Puystory
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6 novembre 2016

Georges Delerue et le Puy du Fou.

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Né à Roubaix le 12 mars 1925 dans une famille ouvrière, Georges Delerue a disparu le 20 mars 1992, à Los Angeles, en pleine gloire.
Il aimait passionnément la vie et sa vie était absolument indissociable de la musique.
De ses origines, Georges Delerue gardait le devoir et le respect du travail.
Sa mère lui disait : "Ne mets pas tes mains dans tes poches, les mains sont faites pour travailler".
Au travail s'ajoutait un irrépressible besoin de création :
"Une idée naît en vous on ne sait comment, elle pousse, pousse de plus en plus fort et vous oblige à écrire, à sortir ce que vous avez dans la tête. C'est un accouchement".
Des débuts musicaux dans le théâtre avaient permis à Georges Delerue de rencontrer des artistes aussi divers que Boris Vian (1920-1959), Beckett (1906-1989), Ionesco (1909-1994), Claude Roy (1915-1997), François Chaumette (1923-1996), Michel Piccoli (1925-xxxx) ou Maurice Jarre (1924-2009).
Dans ce creuset artistique, il développa son goût pour l'Histoire, la lecture ou la peinture.
Au début des années 90, Georges Delerue disait :
"Si je regarde en arrière, j'ai le vertige en voyant tout ce que j'ai fait. Je ne sais pas comment j'ai pu tant écrire".
Convaincu de sa vocation musicale à l'âge de seize ans (après une grave opération) , il fait ses études musicales au conservatoire de Paris.
Il a pour professeurs Henri Busser (1872-1973) et Darius Milhaud (1892-1974).
Il devient ensuite chef d'orchestre à la Radiodiffusion française.
A partir de 1948, il compose des musiques pour le théâtre.
En 1949, il obtient le premier prix de Composition et le premier second Grand Prix de Rome.

Dans les années 60, il collabore avec les plus grands noms de la nouvelle vague : Godard (1930-xxxx), Varda (1928-xxxx), Robbe-Grillet (1922-2008), de Broca (1933-2004), Louis Malle (1932-1995) et surtout François Truffaut (1932-1984) pour qui il composera la musique de onze films dont "Le dernier métro" et "La nuit américaine".
Sa célébrité s'étend aux Etats-Unis où il travaille avec George Cukor (1899-1983), John Huston (1906-1987), Fred Zinnemann (1907-1997), Mike Nichols (1931-2014), Oliver Stone (1946-xxxx).
Au total, une œuvre de plus de cent cinquante films, ponctuée par le célèbre "Concerto de l'Adieu", musique du film "Dien Bien Phû" de Pierre Schoendoerffer.
Parallèlement à son œuvre cinématographique, Georges Delerue ne cessera jamais d'avoir une production classique immense.
D'une richesse d'inspiration toujours renouvelée.
Elle comprend des Concertos, des Symphonies, différents mouvements pour orchestres, des Sonates, ainsi que quatre Opéras et neuf Ballets.
En récompense de son œuvre immense, Georges Delerue a notamment reçu les distinctions suivantes : un Emmy Award (1967), un Oscar (1979) pour la musique de "A little romance" de George Roy Hill (1921-2002) et trois César.
Il était Commandeur des Arts et Lettres.
L'œuvre de Georges Delerue en quelques chiffres :
85 musiques de scène (dont Jules César, Le Roi se meurt...)
155 musiques de télévision (Les Rois maudits, Jacquou le Croquant...)
137 musiques de court métrage (Opéra Bouffe...)
188 musiques de film (L'homme de Rio, Platoon, Jules et Jim...)
23 musiques de son et lumière (les Pyramides d'Egypte, les Invalides...) et de très nombreuses œuvre classiques...

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Parmi l'œuvre immense de Georges Delerue, on compte la composition de la musique de la Cinéscénie du Puy du Fou.
De celle-ci, le compositeur disait :
"Dans le domaine scénique, c'est l'œuvre la plus importante que j'ai composée jusqu'à maintenant".
Musiques de spectacles préférées de Georges, il renoncera à ses droits d'auteur pour s'inscrire dans le bénévolat comme les Puyfolais !
Dix années séparent la création de la musique de la Cinéscénie du Puy du Fou de ce jour de mars 1992 où Georges Delerue nous a quittés.
Dix années au cours desquelles Georges Delerue est devenu Puyfolais de cœur.
En 1982, lors de l'enregistrement de la musique du spectacle à Paris, le compositeur disait aux Puyfolais présents :
"lorsque j'ai assisté au spectacle, j'ai tout de suite senti ce qu'il y avait à faire. Vous savez, la musique, c'est les tripes.
Ainsi, après l'exécution des différentes scènes, j'ai ressenti, à plusieurs reprises, votre émotion et votre enthousiasme... même à travers vos silences...".
La musique de la Cinéscénie du Puy du Fou, de 1982 à 2002, est éditée en version intégrale.
L’une des plus belles œuvres de Georges Delerue.

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Pour la première fois, cette magnifique musique est éditée dans sa version longue et intégrale de 74 minutes, avec un livret illustré de seize pages.
http://www.musicbox-records.com/en/cd-soundtracks/3924-la-cinescenie-du-puy-du-fou.html

Dans le village "Les Epesses" situé en Vendée, une rue porte son nom.

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Découvrez ou redécouvrez l'artiste via son site internet : 
http://www.georges-delerue.com/fr

7 septembre 2016

Lettre à un ami du Puy du Fou

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Au PUY DU FOU, tu es venu il y a longtemps de cela...
Il a fait froid et il a plu, pourtant, tu es toujours là...

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Toi, Puyfolais de la première, tu n'as jamais compris pourquoi, tu venais chercher la lumière.
Le grand, le beau, et cet émoi.

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Ressenti depuis la première, et qui revit toujours en toi.
Pionnier un peu fou du début.

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Tu as depuis, pris des années.
Mais tu poursuis toujours le but, de faire éclater la beauté.
Si tu as quelques cheveux blancs, dans tes yeux reste la jeunesse.

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Tu es le roi, le paysan, la semeuse à l'auguste geste.
Si tes pas ont croisé ma route un jour, en cette fin d'été.
Il ne reste plus aucun doute, je ne l'ai jamais regretté !

Jacqueline DURETZ

30 juillet 2016

Le Dernier Panache (Puy du Fou).

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Jamais le Puy du Fou n'avait vu aussi grand !
En 2016, une salle de spectacle incroyable sort de terre pour donner naissance à la nouvelle création originale du Puy du Fou :

Le Dernier Panache !

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Suivez le destin glorieux d'un officier de marine français, héros de la Guerre d'Indépendance Américaine, dont la vie va basculer en 1793 dans un ultime combat pour la liberté ! 

Le Dernier Panache, dernière création originale du Puy du Fou, est le 20ème spectacle proposé au Grand Parc.

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Après les Romains, les Vikings, les rapaces, les Mousquetaires, ou encore les soldats de la Grand Guerre, les spectateurs découvrent les héros du XVIIIème siècle, de la Guerre d’Amérique à la Révolution Française.

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23 septembre 2016

Il y a bientôt 40 ans,

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Je viens de retrouver un des premiers articles sur "Ce soir la Vendée".
A part quelques noms et chiffres, cet article est toujours d'actualité.

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Annoncé au début de l'hiver, le premier "son et lumière" du Puy-du-Fou prend forme discrètement.
Le vieux château Renaissance, désormais propriété du département de la Vendée, et qui se mire dans un vaste étang, s'anime au long des semaines.
A quelques kilomètres des Herbiers, aux Epesses, se prépare ainsi un spectacle exceptionnel.
Le scénario, écrit par Philippe de Villiers, un jeune et talentueux Vendéen, "deus ex machina" de cette prodigieuse réalisation, a pour titre :
"Ce soir, la Vendée".
C'est l'évocation d'un haut relief, à travers 12 tableaux fastueux, et une animation originale, de tout le passé riche de la Vendée, du Moyen Age à nos jours.
Un spectacle grandiose mis en scène par Philippe de Villiers, entouré de Gaby Chataigner, directeur artistique, de Philippe de Robemont et d'une cinquantaine de bénévoles, et dont on polit actuellement les derniers détails, parallèlement à l'installation des extraordinaires moyens techniques.
Venant de 12 communes, plus de 350 figurants répètent presque chaque soir, au Puy-du-Fou, avec discipline, docilité et bonne volonté.
La grande première de ce "Son et Lumière" exceptionnel, aura lieu le jeudi 16 juin.
Il se poursuivra chaque vendredi et chaque samedi, avec une séance supplémentaire le jeudi 13 juillet Déjà, plus de 2.0.00 places sont retenues.
La location reste ouverte (Permanence : tél. (51) 57.35.78 : prix des places individuelles : 20 F ; réduction pour groupes).

