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11 avril 2018

Les Lucs-sur-Boulogne et les Colonnes infernales (1/3)

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D'abord il y eut une guerre.
"Une guerre de géants", a dit Napoléon.
Deux grandes armées face à face :
celle de la République et celle du Roi.
Les Bleus qui s'élançaient derrière les trois couleurs, les Blancs dont le drapeau était le Sacré-Coeur.
"Les rebelles se battaient comme des tigres, a dit Kléber, et nous comme des lions".
S'il y eut des morts, beaucoup de morts, c'est surtout au combat.
S'il y eut des massacres - il y en eut beaucoup - c'est autour et à la suite des combats.
Marceau témoigne, comme s'il s'agissait d'une routine :

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"Nos soldats en firent une boucherie épouvantable".
Mais la Grande Armée Catholique et Royale ne faisait pas non plus de cadeaux.
Cette guerre-là s'est achevée quand les derniers carrés vendéens furent écrasés à Savenay, les 22 et 23 décembre 1793, par les troupes de Westermann.
A l'intention du Comité de Salut public, et sans ambiguïté, ce général bleu avait dressé l'acte de décès de la Vendée en armes :
"Il n'y a plus de Vendée, citoyens...
Elle est morte sous notre sabre libre.
Je viens de l'enterrer dans les marais et les bois de Savenay...
J'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de brigands.
Je n'ai pas un prisonnier à me reprocher".

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Selon Kléber, la victoire républicaine réduisait les insurgés au désespoir.
De petites bandes de fidèles suivaient encore Stofflet et La Rochejaquelein.
Quelques autres obéissaient à Charette.
Surtout, répétait Kléber, surtout que l'on ne s'avise point de vouloir "ratisser" le pays.
Pour parvenir à la pacification, de simples opérations de police devaient suffire.
Aujourd'hui encore, sa lucidité nous saisit :
"On forcerait tous les paysans de l'intérieur, qui ne demandent plus que la paix, à se réunir en masse, et l'on verrait une nouvelle armée se former dans la Vendée."
On n'a pas écouté Kléber.
Déjà, à Nantes, le représentant Carrier cherche comment vider les prisons trop pleines.
Les noyades sont pour demain.
Et le général Turreau vient d'être nommé à la tête de l'armée de l'Ouest.
Turreau.

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Le voilà donc qui entre en scène.
Quand un spectacle frappe le public, il réclame l'auteur.
L'auteur, ici, c'est Turreau.
Une brute militaire ?
Pas même.
Avant la Révolution, ce fils d'un directeur des domaines du Roi s'appelait Turreau de Garambouville.
Il servait aux gardes de Monseigneur le comte d'Artois.
Les idées nouvelles ne semblent l'avoir séduit qu'au printemps de 1791.
Les volontaires qui s'en allaient aux frontières défendre la patrie en danger avaient élu lieutenant-colonel cet homme expérimenté. 
Le voilà aux armées du Nord, il passe général de brigade et, un mois plus tard, général de division.
Il sera commandant en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales, d'où on l'appellera dans l'Ouest.
Pour le malheur de l'Ouest.
Il a trente-sept ans.
Il connaît la région.
Il y revient pénétré d'une certitude :
toute manifestation d'humanité sera comprise par les insurgés comme une preuve de faiblesse.
D'emblée Turreau va écarter le plan de pacification proposé par Kléber :
"Ce n'est pas le mien !".
Il veut agir selon un texte qui, pour lui, se révèle une bible : le décret pris le 1er août 1793 par la Convention nationale.

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Exaspérée parce que les Vendéens l'emportent partout, elle a ordonné que les bois, les taillis, les genêts, les forêts des rebelles seraient détruits, que les récoltes seraient coupées, les bestiaux saisis, les femmes et les enfants déportés dans l'intérieur de la République.
Ce décret, on n'a eu ni le temps ni la possibilité d'en pousser jusqu'au bout l'application.
C'est la tâche que se donne Turreau.
Même il veut aller plus loin.
Le vendredi 17 janvier 1794, aux 102.709 hommes qu'il lâche sur la Vendée, il ordonne :
- Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette.
On en agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas...
Tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes".
C'est muni de cet ordre terrifiant que douze colonnes vont progresser dans un pays exsangue.
Il ne faudra pas longtemps pour qu'elles méritent le nom dont l'Histoire les a marquées pour jamais :
les Colonnes infernales.

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Turreau a proclamé :
"La Vendée doit être un cimetière national." ?

Extrait du Discours d'Alain Decaux de l'Académie Française, le 25 septembre 1993.

7 septembre 2018

Une légende Vendéenne

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Il y avait autrefois, il y a bien longtemps, au bas d'une montagne, un monastère de moines rassemblés pour prier Dieu.
Certains d'entre eux avaient pour tâche de travailler la terre et de faire vivre le monastère.
N'oubliez-pas que le travail est aussi une prière !
Tous les soirs les moines étaient rassemblés autour du prieur, qui leur parlait de l'éternité, du paradis.

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Un de ces moines surnommé Thomas Croit-dur, en souvenir de Saint Thomas, demanda au prieur :
"Que fait-on au paradis, durant toute l'éternité ?"
Le prieur, après l'avoir béni, lui répondit :
"Au paradis, les âmes ne se lassent jamais de contempler Dieu dans toute sa gloire et sa magnificence, ni d'entendre la musique céleste des anges."
Ce Thomas Croit-dur s'exclama :
"Cela doit être bien ennuyeux d'entendre la même musique pendant toute l'éternité..."

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Un jour, perdu dans la montagne, alors qu'il se reposait sur un rocher, il entendit au loin un orchestre invisible jouer une musique inconnue.
La musique était lointaine, et pourtant toute proche.
Sa sonorité harmonieuse semblait descendre des nuages qu'emportait le vent du soir.
Quand les nuages disparurent, la symphonie devint bouleversante.
Le moine, intrigué, cherchait quelle en était l'origine.
On ne pouvait l'entendre que de la roche où il était assis.
Quand il comprit, il ne bougea plus, entièrement ravi par cette merveilleuse harmonie.
Il était tout à l'écoute de cette musique, qui chantait la gloire de Dieu et de la création, et rien n'aurait pu le faire changer de place.
Mais soudain, il dut se rendre à l'évidence : l'orchestre mystérieux avait cessé de jouer !
Déçu, il se leva et se trouva soudain très las.

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Il remarqua que sa barbe était devenue longue et blanche.
Le dos plié, il descendit péniblement de la montagne et, sur son chemin, découvrit de nouvelles maisons.
A son passage, les gens qu'il croisait semblaient surpris et le monastère lui parut étrange.
Quand il sonna, un portier qu'il ne connaissait pas lui demanda :
"Que désirez-vous, bon vieillard ?"
"Mais voyons, je demande à voir le prieur, Don Jérôme."
"Don Jérôme est mort depuis près de cent ans", lui répondit le portier.
"Je suis le frère Thomas Croit-dur."

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"Une légende de notre monastère raconte qu'il y eut autrefois un moine de ce nom, qui disparut dans la montagne, voici cent cinq ans", ajouta le portier.
"Est-ce possible ?, Cent cinq ans ? J'ai cru entendre cette musique l'espace d'une minute !".
Le moine pria alors Dieu de lui accorder grâce de l'entendre pour l'éternité et mourut quelque temps après.
Et son âme monta au paradis et depuis ce temps-là, elle nous y attend !

24 septembre 2018

Tous les chemins mènent à Rome

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Au fur et à mesure que l'empire romain étendait sa puissance, un réseau d'excellentes routes sillonnèrent l'Europe, l'Afrique et l'Asie Mineure.
Les Romains ne reculaient devant aucun obstacle lorsqu'il s'agissait de construire une route solide.
Ils asséchaient les marais, comblaient les vallées et les fossés, jetaient des ponts par dessus les fleuves et établissaient des barrages.
De nos jours encore, les restes prestigieux des constructions romaines se retrouvent depuis l'Ecosse jusqu'en Mésopotamie et à Tripoli.

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On comprend l'origine du dicton :
"Tous les chemins mènent à Rome".
Il pouvait être pris à la lettre, à cette époque.
Le centre du réseau routier romain était la grande colonne du "Forum Romanum".

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Elle servait de point de départ au jalonnement des routes.
Les milles (1,480 km) étaient marqués par des bornes et les principales portaient un chiffre en bronze doré.
Ces bornes servaient aussi de trépied aux cavaliers pour monter ou descendre de cheval, (c'était avant l'invention des étriers).

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A certaines stations plus importantes, on avait placé un relais où les voyageurs pouvaient changer de cheval et parfois même de voiture et de postillon.

20 juillet 2017

Le Château de l'Etenduère (Vendée)

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De la superbe demeure, incendiée en 1794 pendant les guerres de Vendée, il ne reste plus que des ruines nostalgiques et chancelantes d'un grand corps de logis et quelques pans de murs menaçant de s'écrouler.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, ce logis était le plus bel ensemble seigneurial de la contrée.
Entre 1100 et 1150, dans le centre-ville actuel, au lieu-dit la Boutinollière, existait "Le petit" fief en l'air, constitué d'un étang, d'une maison et d'un jardin.
Cette seigneurie appartenait jadis au domaine des seigneurs des Herbiers.
Elle remonterait au début du XIIe siècle.

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Elle passa entre les mains de la branche cadette de la famille.
La première mention d'un "des Herbiers, seigneur de l'Etenduère", descendant direct d'un cadet de la famille seigneuriale des Herbiers, remonterait à 1205.
Ce fief fut concédé à Guy des Herbiers, cadet de la famille qui n'avait pas droit à l'héritage selon la coutume du Poitou.
Ce fief, c'était une misère et les gens du pays l'appelèrent l'Etang du hère.
Laurence Raoul, en épousant Guy des Herbiers, lui apporta en dot les terres où s'élèvent les ruines du château actuel qui prit le nom du nouveau propriétaire : "l'Etenduère".

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De simple hébergement en 1375, puis d'hôtel noble et de seigneurie en 1484, le château acquit ses lettres de noblesse en 1622 en étant fortifié avec canonnières, pont-levis et mâchicoulis.
Parmi les seigneurs de l'Etenduère se comptent des générations de marins de guerre sur les vaisseaux de la Royale avec une bonne demi-douzaine de capitaines de vaisseaux, mais aussi des marins de commerce.

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Les cadets des familles étaient sans fortune, aussi avaient-ils pris l'habitude de s'engager dans la marine royale où l'avancement se faisait au mérite.
L'un deux, l'amiral Henri-François des Herbiers L'Etenduère (1680-1750) fit flotter le pavillon des Herbiers sur toutes les mers du globe.

