Puystory
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24 avril 2017

Le mot "puyfolais"*

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Le mot "puyfolais" a été créé dans les premières années de la Cinéscenie.
Ce mot désigne tous les bénévoles qui font avancer le spectacle.

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C'est un instituteur des Herbiers, René Guicheteau, l'un des pionniers de la Cinéscénie du Puy du Fou, qui a inventé ce mot, dès l'été 1978, à l'issue de la première saison, pour baptiser les bénévoles qui permirent la création d'un spectacle.

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Ce mot fait évidemment référence aux acteurs, mais aussi aux techniciens de la régie, aux personnes de l'accueil, aux vendeurs de confiseries, aux conducteurs des bus qui emmènent les visiteurs âgés et handicapés au pieds des tribunes, les secouristes, le personnel d'encadrement, etc ...

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De 350 en 1978, ils sont maintenant plus de 3600 à se consacrer à ce spectacle, et ils donnent tout leur cœur pour raconter le patrimoine qu'ils ont en commun.

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Le succès de la Cinéscénie est fondée sur la mémoire collective, la richesse du passé local et la mise en valeur des qualités esthétiques d'un site.
Être Puyfolais, c'est un honneur et une fierté, ce n'est en aucun cas un acquis ni un droit.

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Le Puyfolais est celui qui doit prouver son appartenance au milieu "familial" du Puy du Fou en participant activement aux activités liées à la Cinéscénie.
Cette communauté "Puyfolaise" est comme une grande famille où les distinctions de rang social cessent d'exister.

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Supprimer les générations, les barrières sociales est une démarche qui rapproche les "Puyfolais" les uns des autres.
Dans ce milieu, les gens trouvent ici quelque chose qu’ils ne trouvent pas ailleurs… "une famille".

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La famille n’est pas ici seulement une image, elle désigne à la fois la qualité des relations que les Puyfolais doivent instaurer entre eux et la façon dont chacun doit partager son expérience personnelle.

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Les grands moments de la vie du spectacle sont en effet ponctués de manifestations festives qui cherchent à concilier la sociabilité et la simplicité des relations.

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Dès les premières répétitions du mois de mai, les retrouvailles, après la séparation toute relative de l’hiver, se font autour d’une table garnie arrosée d’un petit vin de pays.
Il est bon de remarquer que ce rassemblement "Puyfolais" se fait à contretemps social, à la période où les populations commencent à se disperser avec la venue des beaux jours.

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Ce resserrement de la famille puyfolaise pendant les mois d’été, contribue au renforcement du sentiment d’appartenance à une communauté à part, "pas comme les autres", et qui ne se disperse vraiment jamais.
La famille puyfolaise possède un autre aspect, sans doute plus caché, mais aux effets plus puissants.

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L’adhésion à la communauté puyfolaise entraîne une imprégnation des valeurs que le Puy du Fou veut promouvoir.  
Etre Puyfolais devient une seconde nature qui englobe tout l’individu dans son comportement sur le site, mais aussi en dehors !

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Le Puy du Fou est un système de valeurs, devenues manières d’être et de faire, inculqué à tel point qu’il devient possible, du moins aime-t-on à le penser, de distinguer les Puyfolais des autres.

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Ainsi être Puyfolais, c’est un état d’esprit portant à la perfection l'identité vendéenne.

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Le sentiment prédominant du Puyfolais, c'est sans conteste celui de la fierté, face à la société actuelle dans laquelle les individus sont de plus en plus dispersés.

21 septembre 2016

Acteurs au "Dernier Panache" du Puy du Fou.*

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Les personnes qui me questionnent….
"Mais ça doit te lasser de faire le même spectacle tous les jours pendant tant de temps".

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Ils ne se rendent pas compte de quel bonheur c'est de travailler dans le domaine qu'on aime.

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Tu arrives le matin avec le sourire aux lèvres, prêt à découvrir quels rôles tu vas interpréter.

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Le spectacle commence et ça y est, tu n'es plus toi-même, tu entres dans cette époque et là, tu deviens ton personnage.

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Tu le vis à fond, comme si tu étais plongé dans l'histoire et surtout pour que le publique soit aussi concerné par les événements présentés.

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Même si on a fait ce spectacle au moins 700 fois, c'était 700 fois différents et puis….je reviendrais et je continuerais, car j'aime ça tout simplement.

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On ne peut rêver mieux.

Texte de Julie Hulewicz (actrice au "Dernier Panache).

19 février 2018

C'est en Forgeant.*

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Il y a peu encore, chaque village avait sa forge.
C'est un lieu de passage et de rencontre par excellence, au même titre que l'estaminet ou la place du marché.

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Les hommes aiment à s'y retrouver autour du feu qui réchauffe et qui éclaire l'endroit en faisant danser les ombres sur les murs noircis.
Ils y échangent les dernières nouvelles alors que le forgeron étire le fer à grands coups de marteau et le dompte en faisant jaillir des bouquets d'étincelles.

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Sa force physique impressionne.
Beaucoup d'activités dépendent de son travail et cela lui donne une réelle importance.
Sa maîtrise du feu, de l'air et de l'eau... en font le personnage de la vie villageoise.
C'est lui qui ferre les chevaux, les mules et les vaches, fabrique et répare les versoirs et les pièces en fer des charrues et des attelages.

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Il réalise tout l'outillage à main nécessaire aux travaux des champs et les outils des artisans du village.
Il forge également les objets de la vie de tous les jours, en particulier ceux qui servent à la cuisine, à l'âtre : landiers, trépieds, grils et crémaillères.

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Le foyer et son énorme soufflet, l'enclume, la cuve d'eau pour tremper le fer incandescent occupent la plus grande partie de l'espace disponible.
De cinq heures du matin à tard le soir, l'enclume sonne joyeusement, même le dimanche.
Il n'y a guère qu'à la Saint Eloi que le silence se fait.
Un peu magicien, le forgeron est aussi vétérinaire, dentiste et guérisseur.

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Ne dit-on pas que son marteau a le pouvoir de guérir ?
On lui amène des enfants souffrant de convulsions placés nus sur l'enclume que l'homme de l'art martèle avec violence.
Il lève le bras, fait semblant de frapper l'enfant, arrête le marteau à deux doigts du ventre du petit malade avant de le toucher doucement avec le fer et la guérison espérée se produit quelquefois.

19 mars 2018

Les cartes du Poitou antérieures à la Révolution

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De 1576 à 1667, environ 158 cartes, plus ou moins inexactes, sont connues concernant le POITOU.
Puis de 1670 à 1789, nous trouvons à peu près le même nombre de nouvelles cartes.
On les trouve à la BIBLIOTHEQUE NATIONALE (Département des Cartes et Plans).
Ensuite en 1664, COLBERT envoya dans les Provinces des Commissaires chargés de dresser les cartes exactes, avec le tracé des routes des rivières et la situation des localités.
En 1705 furent dressées les cartes des Evêchés de LUCON et de la ROCHELLE, celle de la Sénéchaussée de FONTENAY LE COMTE.
Mais la plus connue fut celle dressée sous la direction de l'Académie Royale des Sciences, par MM. MARALDI, CASSINI et l'Abbé de la CAILLE.
Elle est connue sous le nom de Carte de CASSINI.
Elle fut dressée de 1765 à 1773, par César-François CASSINI de THURY, qui en fut la cheville ouvrière soutenu par la Marquise de POMPADOUR.

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La région du POITOU fut publiée en 1784, et on y voit les métairies, auberges, tuileries, moulins à vent et à eau, les routes pavées, les avenues d'arbres.
Cet ouvrage remarquable dont les Minutes se consultent à l'INSTITUT GEOGRAPHIQUE NATIONAL, servit aux Armées de la République pendant la Guerre de Vendée, et pendant une grande partie du 19ème siècle.
Sur la carte Cassini qui daterait de 1663, le Puy du Fou est mentionné "Puy Dufour".
Peut-on alors faire un rapprochement avec le patois des habitants ; "Le Pouet dau Four" ?

21 novembre 2016

La promesse du chevalier (Réaumur - VENDEE)

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Voici la légende de la fontaine miraculeuse et de la chapelle Sainte-Marie qui, depuis longtemps, sont l’objet d’une dévotion et d’un pèlerinage annuel encore populaire dans la contrée.
C’est à deux ou trois cents mètres du presbytère mètres du presbytère, au bord d’un petit chemin se dirigeant vers Montoumais, que se trouve le sanctuaire reconstruit au début du siècle.
Sur la fondation de cette chapelle, et sur l’origine de la fontaine miraculeuse qui coule à quelques pas, voici ce que raconte la tradition du pays.
C’était à l’époque où les seigneurs du Bas-Poitou s’en allaient guerroyer au loin, probablement au temps des croisades.
Au retour d’une longue campagne, un chevalier des environs avait été contraint de s’arrêter et de mettre pied à terre, juste en face de l’endroit où s’élève aujourd’hui la chapelle.

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Ayant chevauché toute la journée sous un soleil de plomb, il mourait littéralement de soif, et s’était mis en quête d’une fontaine que lui faisait espérer ce petit coin ombragé.
Mais rien !…. Pas une goutte d’eau !….
Le cavalier et le cheval, tous les deux à bout de forces, étaient incapables de faire un pas de plus !….
Comme beaucoup de guerriers d’alors, le chevalier était aussi pieux que brave.
Il avait une dévotion particulière pour la Vierge.