4 juillet 2016

Les Neopters du Puy du Fou

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Les Neopters, créés par le Puy du Fou, se dotent d’une nouvelle évolution !
Depuis le 4 juin 2016, 15 drones Neopters font flotter des décors lumineux géants dans le ciel de la Cinéscénie, prolongeant la scène du spectacle dans le ciel.
Une performance exceptionnelle puisque ce sont les seuls drones capables de présenter, de jour comme de nuit, une chorégraphie aérienne en vol synchronisé devant un public.
Ces drones, uniques au monde, ouvrent de nouvelles possibilités artistiques dans une course mondiale pour révolutionner l’avenir du spectacle vivant.

14 avril 2017

La fontaine du village. (Contes et Légendes)

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C'était il y a bien longtemps...
Jadis, non loin de là, il y avait une forêt immense et dans cette forêt, cachée parmi les herbes, blottie dans la mousse, une petite fontaine de rien du tout.
Transparente comme le matin et profonde, si profonde que personne n'y pouvait voir dedans la racine de son eau.
Elle n'avait rien d'utile à faire.
Si retirée en solitude que nul ne savait qu'elle était là.
Limpide, elle regardait le ciel et le ciel la regardait.
Mais du fond de la terre secrète depuis son jour de naissance, son cœur d'eau sans cesse bondissait, jaillissait, frémissait, bruissait, égayant les cailloux et berçant les mousses.
Les oiseaux y venaient boire.
Et aussi les autres bêtes.
La biche y amenait son faon ; la hase, ses levrauts ; la renarde, ses renardeaux ; la laie, ses marcassins.
Ils lapaient l'eau lentement, gentiment, sans la blesser et la fontaine, comme une nourrice les laissait faire. Leurs langues roses et naïves ne la troublaient point.
Mais un jour, un chasseur arriva.

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Lui, il était d'autre sorte.
Un archer, le plus adroit, le plus rusé de la contrée.
Avait-il trempé ses flèches dans quelque charme magique ?
Jamais il ne manquait sa proie.
Il s'était, un jour d'été, arrêté près de la fontaine, tout en sueur, haletant.
Il avait longuement poursuivi une biche presque invisible.
Il jeta son arc à terre, quitta ses bottes chaudes, trempa ses mains dans l'eau fraîche et la face penchée sur elle :
- "J'ai soif !" dit-il.
- "Bois !" dit-elle.
Et s'élançant jusqu'à lui de sa plus profonde demeure, alors, d'un grand bond d'azur, elle lui donna son cœur d'eau.
Il but, trouva l'eau délicieuse...
"Jolie fontaine..." commença-t-il, mais, ouvrant la bouche pour parler, un mensonge en sortit et tomba dans l'eau pure.
Tout d'abord, la fontaine n'en éprouva aucun mal.
Le mensonge descendait en elle, tiède comme un oiseau qui plonge, une douceur de Paradis.
Mais quand il se fut répandu, à elle mêlé goutte à goutte, elle se remplit peu à peu et déborda de peine étrange.
Que lui était-il arrivé ?
Elle n'était plus la même qu'avant.
Qui était-elle désormais ?
Troublée, elle regarda le ciel.

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Mais le ciel ferma les yeux sans lui rendre son regard.
Elle avait perdu l'azur.
Et elle pleura.
Nuit et jour pleura la fontaine.
Les herbes autour s'assombrirent.
Les oiseaux n'y prenaient pas garde, ni non plus les autres bêtes.
Chaque jour ils revenaient boire l'eau de l'aube et l'eau du soir sans s'apercevoir de son trouble.
Le chasseur, lui, n'était pas revenu.
Il n'avait pas coutume de boire deux fois à la même source.
Nuit et jour pleurait la fontaine, implorant le bleu du ciel.
Mais le mensonge était entre eux et ses vapeurs envenimées, pis que ténèbres, altéraient tout.
Malheureuse ! Gémissait-elle,
"je lave le groin des sangliers, le mufle des putois, le bec des freux et des buses, mais moi, qui me nettoiera ?
Qui me rendra mon eau pure ?"
A quelque temps de là, dans le joli matin, une femme toute auréolée de lumière, sortit d'une chaumière, une corbeille de linge accrochée à son bras.
C'était Sainte Radegonde qui s'en allait laver le linge des lépreux, des malades, des scrofuleux et des mourants dont elle avait la charge.
Mais au lieu de descendre à la rivière, elle se dirigea vers la forêt, marcha, trouva la fontaine et s'agenouilla à côté d'elle avec son linge et son savon.
- "Sainte", soupira la fontaine, "toi qui cherche une eau pure ne viens pas laver ici.
Je ne suis plus qu'une eau troublée."
- "Paix à toi", dit la Sainte, "si l'eau ne lave pas le linge, le linge lavera l'eau."

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Et elle commença de laver, plongeant le linge dans l'eau vive, le savonnant sur une pierre, le frottant dans ses mains mousseuses, le frappant et le rinçant selon qu'il convient de faire.
Puis, comme toutes les lavandières, elle eut envie de causer, d'apprendre quelque nouvelle et elle s'informa : 
- "Fontaine, pourquoi es-tu triste ?
Aurais-tu péché ?'
- "Je ne sais", dit la fontaine. "Un jour, un chasseur est venu.
Il avait soif.
Je lui ai donné mon cœur d'eau.
Lui m'a donné un mensonge.
Depuis, je ne vois plus le ciel."
- "Il faut vomir ce mensonge" dit la Sainte.
- "Hélas ! Comment le pourrais-je ?
Tant il a pénétré en moi que maintenant toutes les gouttes de moi sont gouttes de lui.
Pour nous démêler l'un de l'autre, il me faudrait être tarie."
- "Peut-être pas", dit la Sainte.
Elle tira de sa corbeille et jeta dans l'eau une brassière d'enfant qui s'étala sur la fontaine, ses deux petits bras en croix.
- "Fontaine, tu peux être guérie. 
Je vois le remède à ton mal.
Mais il sera dur : il faudra souffrir."
- "Souffrir ?
Je ne sais pas souffrir," murmura la fontaine.
- "Tu apprendras. Je t'aiderai.
Tu n'auras qu'à te laisser faire.
Ecoute !
Toi, la frémissante, toi, la vive dont le cœur d'eau jaillit et coule, tu ne couleras plus, tu ne jailliras plus, tu ne bougeras plus, tu resteras sans mouvement, immobile comme une pierre.
Toi, la voix du bois sauvage, toi, la rieuse, toi, la pleureuse, toi qui racontes si doucement tes secrets aux cailloux, tu ne parleras plus, tu te tairas nuit et jour, silencieuse comme une morte...
Tu frissonnes ?
Pauvre fontaine, il n'y a pas d'autre ressource.
C'est la parole qui t'a troublée.
Le silence te purifiera.
Et tandis que tu te tairas, écoute, fontaine, écoute bien !, le mensonge à toi mêlé, il le purifiera aussi."
- "Je me tairai", dit la fontaine.
Et sur les mains de la Sainte, elle éclata en sanglots.
Maintenant tout était lavé.
Sainte Radegonde se releva, ramassa son linge, l'entassa dans la corbeille, s'essuya les mains, se remit en marche.
- "Suis-moi", dit-elle à la fontaine.
Et la fontaine la suivit.

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Le petit sentier perdu qui retournait à la masure ne paraissait pas avoir à parcourir grande distance.
Pourtant, sortant de la forêt, il devint, à travers champs, long, si long, plus long encore, qu'il sembla ne plus savoir s'il y arriverait jamais.
La belle journée l'avait quitté.
La belle saison avait fui.
Des arbres et des buissons, toutes les feuilles étaient tombées.
Il allait, allait, allait...
Plus il allait, plus le temps qu'il rencontrait devenait rude et plus, devant lui, l'heure sombre.
La bise l'attaquait, lui coupait l'espace.
Plus il avançait, plus il avait froid. Parfois, la Sainte posait sa corbeille à terre pour souffler sur ses doigts engourdis.
Et la fontaine, derrière elle, coulait lourdement, coulait, le cœur de plus en plus serré.
Enfin, tombée la nuit noire, elles entendirent des cris et des gémissements et comme un piétinement sourd.
C'étaient les lépreux, les malades, les scrofuleux et les mourants qui se précipitaient vers Sainte Radegonde.
Quand elle les vit, la Sainte posa sa corbeille à terre et se mit à distribuer à chacun les linges, les vêtements et les habits qu'ils attendaient.
Puis elle s'en alla, avec eux, vers la masure.
Mais avant de fermer la porte, elle se retourna vers la fontaine.
La fontaine avait disparu.
D'un bout à l'autre de la plaine, autour de la masure obscure, la neige était étendue, immobile comme une grande morte, plus blanche que jamais blancheur, plus pure que jamais eau pure.
Elle se taisait.
Plus tard, la belle saison revenue, la neige avait fondu.
La fontaine avait retrouvé son eau pure.
Mais toujours timide et craintive, elle s'était cachée derrière la masure, dans un petit trou d'eau qu'il y avait là.
Elle essayait de se faire oublier.

