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21 novembre 2025

Les Roses du Mur Oublié

Dans un petit village niché entre collines et forêts, un vieux mur de pierre défiait le temps.

Jadis partie d’un grand château, il ne restait de l’édifice que ces pierres rugueuses, témoins silencieux d’un passé oublié.

Pourtant, quelque chose d’enchanteur avait pris possession de ses fissures : des rosiers grimpants aux fleurs d’un rose éclatant.

On racontait qu’il y a bien longtemps, une jeune femme nommée Élise vivait dans le château.

Fille du seigneur du château, elle aimait cultiver des roses et, chaque matin, elle venait en prendre soin, chuchotant à leurs pétales des secrets que seules les fleurs pouvaient entendre.

Mais un jour, une guerre éclata, et le château fut abandonné.

Élise disparut, mais ses roses continuèrent à pousser comme si elles cherchaient à toucher le ciel en défiant les saisons et le passage du temps.

Un siècle plus tard, un voyageur s’arrêta devant ce mur couvert de fleurs.

Intrigué, il s’approcha et cueillit une rose.

Aussitôt, un vent doux s’éleva, et il crut entendre un murmure, une voix légère comme un soupir : "Merci de ne pas m’oublier…".

Le village entier parla de cette étrange rencontre.

Certains disaient que c’était l’âme d’Élise qui veillait encore sur ses fleurs.

D’autres pensaient que c’était simplement la magie de la nature.

Mais une chose était certaine : tant que les roses fleuriraient sur ce mur ancien, l’histoire d’Élise ne serait jamais oubliée.

14 novembre 2025

Liberté en Lumière

Dans la nuit profonde éclate un éclair,
Un cri silencieux, un souffle sincère.
Des rais de lumière percent le noir,
Révélant l'espoir, sculptant l'histoire.

Bleu de l'azur, rouge de feu,
Blanc d'une paix aux mille vœux.
Les drapeaux dansent au vent d'hier,
Chantant encore un monde fier.

Ô Liberté, flamme éternelle,
Guide nos âmes, éclaire nos ailes.
Que jamais l'ombre ne t’enchaîne,
Que toujours ton éclat nous entraîne.

30 octobre 2023

Le Coeur Vendéen *

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Le double cœur entrelacé est un symbole qui remonte à la nuit des temps.
On en aurait retrouvé dans des sépultures gauloises et romaines.
Avant d'avoir comme blason le "Double Cœur", la Vendée depuis les temps préhistoriques avait son Totem du Cœur simple.
Le cœur, à l'époque préhistorique, était le symbole du soleil de l'équinoxe d'automne.
Ce soleil fut le premier dieu de nos lointains ancêtres, divinisé sous forme féminine, c'est-à-dire de la Vénus antique et devenu par christianisation le symbole de la Charité.
La première reproduction du cœur en Vendée, est une sculpture représentant un cœur simple creusé sur une des faces de la célèbre "Pierre Tournisse" de Torfou, près du château de Tiffauges.
C'est un énorme bloc de granit, en équilibre sur un piton rocheux, d'un poids évalué à environ 20.000 kg qui selon la légende, tourne sur elle-même à minuit de la Noël, d'où son nom.

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A l'époque néolithique, moins de 10 000 ans avant Jésus-Christ, on a trouvé en Vendée des cœurs simples en cuivre.
Le cœur évidé remonte à l'âge de fer (800à700 av J-C.).
En Vendée, le cœur apparaît dès le Haut Moyen Âge (400-900), sous forme d'agrafes de manteaux et capes portées par les femmes de la campagne pour assister aux Messes Dominicales.
Dès le IXe, le double cœur avait fait son apparition comme symbole de mariage.
Ensuite, au XVIème siècle, on le retrouve sous forme de décor, afin de servir d'agrafe à un vêtement masculin, genre cape ou toge.
Ce cœur était un dérivé de bijou préhistorique appelé "fibule".

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Il est aussi décor pour du mobilier (porte d'armoire et de petits bahuts) mais aussi sur les frontons de glace de pur style Louis XVI.
Symbolisant le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie, il est souvent surmonté d'une couronne, celle du CHRIST – la couronne d'épines et parfois elle-même surmontée d'une croix.
Le cœur rouge surmonté d'une croix demeure le symbole le plus évocateur de la Guerre de Vendée.
La dévotion catholique au Sacré-Cœur (très ancienne) veut honorer le cœur de Jésus-Christ, à la fois organe de son humanité et symbole de l'Amour divin pour les hommes.
Elle fut relancée à Caen vers 1640 par le Père Eudes, oratorien, fondateur de l'ordre des Eudistes et de celui des Filles de Notre-Dame-de-la-Charité, canonisé en 1925.
Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), religieuse de la Visitation à Paray-le-Monial, reçut la mission de la répandre au cours de trois apparitions (1672, 1673, 1674).
Ce culte fut diffusé dans l'Ouest par Louis-Marie Grignion de Montfort et les Missions montforraines du Père Mulot (1683-1749), basées à Saint-Laurent-sur-Sèvre, ainsi que par la visitation Sainte-Marie de Nantes, fête chrétienne catholique et chrétienne orthodoxe fêtée le 31 mai.

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Au cours de ses missions en Bas-Poitou, le père de Montfort consacrait toujours ses exercices spirituels au Sacré-Cœur.
Sur les grands calvaires de bois qu'il érigeait pour clôturer ses missions, il demandait à chaque famille de la paroisse, d'apposer sur le fut de cette croix un cœur de plomb, avec à l'avers le nom de la famille.
Cette coutume traversa la Révolution.
Nombreux étaient les paysans de la région qui portaient sur eux une "Sauvegarde", image du Sacré-Cœur dessinée sur du papier et destinées à les protéger des coups du sort.
Une croix surmontait le cœur, entre autres symboles l'accompagnant.
À partir de l'automne 1792, des textes circulèrent en Vendée, dont la prière de Louis XVI, qui faisait vœu de consacrer la France au Sacré-Cœur à sa libération.

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Et en 1793, si les tout premiers insurgés arboraient seulement une cocarde blanche, bien vite, le soldat vendéen partait à la guerre avec une représentation du Sacré-Cœur (surmonté d'une croix, couleur de sang sur un carré d'étoffe blanche) portée en scapulaire ou cousue à la boutonnière.
Le style en variait : cœur percé, surmonté ou non d'une croix, entouré d'une couronne d'épines, etc ...
D'après J. Dehergne (Les Vendéens de 1793), ce fut Cathelineau (1759-1793), le Saint de l'Anjou, connu pour sa piété, qui le premier arbora le Sacré-Cœur.
Certains étendards seront frappés du double cœur, surmontés d'une couronne d'épines et surmonté de l'inscription "Vive Louis XVII".

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Après la Guerre de Vendée, surtout sous la Restauration, le double cœur se popularisa.
Quant au double cœur surmonté d'une couronne et d'une croix, il apparaît sur le blason du département de la Vendée le 20 octobre 1943.
Le blason départemental de la Vendée est le résultat d'un concours organisé par la Revue du Bas-Poitou en janvier 1943.
En 1989, ce double cœur fut modernisé et stylisé et il devint détaché du blason rouge comme le Sacré Cœur traditionnel, le logo actuel de la Vendée.

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Il fait référence au Sacré-Cœur et au traditionnel cœur poitevin que l'on portait agrafé en bijou depuis les temps anciens.

6 novembre 2025

La Lumière de Verdun

Sous la terre fendue, la tranchée gémit,

Un monde d’ombre, de boue, de souffle éteint.

Le vent porte un goût de fer et de nuit,

Et le temps s’arrête entre deux matins.

Un soldat lève les yeux, malgré la peur,

Une fente de clarté fend la noirceur,

Comme un ange discret dans l’éternel.

Autour de lui, tout dort, tout saigne, tout tremble,

Les corps, les lettres, les noms....... tous se mêlent.

Mais dans son regard, une flamme s’assemble,

C’est la lumière, frêle et belle.

Ce n’est pas le jour, ni la fin du combat,

C’est l’aube du cœur qui refuse de se taire.

Sous Verdun, là où nul soleil ne va,

Brille un espoir : celui de la lumière.

Et dans la nuit qui dure,

Un homme voit Dieu dans la fêlure.

Car même au cœur du néant, au plus profond,

La lumière d’espoir perce le front.

29 octobre 2025

Histoire du Globe Terrestre de Bureau.

De l'Antiquité à l'Ère Numérique

Ce document explore l'histoire fascinante du globe terrestre de bureau, de ses origines antiques à son évolution contemporaine.

Nous suivrons son parcours, de simple objet décoratif à un outil éducatif essentiel, en analysant les innovations techniques, les acteurs clés et les défis posés par l'ère numérique.

Le marché actuel, estimé à 280 millions d'euros, témoigne de sa valeur persistante, malgré la concurrence des globes virtuels.

Les Origines Antiques du Globe Terrestre

La conception sphérique de la Terre, bien que contestée à certaines époques, était déjà présente dans la pensée grecque.

Des figures comme Anaximandre (610-546 av. J.-C.) ont proposé des modèles cosmologiques impliquant une Terre arrondie.

Aristote a fourni des arguments observationnels en faveur de cette sphéricité, tandis qu'Ératosthène a calculé la circonférence de la Terre avec une précision remarquable.

Le premier globe terrestre physique documenté est attribué à Cratès de Mallos (150 av. J.-C.), bien que sa représentation exacte reste sujette à interprétation.

Ces premières tentatives témoignent d'une volonté de visualiser et de comprendre notre place dans l'univers.

La Terre est ronde, car sinon les éclipses lunaires montreraient différentes formes.

L'héritage grec a posé les fondations pour le développement futur de la cartographie et de la représentation du monde.

L'Évolution au Moyen Âge

Au Moyen Âge, le savoir antique fut préservé et enrichi par les savants du monde islamique.