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Mais, le château ne fut pas épargné par les colonnes infernales qui y mirent le feu le 31 janvier et 1er février 1794.
C'est la colonne infernale du général Grignon qui incendiera le château de l'Etenduère, pourtant éloigné, à l'époque, du bourg des Herbiers.
Ce sinistre sonne le glas de cette bâtisse.
Selon une tradition orale, des trombes d'eau se sont abattues et l'ont sauvé partiellement.
Miraculé, il fut malgré tout laissé à l'abandon et ignoré pendant deux siècles.

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Le château de l'Etenduère n'est plus que l'ombre de lui-même depuis le 31 janvier 1794.
De ses temps radieux, il reste un passé millénaire et une biche blanche mystérieuse.
"La légende de la Demoiselle remonte au XVIIe siècle et elle comporte plusieurs versions".
La plus courante raconte qu'un jeune seigneur courtisait une jeune fille du château de l'Etenduère.
En vain.
Furieux d'être éconduit, il chargea une sorcière d'envoûter la belle.

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La nuit, la jeune fille se transformait en biche blanche et ne reprenait forme humaine que le matin, peu avant l'aube.
Pour conjurer le sort, il aurait fallu blesser "au sang" l'animal.
Pour cela, il fallait utiliser un fusil à piston, avec une balle bénie, et intercaler un cheveu de nouveau-né entre le chien et le percuteur.
Sinon l'animal restait animal.
Quelqu'un, excédé par le va-et-vient nocturne de la biche, tira sur elle et la tua, sans les précautions requises.

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La Demoiselle de l'Etenduère disparut à jamais.
La bête aurait été enterrée à l'angle du domaine, sous un petit monument, dans le virage de la rue de la Demoiselle.
Mais la révolution étant passée par là, il n'y a plus de trace de l'endroit.
Dans les années 1980-1990, le château put rêver qu'on allait lui redonner vie.
Il flottait un vague projet de théâtre de verdure.
Mais les problèmes techniques et financiers découragèrent la municipalité qui donna priorité à la restauration des dépendances.
Depuis, le château de l'Etenduère est redevenu abandonné, s'interrogeant sur son destin.

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Depuis octobre 2016, tous les samedis matin, une joyeuse équipe des bénévoles de l’association Passion patrimoine (une vingtaine à se relayer par petits groupes) transpirent sur ce chantier d’envergure pour le défrichage du château afin de le faire sortir de l'oubli.

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15 août 2018

Cinéscénie ... Au fil du spectacle du Puy du Fou. *

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En regardant la foule immense qui envahit les allées des tribunes, on sent des gens heureux qui profitant d’un week-end, viennent se détendre dans ce petit coin de Vendée.
Eclats de rire, plaisanteries et sourires accompagnent la joie qu’ils éprouvent.
Le Puy du Fou, certains y viennent seulement parce qu’ils en ont entendu parler… et d’autres y reviennent…
Soudain, devant ces ruines, le visage des nouveaux change brusquement.
Tous se posent la même question :

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"Mais que peuvent-ils faire de si bien avec ce château en ruine ?"
Pendant ce temps, les PUYFOLAIS pensent à autre chose : dans les villages, les enfants s’amusent, les jeunes discutent et les responsables, toujours d’un œil vigilant, vérifient costumes et plannings.
Du côté de la régie, un dernier essai et une dernière vérification.
C’est bon ! Tout est prêt !

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Au parking, l’agitation continue : des voitures, toujours des voitures !
Comme à l’ordinaire, les guichets sont encombrés.
Mais c’est avec gentillesse, que les gens sont renseignés.
Et dans les tribunes, les vendeurs de livres d’images proposent inlassablement….
"Un souvenir du Pays du PUY DU FOU".

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Tout cela dans la joie et dans la bonne humeur.
Puis le soir tombe.
Dans les gradins, les rires se sont tus.
L’impatience se fait ressentir.
Tout comme du côté des acteurs.

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Quand enfin, la musique qui accompagne le marchand de quenouilles se fait entendre, tous savent que l’aventure" commence.
Le silence devient maître et déjà, chacun est plongé dans une atmosphère impénétrable et vit à sa façon le moment présent.
"Je n’ai jamais reçu de nom.
Ils m’appellent le vieux galopin.
Je ne me suis jamais perdu.
Ils m’appellent, le vieux cherche-pain"..
C’est reparti pour une nouvelle séance !

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Après la foudroyante quintaine, place à l'accueil de François 1er, les enfants là encore s’en donnant véritablement à cœur joie, d’autres toujours au rythme de la musique rentrent dans leur village pour se préparer à la scène suivante, et cela sous les applaudissements du public.

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C’est un vrai va et vient et l’aventure vendéenne se poursuit différemment.
En effet, la Révolution de 1793 éclate, plus redoutable que jamais.
Malgré cela, c’est sans doute l’instant où les acteurs vivent le plus passionnément le personnage qu’ils interprètent.

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Les soldats se battent avec acharnement, les femmes crient en fuyant, et l’on sent la main des enfants se crisper plus fort sous les coups de feu.
Du côté des spectateurs, l’instant est aussi intense.
Certains sursautent, un peu surpris, et d’autres regardent avec des yeux fascinés…
Le passé resurgit et réveille des souvenirs enfouis.

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Mais, la mémoire est plus forte que la douleur.
L’émotion dépasse la tristesse.
Et le temps passe, apportant de nouveaux espoirs.
La gaieté revient dans les cœurs et dans les esprits avec les fêtes.
Et toujours le défilé des acteurs qui rentrent aux vestiaires enfiler de nouveaux costumes.

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Au fil du spectacle, on arrive à la scène où les gens n’applaudissent pas.
Celle des "Réfugiés des Ardennes", qui réveille la sensibilité de tous…
"Maman, pourquoi les avions ? La sirène ?".
Mais, comme à l’image du Puy du Fou, la joie revient inlassablement et les jets d’eau déjà accompagnés avec le ballet des danseuses,… annoncent le final.

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Cette fois, les acteurs se retrouvent tous ensemble.
Et ce qui est formidable, c’est qu’après deux heures de spectacles, on retrouve le même entrain,… et la même gaieté !….
Alors, les spectateurs d’applaudir une dernière fois !
Les mots ne viennent pas pour définir un tel spectacle.
Même les mots les plus forts ne sont pas à la hauteur.

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Perdus dans leurs pensées, revivant les temps forts fredonnant une musique, les spectateurs rentrent chez eux.
Demain, ils reparleront du Puy du Fou.
Et longtemps après encore.

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Et peut-être reviendront-ils l’an prochain, car désormais, ils savent ce que l’on peut faire de si bien avec ce château en ruines.

7 mai 2018

Sur la colline du Puy du Fou

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D'où que l'on vienne, quel que soit le chemin que l'on emprunte, la route est longue et mystérieuse.
Ni forteresse, ni remparts.
Pas imposant en haut d'une colline, le château est imprévisible...

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Ce n'est qu'au détour d'une courbe, au travers des buissons sauvages, au-dessus de la cime des arbres que l'on devinera les ruines.
Sans prétention, c'est ici que depuis des siècles, le château du Puy du Fou se repose et coule des jours paisibles, les pieds dans l'eau et la tête dans les étoiles, loin des vicissitudes du temps.

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Pancarte après pancarte, départementale après nationale, les cars et les voitures déferlent, avalent les kilomètres et pourtant le château se cache toujours et se fait attendre.
Et l'on roule et roule vers l'inconnu, vers un nom, un lieu, une réputation...

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S'il n'y avait pas quelques indications sur les bords des routes "Puy du Fou", les plus impatients rebrousseraient sans doute chemin.
Mystérieux, austère et humble à la fois, le château ne s'impose pas.
Ce n'est pas lui qui vient à nous, c'est nous qui allons vers lui.

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Résigné, peut être, depuis qu'il y a quarante ans maintenant, sa tranquillité a quelque peu été brusquée, son rythme de vie bousculé.
Jusqu'au dernier moment, on ne connaîtra rien de lui, ou si peu... quelques notes lues dans un guide ou sur internet.
Mais le château du Puy du Fou, c'est bien plus que cela.

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C'est une âme et un cœur.
Ce sont des odeurs, des anecdotes et des éclats de rire c'est une histoire !
Mais une histoire pas comme les autres.
L'histoire d'un château en avait fini avec son temps, mais sous l'influence de quelque 3800 caprices s'est trouvé une nouvelle raison de vivre.

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Et ce n'est en fait qu'une fois assis dans les tribunes, en tête à tête avec lui que l'on fera vraiment connaissance.
Le chemin aura été, certes un peu long, plein d'embûches peut-être et de suspens.
Mais maintenant il fait noir, le spectacle peut commencer et le château livrer ses secrets...

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Deux heures plus tard faisant le chemin inverse, nous laisserons à la nuit le soin de veiller sur lui avec des promesses de retrouvailles.

30 avril 2018

Le climat de la Vendée.

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Lorsque vous suivez le bulletin météo à la radio ou à la télévision, on remarque que la Vendée n'est pas logée à la même enseigne que les autres régions.
Très souvent traitée à part, "Pluies soutenues dans les Pays de la Loire, mais en Vendée, belles éclaircies après des brumes matinales...".

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C'est comme si elle ne faisait pas partie de cette région administrative dont on ne cite jamais les autres départements.
Mais Pourquoi ?

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Le climat de la Vendée est privilégié.
De type océanique, il peut être interprété comme "micro climat" ensoleillé de la façade Atlantique avec la Charente-Maritime.

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La Vendée, située très au sud du fleuve, ne fait pas partie du bassin hydrographique ligérien (bassin de la Loire), à la différence des quatre autres départements constitutifs.
De plus, la Vendée, située à égale distance du pôle Nord et de l'Equateur, bénéficie d'un climat doux et constant, à la différence des départements limitrophes, où les conditions climatiques sont plus marquées.
Les températures sont tempérées par un flux d'Ouest humide en hiver mais plus sec l'été.

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Les hivers y sont rarement rigoureux, les étés rarement caniculaires, même si les premiers sont plus rudes dans le haut Bocage et les seconds très chauds dans la plaine.
A cela s'ajoute le microclimat ensoleillé de la façade atlantique, qui vaut au littoral vendéen le surnom de "côte de lumière" en raison de son record de durée annuelle d'ensoleillement.

