guère connu de succès dans la pratique, pas plus que les noms déchristianisés des communes vendéennes.
On le trouve cependant sur quelques cartes, extraite d’un triptyque "des départements Vengé, des Deux-Sèvres et de la Vienne".

PUY_7628

Cet événement est un des épisodes de la Guerre de Vendée, commencée en 1793 opposant le pouvoir central et une région où le vote par la Convention nationale d'une levée en masse de 300.000 hommes pour combattre les ennemis de la Révolution française, le 24 février 1793 provoquant ainsi un soulèvement populaire.
CONVENTION NATIONALE du 18 brumaire an II (8 novembre 1793).
Décret relatif au ci-devant département appelé la Vendée, lequel se nommera désormais le département Vengé.

Image1

La Convention Nationale, décrète les articles :
I. Le département ci-devant appelé de la Vendée se nommera désormais le département Vengé.
II. Toutes les séparations des héritages, soit sellés ou haies, seront détruits par les anciens ou nouveaux propriétaires, dans l'espace de six mois, et seront remplacés par de simples bornes.
III. Deux représentants du peuple se transporteront à Nantes et dans toutes les villes de la Vendée, y prendront l'état des héritages possédés ci-devant par les rebelles et tous ceux qui, ayant pris part à la guerre de la Vendée n'ont point abjuré leur erreur.
IV. Ces héritages seront distribués à des cultivateurs restés fidèles dans le pays, et qui ont droit à des indemnités.
V. Aux réfugiés de l'Allemagne qui ont abandonné leurs propriétés pour cause de patriotisme.
VI. Les départements enverront dans la Vendée, près des représentants du peuple, une famille de cultivateurs infortunés par canton, pour y recevoir une partie de terre à y cultiver en propriété.
Les départements leur fourniront les moyens de ce rendre dans le pays, et les frais avancés par eux leur seront remboursés par le trésor national.
VII. La Convention Nationale charge les représentants qu'elle nommera des mesures de détail, et enjoint aux départements de mettre la plus grande diligence dans l'exécution de celles qui leur sont confiées.

26 juin 2020

La bibliothèque de la Boussole.*

PUY_0147_06330

Une bibliothèque est indispensable pour les scientifiques, car elle représente tout le savoir accumulé que les savants pourront consulter suivant les besoins de leurs recherches.
Les quinze savants et artistes de l'expédition ne peuvent compter que sur leur propre savoir et celui consigné dans les ouvrages embarqués.

PUY_0177

C'est pourquoi chacun a emporté ses ouvrages de référence, soit plus de 350 volumes au total, acheté pour un total de 6000 livres (72 000 €).
Ce sont des livres de voyage (Cook, Bougainville, Kerguelen…), des livres scientifiques (astronomie nautique, physique, botanique, zoologie, minéralogie…) sans oublier quelques textes philosophiques ou romanesques pour passer le temps.

PUY_2469

13 novembre 2019

Que dit Napoléon ?*

PUY_6247

"J'ai lu une histoire de la Vendée, si les détails, les portraits sont exacts Charette est le seul grand caractère, le véritable héros de cet épisode marquant de notre révolution, lequel, s'il présente de grands malheurs, n'immole pas du moins notre gloire.
On s'y égorge, mais on ne s'y dégrade point, on y reçoit des secours de l'étranger, mais on n'a pas la honte d'être sous sa bannière et d'en recevoir un salaire journalier pour n'être que l'exécuteur de ses volontés.
Oui, Charette me laisse l'impression d'un grand caractère, je lui vois faire des choses d'une énergie, d'une audace peu communes, il laisse percer du génie. "

Puystory_2960

Napoléon Ier, cité par Emmanuel de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène.

9 septembre 2019

La bataille des saintes 1782.*

img148

Lors de sa deuxième expédition pour l’Amérique, que Christophe Colomb (1451-1506) découvre le petit archipel, le 4 novembre 1493, qu’il baptise "Los Santos", en référence à la fête de la Toussaint qui venait d’être célébrée.
Ce groupe d'îles est situé dans les Antilles, entre la Basse-Terre (Guadeloupe) et la Dominique.
L’archipel des Saintes a fait l’objet, à partir du 16ème et pour 3 siècles, d’illustres batailles de possession entre la France et l’Angleterre.
La bataille des Saintes se déroule du 9 avril au 12 avril 1782.

