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28 août 2019

Le château de Boistissandeau

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Le château de Boistissandeau a traversé le temps.
Il se situe au sud d'Ardelay (commune des Herbiers), sur la route de Mouchamps, au bout d'une longue avenue ombragée bordée de hêtres, de charmes antiques et de vieux marronniers.
Construit en 1578, ce château dévoile sa façade surmontée d'une poivrière en brique rose

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Il constitue un superbe ensemble de bâtiments des XVIe et XVIIe siècles, entièrement restauré et réputé pour ses jardins à la française.
L'envers du décor vaut le détour avec cachés à l’arrière, ses jardins "à la Française" et la charmille vieille de deux siècles.

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Ils sont protégés et classés aux Monuments Historiques depuis le 23 janvier 1958.
Il est l'un des mieux conservés de la région.
Autrefois propriété des Frères de Saint-Gabriel, qui y avaient établi une maison de retraite, le domaine du Boistissandeau a été acquis en juin 2003 par le Conseil Général de Vendée.

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L'intérieur demande encore de la rénovation, même si dans la salle verte trône une superbe cheminée du XVIe siècle.
Au XVIIIe siècle, le savant René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757), y a fait de fréquents séjours en compagnie du propriétaire, Jean-Baptiste-Laurent d'Hillerin (1704-1779), lui-même une sommité scientifique.
Il fut aussi le théâtre d'un épisode de la Terreur en Vendée.

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Le 28 octobre 1793, le Boistissandeau reçut sa première visite de hussards de l'armée républicaine, accompagnés de trois volontaires des Herbiers.
Ils rançonnèrent et pillèrent.
Ils avaient mission d'incendier.
Ils n'eurent pas le cœur assez barbare pour détruire le vieux château, ils mirent le feu sous un lit et partirent disant :
"Éteignez-le comme vous pourrez" ! 

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Le 31 janvier 1794, cinq hussards vont venir massacrer, sur le montoir toujours visible, la châtelaine impotente, Marie Agathe d'Hillerin (1714-1794) et ses deux filles - (Henriette (1738-1794) et Agathe (1741-1794)).
Marie-Agathe sera traînée par les pieds dans l'escalier de granit et sera massacrée à coups de sabres.
Les deux filles cherchèrent à se sauver.
Elles seront abattues.

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Une près de la porte principale du château, l'autre en face de la petite porte de la chapelle.
La porte garde encore les traces des balles.

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En 1942, les Frères de Saint Gabriel s'y installent et transforment les lieux, d'abord pour en faire un Noviciat, puis en 1970 une Maison de Retraite.
Il abrite aujourd'hui un centre d'hébergement pour les handicapés.

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3 août 2020

Les grandes dynasties françaises.*

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Les Mérovingiens (481-751)
Il s’agit de la première dynastie royale de notre histoire.
Ses origines sont en partie mythiques, mais des historiens pensent qu’elle se serait imposée à une partie des Francs dans la première moitié du 5ème siècle.
Il n’est donc pas sûr que Mérovée (412-457), qui donne son nom à la lignée, ait réellement existé, pas plus que son père supposé, Clodion (390-450).
En revanche la tombe de Childéric (436-481), père de Clovis (466-511), a été retrouvée au XVIIe siècle, près de Tournai.
Elle montre que le souverain, tout en respectant les coutumes germaniques, se considère comme un dignitaire romain.
Sur son anneau sigillaire, il porte les cheveux longs à la mode barbare, mais il a revêtu le manteau des officiers supérieurs romains.

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Les Carolingiens (751-987)
Ils doivent leur nom à Charles Martel (688-741) et à son petit-fils Charles désigné comme le "Grand" : Carolus Magnus, Charlemagne (742-814).
À l’origine, il s’agit d’une famille d’Austrasie, région qui s’étend des bouches du Rhin à la Bavière.
Leur prise de pouvoir, en 751, s’appuie sur le prestige de leurs grands ancêtres mais aussi sur leurs liens étroits avec l’Église et leur richesse foncière.
le 14 février 842, Charles le Chauve (823-877) et son frère, Louis le Germanique (806-876), se sont alliés en se prêtant serment dans la langue de leurs troupes.
Le roman, ancêtre du français, et le tudesque, ancêtre de l’allemand.
À Verdun, pour la première fois, l’expression Francia occidentalis remplace le nom de Gallia.

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Les Capétiens (987-1848).
C’est la dynastie qui a régné le plus longtemps sur la France.
D’abord en ligne directe d’Hugues Capet (939-996), roi en 987, à Charles IV le Bel (1294-1328 dernier fils de Philippe le Bel) mort en 1328, puis avec la branche des Valois directs, issue d’un frère de Philippe IV le Bel (1268-1314), de 1328 à 1498, et celle des Valois indirects, jusqu’en 1589.
Enfin avec celle des Bourbons, d’Henri IV (1553-1610) à Louis XVI (1754-1793).
La dynastie tire son nom du manteau de saint Martin (cappa) que le premier roi de la lignée possédait, en tant qu’abbé laïque de Saint-Martin de Tours (316-397).
Beaucoup de Capétiens reçurent des surnoms, en général après leur mort.

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Certains sont très connus comme :
Philippe Auguste (Philippe II), surnommé aussi "Dieudonné","le Conquérant", "le Magnanime" (1165-1223).
Philippe "le Bel" (Philippe IV) (1294-1328).
D’autres soulignent un aspect physique :
Louis VI "le Gros" (1081-1137), Philippe V "le Long" (1293-1322),
ou des traits de caractère :
Louis VIII "le Pacifique" (1187-1226),
Philippe III "le Hardi"(1245-1285),
Louis X "le Hutin" (le querelleur) (1289-1316),
Charles V "le Sage" (1338-1380),
Charles VI "l’Insensé" (1368-1422),
Louis XI "le Prudent" ou "l’universelle Aragne" (araignée) (1423-1483).

16 mars 2020

Dans la Cité Médiévale (Puy du Fou).*

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Au Moyen Age, les villes médiévales sont construites sans ordre et sans plans.
Elle est très animée, autour d’une église ou autour d’une place, d’un château, où les habitants se réunissent.
Ce sont des rues étroites et très sombres, sans trottoirs, boueuses, avec des animaux en liberté.
Certaines rues sont pavées.
Il n’y a pas l’eau courante, il faut se la faire livrer.
On s’éclaire à la lanterne et à la bougie.
Dans les rues, il n’y a pas d’éclairage.

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Les maisons bourgeoises sont peu à peu construites en pierre, suite à l’évolution des engins de construction et de levage.
Seules les demeures de nobles et de bourgeois possèdent une cuisine et une cheminée.
Au Moyen Âge, la maison de ville comporte en général deux niveaux.
C’est au premier étage que l’on habite, le rez-de-chaussée étant réservé à des boutiques.
Les maisons ordinaires, aux murs à colombages, sont assez étroites, avec une ou deux fenêtres par étages, serrées les unes contre les autres.

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Constituées d’un rez-de-chaussée de pierre et de trois ou quatre étages de bois et de torchis, elles sont desservies par un escalier à vis.
La couverture du toit est faite de chaume ou de lattes de bois.
Comme il y a de gros risques d’incendies, d’autant plus que les maisons sont en partie en bois, les habitants doivent éteindre les lumières lorsque sonne le couvre-feu.
L’espace commercial (rez-de-chaussée) et l’espace d’habitation peuvent avoir des locataires ou propriétaires différents.

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Les habitations subissent donc les nuisances (bruits, odeurs, poussières, pollutions…) engendrées par les boutiques du rez-de-chaussée.
Les magasins sont ouverts sur la rue, mais faute de place, les artisans exposent leurs produits sur la chaussée.
Les jours de marché, les rues s’emplissent de colporteurs, artisans itinérants.

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Les vendeurs en profitent pour vendre des produits venus de pays lointains, ou qu’ils ont acheté dans les foires, les propriétaires des campagnes viennent y vendre des céréales, du vin, des légumes, etc…
Dans la rue, on trouve quantité de petits traiteurs ou marchands ambulants qui proposent aux passants poêlons de tripes, pâtés de viandes, écrevisses, tortues, saucisses, gaufres ou petits gâteaux.
Car à l’époque, tout le monde ne dispose pas d’une cuisine.
Les foyers les plus modestes n’en sont pas équipés.

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Les tavernes y sont très nombreuses et très fréquentées.
Les villes médiévales, attirent aussi de nombreux brigands, des mendiants, des vagabonds, des pauvres.
Il n’y avait aucune police.

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Et de nuit, la rue devient le royaume des professionnels du crime.
Dans les murs de l’habitation médiévale, on trouve des petites niches, elles sont destinées aux rangements ou à poser des lampes à huile ou des chandelles.

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On trouve également différents meubles destinés au rangement : caisses, coffres, dressoirs et armoires.
A partir du XIIIe siècle, les maisons des villes connaissent des progrès en matière d’hygiène et de chauffage.
Ainsi, des éviers, des latrines et des cheminées se retrouvent dans ces bâtiments.

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La cheminée se compose d’un foyer, d’une hotte, et d’un conduit vers l’extérieur.
Elle se trouve rarement dans les édifices antérieurs au XIIIe siècle.
Auparavant, le foyer se trouve dans la cour.

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Il intègre ensuite la maison sous la forme d’un feu ouvert au centre de l’habitation avec un trou d’aération.
Pour limiter la perte de chaleur, dans les demeures riches, on place sur les murs des tentures qui retombent jusqu’au sol.

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Jusqu’au XIVe siècle, les fenêtres des maisons n’ont pas de vitres.
Lorsqu’on en rencontre par la suite, elles se trouvent dans de riches demeures qui peuvent seules se le permettre.
Ainsi, les ouvertures sont rares car il faut utiliser des toiles, des parchemins huilés ou des volets pour les fermer.

18 novembre 2020

La Pratique des Pèlerinages

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Au Moyen-âge, le sentiment religieux trouve son expression dans le culte des reliques mais aussi dans la pratique des pèlerinages.
Toujours entrepris en vue du salut éternel, ils sont tantôt infligés comme pénitence par l’Église (pour expier une faute grave), tantôt entrepris volontairement (pour solliciter une grâce spéciale de guérison ou de conversion).
Les pèlerinages peuvent être locaux ou régionaux, mais trois grands centres attirent des pèlerins de toute la Chrétienté.
Il s’agit de Jérusalem, Rome, et Saint Jacques de Compostelle.
Le voyage en Terre Sainte est le plus ancien des pèlerinages.
Il se développe dès la fin des persécutions contre les chrétiens.