23 juillet 2018

LA LEGENDE D'HERBAUGES.*

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Dans le spectacle "Vikings" on entend :
"Oh je vous en supplie, faites sonner le tocsin, ouvrez votre chapelle, ouvrez votre donjon et ouvrez votre cœur.
Invoquez notre saint, car ils (les Vikings) ont quitté l’île très tôt dès ce matin.
Ils viennent par la Loire, et la Sèvre, et les Mauges !
Ramant sans perdre haleine dans toutes nos rivières, au pays de Tiffauges, de Pouzauges et d’Herbauges !
Aidez-nous à sauver notre Saint Philibert !"

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On connait les villages de Tiffauges, Pouzauges.
Mais la question reste… :
Où est le pays des Herbauges ?
HERBAUGES ne fut pas une ville, mais un Pagus, plus tard un immense Comté qui comprenait à peu près le territoire de l'actuel département de la Vendée.
Au siècle dernier, un enfant de Bazoges-en-Paillers, ISIDORE MASSE, nommé instituteur aux HERBIERS en 1819 et où il mourut en 1832, écrivit un ouvrage très romantique, intitulé "LA VENDEE POETIQUE ET PITTORESQUE".
Affabulateur né, il plaça la fameuse légende de la Ville d'HERBAUGES, ensevelie sous la malédiction de Saint MARTIN, dans les eaux de l'immense étang qui s'étendait du quartier des PIERRES.

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FORTES au PONT DE LA VILLE, et dans lequel on aurait trouvé, entre autres "une maison romaine de deux étages, avec son mobilier, son outillage, enfoncée dans la vase, intacte, sous le cataclysme Saint-Martinien" !
Isidore MASSE dans cet ouvrage récidive en situant la sépulture du mythique MERLIN L'ENCHANTEUR, le barde breton, aux alentours des HERBIERS, vers MALLIEVRE, LES EPESSES, sépulture qu'un de nos amis passionné de préhistoire s'acharna en vain, pendant de longues années à rechercher.
Avec cet autre faussaire de génie, Benjamin FILLON, Isidore MASSE aurait parfaitement convenu comme créateur de légendes vendéennes.
Cette légende de la ville engloutie d'HERBAUGES, qui semble copiée sur celle de SODOME et GOMORHE, vit le jour aux alentours du Xème siècle, fut transposée aux HERBIERS par Isidore Massé au cours du XIXème siècle et reprise plus tard par l'Abbé AILLERY dans ses Chroniques Paroissiales du Diocèse de Luçon.

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Ce qui est certain, c'est qu'après les ravages des envahisseurs Normands qui ruinèrent les Villas Herbretaises, et virent l'effondrement de l'Empire Romain, les Comtes du POITOU, vers la fin du IXème siècle, créèrent une nouvelle noblesse de chevalerie succédant à l'ancienne noblesse Gallo-Romaine, et placée par eux aux points stratégiques de leur immense Comté.
Les vicomtes de THOUARS se virent confier le territoire de l'actuel département de la Vendée, à l'exception du Talmondais.

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Sur les ruines de ces villas Herbretaises, ils placèrent des cadets de leur famille de Thouars, créant ainsi les châtellenies des HERBIERS, l'une à la COURT près du Pont de la Ville, l'autre à la ROCHETEMER.
De 956 à 1104, trois seigneurs du nom d'HERBERT ou ARBERT furent vicomtes de THOUARS, seigneurs de TIFFAUGES et MORTAGNE dont dépendaient les HERBIERS, et probablement un de ces HERBERT donna son nom à l'agglomération qui s'étendait de chaque côté du lac Herbretais, d'où le nom cité en plusieurs chartes de "VILLIS DE HERBERTIS", "VILLAS D'HERBERT".

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L'un d'eux, Arbert III de THOUARS, prit part à la première Croisade et mourut à JAFFA en 1104.
Les historiens, qui se penchèrent sur le passé Herbretais, nous disent qu'un seigneur des HERBIERS mourut à la première Croisade. 
C'est donc bien Herbert de THOUARS qui fut seigneur des HERBIERS et à l'origine du nom donné à l'agglomération, en remplacement du nom gallo-romain aujourd'hui oublié.
Il était frère de Geoffroy de THOUARS, seigneur de TIFFAUGES.

8 juin 2020

Les bouleversements révolutionnaires.*

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Les bouleversements révolutionnaires qui commencent en 1789 amènent en ce Bas-Poitou qui va devenir la Vendée, comme ailleurs, des espoirs, des déceptions et des conflits.
Les heurts entre les différents acquéreurs de bien nationaux dans les villes et dans les campagnes et autour de la constitution civile du Clergé, mais surtout la mort du roi, la déportation des prêtres légitimes puis l’annonce de la levée des 300.000 hommes en février et mars 1793 pour défendre la patrie en danger, déclenchent l’insurrection.
Ces événements, considérés comme la plus Grande Guerre civile des temps modernes, se déroulèrent en ce pays d’ouest qui s’appelle désormais dans l’Histoire : la Vendée Militaire.
A Beaupreau, la garde nationale tire sur la foule des réfractaires.
A Saint-Fulgent, à Machecoul, Brains, la Verrie et à Saint- Florent-le-Vieil, les jeunes gens refusent le tirage au sort qui doit les conduire aux frontières.
C’est de Saint-Florent-le-Vieil qu’une bande d’insurgés conduite par le voiturier du Pin-en-Mauges : Cathelineau, s’élance et prend Jallais, Chemillé, Cholet.
Partout, les paroisses se mobilisent ameutées par le tocsin, des troupes se forment, à Maulévrier, à la Gaubretière, à Vue, à Chanzeaux, à Challans, à l’Oie, et se donnent des chefs : le garde-chasse STOFFLET, SAPINAUD, BONCHAMPS, d’ELBEE et l’officier de marine Charette.

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Nous sommes le 16 mars 1793, les Mauges, le bocage, le marais breton, une partie de la Loire Inférieure sont sous les armes.
La Convention n’a pas encore réagi.
Il faudra la défaite des troupes commandées par le Général de Marcé, entre l’Oie et Saint-Vincent-Sterlanges pour que les Conventionnels comprennent qu’une véritable guerre est commencée sur la rive gauche de la Loire.
A partir de ce jour, elle s’appellera "la Guerre de Vendée".
La Convention décide de dépêcher les renforts dans les villes d’Angers, de Nantes et des Sables d’Olonne, qui n’ont pas pris part au soulèvement.
Mais, les brigands, comme les désignent les bulletins officiels, enhardis par leurs premiers succès, volent de victoire en victoire, en particulier dans les Mauges, à Chemillé, à Vihiers, à Coron.
C’est le moment où les paysans des Aubiers et des Echaubrognes nomment à leur tête Henri de La Rochejacquelein.
Dans le marais, la situation est plus indécise.
A Challans, à la Garnache, à Sallertaine.

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La République organise alors trois années pour lutter contre l’ennemi intérieur.
Plusieurs dizaines de milliers d’hommes pour mater la Vendée.
Sur le terrain cependant, les insurgés sont toujours victorieux : ils prennent Bressuire, puis le 5 mai 1793, la citadelle de Thouars que défend le Général Quetineau.
Parthenay est occupée le 13 mai ainsi que la Châtaigneraie.
La bataille pour Fontenay capitale du Bas-Poitou, réussit lors de la deuxième attaque le 25 mai et ouvre aux insurgés la porte des Deux-Sèvres et de la Charente.
Dans le nord du pays, Saumur tombe à son tour sous les coups de 30.000 Vendéens malgré la vaillance des officiers républicains qui défendent la ville : Berthier, futur Maréchal d’Empire et un jeune Lieutenant Marceau.

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Pour couronner cette victoire, on apprend qu’après des revers à Legé et à Noirmoutier, l’armée de Charette a finalement repris Machecoul.
Alors que le conseil supérieur de Châtillon administre le pays conquis, la troupe des Vendéens devenue la grande armée catholique et royale se donne Catherine comme généralissime.
Tout semble alors permis aux insurgés.
Les Vendéens auraient pu marcher sur Paris, mais les chefs tergiversent.
Ils hésitent à emmener loin de leur village des paysans qu’ils savent ne pouvoir tenir sous les armes plus de deux ou trois jours.
Après la prise de Saumur en effet, la grande armée se désagrège : l’époque des travaux agricoles approche. Ce sera le drame permanent de cette armée temporaire.
L’attaque de Nantes le 29 juin 1793 par les Vendéens constitue un tournant dans l’histoire de l’insurrection. Après s’être emparée d’Angers, l’armée vendéenne marche sur la ville avec l’espoir de recevoir, grâce à son port, l’aide de l’Angleterre.
L’armée de Charrette vient renforcer les divisions de Cathelineau, de d’Elbée et de Bonchamps.
En face, le général républicain Canclaux dispose d’une force de 12.000 hommes.
Sa résistance énergique et la mort de Cathelineau débande les troupes des insurgés qui se retirent.
Pendant l’été, les troupes républicaines de Westerman reconquièrent Bressuire et Châtillon.
Saumur, Angers, Ancenis sont réoccupées elles aussi.
Les Vendéens toutefois sont victorieux à Vihiers le 10 Juillet et aux Pont-de-Cé deux jours après.
Dans la plaine, l’armée vendéenne échoue à deux reprises devant Luçon.
Malgré les succès de septembre sous le commandement du nouveau généralissime d’Elbée, l’automne apparaît lourd de menaces.
En effet, le Gouvernement envoie 18.000 hommes de la garnison de Mayence qui vient de capituler.
Partis de Nantes, les Mayençais commandés par Kléber, expulsent Charette du Pays de Retz, envahissent le bocage, reprennent Montaigu et Clisson dans le but d’acculer les insurgés à la Sèvre.
Cependant, les Vendéens se ressaisissent et le 19 septembre 1793, les Républicains sont défaits à Torfou mais également à Saint-Fulgent et à Coron.
La Convention donne alors à ses troupes l’ordre de vaincre à tout prix avant le 20 Octobre.
De leur côté, les chefs vendéens s’opposent sur la conduite à tenir, à l’exception de Charette, ils décident finalement d’attaquer Cholet le 17 Octobre à l’aube.
La bataille de Cholet qui entraîne la destruction quasi complète de la ville est la plus importante des Guerres de Vendée.
Plus de 60.000 adversaires s’opposent au nord de la ville.