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Bien vite cependant, les lépreux, les malades, les scrofuleux et les mourants l'avaient repérée.
Et souvent ils venaient s'y tremper, s'y rafraîchir et s'y baigner.
Et parfois, l'un d'entre eux en ressortait guéri.
Et c'est ainsi qu'une petite fontaine de rien du tout est devenue un jour :
Source Miraculeuse.

24 juillet 2017

Rome et les Chrétiens

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Les débuts du Christianisme passèrent inaperçus.
Les Romains, en général, étaient tolérants envers les autres religions...
Pourtant, à partir du règne de Néron (37-67), l'opinion publique fut très hostile aux Chrétiens.
On leur reprochait de faire "bande à part", de fuir les jeux du cirque, de célébrer des cérémonies mystérieuses où ils égorgeaient des enfants dont ils buvaient le sang.
On les traitait "d'ennemis du genre humain".
On méprisait leur culte dont le dieu était mort sur une croix comme un esclave !

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On se demandait pourquoi ces adeptes du Christ refusaient de se battre, de sacrifier aux dieux de l'Etat et même de participer au culte impérial.
Bien vite, une rumeur les désigna comme, un danger pour la société et l'Etat.
Ce qui autorisa toutes les persécutions.
Les persécutions des 1er et 2ème siècles.
Elles furent intermittentes et locales.
Néron (37-68), en 64, accusa les Chrétiens de Rome d'avoir incendié la ville et leur infligea d'atroces supplices.
On les crucifiait enduits de matières inflammables et la nuit, on les embrasait pour éclairer les jardins de l'empereur !

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Sous Marc-Aurèle (121-180), en 177, les Chrétiens de Lyon furent martyrisés.
Le vieil évêque Pothin (87-177) et l'esclave Blandine (162-177) subirent avec héroïsme d'horribles tortures.
Ainsi, la pauvre jeune fille fut livrée aux bêtes fauves qui l'épargnèrent.
Puis elle supporta le fouet, la chaise de fer rougie au feu.
Comme un souffle de vie s'échappait encore de ses lèvres, on l'enferma dans un filet et on la jeta dans les cornes d'un taureau.
Selon un contemporain, "elle paraissait ne rien sentir, tout entière à son espoir, poursuivant son entretien intérieur avec le Christ.
Les persécutions du 3e siècle.

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Elles devinrent systématiques.
Septime-Sévère (145-211) se contenta d'interdire les conversions au christianisme.
Décius (201-251) et Valérien (200-260), en 250 et 258, déclenchèrent une terrible répression.
Les prêtres devaient être exécutés, les fidèles obligés d'abjurer et de sacrifier aux dieux sous peine de mort.
Dioclétien (244-311) et Galère (260-311) firent, entre 303 et 306, la dernière et la plus violente attaque contre les Chrétiens.
Les martyrs furent nombreux dans tout l'empire.
Mais l'Eglise survécut à la tourmente.
Le triomphe du christianisme.
En 313, les deux empereurs Constantin (272-337) et Licinus (263-325) accordèrent enfin aux Chrétiens un édit de tolérance appelé l'Édit de Milan.

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"Chacun pouvait adorer à sa manière, la divinité qui se trouvait dans le ciel".
Désormais, à l'abri des persécutions, ils purent s'organiser au grand jour et même bénéficier de l'appui des empereurs (tous les successeurs de Constantin furent chrétiens à l'exception de Julien dit l'Apostat).

Enfin, en 392, l'empereur Théodose (347-395) fit du christianisme la religion officielle de l'État romain.

23 janvier 2017

Du sang, toujours du sang ...

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Si les jeux du Cirque provoquaient parfois la mort de quelques infortunés auriges, l'Amphithéâtre voyait, à la grande satisfaction des citoyens romains, couler des flots de sang
Le programme de chaque journée de jeux était immuable.
Parcourons ce programme.
La matinée ou comment "chauffer" les spectateurs.
Le citoyen romain qui désire assister aux jeux reçoit, à l'entrée, un jeton de terre cuite où sont gravés trois numéros.
Celui de la porte par laquelle il doit entrer, celui de la série de gradins et celui du siège qu'il doit occuper.

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Il pourra, grâce à ce sésame, entrer et sortir à volonté, à tout moment de la journée, de l'aube à la nuit.
Mais en général, il reste sur place, sans se lasser.
La matinée commence par des présentations d'animaux extraordinaires venus des provinces les plus éloignées de l'empire.
Voici deux panthères attelées à un char, un lion qui happe un lièvre vivant et le relâche au commandement !
Des tigres exécutent toutes sortes de tours, puis viennent lécher la main du dompteur qui les a fouettés !
Des éléphants s'agenouillent respectueusement devant la loge impériale, puis tracent sur le sable, avec leur trompe, des phrases latines.

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Après ces attractions inoffensives, viennent des combats d'animaux.
Ils opposent les couples les plus étranges : ours contre buffle, taureau contre éléphant, lion contre rhinocéros !
Heureusement qu'une grille solide sépare la foule des fauves rendus furieux par la peur et la douleur.
Quand vient la pause du midi, les notables quittent leur place pour aller se restaurer, mais le grand public reste sur place.
Il se régale d'un casse-croûte à base de pois chiches et de noix grillées, diverti par une troupe d'acteurs et de musiciens.
L'après-midi, et le "vrai" spectacle Enfin, les "munus" (jeux) vont commencer, les gladiateurs vont entrer dans l'arène.

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Ces hommes sont, en général, des esclaves, des prisonniers de guerre, des miséreux contraints à ce métier.
Mais, il y a aussi des volontaires qui aiment les combats à mort et comptent sur les récompenses en cas de victoire.
Tous, ils abandonnent leur corps, leurs droits et même leur vie entre les mains de leur entraîneur et propriétaire : le "lanista".
La troupe, la "famille", vit dans une caserne où règne une discipline de fer.
On s'y exerce à toutes les formes de luttes.

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Selon ses aptitudes physiques, chacun se voit attribuer une spécialité.
Samnite avec casque, jambières, bouclier long et épée.
Thrace avec rondache (bouclier rond), jambières, brassard et sabre court.
Mirmillon (ou gaulois) avec épée, petit bouclier, casque figurant un poisson ou "murma".
Rétiaire avec ceinturon et plaques de protection, filet, trident et protège-bras. La veille des jeux, l'empereur offre aux gladiateurs un grand festin.

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Le public peut y assister, observer les combattants.
Certains, pour oublier ce qui les attend s'empiffrent et s'enivrent.
D'autres résistent aux tentations de la bonne chère pour être en forme le lendemain.
D'autres encore, que la peur paralyse, se lamentent et rédigent leur testament.
A la première heure après midi, les gladiateurs traversent Rome en procession, de leur caserne au Colisée. C'est la "pompa".
Ils entrent ensuite solennellement dans l'arène, en ordre militaire, vêtus de tuniques rouges brodées d'or.
Ils sont suivis de valets qui portent leurs armes.

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Arrivés devant la loge impériale, ils lèvent la main droite et prononcent la sinistre salutation :
"Ave Caesar ! Morituri te salutant" ... " Ceux qui vont mourir te saluent" (en fait, selon Suétone, cette phrase n'aurait été prononcée qu'une seule fois, devant l'empereur Claude).
Le défilé terminé, on teste le tranchant des armes pour éviter que les combats ne soient truqués.
Ensuite, on tire au sort les paires de combattants, soit en opposant des gladiateurs de même catégorie, soit d'armes différentes : Mirmillon contre Rétiaire, Thrace contre Samnite.
Des gardes, armés de fouets et de glaives, découragent toute tentative de fuite et surveillent l'échauffement des gladiateurs qui feignent coups et parades.
Puis, s'élève la cacophonie d'un curieux orchestre mêlant les flûtes, les trompettes, les cors, l'orgue hydraulique, et enfin, sur l'ordre du président des jeux, les duels commencent.

Signe Triomphe 17082012 - 010

A peine la première paire a-t'elle entamé son combat que le public est soulevé de passion.
Comme aux courses, tous ont parié sur tel ou tel combattant.
Chaque blessure que se portent les adversaires provoque des cris sauvages d'encouragèrent :
"Frappe ! Tue ! Egorge !" et un instructeur réchauffe l'ardeur homicide des gladiateurs en les frappant jusqu'au sang de leurs lanières de cuir.
Dès que l'un des deux chancelle, une terrible allégresse saisit l'assistance.
Le plus souvent, le vaincu est seulement terrassé.
Il n'est pas mort mais, incapable de continuer la lutte, il dépose les armes, s'allonge sur le dos et lève la main gauche pour demander grâce.