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Toutes les classes de la société l’entreprennent, pour se rendre sur les lieux de la vie et de la Passion du Christ et en vue de gagner une indulgence plénière (rémission totale de la peine due aux péchés).
Il nécessite plusieurs mois de voyage selon deux itinéraires possibles.
L’un terrestre, l’autre maritime.
Pour se mettre en route, le pèlerin doit obtenir l’autorisation de sa famille et de son évêque, qui bénit et lui remet le bourdon (bâton de marche ou de défense) et l’escharpe (besace appelée plus tard panetière).
Au cours de son voyage, il trouve l’hospitalité dans les châteaux ou les couvents.
S’il est malade, les hospices lui sont ouverts.
Mais il n’est pas rare que les pèlerins succombent aux fatigues ou aux dangers de ce voyage.
Au XIème siècle, les Turcs s’emparent de Jérusalem.

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Le pèlerinage va se muer en croisade.
A Rome, dès le Vème siècle, les pèlerins vont se recueillir sur les tombes des apôtres et martyrs Pierre et Paul, et pour voir le Pape.
L’afflux des pèlerins conforte la Ville éternelle dans sa prééminence apostolique.
En 1300, le Pape Boniface VIII accorde aux pèlerins de Rome une indulgence plénière.
Il faut pour l’obtenir s’être confessé, avoir communié et visité les tombeaux des saints martyrs.
D’abord décrétée tous les cent ans, l’année sainte (ou jubilé) aura lieu ensuite tous les cinquante puis tous les vingt-cinq ans.
C’est d’un pèlerinage à Rome que la mère de Jeanne d’Arc tire son surnom d’Isabelle "Romée".

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D’après La Légende Dorée, l’apôtre Jacques dit le Majeur, disciple du Christ, aurait tenté l’évangélisation de la péninsule ibérique avant de revenir à Jérusalem pour y être martyrisé en 44, et ses disciples auraient ramené son corps en Galice.
C’est la découverte de sa sépulture au IXème siècle qui donne naissance au pèlerinage qui porte son nom.
D’abord régional, le culte de Saint Jacques se développe bientôt dans toute l’Espagne, avant de faire affluer des pénitents de l’Europe entière.

29 juillet 2020

La Place et le Rôle de l’église

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L’Église est un acteur essentiel de l’Occident médiéval.
Elle participe à son expansion par l’évangélisation, les pèlerinages et les croisades.
Elle occupe une place centrale dans la société.

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C’est elle qui guide les consciences et organise le quotidien des fidèles, prend en charge l’enseignement en créant les universités, assure l’assistance aux pauvres et aux malades.
De plus, sa puissance économique en fait un élément capital du système féodal.
Le haut Moyen-âge occidental connaît une étroite dépendance entre les pouvoirs temporel et spirituel.

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A l’époque carolingienne, la carence du pouvoir politique impose aux évêques d’intervenir dans les questions politiques et d’assumer une autorité publique qui leur vaut le titre de "défenseurs de la cité".
Par ailleurs, les ordres monastiques sont pour les souverains de fidèles alliés permettant de pacifier et réguler la vie sociale des royaumes barbares.

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1 mai 2020

La chasse au vol.*

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Tout comme la chasse à courre, la chasse au vol revêt, sous l’Ancien Régime, une fonction d’apparat.
Le nombre des participants et l’éclat des équipages contribuent au prestige du seigneur.
Ouverte aux femmes ainsi qu’aux plus jeunes, cette chasse se met en branle dans un cortège brillant et coloré.
Des sonneurs de trompe et des tambourinaires accompagnent les valets porte-cages qui transportent les oiseaux.
D’autres valets sont armés de la "chassoir" (longue perche servant à battre les buissons pour débusquer le gibier).

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Les chasseurs portent sur des gants de cuir les oiseaux chaperonnés.
On distingue deux types de techniques.
Le bas-vol et le haut-vol.
La première consiste à "jeter" l’oiseau sur une proie terrestre (lièvre, perdrix, faisan…), elle peut se pratiquer dans les bois.
Une fois sa mission accomplie, l’autour revient se poser sur le poing de son maître (d’où le nom d’oiseau de poing).

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Le haut-vol, très spectaculaire, se pratique plutôt en plaine et avec des oiseaux dont le mode naturel de chasse est le piqué.
Jeté par le fauconnier, l’oiseau s’élève dans le ciel puis s’abat à grande vitesse pour buffeter sa cible (la heurter violemment de ses ailes ramenées contre sa poitrine et lui labourer le cou de ses serres).
Sa proie tombée au sol, le faucon la lie (la saisit) et commence à la plumer.
Pour s’emparer en douceur du gibier, le fauconnier récompense alors son oiseau d’un morceau de viande.

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Quoique de nos jours l’émetteur ait remplacé la campanelle avec une efficacité bien supérieure et que la reproduction des rapaces en captivité soit devenue possible, les techniques de la fauconnerie se sont perpétuées jusqu’à nous dans le respect des traditions ancestrales.

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18 septembre 2020

Accueil des pélerins

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Un hospice destiné à l’accueil des patients et des pèlerins jouxte la chapelle.
Au Moyen-âge, soigner les malades était en effet un acte de charité qui incombait à l’église.

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La porte, surmontée d’une tête de mort, rappelle aux hommes leur fin prochaine et aux malades l’incertitude de leur sort.

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Sur la petite place, à droite de la chapelle, se dresse une réplique de la croix hosannière du cimetière d’Apremont, en Vendée, datant du XIVème siècle.
Elle est composée d’une croix de Malte dont les pointes évoquent les huit Béatitudes, d’une Vierge de Piété et d’un servant de messe portant un lutrin destiné à accueillir le lectionnaire à l’aide duquel le prêtre célèbre l’Office des Défunts.

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22 avril 2020

L'Architecture des maisons (Cité médiévale).*

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Au milieu du XIIIème siècle, en raison de l’accroissement de la population, de la raréfaction de l’espace disponible et des contraintes liées au parcellaire urbain, les encorbellements se multiplièrent.
Qu’ils soient sur solives (maison du portraitiste), sur entretoises (maison du calligraphe), sur piliers (petite taverne près de la chapelle), ou une pièce qui prend appui sur la partie extérieure de l’enceinte fortifiée.

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Les maisons à pans-de-bois de la Cité Médiévale, offrent le spectacle pittoresque de leurs hourdis en torchis, en moellons ou en tuileau et de leur charpenterie complexe (décharges en diagonale, en croix de Saint-André, en chevrons…) qui ne permet pas toujours d’éviter le déversement de certaines façades sur la rue.
Nous apercevrons que le dernier étage de la demeure du portraitiste penche de façon inquiétante !
Les maîtres imagiers sculptaient… poteaux corniers, consoles et sablières des plus riches habitations.

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L'Estaminet offre au visiteur le spectacle de son étonnant décor.
La console de gauche est ornée d’un personnage souriant, coiffé de pampres et portant une bouteille tandis que celle de droite arbore un buste féminin.

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L’entretoise inférieure sort de la gueule de deux engoulants en forme de renards.
Elle est surmontée d’énigmatiques cartouches portant les emblèmes et les initiales des artisans qui ont participé à l’édification de la maison.
Les échoppes occupaient généralement le rez-de-chaussée des édifices.

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Les artisans travaillaient dans leurs ouvroirs qui donnaient directement sur la rue.
Les marchandises étaient exposées sur des étals, comme dans l’atelier du talmelier.
De nombreuses enseignes signalaient aux chalands la spécialité de l’artisan (tonnelier, calligraphe, aubergiste, sculpteur sur bois…).

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Elles rappelleront l’importance de l’image dans une société médiévale largement analphabète.

17 juin 2020

La rue à l'époque médiévale

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La rue est une composante essentielle du paysage urbain, miroir de la société, haut lieu de la vie politique, économique et sociale, où le nanti côtoie le miséreux, où l’on travaille, négocie, discute, échange, prêche, flâne, se distrait, se sustente, festoie et… s’écharpe parfois.
Dans les petites agglomérations médiévales, les voies n’excédaient généralement pas quatre ou cinq mètres de large.

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En l’absence d’un véritable plan d’urbanisme, les ruelles, impasses, venelles, passages sous maisons (comme celui qui mène de la Rue Haute à la Rue Basse) proliféraient, créant un enchevêtrement labyrinthique.
Avant le XIIIème siècle, peu de rues portaient un nom.

Grand’ Rue, Haute Rue, Basse Rue suffisaient à désigner les axes principaux.

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Les habitants se repéraient grâce aux enseignes, aux fontaines, aux bâtiments publics et religieux.
Les accès de la Cité Médiévale du Puy du Fou sont en terre.
Le pavage était une opération coûteuse qui ne se développa vraiment qu’à partir du XIIIème siècle.

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La rue Basse est constituée de deux plans inclinés vers un caniveau central destiné à évacuer les déchets et les eaux pluviales.

16 octobre 2020

La chapelle de la Cité Médiévale

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La chapelle de la Cité Médiévale est la reconstitution d’un édifice religieux appartenant à la période de transition entre l’art roman (fin Xème - moitié XIIème siècle) et l’art gothique (XIIème - XVème siècle).
Conformément à la tradition romane des Charentes, la façade ne possède pas de tympan (partie centrale d’un fronton) et les voussures en arc brisé du porche sont dépourvues de tout ornement.
De chaque côté de la porte, des piédroits surmontés de têtes aux yeux globuleux rappellent les motifs qui ornent l’abbaye des Fontenelles, près de La Roche-sur-Yon ou les églises Saint-Jacques et Notre-Dame à Pouzauges.
Le porche est couronné d’une frise horizontale, dont les modillons de facture fruste mêlent motifs profanes et sacrés.828

Croix, tête de porc, tête humaine, macles emblématiques de la famille du Puy du Fou, croix et signes difficilement identifiables.
Comme la plupart des églises édifiées jusqu’au XVème siècle, la chapelle est "orientée" vers l’Est, promesse du renouveau solaire et symbole de Résurrection.
L’intérieur de la chapelle se caractérise par la simplicité de son architecture romane.
Nef unique, voûte en berceau (l’usage du bois est justifié par son moindre coût), chœur à abside en hémicycle, ouvertures étroites en plein cintre afin de ne pas affaiblir les murs.

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Le sous-sol de l’abside recèle une crypte et un sarcophage mérovingien (VIème – VIIIème siècle) déposé au pied d’une fresque représentant la Trinité Mariale.
Entre deux anges portant des encensoirs figurent Marie, Jésus et Sainte Anne couronnée confiant l’Eglise à sa fille et à son petit-fils.