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Lescure et d’Elbée sont gravement blessés.
Bonchamps évacué mourant à Saint-Florent-le-Vieil, dans un geste de pardon, fait libérer 5.000 prisonniers.
La grande armée catholique et royale fuit vers la Loire, entraînant les populations du Haut Bocage et des Mauges.
Alors, commence ce que l’Histoire appelle "la Virée de Galerne" du nom d’un vent de Norois qui souffle dans le pays. Plus de 80.000 combattants, femmes et enfants réussissent à franchir le fleuve à Saint-Florent-le-Vieil.
Charette, lui, est resté dans son marais, persuadé que le combat outre Loire est une erreur stratégique.
Henri de La Rochejacquelein, troisième généralissime de la grande armée catholique et royale, décide de se diriger à travers l’Anjou et le Maine vers Granville pour attendre le secours des Anglais.
Plusieurs victoires jalonnent cette route, à Entrammes, à Château-Gontier où est blessé le général républicain Beaupuy, à Laval où les insurgés de Vendée font leur jonction avec les Chouans du Maine amenés par Jean Cottereau et ceux du Morbihan par Cadoudal.
Lescure succombe à ses blessures le 4 novembre peu avant Fougères.
Les troupes du Prince de Talmont enlèvent cependant la ville, puis Dol-de-Bretagne, mais les Vendéens échouent devant Granville le 14 novembre.
Le retour de la grande armée vendéenne est alors une longue suite de combats meurtriers par Fougères, Laval, la Flèche.
C’est une troupe épuisée qui met le siège sans succès devant Angers le 3 Décembre.
Les Vendéens se replient sur la Mans où, après avoir investi la ville, ils sont surpris par les troupes de Westerman, de Marceau et de Kléber.
On estime qu’ils furent environ 15.000 à périr au cours des combats.
Les rescapés se dirigent vers Ancenis, pourchassés, encerclés par les troupes républicaines, ils se font massacrer à Savenay.
Nous sommes le 23 décembre 1793. La Virée de Galerne est achevée.
Sur les 80.000 Vendéens qui, en octobre, avaient franchi la Loire, 5.000 seulement rentreront dans leur pays.

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La Convention, reprenant un plan de destruction proposé par Barère, décide de parachever l’anéantissement du pays insurgé par l’incendie des maisons et des récoltes et l’extermination des habitants.
Imaginées par la Général Turreau, les colonnes infernales détruisent tout sur leur passage.
Le Château du Puy-du-Fou, comme la plupart des propriétés du bocage vendéen, est brûlé en 1794.
Ces colonnes infernales sèment la terreur et commettent des atrocités, dont une des plus honteuses est sans doute le massacre des enfants des Lucs-sur-Boulogne.
Attisée par la haine la résistance continue.
La Rochejaquelein remporte plusieurs succès éphémères dans les Mauges et périt dans une escarmouche près de Nuaillé.
D’Elbée est fusillé à Noirmoutier.
De son côté, après avoir repris l’île au nom du roi dans l’hypothèse d’un débarquement anglais, Charrette et sa troupe sont poursuivis par le général Haxo qui trouve la mort le 20 mars aux Clouzeaux.
En avril 1794, Marigny, un des chefs vendéens accusé par ses pairs d’avoir favorisé la défaite de Chaudron-en-Mauges, est fusillé après un simulacre de jugement.
A Belleville-sur-Vie, Charette mène une guérilla permanente contre les colonnes républicaines.
La mésentente, puis la rupture avec Stofflet, ne favorise pas le développement de la rébellion.
La chute de Robespierre, l’impossibilité d’anéantir totalement la révolte par les armes, conduit la Convention à entamer des négociations avec Charette.
Celles-ci aboutissent au traité de La Jaunaye, aux portes de Nantes, qui est signé en février 1795.
Les Vendéens obtiennent :
- la liberté religieuse,
- l’amnistie pour tous ceux qui font acte de soumission,
- la restitution des biens confisqués,
- la suppression de la conscription,
- le paiement des bons signés par l’armée catholique et royale.
Ils reconnaissent se soumettre aux lois de la République.
Pour célébrer cette réconciliation, Charette, Sapinaud et leurs troupes défilent aux côtés de Canclaux dans la ville de Nantes en liesse.
Stofflet paraphe le 2 mai à Saint-Florent-le-Vieil le traité de paix. Parallèlement, le général Canclaux entame près de Rennes, à la Habillais, des pourparlers avec les chefs chouans de Normandie et de Bretagne.
Mais la mort de Louis XVII, le 8 juin 1795, la promesse du Comte d’Artois et des Anglais de débarquer des troupes en Vendée, l’agitation des campagnes née de la misère, la pression des chefs chouans, l’application restrictive des traités, en particulier en ce qui concerne les prêtres, relancent l’insurrection.
Stofflet et Charrette reprennent les armes avec l’espoir d’être bientôt commandés par un prince de la maison de France.
C’est à Quiberon que débarquent finalement les émigrés en juillet 1795.
Ils pensent que la Vendée est à bout de forces et qu’en Bretagne, la grande armée des Chouans favorisera la réussite de leur entreprise.
L’habileté tactique de Hoche, les erreurs accumulées par les chefs des émigrés, donne la victoire aux républicains.
Charette, qui tient encore sous les armes une nombreuse troupe appelle de tous ses vœux le débarquement du Comte d’Artois.
Celui-ci s’est installé à l’Ile d’Yeu le 2 octobre, mais repart bientôt en Angleterre.
Les Vendéens sont désormais seuls face au destin.
Hoche parvient à surprendre Stofflet qui est fusillé à Angers.
Après une fuite éperdue en compagnie de quelques fidèles, Charette est capturé par le Général Travot dans les bois de la Chabotterie et fusillé à Nantes le 29 mars 1796.
Hoche rentre à Paris en triomphateur.
Son nom sera associé à la pacification de la Vendée.
Les successeurs de Stofflet, d’Autichamp et de Suzannet résistent encore quelque temps.
La guérilla des chouans du Maine et de Normandie se poursuit également pendant plusieurs mois, mais pour la Vendée, la lutte est achevée.
La Grande Guerre de Vendée a fait, selon les estimations 200.000 à 300.000 morts parmi les insurgés et laisse un pays ruiné.
Des troubles renaissent en 1799 et pendant les cent jours.
En 1832, la Duchesse de Berry tente de soulever à nouveau le pays contre le régime du roi citoyen.
En vain… La Vendée sort enfin des quarante années les plus cruelles de son histoire.
Deux siècles après, les traces de ses événements sont encore présents dans les mémoires.

28 mai 2018

Les commissions militaires de Noirmoutier.

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(suite de l'article : Avant la révolution française).
Les détenus de Noirmoutier sont tous conduits en prison sur dénonciation.
Un individu pouvait avoir jusqu’à 20 dénonciations contre lui sans nécessité de les prouver.
À la reprise de l’île par les républicains le 3 janvier 1794, trois représentants du peuple arrivent à Noirmoutier.
Pierre-Louis Prieur de la Marne, Louis Turreau et Pierre Bourbotte.
Ces députés, envoyés par la Convention en province, contrôlent l’exécution des décisions du pouvoir central, le Comité de salut public.
En seulement six jours, ils mettent en place la "justice révolutionnaire" par le biais des commissions militaires.
Les républicains en place sur l’île et réunis dans les commissions militaires déclarent chaque personne suspecte de façon expéditive sans réel jugement.
La première commission militaire (04 janvier 1794).

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Cette première commission est davantage commandée par la vengeance que par l’esprit de justice.
Elle est à l’origine de 1800 royalistes exécutés sur l’île.
Les très rares documents conservés sur l’activité de cette commission nous permettent d’indiquer que tous les prisonniers ont été envoyés à la mort. Les deux commissions militaires suivantes.
La commission "Collinet" du 30 avril 1794.
À la différence de la première commission, elle est constituée d’un tribunal avec un greffier en chef du nom de Rousseau, un accusateur public, un secrétaire-adjoint et un commis huissier.
Elle se doit de juger tous les prévenus incarcérés dans les 3 maisons d’arrêt de l’île (le château, l’église et la maison de Tinguy).
Elle prononce 26 peines de mort, 20 détentions et 45 acquittements.
Il faut ajouter à ce décompte, la forte proportion de décès dans les prisons.

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La commission "d’Angers" (10 juin1794).

Les représentants du peuple estiment la commission "Collinet" trop lente et les membres sont renouvelés.
Son président et son vice-président sont nommés au tribunal révolutionnaire de Paris à compter du 24 juin, empêchant ainsi la commission de se réunir à Noirmoutier.
Il faut attendre la nomination d’un nouveau président et d’un nouveau vice-président le 11 juillet pour que la commission reprenne ses activités.
Au total, elle a prononcé 49 peines de mort, un nombre incalculable de détentions, 18 déportations et 576 remises en liberté. Depuis 1793, la guerre a épuisé les troupes et le pays.
Robespierre est arrêté et guillotiné en juillet 1794.
Les membres du Comité de salut public, acteurs de la Terreur, sont jugés et exécutés.
Au mois d’août 1794, Hoche et Canclaux, tous les deux favorables à une politique de pacification, se voient confier respectivement l’Armée des Côtes de Brest et l’Armée de l’Ouest.
La fin de l’année 1794 voit l’arrivée au pouvoir de révolutionnaires modérés qui vont gracier les prisonniers.
Le contexte devient alors favorable aux discussions pour ramener la paix.
Un nouveau climat sur le plan international, la France est en conflit avec les monarchies d’Europe depuis 1792.
Au milieu de l’année 1794, la France connaît une série de victoires.
Au début de l’année 1795, plusieurs traités de paix sont signés.

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La France peut ainsi mobiliser davantage de forces en Vendée.
Sur le plan national, un mouvement plus modéré s’installe.
Le voile est levé sur les atrocités commises contre les royalistes (hommes, femmes, enfants).
L’opinion publique condamne les massacres réalisés au nom de la République.
Le traité de la Jaunaye (12-17 février 1795) : Charette, reconnu général en chef de l’Armée catholique et royale du Bas-Poitou, est convoqué par les républicains pour engager des négociations.
Celles-ci se déroulent près de Nantes, au château de la Jaunaye, en février 1795, à la demande des républicains.
Ils s’engagent à laisser libre le culte des prêtes réfractaires, à ne pas lever de soldats ni d’impôts pendant 10 ans, à accepter que les soldats vendéens soient chargés du maintien de l’ordre dans la région.
En contrepartie, les Vendéens de Charette doivent reconnaitre la République.