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Il se jeta à genoux et implora la Reine des Cieux, en se promettant de lui élever une chapelle si elle lui faisait trouver les quelques gouttes d’eau nécessaires pour l’empêcher de mourir de soif.
Comme il se relevait, il entendit résonner un rocher sur lequel le soleil dardait tout à côté ses rayons de feu.
À l’instant, la pierre se fendit pour donner le passage à une source jaillissante…

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Sur la pierre miraculeusement entrouverte, le chevalier aperçut une belle dame qui, après lui avoir adressé un sourire, s’éleva dans les airs et disparut.
C’était à n’en point douter la Vierge elle-même, qui venait d’exaucer ainsi la demande de son serviteur.
Celui-ci tomba de nouveau à genoux, pour remercier tout d’abord.
Il alla ensuite se désaltérer à la source miraculeuse, y fit boire son cheval, remonta en selle, et poursuivit sa route, réconforté.
Fidèle à sa promesse, il fit construire une chapelle en face de l’endroit où s’était produite l’apparition, sur un terrain qu’une charte du commencement du XIIIème siècle appelle "Le Pré de la Bienheureuse Marie" (pratum Beatae Mariae).

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La tradition ajoute que le chevalier abandonna bientôt le monde pour se consacrer au service de Dieu, et qu’il devint le premier curé de Réaumur.
Quant à la fontaine miraculeuse sur laquelle la Vierge avait laissé l’emprunte de son pied, elle vit accourir de nombreux pèlerins.
Le peuple des alentours commença aussitôt à se porter vers la fontaine du miracle.
On y venait prier.
On buvait à la source.
On faisait provision d’eau bénite pour l’usage des malades.

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Les mères y apportaient leurs jeunes enfants dont elles posaient les petits pieds dans l’emprunte du pied de la Vierge pour obtenir la grâce de marcher bientôt.

19 juin 2017

Un peu d'histoire

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A l’aube de notre histoire, ce fut un croisement de pistes préhistoriques venant d’Est en Ouest, du Nord au Sud par où vinrent les premiers hommes qui peuplèrent le Haut-Pays, où ils campèrent, puis se fixèrent.
Ce fut d’abord un village, puis une petite bourgade qui plus tard prit le nom de BOURG-BERART.
Ce croisement était dominé par une petite colline, derrière laquelle se levait chaque matin le Dieu Soleil.
Ils y établirent un lieu fortifié d’où ils pouvaient résister aux attaques d’autres tribus pillardes.

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Une tour de bois entourée d’une palissade de pieux et de branches entrecroisées.
Ce fut le premier PUY DU FOU.
Pour organiser leur défense, ils choisirent le plus brave d’entre eux et ce fut le premier seigneur du Puy du Fou.
Pendant des siècles, jusqu’à la naissance de l’Etat Poitevin au Xème Siècle, le Puy du Fou fut comme tous les lieux fortifiés sous la domination d’un chef désigné par les habitants.
Vers cette époque, le Bas Poitou fut confié à la puissante famille de THOUARS, qui se mit, pour défendre ses nouveaux domaines, à construire les donjons de TIFFAUGES, MORTAGNE, CHATEAUMUR, POUZAUGES.
Elle y plaça ses cadets.
Ce fut certainement le cas au PUY DU FOU puisqu’il était dans la mouvance du Château de MORTAGNE possédé par cette famille de THOUARS.
Ce fut probablement à cette époque que le Puy du Fou devint une forteresse de pierre.

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Ce fut le deuxième Château du Puy du Fou.
Ce cadet de THOUARS prit le nom de son domaine, ce qui témoigne de l’ancienneté de cette famille du Puy du Fou.
Un ou deux siècles encore et un château fut construit : le troisième Puy du Fou.
Ce sont probablement les ruines qui ont été dégagées et restaurées par le CLUB ARCHEOLOGIQUE DU PUY DU FOU (Lieux du spectacle du Bal des Oiseaux Fantômes).

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Un donjon rond, aux murs énormes, une enceinte oblongue (forme allongée) aux angles arrondis, la base d’une autre tour moins importante, des restes de bâtiments d’habitation, le tout, entouré de fossés alimentés par l’étang voisin.
Au 14ème Siècle, la Guerre de Cent Ans occasionnera un renouveau de la fortification.
Il dura peu, puisque Guy II du Puy du Fou, se battant aux côtés du Roi de France contre les Anglais, ces derniers le prirent et le démolirent en 1421.
Pour le récompenser de sa fidélité, le Roi de France Charles VII, l’autorisa en 1432, à faire reconstruire son château du Puy du Fou.

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Ce fut le quatrième, mais construit sur un autre emplacement.
Celui où se trouve le Château Renaissance actuel.
Ce fut encore un Château féodal avec tours, donjon, pont-levis et autres moyens de défense.
Mais un siècle plus tard, François II du Puy du Fou ayant combattu en Italie, s’enthousiasma pour les Chefs d’œuvre construits par les architectes italiens.

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C’était la Renaissance. François II demanda au PRIMATICE des plans lui permettant de reconstruire son château au goût du jour.
En 1540, il commença à démolir son château, pour édifier sa nouvelle demeure.
Ce fut d’abord, face à l’entrée actuelle, le grand corps de logis desservi par une petite loggia centrale.

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On accédait à l’étage et aux combles par un bel escalier à vis.
Au dessous, une immense cuisine avec à chaque extrémité d’immenses cheminées.
Lorsqu’il mourut en 1548, sa veuve Catherine de LAVAL et son fils René, continuèrent les travaux en démolissant au fur-et-à-mesure le château du siècle précédent.

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Il n’en reste plus que le petit donjon carré, profondément remanié au siècle dernier, que nous trouvons à main gauche en entrant dans la cour et les fondations du château.
Le grand degré, précédé de la magnifique loggia, la grande galerie à arcades, étaient achevés.
En 1578, de même que la chapelle et la belle salle ornée de deux cheminées et divisée en son milieu par un magnifique arc surbaissé en granit, servant de support aux deux voûtes à caissons.
Une autre galerie à arcades devait border le côté droit de la cour.
Mais vinrent les Guerres du Protestantisme, les Puy du Fou étaient catholiques et durent se réfugier dans un autre domaine.

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Incendié pendant ces guerres, le Puy du Fou fut tant bien que mal, recouvert d’une économique toiture de tuiles romaines et les grandes arcades bouchées, la grande galerie servit de logement.
Vint la Révolution, le Puy du Fou passera par les mains de divers propriétaires.
Il fut incendié le 3 janvier 1794 par une Colonne Infernale.
A partir de 1974, une nouvelle page de l'histoire du château s'écrit en commençant par être classé au monument historique.
En 1977, le département de la Vendée acheta le château. Doucement, le Puy du Fou se relèvera de ses ruines et deviendra la toile de fonds du spectacle "la Cinéscénie".

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Depuis 2014, le Puy du Fou ouvre les portes du château avec son parcours "La Renaissance du Château" permettant ainsi au visiteur d'admirer l'intérieur de ce témoin de l'histoire.

Retrouvez toutes les explications sur :
www.puystory.net

10 juillet 2016

Passion patrimoine.

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Au Herbiers, huit bénévoles de l’association "Passion patrimoine" travaillent à la remise en état d’édifices tombés à l’abandon.
L’équipe a donc décidé de s’atteler au défrichage et au nettoyage de ces lieux oubliés.

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À raison de plusieurs matinées de travail, les monuments reprennent doucement leur jeunesse.
Pas de travaux sans financement.
La municipalité aide l’association dans son action en apportant les matières premières.

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Les bénévoles recherchent des fonds.
Bientôt, la structure sera éligible au mécénat.

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Les donateurs pourront déduire leurs dons des impôts.
Pour contacter l’association : passion-patrimoine@outlook.fr
Sur Facebook : lesherbiers.passion.patrimoine

5 juin 2016

Découvrir la Cité Nocturne.

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Le Camp du Drap d'Or

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L'hôtel "le Camp du Drap d'Or" invite ses hôtes à vivre un séjour sur les traces de François Ier et d'Henry VIII d'Angleterre dans une de ses 100 "logeries" flamboyantes aux armes de chaque couronne.
Lits à baldaquins, colonnes tournées en chêne massif, tapisseries brodées, vasques en métal martelé et salle de bain en céramique dorée offrent un véritable séjour royal avec tout le confort moderne, dans un décor magnifique et authentique.

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Les Îles de Clovis

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Dormez dans cet hôtel inédit posé à la surface de l'eau et entièrement construit sur pilotis sur 7 hectares en pleine nature.
Cette cité lacustre unique vous transporte à l'époque Mérovingienne ou les huttes aux toits de chaume abrite des chambres familiales tout confort et prolonge votre voyage dans le temps.

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La Villa Gallo-Romaine

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Au cœur d'un jardin méditerranéen, cette villa semble avoir traversé les siècles.
Passez un séjour inoubliable en pleine "Rome Antique"...
A quelques pas du Stadium Gallo-Romain vous entendrez peut-être les lions rugir !

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Le Logis de Lescure

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Ce confortable logis du XVIIIème siècle compte 4 suites à la fois chaleureuses, élégante et originales.
Profitez du charme du XVIIIème siècle !

14 novembre 2016

Les riches heures de l'enluminure (suite)

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C'est en France, à Saint-Denis, qu'avec le concours de l'abbé Suger (1081-1151) fut formulée la conception d'un art nouveau : L'art gothique.
La taille du livre se réduit et la miniature devient l'enrichissement d'un texte écrit.
Ce que les bibles ont été pour la miniature romane, les psautiers le sont pour la miniature gothique, premiers livres liturgiques destinés à être placés entre les mains des profanes, ancêtres du livre d'Heures.
On y trouve deux types de miniatures : l'un fragmente les pages de cadres géométriques où sont insérées des scènes comme dans des vitraux.
Fonds peints à l'or ou de couleurs vives comme est réalisé "Le Psautier d'lngeburge" réalisé avant 1205.
L'autre type de miniature, comme "Le Psautier de Saint Louis" fait figurer l'enluminure dans un cadre avec un fond architectural.
Au XIV siècle, les livres enluminés sont exécutés pour l'aristocratie, le clergé, la bourgeoisie et deviennent de véritables objets de luxe.
La miniature est réalisée pour le lecteur du livre, elle est donc destinée à l'élite intellectuelle de la société.
Quand le lieu de fabrication des codex se déplaça des monastères aux ateliers laïcs des villes, la spécialisation s'affirma.