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La plupart des vitraux romans étaient en verre blanc.
Longtemps, le verre resta un matériau coûteux et les panneaux de bois ajourés, visibles dans la chapelle, permettaient de faire l’économie de baies vitrées.
Au Moyen Âge, les églises romanes étaient intégralement peintes de couleurs vives.

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Les fresques de la chapelle de la Cité Médiévale, qui relatent plusieurs épisodes des croisades, reproduisent les décors de la Chapelle des Templiers à Cressac (Charente, milieu du XIIème siècle).
La population majoritairement illettrée pouvait aisément identifier les croisés à leur casque à nasal, à leur écu triangulaire, et les sarrasins à leur carnation sombre et à leur bouclier rond.

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Nous reconnaîtrons sans peine des scènes de poursuite, une bataille rangée, un rassemblement de chevaliers dans leur camp ainsi que des fleurs de lys stylisées.
Des scènes allégoriques se développent de part et d’autre du portail.
On aperçoit un chevalier chevauchant son destrier et terrassant un être difforme, incarnation du Mal ou de l’Impiété, sous les yeux d’une femme symbolisant l’Eglise.
Celle-ci réapparaît dans la scène voisine où un chevalier (probablement Saint Michel) s’apprête à transpercer un dragon représentant le démon.
La lutte des croisés contre les païens se trouve ainsi justifiée et sacralisée.
En levant les yeux, le visiteur remarquera, à l’extrémité des deux premières poutres transversales, quatre engoulants monstrueux.
Une poutre de gloire, où figurent le Christ en croix, Marie et l’apôtre Jean, marque la limite entre la nef et le chœur.

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Rien d’étonnant à cette promiscuité.
Dans l’imaginaire médiéval, le sacré et le profane cohabitent, les créatures les plus fantastiques et les plus prosaïques côtoient les saints et les représentations divines.
Le chœur de la chapelle propose son propre programme iconographique.
Alors que les scènes profanes semblent réservées aux parois latérales de la nef, le chœur est consacré au domaine spirituel.

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Sur la voûte bleue constellée d’étoiles évoquant le firmament divin, quatre anges pointent le doigt en direction des deux vitraux dont la lecture s’effectue de haut en bas.
Le jugement du Christ / La Flagellation / la Crucifixion La descente de Croix/ la mise au Tombeau/ la Résurrection.

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Les vitraux de l’abside sont encadrés par des fresques représentant le Tétramorphe.
Marc apparaît sous les traits d’un lion, Jean est associé à l’aigle, Mathieu à un homme et Luc à un taureau.
L’Agneau de Dieu (symbole du sacrifice christique), couché sur les Saintes écritures et inscrit dans le triangle rayonnant de la Sainte Trinité, figure sur l’autel, face aux fidèles.

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A droite du chœur, nous remarquerons la statue de Saint Jacques, reconnaissable à ses attributs.
Bourdon de pèlerin, grand chapeau, ample manteau de voyage et coquilles recueillies sur les plages de Galice.
Elle rappelle le succès religieux, culturel et économique des pèlerinages vers le tombeau supposé de Saint Jacques le Majeur à partir du XIème siècle.

20 janvier 2020

Les bateaux de La Pérouse.*

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Comme nous le savons, l'expédition de "La Pérouse" a demandé cinq mois de préparation tant pour le manifeste de bord, mais également pour les embarcations.
Le manuscrit original, daté du 26 juin 1785, est remis au roi après avoir été relié pleine peau avec dorures "à la dentelle" et décoration aux armes et au chiffre de Louis XVI.
Deux copies du manuscrit sont également réalisées.
La première est remise au maréchal de Castries (1727-1801) ministre de la Marine.
La seconde est destinée au chef de l'expédition et elle disparaîtra dans le naufrage de La Boussole.

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L’expédition de La Pérouse est l’aboutissement de plusieurs siècles d’efforts de la France.
Mais revenons aux navires...
Depuis Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), au 17ᵉ siècle, on cherche à se donner les moyens de rivaliser avec les flottes anglaise et hollandaise.
La construction d’un navire met en jeu des savoir-faire complexes, c'est pourquoi Colbert décide de rationaliser l’art de construire des navires, mais utilise également l’espionnage pour récupérer les secrets de construction des flottes anglaise et hollandaise…
Il y a trois chantiers navals ou arsenaux qui sont désignés en France :
Toulon sur la Méditerranée, Brest et Rochefort sur l’océan Atlantique.

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La Pérouse connaît bien les inconvénients des navires choisis lors des voyages précédents et il écarte immédiatement les vaisseaux et frégates qu'il juge totalement impropres à un voyage d'exploration.
En accord avec Charles-Pierre Claret, comte de Fleureu (1738-1810), il opte pour des flûtes ou des gabares qui, à dimensions égales, ont un volume de cale plus important que celui d'une frégate.
Les cales de 9 m de large permettaient de stocker vivres et matériel à échanger avec les insulaires.
Ces gabares devaient être récentes et leur poids devait être compris entre 500 et 600 tonneaux.
Le 6 mars 1785, le maréchal de Castries (1727 – 1801), ministre de la Marine, désigne la flûte "Le Portefaix" du port de Rochefort et, trois jours plus tard, la gabare "L'Utile", comme navires de l'expédition.

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Le "Portefaix" qui deviendra la "Boussole" est une gabare de 550 tonneaux construite à Bayonne en 1781-1782 sur les plans de l'ingénieur Jean-Joseph Ginoux (1723-1785).
Lancé en mai 1783, il a déjà navigué et il s'est échoué deux fois sans grands dommages.
Le devis de retour de campagne montre que les réparations à effectuer sont de peu d'importance.
Les archives de Rochefort nous apprennent que Le Portefaix était armé de quatre canons de 6 livres.
Sa longueur de coque était de 41,27 mètres, et sa largeur maximale de 8,77 mètres.
Cette embarcation possédait un entrepont sous le pont de la batterie, ce qui permettait de la doter d'emménagements assez comparables à ceux d'une frégate.

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Également construite à Bayonne, la gabare "L'Utile", de 350 tonneaux, a été lancée en avril 1784.
Sa coque mesure 36,40 mètres de long sur 8,77 mètres.
Aussi large que Le Portefaix, L'Utile est moins longue et sa vitesse est probablement moindre.
Le plus gênant est qu'elle n'a pas d'entrepont.
Pour les besoins de l'expédition, les gabares subiront un bon nombre de transformations.
Sur l'Utile, le placement d'un entrepont, apportera encore une différence à son tirant d'eau, mais aussi réduira l'espace de chargement.
Plus grave encore, avec l'augmentation du tirant d'eau, il devient dangereux d'ouvrir les hublots indispensables pour ventiler l'entrepont, car ils seraient trop proches de la flottaison.
Le 3 avril 1785, le comte de Latouche-Tréville (1745-1804), commandant de la marine à Rochefort en informe et deux jours plus tard, les travaux sur "L'Utile" seront définitivement arrêtés.

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Elle sera remplacée par "L'Autruche", du port de Brest.
Gabare, construite au Havre en 1781 également par Jean-Joseph Ginoux, elle est identique au Portefaix.
Elle a été mise sur cale au Havre en juin 1781 et lancée en février de l'année suivante.
Comme les deux navires sont rigoureusement les mêmes, on pourra optimiser les travaux en les équipant de la même manière en réalisant des opérations rapides et peu coûteuses.
Pendant que Fleuriot de Langle supervise les travaux de L'Autruche, "La Pérouse" prend en charge ceux du Portefaix.
Les travaux principaux seront :

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Artillerie portée à douze canons de 6 livres, ce qui oblige à percer quatre sabords supplémentaires sur chaque bord.
Initialement prévu pour 4 officiers, l'aménagement des quartiers pour les officiers (9) et savants (10) (considérés comme officiers).

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Les deux bâtiments vont recevoir des mâtures semblables, permettant d'échanger, le cas échéant, leurs mâts et voiles de rechange.
La cuisine est un élément important.

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Elle ne doit pas être trop encombrante et sa consommation en bois doit être raisonnable et ne doit pas provoquer un incendie à bord.
Les cuisines traditionnelles (en fer) ne donnent pas satisfaction et sont trop gourmandes en bois et les aliments sont soit crus ou complètement brûlés.
Fleuriot de Langle termine la mise au point d'une cuisine à laquelle il a fait adapter une cucurbite, sorte d'alambic destiné à distiller l'eau de mer.
Donnant entièrement satisfaction, on installe une semblable sur La Boussole, de manière que les deux frégates aient des équipements semblables.

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On ajouta aussi un moulin à vent sur le "Portefaix", afin de procurer de la farine fraîche à l'équipage.

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Fin mai, les deux flûtes sont officiellement appelées frégates pour des raisons de prestige.
Le Portefaix devient "L'Astrolabe" et L'Autruche "La Boussole" puis, sans qu'on sache exactement pourquoi, une note du 26 juin inverse les deux noms.

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Il a été dit que, le roi Louis XVI ayant confondu les deux navires, ses subordonnés avaient entériné l'erreur puisque, contrairement au commun des mortels, le roi ne saurait se tromper !
La Pérouse embarqua de nombreux animaux vivants, nourriture, arbres et arbustes, serres portatives, de la verroterie à échanger avec les indigènes, et une grande quantité de matériel (haches, herminettes, couteaux…).

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Chaque navire embarque les pièces nécessaires à la maintenance et à la réparation des bateaux, partis pour quatre ans.
Les voies d'eau seront calfatées d'un mélange de goudron et D'étoupe par les charpentiers et les calfats, les voiles déchirées seront aussitôt reprisées par les maitre-voiliers, les pierriers éventuellement mis en batterie par les canonniers... 

Il fit nommer à la tête de l'ASTROLABE son ami FLEURIOT de LANGLE et lui adjoint le Chevalier de MONTY (1753 – 1788).

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La plupart des membres de l'équipage choisit par La Pérouse, étaient bretons.
Sur l’Astrolabe, commandé par La Pérouse, embarquent 10 officiers qui forment l’état-major, 1 chirurgien et 9 officiers mariniers et pilotes et 20 canonniers et fusiliers.
L’équipage compte encore 10 charpentiers (chargés des pièces en bois), des calfats (chargés de l’étanchéité du navire), des voiliers (chargés de l’entretien des voiles).
Le reste de l’équipage se compose de gabiers, timoniers et matelots, de 7 domestiques et chef-coq, boulanger, boucher, tonnelier, forgeron….