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Le "Traité de la Jaunaye" rejette la cause de la guerre sur les "terroristes vaincus" (sans-culottes et amis de Robespierre).
Il conclut à l’intégration des Vendéens armés dans la garde territoriale, à l’indemnisation des habitants (20 millions de Francs prévus) ainsi qu’à une aide pour la reconstruction et au retour de leurs biens.
Ce traité est ratifié par les troupes vendéennes de Sapinaud de la Verrie.
Stofflet ainsi qu’une partie des officiers de Charette attendent le 2 mai 1795 pour signer la paix.
À partir de l’été 1795, Charette reprend la lutte.
Les exécutions de Stoffet et de Charette, début 1796, permettront de renouer avec la paix.
Il faudra attendre plusieurs années pour que la région revienne sous contrôle.
Le "Traité de Montfaucon" en janvier 1800, signera véritablement la fin de la guerre de Vendée.
La Révolution française a entrainé des bouleversements dans la société.
Les droits et privilèges féodaux ont été abolis.
Les revenus financiers qui leur sont attachés sont supprimés.
Des émeutes ont éclaté, des hôtels particuliers sont pillés.

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Les membres de la noblesse craignent pour leurs biens et leurs personnes et vont alors émigrer vers les monarchies d’Europe.
Le frère du roi, le comte d’Artois, les courtisans comme Paulignac quittent la France dès 1789.
Les principautés allemandes, les états de la couronne d’Autriche ou d’Angleterre sont des refuges où tous affluent dès que le roi tente la fuite de Varennes en 1791.
Abbés, militaires, hommes de cour, de loi ou de finance, de Versailles, de Paris, mais aussi de province, suivent cette nouvelle vague d’émigration et "prennent les chemins de Coblence".
Une partie des émigrés va ainsi combattre la Révolution française de l’extérieur, l’autre tente de se mettre à l’abri.
Face à cette émigration et ces armées menaçant la République, des lois sont votées pour restreindre la mobilité des nobles, confisquer les biens des émigrés, puis finalement pour les condamner à mort.
Les royalistes restés en France espèrent des secours apportés par la royauté anglaise.

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L’île de Noirmoutier, un espoir ?
La conquête de l’île par Charette en octobre 1793 vaut de l’or pour les troupes royalistes.
Noirmoutier est un port et apporte un espoir pour l’arrivée des secours.
Les royalistes étaient en situation de communiquer avec le dehors et de recevoir les secours dont ils avaient besoin pour poursuivre la guerre contre les troupes de la Révolution.
Sachant que le comte d’Artois se trouve près des côtes anglaises, Charrette va solliciter le secours de l’Angleterre depuis l’île de Noirmoutier.
Pour le débarquement des émigrés, l’Angleterre préfère la Bretagne à la Vendée trop éprouvée par la guerre.
Les républicains mettront un terme à toute tentative de débarquement anglais le 21 juillet 1795 à Quiberon.

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L’expédition de l’île d’Yeu.
Le 12 septembre 1795, à bord du navire-amiral anglais Jason, le comte d’Artois rejoint l’île d’Houat, refuge des émigrés après la défaite de Quiberon.
Depuis l’île d’Houat, une attaque des royalistes est prévue pour reprendre Noirmoutier le 17 septembre 1795.
L’attaque se fera à partir du 22 septembre.
Le 02 octobre, le comte d’Artois descend à l’île d’Yeu dans l’attente de Charette afin de prévoir un débarquement sur les côtes vendéennes.
Les lettres de Charette n’arrivent pas jusqu’à lui et les côtes vendéennes se trouvent jalonnées par les troupes républicaines.
Le comte d’Artois est contraint de rentrer en Angleterre en novembre 1795, laissant les royalistes sans aucune aide.

26 janvier 2017

C'EST A JAMAIS *

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Les seigneurs du Puy du Fou avaient une devise.

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Devise laconique et demeurant assez énigmatique :
"C'EST A JAMAIS."

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Devise qui peut vouloir dire qu'une fois qu'ils ont adopté une ligne de conduite, les Puy du Fou ne s'en séparent pas et qu'il n'y a plus à y revenir, que c'est à jamais, enfin !

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Interprétée ainsi, cette devise conviendrait assez bien aux Puy du Fou, dont le trait distinctif paraît bien d'avoir toujours tenu, au cours des siècles, une ligne de conduite uniforme et inconditionnelle.

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Fidélité à Dieu (avec le symbole de l'eau du baptême) et au Roi (engagement au combat pour la liberté).

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Une fidélité dont ils ne se sont jamais séparés,

"C'est à jamais" !

13 février 2017

Château revenu du passé !!! *

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Quand on rentre dans le Grand Parc du Puy du Fou, on est frappé par l'aspect authentique des villages et bâtiments servant aux spectacles.
Bon nombre de visiteurs pensent que tout est fidèlement reconstitué.

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Mais au Puy du Fou, le château Renaissance ainsi que le Vieux château (Bal des Oiseaux Fantômes) sont des témoins venant tout droit d'un autre temps.

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Ces deux témoins de l'histoire ont retrouvés leurs places dans l'histoire, et dans le spectacle grâce au travail du Club Archéologique du Puy du Fou.

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Pendant plus de 10 ans, cette petite équipe va sonder, creuser, déblayer, analyser et enfin sauver ces vestiges du passé.

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Un vieux château médiéval, porté disparu depuis plus de 500 ans, inscrit sur aucune carte, était enfoui sous des tonnes d'éboulis, envahi par les ronces et la vermine et recouvert par un bois de châtaignier prolifique.

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La forêt envahissante dissimulait, en effet, presque tout, laissant cependant deviner, çà et là, des élévations importantes, des dépressions très marquées, qui donnaient à penser à des murailles écroulées, à des fossés à demi comblés.

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En contrebas, un maigre ruisseau s'étire dans un vaste lit de rivière, barré par une légère surélévation sans doute une chaussée moyenâgeuse retenant les eaux d'un petit étang, élément dissuasif complétant la défense d'une enceinte primitive ?...

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Ici le temps n'a plus d'âge...

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Pour le Club Archéologique du Puy du Fou, le plus beau résultat est, sans conteste, d'avoir découvert, mis au jour, consolidé et mis en valeur des ruines médiévales qui témoignent d'un habitat seigneurial, de faible envergure certes, mais utilisant toutes les ressources de la défense militaire de l'époque, dans un coin reculé de campagne, à l'abri d'un repli de terrain surélevé.

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Le résultat de ce travail a été récompensé en 1984 par l'obtention du Premier Prix au Concours Régional des Chantiers de Bénévoles, organisé par la Caisse Nationale des Monuments Historiques et des Sites.

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Un autre résultat, et non des moindres, a été la contribution au classement de cette enceinte fortifiée comme Monument Historique, par arrêté en date du 31 août 1986.
Cette découverte est ainsi inscrite définitivement au patrimoine culturel de la France.

14 mai 2018

Dans la tour. *

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Continuons notre aventure archéologique au Puy du Fou par la découverte de la grande tour du vieux Château.
Cette grande tour est creuse, avec un diamètre intérieur de 3,15 m, et une épaisseur de mur d'une moyenne de 2,75 m, sauf au niveau de la partie plate (jonction du rempart), où l'épaisseur atteint 2,90 m.
Ce qui nous fait un diamètre moyen extérieur de 8,65 m.
Vidée entièrement sur une profondeur de 5,00 m, elle représente un volume total d'environ 39 m3.
La partie Est de la construction restante est plus élevée (d'un mètre environ) que la partie Ouest.

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Le lierre enlevé, l'arrondi de la tour est apparu nettement, avec un léger basculement de l'aplomb vers l'intérieur, et un trou correspondant à des arrachements de pierre un peu au-dessous du nivellement de la partie Ouest.
Les parties Sud et Nord présentent 2 passages en vis-à-vis, par lesquels les curieux accédaient au sommet de la tour.
A 5,85 m, se trouve le rocher de fondation.
Il n'y a aucune trace d'escalier sur tout le pourtour dégagé.
Vers le milieu de la tour, quatre pierres taillées, de belle dimension, tombées à l'intérieur auraient pu servir de "corbeau" à destination de poutres pour un éventuel plancher.

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Cette tour présente 2 niveaux d'occupation très caractéristiques : l'un très haut placé

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Le niveau 1 avec des fragments de poterie (15ème-16ème siècle), beaucoup d'ossements de petits animaux (lapin, jeune chien...), du charbon de bois, un couteau de table avec manche en corne riveté en cuivre (longueur 192 mm).
L'autre niveau d'occupation, tout au fond (niveau 5) a livré des suites de poterie permettant de reconstituer 2 cruches et un fond de vase (13ème-14ème).
Il y avait également des clous de charpente, du charbon de bois dont certains fragments faisaient 20 cm de long, 3 gros morceaux de ferraille oxydés (15 cm de long) non identifiables actuellement, et beaucoup d'ossements d'animaux (lapin, cerf, porc...).
Le niveau 2 était constitué par d'énormes pierres enchevêtrées avec un peu de terre dans les alvéoles, et quelques fragments de poterie du niveau supérieur qui s'étaient infiltrés.
Le niveau 3 est apparu plus tassé, avec des pierres moins grosses, beaucoup de fragments de tuiles, des clous de charpente, et de la terre granuleuse.
Le niveau 4 était essentiellement constitué par un lit de tuiles de 0,20 m, les unes d'un rouge très vif, d'autres roses pâle ou ocre.
Certaines avaient dû subir l'action de l'incendie, car elles paraissaient recuites, avec des reflets irisés... Certains fragments étaient très lisses, et d'autres très poreux...
Quelques- unes sont presque entières.
Le niveau 5, tout à fait au fond de la tour, dans un niveau d'occupation caractéristique, avec clous de charpente, charbon de bois assez important, gros ossements d'animaux, de nombreux tessons sont apparus, appartenant à 3 poteries différentes, dont 2 sont pratiquement complètes
Le niveau 6 est un mélange de terre battue et de roche granitique en décomposition.
Quelques inclusions de charbon de bois en tous petits fragments.
Le niveau 7 est le rocher de fondation qui forme une sorte de cuvette au centre.

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Le mobilier :
D'abord les nombreuses tuiles découvertes nous indiquent que l'ensemble était couvert en tuiles creuses, puisque nous les trouvons partout, et pratiquement à tous les niveaux.
Il s'agit toujours de tuiles creuses, ou tuiles canal, dites "en tige de botte", de couleur rouge la plupart du temps.
Ce mode de couverture est très ancien.
Les romains utilisaient déjà cette tuile creuse (imbrex), en même temps que la tuile plate à rebord (tegula).
L'utilisation de tuiles creuses indique toujours une toiture (et donc une charpente...) à faible pente, en général inférieure à 30".
Nous datons celles-ci de la dernière phase d'utilisation de l'édifice, c'est-à-dire fin du 14ème début du 15ème siècle.
Elles sont très frustes et rugueuses.
Le niveau 5, avec 3 poteries, apparaît comme normal, et la première analyse nous fait penser au 13ème- 14ème.