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La répartition du décor d'un manuscrit n'était pas laissée à la fantaisie de l'artiste.
Le décor se faisait à des emplacements laissés vierges par le copiste.
L'emplacement et les scènes à illustrer étaient indiqués par le concepteur du livre, souvent le libraire, l'auteur du texte ou même le commanditaire.
Les enlumineurs réalisaient l'une après l'autre les différentes étapes.
Rehausser le dessin à la mine de plomb, appliquer la dorure, mettre la couleur.
Pendant tout le XIV siècle, Paris reste le grand centre artistique dont l'influence dominera les autres pays européens.

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Mais la défaite d' Azincourt en 1415 et le traité de Troyes en 1420 vont mettre fin à la primauté parisienne.
L'art officiel se déplace avec le centre politique à Bourges, Tours, etc.
Le mécénat de Charles V (1338-1380) et de ses frères favorise les différents domaines artistiques ; l'un deux, Louis 1er d'Anjou (1339-1384) fit réaliser la célèbre "Tapisserie de I' Apocalypse", aujourd'hui au château d'Angers.
Jean de Berry (1340-1416), autre frère de Charles V, prit à son service en 1409, les trois frères Limbourg.
Ils réalisent vers 1416 la majeure partie du plus célèbre des manuscrits enluminés "Les Très Riches Heures du Duc de Berry" où l'enluminure atteint son apogée, manuscrit qui sera terminé 70 ans plus tard par Jean Colombe pour le Duc de Savoie, descendant de Jean de Berry.
Jean Colombe (1430-1493) est à l'origine du maniérisme français qui se perpétuera jusqu'au cœur du XVIII siècle.
L'influence italienne y est visible dans le décor à l'antique, l'encadrement et la conception même de l'espace dans le tableau, par l'allongement des proportions et l'adoucissement des formes.
Celui qui restera le plus renommé des artistes enlumineurs est le "Maître de Tours", Jean Fouquet (1420-1481).
Influencé par un séjour en Italie, Fouquet va s'inspirer du style antique.
C'est lui qui importe en France la science de la perspective.
Il a le goût du réel, de l'image exacte, du détail précis. Son activité se partage entre trois villes : Bourges, Angers et Tours.
A la fois enlumineur et peintre, il exercera son activité pendant 32 ans.
Un des seuls enlumineurs qui a la possibilité de laisser libre cours à son imagination, il conçoit et réalise intégralement ses œuvres.

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Dans les "Grandes Chroniques de France", il représente le couronnement de Charlemagne à Rome, en reproduisant l'ancienne basilique Vaticane qu'il avait eu l'occasion de visiter durant son séjour italien et qui allait être abattue par la suite pour laisser place à la basilique Saint-Pierre du XVI' siècle.
L'un de ses élèves, Bourichon (xxxx–1521) , va jouir d'une notoriété sans précédent.
Il fut le peintre en titre de quatre rois : Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François ler.
Il exécutera "Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne" où il utilise la feuille d'or à profusion.
Il représente l'art officiel, un art sage et sans originalité particulière.
Il meurt en 1521 marquant le début du déclin de l'enluminure.
L'imprimerie est introduite en France vers 1470.
Vers 1510, la majorité des livres est imprimée.
Cette invention marque la fin de la production des manuscrits enluminés et coïncide avec la fin de l'époque médiévale.

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Durant quelques décennies, les enlumineurs réaliseront des incunables, éditions dont le texte est imprimé sur parchemin, puis enluminé à la main pour se rapprocher du manuscrit.
Les scribes ne furent pas tous mécontents de l'invention de l'imprimerie et certains devinrent eux-mêmes imprimeurs, faisant ce qu'ils avaient toujours fait mais plus efficacement.
La production des livres étant un processus avant tout pratique.
Concurrencée sur le plan économique par l'imprimerie, victime sur le plan artistique de la confusion avec le tableau que les enlumineurs ont eux-mêmes créée, estimée trop coûteuse pour un plaisir personnel, l'enluminure ne va pas tarder à s'éteindre.
Elle tente de survivre jusqu'à la fin du XVI siècle où elle laissera définitivement la place à la gravure et aux tableaux de chevalet.

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Les enluminures de cet art disparu ne peuvent être contemplées que dans certaines bibliothèques publiques ou privées.
Le profane peut être surpris de constater que les couleurs n'ont rien perdu de leur luminosité depuis leur création qui date de plusieurs siècles (les plus récentes ont près de 500 ans et les plus anciennes 1500 ans).
En effet les couleurs employées étaient à base de pigments naturels, de pierres précieuses, de sucs de fleurs, de broyage de plantes, de charbon de bois, etc.
Avec quelques secrets de fabrication les enluminures ont pu défier les siècles et arriver jusqu'au XXI siècle sans altération majeure.
On ne peut que souhaiter raviver cet art, le faire connaître, l'enseigner grâce à la générosité de nouveaux mécènes par le biais de Fondations ou autres organismes pour essayer de transmettre aux générations futures ce qui fut le "Vrai et le Beau" d'une grande époque de la Civilisation Française.

2 octobre 2016

Les riches heures de l'enluminure

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Un art magnifique tout empreint de délicatesse, de précision, et de couleurs, réalisé en petit format qui connut son apogée à l'époque gothique grâce au financement de quelques mécènes.
La technique de cet art va évoluer au cours des siècles suivant des influences différentes dues aux artistes qui circulaient librement dans l'Europe chrétienne et qui dans tous les domaines de l'art réalisèrent des chefs d'œuvre que l'on admire encore.
Nous n'aborderons pas ici l'enluminure ottonienne, ni l'enluminure mozarabe qui eurent peu d'influence sur l'enluminure française qui à elle seule nous laisse un aperçu extraordinaire de sa production.
Au Moyen Age, les peintures ornant les manuscrits sont appelées miniatures, car pour les réaliser, on utilisait une poudre rouge, le minium, qui servait à cerner les contours du dessin.
Le terme enluminure créé au début du XIIIème siècle est tiré du latin illuminare qui veut dire donner la lumière.

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En effet, l'or et l'argent employés dans les manuscrits réfléchissent la lumière et donnent tout son éclat au document.
Plus symboliquement, l'enluminure a pour but d'éclairer le texte en représentant certaines scènes décrites.
Si l'enluminure voit son apogée au XIIIème siècle puis au XVème siècle, ses origines difficiles à établir exactement remontent au début de notre ère.
Dans I' Antiquité, une grande partie de la littérature romaine fut consignée sur des rouleaux.
Le papyrus, bon support pour l'image et le texte, mais trop fragile est remplacé progressivement par le parchemin (peau de mouton travaillée).

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Au IIIème siècle, le rouleau cède la place au codex (livre), les feuilles plates du parchemin rendent l'utilisation du codex plus pratique, on tourne les pages séparées, lues, l'une après l'autre.
Il est difficile de considérer ce qu'il nous reste des manuscrits témoins du passage de l'Antiquité à l'ère chrétienne (du IVème au VIIème siècle), la plupart des documents ayant disparu dans les incendies des abbayes lors des pillages par les hordes barbares.
Il n'est donc pas aisé de définir le début réel du livre enluminé.
Le "Calendrier de Filalcona" en 354 serait le plus ancien codex enluminé.
On distingue plusieurs époques qui vont du balbutiement à l'épanouissement de cet art merveilleux, des premières lettrines celtes aux grandes miniatures gothiques.
L'ENLUMINURE PRE-ROMANE.
L'enluminure pré-romane se divise en une suite de périodes aisées à délimiter, se référant chacune à des modèles d'esthétiques différents. Deux principaux courants influencèrent l'enluminure française de la période romane.

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1. Anglo-Saxon
Aux VII et VIII siècles, l'art du livre atteint un développement imposé par la multiplication des fondations monastiques, les grands "scriptoria" eurent à fournir quantité de copies de la Bible et surtout des Evangiles.
L'Angleterre et l'Irlande n'ont jamais véritablement été submergées par les invasions barbares.
Pendant que des tribus ravagent l'Europe du VII' siècle, les moines du Northumberland produisent des œuvres d'une grande sophistication où s'épanouit un style décoratif fondé sur de savantes combinaisons d'entrelacs et d'animaux fabuleux.
La Grande Bretagne produisit deux des plus grandes œuvres d'art du monde : "Les Evangiles de Lindisfarne" et "Le Livre de Kells".
2) Carolingien : Charlemagne et ses collaborateurs donnent au livre la place la plus importante qui soit. L'écriture connaît un important changement par la généralisation à partir du IX siècle de la minuscule dite Caroline (parce qu'imposée par Charlemagne).
L'Evangéliaire de Godescal, commandé par Charlemagne à l'occasion du baptême à Rome de son fils Pépin et exécuté entre 781 et 783, est le plus ancien manuscrit de l'école palatine d'Aix-la-Chapelle.
Il est écrit avec la nouvelle minuscule, en lettres d'or et d'argent sur un parchemin pourpre.

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L'ENLUMINURE ROMANE DES XI ET XII SIÈCLES
La période romane en France, dans tous les domaines artistiques, couvre les XI et XII siècles.
Pendant ces deux siècles, l'enluminure va se développer considérablement.
Les ouvrages ne seront plus seulement objets de culte à caractère sacral, mais aussi outils de travail et d'étude.
On copie de plus en plus les écrits des auteurs antiques, des ouvrages juridiques, géographiques, de médecine, etc.
Au début du XI siècle, les moines bénédictins tiennent la quasi exclusivité de la réalisation des manuscrits.
Constatant la pauvreté artistique de la décoration des livres et à l'instigation d'Hildebrand (futur Pape Grégoire VII), son ami Désidérius (futur Pape Victor III), abbé du Mont Cassin décide d'aller à Byzance, en 1065, à projet d'en ramener des artistes afin de décorer les deux grands berceaux bénédictins, Le Mont Cas¬sin et Subiaco.
Ces artistes établissent aussi des écoles artistiques dans divers monastères.
Leur influence fut immédiatement sensible dans les manuscrits de l'époque, perpétuant un style imposant et rigide, très riche par les fonds dorés, les corps plats sans volume, cernés d'un contour noir.
L'art des manuscrits romans est presque exclusivement monastique, c'est pourquoi la décoration des codex portait l'empreinte des traditions d'un ordre, d'une abbaye, des goûts d'un supérieur.