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Il appartient, en principe, au vainqueur de décider de son sort, mais, en général, il demande l'avis de l'empereur.
Celui-ci, à son tour, interroge la foule.
Si le vaincu s'est bien battu, les spectateurs agitent leur mouchoir, lèvent un doigt en criant "Renvoie-le !".
L'empereur lève alors le pouce et il n'y a pas mort d'homme.
Par contre, si le combattant au sol s'est battu avec mollesse, le pouce impérial s'abaisse et le malheureux n'a plus qu'à tendre sa gorge au coup de grâce du vainqueur.
Aussitôt, des serviteurs s'approchent, déguisés en Charon, le batelier qui conduit l'âme des morts aux Enfers.
Ils s'assurent à coups de maillet sur le front et avec des fers rougis, que l'homme est bien passé de vie à trépas !

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Ils l'emmènent ensuite et retournent hâtivement le sable rougi par le sang.
Le gladiateur victorieux est immédiatement récompensé.
Plats d'argent chargés de pièces d'or et autres cadeaux précieux dans les mains, il quitte l'arène sous les acclamations de la foule.
Il est riche et glorieux, mais pour combien de temps ?
S'il a la chance de terminer son contrat, il reçoit une épée en bois, symbole de sa libération.
Mais souvent, incapable de renoncer à la bonne nourriture, à l'ivresse de la victoire, il "rempile" ou devient, à son tour, instructeur.

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Des centaines de duels vont ainsi se succéder et le sang continuera de couler.
L'odeur en est tellement insoutenable que des esclaves aspergent régulièrement la foule de parfums exotiques !
A la tombée du Jour ... les "chasses".
Dans l'amphithéâtre illuminé, on installe avec une rapidité déconcertante, un décor compliqué d'arbres et de rochers ménageant de nombreuses cachettes.
Des bêtes sauvages : lions, tigres, panthères, ours... sont lâchés dans ce paysage reconstitué.
Puis, les gladiateurs paraissent, entourés d'une meute de chiens écossais.
Et la chasse commence.

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Souvent les "chasseurs" affrontent avec courage les ours, à mains nues, aveuglent les lions sous les plis d'un manteau ou encore excitent les taureaux avec un chiffon rouge.
Ils enthousiasment aussi les spectateurs par leurs feintes et leurs ruses.
Pour éviter l'attaque des fauves, ils escaladent des murs, sautent à la perche, se faufilent derrière des parapets et même se glissent dans des paniers sphériques garnis de piquants : les "hérissons".

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Le spectacle est certes magnifique, mais il aboutit, parfois à de véritables tueries.
Plus de 500 bêtes furent sacrifiées lors de la cérémonie d'inauguration du Colisée par Trajan en 80 !
Mais ce déluge de sang n'est rien à côté du plus horrible des jeux qui se déroule aux premières lueurs de l'aube.
Seuls les spectateurs les plus acharnés, les plus sanguinaires y assistent.
On amène les condamnés à mort.
Ils sont attachés à des poteaux, nus...puis on libère les fauves : lions affamés ou taureaux furieux.
Pendant les persécutions contre les chrétiens, beaucoup de martyrs périrent par cet affreux supplice que l'empereur Constantin interdit, enfin, le 1er octobre 326.

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Il nous reste à nous demander pourquoi les Romains dont la vertu essentielle était la mesure, ont pu se laisser séduire par ces spectacles de mort.
L'ivresse du sang répandu sur le sol réveillait sans doute leurs plus vils instincts et, comme Sénèque (4av J.-C - 12 avril 65), nous ne pouvons que nous interroger :
"N'attendaient-ils d'une créature humaine que son agonie" ?
Bien inquiétante question pour un peuple qui a colonisé et "civilisé" des milliers d'hommes en Europe et en Afrique.
Ne serait-ce pas cet héritage de sang, de violence et de haine qui génère bon nombre de nos conflits actuels ?

28 novembre 2016

Jean de Lattre de Tassigny

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Lors de la Cinéscénie, on remarque l'effigie de "Jean de Lattre de Tassigny".
Mais qui est ce personnage Vendéen ?
"Il est rare qu'un même personnage soit à la fois soldat et homme d'état...
L 'Histoire nous en offre quelques exemples : César, Napoléon, Frédéric le Grand ... Jean de Lattre ... ".
Ainsi s'exprimait le maréchal Montgomery, compagnon d'armes du "Roi Jean".
Né le 3 février 1889 à Mouilleron-en-Pareds, Jean de Lattre de Tassigny participe à la première guerre mondiale (5 blessures, 8 citations), puis à la campagne du Rif (1921-1926).
En mai 1940, il est à la tête de la 14ème division d'infanterie.
Ses qualités de commandement apparaissent dans la résistance de son unité à Rethel (Ardennes).
S'il accepte l'armistice, il n'accepte pas la défaite.
Commandant des troupes de Tunisie en 1941, puis chef de la 16ème région de Montpellier, il prépare les cadres d'une nouvelle armée.
Quand les Allemands entrent en zone Sud (1942), il donne l'ordre à ses troupes de sortir de leurs garnisons et les rejoint.
Arrêté par les autorités de Vichy, il est condamné par un tribunal d'exception à 10 ans de prison pour "abandon de poste".
Avec l'aide de sa femme et de son fils, Bernard, il s'évade de la prison de Riom, le 3 septembre 1943.
A l'occasion de leurs venues, ils apportent, un par un, les outils nécessaires à un tel projet.
Pour éviter d'être surpris en train de scier les barreaux, le général décide de ne "travailler" qu'en présence de sa femme.
Il construit un petit échafaudage avec sa table et deux chaises pour atteindre la fenêtre et patiemment commence son labeur.
Il faudra, évidemment, plusieurs visites de Madame de Lattre qui, sans arrêt, parle de tout et de rien pour couvrir le bruit de la scie.
Enfin, tout est prêt et le 3 septembre 1943 à 1 heure du matin, sous le nom de Charles Dequenne, instituteur, de Lattre réussit à passer en Angleterre.

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Le 23 décembre 1943, il est à Alger et prend le commandement de l'armée B qui deviendra la 1ère armée.
Le 16 août 1944, de Lattre et ses "Africains" débarquent en Provence à la tête de la 1ère armée et libèrent Toulon et Marseille et poursuivent les Allemands dans leur retraite De Lattre ne portera qu'une seule décoration : le ruban vert et orange de la médaille des évadés.
Symbole s'il en est de sa devise : "Ne pas subir".
Ses unités, où il a réussi "l'amalgame" des combattants F.F.I., remontent la vallée du Rhône, libèrent l'Alsace (soutenant de durs combats dans l'hiver 1944-1945, notamment pour la sauvegarde de Strasbourg) et réduisent la poche de Colmar.
La 1ère armée franchit le Rhin et ouvre la campagne qui la conduit jusqu'à Ulm.
Le général signera l'acte de capitulation de Berlin (8 mai 1945).
En décembre 1945, Jean de Lattre est nommé chef d'État-Major Général et inspecteur général de l'armée.
En 1949, il est désigné comme commandant des forces terrestres de l'Europe occidentale.
Son allure et son autorité lui valent le surnom du "Roi Jean".
Pendant cette même période, l'armée française s'enlise en Indochine.
Le 7 décembre 1950, de Lattre arrive à Saïgon et provoque un sursaut d'espoir par ses victoires de Vinh Yen, de Mao Khé, du Daï, où il perd son fils unique.
Après avoir lancé une opération contre Hoa Binh, il rentre en France, le 24 novembre 1951, pour participer au "Haut Conseil de l'Union française".
Miné par un mal incurable, il s'éteint à Paris le 11 janvier 1952.

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Le 15, il est nommé "Maréchal de France" à titre posthume.

4 septembre 2017

Terre de géants

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Terre de géants et de genêts d'or, Vendée aujourd'hui quand notre mémoire allait t'oublier, on t'admire encore.
Grâce au Puy du Fou qui refait l'histoire.
Et, en fleurs de nuit, reprend ton combat pour la liberté, pour Dieu.
Le cœur bat.
Jacques Maupillier fait courir les foules.

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Certes, près de lui, point ne se défoulent.
Les gens fort surpris, ce n'est pas du rock.
La foi parle au cœur et, en tous, fait choc.
Appels des clochers, longs échos du cor, airs de chasse, cris ... de guerre, airs de foire, la "Cinéscénie" est belle.

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Temps fort.
Le réel s'unit avec l'illusoire.
La passé renaît et défile au pas :
Montfort, Charette, Clémenceau, de Lattre, tous le monde est là.
On craint quand soudain les chevaux déboulent.
Au nom de Verdun, lourdes larmes coulent.

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Le spectacle émeut.
Ce n'est pas du toc.
On voit les héros, on revit leur sort :
François 1er, Charette ... rois couronnés de gloire.

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Bonchamps qui pardonne au seuil de la mort, nous fait applaudir une autre victoire.
Un ange passe ... quand leurs croix là-bas font que Bleus et Blancs se tendent les bras.
Dans la paix des soirs quand les charrois roulent, quand aux mâts de mai, vœux et fleurs s'enroulent, Vendée, en nous, droit s'enfonce ton soc !