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CONCLUSION :
L'intérieur dégagé de cette grande tour n'était sans doute pas habitable, puisqu'il n'y a aucune trace d'escalier, et que, par ailleurs, le diamètre intérieur est bien trop faible.
Il faut donc exclure l'hypothèse d'un donjon, et garder plutôt celle d'une tour de guet.
On devait quand même pouvoir descendre dans cette tour, sans doute au moyen d'une échelle...
La présence d'un niveau d'occupation, au fond, ainsi que les 2 parties du squelette de cerf, déposées dans l'excavation tout au fond (comme dans un garde-manger) donnent à penser que le fond de cette tour était utilisé.

26 mars 2018

De la Préhistoire au Vieux château. *

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Pendant les fouilles, le Club Archéologique du Puy du Fou pensait que ses recherches et ses décourvertes auraient été concentrées sur l'époque médiévale.
Or, un certain nombre de vestiges préhistoriques ont été découverts antérieur au Moyen-âge.
Les découvertes sont :
Une centaine de pièces, exclusivement lithiques (pierre transformés intentionnellement par les humains).
Ces pièces taillées montrent l'existence d'un minimum de deux occupations préhistoriques distantes de plusieurs millénaires.
La plus ancienne semble être du Mésolithique (10.000 à 5.000 av. J.C.).
On désigne ainsi, en Europe occidentale, la période qui suivit la fin des civilisations de grande chasse.
Le gibier, les troupeaux de rennes, ayant déserté nos régions devenues tempérées, consécutivement au réchauffement climatique survenu il y a une douzaine de milliers d'années.

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Les mœurs cynégétiques (Qui concernent la chasse) des hommes s'accommodèrent de compléments alimentaires divers obtenus par collecte.
Les végétaux prirent ainsi une part grandissante dans les menus d'alors, tandis que des proies jadis délaissées, comme les mollusques, offraient un appoint recherché en protéines animales.
La deuxième occupation du site correspond à la transition entre le Néolithique et les Ages des Métaux.
Le Néolithique, qui suit le Mésolithique, a vu les hommes se sédentariser et passer du stade de prédateur à celui de producteur par l'agriculture et l'élevage.
La liste des progrès accomplis dès cette époque est considérable.

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En fouille, ce qui saute aux yeux c'est la présence de la céramique, fragile car non tournée et souvent mal cuite, donc abondante dans les niveaux de cette époque, ainsi que la présence d'outils en pierre polie.
Les vestiges retrouvés au château médiéval, que l'on peut situer vers le milieu du troisième millénaire avant Jésus-Christ, sont contemporains des Cultures à vases campaniformes, ainsi dénommées en raison de la forme caractéristique, en cloche ("campana"), de leurs gobelets en céramique.
Ces premiers métallurgistes qui travaillent le cuivre et l'or inaugurent chez nous les Ages des Métaux par le Chalcolithique, même si certains menus objets métalliques circulaient déjà timidement à la fin du Néolithique.
Sur le site du Vieux château ont été retrouvés des objets pouvant appartenir à cette époque comme : des pointes de flèches à ailerons et pédoncule, une lame retouchée, des grattoirs, un nucleus sur galet de silex présentant les stigmates typiques d'un débitage au percuteur dur (pierre) sur une enclume, probablement de pierre.

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Le matériau lithique (ensemble d'objets en pierre transformés intentionnellement par les humains) utilisé par les préhistoriques au Puy-du-Fou est composé de silex provenant essentiellement de galets roulés, de quartzite fin venant très probablement de Montbert, près Geneston (Loire-Atlantique), ainsi que de phtanite, roche locale de qualité très variable, ressemblant à du jaspe.
Il est à souligner que les préhistoriques ne disposaient pas de gisements de silex autres que les galets d'alluvion, en Vendée.

14 janvier 2019

Eglise de Mouchamps (Vendée)

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Les Protestants détruisirent au XVIème siècle l'église primitive de Mouchamps, qui se trouvait à la sortie du bourg, sur la route de Saint-Vincent.
L'église actuelle n'est autre que la chapelle, agrandie et retouchée à diverses reprises de l'ancien château-fort, rasé en octobre 1626 par ordre de Richelieu.
Autour d'elle s'élevait une forteresse, fief des puissants seigneurs du Parc Soubise : les Lusignan, les Parthenay, puis les Rohan.

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C'est en elle-même une construction bien humble qui tire surtout son intérêt de sa position au sommet de la colline, en bas de laquelle coule le Lay dans lequel elle se reflète.
En forme de croix latine, elle se compose du chœur, du transept et de la nef.
Le clocher, de plan carré, se situe au-dessus du bras sud du transept et est dépourvu de flèche.

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Seul le chœur, à chevet semi-circulaire et voûté en cul-de-four, paraît ancien et remonter à l'époque romane. 
Des plaques commémoratives conservent les noms des vieux prieurs enterrés là avant la Révolution.
La nef, grande bâtisse rectangulaire, n'a été ajoutée qu'après la Réforme pour agrandir l'édifice.

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Elle n'est recouverte que d'un simple lambris qui a été refait la dernière fois en 1825-1826.
Ce lambris se poursuit sur l'inter-transept, qui apparaît comme la continuation de la nef.
Les croisillons présentent de curieuses voûtes coupoliformes qui, si elles étaient authentiques, seraient des productions intéressantes de l'architecture gothique de transition de l'Ouest.

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Malheureusement, ce ne semble pas être le cas, tout au moins pour la voûte du Sud, laquelle a été refaite en 1841 après l'effondrement du clocher frappé par la foudre et dont les moulures sont en plâtre.
Pour ce qui concerne la voûte du Nord, très bombée sur quatre grosses nervures quadrangulaires aux arêtes creusées d'un cavet, il semble bien en être de même.

2 janvier 2017

40 ans

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Les portes du 40ème anniversaire du Puy du Fou sont traversées.
Je vous propose de parcourir les grandes dates de la renaissance du Puy du Fou.
C'est en 1975 que le Département de la Vendée s'est intéressé pour la première fois au château du Puy du Fou, en finançant pour un montant de 85.000 F (13500€) une partie des restaurations du péristyle.
Il faudra attendre le printemps 1977 pour que l'assemblée départementale se voit proposer d'acquérir le château du Puy du Fou.
Le 27 avril 1977, achat du château par le département pour 878.750 Francs de l'époque (135000€).
Le Château du Puy du Fou, célèbre dans le monde entier pour son spectacle de nuit, est également, du côté des coulisses, un monument dont l’architecture révèle une période faste de l’histoire de Vendée.

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Le Conseil Général de la Vendée, en faisant l’acquisition en 1977 de cette propriété, marquait l’intérêt qu’il portait à ce patrimoine architectural dont le château du Puy du Fou constitue incontestablement le joyau, alliant d’une manière surprenante le granit du Bocage et la brique.
Mais ce château porte également les cicatrices événements qui ont plus récemment ensanglanté Vendée.

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Les ruines du grand corps de logis témoignent de cette mémoire douloureuse.
Le devis de l'Architecte en Chef des Monuments Historiques qui concernait essentiellement la restitution à l'identique du bâtiment principal s'élevait à 10.000.000,00 F (1500000€).
Depuis, ce "Monument", faisant l’objet d’une grande campagne de restauration depuis plusieurs années, s’ouvre enfin aux Temps Modernes.
13 juin 1977, c’est l’été, les routes dans le Haut-Bocage offrent un paysage d’une rare beauté.

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Une pancarte des Monuments historiques, un peu tordue, semble souhaiter la bienvenue au détour d’un virage.

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C’est la découverte du château par Philippe de Villiers, qui cherchait un endroit pour son spectacle historique. 
En ruine, la grande cour intérieure aux allures de grosse ferme, le granit, les tuiles creuses et les briques roses s’harmonisent.

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Ce sont les derniers gardiens du temps et premiers confidents du jeune Philippe, Gustave et Bernadette qui indiqueront l’endroit d’où il faut admirer ces ruines (actuel emplacement de la tribune).
Premier regard, première passion, le décor du spectacle est choisi.

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Le spectacle conçu par Philippe de Villiers est basé sur un triple défi et souvent répété.
1. - que la qualité est parisienne. Je dis que la qualité peut-être vendéenne et que le Puy du Fou deviendra un carrefour d’artistes.
2. - que le bénévolat est mort. Je dis que le geste gratuit peut soulever toute une population.
3. - que le "Son et Lumière" n’est qu’images d’Epinal. Je dis que le Spectacle du Puy du Fou fera œuvre originale et sera le théâtre de tout un patrimoine.
30 Septembre 1977, création du "Comité de lancement" du spectacle permettant d’aller de commune en commune afin de convaincre et d’entraîner les premiers volontaires.

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14 novembre 1977, création de "l’Association du sauvegarde du Château et du Pays du Puy du Fou".
A cette date, ils sont 50 qui décident d’unir leurs efforts.
Le 03 décembre 1977 marquera le coup d’envoi de la nouvelle histoire du Puy du Fou avec la première conférence de presse et le premier essai du spectacle en grandeur nature par 300 acteurs devant 900 personnes venant des 11 communes voisines.

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11 mars 1978, grande réunion de mise au point avant le lancement des répétitions avec présentation du regroupement d’acteurs en village afin de faciliter le changement de costume entre deux tableaux (Pêcherie, Château, Cavalerie, Îles, Allée Romaine).
13 mai 1978, première répétition générale 16 juin 1978, première représentation de "Ce Soir la Vendée" jusqu’au 5 août.

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20 septembre 1978, création du "Club Archéologique du Puy du Fou", qui sera actif sur plusieurs sites pendant 10 ans (1988).
30 septembre 1978, première assemblée générale de l’association.
02 décembre 1978, première exposition de l’Ecomusée sur le thème "Le Pays du Puy du Fou à travers les Ages".
29 novembre 1981, création de Radio Alouette.
En juin 1982, l'ensemble de la galerie nord du château du Puy du Fou sera aménagé et les premières présentations permanentes d'histoire naturelle et humaine de la Vendée pourront y être installées sur près de 750 m2.