Le globe terrestre arabe d'Al-Idrissi (1154), intégré dans son ouvrage "Tabula Rogeriana", représente une avancée significative en matière de cartographie.

Les cartographes musulmans ont contribué au développement des techniques de fabrication et à l'amélioration de la précision des cartes.

Ces connaissances ont ensuite influencé les premiers globes européens du 13ᵉ siècle, marquant une renaissance de l'intérêt pour la représentation du monde.

Ces globes, souvent conservés dans les monastères et les cours royales, servaient à la fois d'objets d'étude et de symboles de pouvoir.

La Renaissance : âge d'or des Globes

La Renaissance a été une période d'effervescence pour la cartographie et la fabrication de globes.

L'"Erdapfel" de Martin Behaim (1492), bien que contenant des inexactitudes dues à la méconnaissance des Amériques, est un exemple emblématique de cette époque.

L'invention de l'imprimerie a permis la reproduction plus facile et plus large des cartes, contribuant à la diffusion du savoir géographique. Gerardus Mercator a révolutionné la cartographie avec sa projection cylindrique conforme (1541), facilitant la navigation maritime.

Des ateliers spécialisés ont émergé à Venise et dans d'autres villes européennes, produisant des globes de plus en plus précis et décoratifs.

L'amélioration des techniques de gravure et l'utilisation de nouveaux matériaux ont permis de créer des globes d'une qualité esthétique inégalée, témoignant de la richesse et du savoir de leurs propriétaires.

L'Industrialisation et la Démocratisation

Le 19ᵉ siècle a vu l'industrialisation de la production de globes terrestres, les rendant plus accessibles au grand public. James Wilson, un cartographe américain, a développé des techniques innovantes pour la fabrication en série de globes (1810).

La réduction des coûts de fabrication (jusqu'à 75 % entre 1850 et 1900) a permis l'introduction des globes dans les écoles européennes, contribuant à l'éducation géographique des jeunes générations.

Le globe est devenu un outil pédagogique indispensable, permettant de visualiser la forme de la Terre et la répartition des continents et des océans.

Les Matériaux et Techniques de Fabrication

L'histoire du globe terrestre est aussi celle de l'évolution des matériaux et des techniques de fabrication.

Les premiers globes étaient souvent construits en bois recouvert de papier mâché, tandis que les modèles plus tardifs ont utilisé du métal et, finalement, du plastique.

Les techniques d'impression des cartes ont également progressé, passant de la gravure manuelle à la lithographie et à l'impression offset.

Les procédés de montage et d'assemblage ont été constamment améliorés pour garantir la précision et la durabilité des globes.

Les standards de qualité modernes exigent une représentation fidèle de la géographie terrestre, ainsi qu'une résistance aux conditions environnementales (bois, métal, papier, plastique).

Les Grands Fabricants Historiques

Plusieurs entreprises ont marqué l'histoire de la fabrication de globes terrestres.

La Maison Forest (France, 1751) est l'une des plus anciennes, reconnue pour la qualité de ses globes artisanaux. Rand McNally (USA, 1856) a popularisé les globes à grande échelle aux États-Unis.

Columbus Verlag (Allemagne, 1909) est réputé pour ses globes précis et innovants.

En 2022, le chiffre d'affaires cumulé de ces fabricants historiques s'élevait à environ 150 millions d'euros, témoignant de leur position dominante sur le marché.

Ces entreprises ont su s'adapter aux évolutions technologiques et aux changements de la demande, tout en conservant un savoir-faire unique.

Le Globe comme Objet d'Art

Au-delà de sa fonction éducative, le globe terrestre est également un objet d'art prisé des collectionneurs.

Les collections célèbres, comme celles conservées à la Bibliothèque nationale de France, témoignent de la valeur historique et esthétique des globes anciens.

Les globes précieux, fabriqués à partir de matériaux nobles et ornés de décorations élaborées, atteignent des prix considérables lors des ventes aux enchères.

En 2019, un globe rare a été vendu pour 135 000 euros.

Des artistes contemporains se sont aussi approprié le globe terrestre, le réinterprétant à travers des créations originales et conceptuelles.

L'Utilisation Pédagogique

Le globe terrestre joue un rôle essentiel dans l'enseignement de la géographie.

Il permet aux élèves de visualiser la forme de la Terre, la position des continents, des océans et des pays.

Des méthodes pédagogiques spécifiques ont été développées pour exploiter au mieux le potentiel du globe.

Des études ont montré que l'utilisation du globe améliore la compréhension spatiale des élèves de 45 %.

Selon les statistiques, 92 % des écoles primaires françaises utilisent des globes terrestres dans leurs classes.

Le globe terrestre est un outil irremplaçable pour développer la conscience géographique et la curiosité des enfants.

L'Ère Numérique et les Nouveaux Défis

L'avènement de l'ère numérique a posé de nouveaux défis à l'industrie du globe terrestre.

La concurrence des globes virtuels, comme Google Earth (qui compte plus d'un milliard d'utilisateurs), est de plus en plus forte.

Cependant, des innovations technologiques, telles que les globes augmentés (combinant un globe physique avec des informations numériques interactives), offrent de nouvelles perspectives.

En 2023, le marché des globes physiques a connu une baisse de 15 %, soulignant la nécessité de s'adapter aux nouvelles réalités.

La question est de savoir comment le globe traditionnel peut conserver sa pertinence dans un monde de plus en plus numérique.

Le Globe Contemporain

Le globe terrestre contemporain se caractérise par de nouvelles fonctionnalités interactives, l'utilisation de matériaux écologiques et durables, et une production responsable et locale.

Les fabricants cherchent à proposer des produits qui répondent aux préoccupations environnementales et sociales des consommateurs. Le prix moyen d'un globe de bureau varie de 45 à 200 euros, en fonction de sa taille, de ses fonctionnalités et de sa qualité.

Le globe contemporain est un objet à la fois pratique, esthétique et respectueux de l'environnement.

Conclusion

L'histoire du globe terrestre de bureau est celle d'une fusion constante entre tradition et technologie.

Malgré la concurrence des outils numériques, le globe conserve une valeur éducative persistante et un attrait esthétique indéniable.

Le marché des globes physiques, bien que de niche, reste stable et offre des perspectives de croissance (estimées à +5 % par an jusqu'en 2028).

L'avenir du globe terrestre réside dans sa capacité à s'adapter aux nouvelles technologies et aux préoccupations environnementales, tout en conservant son rôle essentiel dans l'éducation.

29 décembre 2025

Quelle est l'histoire du cinéma ?

Le cinéma représente l'une des inventions les plus fascinantes de l'humanité, transformant notre façon de raconter des histoires et de percevoir le monde.

De simples illusions d'optique aux blockbusters numériques d'aujourd'hui, cette forme d'art a parcouru un chemin extraordinaire, marqué par l'innovation technique et la créativité humaine.

Les origines : des illusions d'optique aux premières images animées

Bien avant que les frères Lumière ne révolutionnent le monde du spectacle, des inventeurs visionnaires explorent les mystères de l'image animée.

Dès le XVIIe siècle, la fascination pour l'illusion du mouvement anime les esprits curieux.

Ces pionniers comprennent intuitivement qu'en trompant l'œil humain, ils peuvent créer la magie du mouvement à partir d'images fixes.

La découverte fondamentale de Joseph Plateau (1801-1883) en 1829 sur la persistance rétinienne explique scientifiquement comment notre cerveau interprète une succession rapide d'images comme un mouvement continu.

Cette révélation avec le "phénakistiscope" ouvre la voie à une série d'inventions ingénieuses qui captiveront le public pendant des décennies.

Parallèlement, la photographie naît en 1826 avec Nicéphore Niépce (1765-1833) et se perfectionne grâce à Louis Daguerre (1787-1851) en 1839.

Cette capacité à figer la réalité sur un support matériel constitue la pierre angulaire technique indispensable pour capturer puis animer des images du monde réel.

La naissance officielle du cinéma : les frères Lumière et le cinématographe (1895)

Le 28 décembre 1895 marque un tournant décisif dans l'histoire du divertissement et de l'art.

Ce soir-là, au Salon Indien du Grand Café à Paris, Auguste (1862-1954) et Louis (1864-1948) Lumière organisent la première projection publique payante de films devant un public médusé.

Les spectateurs découvrent avec émerveillement des scènes du quotidien prenant vie sur un écran blanc : des ouvriers sortant d'une usine, un train arrivant en gare de La Ciotat, une séquence si réaliste que certains spectateurs reculent instinctivement, craignant d'être renversés.

L'invention révolutionnaire des Lumière, le cinématographe, combine ingénieusement trois fonctions essentielles en un seul appareil : caméra, projecteur et tireuse de copies.

Cette polyvalence technique transforme radicalement la diffusion des images animées, permettant enfin une expérience collective et partagée du spectacle cinématographique.

Si Thomas Edison (1847-1931) avait déjà développé le kinétoscope en 1891, son système ne permettait qu'une visualisation individuelle à travers un viseur, limitant considérablement l'impact social et culturel de l'invention.

Les frères Lumière, en privilégiant la projection collective, créent véritablement le septième art tel que nous le connaissons aujourd'hui.

Les pionniers et l'essor du cinéma muet (1896-1927)

L'ère du cinéma muet voit émerger des personnalités exceptionnelles qui transforment cette nouvelle technologie en véritable forme d'art.

Georges Méliès 1861-1938), magicien de profession, apporte au cinéma sa créativité débordante et son sens du spectacle.

Dans son studio de Montreuil, il invente les premiers effets spéciaux : surimpressions, trucages, colorisation manuelle.

Ses films fantastiques comme Le Voyage dans la Lune (1902) prouvent que le cinéma peut dépasser la simple reproduction du réel.

En Russie, Sergueï Eisenstein révolutionne l'art du montage cinématographique avec Le Cuirassé Potemkine (1925).

Sa théorie du "montage des attractions" démontre comment la juxtaposition d'images peut créer du sens et générer des émotions puissantes chez le spectateur.