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Comte d'Hector, commandant de la marine à Brest, présente des bateaux sur mesure et dit :..
"J’ai personnellement supervisé l’aménagement des navires de l’expédition.
Nous avons choisi des bâtiments de transport solides, spacieux, à fond plat. Les deux bateaux sont spécialement préparés pour cette longue expédition.
Les mâts sont changés, la coque est renforcée par des boulons de cuivre, puis ils sont calfatés et radoubés à neuf.
Enfin, on construit les chaloupes d’exploration, certaines embarquées en pièces détachées.
À bord, on installe les cuisines, on équipe les logements, puis on embarque le matériel de rechange, les vivres pour deux ans, l’équipement scientifique et les marchandises d’échange.
Fin juillet 1785, tout est prêt."

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Le 1er AOUT 1785, l'ASTROLABE et la BOUSSOLE levèrent l'ancre à BREST pour un long périple de quatre ans autour du monde.
L'ASTROLABE sombre en 1788 à VANIKORO, brisée sur des récifs une nuit de tempête à quelques encablures de la BOUSSOLE.

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Un petit résumé sur le chargement des deux navires :

226 marins et savants.
950 tonnes de matériel nautique.
5 bœufs, 40 moutons, 40 cochons, 400 volailles avec le foin et les graines nécessaires.
Une bibliothèque de plusieurs centaines d’ouvrages.
Des instruments scientifiques les plus récents.
Des cadeaux et "objets d'échange" pour les indigènes (métal non travaillé, 20 000 outils, perles de verre, étoffes, vaisselle, médailles…).
Des graines à semer dans les pays abordés (choux, salades, carottes,…).
Une soixantaine d’arbres ou d’arbustes en pots à distribuer.

20 juillet 2020

Le tableau de Nicolas Monsiau (1754-1837).*

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"Louis XVI donnant ses instructions au capitaine de vaisseau La Pérouse pour son voyage d’exploration autour du monde en présence du marquis de Castries".
Cette scène représente Louis XVI donnant ses ordres à La Pérouse, inspiré par De Castries, son ministre de la Marine.
Le globe terrestre, les cartes suggèrent une séance de travail.
Louis XVI donnant ses instructions :
" Vous devez prendre la tête d’une expédition géographique, commerciale et scientifique et allez reconnaître de nouvelles terres, découvrir de nouvelles populations, créer de nouveaux comptoirs dans l’océan Pacifique à la suite de Cook.

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Vous partirez avec deux bateaux spécialement armés et vous serez accompagné des plus éminents scientifiques de notre temps.
Ils seront équipés des instruments les plus récents.
Vous dresserez des cartes précises, prélèverez des échantillons de la flore et de la faune des terres découvertes et en échange, donnerez des plantes utiles aux indigènes.
Vous serez particulièrement attentif à la santé de vos hommes et trouverez, toujours à la suite de Cook, comment empêcher le scorbut.
Vous serez aussi attentif à ne pas violenter les populations avec lesquelles vous échangerez et commercerez pour le plus grand bénéfice du royaume de France."

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Cette peinture très officielle paraît, dès l'abord, aussi consciencieuse que conventionnelle.
Elle marque, à l'évidence, l'intérêt que Louis XVI portait à la découverte du monde et aux sciences nautique et géographique.
On sait qu'il avait étudié avec soins les résultats du voyage de Bougainville en 1766-69 et des trois grandes explorations de James Cook de 1771 à 1779.
Il avait même recommandé à la Marine française, durant la dernière guerre, de ne jamais nuire au célèbre navigateur anglais.
Mais au contraire, de lui apporter toute l'aide qu'il pourrait solliciter.
Néanmoins, il entendait bien, la paix conclue, encourager nos marins à participer hardiment aux voyages de découverte et au développement des sciences pour une meilleure connaissance de notre univers.

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Il avait choisi sur une liste des meilleurs officiers, le Capitaine de Vaisseau Galaup de La Pérouse (Albi 1741-1788), recommandé par le Maréchal de Castries (1727-1801), ministre de la Marine, pour sa forte personnalité, son courage, ses qualités de chef, de marin et d'organisateur ayant déjà beaucoup navigué et s'étant distingué dans plusieurs combats.
Il avait de très beaux états de service.
Enfin, il s'intéressait aux sciences et appréciait les courants humanistes en faveur à cette époque.
On peut penser qu'en 1785, Nicolas Monsiau avait effectivement "couvert l'évènement".
C'est en 1817 que ce tableau a été commandé, puis exposé au Salon, à l'initiative sans doute, du Lieutenant Général de Castries (1756-1842) fils du Maréchal.
Ils avaient tous deux suivi le futur Louis XVIII en exil en 1791, et le Maréchal était mort près de lui en 1801.
Ils avaient sûrement évoqué ensemble les préparatifs et les résultats remarquables acquis par La Pérouse avant sa disparition mystérieuse au-delà de l'Australie en 1788.

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Bien qu'inachevé, ce voyage tragique avait eu un grand retentissement dans le monde :
savants et marins vantaient à l'envi le courage, la loyauté et la générosité, l'expérience et les connaissances maritimes et scientifiques, mais aussi la délicatesse et les sentiments humanitaires de La Pérouse et de ses officiers, tant à l'égard de leurs équipages que des peuplades visitées.
Trente-deux ans de bouleversements insensés, de vandalisme et de destructions se sont écoulés depuis l'événement.
Dans la mémoire des hommes, bien des souvenirs se sont effacés, à commencer par les subtilités des modes, toujours fugaces.
Monsiau a pu se renseigner sur les costumes masculins de ses personnages civils.
L'uniforme de La Pérouse est conforme à l'Ordonnance de 1764 et confirme la permanence de cet uniforme traditionnel.
Quant au Ministre, il se pourrait que ce Maréchal, dans son rôle de grand chef des officiers de plume, se soit avisé de porter l'uniforme "gris de fer" que ces Messieurs s'étaient donnés vers 1750, au temps des "Ports de France" de Vernet.

21 août 2020

L'architecture de la Cité Médiévale.*

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La Cité Médiévale du Puy du Fou est l’exacte reconstitution d’une ville fortifiée du XVème siècle.
Nous seront très surpris de découvrir le piètre état du système défensif.
En cette période de paix relative et de reprise économique qui succède à la guerre de Cent Ans (1337-1453), la menace d’éventuels conflits semble s’éloigner et les murailles sont négligées.

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Au nord et au sud de la Cité s’élèvent deux châtelets d’entrée équipés d’un hourd de surveillance, dont l’un est percé d’archères (châtelet nord, près de l’atelier du tailleur de pierre).
Des huchettes masquent les ouvertures des hourds du châtelet sud (face à la chapelle).
Les tours reposent sur une base inclinée, le talus, qui dissuade les échelades et favorise le rebond sur l’ennemi des projectiles lancés depuis les mâchicoulis, nettement visibles au sommet de l’édifice sud, sous les créneaux.

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La porte nord est équipée d’une herse, dont le système à rouleau est visible dans la chambre de herse.
On accède à la porte sud par un pont dormant courbe, destiné à ralentir la progression des assaillants.
Un pont-levis à flèches permet une fermeture rapide de l’accès.
Les tours des châtelets sont percées de meurtrières dont les formes ont varié au cours des siècles.
Longues et étroites archères (muraille et châtelet nord) ou rondes canonnières (châtelet sud) apparues au XIVème siècle avec l’invention des armes à feu.

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La tour située à droite du pont-levis est percée d’une baie en verre dont l’usage était encore rare et coûteux au XVème siècle.
Il s’agit là du signe de l’abandon progressif des fonctions défensives du château au profit d’un usage d’habitation.
La courtine a subi plus qu’une simple démilitarisation, un encorbellement de maison à pans-de-bois, prenant directement appui sur la muraille, forme une surprenante excroissance, nouvelle manifestation de l’empiètement progressif de l’espace civil sur l’espace militaire.

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Des douves entourent la forteresse mais ne protègent plus la Cité.
Une poterne à deux vantaux donne accès à un lavoir.
Sur les parois des tours et de la courtine apparaissent des orifices carrés, les trous de boulins, dans lesquels étaient fixés les échafaudages lors de l’édification de la place forte.

23 janvier 2019

L'arc-en-ciel.*

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En fin de parcours du "Mystère de la Pérouse", nous traversons une arche d'eau pour rejoindre la lumière.
Mais que représente-t-elle ?
Un arc-en-ciel !
Mais quelle est sa signification ?

Annonciateur d'heureux évènements liés à la rénovation cyclique, il peut aussi préluder à des troubles dans l'harmonie de l'univers et même prendre une signification redoutable.
Le marin considère l'arc-en-ciel comme un chemin entre le monde des vivants et le monde des morts.
Ressemblant à un pont flottant géant ou à une porte et il est souvent nommé "le chemin du ciel".
Plusieurs personnes croient que l'arc-en-ciel est un rayon de lumière qui tombe sur la Terre lorsque saint Pierre ouvre les portes du ciel pour laisser entrer une autre âme.
Pour les anciens, ses principales couleurs étaient le rouge, le bleu et le vert, pour le feu, l'eau et la terre.
Dans tous les cas, il évoque les relations étroites qui existent entre le ciel et la terre, entre le monde des hommes et celui des esprits.

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L'arc-en-ciel ne doit jamais être montré du doigt sinon le bateau serait victime de tempêtes.
Depuis toujours, l'arc-en-ciel a intrigué les poètes, les philosophes et les physiciens.
Son explication résulte d'un long cheminement d'idées depuis l'Antiquité jusqu'au XXe siècle.
"Arc-en-ciel le matin, c'est la pluie en chemin ; arc-en-ciel le soir, bon espoir ".
Les anciens pensaient qu'il rendait au ciel et aux nuages l'eau qu'il avait aspirée dans la mer et qu'il générait des tempêtes en aspirant l'eau de la mer par ses deux bouts.
Dans la Grèce antique, il présageait une bataille.
Selon les croyances, il y aurait même au pied de l'arc-en-ciel un chaudron d'or enterré par des lutins !!

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L'arc-en-ciel est un phénomène optique dû à l'interaction de la lumière blanche émise par le soleil avec des gouttes d'eau.
On peut observer un arc-en-ciel quand il y a de l'eau en suspension dans l'air et qu'une source lumineuse (en général le soleil) brille derrière un observateur.

15 février 2019

Le Donjon des Herbiers

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Nous voici devant le dernier donjon féodal entourant le Puy du Fou, le donjon Roman des Herbiers, appelé communément le "Château Bousseau".
Les Herbiers furent dès la Préhistoire un centre important.
Des pistes gauloises puis romaines s'y croisaient, avec un camp retranché établi sur les hauteurs du Landreau, protégé par le vaste lac qui s'étendait jusqu'au Pont de la Ville, ancienne route d'Ardelay.
Lors de l'occupation romaine, deux grandes voies se croisaient aux Herbiers.