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La foi parle au cœur et, en tous, fait choc !

5 octobre 2017

5. Histoire du Village des Ouches (fin)

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En se dirigeant vers la masure du Père François, Thibaud avait, en tête, ses plans bien tracés.
Puisque le Seigneur Renaud ne lui accordait pas le droit de quitter la Seigneurie du Puy du Fou pour épouser Guillaumette et que, sans doute, le Seigneur Robert agirait de même à Ardelay, il allait proposer à la jeune fille de s'enfuir avec lui.
Avec l'accord de ses parents, bien sûr !
Il n'était pas question de vivre dans le péché. Ils iraient s'installer au cœur de la forêt d'Ardelay, là où d'autres fuyards, des insoumis aux lois seigneuriales, avaient commencé une vie nouvelle au sein d'une petite communauté.
Le Père François, la Mère de Jeanne et surtout Guillaumette écoutèrent attentivement le jeune homme qui s'expliquait.
Ensuite le silence fut pesant.
Enfin le père parla :
"C'est d'accord, si la fille le veut, une seule condition, le mariage.
Il faudra vous marier devant Dieu avant de faire des enfants, sinon vous serez maudits à jamais.
Partez maintenant, si vous vous aimez assez fort."
Thibaud regarda Guillaumette qui sourit et tout fut dit.
Jeanne leur donna du pain et du lard, noua dans un drap quelques effets pour sa fille et ils partirent, le cœur léger, malgré toutes les menaces qui pesaient sur leur avenir.
Ils se dirigèrent vers la clairière des essarts.
Le spectacle qu'ils découvrirent en arrivant, les étonna grandement.
Au beau milieu d'une clairière qui s'étendait sur une centaine d'arpents, un ensemble de huttes forestières s'alignait le long du chemin.
Le torchis grisé des murs s'y confondait avec la terre argileuse.

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Une fumée noirâtre s'élevait des toitures de chaume.
On comptait bien une dizaine de demeures frileusement groupées.
Derrière ces misérables masures s'allongeaient des sortes de lanières de terre, longues d'au moins cent pieds, atteignant la lisière de la forêt.
Une intense activité y régnait.
Des vilains maniaient la houe avec vigueur, en mesure.
Ils étaient trois ou quatre paysans à lever ensemble l'outil.
Sous le tranchant, les mottes de terre durcies éclataient avec violence.
Pied à pied la terre s'ameublissait. Plus loin, des hommes s'affairaient autour d'un brasier qu'ils alimentaient avec leurs fourchées de ronces et de broussailles.
Un autre poussait dans le sol le soc d'un araire en bois tiré par un bœuf.
La tunique relevée au dessus des genoux, il s'enfonçait à chaque pas dans la terre lourde qu'il égratignait à peine avec son instrument rudimentaire.
A la lisière de la forêt, des bûcherons s'attaquaient aux arbres avec des haches aux longs manches.
Un superbe chêne s'abattit dans un fracas impressionnant.
Tout près, des femmes agenouillées arrachaient avec des serpes dentées les ronces que d'autres apportaient au brasier.
Thibaud et Guillaumette s'avancèrent vers le groupe et c'est à ce moment que surgit un homme à cheval escorté de chiens hurlants.
"Que faites-vous ici dans le domaine de l'Abbaye ? Vous n'avez aucun droit d'y demeurer."
"C'est que nous avons faim et que nous étions accablés de taxes. Nous avons fui. "
"Je vais avertir l'Abbé de votre audace. "
Qu'allaient-ils faire ?
Quel châtiment allaient-ils subir ?
Leur ardeur au travail s'était subitement effondrée, le cœur n'y était plus.
Ainsi nos deux amoureux qui espéraient se créer une vie nouvelle, étaient-ils encore menacés.
A l'abbaye de la Grainetière, l'Abbé restait pensif.

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Il avait écouté avec attention le récit du garde forestier.
S'il laissait faire ces vilains, le bois si nécessaire au chauffage et à la construction ne tarderait pas à manquer.
De plus, ils avaient bravé l'autorité seigneuriale.
Ils avaient bel et bien quitté leurs villages sans autorisation.
Si un tel exemple était suivi, les villages finiraient par être déserts.
Bien sûr, bien sûr, mais..
Après un silence, il se tourna vers son garde, réfléchissant à haute voix :
"Si la forêt se peuple de nouveaux habitants, les routes seront plus sûres.
Les brigands n'oseront plus s'attaquer aux convois qui la traversent et puis en accueillant ces vilains, nous pourrions y gagner la dîme... une gerbe sur dix récoltées, voilà qui ferait notre affaire".
Le garde regardait l'Abbé avec étonnement :
"Que décidez-vous ?
Je prends des renforts et je chasse la bande ?"
"Chasser ces hommes ! Non, il faut au contraire les attirer.
Va me chercher un scribe que je lui dicte une charte."
"Ecris".
dit-il au moine qui arriva muni de son écritoire et d'un parchemin.
"Moi, Roger et tout le chapitre de la Grainetière, à tous ceux qui verront ou entendront cette présente charte, salut.
Nous avons prescrit que, dans la forêt d'Ardelay, les habitants pourront, avec notre approbation, construire un village.
Ils auront l'usage du bois mort, recevront en toute propriété une étendue de soixante-douze verges de longueur et de trente en largeur.
Ils seront affranchis de leur servitude.
Après la mort du père et de la mère, les frères et sœurs pourront hériter de leur terre sans payer de mainmorte.
Ils pourront vendre leurs biens.
Ils pourront se marier librement sans payer le droit de formariage qu'ils versaient autrefois quand ils prenaient femme hors de la seigneurie.
Pour toutes ces libertés, ils seront tenus de nous donner la dîme des fruits de la terre, à savoir la onzième gerbe, le dixième des agneaux, des porcs, des chèvres et des oies.
Si les hôtes commettent un délit et s'il y a plainte, l'amende, qui ne pourra jamais dépasser cinq sous, nous sera versée.
Tous les ans, à la St Martin, ils donneront un denier pour Noël, quatre beaux chapons."
Quand le scribe eut relu la charte, l'Abbé y apposa son sceau et la tendit au garde :
"Tiens, en vertu du droit d'hôtise de l'Abbaye, va lire ce texte à ceux de la forêt."
Dans la clairière, tous les paysans ainsi que Thibaud et Guillaumette acceptèrent, avec des cris de joie, la charte de franchise octroyée par l'Abbé.
Devenant les hôtes de l'Abbaye, ils devenaient intouchables.
Aucun seigneur ne pouvait et n'oserait se dresser contre la protection de l'Eglise.
Les jeunes gens rayonnaient, ils allaient pouvoir se marier et fonder une famille.
Les bons moines seraient heureux de les unir et la fête qui suivrait la cérémonie serait comme l'acte de baptême du nouveau village.

26 juin 2017

2. Histoire du Village des Ouches (2/5)

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Thibaud s'éloigna de Guillaumette, se retournant de temps à autre pour admirer la gracieuse silhouette de la jeune fille, toujours assise parmi ses moutons.
Le soleil couchant l'enveloppait d'une poussière d'or.
La forme gracile se détachait sur la verdure pâle de la prairie.
Le ruisseau scintillait à ses pieds, les fleurs s'épanouissaient et exhalaient leurs parfums.
Ces lieux, si désolés tout à l'heure, semblaient s'être emplis de joie.
Après un dernier regard, le jeune homme pénétra dans la forêt, escorté par le ramage des oiseaux.
Son cœur battait la chamade.
Maintenant qu'il avait revu Guillaumette, il savait qu'il ne pourrait pas vivre sans elle.
Et puis tout, dans l'attitude de la bergère, prouvait que ses sentiments étaient partagés.
Thibaud décida de rentrer au village, il ne voulait pas s'attarder dans la forêt, le soir venu.

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Les histoires racontées aux veillées lui revenaient en mémoire : la galipote, la bigourne, le garou qui hantaient les nuits, étaient si effrayants qu'ils auraient donné des jambes à un cul-de-jatte.
Et puis, le bûcheron avait besoin de marcher et de réfléchir.
Comment allait-il annoncer à Pierre et Marie, ses parents, qu'il voulait amener sous leur toit une bouche de plus à nourrir ?
Certes, Guillaumette était charmante, mais tellement délicate.
Pourrait-elle assumer les pénibles travaux des champs, beaucoup plus épuisants que la garde des moutons ?
Jamais sa mère, si vaillante, si dure à l'ouvrage, n'accepterait une bru qui ne prendrait pas part aux tâches agricoles et ménagères.
Le vieux Pierre, lui, la trouverait sans doute trop mince, trop fragile pour mettre des enfants au monde et des enfants, il en fallait....il en mourait tant en bas âge et puis, qui assurerait l'avenir des parents trop âgés pour travailler, si des fils ne naissaient pas ?