La célèbre séquence de l'escalier d'Odessa reste aujourd'hui encore une référence absolue en matière de construction narrative visuelle.

Le passage au cinéma parlant et l'âge d'or hollywoodien (1927-1945)

Le 6 octobre 1927, la première new-yorkaise du Chanteur de jazz réalisé par Alan Crosland (1894-1936) bouleverse l'industrie cinématographique mondiale.

Pour la première fois, les spectateurs entendent la voix des acteurs synchronisée avec l'image.

Al Jolson (1886-195) prononce les mots historiques "You ain't heard nothing yet !" et le cinéma muet commence son inexorable déclin.

Cette révolution technique et artistique majeure transforme profondément tous les aspects de la production cinématographique.

Hollywood s'impose rapidement comme la "Mecque du cinéma", attirant les plus grands talents du monde entier.

Les studios produisent des films à grand spectacle qui fascinent des millions de spectateurs.

Le star-system crée des icônes mondiales comme Greta Garbo (1905-1990), Clark Gable (1901-1960) ou Humphrey Bogart (1899-1957).

Les genres se diversifient : westerns épiques, comédies musicales éblouissantes, films noirs atmosphériques.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le cinéma devient également un outil de propagande et d'engagement politique.

Charlie Chaplin (1889-1977) réalise Le Dictateur (1940), satire mordante du nazisme qui démontre la puissance du cinéma comme arme contre l'oppression.

Hollywood participe activement à l'effort de guerre en produisant des films patriotiques qui galvanisent le moral des troupes et du public.

Innovations techniques et esthétiques du XXe siècle

Le XXe siècle témoigne d'une accélération spectaculaire des innovations techniques qui redéfinissent constamment les possibilités artistiques du cinéma.

L'arrivée de la couleur dans les années 1930, popularisée par des films comme Autant en emporte le vent (1939), ajoute une dimension esthétique nouvelle, permettant aux réalisateurs de composer leurs images comme de véritables tableaux vivants.

Les écrans larges apparaissent dans les années 1950 pour concurrencer la télévision naissante.

Le CinemaScope, le Cinerama et autres formats panoramiques offrent une expérience immersive spectaculaire, particulièrement adaptée aux films d'aventure et aux épopées historiques.

Ces innovations techniques répondent au besoin constant de proposer au public une expérience impossible à reproduire dans le salon familial.

Les effets spéciaux évoluent considérablement, maquettes, animations images par images de Ray Harryhausen (1920-2013), aux images de synthèse révolutionnaires de Jurassic Park (1993) et Toy Story (1995).

La révolution numérique des années 1990 transforme radicalement la production cinématographique : caméras numériques, montage virtuel, étalonnage numérique, et distribution dématérialisée deviennent progressivement la norme, démocratisant la création tout en élevant les standards de qualité technique.

Le cinéma comme art et reflet de la société : regards critiques et expérimentations

Le cinéma transcende rapidement son statut de simple divertissement pour devenir un véritable langage artistique et un miroir des évolutions sociales, politiques et culturelles.

Jean-Luc Godard (1930-2022), figure emblématique de la Nouvelle Vague française, propose avec sa série documentaire monumentale Histoire(s) du cinéma (1988-1998) une réflexion complexe et poétique sur le rôle du cinéma dans l'histoire du XXe siècle.

À travers un montage expérimental mêlant archives, peintures, musique et textes, Godard interroge la capacité du cinéma à témoigner, à documenter, mais aussi à transformer notre perception du réel.

Le septième art explore une diversité thématique extraordinaire, des actualités filmées aux grandes fictions épiques, en passant par les documentaires engagés et les expérimentations avant-gardistes.

Chaque mouvement cinématographique (néoréalisme italien, Nouvelle Vague française, Nouvel Hollywood américain, cinéma des pays émergents) apporte sa vision unique et enrichit le langage cinématographique global.

Le cinéma devient ainsi un outil privilégié de réflexion sur les grandes questions de notre temps : l'identité, la mémoire collective, les injustices sociales, les conflits politiques, les transformations technologiques.

Il renouvelle sans cesse ses langages visuels et narratifs, prouvant sa capacité d'adaptation et sa vitalité créative perpétuelle.

Conclusion : le cinéma, une invention collective en perpétuelle évolution

Plus qu'une simple invention technique, le cinéma représente une aventure humaine collective façonnée par des générations de visionnaires, d'artistes, d'ingénieurs et de rêveurs.

De la persistance rétinienne découverte par Joseph Plateau aux algorithmes d'intelligence artificielle qui révolutionnent aujourd'hui la postproduction, chaque étape de cette histoire illustre la capacité humaine à transformer la technologie en art.

De la première séance des frères Lumière au Grand Café en 1895 jusqu'aux plateformes de streaming et aux salles IMAX d'aujourd'hui, le cinéma n'a cessé de se réinventer.

Il a transformé profondément notre manière de percevoir le monde, de raconter des histoires, de partager des émotions collectives et de construire notre imaginaire culturel commun.

Cette capacité d'évolution perpétuelle constitue peut-être la caractéristique la plus remarquable du septième art.

Chaque génération apporte ses innovations techniques, ses questionnements esthétiques, ses préoccupations sociales.

Le cinéma contemporain mêle tradition et innovation, techniques artisanales et outils numériques de pointe, narrations classiques et expérimentations audacieuses.

Aujourd'hui, à l'ère des effets spéciaux numériques hyperréalistes, de la réalité virtuelle et des salles équipées des technologies les plus avancées, le cinéma reste fidèle à sa promesse originelle : créer de la magie à partir de lumière projetée, susciter l'émerveillement, provoquer la réflexion, et nous rappeler notre humanité partagée.

Plus qu'un simple divertissement, le cinéma demeure un art vivant et universel, un langage international qui transcende les frontières et les cultures, continuant d'enchanter et d'inspirer des milliards de spectateurs à travers le monde.

 

3 novembre 2025

Histoire des baptistères

Ce document explore l'histoire fascinante des baptistères, des structures architecturales dédiées au sacrement du baptême.

Depuis leurs humbles débuts dans les rivières et les salles privées jusqu'à leur apogée en tant que bâtiments indépendants richement décorés, les baptistères témoignent de l'évolution des pratiques baptismales et de l'importance du baptême dans la foi chrétienne.

Nous examinerons l'architecture, le symbolisme et l'influence culturelle de ces monuments, en mettant en lumière leur héritage durable dans la liturgie et l'architecture chrétiennes modernes.

Les origines du baptême chrétien

Le baptême chrétien trouve ses racines dans les pratiques rituelles de purification du judaïsme, notamment les ablutions rituelles et le baptême de conversion pratiqué par Jean-Baptiste.

Ces rites symbolisaient le renoncement au péché et l'entrée dans une nouvelle vie spirituelle.

Le baptême chrétien, tel qu'il est institué par Jésus-Christ, reprend cette symbolique en y ajoutant une dimension trinitaire.

Il est administré au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Il marque l'initiation du croyant à la communauté chrétienne et sa participation à la mort et à la résurrection du Christ.

Les premiers chrétiens considéraient le baptême comme un sacrement essentiel, conférant le pardon des péchés et l'adoption dans la famille de Dieu.

L'importance du baptême est soulignée dans les Écritures, spécialement dans les Actes des Apôtres, où il est présenté comme une étape indispensable pour devenir disciple du Christ.

Les premiers Pères de l'Église ont également insisté sur la nécessité du baptême pour le salut, en le considérant comme une nouvelle naissance spirituelle.

Au cours des premiers siècles du christianisme, le baptême était généralement administré par immersion complète dans l'eau, symbolisant l'ensevelissement de l'ancienne vie et la résurrection à une nouvelle vie en Christ.

Cette pratique reflétait l'importance accordée à la purification et à la transformation spirituelle.

Le baptême était souvent précédé d'une période de catéchuménat (initiation), au cours de laquelle les futurs baptisés étaient instruits dans la foi chrétienne et préparés à recevoir le sacrement.

Les premiers lieux de baptême : des rivières aux salles dédiées

Au début du christianisme, en l'absence de bâtiments spécifiquement dédiés au baptême, les cérémonies baptismales se déroulaient dans divers lieux.

Les rivières et les sources d'eau naturelle étaient fréquemment utilisées, en particulier dans les régions où l'eau était abondante.

Ces lieux symbolisaient la purification et le renouveau spirituel associés au baptême.

Des exemples de baptêmes dans des cours d'eau sont décrits dans le Nouveau Testament, notamment le baptême de Jésus par Jean-Baptiste dans le Jourdain.

Dans les communautés chrétiennes urbaines, où l'accès aux cours d'eau était limité, des salles privées étaient aménagées pour servir de lieux de baptême.

Ces salles étaient souvent situées dans les maisons des chrétiens les plus aisés et étaient équipées de bassins ou de cuves baptismales.

Ces espaces dédiés permettaient de célébrer le baptême dans un cadre plus intime et contrôlé, tout en offrant un abri contre les persécutions.

L'archéologie a révélé l'existence de ces premières salles baptismales dans plusieurs sites antiques, notamment à Doura Europos en Syrie et à Aquilée en Italie.

Ces découvertes témoignent de la diversité des pratiques baptismales et de l'adaptation des premiers chrétiens aux contraintes de leur environnement.

Bien que modestes en comparaison des baptistères ultérieurs, ces premiers lieux de baptême témoignent de l'importance accordée au sacrement et de la volonté de la communauté chrétienne de se doter d'espaces adaptés à sa célébration.

L'émergence des baptistères comme bâtiments indépendants

À partir du IVe siècle, avec la reconnaissance du christianisme comme religion officielle de l'Empire romain, les communautés chrétiennes ont commencé à construire des bâtiments spécifiquement dédiés au baptême : les baptistères.

Cette évolution architecturale reflète l'importance croissante du baptême dans la vie de l'Église et la volonté de lui donner une place plus visible et solennelle.