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Celle de Nantes à Rome, existant encore en partie, après avoir traversé tout le territoire de Beaurepaire.
L'autre, dite "Route de Brest à Aigues-Mortes", traversait en partie Beaurepaire, Sérit, les Bois-Verts, les Herbiers, Mouchamps, Chantonnay.
C'est la voie appelée "Le Grand Chemin du Bocage".
Une importante agglomération s'établit au croisement de ces deux voies, ce fut "les Herbiers", dont on ne connaît pas le nom primitif.
Et au centre s'étendait un grand lac, remplacé au XVIIᵉ siècle par l'ancienne Prairie du Landreau, où est construit aujourd'hui le Centre Culturel d'Herbauges.
A cette époque, pour actionner des Moulins et donner un passage au Grand Chemin du Bocage, une chaussée fut construite, c'est l'actuelle rue du Pont de la Ville.
Pourquoi la "ville" ?

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Pour la bonne raison que les romains y avaient construit plusieurs villas, d'où les noms de "villes" appliqués plus tard aux différentes agglomérations herbretaises.
Et là, nous entrons dans l'Histoire des Herbiers et retrouvons son origine.
Après la défaite des Normands, dans le premier tiers du X' siècle, les Comtes du POITOU confièrent l'administration de ce qui fut le Bas-Poitou, aux Vicomtes de THOUARS, seigneurs de TIFFAUGES et de MORTAGNE.

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De 956 à 1104, trois seigneurs de nom d'HERBERT, Vicomtes de THOUARS, furent seigneurs de ces places fortes.
Un Herbert de THOUARS s'intitulait aussi seigneur des VILLES ET DES HERBIERS, et dans plusieurs chartes, dès 956 on trouve mention de "Villis de Herbertis" (Villas d'Herbert).
De 956 à 987, nous trouvons Albert 1er ou Herbert de THOUARS, fils de Savary de THOUARS, qui épousa Adélaïde d'AULNAY.
Son petit-fils Albert II de THOUARS, lui ayant succédé, prit part à la Première Croisade, avec son frère Geoffroy de TIFFAUGES, sous la conduite du Duc d'AQUITAINE, Guillaume IX.

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Il tomba gravement malade à Jaffa, y mourut en 1102, et fut enterré près de l'église Saint-Nicolas de Jaffa.
Or dans ses notes historiques sur les Herbiers, M. Georges LELIEVRE, décédé au bourg des Herbiers, dans l'actuelle Maison Lelièvre, parle d'un seigneur des Herbiers, mort à Jaffa, en Croisade.
Les Seigneurs des Herbiers relevaient, et jusqu'à la Révolution de 1789, de la Baronnie de MORTAGNE, le Seigneur des HERBIERS était donc bien, en passant par Mortagne, le Vicomte de THOUARS.
Mais avant d'aller plus loin, voyons ce qu'était l'organisation du pays dans le Vicomté de THOUARS.
Le bourg prenait naissance, dès le 3ᵉ ou le 4ᵉ siècle autour d'un sanctuaire, formé aussi d'un cimetière et d'un château.
C'étaient les lieux d'asile.

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Ce fut le cas des Herbiers.
En 1066, Amaury des HERBIERS et son frère Hugues prenaient part à la conquête de l'Angleterre, sous la conduite d'Amaury de THOUARS.
Ce Geoffroy-Guillaume de THOUARS, Seigneur des HERBIERS, eut entre autres enfants, Jean-Juical Seigneur des HERBIERS, dont une fille aînée, Basilie des HERBIERS, qui en 1147 épousa Guillaume II FOUCHER, Chevalier Sire de la SAUZAIE.
Ce fut donc lui ou son frère Pierre FOUCHER, qui lui succédant à la tête de la seigneurie des HERBIERS fut le constructeur de l'actuel château des HERBIERS.

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Autrefois entouré de fossés et de murailles, ce château se dressait sur un petit éperon rocheux, proche de l'église Saint-Pierre bâtie par SAINT-MARTIN, au Nord de l'Etang des Herbiers, qui au Moyen Age était immense et s'étendait depuis le Parc du Landreau, jusqu'à la chaussée du Pont de la Ville.
Il alimentait les fossés du château.
Les murailles devaient entourer le château, l'église et le cimetière comme dans tous les bourgs féodaux primitifs.
L'actuelle maison Bousseau est l'ancien donjon du XIIᵉ siècle.
Faisant suite aux donjons préromans, ils étaient à cette époque carrés ou rectangulaires, comme les ruines de l'actuel donjon de Loudun.
Avec des murs de 2 m d'épaisseur à la base et de 1,8 m au faîte, il mesure 18 m de long sur 11 m de profondeur.

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Il est composé de trois étages avec grenier au-dessus et petite cave au-dessous (en partie).
Ces étages n'étaient pas voûtés, mais comme à Pouzauges et Tiffauges, séparés par des planchers.
Servit-il d'habitation ?
Probablement, mais les rares petites ouvertures qu'on voit sur les gravures qui en furent faites au début du XIX' siècle ne le laissent guère supposer.
On voit encore la petite entrée romane vers l'Est, à 5 ou 6 mètres du sol.
Ces étages devaient être chauffés, on en distingue les cheminées sur les gravures.
L'entrée du château était la petite tour carrée à porte ogivale, et traces de herse et de vantaux, reliée au château par un chemin de ronde roman, qui fait face actuellement au parking.

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Cette petite tour est vraisemblablement du XIIIᵉ siècle.
Des maisons d'habitation entouraient ce château.
Elles furent brûlées à la Révolution et les ruines disparurent au siècle dernier.
Autour des années 1420, Pierre FOUCHER Seigneur des HERBIERS, et propriétaire de ce donjon, eut un procès retentissant avec son suzerain, le Baron de MORTAGNE au sujet de ce château que Pierre FOUCHER avait entouré de fortifications.
Le suzerain prétendait que le vassal ne pouvait fortifier son château, n'ayant le droit seigneurial de forteresse qu'avec son consentement.
Ce procès se termina par une transaction.

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Le Seigneur de MORTAGNE consentit, le 9 novembre 1425, à ce que FOUCHER conserve les fortifications de son château sa vie durant, mais qu'à sa mort, elles devaient être démolies.
Elles ne le furent point puisque les Anglais assiégeant les Herbiers s'y heurtèrent.
Ils le ravagèrent plus tard, du GUESCLIN s'en empara et les chassa.
Après les FOUCHER, il passa à différentes familles.
Incendié à la Révolution, le 2 février 1794.
Après avoir été vendu comme Bien National à la famille AGERON, laquelle le revendit vers 1850 à un ancien aubergiste des Herbiers, Bordelais, qui le transforma en maison d'habitation.
Toutes les ouvertures actuelles furent faites à cette époque.
Ses héritiers le revendirent en 1980 à la municipalité herbretaise.

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20 mars 2019

Comprendre la Préhistoire

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A. Le manque de documentation.
La préhistoire est une longue période qui commence avec les premiers hommes (il y a peut-être 1.000.000 d'années !) et se termine avec l'apparition de l'écriture.
Il serait tout aussi juste de dire que la préhistoire finit pour un peuple quand celui-ci apprend à se servir du MÉTAL.
En effet, un peuple qui accède au métal entre rapidement ensuite dans l'histoire.
Les témoignages se limitent donc à des documents NON écrits (armes, outils, bijoux . . .) qui éclairent les principaux aspects de la vie matérielle sans, bien sûr, avoir la précision des textes.
La chronologie faisant largement défaut, cette immense période est obscure.
Aujourd'hui, cependant, la chronologie est en progrès grâce au procédé de datation basé sur la perte de radioactivité du carbone 14 que contient toute matière vivante.
En effet, après la mort de l'animal ou d'un élément végétal, le carbone 14 se désintègre régulièrement en carbone ordinaire, selon un rythme connu.
C'est ainsi qu'après 5 568 ans, l'activité du carbone 14 est réduite de moitié.
Après le double d'années, elle est réduite du quart, etc….

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B. La pierre, témoignage de base.
Les civilisations préhistoriques sont essentiellement basées sur le travail de la pierre.
D'abord maladroit, l'homme parvient petit à petit à maîtriser la pierre dont il fait ses armes, ses outils, etc.
C'est le silex qui constitue la matière idéale.
Alors qu'au début l'ouvrier obtenait, pour un kilo de silex, seulement 10 cm de tranchant, il obtiendra, après des millénaires, jusqu'à 20 m de tranchant !
Les outils fabriqués deviennent donc de plus en plus efficaces et satisfont des besoins essentiels, comme couper, percer...

1. L'époque de la pierre taillée ; le paléolithique.
Étendue ; des origines à 5.000 - 3.000 av. J.-C.
a. Au paléolithique inférieur.
L'homme vit sous un climat chaud, entouré d'une flore méditerranéenne et d'animaux aimant la chaleur et l'humidité (hippopotame).
Il habite sur les hautes terrasses des fleuves (huttes de branchages), se nourrit de cueillette de fruits et chasse des proies faciles, armé d'un épieu de bois ou d'un "coup de poing".
Ce genre de vie l'empêche d'avoir une habitation fixe.
Un certain nomadisme est inévitable.
b. Au paléolithique moyen. 
Le climat devient froid, humide.
L'ours et le mammouth font leur apparition.
L'homme dit de "Néanderthal" vit dans ce milieu hostile.
Ses grottes dominent les fleuves.
La conquête du feu permet la cuisson de la nourriture.
Essentiellement chasseur (gibier, poisson), le Néanderthalien améliore son outillage et inhume ses morts.
c. Au paléolithique supérieur.
Avec le recul des glaciers, apparaît ''l'Homo Sapiens'', homme intelligent qui améliore considérablement ses conditions d'existence en multipliant un outillage de plus en plus spécialisé, non seulement en pierre, mais aussi en os et en bois de renne.
Cet animal est exploité au maximum ; peau, bois, viande, nerfs, lait.
2. L'époque de la pierre polie : le néolithique

Étendue : de 5.000 à 1.800 av. J.-C; variable selon les régions ou les pays.
La vie est transformée par la grande révolution agricole.
Grâce à l'agriculture et à l'élevage, une vie plus ou moins sédentaire succède au nomadisme.
Favorisé par un climat adouci, l'homme se fixe dans des villages parfois placés sur pilotis enfoncés dans les eaux d'un lac, ce sont les cités lacustres.