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De plus, la famille de Guillaumette était aussi pauvre que la sienne et le trousseau qu'elle apporterait serait bien maigre.
Pas de quoi adoucir le père et la mère.
Et puis, si les parents de la jeune fille ne voulaient pas, eux non plus, de ce bûcheron sans le sou qui n'avait que ses deux bras pour seule fortune ?
Il y aurait aussi le seigneur du Puy du Fou et le seigneur d'Ardelay à affronter.
Accepteraient-ils le mariage alors qu'ils se détestaient tant et se cherchaient sans cesse querelle ?
Tout à ses pensées, Thibaud ne vit pas le temps passer et la course lui parut rapide jusqu'aux Ouches.
Comme chaque fois qu'il regagnait son village, il fut frappé par la beauté des lieux.
Le château se dressait sur une éminence, attirant et inquiétant le regard.
Dans le couchant, il projetait son ombre sur les maisons du village qui se pressaient les unes contre les autres, si humbles devant le géant de pierre, comme partagées entre la crainte et l'espoir de sa protection.
Le donjon dominait tout, raide, percé de rares meurtrières.

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Dans une attitude de défi, il surveillait les alentours : le hameau, les chaumières éparses, les masses verdoyantes du Bois de l'Etang, les espaces marécageux où s'endormaient les eaux paresseuses du Petit Lay et, là-bas, dans le lointain, les tours rivales d'Ardelay.
A leur vue, Thibaud se souvint de ses craintes et des menaces qui planaient sur son avenir.
Mais, comme il était jeune et amoureux, il se sentait la force de surmonter tous les obstacles même ceux qui semblaient les plus infranchissables.

29 mai 2017

1. Histoire du Village des Ouches (1/5)

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Thibaud abattait le bois mort dans la forêt.
C'était un des bûcherons chargés par le Seigneur Renaud d'approvisionner les bûchers du château du Puy du Fou.
En vertu des droits seigneuriaux et des corvées qu'ils avaient à acquitter, une dizaine de paysans, choisis parmi les plus jeunes et les plus vigoureux du village, se trouvaient disséminés dans la forêt.
Ils devaient, outre ce que les cuisines seigneuriales consumaient chaque jour, pourvoir de tout le bois nécessaire, les cheminées monumentales du manoir.
Chaque année, des charretées de troncs énormes venaient s'engloutir dans les âtres toujours flambants... et le travail de tous ces hommes suffisait à peine à la consommation...!
Thibaud était un beau gars de vingt ans, la peau brunie par la vie au grand air ; un peu maigre, certes, mais vaillant à l'ouvrage.
Dès l'aube, il était parti des Ouches, emportant dans un pot de grès, son repas de la journée.
Arrivé dans la forêt, il avait ôté sa veste de bure, avait saisi sa cognée et s'était attaqué à un vieux chêne dont le dernier orage avait foudroyé la cime.
A peine, vers l'heure de midi, s'était-il interrompu un moment pour le repas...
Il savait bien qu'il fallait travailler sans relâche...
Sans se laisser distraire un instant, sans reprendre haleine, il faisait voler sa cognée, frappant l'arbre au pied, entaillant la dure écorce qui s'éparpillait au loin en éclats.
Tout à coup, au plus fort de sa tâche, un bêlement plaintif le fit sursauter et il suspendit son geste.

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Il regarda autour de lui sans rien voir...
Il crut s'être trompé...
Tout le bétail du village n'était-il pas aux communaux, bien loin de là ?...
Thibaud soulevait de nouveau sa cognée quand un autre bêlement tremblant se fit entendre ...
Cette fois, il posa son outil et se dirigea vers le bruit.
Il déboucha dans un espace découvert où croissaient de jeunes plants de châtaigniers.
Un mouton était là, broutant des pousses nouvelles...
De temps en temps, la bête s'arrêtait et poussait un cri de détresse.
Un signe en forme de "A" timbrait en noir la blancheur sale de sa toison.
Thibaud ne savait pas lire, mais il ne pouvait se tromper à cette marque... c'était celle de la Seigneurie d' Ardelay ...!
Connaissant les éternels dissentiments qui divisaient les deux domaines, il décida d'agir...
Il courut à l'animal et réussit, non sans peine, à le charger sur ses épaules.
Résolument, il se dirigea vers Ardelay et atteignit le Petit Lay, limite à ne pas franchir...
Il aperçut sur la rive opposée un troupeau de moutons et, à quelques pas, une quenouille au côté, une jeune fille filant la laine.

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Le bûcheron franchit le cours d'eau, déposa le mouton qui, tout joyeux, alla rejoindre le troupeau en quatre bonds...
Thibaud se dirigea vers la jeune fille...
Petite et mince, elle n'avait guère plus de seize ans.
Ses cheveux blond roux, relevés sur le front, étaient noués sur sa nuque avec une brindille de roseau.
Des taches de rousseur criblaient ses joues, son cou, ses bras.
A l'approche du garçon, elle releva la tête, puis la baissa tout aussitôt filant avec une ardeur redoublée. Thibaud la reconnut très vite...
C'était la petite Guillaumette...
Si jolie, si fraîche...
Il l'avait déjà aperçue et son image l'avait parfois troublé dans la solitude de la forêt...
"Ça, Guillaumette", dit Thibaud,
"tu veux donc que nos maîtres soient en guerre que tu laisses tes moutons vaquer chez nous ?".
Il s'arrêta, attendant sans doute une réponse, mais la bergère se tut.
- "Eh bien !", reprit-il, "tu ne me remercies pas ?".
"Si", répondit-elle, toute rougissante, les yeux obstinément fixés sur son ouvrage.
"Guillaumette, surtout, ne sois pas inquiète ... je ne dirai rien ... ce sera notre secret"
"Allez, topes-là pour sceller notre accord".
La petite tendit timidement une main que le jeune homme prit doucement dans les siennes.
Ils se regardèrent longuement...
Que d'aveux retenus et de promesses cachées dans ce regard !...
Que de craintes, aussi ! ...
Y avait-il un avenir pour eux ?
Elle, la bergère d 'Ardelay et lui, le bûcheron du Puy du Fou ?

30 septembre 2016

Aux premières lueurs du jour

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Saluant les premières lueurs du jour, le coq chante...
Toute la famille Maupillier sommeille encore... retardant le moment de quitter la tiédeur du lit.
C'est qu'il fait encore froid au mois de Mars dans le petit village vendéen, niché au pied des murailles du château du Puy-du-Fou.
Certes, le toit de chaume isole bien la maison des rigueurs de l'hiver... mais les deux petites fenêtres, mal fermées par de simples volets de bois, laissent pénétrer l'air vif du matin.
Dans la cheminée, les bûches de la veille achèvent de se consumer.

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Heureusement, l'étable est toute proche et la chaleur des bêtes rayonne par la porte entrouverte.
Marie Maupillier écarte les rideaux du grand lit, enjambe Jacques, son mari et enfile sa tunique de laine.
Vite, elle s'approche de l'âtre, souffle sur les braises encore rougeoyantes, jette un fagot de brindilles ...
Il faut ranimer le feu pour faire chauffer la soupe !
Marie réveille sa fille, Isabelle, pour qu'elle dresse la table.
C'est vite fait !
Une vieille porte sur deux tréteaux... les écuelles en bois... les gobelets en terre cuite.

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Tout est prêt...
Les hommes peuvent se lever...
Prime vient de sonner et la journée s'annonce longue et rude.
Le repas est rapide : une écuelle de soupe, une tranche de pain...
Jacques et son fils, le petit Jacques, partent aux champs pour les premiers labours, les plus pénibles.
La terre, gorgée d'eau lourde et glissante, colle aux chausses.
Chaque pas réclame un effort...
Le sol, laissé en repos l'année précédente est couvert de mauvaises herbes...
Mais il ne faut pas se décourager, il faut s'atteler à la tâche... !
Jacques, en bon laboureur, respecte la tradition.
Il se signe, trace le signe de la croix sur le front de ses bœufs, puis place une écuelle contenant des œufs sur l'avant-train de la charrue.
C'est le petit Jacques qui donne le signal du départ en piquant les bœufs de l'aiguillon.
Le coutre en fer fend la terre...

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Le labour commence...
A la première traction, les œufs tombent mais ne se cassent pas...
La prochaine récolte sera bonne... !
Jacques Maupillier, comme encouragé par ce présage favorable entame son labeur avec ardeur.
Il tient serrés les mancherons : le sillon doit être bien droit !
Arrivé en bout de ligne, il détache la terre grasse et les herbes collées au soc....
Il poursuit son exténuante navette, sillon après sillon, d'un bout à l'autre du champ, maîtrisant à la force des bras, le mordant du métal.
Il s'applique à sa besogne, la démarche lourde et l'œil fixe... il semble faire corps avec sa charrue.
Midi sonne.