Plusieurs facteurs ont contribué à l'émergence des baptistères comme bâtiments indépendants.

Tout d'abord, l'augmentation du nombre de baptêmes, en particulier d'enfants, a nécessité des espaces plus vastes et mieux adaptés.

Ensuite, le développement de la liturgie baptismale, avec ses rites et ses prières spécifiques, a encouragé la création de lieux dédiés à sa célébration.

Enfin, la volonté de marquer la séparation entre le monde profane et le monde sacré a conduit à la construction de bâtiments distincts des églises.

Les premiers baptistères étaient généralement situés à proximité des cathédrales ou des églises épiscopales, soulignant ainsi le lien étroit entre le baptême et la communauté ecclésiale.

Ils étaient souvent de forme circulaire ou octogonale, symbolisant la perfection divine et la résurrection du Christ.

Ces bâtiments étaient richement décorés de mosaïques, de sculptures et de fresques, illustrant des scènes bibliques et des symboles chrétiens.

L'exemple le plus emblématique de cette époque est sans doute le baptistère de Latran à Rome, construit sous le règne de l'empereur Constantin.

L'architecture et le symbolisme des baptistères

L'architecture des baptistères est riche en symbolisme, reflétant la signification spirituelle du sacrement du baptême.

La forme octogonale, fréquente dans les baptistères, rappelle le huitième jour, symbole de la résurrection du Christ et de la nouvelle création.

Elle évoque également les huit personnes sauvées du Déluge dans l'arche de Noé, préfigurant ainsi le salut offert par le baptême.

La cuve baptismale, située au centre du baptistère, est l'élément principal de l'édifice.

Elle symbolise le tombeau et le sein maternel, évoquant la mort et la résurrection du Christ, ainsi que la nouvelle naissance spirituelle du baptisé.

La cuve est souvent alimentée par une source d'eau vive, symbolisant la grâce divine qui purifie et régénère.

L'eau elle-même est un symbole puissant de purification, de vie et de régénération spirituelle.

Les décorations des baptistères, telles que les mosaïques, les sculptures et les fresques, sont aussi chargées de symbolisme.

Elles représentent habituellement des scènes bibliques liées au baptême, comme le baptême de Jésus, le passage de la mer Rouge ou le baptême des catéchumènes (postulant au baptême).

Elles peuvent également illustrer des symboles chrétiens, comme le poisson (ichtus), l'agneau pascal ou le monogramme du Christ (chrismon).

Ces images visuelles avaient pour but d'instruire les fidèles sur la signification du baptême et de renforcer leur foi.

De l'Antiquité tardive et du Moyen Âge

L'Antiquité tardive et le Moyen Âge ont vu la construction de nombreux baptistères remarquables, qui témoignent de l'importance du baptême dans la vie de l'Église.

Parmi les exemples les plus célèbres, on peut citer le baptistère de Latran à Rome, construit au IVe siècle sous le règne de l'empereur Constantin.

Ce baptistère, de forme octogonale, est considéré comme le plus ancien et le plus important de Rome.

Il a servi de modèle pour de nombreux baptistères ultérieurs.

L'évolution des pratiques baptismales et leur impact sur l'architecture

Les pratiques baptismales ont évolué au cours de l'histoire, ce qui a eu un impact sur l'architecture des baptistères.

Au début du christianisme, le baptême était généralement administré par immersion complète dans l'eau, nécessitant des cuves baptismales de grande taille.

Avec le temps, la pratique de l'aspersion, consistant à verser de l'eau sur la tête du baptisé, s'est progressivement répandue, en particulier pour les enfants et les personnes malades.

Cette évolution a conduit à la construction de cuves baptismales plus petites et moins profondes.

L'évolution de la liturgie baptismale a également influencé l'architecture des baptistères.

Au Moyen Âge, la cérémonie baptismale est devenue plus complexe, avec des rites et des prières spécifiques pour chaque étape du processus.

Cela a conduit à l'aménagement d'espaces distincts dans les baptistères, tels que des salles d'attente pour les catéchumènes , des espaces de célébration pour les rites préparatoires et des zones de consécration pour le baptême lui-même.

De plus, la théologie du baptême a aussi eu un impact sur l'architecture des baptistères.

Au cours du Moyen Âge, l'accent a été mis sur la notion de péché originel et sur la nécessité du baptême pour purifier l'âme du baptisé.

Cela a conduit à la construction de baptistères plus sombres et plus austères, soulignant ainsi la gravité du péché et la nécessité de la grâce divine.

Le déclin des baptistères et l'intégration des fonts baptismaux dans les églises

À partir du XIIIe siècle, l'utilisation des baptistères comme bâtiments indépendants a commencé à décliner.

Plusieurs facteurs ont contribué à ce déclin.

Tout d'abord, le développement des églises paroissiales a rendu moins nécessaire la présence de baptistères distincts.

Ensuite, l'évolution des pratiques baptismales, avec la généralisation de l'aspersion, a rendu moins indispensable la présence de cuves baptismales de grande taille.

De plus, la centralisation du pouvoir ecclésiastique et la volonté de contrôler davantage les sacrements ont conduit à l'intégration des fonts baptismaux à l'intérieur des églises.

Les fonts baptismaux, souvent de petite taille et placés près de l'entrée de l'église, sont devenus le lieu privilégié pour la célébration du baptême.

Cette intégration a permis de mieux contrôler la cérémonie et de souligner l'importance de l'église comme lieu central de la vie chrétienne.

Le déclin des baptistères en tant que bâtiments indépendants ne signifie pas pour autant la disparition du baptême.

Au contraire, le baptême est resté un sacrement essentiel de la foi chrétienne, célébré dans les églises du monde entier.

L'intégration des fonts baptismaux à l'intérieur des églises a permis de rendre le baptême plus accessible et de l'intégrer plus étroitement à la vie de la communauté chrétienne.

La redécouverte et la préservation des baptistères anciens

Au cours des siècles, de nombreux baptistères anciens ont été abandonnés ou transformés en d'autres types de bâtiments.

Cependant, à partir du XIXe siècle, un intérêt croissant pour l'archéologie et l'histoire de l'art a conduit à la redécouverte et à la préservation de ces monuments.

Des fouilles archéologiques ont permis de mettre au jour des baptistères enfouis sous terre ou oubliés dans des régions reculées.

Des restaurations ont été entreprises pour préserver et mettre en valeur les baptistères existants.

La redécouverte des baptistères anciens a permis de mieux comprendre l'histoire du baptême et de l'architecture chrétienne.

Ces monuments témoignent de la diversité des pratiques baptismales et des influences culturelles qui ont façonné l'art et l'architecture chrétiens.

Ils offrent également un témoignage précieux sur la vie et la foi des premiers chrétiens.

Aujourd'hui, de nombreux baptistères anciens sont ouverts au public et accueillent des visiteurs du monde entier.

Ils sont considérés comme des trésors du patrimoine culturel et religieux, témoignant de l'importance du baptême dans l'histoire de la civilisation occidentale.

Des efforts sont déployés pour assurer leur préservation et leur mise en valeur, afin que les générations futures puissent continuer à admirer et à étudier ces monuments exceptionnels.

Conclusion 

L'histoire des baptistères témoigne de l'importance durable du baptême dans la liturgie et l'architecture chrétiennes.

Bien que les baptistères comme bâtiments indépendants soient moins courants aujourd'hui, leur héritage se manifeste dans les fonts baptismaux présents dans les églises du monde entier.

Les fonts baptismaux continuent de symboliser la purification, la régénération et l'initiation à la communauté chrétienne.

L'architecture des baptistères anciens a également influencé la conception des églises modernes.

La forme octogonale, souvent associée aux baptistères, est parfois reprise dans la construction de nouvelles églises, soulignant ainsi le lien entre le baptême et la communauté ecclésiale.

Les décorations des baptistères, telles que les mosaïques et les fresques, continuent d'inspirer les artistes et les architectes dans la création d'espaces sacrés.

En conclusion, l'histoire des baptistères est une histoire riche et complexe, qui témoigne de l'évolution des pratiques baptismales, de l'architecture chrétienne et de la foi des chrétiens à travers les siècles.

Les baptistères anciens sont des monuments précieux, qui nous rappellent l'importance du baptême comme sacrement d'initiation et de transformation spirituelle.

Leur héritage continue d'inspirer et d'enrichir la vie liturgique et architecturale des communautés chrétiennes modernes.

En étudiant l'histoire des baptistères, nous pouvons mieux comprendre les racines de notre foi et la signification du baptême dans notre vie.

Nous pouvons également apprécier la beauté et la richesse de l'art et de l'architecture chrétiens.

Les baptistères sont des lieux de mémoire et de spiritualité, qui nous invitent à la contemplation et à la prière.

 

24 octobre 2025

L’arroche rouge.

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L’arroche rouge Opéra, Atriplex hortensis, autrefois appelée “bonne - belle dame des jardins” ou “chou d’amour", est une variété de légumes-feuille d’origine française.
L'arroche est une plante ancienne, qui fut très cultivée du Moyen Âge au 19ᵉ siècle.
De culture facile, elle fait partie de ces légumes oubliés qui reviennent au goût du jour.
Cette plante est cultivée dans les zones tempérées et mesure en moyenne entre 50 et 80 cm, mais peut atteindre une hauteur de 1,50 m voir 3 mètres avec de grosses tiges cannelées et ramifiées.
Sa croissance rapide permet aux jardiniers de récolter rapidement de mai à novembre en grande quantité.
Ses longues tiges pourpres portent de larges feuilles rouges qui peuvent être consommées crues ou cuites comme des épinards.
Même si son goût est moindre que l’épinard, elle peut se consommer crue avec son petit goût iodé.
C’est pourquoi les enfants la préfèrent aux épinards.
C’est une plante qui accompagne parfaitement des plats tels que des soupes, des ragoûts, des quiches, des pâtes ou des crêpes et se marie aussi facilement avec des légumes-racine râpés.