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L'activité créatrice des abbayes est dépendante des abbés qui les dirigent.
Citeaux, par exemple, nous offre de beaux manuscrits enluminés dont la majorité est toutefois sans or et sans image, conformément à l'idéal ascétique de l'ordre cistercien voulu par Saint Bernard.
La miniature romane est un art ornemental, autant qu'un art d'illustration.
La lettre ornée et la lettrine y tiennent une très grande place.
La grande fantaisie romane fait se côtoyer des créations tantôt drolatiques, tantôt effrayantes : gnomes, dragons, animaux acrobates prennent place dans la lettrine ou dans les rinceaux (ornements à motif de tiges stylisées) qui la prolongent.
Les manuscrits les plus typiques de ces deux siècles sont "La Bible de Souvigny" et "Le Psautier de Winchester".

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Pendant la période romane, l'enluminure n'est presque jamais mise au service des empereurs ou des rois, car la majorité des livres fabriqués en Europe, l'était dans les monastères.
Depuis le Haut Moyen Age jusqu'au XII siècle, la transmission de la culture et donc la production des manuscrits avait été un monopole du clergé, les centres en étaient les monastères et les écoles capitulaires auprès desquelles fonctionnaient des ateliers de copie, les scriptoria.
Le phénomène qui marqua la fin du monopole des moines sur la culture fut le développement des universités.
A partir du XII siècle, les étudiants vont se regrouper sous l'égide de maîtres dans des centres d'enseignement, origine des universités dont l'importance entraîne au siècle suivant la mise en place de nouvelles structures de production du livre.
Un nouveau personnage apparaît, "le libraire", autour duquel se regroupe les parcheminiers, écrivains (copistes) et enlumineurs, métiers exercés dorénavant par des professionnels laïcs.

à suivre

10 octobre 2016

Aliénor d'Aquitaine.*

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Le spectacle du "Bal des Oiseaux Fantômes", Héloïse nous raconte l'histoire d'Aliénor.
Aliénor se réveille dans les ruines du vieux château et ses souvenirs font surgir les faucons.
Deux noms me reviennent à l'esprit, celui d'Aliénor d'Aquitaine (1122-1204) et celui d'Héloïse d'Argenteuil (1092-1164). Mais, partons à la découverte d'Aliénor.
Née en 1122 à Belin, près de Bordeaux, Aliénor est élevée au château de l'Ombrière, fascinée par la personnalité étonnante de son grand-père Guillaume IX (1071-1126), le "Troubadour".
Pendant plus de 40 ans, ce grand seigneur a défrayé la chronique.
Grand amateur d'aventures, il a participé à la Première Croisade, a été excommunié pour avoir enlevé une dame mariée, la belle Maubergeonne (1080-1153).
Il a aussi créé un mouvement artistique et littéraire, écrit des poèmes, plutôt hardis glorifiant l'amour physique et la bonne chère.
Aliénor passe ainsi ses premières années dans une ambiance bien désinvolte.
Elle reçoit néanmoins une éducation soignée : latin, langue du Nord, musique, poésie...
Son père Guillaume X d'Acquitaine (1099-1137) meurt en 1137 et à 15 ans, elle règne de Nantes aux Pyrénées et de Bordeaux jusqu'au Rhône, ses parents n'ayant pas eu d'héritier mâle.

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Son premier mariage.
Son suzerain, le roi de France Louis VI le Gros (1081-1137), décide qu'il faut "protéger" la jeune héritière.
Il réussit un joli coup politique en lui faisant épouser son fils, âgé de 17 ans.
Le mariage a lieu le 25 Juillet 1137 à Bordeaux.
Ce même jour, Louis VI meurt et Aliénor devient reine de France aux côtés de son triste époux, Louis VII (1120-1180).
Certes, le roi est fort épris des yeux verts ensorceleurs de "son Aquitaine", mais il a été élevé dans une dévotion scrupuleuse.
Aliénor dira même de lui "qu'il était presque moine".
Il la gronde de ne pas respecter les jeûnes, de bailler aux offices.
Et puis, elle est déçue de se trouver à Paris, dans une cité austère et rustre, au milieu de gens qui ne parlent pas sa langue.
Bien vite, elle fait venir des chevaliers et des dames d'Aquitaine qui aiment à rire et elle bouleverse la Cour de France.
A sa demande, les hommes se rasent la barbe, les dames portent des robes décolletées de couleurs vives.
On se lave, on prend des bains de vapeur, on se poudre, on se parfume et un nouveau mode de vie s'installe…

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Un divorce à l'horizon.
Les années passent et l'incompréhension s'installe dans ce couple qui n'a aucun héritier mâle.
En 1147, Aliénor va entreprendre avec son époux, une aventure plus conforme à son tempérament.
"La Croisade".
Un grand voyage à travers l'Europe pour arriver à Constantinople, puis à Antioche.
Antioche, un paradis où l'attend son oncle paternel Raimond de Poitiers (1115-1149).
Il a 33 ans, une allure folle, il parle la langue d'Oc et il est si brillant !
Il lui réserve une chambre digne des "Mille et une Nuits" dans son palais de rêve.
Il y a des terrasses, des loggias, des piscines d'eau tiède, des jardins à fontaines et massifs de roses.
Aliénor assiste à des festins où elle goûte des mets délicats : des feuilles de vigne farcies, des poulpes, des vins de Perse et des fruits inconnus, les abricots, les oranges, les figues.
Elle découvre les tissus de Mossoul, les laines de Cathay, les tapis de Bagdad, les parfums d'Arabie.
Aliénor a-t-elle succombé aux charmes de Raimond ? Peut-être ?
Toujours est-il que Louis VII pense à se séparer de cette femme qui lui donne tant de soucis et pas de fils !
En mars 1152, le mariage est dissous (on a trouvé, bien à propos, un lien de parenté entre les époux !)
Grosse erreur stratégique de Louis VII qui laisse échapper un territoire plus vaste que le domaine royal avec le risque de voir Aliénor contracter une nouvelle alliance.

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Un second mariage.
En effet, Aliénor a rencontré un homme très séduisant, un athlète à la tête énergique, aux cheveux roux et drus...Henri Plantagenêt (1133-1189), Comte d'Anjou et du Maine.
Il a le goût des arts et de la poésie, il aime les troubadours.
On dit aussi qu'il est l'héritier de la Couronne d'Angleterre.
Cependant, elle a 30 ans et lui 19 et pourtant, elle l'épouse en mai 1152 et l'année suivante, met au monde un fils.
En 1154, le trône d'Angleterre est vacant.
Henri se précipite et rassemble une expédition et met le cap sur Southampton.
La marche sur Londres est un triomphe.
A Noël, Aliénor et Henri ont revêtu les manteaux royaux bleus doublés de gris, ornés de quatre feuilles d'or.
Ils sont couronnés roi et reine d'Angleterre et ils possèdent aussi la moitié de la France !

Reine D'Angleterre.
L'Angleterre est complètement désorganisée.
La tâche est rude, mais Aliénor et Henri ne se découragent pas.
Ils visitent et contrôlent les villes, les châteaux, les évêchés.
Lorsque le roi doit aller remettre de l'ordre dans ses terres continentales, la reine gère complètement le pays. 
Elle développe les échanges commerciaux, surveille les vassaux turbulents.
Elle embellit aussi les demeures royales tel que : Bayeux, Winchester, Bordeaux, Oxford, Falaise, Londres.
La Cour est brillante et accueille des historiens, des savants, des poètes. La vie est animée, gaie, colorée.
Aliénor s'occupe aussi de ses nombreux enfants (elle en aura neuf !) qu'elle emmène dans la plupart de ses déplacements, les initiant ainsi à leur rôle de souverain.
Mais, peu à peu, la reine constate qu'Henri s'éloigne d'elle et que même, il la trompe délibérément.

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Alors, elle quitte l'Angleterre et s'installe à Poitiers pour s'occuper de ses domaines avec, à ses côtés, son fils préféré Richard (1157-1199), son "Cœur de Lion".
A Poitiers, Aliénor peut enfin réaliser son rêve. Organiser une Cour d' Amour où siègent de belles dames, des troubadours (dont le si tendre Bernard de Ventadour (1125-1200)), des chevaliers connus pour leur galanterie avec les femmes.
On écoute des chants, on étudie des problèmes amoureux et on rend des sentences sur des questions souvent ambiguës.
En voici une qui dut particulièrement intéresser la reine: "Le véritable amour peut-il exister entre époux ?".
La réponse fut nette : "Non, car les époux sont tenus par devoir de subir réciproquement leurs volontés et de ne rien se refuser.
Seuls les amants s'accordent tout gratuitement et sans contrainte.".
Sans doute, Henri Il fut-il ravi quand il eut connaissance de ce jugement !
Mais Aliénor ne se contente pas de "fleureter", elle continue son action politique surtout contre son mari.
Elle pousse ses fils à la révolte et en 117 3, Henri le Jeune (1155-1183), réclame ouvertement le trône d'Angleterre.
Henri riposte et la reine est arrêtée.