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Les bêtes et les hommes sont épuisés... Isabelle arrive : elle apporte les crêpes cuites sous la cendre et le pot de miel.
Ouel régal !...
C'est l'heure bienfaisante de la pause !
Jacques regarde avec satisfaction les sillons bien rectilignes qu'il a tracés...
Le moment de repos s'achève trop vite...
Le travail reprend jusqu''aux Vêpres qui sonnent à la tombée de la nuit...
Jacques et son fils rentrent à la chaumière et, à la lueur d'une chandelle de suif, ils avalent une jatte de soupe épaisse qui réchauffe le corps.
Les grosses tranches de pain remplissent les estomacs avides après cette journée de labeur au grand air.
Le feu pétille dans la cheminée.

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Une douce torpeur engourdit les corps.
Il est temps d'aller se coucher.
Demain, il faudra tracer d'autres sillons.
La terre est exigeante et les hommes doivent se pencher inlassablement sur elle pour faire éclore les moissons, sources de vie.

24 mars 2017

4. A la tribune d'honneur

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Que l'attente paraît longue ...
Guillemette ne tient plus en place depuis le triomphe de son Jehan.
Penser qu'elle sera dans la "Tribune d'Honneur" lors du Tournoi de Pâques, la prive du sommeil, lui fait perdre le boire et le manger...
Jehan affecte un air détaché...
Mais, lui aussi, bout d'impatience !
Le grand jour arrive...
Enfin !
Nos deux tourtereaux se rendent au château et leurs yeux s'émerveillent.
Le pourtour des lices est décoré d'écussons à devises, d'emblèmes et de bannières flottantes.

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Dans les contre-lices où se pressent valets, pages et hommes d'armes, les quatre maîtres de camp ont pris place.
Ce sont eux qui donnent les ordres et veillent au bon déroulement des épreuves.
Dans les tribunes tendues de tapisseries, les dames arborent des toilettes chatoyantes.
Guillemette se sent un peu déplacée dans sa simplicité.
Elle porte sa robe de mariée...
C'est la plus belle parure de son trousseau !
Mais elle oublie bien vite ses préoccupations...
Les trompettes retentissent.
Les hérauts s'avancent dans l'arène et rappellent les règles.
Tout combat doit cesser au premier sang.

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Les chevaliers font leur entrée sous les regards admiratifs des jouvencelles et ceux, plus envieux, des jouvenceaux.
Un casque à visière, orné d'un somptueux panache, dissimule leur visage.
Leurs armures ciselées et damastiquées, les caparaçons de leurs chevaux ne portent qu'une seule couleur :
celle de la Dame de leurs pensées.
Si la Dame partage les sentiments de son champion, elle lui jette une manche de sa robe qu'il fixe fièrement à sa lance...
Ainsi se dévoilent les idylles et s'affichent de tendres inclinations...
Guillemette s'aperçoit soudain que la jeune Isabeau, la fille du Seigneur du Puy du Fou, a offert sa jolie manche safran à un chevalier harnaché de rouge...
Le Maître fronce le sourcil, lui semble-t-il...
Si jamais le jouteur remporte toutes les épreuves, le Seigneur devra lui accorder la réalisation d'un souhait, quel qu'il soit...
Bien embarrassant...!

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La jeune femme est arrachée à ses pensées car le tournoi commence...
Les combats à la lance, à la lourde épée sans tranchant, à la hache de guerre et à la pique se succèdent, opposant toujours deux adversaires.
Au moindre signe de violence, les maîtres de camp les séparent.
Il importe de respecter la plus grande courtoisie.
Le Chevalier Rouge résiste...
Il élimine tous ceux qui s'opposent à lui…
Le Seigneur a la mine sombre.
Il ignore qui se cache sous le heaume...
La tradition veut que seul le vainqueur final se dévoile.

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Il reste, toutefois, une ultime épreuve "la Quintaine".
Toute l'assistance se déplace vers la vaste prairie, au pied du château...
Guillemette frémit en se souvenant des souffrances endurées par Jehan.
La quintaine est dressée...
Elle est plus haute que celle des vilains puisqu'il faut l'assaillir à cheval...
Elle est formée de plusieurs hauberts recouverts d'écus.
Il faudra, en cinq coups, percer les écus de part en part, démailler les hauberts et, même, arracher de terre le poteau.
Rude tâche…!!

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Guillemette voit les mains d'Isabeau se joindre en une prière muette, lorsque son champion s'élance...
Les spectateurs, silencieux, oppressés, retiennent leur souffle...
Tous les regards convergent vers l'imposant mannequin.
Au premier assaut, le jeune homme empêtre sa lance dans les mailles des cottes et vide les étriers ...
Heureusement sans dommage !
Il prend un nouvel élan et la quintaine vole en éclats sous les acclamations de la foule... Isabeau rayonne ...
Le Chevalier Rouge s'approche de la Tribune d 'Honneur...
Il va montrer son visage et exprimer sa requête...

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La visière se soulève et apparaît le regard triomphant de Hugues, le fils du Seigneur voisin...
Le Maître sourit... avec soulagement.
Il accède avec grâce à la demande du vainqueur : hâter ses noces avec Isabeau, qui lui est promise depuis l'enfance.
L'assistance applaudit à cet heureux dénouement et se précipite vers les longues tables où un plantureux banquet aiguise les appétits...
Ensuite, viendront les ménétriers et l'on dansera...
Demain sera un autre jour...
Demain, mais seulement demain, reviendront les rudes contraintes de la vie quotidienne ...'

4 janvier 2016

LE PAIN A L'ENVERS *

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Mettre le pain à l'envers selon les us et coutume porte malheur mais savez vous pourquoi ?
Au moyen-âge le boulanger mettait le pain réservé au bourreau à l'envers et personne le touchait.
Le bourreau était craint et il fallait qu'il manque de rien.

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C'est vrai avoir affaire au bourreau c'est pas gai non plus.

12 octobre 2008

Quiche aux poireaux, aux tomates et au saumon

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C'est bien la reine des quiches et cela est tout à votre honneur.

Pour 6 personnes

Préparation: 30 min - repos de la pâte: 1 h - cuisson: 35 mn

• 250 g de farine
• 125 g de beurre ramolli + 25 g de beurre pour la garniture
• 1 jaune d'oeuf + 3 oeufs entiers
• sel
• 2 cuillère à soupe d'eau
• 4 poireaux
• 20 cl de vin blanc
• 25 cl de crème fraîche
• 10 cl de lait
• 1 pincée de paprika
• 1 bouquet de ciboulette
• poivre
• 250 g de filet de saumon
• 2 tomates

Préparez la pâte: mélangez la farine, le beurre, le jaune d'oeuf et une pincée de sel.
Ajoutez l'eau en dernier si la pâte vous paraît un peu sèche.

Réservez la pâte au frais dans un papier sulfurisé pendant 1 heure.
Préchauffez le four (210°, th. 7).
Étalez la pâte dans un moule à tarte.
Beurré et fariné.
Piquez-en le fond avec une fourchette.
Faites-la cuire dans le four chaud pendant 10 minutes, recouverte de papier aluminium et de légumes secs.
Épluchez, lavez et coupez les poireaux en julienne.
Faites-les revenir dans les 25 grammes de beurre à feu doux 10 minutes, puis ajoutez le vin blanc.
Laissez mijoter 2 minutes.
Mélangez à la crème fraîche le lait, les oeufs entiers battus, le paprika et la ciboulette ciselée.
Salez et poivrez.
Coupez le filet de saumon en gros cubes sans la peau, et les tomates en rondelles.
Sur le fond de la tarte, étalez la julienne de poireaux, puis déposez dessus les cubes de saumon.
Versez le mélange avec les oeufs sur le tout.
Enfournez pour 15 minutes, puis déposez sur la quiche les rondelles de tomates.
Salez et poivrez.
Faites encore cuire pendant 10 minutes.
Ce plat peut être servi chaud ou froid.

20 mars 2017

On les appellera "Verdun"

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Théâtre de l'héroïsme et du sacrifice de milliers de soldats, Verdun, devenu également un lieu de paix et de réconciliation franco-allemande, fait partie de ces lieux qui cimentent la mémoire nationale française.
C'est la raison pour laquelle l'évocation de la bataille tient une place si importante dans notre Cinéscénie:
"On les appellera ... Verdun !".
Marqués par une autre "Grande Guerre" (c'est ainsi qu'on l'a nommée), celle de 1793, les fils de Maupillier donnent à leurs bœufs "les noms de leurs blessures : Mortagne, Cholet".
Au XIXe siècle, la Vendée reste largement en opposition avec les choix politiques du reste de la nation.
Elle reste fidèle au drapeau blanc contre le drapeau tricolore.
Mais la guerre de 1914, à travers leur sacrifice commun, permet aux Français de toutes opinions de sceller, dans le sang et la boue des tranchées, comme un nouveau pacte.