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Elles sont aussi utilisées dans la confection de colorant alimentaire, comme la betterave rouge.
Il existe également l’arroche verte, variété rustique au goût très proche de l’épinard, ou encore l’arroche blonde, aux feuilles vert pâle et arrondies, moins haute, mais plus prolifique que l’arroche rouge.
Ses vertus rafraîchissantes et laxatives sont les principales propriétés de l'arroche.
De plus, elle apaise les maux de gorge, les affections du foie et la fièvre.
Cette plante dispose de propriétés laxatives et diurétiques qui sont très recherchées notamment pour celles qui suivent un régime amincissant.
En consommant régulièrement les feuilles, vous aidez votre transit intestinal à mieux fonctionner.
​Il est aussi possible de réaliser des cataplasmes avec les feuilles qui vont venir soulager les piqûres d’insectes et les coups de soleil.
Sur le plan nutritionnel, l’arroche contient de nombreux nutriments comme le fer, le magnésium, les vitamines C, A, K, le calcium, du phosphore, des carotènes, des protéines, d'acide oxalique, etc…..
Cette teneur élevée en acide ascorbique, renforce considérablement le système immunitaire, stimule la production de globules blancs et accélère les fonctions corporelles telles que la régénération cellulaire et la cicatrisation des plaies.

Elle traite aussi les maladies respiratoires et pulmonaires.

29 juin 2017

Appel au recueillement.

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Dans le spectacle "La Cinéscénie", on entend :
"J'aime la prière des cloches à l'angélus de l'aube"…
La Cinéscénie nous invite "indirectement" à aller plus profondément dans le recueillement.
Dès le début, déjà, on entend :
"Il m''appellent le vieux galopin, ....le vieux cherche-pain..."
Même s'il ne passe plus de nos jours de village en village, ce vieux cherche-pain ne peut-il pas faire penser à tous les pauvres gens de notre terre, à tous ceux qui, en notre siècle, cherchent leur pain et n'en trouvent pas ...

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Que d'efforts à faire pour qu'une plus grande égalité existe entre les hommes, pour qu'une solidarité plus profonde ouvre le cœur des uns et des autres.
Et cette famille des Maupillier, quel bel exemple de la vertu d'accueil si nécessaire pour la vie en société !
La place du "Pauvre" est toujours là, quelle que soit l'heure à laquelle il se présente.

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Ensuite, on évoque au passage l'Abbaye de la Grainetière, si florissante en son époque.
Une abbaye, lieu où se rassemblaient des hommes consacrant toute leur vie au Seigneur et portant dans leurs prières les soucis de tous les travailleurs des alentours.
"J'aime la prière des cloches à l'angélus de l'aube qui féconde mes champs".
La prière des cloches, la sonnerie de cloches est le symbole de la prière qui monte du cœur de l'homme vers le Seigneur du Ciel et de la Terre :

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Rythmant chaque jour le travail des hommes pour la prière du matin, la pause du midi et la prière du soir...
Rythmant chaque semaine le repos du dimanche pour la louange du Seigneur.
Rythmant encore les grandes étapes de la vie, depuis "les matins de Baptême jusqu'aux soirs de trépas".
Toute la vie de l'homme est ainsi traversée de moments de prière.
Survient ensuite la grande bourrasque de 1793.

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Parce qu'on les empêche de pratiquer leur religion et de vivre leur foi, des hommes, des femmes et des enfants vont se soulever pour défendre leur terre et leur foi.
Ils sacrifieront leur vie pour la défense des libertés les plus fondamentales.

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Alors que les "Colonnes Infernales de Turreau" poursuivent leur œuvre de mort tant dans les localités que dans les campagnes.
Dans les scènes qui suivent ces évocations de batailles et de cruauté, est-il impossible de faire monter vers Dieu une prière, une demande de pardon pour tout ce que la méchanceté des hommes a suscité et suscite encore de par le monde : guerres, violences, massacres, etc ... ?

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Ce pardon, dont Bonchamps, nous laisse chaque soir un si bel exemple :
"Grâce aux prisonniers".
Avec l'évocation du Saint-Père de Montfort, dont les missions ont tant contribué à développer et à approfondir la foi catholique dans les paroisses de la région, retentit le TE DEUM.

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"Oui, je les vois bien tous autour de lui, le pèlerinage à Saint-Laurent, le tombeau du Bien Heureux Montfort et lui, mon père, dans sa voix de bucheron hargneux qui entonne le "Te Deum" derrière le grand vitrail".
Autre mystère.

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Celui de la Rédemption, avec ces "croix des milliers de Bleus et des milliers de Blancs que la mort a réconciliés à jamais" et ces croix qui se dressent sur la digue et cette "Croix" qui surgit de l'étang...
Qui peut nous empêcher de penser à tout le symbolisme de l'eau dans l'histoire de la vie chrétienne et au thème de la Croix dans la vie de l'Église du Christ ?

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Et quand la Vendée se relève peu à peu de la grande tragédie de 1793,
"la terre en friche se refuse, les premiers pas se brisent sur les souvenirs de guerre et puis la terre finit par s’ouvrir".
Nous sommes comme les autres hommes : il est difficile d'oublier, mais il nous est demandé de pardonner.

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14-18 : Qu'il est donc difficile pour les hommes de vivre en paix !
39-45 : Une autre époque que nos anciens ont vécue...
Mais puisse-t-elle ouvrir sur une période où les hommes, "le genou bien en terre et la tête dans les étoiles", comprendront enfin qu'ils sont faits, non pas pour se tuer, mais pour s'entendre, pour s'entraider et pour s'aimer.
Que ces quelques lignes puissent nous aider à toujours mieux vivre les scènes que nous sommes amenés à regarder à la Cinéscénie.

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Certaines de ces évocations du passé pouvant aussi, si nous le voulons, être porteuses de notre prière. Louange et reconnaissance, action de grâce et humilité, demande de pardon et prière pour la paix.

10 juillet 2017

Le crucifix d'ivoire de Louis Marie Grignon de Montfort

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Louis Marie Grignon de Montfort (1673-1716).
Les premiers missionnaires furent les apôtres.
Ainsi, saint Paul prêcha la foi chrétienne à Antioche et à Rome, saint Matthieu en Judée, saint Jean en Ephèse.
Ajoutons l'apostolat de François-Xavier en Pendjab, et nous aurons une approche de la démarche de Montfort.
A la Toussaint de 1692, Louis Marie n'a pas encore vingt ans et décide de partir pour Paris...
Il parcourt en dix jours les 370 km qui le séparent de la capitale.
Avant d'entrer dans la ville, il rencontre deux misérables dépenaillés qui lui tendent la main.
"La charité, s'il vous plaît... au nom de Dieu."
Grignion s'arrête, offre ses maigres économies (dix écus) et son sac de linge et de provisions préparé par sa mère.
Il se dépouille de son habit neuf et il endosse les haillons crasseux du mendiant.
Louis Marie entre chez M. de La Baraudière.
Il recueille les écoliers pauvres.

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Pour subsister, il obtient un emploi macabre : veiller les corps à la paroisse Saint-Sulpice.
Il partage ses jours entre les prières des vivants et les oraisons pour les morts.
Il est ordonné prêtre au printemps de 1700.
Il rêve de missions en des terres lointaines, mais on lui offre Nantes.
Ses supérieurs redoutant ses excès.
Mme de Montespan orientera sa carrière en l'envoyant à Poitiers où il sera promu aumônier de l'Hôpital général.
Il va stimuler la ferveur assoupie par une campagne d'impulsions spirituelles.
Il forme des recruteurs, des prosélytes et des prédicateurs qui vont s'installer dans les villages et frapper les imaginations par des messes chantées, défilés de pénitents, longues marches coupées de prêches et de prières, homélies, carêmes, processions...
Louis Marie mobilise la musique et le théâtre au service de la foi.
De par son comportement, il sera détesté du clergé et rejeté par les chanoines prébendiers et il sera interdit par les évêques.

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Alors, il décide à aller s'expliquer lui-même au Vatican et il part pour Rome à pied.
Après six mois de voyage, il arrive à Rome.
Il sera recueilli par les frères théatins, qui intercèderont auprès du Saint-Père.
Clément XI reçoit le vagabond, l'écoute passionnément pendant des heures évoquer les bourbiers et les fondrières de son apostolat.
Le Pape se lève pour marquer la fin de l'entretien, bénit Montfort, lui confère le titre de "missionnaire apostolique".

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Il lui remet un crucifix d'ivoire et l'engage à poursuivre ses missions.
Montfort revient à Poitiers après avoir arrimé le crucifix du Pape sur son bâton de pèlerin.
Mais la faveur de Clément XI ne fait qu'augmenter l'hostilité des évêques.
Mais, il lui reste sa Foi surhumaine en sa "Mission".
Le Père de Montfort alimentait sa vie spirituelle dans une prière continuelle et dans des retraites prolongées, il fut l'objet de visions fréquentes de la Sainte Vierge.
Le 1er avril 1716 (à 43 ans), épuisé par le travail et la maladie, il se rend à Saint-Laurent-sur-Sèvre pour sa dernière mission.
Le 27 avril, il dicte son testament.
Le lendemain, se soulevant sur son grabat, le crucifix à la main, le regard rayonnant, il entonne d'une voix vibrante le premier couplet d'un de ses cantiques :
"Allons mes chers amis, Allons en Paradis !
Quoiqu'on fasse en ces lieux, Le Paradis vaut mieux !"

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Il expire peu après.
Béatifié le 22 janvier 1888, il est canonisé le 20 juillet 1947.

6 juillet 2017

2. Le Vieux château.*

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En 1892, l'abbé Pondevie, auteur des Chroniques Paroissiales du Diocèse de Luçon, écrivait sur le vieux château : "C'est une enceinte en forme de carré long irrégulier, avec tours aux angles.
Elle semble être du XIIIᵉ ou du XIVᵉ siècle.
Un premier fossé l'entourait, plus bas un système défensif était complété par un second fossé, plus large, rempli d'eau à volonté au moyen d'une chaussée ".