539861_529041213785978_650254497_n

Photo Nade

La flotte britannique, dirigée par George Rodney (13.02.1718-24.05.1792), fut envoyée sur place les contrecarrer et attaquer la flotte française, dirigée par le comte de Grasse (13.09.1722-11.01.1788), qui protégeait un convoi marchand et qui se préparait à envahir la Jamaïque.
Le 07 avril 1792, la flotte française se composait de 35 navires de ligne, dont 2 armés de 50 canons, et un grand convoi de plus de 100 navires de transport.
Le 9 avril, de Grasse ordonne au convoi se réfugier en Guadeloupe et fait mettre ses navires en ordre de bataille pour couvrir leur retraite.

535740_529041733785926_1691487082_n

Photo Nade

Baptisée le Trafalgar antillais, elle sera le point final à la Guerre d’Indépendance de l’Amérique.
Malgré la défaite de la flotte française, commandée par le Comte de Grasse, l’Angleterre lors du traité de Versailles, en 1783, reconnait l’indépendance des Etats-Unis et est obligée de restituer à la France certains territoires.

PUY_6235

Après Yorktown, l'indépendance des jeunes Etats-Unis était assurée, cependant la France et la Grande-Bretagne s'affrontaient toujours dans les Caraïbes à propos des territoires coloniaux.
La victoire des Saintes redora le blason de la Royal Navy dans les Antilles, mais ce ne fut que provisoire.
Au début d'avril 1782, elle rencontra effectivement celle de l'amiral de Grasse au nord de la Dominique, près d'un groupe d'îles appelé les Saintes.

PUY_1350_02315

Après quelques manœuvres initiales et affrontements mineurs, la bataille proprement dite eut lieu le 12 avril, opposant les 36 navires anglais aux 30 français restant.
Au début de l'engagement, les deux flottes se positionnèrent parallèlement l'une à l'autre.
Les Britanniques lâchèrent de meilleures bordées, afin de briser la ligne de la flotte française.
La manœuvre fut couronnée de succès car une partie de l'armement anglais était équipée de nouveaux systèmes de mise à feu.

PUY_6236

La ligne française présentait également un certain relâchement et Rodney exploita un brusque changement de direction du vent pour l'enfoncer et tirer sur les bâtiments placés de part et d'autre et sur courte distance, leurs canons (des caronades) étaient particulièrement efficaces.
D'autres navires britanniques imitèrent leur capitaine et les Français perdirent toute formation, durement éprouvés au cœur de la mêlée.
Quelques bâtiments français tentèrent de virer de bord ce qui rompit l'ordre de bataille.

PUY_1746_06593

Le combat fut particulièrement acharné et dura plus de cinq heures.
Grasse, ayant épuisé toutes ses munitions, fit tirer une dernière salve en chargeant quelques canons avec sa vaisselle d'argent puis se rendit.
Son vaisseau n'était plus qu'un ponton sanglant et démâté.
Le César (74 canons), capturé par les Britanniques, explosa à la tombée de la nuit.
Ce sacrifice n'avait cependant pas été inutile car le reste de l'escadre put s'enfuir.
De Grasse et son navire amiral se rendirent en fin de journée.

PUY_9535_06240

400 hommes de son équipage avaient été tués.
Quatre autres vaisseaux français furent également capturés.
La victoire aurait pu être totale si Rodney, amiral assez conservateur, avait organisé une poursuite plus vigoureuse du reste de la flotte française.
Il n’a jamais été élucidé si Rodney a coupé les lignes françaises par tactique ou si ce n’est pas plutôt le vent qui a induit la manœuvre.
La question de savoir pourquoi les navires français n’ont pas été poursuivis reste aussi sans réponse.

PUY_1053

Les pertes furent :
Britanniques, aucun navire perdu, 1000 morts ou blessés.
Français, 4 navires capturés, 1 détruit, 5000 morts, blessés ou prisonniers.
De retour à Versailles, de Grasse pour se justifier accusa ses deux chefs d’escadre Vaudreuil (1724-1802) et Bougainville (1729 - 1811) d’avoir désobéi à ses ordres.
D’où un Conseil de guerre ordonné par Louis XVI (1754 - 1793).
Trois cent quatre survivants vont témoigner à Lorient, où chacun essayera de justifier sa conduite.
Après trois mois de délibérations, seul Bougainville est condamné, tous les autres officiers sont absous.

PUY_9539_06244

De Grasse est le grand perdant de ce procès, il lui sera interdit de monter sur un vaisseau et il subira pendant plus d’un siècle l’opprobre de la Marine française.
En revanche, les Américains et Washington lui rendirent toujours hommage.

544579_529041253785974_1148787093_n

Photo Nade

Charette de la Contrie (1763 - 1796) embarqué sur le "CLAIRVOYANT" participe à la bataille des SAINTES.
De Grasse donnera l’ordre à la frégate "l’Astrée", commandée par La Pérouse (1741 - 1788), de le prendre en remorque et de le convoyer aux Antilles.

Puystory
Archives