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C. Les métaux.
À partir de 3.500 - 1.800 av. J.-C, selon les régions.
L'or et le cuivre purs sont les premiers métaux utilisés.
Viennent plus tard le bronze (alliage de neuf dixièmes de cuivre et d'un dixième d'étain) et le fer, d'abord très rare.
L'or est occasionnellement travaillé pour la confection des bijoux.
Le fer est extrait du minerai affleurant en de nombreux endroits.
Celui-ci est réduit dans un bas-fourneau.
Une sorte de poche constitue le creuset à la base d'une cheminée primitive dans laquelle l'ouvrier accumule des minerais et des branchages.
Le métal encore imprégné de scories sera épuré (plusieurs fois) par martelage à chaud, de façon à obtenir un métal assez pur pour être façonné.

28 janvier 2019

Sur les traces des Romains.

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De vieilles rumeurs disent que le conquérant romain ne s'installa pas en "Vendée", car trop près des côtes de l'océan, par où venaient les pillards normands ?
Mais, quand on se penche sur notre lointaine histoire, on rencontre leurs traces à chaque pas.
En l'an 50 avant notre ère, Jules César, le conquérant romain, se lança à l'assaut de la Gaule, on trouve ses traces le long de nos vieilles pistes néolithiques.
Mais la proximité du rivage de l'océan, par où venaient les pirates se lançant, eux aussi, à la conquête de nouvelles terres à piller, empêcha les Romains de se lancer dans de grandioses réalisations architecturales, comme dans le Midi.
Il faudra attendre le 2ᵉ siècle pour voir s'élever des stades "Stadium" tel que celui en construction actuellement au Grand Parc du Puy du Fou.
Mais ils construisirent des Plessis, des Châtelets, le long de ces vieilles pistes, nombreuses à traverser le Haut Bocage.
La vieille route de l'Étain passait déjà au Puy du Fou, venant de la côte atlantique pour aller vers Lyon, la capitale de la nouvelle conquête.
Cet étain, qui sous forme d'énormes lingots, était transporté à dos de mulets, et qui passait près du Puy du Fou.

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Deux pistes de l'Étain traversaient le Poitou.
Celle qui nous intéresse, passait, venant du grand centre Bourg-Bérard, près du Grand Parc, venant de la côte océane.
Elle allait de Rezé, Clisson, vers le Landreau des Herbiers.
Elle croisait en haut de la côte du Fossé la route venant de vers Saint-Mars et allant vers la Loire.
Le Puy du Fou qui n'existait pas en tant que tel, était déjà le carrefour, qu'il a toujours été depuis des siècles, un important centre commercial.
D'après la tradition, il s'y tenait des foires importantes.
On ne connaît pas le nom primitif de ce lieu de rassemblement devenu le Bourg-Bérard.
Mortagne était aussi un lieu de rassemblement fortifié par où passait une grande voie, connue sous le nom de Chemin de Nantes vers Poitiers.
Un autre chemin de Nantes passait à Beaurepaire, et en un lieu appelé Salle ou Celle.

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Là, s'élevait une villa gallo-romaine (découverte fortuitement en 1938, et très sommairement fouillée en 1983 par Madame HAUTEBOURG, de la circonscription historique des Pays de la Loire).
Une autre voie romaine partait de la côte océane, passait à la grande cité romaine de Durinum (Saint-Georges-de-Montaigu) à Bazoges-en-Paillers où traverse, depuis le pont, l'entier territoire de Beaurepaire, semé de Châtelets ou Châtelliers.
Puis les Herbiers, pour aller vers Rom dans les Deux-Sèvres, et Lyon, la capitale des Gaules.
Aux Herbiers furent faites, au siècle dernier, des découvertes importantes, notamment dans le grand lac du Landreau.
Une voie descendait par les Bois-Verts vers Chantonnay, où elle traversait le Lay à Ingrandes de la Réorthe, pour descendre vers l'Espagne.
Aux Herbiers furent trouvés des poteries et des amphores.
De là, les nombreuses fondations créées au 6ᵉ siècle par Saint Martin de Vertou (qui mourut à Durimum), furent consacrées à Saint Pierre ou à Notre-Dame.
Saint Pierre de Mouchamps, Saint Pierre de Paillers, Saint Pierre des Herbiers, Saint Pierre de Mortagne.
Une tribu de Maures venant d'Asie Mineure fut défaite à Poitiers, et se réfugia sur le site rocheux dominant la Sèvre à l'emplacement du château de Mortagne, et dans la vallée du Blanc, entre Saint-Laurent et la Verrie, au Blanc où eut lieu une terrible bataille.
Peu revinrent en Mauritanie, et ils se fondirent dans les populations poitevines.
D'autres campèrent au Chatellier de la Verrie, où furent découvertes des monnaies romaines et des poteries de cette époque.
Un autre lieu fortifié celtique fut le plateau supportant l'actuel château de TIffauges.

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En l'an 696, Jules César y établit un de ses lieutenants, Crassus, venant de Poitiers, où il avait rassemblé les Taïffales qu'il avait ramenés d'Asie Mineure.
Ce fut l'origine de la Taïfallie, et de la puissante châtellenie de Tiffauges où après la réorganisation de l'an mil fut érigée la baronnie de Tiffauges (qui domina tout le Haut Bocage jusqu'à la Révolution de 1789).
Sur la route décrite plus haut de Saint-Georges aux Herbiers, une voie secondaire partant de l'Echasserie en Beaurepaire monte vers la Loire, d'où son nom "Chaussée vers la Loire ", en passant près d'une "Fontaine Sacrée", Belle Fontaine, (où, une équipe d'archéologues chargée d'effectuer des fouilles sur ce qui est l'autoroute, découvrit des vestiges pré-gaulois).
Cette route passe en la Gaubretière au lieu-dit la Grillière (où ces mêmes archéologues découvrirent une importante station romaine), puis un peu plus loin sur le vieux pont à deux arches, dit "Pont Romain de Grume", enfin près du Châtelet de la Verrie pour aboutir à la Loire.
Tout au long de ces voies fut découverte au lieu-dit l'Auriaudière une mine de cuivre.
Là encore, on découvre des Plessis (ferme), entouré d'une palissade.
Une autre Echasserie dans le Haut Bocage, au Château de l'Echasserie qui fut occupé depuis un temps immémorial.
Et sur un rocher d'une ferme voisine, nous avons trouvé gravée une curieuse Marelle Templière.
À Pouzauges, César campa sur l'emplacement du vieux château.

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Un de ses lieutenants (peut-être est ce lui ?) réalisa les thermes gallo-romains de Champort près du château de la Cacaudière.
Mais les plus beaux vestiges mis à jour furent, sans conteste, à Durinum, Saint-Georges-de-Montaigu où au siècle dernier, les archéologues montacutains mirent à jour de nombreux objets d'art comme des poteries sigillées, des statuettes de bronze, des monnaies.
Il y en eut aussi à Mortagne, les Herbiers, Pouzauges.

Le haut bocage vendéen est une terre gallo-romaine.

12 juin 2019

La Vendée militaire.*

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On appelle "Vendée militaire" les territoires qui se soulevèrent en 1793 contre la Convention (Assemblée constituante) : en Anjou, les Mauges, autour de Cholet ; en Poitou, la Gâtine, le Bocage et le Marais vendéen, le pays de Retz, autour du lac de Grand-Lieu.
Ces régions de pénétration difficile, coupées de haies et de cours d'eau, forment un terrain favorable aux embuscades.
On distingue la Vendée militaire, contrôlée par l'armée catholique et royale, des pays de chouannerie (Maine, Normandie, Bretagne), où les royalistes opérèrent en ordre dispersé.
Si les premières années de la Révolution ne provoquent aucun rejet de la part de la paysannerie locale, l'opposition entre la Vendée et Paris se noue autour de la persécution des prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé.

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Cette répression donne lieu à des révoltes sporadiques.
L'exécution de Louis XVI, mais surtout la conscription forcée, sont à l'origine de l'insurrection qui éclate en mars 1793 à St-Florent-sur-Loire, puis qui s'étend rapidement à toutes les Mauges angevines et au Bas-Poitou.
Dirigés au début par des chefs issus du peuple, comme Cathelineau, colporteur au Pin-en-Mauges, ou Stofflet, garde-chasse à Maulévrier, les paysans font ensuite appel à leurs "Messieurs".
Dans les Mauges, les gars de Beaupréau vont chercher d'Elbée et ceux de St-Florent le marquis de Bonchamps.
Au cœur du bocage et du marais, Sapinaud et le chevalier de Charrette conduisent leurs fermiers, comme en Gâtine le jeune châtelain de la Durbelière, La Rochejaquelein, et celui de Clisson, Lescure.
Ces "Brigands" armés de faux, de fourches et de quelques fusils, puis d'armes de guerre prises aux Républicains, sont groupés en paroisses.
Tous portent le scapulaire, une étoffe ornée du Sacré-Cœur enflammé surmonté d'une croix, que l'on passe sur les épaules et qui couvre le dos et la poitrine.

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Le drapeau des Vendéens est blanc, semé de fleurs de lys, et porte souvent la devise "Vive Louis XVII".
La base de leur tactique est la surprise, les bons tireurs enveloppent la force adverse et, dissimulés dans les haies, déciment l'ennemi.
Puis tout le monde se jette à l'assaut au cri de :
"Rembarre ! Vive la Religion I Vive le Roi !".
En avril 1793, les Bleus (républicains) ont réagi et, malgré un grave échec à Chemillé, ont repoussé l'armée catholique et royale sur la Sèvre.
Puis celle-ci reprend l'avantage et s'empare de l'Anjou en juin.
Mais son premier chef Cathelineau est tué lors des assauts infructueux contre Nantes et d'Elbée prend alors le commandement.
La menace extérieure des armées coalisées étant en partie levée, la Convention s'inquiète de ce conflit intérieur qui lui semble le plus important.

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L'armée de Mayence, conduite par Kléber, Westermann et Marceau, est envoyée en Vendée militaire.
Vaincue d'abord à Torfou, cette armée remporte la sanglante bataille de Cholet que l'armée vendéenne essaie de reconquérir.
Lescure et Bonchamps sont mortellement atteints.
En se retirant sur St-Florent, Bonchamps, mourant, fait libérer des milliers de prisonniers.
Puis l'armée catholique et royale passe la Loire, dans l'espoir de rejoindre à Granville une flotte anglaise.
Elle échoue dans cette tentative, les déroutes du Mans et de Savenay finissent de désagréger ce qui en reste. 
Décrétée par la Convention, la répression commence alors.
Elle est véritablement effroyable durant l'hiver 1794, s'accompagnant d'exécutions massives et de la destruction de la Vendée.
Deux armées, commandées par le général Turreau, sont divisées en colonnes ayant chacune un itinéraire précis.