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Enfermée à Chinon, puis dans une forteresse anglaise, à Salisbury.
Ce sont 16 années d'enfermement, de solitude, sans revoir ses enfants et sans pouvoir.
Elle ne sera libérée qu'en juillet 1189 à la mort de son époux et à l'avènement de Richard.
Elle a 67 ans, mais elle est restée belle, imposante et très entreprenante.
Dès sa libération, Aliénor se met en route pour visiter villes et châteaux.
Elle assiste au couronnement de son fils bien-aimé, à Westminster.
Comme le nouveau roi n'a qu'une hâte : gagner la Terre Sainte, elle reste seule à la tête d'un royaume qui s'étend de l'Angleterre aux Pyrénées.
Avant que Richard ne s'embarque pour la Troisième Croisade, la reine entreprend un voyage incroyable.
Elle va chercher en Navarre, Bérengère de Navarre (1165-1230), la jeune fiancée du souverain.
Elle traverse avec elle toute l'Italie et rejoint les Croisés à Messine où le mariage est célébré.
Bien vite, Aliénor retourne en Angleterre pour couper court aux ambitions de son dernier fils, Jean sans Terre (1166-1216), très désireux de s'emparer du trône.

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Ensuite, elle doit faire face à un nouveau malheur : Richard est prisonnier de !'Empereur d'Allemagne.
C'est elle qui récoltera la fabuleuse rançon : 100 000 marcs d'argent (plusieurs million de nos Euros) et la mènera à Mayence durant l'hiver 1193- 1194.
Et puis, en avril 1199, c'est le drame, Richard meurt au siège de Chalus, en Limousin.
Aliénor, surmontant sa douleur, soutient l'insupportable Jean.
Il est le légitime héritier et elle doit faire taire ses rancœurs.
Heureusement pour elle, en 1200, son dernier voyage sera placé sous le signe du bonheur.
Elle va chercher, en Castille, sa petite fille Blanche de Castille (1188-1252), promise au futur roi de France, Louis VIII.
Mais, fatiguée, elle la quittera à Bordeaux et la laissera seule partir vers Paris.
Elle se retire à Fontevrault pour y trouver un peu de repos et de sérénité et le 31 mars 1204, elle rend son âme à Dieu.
C'est dans cette abbaye qu'elle repose à tout jamais, auprès d'Henri et de Richard, les deux hommes de sa vie.

26 décembre 2016

Tradition de Noel

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Le mot "Noël"vient du latin "Natalis" signifiant "la naissance".
A moins que ce ne soit une abréviation d'Emmanuel, un des prénoms de Jésus, qui signifie :
"Dieu est avec nous ".
C'est au IVème siècle que la date du 25 Décembre fut définitivement fixée pour célébrer la naissance du Christ... même si cela ne correspondait pas exactement à la vérité historique.
Pourquoi ce choix du 25 Décembre pour honorer la mémoire du Christ ?
Les Chrétiens suivirent l'exemple des Romains qui avaient l'habitude de célébrer l'anniversaire de la naissance de leurs chefs ou de leurs grands personnages, même après leur mort.
Le jour de la fête ne coïncidant que rarement avec la date exacte de la naissance.
Sans doute cette date fut-elle choisie car les Romains fêtaient, ce jour-là, de nombreux grands hommes.

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L'arbre de Noël, le sapin, a remplacé le chêne où les druides allaient, le 25 Décembre (jour le plus court de l'année) cueillir le gui.
D'origine nordique et germanique, il a conquis sa place dans le monde entier depuis cent ans. Il est parfois remplacé par des arbres plus en accord avec le climat : le bananier en Afrique Noire, le cactus à Porto-Rico.
D'où vient la tradition de la buche de Noël. Bûche de chêne, de charme, ou d'orme, elle était choisie avec soin.

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C'était le soir de Noël, avant de partir pour la messe de minuit, qu'on allumait la bûche.
Elle devait brûler pendant tout l'Octave de Noël, soit jusqu'à l'Epiphanie.
La bûche brûlait pour la protection des récoltes et on la tisonnait pour la faire étinceler.
Plus il jaillirait d'étincelles, meilleure serait la moisson.

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Pour le nouvel An, c'est en 1564 qu'un Edit de Charles IX fixa au 1er Janvier, le début de l'année.
Auparavant, la date variait d'une région à l'autre, d'une année à l'autre ainsi, à Paris, on fêtait l'avènement de l'année nouvelle, le ler mars !
De nombreux dictons, remontant aux siècles passés, expliquent peut-être certaines de nos pratiques actuelles.
Avoir les poches et les placards vides la veille du Nouvel An annonçait la pauvreté pour une année.
Voilà pourquoi, sans doute, les victuailles s'entassent la nuit de la Saint-Sylvestre !

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Pour attirer la chance sur soi, il fallait vider le fond des bouteilles.
Ce n'était pas grave autrefois, les chevaux ne connaissaient-ils pas le chemin de l'écurie ?
Mais, aujourd'hui ?
Sachez aussi que si le premier homme qui franchit le seuil de votre maison, après minuit, a les cheveux noirs, une année de bonheur vous attend.
Alors choisissez bien vos invités !

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Le 1er Janvier.
C'est la tradition d'envoyer des vœux de bonheur et de santé pour l'année nouvelle.
Cette tradition semble venue du Moyen-âge.
En effet, les religieux et religieuses de certains Ordres n'avaient le droit d'écrire à leur famille que ce jour-là et bien-sûr, ils adressaient aux êtres chers leur bénédiction et des souhaits de félicité.

22 février 2016

"VENDEENS et CHOUANS" sont confondus.

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Les mots "VENDEENS et CHOUANS" sont souvent confondus.
Ils désignent, des réalités historiques proches : les ruraux révoltés contre le gouvernement révolutionnaire dans les années 1793-1799.
La confusion est d'autant facile que le soubresaut de la Guerre de Vendée en 1799 s'apparente à la chouannerie.
Et pourtant, le grand soulèvement populaire vendéen de 1793 ne saurait en aucun cas être assimilé à la chouannerie.
Il ne faut pas confondre les Chouans et les Vendéens.

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Si leurs objectifs les rapprochent, leurs histoires, tactiques, alliances, alliances et images sont très différentes.
Leurs objectifs les rapprochent.
Refus des nouvelles règles administratives et fiscales imposées après 1791.
Refus de partir aux frontières défendre la Révolution, et volonté de défendre leur foi.
Leurs histoires les différencient.
Les Vendéens désignent tous les combattants du sud de la Loire.

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Le mot leur a été appliqué par la Convention après la bataille du 19 mars 1793, quand la formule : "Guerre de la Vendée et des départements circonvoisins" a commencé à être employée.
Les chouans renvoient aux combattants du nord de la Loire.
Le mot vient du surnom donné aux frères Cottereau et surtout au plus célèbre : Jean, dit Jean Chouan qui dans la région de Mayenne, à la limite de l'Ille-et-Vilaine et de la Mayenne étaient des faux-Saulnier (fabriquant et vendeur de sel en fraude) célèbres et redoutés avant la Révolution.
Jean Chouan, meurtrier absous, déserteur par hasard, se retrouve au moment de la Révolution dans la clandestinité.
Il va rejoindre les conspirateurs royalistes (Armand Tuffin de La Rouërie 1751-1793) en 1792.
Il réapparait au passage des Vendéens marchant vers Granville.
Ensuite il conduira une guérilla dans sa région, jusqu'à sa mort en juillet 1794.
Le mot chouan a été donné par extension à tous les Bretons qui, battus en 1793, entrent à nouveau en guerre en 1794 et ce, jusqu'en 1799.
Leurs tactiques sont forcément différentes.

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Les Vendéens de 1793 ont pu composer de formidables armées, de plusieurs dizaines de milliers d'hommes.
Les chouans, réprimés très violemment, dès 1793, n'ont jamais pu contrôler leur région.
Ils n'ont jamais pu se rendre maître des "patriotes" restés sur place.
La chouannerie est une "peau de léopard" (villages chouans proches des bourgs bleus).
La guerre des Vendéens en 1793 a pu être une série de grands "chocs".
La guerre des chouans est une guerre d'embuscades et de coups de main.

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Les Vendéens ont pris des villes (Angers, Saumur, Fontenay).
Les chouans n'ont pu que paralyser les communications.
Leurs alliances sont différentes.
Les Vendéens ont été organisés en armées catholiques et royales dès 1793.
Des hiérarchies ont été mises en place avec des généralissimes successifs.
Les chouans sont restés un ensemble inorganisé de bandes largement indépendantes.
Localement, chaque bande est demeurée sous le contrôle du chef qu'elle s'était donnée.

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Dans ses Mémoires, Turreau a distingué soigneusement chouans et Vendéens.
Leurs images sont donc très différentes.
Les Vendéens apparaissent comme des soldats dévoués à la cause catholique et royale, et sont disciplinés (même dans le Pays de Retz) par rapport aux bandes de chouans, qui sont très indépendantes et qui mêlent les actions de droit commun aux attaques plus stratégiques.
A partir de 1797, les assassinats et les coups de main individuels donnent une mauvaise image des chouans.
Le résultat sera qu'au XIXe siècle, les chouans inquièteront beaucoup les autorités de la monarchie restaurée.

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La confusion entre Vendéens et Chouans commença vraiment après 1832.
La duchesse de Berry est venue en Vendée, mais tout l'Ouest s'est soulevé pour elle (jusqu'en Normandie).
Le mot chouan commence à devenir un titre de gloire.
La littérature, l'art s'emparent des guerres de l'Ouest.
L'insurgé, est souvent présenté dans la Bretagne sauvage et exotique (Balzac : les Chouans, ou Hugo : 93).
La peinture popularise le personnage du chouan, dangereux et rustique.
La confusion devient systématique après 1880, avec les luttes politiques de l'IIIème République.
Les notabilités royalistes de Vendée se disent chouannes avec fierté.

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Toute la France se met à employer "Chouan" pour "Vendéen".
Dans l'opinion courante, même après la ne guerre mondiale, la confusion est entretenue.
Il est plus facile de continuer à employer un terme générique que de viser précisément un sens.
L'image du Vendéen faisait aussi sans doute un peu trop "paysan" et le chouan gardait sans doute une image plus "romantique".
Voici en quelques mots les différences entre Chouans et Vendéens.