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Les blessures de la Grande Guerre de 1914, à laquelle participent des milliers de Vendéens, prennent le relais de celles de 1793.
Désormais, le drapeau tricolore sous lequel ils ont servi n'est plus celui de la révolution, mais bien celui de la France, accepté par les Vendéens.
C'est pourquoi celui des "p'tits conscrits" de Chambretaud est tant mis en valeur dans le spectacle.
Entre le récit des combats de 1793 et la fête 1930, c'est en filigrane l'histoire de la rupture, puis de la réconciliation de la Vendée avec le reste de la nation (cette terre de Vendée et de France) qui est racontée : d'où l'évocation de Clemenceau, Vendéen qui mène la France à la victoire en 1918 (et quoi qu'on puisse penser de la politique du personnage au moment des traités de paix), et plus tard du maréchal de Lattre en 1945.

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De ce point de vue, Verdun s'imposait comme la référence naturelle pour évoquer Jacques Maupillier en "poilu" marqué par la guerre comme tous les Français et comme tous les Vendéens :
"On les appellera : Verdun !".

20 juin 2016

Que veut dire le mot Puyfolais ?

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"P" comme Ponctualité : ce n'est pas arriver 2 minutes avant le spectacle et partir 3 minutes après.
"U" comme Unité : nous sommes tous là pour la même raison 
                            nous ne formons qu'un et c'est ça que le public vient voir.
"Y" comme Yaka, faucon : faire ce que l'on dit et non pas seulement le dire.
"F" comme Fraternité : c'est savoir s'entraider et dire les choses quand cela ne va pas.
"O" comme Obstination : vouloir donner du beau au public avec une rigueur toujours renouvelée.
"L" comme Loyauté : envers les autres et envers soi-même.
"A" comme Amitié : nous vivons une aventure fabuleuse et personne ne nous a obligés à être ici.
" I" comme Inter-génération : c'est une force, nous avons à apprendre des plus anciens et vice versa.
"S" comme Sourire : accompagné d'un "Bonjour", c'est tellement plus sympathique.

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Être Puyfolais, c'est un honneur et une fierté, ce n'est en aucun cas un acquis ni un droit.

22 juillet 2016

Vers la Quintaine.

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Obscure, profonde, l'histoire du Puy du Fou échappe à la mémoire.
Sans doute a-t-elle commencé sur ces hauteurs, là où l'on pouvait épier et surprendre l'horizon hostile.
C'était dans le haut moyen-âge, en ces temps de frayeur moins avancés pour les arts de la paix que pour ceux de la guerre.

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Sur les vestiges de je ne sais quel ouvrage gallo-romain, un château-fort se dressait en ces lieux.
Chef-d'œuvre d'architecture militaire, conçu par des soldats, on le sentait né pour la guerre, à la fois forteresse, refuge et magasin.
Faisons revivre en son enceinte ces vaillants seigneurs du Puy du Fou.

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Aimery et Renaud célèbres dans toutes les provinces du Poitou, pour les jeux passionnants et périlleux qu'ils proposaient à leurs invités afin de les délasser en temps de paix.
Cela s'appelait alors la "Quintaine".
On fichait sur des poteaux des mannequins vêtus en guerriers figurant les traitres et les païens.

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Soudain, sur eux, se précipitaient, lance au poing, les meilleurs écuyers du pays, rivalisant de prouesses et d'adresse.

16 janvier 2017

Mystère de Vendée*

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Le logis de la Chabotterie se trouve en Vendée.
En ce lieu, l'histoire vous prend par le bras pour vous faire découvrir le passé de la Vendée.

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Dans ces murs, l'histoire du Général CHARETTE qui fut arrêté en 1796 à une portée de fusil (de l'époque) de ce château.

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La vue sur l'arrière du château.

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Un canon vous indique la direction où finit la guerre de Vendée.

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Non loin, une croix symbolise l'endroit où le Général CHARETTE fut arrêté mais.........

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Le fantôme du Général CHARETTE est-il toujours présent au Logis de la Chabotterie ?
Mystère !!!!

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24 juin 2016

Les réfugiers

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Les premiers réfugiés sont arrivés aux Herbiers aussitôt l'invasion commencée.
Il venait du département des "Ardennes".
Un convoi de plusieurs centaines d'Ardennais arriva donc aux Herbiers, et rien n'était prêt pour les recevoir.
Il fallait bien héberger tous ces gens, qui attendaient avec tous leurs bagages.
Ils ont fait sonner la sirène.

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Tout le monde est sorti des maisons pour aller voir ce qui se passait.
Les journaux de l'époque ne donnaient pas toujours des nouvelles fraîches.
Il y avait peu de radios et il n'y avait pas de télévision.
Les gens, qui se sont trouvés là, ont été enrôlés pour fabriquer des paillasses destinées à coucher ces gens.
Ils ont travaillé toute la journée.
Ensuite, les réfugiés ont été éparpillés dans les fermes, dans les villages, où il y avait beaucoup de maisons plus ou moins abandonnées, inoccupées.

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Ils se sont organisés.
Au bout d'un an, ils étaient tous bien incorporés à la population.
Le caractère des Ardennais est différent de celui des Vendéens, mais tous s'entendait très bien.
C'étaient des gens très religieux, qui pratiquaient beaucoup plus et beaucoup mieux que les gens du coin à l'époque.
Les premiers sont retournés chez eux dès la fin de l'été.
Ceux qui repartaient étaient surtout des paysans, qui avaient laissé des fermes là-bas.
D'autres sont restés.

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Il y a eu aussi des mariages entre Ardennais et Vendéens dans la contrée.

26 août 2016

LES LAVANDIÈRES DU PUY DU FOU

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Laver son linge est une tradition ancestrale qui reste au Puy du Fou synonyme de dur labeur.
Néanmoins malgré cela les femmes en profitaient pour bavarder.
En effet, le lavoir était un lieu animé.
Les lavandières ne se retrouvaient pas au café, mais au doué.
Pour elles, c'était une détente et la rumeur y allait bon train.
La lessive commençait le dimanche après-midi par le trempage.
Il s'agissait de faire bouillir le linge, le plus sale toujours au fond de la marmite, et de laisser tremper avec de la lessive.

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Le lundi matin, grande expédition au doué : les lavandières sortaient le linge et le mettaient dans la "berouette" où elles avaient déjà déposé les "garde-g'neuils" (garde-genoux), les battous, les savons et les brosses à chiendent.
Installées près de l'étang dans l'Île, elles savonnaient et brossaient.
Pendant que le linge savonné reposait, elles en profitaient pour "jacter'.
De retour chez elles, le linge savonné devait encore bouillir.

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Le mardi matin, elles s'en retournaient au lavoir avec les "berouettes" pleines pour rincer leur linge et l'essorer en le tordant ou en le battant.
Nouvelles rencontres pour de nouveaux commérages.
Elles continuaient le reste de la semaine avec la "lessive des couleurs".
Vous verrez toujours les lavandières du Puy du Fou venir laver, battre et étendre leur linge les vendredis et les samedis soirs de Cinéscénie.

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Mais est-ce vraiment pour cela qu'elles viennent à tous les spectacles ?
Ne serait-ce pas plutôt pour cancaner et "colporter" elles aussi "les nouvelles de métairie en métairie" ?

19 septembre 2016

Le licteur

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Licteur est un nom masculin venant du latin "lictor", de ligare (lier).
L'étymologie du mot reste douteuse, elle viendrait du verbe "ligare" parce qu'ils devaient lier les pieds et les mains des criminels avant d'exécuter la sentence.
C'est aussi le nom de douze sergents d'armes de l'ancienne Rome.

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Serviteur d'un haut magistrat détenteur de l'impérium (droit de vie et de mort).
Il était chargé d'écarter la foule sur son passage et de procéder à l'exécution des peines physiques ordonnées par son maître (fouetter les criminels ou leur trancher la tête).
Il portait, à cet effet, le faisceau (paquet de verges liées à l'aide de branches de laurier) et la hache (pour les missions hors de Rome).
Les gouverneurs étaient précédés de six licteurs ...
Les empereurs de douze ... et le dictateur en avait vingt-quatre.

3 juin 2016

La prière des Danseuses

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Ô vous, le préposé à ces vannes célestes.
Qui déversèrent sur nous ces cascades glacées.
Vous qui nous avez vu grelotter dans nos vestes en attendant sous l'eau de faire notre entrée.
Ayez pitié de nous !

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Vous qui avez pu voir nos tuniques légères collées sur notre peau de danseuses trempées.
Nos chignons, nos bouclettes, dont nous étions si fières transformées en tignasses et en mèches mêlées
Ayez pitié de nous !

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Vous qui n'ignorez pas le sort de nos chaussons de blancs tissus couverts, aux rubans de satin enfouis dans la gadoue de la pointe au talon.
Et qui n'étaient pas secs le lendemain matin.
Ayez pitié de nous !

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Et tous les spectateurs et les acteurs de l'ombre.
Et ceux de la lumière et les chevaux aussi.
Vous font cette prière avec nous en grand nombre.
Fermez pour cette année les portes de la pluie.

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Ayez pitié du Puy du Fou !

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