En 1881, Octave de Rochebrune (1824-1900) voyait lui aussi une forme carrée avec tours aux angles, et les traces de deux fossés concentriques, dont le second pouvait se remplir d'eau à volonté au moyen d'une chaussée.

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En 1980, après un déboisement, apparaissent deux tours d'inégale importance qui surveillaient l'accès au nord. L'une d'elles aux murs énormes, trois mètres d'épaisseur, pourrait bien être le donjon.
L'enceinte présente la forme d'un hexagone avec de petites tours à chaque angle.
Ce mode de construction du Vieux Puy du Fou date probablement du XIIᵉ (1101-1200) ou XIIIᵉ (1201-1300).
Et ce serait un troisième château du Puy du Fou, car entre la tour de bois, et le château en ruines, il dut y avoir un donjon roman.
Les ruines actuelles auraient alors quelques analogies avec celles du château des Tours en Commequiers, lequel présentait, en plus petit, un plan hexagonal comme celui de la Bastille.

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Mais cette enceinte du Puy du Fou serait plus ancienne d'environ un siècle et demi.
Ce type d'édifice étant l'ultime étape des châteaux moyenâgeux, avant l'utilisation des châteaux avec bastions.
La Guerre de Cent Ans (1337 à 1453), qui provoqua la ruine du "Vieux Puy du Fou", a suscité, à partir de la seconde moitié du XIVᵉ siècle (1301-1400), un renouveau de la fortification.
Et comme à Commequiers, où l'on voyait adossée au rempart la vieille église Saint-Nicolas, au Puy du Fou, adossée au rempart, se dressait la chapelle du château, dédiée à Sainte Marie-Madeleine.

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Le 27 octobre 1643, dans l'aveu rendu à la Baronnie de Mortagne, Gabriel du Puy du Fou, déclare :
"Proche lesdits vestiges et fortifications du premier château, est encore l'ancienne chapelle de la Madeleine dudit lieu, couverte en tuiles, le tout se joignant, contigu l'un à l'autre".
Il semblerait donc qu'à cette époque, cette chapelle existait encore.
Mais elle dut tomber de vétusté et fut abandonnée peu à peu au bénéfice de la chapelle du château Renaissance.

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Plusieurs auteurs parlent aussi de "vastes et profonds souterrains partant des caves du premier château, pour aller au château voisin de Mallièvre où vers celui de I'Epaud, en Saint-Michel-Mont-Mercure".
Dans un autre écrit : "plusieurs souterrains découverts fortuitement à diverses époques, ayant de nombreuses directions, attestent l'importance de ce vieux manoir ".
L'existence de ces souterrains, qui suivant la tradition populaire reliant les châteaux les uns aux autres, est peut-être incertaine.

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Tout au plus, pourrait-on trouver au Vieux Puy du Fou, une souterrain-refuge ou des souterrains d'évacuation en cas de siège, débouchant peu loin, à flanc de coteau, en pleine campagne.
Ils servaient à évacuer, en cas de siège prolongé, les femmes et les enfants, et permettaient aux défenseurs, lorsque le château menaçait de tomber entre les mains de l'ennemi, de s'échapper.
Ce château était peu important, puisqu'à cette époque le Puy du Fou était une simple seigneurie dépendant de la Baronnie de Mortagne.
Il subit, comme tous les châteaux de la province, de nombreux assauts, venant soit des Anglais, soit des seigneurs du voisinage.
Le Comté de Poitou qui avait été apporté en dot à la couronne de France par Aliénor d'Aquitaine (1122-1204), lors de son mariage avec Louis VII (1120-1180), échappa au royaume de France.
Répudiée, Aliénor se remaria avec Henri Plantagenet (1133-1189), qui devint plus tard Henri II, roi d'Angleterre, en 1153.
Puis à la mort des derniers Capétiens, sans héritiers directs, le roi d'Angleterre, malgré la Loi Salique qui l'éloignait du Trône de France, voulut s'emparer du royaume.

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Ce sera la Guerre de Cent Ans, de 1337 à 1453. Le Puy du Fou en fut le théâtre.
Ses seigneurs rompant avec ses suzerains, les vicomtes de Thouars "qui étaient du parti de l'Anglais", prirent parti pour le Roi de France.
En 1421, Guy II du Puy du Fou (1375-1453) guerroyait donc pour le Roi de France.
Son château fut assiégé par les Anglais, et comme l'attestent les aveux : "desmoli par eux".
Ce fut la fin du "Vieux Puy du Fou".

14 octobre 2025

Guy II du Puy du Fou

Il y a bientôt 600 ans, Guy II du Puy du Fou rejoindra les troupes de Jeanne d'Arc afin de délivrer Orléans de la main des anglais…

Laissant son vieux château, ce dernier sera détruit en représailles.

Quelques années plus tard, il sera l'architecte de ce qui deviendra, au fil des siècles, la toile de fond de la Cinéscénie.

Découvrez son histoire sur :

https://www.puystory.com/guy%202%20et%20jeanne%20d%20arc.htm

 

15 octobre 2018

Histoire de la motocyclette *

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Après l'arrivée des premières motocyclettes sur le marché, on chercha à créer une variation qui servirait à transporter des marchandises ou un passager.
On imagina plusieurs formes de tricycles.

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L'avantage de ceux-ci était naturellement une stabilité accrue.
En 1896, on vit le modèle "Bollée" et en 1903, le "Riley" fit son apparition.
C'était une sorte de motocyclette à laquelle on avait accolé un side-car.
La véritable motocyclette à side-car date de 1908.

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C'était un modèle allemand, le "Phänomobil", qui connut un grand succès pendant de nombreuses années.
On en trouvait différentes versions et les plus grandes pouvaient être considérées comme de petites autos à trois roues.

26 novembre 2018

La légende d'Alix du Puy du Fou

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Le château du Puy du Fou a donné naissance à des légendes qui ont jailli comme par enchantement.
L'une d'elles, c'est à croire, repose sur des données historiques embellies ou grossies par l'imagination populaire.
Cette légende a pour théâtre le premier château du Puy du Fou.
La voilà telle, à peu près, qu'elle nous est relatée par les chroniqueurs.

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Il était une fois, au Puy du Fou, une gente demoiselle, au teint vermeil, gracieuse à souhait, qui avait nom Alix (Née vers 1104 - xxxx).
Son père s'appelait Hugues (1137 - xxxx) et était seigneur du lieu.
La belle adolescente, au cours d'une fête donnée au château paterne, fit la rencontre d'un jeune écuyer de bonne mine.
Celui-ci était de la noble maison des Herbiers et son nom était Miles, seigneur de l'Etenduère.

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Et il arriva ce qui devait arriver !
Les deux jeunes gens s'aimèrent d'amour.
Tant et si bien que peu après le mariage était célébré en grande liesse dans la chapelle du château.
Les fêtes terminées, le bel écuyer emmena sa jeune épousée au château de l'Etenduère, aux Herbiers.
Et pour les jeunes époux commence une lune de miel qui semblait ne pas devoir finir.

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Mais Miles dut bientôt revêtir son armure et monter son destrier.
C'était la guerre !
De la cour du château, Miles adresse un dernier adieu à l'épouse éplorée.
Puis d'un bon de cheval, franchit le pont-levis et ne tarda pas à disparaître au détour du chemin.
Le sort de la guerre lui fut fatal.

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Au cours d'un combat meurtrier, malgré maintes prouesses, mille blessés à mort, devait succomber sous les coups.
Quand la fatale nouvelle parvint au château de l'Etenduère, ce fut la consternation.
La belle Alix, qui ne vivait plus depuis le départ de son bien-aimé, demeura inconsolable.

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Peu après, elle quittait l'Etenduère, ce château témoin de son fugitif bonheur, et regagnait le Puy du Fou.
Là, quoi qu'on fît, Alix ne pouvait surmonter son chagrin.
Elle allait en dépérissant de jour en jour, insensible aux caresses de ses parents, sourde aux plus flatteuses propositions, fidèle à son premier et unique amour.

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Et c'est ainsi que minée par le chagrin, Alix, quelques mois plus tard, allait par-delà la tombe rejoindre son bien-aimé.
C'est ici que se termine la touchante légende d'Alix du Puy du Fou, veuve inconsolée.

7 août 2017

Céleste Julie Michèle "Bulkeley".*

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Céleste Julie Michèle "Bulkeley", née "Talour de La Cartrie".
Elle est la fille de Guy Barthélemy Talour de la Cartrie et de Jeanne Ollivier (1712-xxxx).
Ses parents habitaient le château de la Villenière à la Pouëze en Anjou.
Née à Angers en 14 mai 1753, décédée le 13 mars 1832 à l'âge de 79 ans.
Elle fut une femme très courageuse, méprisant le danger et têtue dans ses convictions.
Elle se mariera quatre fois.
Son premier mariage fut célébré le 31 mai 1779 avec Louis Henri Marie Chappot de la Brossardière (1753-1785).
Il décéda la sixième année de leur mariage en 1779, laissant une fille Marguerite Ambroise Céleste Aminthe CHAPPOT (31 mars 1781- 10 février 1794).
Le 20 novembre 1786, elle épousa en deuxième noce le lieutenant William de Bulkeley (1766-1794) de nationalité irlandaise, appartenant au régiment Walsh-Serrant (régiment d’infanterie irlandais du Royaume de France créé en 1697) en garnison à l’Ile d'Oléron.

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Le couple Bulkeley combattit les armées de la République pendant l’insurrection vendéenne.
En 1793, ils furent arrêtés par les soldats républicains à la fin de la Virée de Galerne‎ (18 octobre au 23 décembre 1793) à "Le Loroux Bottereau" ainsi que leur fille de 12 ans et leur femme de chambre et furent amenés et incarcérés à Angers.
Ils furent condamnés à mort tous les quatre.
Son époux et leur femme de chambre furent guillotinés en janvier 1794.