23 janvier 2016

Le Dernier Panache.*

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En 2016, le voyage dans le temps continue avec "Le Dernier Panache", la plus grande création originale de l’histoire du Puy du Fou !
Jamais le Puy du Fou n’avait vu aussi grand !
En 2016, une salle de spectacle incroyable sort de terre pour donner naissance à la nouvelle création originale du Puy du Fou :
Le Dernier Panache !

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Suivez le destin glorieux d’un officier de marine Français, héros de la Guerre d’Indépendance Américaine, dont la vie va basculer en 1793 dans un ultime combat pour la liberté !
Un grand spectacle haletant, épique et émouvant servi par une mise en scène unique au monde !

22 octobre 2018

Forte senteur des raisins

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La forte senteur des raisins embaumait le village.
Le soleil, si longtemps attendu, avait brusquement donné aux grappes une belle couleur dorée.
Sur le chemin des vignes, s'allongeait une file de charrettes où les femmes et filles s'entassaient en riant.
Les hommes allaient à pied, guidant les bêtes.
Jamais travail n'avait tant ressemblé à une fête.
Entre les dures moissons du mois d'août et le repos attendu de l'hiver, les vendanges venaient récompenser tous les efforts, toutes les heures passées à piocher la terre, à transplanter les ceps, à charrier la vase de la rivière pour engraisser le terrain, à tailler, à greffer, à arracher les mauvaise herbes.

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Toutes les familles s'étaient donné rendez-vous.
Les vendanges étaient une œuvre collective.
Les filles, assises dans les tonneaux vides, chantaient.
Les garçons pensaient déjà aux danses qui clôtureraient la fête.
On pourrait serrer sa promise, l'embrasser dans l'enivrement de l'odeur du raisin pressé.
Et le ballet commença, mené par les femmes.
Pliées en deux, la tête en bas, elles coupaient à la serpe les grappes qu'elles jetaient dans leurs paniers.
On ne voyait que l'ondoiement rythmé des longues jupes brunes.
Les hommes vidaient les paniers dans les hottes qu'ils transportaient dans les barriques.
Quand tous les tonneaux d'une charrette étaient pleins, on les vidait dans la cuve du pressoir et la chaîne reprenait.

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A chaque passage, Jacques, le fils aîné des Maupillier qui approchait de ses dix-sept ans, s'arrangeait pour frôler la petit Marie.
Marie rougissait un peu, le gaillard lui plaisait bien !
Au pressoir du château, les garçons les plus jeunes, entièrement nus, foulaient depuis le matin, sans désarmer, sous l'œil vigilant de l'intendant.
Il ne s'agissait pas de perdre une goutte du précieux liquide.
Le marc qu'on débarrassait en un tas tiède au milieu de la cour, répandait une odeur forte qui aurait suffi à saouler tout le monde.
Quant au gros Guillaume, il ne s'était pas contenté de l'odeur.
Les oreilles écarlates, il ricanait en dodelinant de la tête.
On avait dû le caler contre un mur du pressoir pour l'empêcher de s'écrouler !

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A la fin de la journée, trois énormes tonneaux avaient été remplis et l'ouvrage terminé, on songea à la détente.
Les tables dressées attendaient les vendangeurs.
On s'y pressait en riant, épuisé et affamé.
Le seigneur avait bien fait les choses.
D'énormes pains à la croûte dorée s'allongeaient à côté des pièces de bœuf, de porc et des fromages.
Leurs senteurs se mêlaient au parfum ambré de la mère-goutte dont on avait réservé une petite barrique.
Les gobelets de bois se cognaient en chœur pour célébrer la récolte qui était si belle.
Dans l'euphorie générale, Jacques embrassa la joue de Marie qui ne se défendit pas.
Les vieux commencèrent à chanter de vieilles fredaines, les jeunes se mirent à danser.

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La fête se termina bien tard et beaucoup ne regagnèrent pas leur lit cette nuit-là, endormis qu'ils étaient sur les tables de bois, la tête dans les bras.

19 novembre 2018

Patrimoine.... Météorologique

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Chaque jour, avec les journaux, la radio, la télé, les prévisions du temps sont données sans aucun effort de recherche de votre part.
Autrefois, dans le labeur quotidien du paysan, le lever et le coucher du soleil, les quartiers de lune, les fêtes et les périodes du calendrier, tenaient une place importante, particulièrement dans les semailles et les récoltes, dans l'abattage du bois.
Ainsi, de tout temps, nos ancêtres ont-ils consulté la voute céleste, les astres, les nuages, le vent ….

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De ces observations, ils nous ont transmis des dictons où se mêlent les croyances, le charme et la poésie.
"Noël au balcon, Pâques aux tisons".
Une autre fête venait un peu plus tard confirmer le froid de l'hiver :
"Lorsque la chandeleur est claire, l'hiver vient par derrière".
Une semaine attendue était la semaine sainte.
On ne comptait pas sur un temps très clément pendant quelques jours et le dimanche des rameaux, le vent qui soufflait pendant la procession était le vent dominant de l'année.
Les rogations (les trois jours avant l'ascension) annonçaient le temps des principales récoltes de l'année.

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Le temps du premier jour était celui de la fenaison, le deuxième jour celui de la moisson et le troisième celui des vendanges.
Pas question de manger des cerises quand il avait plu à la Saint-Georges.
Savez-vous que la pluie de la petite Saint-Jean (6 mai) annonçait la pluie de la Saint-Jean (24 juin) et que les récoltes étaient souvent compromises ?
Certaines observations journalières rassuraient le paysan qui devait se rendre à son travail.
Ainsi, le soir, dans le ciel, le halo de la lune annonçait la pluie selon qu'il était "auprès" ou au loin".

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Le matin, le laboureur se demandait s'il pouvait se rendre à son travail.
"Pluie du matin n'arrête pas le laboureur en chemin..."
Ou encore
"Brouillard dans la vallée, va travailler…."
Peut-être douterez-vous, quand on vous dira :
"S'il pleut à la Saint-Médard, il pleut quarante jour plus tard…."
A moins que
"Saint Barnabé, vienne tout effacer…"

Jacques Maupillier (garde)

23 novembre 2016

Le chant des marais

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Mon petit, c’est la guerre qui recommence, la débâcle, les familles qui courent sous les bombes....

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Ce sont les enfants des Ardennes, ils ont tout perdu tu sais.

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Aller va les accueillir

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"Ô terre de détresse où nous devons sans cesse piocher, piocher".

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J’écris ton nom : Liberté

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Loin dans l'infini s'étendent.
De grands prés marécageux
Pas un seul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux
Refrain
Oh! Terre de détresse
Où nous devons sans cesse Piocher.
Dans ce camp morne et sauvage
Entouré d'un mur de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert.
Au refrain
Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jours et nuits
Et du sang, des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit.
Au refrain
Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira
Liberté, Liberté chérie
Je dirai: Tu es à moi.
Dernier refrain
Oh! Terre enfin libre
Où nous pourrons revivre (bis)
Aimer - Aimer

30 décembre 2016

Naissance des Epesses (Vendée).*

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Lors de la formation de la Terre, et durant des millénaires, notre globe fut un magma informe d'eau et de terre, surtout d'eau, seuls quelques sommets émergeaient, comme le Mont des Alouettes, le Mont-Mercure, le Puy-Crapaud, et aux Epesses, la Butte du Moulin, qui est à environ 255 mètres au-dessus du niveau de la mer.

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Puis les eaux se retirant, vint le premier homme, il y a de cela environ deux millions d'années.
Et après plusieurs périodes de glaciation, par suite du plissement du sol, la région prit peu à peu sa forme actuelle.

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Ces premiers hommes se fixèrent vers Mallièvre, Saint-Laurent, Mortagne, Tiffauges et aussi les Epesses.
Comme l'eau était nécessaire à leur survie, ce fut sur les bords de cette rivière de vie "LA SEVRE" qui borde une prairie des Epesses, qu'ils construisirent leurs premières habitations.
On en retrouve les traces dans la plupart des replis de cette rivière.
Puis, entre un million et cinq cent mille ans, ils découvrent le Feu.

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Ce fut la grande découverte de la Préhistoire, qui modifia radicalement leur mode de vie.
De nomades, ils devinrent sédentaires et de chasseurs, agriculteurs.
Ensuite, environ dix mille ans avant Jésus-Christ, ils creusèrent leurs premières habitations souterraines, les Souterrains-Refuges.
Aux Epesses on en a trouvé au village du Coudrais, et sous la maison Saint-Jean, près de la chapelle de ce nom.
De six mille à deux mille cinq cents ans avant notre ère, ce fut la grande révolution agricole qui fit des chasseurs de la pierre polie, les premiers agriculteurs.

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Ils construisirent leurs premières huttes de bois et de torchis, aux toits de paille.
Ils apprirent à vivre en communauté, ce fut alors l'apparition de leurs premières agglomérations, bien modestes, telles les Epesses et le Bourg-Bérart.

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Toutes deux situées en bordure de ces pistes préhistoriques, devinrent chemins gaulois, plus tard voies romaines et en notre XXème siècle, toujours aux mêmes endroits, chemins vicinaux et départementaux.

27 mars 2017

La chapelle Saint-Jean des Epesses

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Au Epesses, à côté de l'église Notre-Dame, se trouve la chapelle Saint-Jean.
Cette petite construction rectangulaire à nef unique de trois travées, couverte de voûte d'ogives.
Edifiée dans le premier cimetière près de l'église paroissiale, elle porte au dessus de l'entrée un blason aux armes du Puy du Fou.

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Elle aurait été construite au alentour de 1400 et bénite vers 1440 (sans preuves), du vivant de Guy II (1375-1453), dont les armoiries ornent la porte d'entrée.
Le culte de Saint Jean était très répandu au Moyen-âge.