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De 1981 à 1982, les musiques sont signées Alain Legrand.
1981, Changement de nom du spectacle passant de "Ce soir la Vendée" vers "La Cinéscénie".
26 août 1981, découverte du Puy du Fou par Georges Delerue.
1982 sera l’année de l’enregistrement et présentation d’une nouvelle musique pour la Cinéscénie signée G. DELERUE.

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En 2006, l’Ecomusée du Château Renaissance déménage vers "l’Historial de la Vendée".
1988, création du "Parcours" qui évoluera en "Grand Parcours" (1990) ensuite "Grand Parc" du Puy du Fou. Constatant le succès du spectacle nocturne (la Cinéscénie), il a été remarqué que les gens viennent de région de plus en plus éloignée, voire de l’étranger.
De ce fait, il était urgent de prévoir un accueil de jour pour les spectateurs en créant un Parc de loisirs culturel historique (à la française) où chacun compose sa journée.

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Le visiteur gérer sa journée entre spectacles, découverte des villages et de ses artisans, restauration à thème ou en flânant dans la nature du Grand Parc.
Par ses artisans, le Puy du Fou a contribué à retrouver et à montrer de nombreuses facettes de l’artisanat d’art en voie de disparition.

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D’un projet de 1987, 1990 voit la construction de la tribune en béton (120m de long, 14m au plus haut).

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Auparavant, les tribunes étaient en bois (armature en tuyau acier), étaient démontées à la fin de chaque saison, ensuite remontée chaque printemps au cours d’une journée spéciale, qui inaugurait la reprise des activités.
1998, création de l’académie junior afin de détecter et former la relève de talents (artistes et techniciens).
Retrouvez les autres dates importantes du Puy du fou sur : 
www.puystory.net

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30 janvier 2017

La Cinéscénie.... un éternel retour ? *

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Cette définition porte une véritable philosophie de l'Histoire :
"Chacun fait son temps, ceux qui reviennent, ceux qui s'en vont, on regarde le temps qu'il fait, on ne voit pas le temps passer.
Chacun prend sa peine derrière la charrue, dans la même lignée.
De la veille au matin, les mêmes amours de borderie depuis le Moyen-âge".

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Les spectateurs sont conviés d'emblée à voir cette histoire cyclique, presque immobile, qui s'est clôturée au début du XXe siècle, et qui maintenant n'existe plus, puisque le cours de la vie "moderne" a dénaturé cette répétition.
Le final insiste sur la fin des Maupillier.
"Dernière veillée. Dernières paroles de famille".

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tandis que s'évanouit un dernier
"filet d'âmes, un filet de légendes"
et que
"de vieux outils hors d'usage, revenus des champs pour toujours, négligés sur le foin humide [...] reposent en paix".

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Le seul espoir réside dans les enfants, qui retrouveront, peut-être, le sac de nouvelles du vieux marchand de quenouilles.
La marche du temps doit être bien comprise.
L'histoire n'est pas abolie.
Même si ses changements se marquent apparemment par des signes infimes, comme, par exemple, les variations des noms attribués aux bœufs.

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Après 1793, ils s'appellent Mortagne, Cholet, en souvenir des grandes batailles de la guerre civile.
Dans le cours du XIXe siècle, ils reçoivent "des noms de fantaisie", après 1914-1918, "on les appellera Verdun" comme le dit le texte du spectacle.

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Les vêtements des ruraux se modifient selon les périodes ainsi que leurs moyens de locomotion, puisqu'apparaissent les voitures à chevaux et une automobile.

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Surtout les principaux événements scandent la vie quotidienne et la modèlent brutalement parfois.
Fête en l'honneur de François 1er, mission de Grignion de Montfort, guerre contre la Révolution, guerres de 1914-1918 et de 1939-1945.

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Cette présentation des choses doit être comprise comme une philosophie "naturelle" des choses, qui oppose le fond éternel des passions et des occupations humaines aux fracas provoqués par les ambitions des individus.

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La vie des Maupillier ne s'est pas déroulée dans un monde clos, imperméable à la vie nationale.
Bien au contraire, la famille Maupillier a directement supporté le lot d'épreuves, qui a été commun aux Français et aux habitants de la région.

22 mai 2017

LE VENDÉEN par REAL DEL SARTE (Maxime)

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Cette sculpture à l'Ecomusée de la Vendée.
C'est une œuvre date de 1935 et est signée : M. Réal del Sarte (1888 - 1954)
Elève de Landowski et Verlet, il exposa régulièrement au Salon des Artistes Français depuis ses débuts.
Il consacra une grande partie de sa carrière à l'édification de monuments patriotiques, en particulier des statues à Jeanne d'Arc à Rouen (la Sainte de la Patrie) et à Poitiers et des monuments commémoratifs de la guerre 14-18.

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Il fut aussi, dès 1908, le chef des "camelots du roi", ces énergiques vendeurs du journal de l’Action Française, mouvement nationaliste et monarchique, et il participa, en première ligne, à toutes les bagarres de ce mouvement.
En janvier 1916, devant Verdun, en prenant la place d’un de ses guetteurs, père de neuf enfants, il reçut un éclat d’obus qui lui emporta une partie du bras gauche et il fallut l’amputer de l’avant-bras.
Pour un sculpteur, c’est un drame ; mais il poursuivit son œuvre en modelant de sa main unique de nombreux ouvrages et en dirigeant les travaux qu’un disciple exécutait à sa place.

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Cette statue symbole du Souvenir Vendéen, est le plâtre original du monument qui se trouve à Cholet.
Maxime Real del Sarte réalisa le monument en 1935 :
"Dans cet hommage aux héros de la Vendée, c'est toute l'âme française, sa foi ardente, son esprit de sacrifice et sa fidélité que j'ai voulu glorifier".
Le monument devait se dresser sur une place de Cholet.
La victoire du Front Populaire en 1936 retarda l'inauguration.
La cérémonie fixée au 5 septembre 1937, réveilla les passions politiques.
Le général Weygand devait la présider.
Le gouvernement s'y opposa.
La statue devait s'ériger à Cholet sur la place de la Vendée.
Nouvelle interdiction.
On installa l'œuvre de Maxime Real del Sarte au Bois-Grolleau, lieu de combat pendant les guerres de Vendée et elle fut inaugurée le 5 septembre 1937 devant une foule considérable.
Sur les ordres de la Préfecture une palissade en bois masquait la vue du monument aux passants.

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L'inauguration donna lieu à des discours à portée politique hostiles au Gouvernement du Front Populaire et appelant au Souvenir mobilisateur de 1793.
C'est ainsi que M. de Suzannet évoqua le Souvenir de son Aïeul et de Cathelineau et y associa les poilus vendéens de 14-18.
Pendant la guerre de 39-45, la statue put enfin occuper l'endroit prévu.
Mais 1942, lors d’un transfert, elle fut décapitée accidentellement lors du passage sous un pont.
En 1944, elle fut dynamitée dans un attentat perpétré par des adversaires du Souvenir Vendéen.
On retrouva la tête, mais un bras avait disparu dans l’explosion.
Restaurée par des amateurs, elle supporta mal les transferts suivants, et c’est en morceaux qu’elle parvint au Musée d’Art et d’Histoire de Cholet en 1993, pour connaître une ultime restauration, et être installée dans le musée en 1999.
L’original de la statue, en pierre, se trouve donc à Cholet, et on peut en contempler une reproduction à l’Historial de la Vendée, dans le pôle des Guerres de Vendée.
L'écrivain vendéen Jean Yole s'exprimait ainsi à propos de cette œuvre :
" L'artiste.... a pensé en Vendéen.
La pierre a la couleur du granit de nos coteaux.
L'homme adossé à une croix.

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Il tient de la main gauche une faux aiguisée pour l'herbe et qui servit pour la bataille et de l'autre, à bras tendu, il offre son cœur.

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Toute la Vendée est là, son épopée, son métier, la foi de son peuple ".
L'érection de cette statue reste un des actes de mémorialisation les plus importants inscrits par le Souvenir Vendéen.
Le sculpteur expliquait ainsi son œuvre :
"Dans cet hommage aux héros de la Vendée, c’est toute l’âme française, sa foi ardente, son esprit de sacrifice et sa fidélité que j’ai voulu glorifier".

5 décembre 2016

La révolution Française.*

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La Révolution française abolit la société de privilèges fondée depuis le Moyen-âge.
Les ordres du clergé, de la noblesse et du tiers état disparaissent au profit d'une société où l'individu prime.
La monarchie absolue est progressivement remplacée par la Première République.
Elle a permis d'élaborer la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et instaure le principe d'égalité et de liberté pour tous les individus.
La Révolution a créé des divisions dans le peuple français, entre les partisans des idées révolutionnaires et les défenseurs de l'ordre ancien.
La Constitution civile du clergé transforme les membres du clergé en fonctionnaires salariés par l'État.
Les prêtres doivent prêter serment et certains, les prêtres réfractaires, vont s'y opposer.
Ce refus de prêter serment conjugué à la levée des trois cent milles hommes en février 1793 va aboutir à de violents affrontements.

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La Vendée se soulève en mars 1793.
La loi se durcit et conduit à déclarer également suspects les défenseurs de l'ordre ancien ainsi que les émigrés ayant trouvé refuge dans les royaumes d'Europe.
La levée des trois cent milles hommes imposée par décret du 24 février 1793 constitue l'étincelle qui enflammera toute la Vendée en mars 1793.
Les paysans, "les Blancs" se constituent au fur et à mesure en troupes de l'Armée catholique et royale et combattent les troupes républicaines, "les Bleus".
Noirmoutier, de par sa position dominante sur l'estuaire de la Loire, est très vite convoitée par les Blancs.

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Elle passera tour à tour entre les mains des Blancs et des Bleus, à trois reprises en seulement deux ans jusqu'au début du mois de janvier 1794, où le général royaliste, Maurice d'Elbée, est exécuté sur la place devant le château.
De janvier à août 1794, les commissions militaires se déroulent à Noirmoutier.
Elles constituent l'un des symboles de la Terreur, non seulement sur l'île mais dans la France entière.
Elles ont jugé des milliers de personnes accusées d'être des ennemis de la Liberté et ont fait exécuter plus de 1800 de ces royalistes sur l'île.

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Le 24 janvier, le château devient la maison d'arrêt du district de Challans et l'île se transforme peu à peu en prison jusqu'au début de l'année 1795.
A compter de 1795, la guerre de Vendée commence à s'essouffler.
Les troupes, déjà mobilisées depuis deux ans s'épuisent.
La France connaît également un climat nouveau propice à des accords de paix.
Les premières tentatives menées en février 1795 permettent d'aboutir au Traité de la Jaunaye, mais, certains royalistes s'y opposent et la guerre finit par reprendre durant l'été.
Il faut attendre le traité de Monfaucon pour voir la paix revenir en Vendée.