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La mission de ces Colonnes infernales est d'exterminer les combattants, les femmes, "sillons reproducteurs", et les enfants, "futurs brigands", et de détruire l'habitat et les cultures.
Cependant, au cours de cette année 1794, la Vendée résiste encore et mène une guerre d'usure contre l'occupant.
Dans les Mauges, Stofflet tient la campagne et défait les Bleus sur plusieurs sites.
Dans le Marais et le Bocage, Charette harcèle les républicains par de petits raids inopinés.
Cette guérilla, la mort de Robespierre, l'action pacificatrice de Hoche font qu'au début de 1795, la paix est signée avec Charette à La Jaunaye, avec Stofflet à St-Florent.

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Quelques mois plus tard toutefois, à l'instigation du comte d'Artois, Charrette et Stofflet reprennent la lutte.
Mais la Vendée est à bout de souffle et, le frère du roi ne secourant pas ses fidèles.
Hoche, habile et généreux, réussit à pacifier la région en obligeant d'Hervilly à se réfugier dans la presqu'île d'Oléron.
Il assure la victoire de la République en juillet 1795.
En 1796, Stofflet, pris à côté de Jallais, est fusillé à Angers.
Charette, capturé à la Chabotterie, subit le même sort à Nantes et meurt, le 29 mars au cri de :

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"Vive le Roi !"

5 juin 2017

Le chant des marais (Suite de l'article du 23 nov 2016)

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http://www.puystory.fr/archives/2016/11/23/32790764.html

Le plus connu des chants nés dans le système concentrationnaire nazi.
Il est devenu le chant international des déportés.
Adaptation en français d'un chant allemand, il a été traduit et adapté par les déportés dans différentes langues.
C’est alors qu’il connut des variantes dans les paroles et les adaptations musicales.
Le Chant des marais a été écrit en juillet–août 1933 par des prisonniers allemands antinazis au camp de Börgermoor en Basse Saxe.
Dés son arrivée au pouvoir Hitler met en place des camps de concentration pour interner les opposants politiques du nouveau régime.
Les militants communistes puis socialistes sont les premières cibles de la répression, puis tous ceux qui s’opposent pour des raisons politiques ou par convictions religieuses à l’idéologie nazie.
Il ne s’agit pas encore de camps d’extermination tels qu’ils se développeront pendant la Guerre.
C’est par exemple la création de Dachau ou encore du camp de Borgemoor où la chanson d’aujourd’hui trouvera naissance.
Le travail, éreintant, consistait à assécher les marais voisins pour augmenter la production de blé.
Les 1ers camps de concentration sont ouverts dès mars 1933, parfois dans des lieux improbables et plus ou moins provisoires.
Ils sont dirigés par les SA ou la naissante Gestapo.
Leur règlement intérieur est inspiré des prisons.
Ces camps fermeront entre fin 1933 et 1934, ou seront réaffectés à d’autres détenus (Droit Commun), avant de connaître des destins divers.

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La musique et les chants font partie du quotidien des détenus des camps, puisque les gardiens les obligent à chanter des chants nazis et des chansons traditionnelles allemandes lorsqu’ils partent au travail, et lors des appels et prennent ensuite ce prétexte pour frapper.
Dans d’autres camps, dans les grands camps, la musique sera instrumentalisée par les chefs des camps, qui créent des orchestres composés d’internés, orchestres qui jouent dans les plus tragiques circonstances.
En août 1933, suite à des violences répétées, quelques détenus de Börgermoor décident de composer leur propre chant.
Mis au repos à l’infirmerie, ayant récupéré une guitare, Johann Esser en compose les paroles.
Pendant longtemps les auteurs de ce chant nous furent inconnus, mais dans un bulletin d’avril 1977, l’Amicale de Mauthausen indique que ce chant est né au camp de Bögermoor en juillet-août 1933.
Parmi les premiers déportés du régime, Johann Esser, un mineur et auteur de poèmes dans un journal engagé, Wolgang Langhoff, un acteur et Rudi Goguel né à Strasbourg , un employé, composera la musique, sont les auteurs du "Chant des marais".
Tous les trois étaient membres du KPD, le parti communiste allemand.
En Allemagne, le chant passe de camp en camp et sera même repris par des détenus du camp d’extermination d’Auschwitz.
Exporté en Angleterre par des ex-détenus exilés du camp de Borgermoor.
Comment cette chanson est-elle connue ?
Après répétition dans les lavabos de la baraque 8, la chanson est chantée, le 27 août 1933, lors d’un moment récréatif accordé par la direction du camp aux détenus.
Ceux-ci l’intitulent le "Konzentrazani", par analogie, hommage et dérision avec un cirque alors très connu en Allemagne, le cirque Sarrasini.
La chanson est chantée par 16 hommes, dans leur tenue verte.
Il est repris en chœur par les internés… et par certains gardes, qui s’identifient à ces soldats des marais qui vivent loin de chez eux !

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A la fin, les 16 hommes plantent leur bêche dans la terre du camp.
Le chant sera interdit 2 jours plus tard par le commandant du camp, et le restera dans les camps nazis jusqu’à leur chute.
Mais la carrière de la chanson est lancée ….
Ce chant sera recopié clandestinement (détenir papier et crayons est interdit).
Les détenus transférés d’un camp à l’autres le popularisent, ainsi que ceux qui sont libérés.
Etre libéré d’un KL reste possible jusqu’à l’entrée en guerre, sous condition.
Une amnistie très partielle est ainsi accordée pour Noel 1935.
La chanson paraît le 8 mars 1935 dans AIZ , "Arbeiter Illustrierte Zeitung", le journal clandestin du parti communiste allemand.
Les paroles expriment plusieurs sentiments.
D’abord dans une grande tristesse, l’exil sur une terre inhospitalière et marécageuse.
Le deuxième couplet évoque l’isolement, l’enfermement, la mise à l’écart de la société allemande.
Le troisième couplet montre la dureté et la violence qui règnent dans les camps administrés par les SA (puis par les SS).
Pourtant le chant se termine par une note d’espoir sur la prochaine libération (couplet plus dernier refrain).

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Après sa libération, Johan Esser (né en 1896, décédé en 1971), l’ancien syndicaliste communiste, poète et écrivain, se retrouve dans une grande misère le réduisant même à publier des poèmes patriotiques dans des journaux proches du pouvoir.
Il retourne au syndicalisme dans l’Allemagne de l’ouest après la guerre.
Wolgang Langhoff (né en 1901, décédé en 1966) à Berlin est libéré en mars 1934 et s’exile en Suisse pour la durée du conflit.
Après la guerre il rejoindra Berlin est où il dirigera un théâtre.
Rudi Goguel (Né à Strasbourg, alors allemande, en 1908, décédé en 1976) est libéré en 1934 et replonge tout de suite dans la résistance.
Arrêté à nouveau il est torturé et condamné à 10 ans de prison.
En 1944, à peine libéré, il est à nouveau arrêté et interné en camp de concentration à Neuengamme.
En 1945 , il fait partie des 8 000 détenus évacués par les nazis sur des bateaux destinés à être coulés en Mer Baltique.
Il est l’un des rescapés de la tragédie du Cap Arcona, ce paquebot transformé en prison-mouroir par les SS en 1945.
Ces bateaux seront pris pour cible par l’aviation britannique dans la confusion de la fin de la guerre.
Goguel échappe de peu à la mort.
Communiste convaincu, il finira sa vie en Allemagne de l’est.

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En France, "Le chant des marais" est fréquemment associé au "Chant des Partisans" et à "La Marseillaise" lors des commémorations

15 février 2018

Le Prieuré de Grammont (Vendée).

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L'Ordre de Grandmont, ou Grammont du nom du lieu de la Maison-mère, en Limousin, fondé au XIème siècle (vers 1076) par saint Etienne de Muret (1050-1124), fils du comte de Thiers, possédait dès le XIIème siècle cinq prieurés en Bas-Poitou :
Grammont, en Saint-Christophe-la-Chartreuse, qui aurait été fondé vers 1150 par Thibaut Chabot III, seigneur de Rocheservière, dans un site très pittoresque, sur des coteaux boisés au pied desquels coule la Boulogne ;
La Meilleraye, ou le Petit-Orbestier (Le Château d'Olonne) ;
Barbetorte (Les Magnils-Reigniers) ;
Bonneray (de Bona radice) en Puy-de-Serre, et enfin
Grammont, en Chassay. Ce dernier aurait été fondé par Richard Cœur-de-Lion, vers la fin du XIIème siècle, en 1196.
Les vieilles chartes le désignent sous le nom de Chassay de Grandmont, du nom de l'ancienne paroisse de laquelle il dépendait (aujourd'hui commune de Saint-Prouant), ou de Petit-Grandmont, et enfin Grammont.
La mort d'Etienne, (1124) provoque l’exode de ses fidèles vers le plateau de Grandmont à quelques kilomètres de là.

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L’église construite sur ce lieu deviendra l’abbaye-mère et le plateau donnera son nom à l’Ordre, l’Ordre de Grandmont.
L’Ordre de Grandmont se distingue par ses règles, réputées comme les plus austères du Moyen Age.
Ils marchent pieds nus, ne vivent que de dons, ne mangent pas de viande et ne se chauffent pas.
Situé en plein bocage, loin de toute grand'route, Grammont est inconnu de la plupart des touristes et des archéologues.
Sa minime importance, puisqu'il ne semble pas avoir abrité jamais plus de dix ou douze moines, lui permit d'échapper aux diverses tourmentes qui ont marqué notre histoire.

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De la sorte, ayant conservé l'intégralité de son plan primitif, il représente "un type rare et parfait de ces petits monastères ruraux, nombreux en Poitou" aux XIIème et XIIIème siècles.
Le plan de l'établissement est sensiblement rectangulaire, si l'on excepte la saillie que fait à l'extérieur l'abside (partie saillante en demi-cercle d'un bâtiment) à pans coupés de la priorale.
Celle-ci occupe la partie méridionale du quadrilatère et a dû être édifiée dès les premiers temps de la fondation.

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L'église, premier élément construit au XIIe siècle, se distingue par ses proportions: longue de presque 28 mètres, large de 6.70 mètres et haute de 11 mètres!
Elle se compose d’une nef unique et d’une abside voutée en cul de four surmontant trois ouvertures profondes et égales, le triplet.