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Un aveu fait à Rochetemer, en les Herbiers, le 2 novembre 1563 par René du Puy-du-Fou il est fait mention de quatre foires des Epesses, dont trois aux Fêtes de Saint Jean.
Ces foires devaient être fort anciennes, peut-être même avaient-elles succédé à celles qui se tenaient autrefois au Bourg-Bérart.

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Cette Chapelle Saint Jean fut désaffectée à la Révolution vendue comme "Bien National" et achetée par le notaire Gabriel-Vincent Chenuau.

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Elle servit même à emprisonner bon nombre d'habitants des Epesses qui avaient le malheur de ne pas penser comme le maître du moment et furent envoyés par lui aux fusillages révolutionnaires.

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Désaffectée, elle a servi de salle de théâtre, puis de cinéma, et même de foyer de jeunes.
Lors de fouilles en 1986, on y a trouvé des moules de cloches.
Elle accueille désormais des expositions temporaires pendant la période estivale.

27 février 2017

L'église Notre Dame des Epesses

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La première église des Epesses fut celle du Prieuré remplaçant la villa gallo-romaine.
Construite d'abord en bois comme toutes les chapelles primitives, puis après l'an mille, en pierre, au milieu du vaste lieu d'asile inviolable qu'était alors le cimetière, à l'emplacement de l'église actuelle.

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Dès 884, certains textes parlent d'une église Santa Maria de Spissis, ("Epines" – "fourrés") mais le plus vieux document concernant cette église placée sous le vocable de Notre-Dame, date de 1103.

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Elle y est citée comme relevant de l'abbaye de VEZELAY, ce qui ne veut pas dire qu'elle fut fondée par les moines de cette Abbaye, mais plus vraisemblablement par les seigneurs du PUY DU FOU, qui étaient seigneurs de la paroisse des EPESSES sans doute donnée par eux à cette Abbaye Bourguignonne.

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L'église romane qui existait en 1103, fut remplacée au 15ème siècle par l'église actuelle.
Cette très belle église à trois nefs possède une particularité qui n'est pas rare dans les églises de cette époque.

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Les haut-parleurs d'aujourd'hui n'existant pas, on noyait dans la maçonnerie de la voûte, l'ouverture tournée vers le bas, des vases acoustiques en terre cuite, sortes de vases de résonnance qui répercutaient les sons, ce qui fait que dans certaines églises anciennes, on a une acoustique remarquable.

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Le chœur et le portail sont plus récents, et furent reconstruits par les seigneurs de la paroisse.
On dit que la première messe chantée fut célébrée le jour de la St Jean Baptiste, le 24 juin 1440.
Des fouilles ont aussi révélé en sous sol les restes d'une fonderie de cloches.

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Le portail en 1620 par René Il du Puy du Fou, et vers 1635, une magnifique crypte sépulcrale, en forme de croix, construite en dehors de l'église du 15ème siècle, et dans laquelle plusieurs seigneurs du Puy du Fou furent enterrés.

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Au début de la révolution, il paraît que la porte du tabernacle en or, fut cachée sous le dallage de l'église et jamais retrouvée.
Au moment de la reprise du culte, au début de l'Empire, le curé des Epesses fit faire une porte en bois sculpté pour ce tabernacle.

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On raconte qu'en 1794, les soldats républicains de la garnison de Cholet, cantonnés aux Epesses sous les ordres de Baron, ami du notaire Gabriel-Vincent Chenuau (1755-1821), de triste mémoire, brisèrent trois cercueils de plomb qui renfermaient les restes des seigneurs.
Le plomb fut emporté et, les squelettes jetés dans un coin où ils restèrent jusque vers 1815.
En 1946, l'abbé Deriez curé des Epesses les réunit dans le tombeau qui se trouve dans cette crypte.

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Au-dessus de cette crypte, René Il du Puy du Fou construisit le chœur actuel et deux chapelles latérales.
Il voûta le chœur avec des caissons de granit qui avaient été mis en réserve pour la reconstruction de l'aile droite du Puy du Fou.
Ils sont semblables à ceux du grand escalier et de la chapelle.

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Et vers 1650, le nouveau seigneur du Puy du Fou, Claude de Boylesve (1611-1673) fit construire le très beau retable, un des plus beaux de Vendée (classé par les Beaux-Arts) qui orne le chœur.
De chaque côté du motif central figurent les bustes du constructeur et de son épouse Louise Ogier (1615 -1657), surmontant leurs armoiries.
C'est en 1946 que l'on redonna une sépulture décente à Claude de Boyslesve, propriétaire du château du Puy du Fou en 1959 et à sa femme.

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A son coté se trouve la chapelle Saint-Jean..... On en parlera prochainement.

3 février 2017

Histoire Puy du Fou (2)

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Les descendants de Renaud du Puy du Fou, bataillèrent au service du Roi de France ou du comte du Poitou, leur suzerain.
Entre temps, pour acquérir une certaine importance parmi cette noblesse du Moyen Age, ils se marièrent avec les filles des grandes familles du Bas-Poitou tels que :
Les "Parthenay l'Archevêque seigneurs de Mouchamps",
Les "de Vivonne de la Châtaigneraie",
Les "d'Albret de Béarn",
Les "d'Amboise".

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Certains d'entre eux furent chambellans du Roi de France.
Et pendant la Guerre de Cent Ans, Guy II du Puy du Fou se battant aux côtés du Roi de France, les Anglais pour se venger de lui, prirent et démolirent ce château du Puy du Fou.

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Ce fut vers 1421.
Pour le récompenser de sa fidélité, le Roi de France, Charles VII, l'autorisa en 1432, à faire reconstruire son château du Puy du Fou.

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Ce fut le quatrième, mais construit sur un autre emplacement.
Celui où se trouve le château Renaissance actuel.
Ce fut encore un château féodal, avec tours, donjon, pont-levis et autres moyens de défense.
Mais un siècle plus tard, ces lourdes demeures féodales ne sont plus de mode.
Nous entrons dans la renaissance.
Le descendant de Guy II du Puy du Fou, François II, à la tête d'une grosse fortune, ayant servi en Italie, s'enthousiasma pour les chefs-d'œuvre construits par les architectes italiens.
C'était la Renaissance dans toute sa splendeur.
François II du Puy du Fou, émerveillé par tant de beautés architecturales demandera au Primatice des plans lui permettant de reconstruire son Puy du Fou au goût du jour.
Nous sommes en 1540, un peu plus d'un siècle après la reconstruction du Puy du Fou.

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Il commença à démolir et ce pour édifier sa nouvelle demeure.
Ce fut d'abord, face à l'entrée, le grand corps de logis dans lequel on pénétrait par une petite loggia à arcades.
Aujourd'hui démolie, elle desservait de grandes pièces de réception à droite et à gauche, largement éclairées par de belles fenêtres à meneaux (structure verticale en pierre de taille).
On accédait à l'étage et aux combles par un bel escalier à vis.
Au-dessous, une immense cuisine avec à chaque extrémité, de grandes cheminées.
Dans l'une on aurait pu faire cuire un bœuf.
Lorsque François II mourut en 1548, le grand corps de logis était pratiquement terminé.

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Sa veuve, Catherine de Laval et son fils, René Ier du Puy du Fou avec sa belle-fille Catherine de la Rochefoucauld continueront les travaux, en démolissant au fur et à mesure le château du siècle précédent.
Il ne reste plus que les fondations et le donjon carré flanqué de tours que nous voyons en entrant dans la cour.
Le grand degré précédé de la magnifique loggia restaurée ces dernières années et la galerie à arcades bordant le côté gauche de la cour, étaient achevés en 1578.

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La chapelle dédiée à Sainte Marie-Madeleine et la belle salle ornée de deux cheminées était divisée en son milieu par un magnifique arc surbaissé en granit, qui servait de support aux deux voûtes à caissons de granit sculpté qui couvraient cette salle.
La chapelle, la grande loggia et le grand escalier étaient aussi couverts par des voûtes à caissons de granit mouluré.
Une autre galerie à arcades, semblable à celle de gauche devait border le côté droit de la cour, et vraisemblablement une autre loggia devait s'élever à l'angle droit, pour rejoindre celle de gauche.

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Mais vinrent les Guerres du Protestantisme (1562-1598).

28 mars 2016

La fauconnerie autrefois.*

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Chaque château possédait autrefois faucons ou autours (rapace de taille moyenne) dressés pour la chasse et que des domestiques, désignés depuis l'enfance à l'entretien des rapaces, nourrissaient et entouraient de soins attentifs.
La noblesse jouissait de l'apanage de la chasse au vol.
Les oiseaux étaient hébergés dans des salles tempérées où l'on atténuait la lumière pour favoriser leur quiétude, juchés sur des perchoirs auxquels ils étaient retenus par des "jets", fines lanières de peau, censées ne pas irriter leurs pattes fragiles.
Ils étaient alimentés de bonne viande, mais avec parcimonie afin de ne pas altérer leurs qualités de chasseur.

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A l'issue d'un dressage intensif, l'oiseau apprenait à revenir docilement sur le gant de cuir de son maître où l'attendait le "pât", morceaux de chair crue donnés en récompense.
Longtemps la fauconnerie constituera un véritable compagnonnage entre l'homme et les becs crochus.
Au plus loin de l'Orient, dès le 2ème siècle, en Chine et au Japon, il apprendra à exploiter l'acuité de leur vue et leur promptitude à s'emparer d'un gibier.
A son tour l'Occident s'initiera à cet art et Charlemagne (742-814) détiendra de très nombreux faucons dans sa ménagerie.

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Frédéric II (1194-1250), empereur d'Allemagne se prendra d'une passion extrême pour la fauconnerie sur laquelle il écrira le traité "De arte venandi cum avibus" (De l'art de chasser au moyen des oiseaux).
Charles VI (1403-1461), Louis XI (1423-1483) et François ler (1494-1547) s'adonnèrent fougueusement à la volerie et ils confièrent tour à tour la charge de Fauconnier de la Cour à un gentilhomme estimé par eux.
Interdite aux ecclésiastiques, la chasse au vol n'en était pas moins appréciée par certains qu'on vit dire la messe, leur faucon près de l'autel, alors que des nobles assistaient à l'office leur oiseau de chasse agrippé au poing.