Leur fille mourut du typhus.

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Céleste Bulkeley échappa de justesse à la guillotine grâce à une fausse déclaration de grossesse de son mari.
Le sursis accordé lui fait traverser la "Terreur", mais la laisse absolument seule.
C’est auprès de Charette que la comtesse trouve refuge.
Elle était l’une des fougueuses amazones de François-Athanase Charette de La Contrie.
Suivant les expéditions, elle prit part aux terribles luttes et reçut deux coups de sabre à Torfou, se battit à Mortagne et à Saint Fulgent.

Madame de Bulkeley

L’image de cette femme couvrant la retraite des royalistes, armée d’une épée et d’un pistolet, est restée légendaire dans les manuels scolaires.
En rejoignant Charette, elle a retrouvé auprès de lui des dames et des demoiselles, nobles ou roturières, restées dans la légende sous l’appellation générique d' "amazones de Charrette" et dont certaines méritaient ce titre grâce à leurs incontestables faits d’armes.

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Elle ne rendra définitivement les armes qu’après la mort du général, le 29 mars 1796.
Le 19 septembre 1797, elle épousa le 19 septembre 1797, Jacques Thoreau de Touchardière (1766-1798) et finalement le 9 janvier 1803 le Capitaine François Pissière (1769-xxxx).

7 septembre 2017

4. Vers le nouveau château

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Nous avons vu la naissance du Vieux Puy du Fou, le peuplement de ce lieu-dit et sa mort sous les coups des démolisseurs Anglais, mais son seigneur ne mourut pas avec lui.
Guy II du Puy du Fou, allié à une grande famille poitevine, les Châteaubriant, lui survécut.
Sa participation à la victoire Française contre l'occupant Anglais, lui apporta certainement gloire et fortune. Guy II du Puy du Fou qui perdit son château en 1421 resta quelques années sans demeure en ce lieu.
Sans doute son éloignement du Poitou, puisqu'il guerroyait contre les Anglais, l'empêchèrent de se consacrer à sa reconstruction.
Sa famille devait alors habiter sa seigneurie de Faymoreau.
A moins que la démolition n'ait pas été entière et qu'il eut fait réparer quelque peu le Vieux Puy du Fou, en attendant des jours meilleurs.
En 1423, Guy II du Puy du Fou est chargé de la tutelle de ses neveux Jacques et Françoise du Puy du Fou, enfants de son frère cadet Pierre du Puy du Fou, époux de Jeanne de Sanzay, mort cette même année.
Quelques années plus tard, Guy II du Puy du Fou, passe au service de René 1er d'Anjou (1409-1480), lequel en reconnaissance de ses loyaux services, le nomme "son grand chambellan, par lettres patentes données à Tours le 8 mai 1434.

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Mais la grande œuvre de Guy II du Puy du Fou, fut la reconstruction de son château du Puy du Fou, que Charles VII, roi de France, par lettres patentes données à Amboise en mars 1432, l'autorisa à
"faire reconstruire et fortifier son château du Puy du Fou, ci-devant démoli par l'Anglais, pour être place importante sur le frontière du Poitou et de l'Anjou, pour le sureté du pays en temps de guerre et notamment des hommes et sujets dudit Puy du Fou".
Guy du Puy du Fou se mit donc en mesure de reconstruire un château.
Mais fait curieux, il le bâtit sur un nouvel emplacement. Pourquoi ?
L'emplacement du Vieux Puy du Fou relevait de la châtellenie de Mortagne.
À cette époque, le Puy du Fou était une simple seigneurie.
Les redevances versées à Mortagne devaient être très élevées.
Guy II du Puy du Fou avait dû se rendre compte que les seigneurs de Mortagne, jaloux de leurs prérogatives, s'opposeraient à une extension des droits honorifiques que pourrait revendiquer le seigneur du Puy du Fou, en raison de l'accroissement de son influence et de l'augmentation de sa fortune.

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Alors Guy II du Puy du Fou, fort de ses bonnes relations avec son voisin immédiat, le seigneur-châtelain de Rochetemer, en les Herbiers.
Sans doute, qu'il lui a promis de prélever sur son nouveau château du Puy du Fou, des redevances moins élevées que celles versées à Mortagne.
Ils décidèrent de construire le nouveau château sur une partie de son domaine relevant féodalement et directement de la châtellenie de Rochetemer.
Plus tard même, le seigneur de la Rochetemer abandonnera à celui du Puy du Fou, la féodalité consistant en huit chapons de cens, qui lui étaient dus sur le Bourg-Bérart et la Chasse-Levrière.
Le nouvel emplacement choisi était plus constructible que celui de l'ancien château, près du croisement de deux chemins importants.

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De plus, il ne serait plus gêné par la proximité du Bourg-Bérart, en partie en ruine, dont une part importante de la population avait été transférée au bourg des Epesses.
L'étang sur le bord duquel fut construit le nouveau château permettait facilement de mettre en eau les fossés qui devaient l'entourer.
Ce nouveau château pour répondre aux buts fixés dans l'autorisation donnée en mars 1432 par le Roi Charles VII.
Un édifice capable, vu l'insécurité du pays, de soutenir des sièges.
C'était une place forte importante sur la frontière du Poitou et de l'Anjou.
Il devait être de plan carré, avec donjon et tours aux angles.
En 1810, Poëy d'Avant (1792-1864) en visite au Puy du Fou parle d'un grand pavillon nommé "le Pavillon Anglais" et d'un autre pavillon flanqué de tours, nommé "le Pavillon de Renaud du Puy du Fou".
La nuit du 24 au 25 janvier 1799, sous l'effet d'un tremblement de terre, ces pavillons se sont écroulés comme de nombreux édifices, églises et autres ébranlés en Vendée.

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Pavillon "anglais", pavillon de "Renaud du Puy du Fou", mais pourquoi ?
Peut-être en raison de la démolition du Vieux Puy du Fou par les Anglais.
Peut-être aussi du fait que bon nombre de matériaux de ce Vieux Puy du Fou, probablement construit par Renaud, servirent à la construction de ce nouveau château.
Comme il est dit en plusieurs aveux, notamment en celui du 9 janvier 1784, rendu à Mortagne pour le Vieux Puy du Fou et ses dépendances, "Lequel dit chasteau nouveau a été bâti et construit d'après les démolitions dudit vieux château du Puy du Fou".
Il en reste aussi le bâtiment carré, qui se voit en entrant dans la cour du Puy du Fou ; à gauche, flanqué de deux tours à pans coupés.
L'une renferme un escalier desservant les étages.
Ce bâtiment fortement remanié conserve sa porte en plein cintre, et à l'intérieur, un ou deux corbelets (pièce de bois ou de pierre en saillie sur un mur) semblant provenir de l'ancien château.
Le mur semble avoir été refait à une époque relativement récente.
À l'intérieur, dans un angle, une porte dont la feuillure prouve qu'elle devait desservir une partie de bâtiment aujourd'hui disparue.

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Puis une génoise (fermeture d'avant-toit formée de plusieurs rangs pour éloigner les eaux de ruissellement de la façade) faite de tuiles renversées, doit dater de la restauration survenue après le tremblement de terre ce 1799.
Une partie des murs de la grande galerie proviennent probablement du château du 15ᵉ, comme la petite tour carrée à mâchicoulis, qui se trouve près du portail actuel et l'éparons de l'angle extérieur Sud-est, qui ont toutes les apparences des constructions du 15ᵉ siècle.
Ce château devait être doté de souterrains, comme tous les châteaux défensifs de cette époque.
L'un d'eux traverse la cour, allant du grand corps de logis vers le porche d'entrée de la cour.
Tout un réseau d'égouts, de passages souterrains passe sous les bâtiments actuels et semble aboutir à la dénivellation de terrain bordant la grande galerie à l'extérieur.
Certains écrits mentionnent deux souterrains dont l'un se dirigerait vers l'Ouest, l'autre vers l'Est.
Mais cela est une autre histoire.

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Les histoires de souterrains sont toujours impressionnantes.
Les descriptions furent écrites en plein romantisme, à peu près à l'époque où Isidore Masse découvrait la fameuse ville engloutie d'Herbauges.
Mais à cette époque, il fallait surtout impressionner et faire rêver le lecteur.

16 octobre 2017

La Quintaine.*

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Au Moyen Âge, la Quintaine était l'exercice le plus dur pour les apprentis chevaliers.
Pour acquérir le plus d'adresse possible dans les tournois, l'apprentissage du métier des armes s'effectuait dès l'enfance (équitation et escrime au bâton).
Les jouets étaient le cheval-bâton, l'épée ou la lance de bois.
Adolescent, le jeune guerrier s'entraînait à la QUINTAINE en plantant sa lance au centre d'une cible, dans un écu de bois.
C'était un mannequin monté sur pivot et armé d'un bâton.
Il fallait frapper au centre, sinon il pivotait et assénait de sa masse, un coup sur le dos du maladroit qui l'avait frappé.
L'éducation était avant tout pratique, mais très dure, soigner les chevaux, les dresser, les monter dès le plus jeune âge, s'habituer au poids des armes et à leur entretien.

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S'il n'apprenait pas toujours à lire, le jeune chevalier savait déchiffrer l'héraldique, la science des armoiries (blasons) et pouvait réciter par cœur, le nom des participants à un tournoi.
Pour prendre part à ce dernier, le jeune chevalier était armé au cours d'une Fête Religieuse "L'Adoubement'' où l'Église faisait promettre au futur chevalier de combattre pour le Christ, de pratiquer la charité, d'aider les faibles.
Il prêtait serment sur l'Évangile, recevait les éperons, la bannière et l'écu frappé à ses armes.
Les chevaliers guerriers au XI siècle étaient protégés par une broigne de cuir recouverte de plaques de métal.
Ils portaient une lance et une épée.