1 octobre 2018

Après le combat par CARPENTIER (Evariste)

24 après le combat

CARPENTIER (Evariste) Né à Guerne-les-Courtrai en 1845, mort à Guerne-les-Courtrai en 1922.
1863 : élève de Keyser à l'Académie d'Anvers.
1872 : délaisse la peinture mythologique et se consacre à la peinture d'histoire.
Huile sur toile, 1883 est d'une hauteur de 7,35m et une largeur 6,00m
*****
Dans un paysage de campagne enneigée, deux hommes marchent côte à côte.
Le plus jeune tient son fusil à la main gauche et semble aux aguets.
Son compagnon prend appui contre lui.
Son allure chancelante, son visage blafard et amaigri, le linge blanc qu'il porte autour de la tête laissent supposer qu'il a été blessé.
Cette scène évoque un épisode "banal" de la guerre, à savoir le retour de deux Vendéens après un combat.
Elle met en évidence la solidarité qui soude les paysans-combattants entre eux.
Il est probable que cette scène a été inspirée à E. Carpentier par les récits que son grand-père lui racontait lorsqu'il était enfant, et dont la mémoire populaire a par ailleurs transmis le souvenir.

26 août 2019

Episode de 1793 A NANTES par DEBAY (Auguste-Hyacinthe)

22 Episode de 1793

DEBAY (Auguste-Hyacinthe) Né à Nantes en 1804, mort à Paris en 1865.
Elève de son père J.B.J. Debay, sculpteur, et du peintre Gros. Peintre et sculpteur.
1816 : réalise à l'âge de 12 ans un buste colossal de Louis XVIII pour la ville de Nantes.
1823 : grand Prix de Rome.
Séjourne en Italie pendant 7 ans.
1830 : retour à Paris.
Nombreuses participations au Salon.
Huile sur toile, 1838 est d'une hauteur de 2,27m et une largeur 1,74m
*****
Au premier plan, quatre jeunes filles assez richement vêtues se pressent dans les bras d'une femme plus âgée.
L'une d'elles tient un livre à la main.
Toutes les cinq sont agenouillées au pied d'un escaher qui mène à un échafaud sur lequel se tient un bourreau.
Cet escalier est encombré de condamnés, hommes ou femmes, jeunes ou vieux.
Sur la place, près de l'armée, une foule nombreuse attend. A droite, un homme, la main sur la bouche, tente de dissimuler son émotion.
L'oeuvre représente l'exécution des quatre cousines de Charette, les demoiselles Vaz de Mello, du château de la Métairie, et de leur mère.
L'épisode se déroule sur la place du Bouffay à Nantes, en 1793, sous la Terreur.
Lors de son exposition au Salon de 1850, le tableau était accompagné dans le catalogue de la légende suivante :
"Mme de la Meteyrie et ses filles, condamnées sans jugement, sont traînées à l'échafaud, autour duquel se presse une foule muette d'effroi..., mais la place est prise, il faut attendre son tour...
La mère soutenait ses filles de ses conseils et de son courage...; bientôt elles se prirent à chanter des cantiques; le peuple s'émut à ces accents religieux...
Deux jours après le bourreau était mort d'horreur et de regrets".
(Extrait de "L'Histoire de Nantes" par Guépin).
Cette oeuvre empreinte de pathétisme rapporta à son auteur une médaille de 1ère classe au Salon de 1850.
Refusée par le jury parisien en 1839, elle avait néanmoins rencontré la même année un accueil favorable auprès du public fréquentant le Salon de Nantes.
La toile fut envoyée par l'Etat au Musée de Nantes en 1851.
Le Président de la Commission du Musée n'apprécia guère cet envoi et fit part au Maire des réflexions que celui-ci lui suggérait :
"Permettez-moi de vous faire observer que l'un des tableaux,
"Une exécution révolutionnaire sur la place du Bouffay"
est un choix malheureux pour les tristes souvenirs qu'il nous rappelle..."
(Archives Musée des Beaux-Arts de Nantes)

11 février 2019

La communion des enfants de Chanzeau

21 La communion

La communion des enfants de Chanzeau et des communes environnantes dans le vallon de FRUCHAULT par MARQUERIE (Gustave-Lucien)
MARQUERIE (Gustave - Lucien) Né à Paris en 1825.
Elève de Drolling et de Picot.
Peintre de genre, paysagiste et portraitiste.
Professeur de dessin à Paris dans une école municipale.
De 1851 à 1880 : participe au Salon.
Expose au Salon Nantais
Huile sur toile, 1873 est d'une hauteur de 2,1m et une largeur 2,90m
*****
Un autel a été dressé sous un arbre dans un paysage de campagne.
Un prêtre revêtu des habits sacerdotaux tient un calice de la main gauche et tend une hostie de la main droite.
La composition générale et la luminosité de ses vêtements contribuent à le mettre en valeur.
A ses côtés, un jeune garçon tient un cierge, tandis qu'une foule nombreuse et recueillle a pris place autour du personnage central.
Les premiers rangs de l'assemblée sont occupés par de jeunes communiants agenouillés.

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Ils sont entourés par des femmes et des hommes.
Ces derniers sont tous armés de faux, de fusils ou de baïonnettes, et certains lancent aux alentours des regards inquiets et méfiants, prêt à déceler un éventuel danger dans le paysage.
D'ailleurs, plusieurs personnages armés, coiffés d'un chapeau, se tiennent à l'écart, font le guêt, notamment sur le flanc de la colline, au second plan et à l'extrême gauche.
La scène évoque la première communion d'environ cinq cents enfants originaires de la paroisse de Chanzeaux et des environs, dans un vallon de la Métairie de Fruchault.
Cette cérémonie fut célébrée clandestinement en 1799 par l'abbé Soyer, qui devint ultérieurement évêque de Luçon.
Cette oeuvre illustre un thème cher à la peinture d'histoire dans l'art officiel.

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Celui de la défense de la foi.
Elle fut commandée à Gustave Lucien Marquerie par un notable de la paroisse, le Comte de Quatrebarbes, auteur d'une "Histoire d'une paroisse vendéenne sous la Terreur".

8 mai 2017

Portrait de FRANÇOIS ATHANASE DE CHARETTE par GUERIN

4 Charette

GUERIN (Paulin - Jean-Baptiste) dit PAULIN-GUERIN.
Né à Toulon en 1783, mort à Paris en 1855.
Entre dans l'atelier de F.A. Vincent grâce au peintre Gérard.
Expose au Salon de 1810 à 1855.
Huile sur toile, 1819 est d'une hauteur de 2,16m et une largeur 1,40m
François Athanase Charette de la Contrie : né à Couffé le 21 avril 1763.
En 1779, il entre à l'école des Gardes de la Marine.
Il appartient à l'escadre de l'amiral du Chaffault qui prend part à la guerre d'Amérique.
En 1790, il quitte la Marine après avoir été lieutenant de vaisseau, et se retire à Fonteclose.
Après avoir pris la tête d'un groupe de paysans vendéens, il est élu chef de l'Armée catholique et royale du Bas-Poitou le 9 décembre 1793.
Réputé pour son habileté tactique et ses capacités militaires, il représente un adversaire redoutable pour les Républicains.
Il signe le traité de la Jaunaie le 26 février 1795 mais reprend les armes quelques mois plus tard.
Le 29 mars 1796, il est fusillé à Nantes sur la place Viarme.
Charette est représenté en pied, de face mais le visage de trois-quarts.
Il arbore le costume qu'il portait lorsqu'il fit son entrée à Nantes après le traité de la Jaunaye.
Il est vêtu d'un costume en drap à revers rouge.
Il est coiffé d'un chapeau en feutre noir, avec ganse et boucle, agrémenté d'un plumet.
La tête est ceinte d'un mouchoir blanc de Cholet, élément traditionnel de l'iconographie spécifique du héros.
C'est donc un Charrette triomphant, sabre à la main, que Guérin a représenté dans un paysage de campagne.
Cette œuvre a été envoyée au Salon de 1819, en même temps que les portraits de Lescure par Robert Lefèvre et Louis de La Rochejaquelein par Pierre Guérin

21 septembre 2017

TROIS PÉRIODES ENTRE 1793 ET LE CONCORDAT (1)

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1. Pendant la "Grande Guerre", de mars à décembre 1793, les Vendéens remportent de nombreux succès et menacent sérieusement la République, en tout cas ils lui font peur.
Elle se termine lorsque l’Armée catholique et royale, qui était passée au nord de la Loire le 18 octobre 1793, est anéantie à Savenay (44) le 23 décembre 1793.

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2. Une période de guérilla, qui s’étend de janvier 1794 à mars 1796.
Interrompue par une courte paix de février à juin 1795.
Les derniers grands chefs survivants, Charette, Stofflet, Sapinaud, tentent de s’opposer aux exactions des Colonnes infernales de Turreau qui ravagent le pays de janvier à mai 1794, puis poursuivent la lutte chacun de leur côté depuis les territoires dont ils restent maîtres, à la tête de troupes de plus en plus réduites, surtout à partir de 1795.
La guerre se termine quand Stofflet et Charette sont fusillés (février-Mars 1796).

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3. Suit une période de paix armée et troublée (1796-1799), pendant laquelle alternent une certaine tolérance religieuse et la reprise des persécutions.
D’anciens chefs suscitent une nouvelle révolte d’octobre 1799 à janvier 1800, avant que Bonaparte, qui vient de prendre le pouvoir, ne se lance dans une sincère politique d’apaisement.

1 mars 2017

"Epica Awards" et le Puy du Fou.

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La campagne de publicité des "tableaux" du Puy du Fou vient de remporter la médaille de bronze des
 "Epica Awards",
récompensant l'art dans la publicité.

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Delacroix, Géricault, Velasquez…
Autant de grands noms de la peinture qui ont inspiré la nouvelle campagne de communication du Puy du Fou :
"Les Tableaux".

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Et les équipes du Grand Parc ont su s’entourer des plus grands spécialistes afin de transmettre la romance spectaculaire, la puissance de l’action et l’émotion des spectacles du Puy du Fou.

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Photo-peinture, décors grandioses et personnages épiques, cette collection de 5 "tableaux" tranche totalement avec les codes habituels des parcs de loisirs. 

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Passez de l’autre côté de l’objectif et découvrez en exclusivité le making-of de cette campagne exceptionnelle (Voir la Vidéo).

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