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Aigles royaux et impériaux, aigles de Bonelli, autours, éperviers, faucons pèlerins et gerfauts figuraient dans les chasses.
On y vit également des grands ducs, des grands corbeaux et même des pies grièches.
Pour avoir dressé une paire de celles-ci à l'usage de Louis XIII (1601-1643), le Duc de Luynes (1578- 1621) obtint la considération particulière du monarque.
Depuis plus d'un demi-siècle la volerie connaît un net déclin en France.

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Comme la vénerie (chasse à courre), la volerie possède son vocabulaire spécifique, hermétique au néophyte s'accompagnant d'une signification symbolique, étrangère au profane.

15 mars 2018

Les premiers enlumineurs.*

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Les premiers enlumineurs apparaissent en France aux environs du IXe siècle.
Leur vocation est d'apporter la lumière, c'est-à-dire la couleur.
Les premières enluminures sont destinées à des ouvrages religieux.
Il s'agit de donner un petit peu de clarté à des textes qui sont ardus.
Alors on va enluminer des lettres, ou faire des lettrines avec de la couleur, de l'or.
C'est la première apparition de l'enluminure.
Ce travail s'exerçait surtout dans les monastères.
Il a repris de l'importance depuis.

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Les enluminures sont importantes en tant que patrimoine.
C'était très marginal, car très peu de gens savaient lire.
Les premiers livres avaient pour but de préserver la religion, de l'inscrire.
C'était religieux avant toute chose.
L'image apparaît beaucoup plus tard et c'est l'image profane à partir du XIIème siècle en même temps que les romans du poète français CHRETIEN de TROYES (env.1130-1190) et autres.
Les troubadours, les trouvères vont sillonner la France, l'Europe même et ils vont raconter des histoires, des légendes.

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Comme les gens ne savent pas forcément lire, on va faire des petites images qui vont véhiculer l'histoire.
L'image est chargée de symboles tant avec la couleur qu'avec ses traits.
Tout est histoire.

11 avril 2016

Féodalité dans la région du Haut Bocage (4).

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Le châtelain possédait le droit de fourches patibulaires à trois piliers où après un jugement rendu par sa Justice seigneuriale, pouvaient être pendus les criminels.
De nos jours, certains lieux appelés "Judices" ou "Justices" marquent souvent les lieux où étaient dressés ces poteaux d'exécution.
On trouvait aussi le droit de sceaux à contrats, sortes de bureaux d'enregistrement où les nombreux notaires dépendant de la châtellenie, qui seuls avaient le droit d établir des actes publics, devaient venir y faire apposer le sceau du châtelain, en payant naturellement un droit d'enregistrement.
Droit aussi de poids et mesures, mesures à blé, mesures à vin, qui variaient d'une châtellenie à l'autre.
Droit du four à ban, ou four banal, où les sujets de la châtellenie devaient faire moudre leurs grains et cuire leur pain, toujours moyennant une certaine redevance.
Seul le châtelain possédait le droit de forteresse, qui l'autorisait à doter son château de tours canonnières, fossés, pont-levis.

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Un curieux procès au début du XVème siècle opposa le seigneur châtelain de Mortagne à son vassal Pierre Foucher, seigneur des Herbiers, qui ne possédant pas le droit de forteresse, avait fait entourer son château des Herbiers de fortifications et de fossés.
Procès qui dura quelques années et se termina par une transaction le 9 novembre 1495, par laquelle le seigneur de Mortagne acceptait que son vassal conserve les fortifications de son château des Herbiers sa vie durant, lequel accepte à son tour, qu'à sa mort, elles fussent démolies.
Le châtelain possédait aussi le droit de juridiction et seul, lui ou son sénéchal pouvait rendre la justice dans toute l'étendue de son domaine.
Egalement droits d'établir des foires près de leur château, après approbation royale.
On connaît les quatre Foires de la Saint-Jean aux Epesses, concédées au seigneur du Puy du Fou par le Roi de France.

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La Féodalité est remplie de multiples droits et devoirs.
Certains très onéreux pour ceux qui les paient, d'autres purement honorifiques et quelquefois burlesques.
Ainsi les deux roitelets (petite espèce de passereau) que le seigneur du "Vieil Puy du Fou" devait conduire ou faire conduire chaque année, sur une charrette attelée de deux bœufs au château de son suzerain, le seigneur-baron de Mortagne.
Les paires de gants blancs que certains prieurs, chapelains et meuniers devaient rendre à la dame de leur châtelain à certaines époques de l'année.
De même que l'hospitalité que devait le vassal à son suzerain à l'occasion d'une visite et au cours de laquelle il devait nourrir le châtelain, sa dame, ses serviteurs, sans oublier "une poule pour ses chiens".
N'oublions pas aussi les différents droits de "cuissage", de quintaines, etc…
Tous ces droits qui formaient un véritable tissu de contraintes de toutes sortes.
Ils entretenaient souvent des rapports très amicaux entre les diverses couches de la Société de l'ancienne France.
Rapports, contraintes, que vint abolir la Révolution de 1789 supprimant en même temps la joie que certains d'entre eux apportait.

15 février 2016

Féodalité dans la région du Haut Bocage (2)

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De l'insécurité grandissante du moyen-âge, naquit la Féodalité.
Les populations apeurées se choisirent par voie élective, des chefs chargés de les diriger, de les défendre en cas de besoin.
C'était le plus brave, le plus intelligent, celui qui savait s'imposer.
Les comtes du Poitou confièrent le Comté d'Herbauges aux Vicomtes de Thouars.
Ces nouveaux seigneurs divisèrent leur Comté en Vigueries (juridiction administrative), taillèrent des Fiefs (domaine), puis des Châtellenies (Seigneurie) à leurs fidèles chevaliers.
Ce sont les Châtellenies de Parthenay, Bressuire, Argenton, Mortagne, Talmont, Pouzauges, Tiffauges, Apremont, Commequiers, les Essarts, La Garnache, La Roche-sur-Yon, et d'autres.
Ces nouveaux châtelains désignés par leur suzerain seront les successeurs de la vieille chevalerie Gauloise, annexée par les Romains.
Ces châtellenies étaient souvent composées de dix à trente paroisses.
Ces châtelains, souvent des cadets de la famille de Thouars, comme à Tiffauges, Mortagne, les Herbiers et vraisemblablement le Puy du Fou, au début de 1ère féodale ne possédaient pas de droits personnels sur le château qui leur était confié, ni sur la garnison qui l'habitait et qu'ils étaient chargés de commander.
Le château restait la propriété du vicomte de Thouars et du comte du Poitou, et jusque vers la fin du neuvième siècle.

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Toutes les charges, terres, seigneuries et châtellenies importantes étaient données en viager, et n'étaient pas transmissibles.
Le châtelain placé là par le suzerain était considéré par lui comme un auxiliaire, un chef de garnison, et pouvait être révoqué à son gré.
Au début du 11ème siècle la succession aux fiefs était encore imparfaitement établie.
Le suzerain restait toujours maître de disposer du fief à la mort du vassal.
Les premiers châteaux bâtis, le furent pour se préserver des invasions normandes.

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Dès la mort de Charlemagne, ils apparaissent sous la dénomination de "Roche" comme Rocheservière, Roche-Themer, Roche-sur-Yon, ou "Mothe" comme La Mothe-Achard, du nom de son occupant ou encore de "mur" comme Châteaumur.
Ensuite apparaissent les premiers donjons romans construits en pierre.
Ce seront des tours rondes, aux murs énormes comme la tour du "Vieil Puy du Fou".
Des donjons carrés ou rectangulaires, comme ceux des Herbiers, de Loudun, de Broue, en Charente, complétés souvent par des tourelles de communication aux angles, et des demi-tourelles formant contreforts au milieu, comme à Pouzauges, Tiffauges, Châteaumur.

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Ces donjons, comme leurs prédécesseurs de bois, étaient entourés de plusieurs enceintes de murailles et de fossés remplis d'eau.
Ces enceintes renfermaient les magasins à vivres, les écuries pour animaux, les habitations des hommes d'armes et de leurs familles.
La tour centrale ou donjon était réservée au seigneur et à ses proches.
Souvent, en cas de siège, l'ensemble de la population du château s'y installait.
L'entrée, une étroite porte en plein cintre, se trouvait toujours à hauteur du premier étage, à cinq ou six mètres du sol.
On y accédait par une échelle retirée chaque soir.
Il faut voir l'entrée du donjon des Herbiers, qui se trouve dans un angle, face à l'avenue du Petit-Bourg.
Puis à partir des 11ème et 12ème siècles, on voit les seigneurs-châtelains concéder des terres à titre perpétuel à leurs chevaliers.
Ces concessions à titre perpétuel, comme les châtellenies, devinrent héréditaires à partir des douzième et treizième siècles moyennant le paiement du droit de mutation à la mort du vassal, versé au suzerain.
Ce furent d'abord les "Hébergements", puis de moindre importance, les "Manses" (parcelle agricole), puis les "Borderies" (exploitation agricole).

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La composition était sensiblement la même.
Elles comprenaient une maison, des bâtiments d'exploitation, des terres labourables, des prés, une vigne.
Parfois un moulin sur un cours d'eau et un moulin à vent sur une hauteur.
Souvent il n'est pas rare d'y trouver une portion de forêt, pour le bois d'ouvrage et de chauffage.
Dans notre région proche des frontières du Poitou, d'Anjou et de Bretagne, ces petites seigneuries furent légion.
Il n'est pas rare d'en trouver une dizaine dans une paroisse moyenne, aux Herbiers une vingtaine.

En cas de guerre, les châtelains pouvaient ainsi mobiliser rapidement leurs vassaux.

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