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La nef, recouverte primitivement d'un berceau brisé est une charpente apparente datée de 1637.
Mais l'abside possède encore ses voûtes d'origine, "sept voûtains séparés par de fines nervures moulurées d'un tore et modelés sur des formerets en arc brisé convergeant vers la clef de l'arc d'entrée.

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Ils prennent appui sur des culs-de-lampe en forme de pyramide renversée, sans décor".
Du côté oriental, se trouve la salle capitulaire, petite salle carrée, voûtée d'ogives à huit nervures cylindriques, qui viennent converger sur une colonne centrale à fût octogonal avec gros chapiteau à tailloir épais et retombant dans les angles sur de simples colonnettes engagées.
Face à la chapelle s'étend une autre salle, la plus curieuse du monastère et qui devait être le réfectoire des moines.

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Cette pièce, reconstruite vraisemblablement au XIVème siècle sur ses bases premières, forme deux nefs de trois travées chacune avec deux piliers centraux.
Ces piliers, de même que les colonnes engagées reçoivent le long des murs latéraux la retombée des voûtes, formées uniquement par le faisceau des nervures toriques qui, des voûtes, descendent jusqu'au sol sans chapiteau ni autre solution de continuité.

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L'effet est fort gracieux et est unique en Vendée.
Le prieuré de Chassay, présente un grand caractère d'austérité conforme à la règle "grandmontaine" et constitue l'ensemble le plus complet de l'ordre de Grandmont qui se puisse trouver dans les pays d'Ouest.

1 juin 2017

1. Le premier Puy du Fou.

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Tous les auteurs ayant écrit sur le Puy du Fou font dériver ce nom du latin "Puy" élévation, podium, hauteur surplombant toute la région.
Pour la première partie de ce nom, c'est vraisemblable, mais la seconde, "Le Fou" en vieux français désignait un "hêtre", peut-être le seul de toute cette région où il n'en existe pas aujourd'hui.
Un hêtre, qui par sa rareté, ses proportions, était considéré comme un arbre sacré.

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En 1632, lorsque Gabriel du Puy du Fou dressa la généalogie de sa maison, il consulta les sommités de l'époque et le savant bénédictin Besly, lui écrivant le 25 juillet 1632, s'arrêtait à cette origine latine.
Depuis, tout le monde a emboité le pas derrière Besly.
Cette petite colline dominait le vieux "Bourg Bérart", blotti à ses pieds.
N'oublions pas que nos lointains ancêtres étaient de fervents adorateurs du "Dieu Soleil".
Ce Soleil que les habitants du Bourg Bérart voyaient chaque matin se lever sur cette colline où plus tard s'élèvera le premier Puy du Fou.

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Le Soleil que nos ancêtres appelaient "Bel" ou "Belen", et auxquels de nombreux lieux-dits sont consacrés.
N'avons-nous pas jouxtant le Puy du Fou, le lieu-dit de "Belair", lieu consacré au Dieu "Bel", le Grand Dieu Solaire.
Les Irlandais lui consacraient la Fête du 1er mai, ou "Beltaine" (Feu de Bel), et la plupart des hauts lieux lui étaient réservés.
Dans la nuit du Noël chrétien, qui correspondait à la nuit du solstice d'hiver, les Gaulois allumaient des feux sur les lieux élevés en l'honneur du Dieu Soleil.
Peut-être eut-il sur la colline du Vieux Puy du Fou, des feux autour desquels des danses rituelles se déroulaient toute la nuit.
La nuit du 1er au 2 novembre, Fête du Feu était aussi la Fête des Défunts.
Les feux de la Saint-Jean, sont les feux de l'ancienne Fête Gauloise du Soleil.
Ce culte "Solaire" a laissé des traces profondes dans les noms de lieux de notre région.
Les innombrables toponymes qu'on peut trouver dans notre Haut-Bocage, sont bien en rapport avec le Soleil. Cette région du Puy du Fou, des Herbiers, est-ce "Le Pays du Soleil" ?

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Alors le Puy du Fou ….."Colline du Soleil", "Colline du Feu".
Doit-on prendre en considération cette hypothèse, si l'on veut sortir des sentiers battus ?
Mais revenons à notre Puy du Fou primitif.
Les invasions barbares, vers la fin du 3ᵉ siècle de notre ère, obligèrent les habitants des Bourgs à construire sur les escarpements des ouvrages défensifs.
Ce fut certainement le cas pour les habitants du Bourg Bérart, et notre premier "Puy du Fou" fut certainement le suprême refuge de ses habitants en cas de siège.

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Peut-être d'abord un souterrain-refuge, qui fut le premier système défensif de nos lointains ancêtres.
Puis autour, on creusa des fossés, on dressa des palissades faites de pieux entrelacés de branchages et enfin, on éleva une tour de bois.
Le premier donjon, le premier château du Puy du Fou.
De ces fortifications qui ont pu être dressées pendant la période mérovingienne ou carolingienne, il ne subsiste rien.
Alors, à partir du Xᵉ et du XIᵉ siècle, dans tout l'ouest de la France se dressa des fortifications de pierres, donjons carrés ou rectangulaires, dont quelquefois les murs sont renforcés par des contreforts plats.

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Voyez le donjon rectangulaire des Herbiers.
Au XIe siècle, c'est l'époque des donjons romans, une tour carrée, aux angles ces massifs cylindriques et au centre des contreforts intermédiaires, souvent eux-mêmes en demi-cylindre.
À partir du XIIIe siècle, les châteaux se multiplient.
Autour d'un donjon, souvent intérieur, se développent une ou plusieurs enceintes, dont les courtines sont flanquées de tours rondes.
Souvent le donjon est l'une de ces tours.
Et ce fut certainement pareil pour le Puy du Fou, dont les ruines se dressent encore sur la " Colline du Soleil". En 1810, M. Poëy d'Avant (1792-1864), visitait ces ruines et il y voyait quelques vestiges de tours.
P. Lelièvre y découvrait la base de quelques tours "dénotant l'architecture militaire du Xᵉ ou du XIᵉ siècle.

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10 septembre 2018

Les choux

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Dans les brunes matinales et froides de novembre, avec mes compagnons de travail, il fallait "aller dans les choux".
Je m'en souviens….
Nous allions par les chemins creux impraticables, emportant sur notre dos les "rotes" (liens faits de branches) qui devaient servir à fagoter.
Avant de nous enfoncer dans les rangées de choux pour cueillir les feuilles, nous avions pris soin d'entourer nos jambes de pailles pour les garder sèches et chaudes.

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Un lourd et épais tablier, un sac de balle soutenu par des ficelles nous protégeaient aussi de l'humidité.
Et puis avant "le repas de l'après-midi", l'un d'entre nous retournait à la ferme chercher la charrette pour rentrer les fagots laissés au bout des sillons.
Accompagnés d'un morceau de lard, les choux consistent en un mets encore très apprécié.
Pour devenir centenaire, il fallait, paraît-il, manger des choux !

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On raconte qu'une grande famine avait sévi vers 1680, au temps de Louis XIV (1638-1715), à cause des pluies abondantes.
Le seigle avait germé, les moissons étaient perdues.
À Paris, 150.000 personnes mourraient de faim.
L'ouest de la France avait moins souffert.
En effet, notre région avait été épargnée grâce aux "choux verts" et aux navets.
Jacques Maupillier (garde)

24 février 2023

Avec les enfants.

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Lorsque la journée s'achevait, que toute la famille se retrouvait et que la soupe répandait une bonne odeur de choux.
Chaque soir, mes petits frères et mes petites sœurs m'attendaient pour bavarder dans la maison, au bout de la grande table.

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Il y avait Armand, Louise, Auguste et Gabrielle.
J'aimais les enfants.
Je bavardais avec eux.
J'appréhendais parfois leur regard angoissé, car déjà, ils supportaient mal les tourments de la vie.

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Ils désiraient notre compagnie, c'est pourquoi ils nous suivaient toujours dans les champs.
Au temps de la fenaison, ils profitaient des premières chaleurs et venaient avec nous dans les prés.

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A la fin de la journée de moisson, les enfants nous apportaient la collation et la soupe au vin pour nous rafraîchir.
Ils savaient nous émouvoir, ces enfants, que vous avez fait vivre dans "la Cinéscénie".

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Avec de simples gestes naturels, ils ont accompagné les adultes dans le temps de la seigneurie, dans le temps "des travaux et des cantiques" comme dans le temps de la révolte.

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Ils étaient touchants, parce qu'ils étaient vrais.
Eux aussi se souviendront longtemps du Puy du Fou.

Jacques Maupillier (Garde)

8 mai 2022

La grosse caisse *

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C'est au XVIIIe siècle, grâce à la vogue de la prétendue "musique turque", que la grosse caisse a pénétré dans l'orchestre dramatique.
C’est le plus gros des instruments à percussion du genre tambour à deux membranes et à son indéterminé.
Il est aussi appelé tonnant.

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On frappe la grosse caisse avec une ou deux mailloches (à 1 ou 2 têtes) garnies d'un tampon de liège ou de feutre.
Formée de deux peaux, soit de la peau de veau, soit, plus souvent, du plastique, elle produit le son le plus grave et se trouve tout au fond de l'orchestre.
On est accoutumé à l'entendre marquer les temps forts d'une musique bruyante et accentuée.

18 novembre 2013

Le hourd *

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Dans l'architecture militaire du Moyen Âge, le hourd est un échafaudage (construction temporaire) en bois solide, une charpente en encorbellement (balcon) au sommet d'une tour, d'une muraille ou des portes, destiné à recevoir des défenseurs, surplombant l’ennemi par une avancée.
Ces superstructures en bois étaient ajoutées en temps de guerre, améliorant la défense du château en permettant aux soldats, par des trous aménagés dans le plancher, de lancer des projectiles et d'atteindre un ennemi situé au pied de la muraille, tout en étant protégés.

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Pour empêcher l’ennemi de mettre le feu à cette structure défensive à l’aide de flèches embrasées, les soldats recouvraient les toits des hourds avec des peaux de bêtes humides.

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À la fin du Moyen Âge, les hourds, qui sont des constructions provisoires, vulnérables au feu, sont remplacés par leur équivalent en pierre, les mâchicoulis, encorbellement (balcon) couronnant systématiquement le sommet des murailles et des tours.
La protection est ainsi permanente, invulnérable au feu, résiste mieux aux projectiles envoyés par les diverses catapultes, protège mieux les défenseurs, et ne risque pas de se décrocher du mur.
Se dit aussi pour une Estrade sur laquelle s'installaient les spectateurs qui assistaient à un tournoi.

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