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Ils justifiaient leur domination sur le reste de la société par leur fonction de guerriers et de défenseurs au service de tous les autres.
Ils avaient pour idéal d'être les plus courageux et les plus généreux.
Les devoirs du chevalier :
- Être courageux et loyal
- Être fidèle à son suzerain
- Défendre la Foi et l'Église
- Protéger la veuve et l'orphelin.
Dans le fracas des tournois, le vaincu abandonnait son cheval et son équipage à son vainqueur.
S'il échappait à la mort, il devait payer rançon.

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Le vainqueur emportait le prix et pouvait ainsi courir fortune de tournoi en tournoi.
Pendant le combat, il arborait son blason et les couleurs de sa dame.
Le blason ou écu était la carte d'identité des chevaliers du Moyen Âge.
Il décrivait la famille et constituait ainsi un langage codé déchiffrable seulement par les initiés spécialistes.
Attribués au début uniquement aux familles nobles, ils se sont étendus aux communautés religieuses, aux villes, aux provinces, aux états et même à certaines corporations (comme les meuniers ou les tondeurs de draps).
Par exemple, la Croix de Malte identifie l'ordre des hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem qui avait pour mission de protéger les chrétiens contre les musulmans.
Mais l'art d'être chevalier est aussi et surtout de posséder un ou plusieurs chevaux.
Ces magnifiques destriers sont achetés fort cher en temps de guerre (un cheval est évalué 6 fois le prix d'un bœuf : d'après la Loi des Ripuaires).

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Leur équipement nécessitait l'emploi de différents et nombreux ouvriers pour fabriquer et entretenir : bourrelier, sellier, forgeron, éperonnier, drapier etc.
Et ce noble animal avait, en ce temps-là, de multiples noms, suivant l'emploi qui lui était attribué :
DESTRIER : Cheval de chevalier.
Il devait son nom au page qui le menait toujours en le tenant par la dextre (la droite).
PALEFROI : Cheval de poste, de voyage et aussi de parade.
RONCIN : Cheval à tout faire.
SOMMIER : Cheval de manant pour traîner la charrue, les chargements de bois ou de pierres.
HAQUENÉE: Le plus souvent une jument, monture de dame, qui ambe (se déplace par bipèdes latéraux et non diagonaux).
À la Cinéscénie, c'est la première scène où la Cavalerie intervient.
Et ce mot QUINTAINE a une résonance un peu mythique, pour beaucoup de cavaliers, car c'est la scène phare, la plus spectaculaire.
Elle évoque la force, la virilité, la vitesse, la dextérité, le contrôle de l'animal, la magie.

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Secret par le mystère du heaume.
Jeu par le déguisement bien particulier...
En effet, il ne faut rien oublier : en commençant par le caparaçon du cheval qui aura la même couleur et le même blason que sur la robe, le fanion et le bouclier du chevalier.
Ensuite, le heaume avec la cagoule, qui doit être bien ajusté, sinon aux premiers galops, le cavalier ne voit plus rien et doit faire confiance uniquement à sa monture pour arriver à bon port.
Puis le godet à la jambe droite pour porter le fanion.
Dès le départ de la bande-son, les chevaux sortent des écuries et chaque soir, le "top départ" de service au château définit la place de chaque couple suivant ses couleurs et chacun se dirige en silence, dans l'allée de défilement.
En début de saison, l'atmosphère est au recueillement, avec un mélange de trac et de concentration. Dernières vérifications et dernières recommandations aux nouveaux cavaliers avant de s'élancer sur scène.
La pression la plus forte est sûrement pour le premier.
Il a la lourde responsabilité de donner le bon rythme.

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Avec les chevaux derrière lui pour que l'enfilade soit belle, assez rapide, sans trou, mais sans bouchon et surtout pas de cheval qui double.
Le passage sur scène, au milieu des acteurs, est un moment difficile.
La QUINTAINE est le baromètre, car si elle commence bien, le spectacle s'enchaîne à merveille.
À la fin de la quintaine, une page de l'histoire est tournée, une époque racontée.
Maintenant, les trompettes annoncent l'arrivée de François 1er au Puy du Fou, mais là, c'est une autre histoire.

29 mars 2018

Les veillées.*

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Galants et galantes, valets et servantes, on en parlait longtemps dans les bourrines (habitation traditionnelle du marais breton vendéen) le soir de veillées.
La veillée n'est certes pas une coutume spécifiquement maraîchine.
Mais dans un pays aux maisons disséminées, dans un pays particulièrement fermé sur l'extérieur, il était tout naturel que les gens sentent ce besoin de contact et de distraction.
C'était comme une manière à eux de lutter contre l'âpreté (rigidité) de leur existence.

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Un cercle de trois ou quatre familles se créait et il était de bonne tradition d'en faire le tour dans un hiver.

Dans la nuit déjà noire, les yoles (petit canot) arrivent qui accostent tout près de la bourrine.
La porte s'ouvre alors.
Et la grosse lampe de cuivre suspendue à la charpente par un fil de fer essaye de trouer la nuit noire de sa lumière blafarde.
Les invités sont tous arrivés maintenant.

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Et la veillée commence dans les "bruyants apostrophes" des joueurs de "vache" (Jeu de carte de l'aluette).
Le maître des lieux veille soigneusement à remplir les verres, et met tout son honneur à verser généreusement "son" vin récolté du côté de Sallertaine, de Bois-de-Cené ou de Riez.
Puis le cercle se resserre autour de l'âtre de la cheminée où brûle le feu de grainette et de "bousats" (bûche à base de bouse séchée).
Assis sur les bancs, sur le tabouret, ou à même le foyer, les amis écoutent plusieurs heures durant les anciens qui évoquent leurs souvenirs de guerre, ou racontent des histoires de sorcière.

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De retour à la maison, tout à l'heure, la nuit sera peuplée de fantômes et de farfadets.
Mais cette veillée aura réchauffé les amitiés, distrait les esprits et respecté une tradition... malheureusement disparue de nos jours.

9 janvier 2018

Un discours prémonitoire.

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Voici le discours d'accueil prononcé le 3 décembre 1977 par André COUTAND, maire des Epesses à l'époque, lors de l'illumination du château du Puy du Fou qui allait être l'élément déclencheur de l'aventure Puyfolaise.
Après 40 ans, ce texte n'a pas pris une ride.
Il ne faut que changer le nom du spectacle de "Ce soir la Vendée" en "Cinéscénie". …//…

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Il me semble que si les murs qui nous entourent pouvaient parler, ils frémiraient d'aise en pensant que les grands moments d'autrefois allaient revivre.
Preux chevaliers s'en allant à la guerre ou noce villageoise dansant une gavotte dans l'enceinte du château et même à sa périphérie.
Il me semble que si les bâtisseurs de ce château qui dorment çà et là aux alentours de leur dernier sommeil revenaient ce soir, ils remercieraient les baladins modernes qui ont permis que ce coin historique de la haute Vendée revive et continue à être le témoin de ces hommes et ces femmes que l'on a surnommés les Géants et dont nous, les descendants pouvons être fiers.
Mon propos n'est pas de vous présenter le destin de ce château, ni de vous dévoiler la trame du spectacle qui se déroulera l'été prochain, avec pour titre "Ce soir la Vendée" d'autres plus qualifiés que moi vont le faire.
Nous aurons un avant-goût de ce spectacle en regardant tout à l'heure le bouquet final et nous finirons, comme tout bon Vendéen qui se respecte, par le verre de l'amitié.
Je ne voudrais pas terminer avant de dire encore merci.
Merci aux nouveaux propriétaires : préfecture et conseil général, car sans eux nous ne serions pas là ce soir.
Merci à d'autres personnes, beaucoup d'autres personnes dont je tairai volontairement les noms de peur d'en oublier.
Ce sont les créateurs du spectacle, les metteurs en scène, les artificiers que l'on va voir œuvrer tout à l'heure, les artistes qui sont venus de Paris et d'ailleurs, en un mot tous les organisateurs du spectacle :
"Ce soir, la Vendée".
Je peux dire qu'ils ont réussi dans la première partie de leur programme, car ils nous ont communiqué leur foi et c'est pour cela que nous sommes là ce soir.
Merci encore aux responsables de l'association qui ont accepté la charge de la mise en route du spectacle malgré le travail supplémentaire que cela pose.
Merci enfin à vous tous qui êtes venus ce soir et qui demain serez figurants, spectateurs, ou invités.
Vous serez notre meilleure publicité.
C'est vous, qui porterez chez vous et autour de chez vous le témoignage qu'il se passe en ce coin de Vendée quelque chose de beau et de jamais vu et l'on viendra de loin, de très loin même, et je vous propose de nous retrouver tous le 16 juin 1978 date de la première représentation du spectacle d'art et d'histoire :
"Ce soir la Vendée".

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André COUTAND

29 janvier 2018

Mémoires !!

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Un jour, en touchant ses murs et ses vieilles pierres, le château m'a demandé :
"Voyageur du temps, raconte mon histoire".
En m'approchant plus de ses murs, il chuchote dans mon oreille :
"Je suis le Puy du Fou et je te donne mes clefs, elles t'ouvriront les portes de mon passé.
Depuis longtemps, on me voit comme une ruine, comme une carcasse décharnée, une cathédrale inachevée.
Depuis 1978, je suis le décor, toile de fond, du plus beau spectacle au monde animé par le cœur des Puyfolais, et pourtant mon histoire est méconnue.
Mais, depuis de longues années ;
je t'observe et je t'apprivoise,…..
Tu m'inspectes, je te vois,…..
Tu m'observes, je te donne des indices,….
Tu me photographies, je me découvre,…..
Tu cherches mes secrets et…, je te taquine à travers mes vieilles pierres…
Secret de château, il est dit que tu ne décramponnes pas,….

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Même mon père, dit le "vieux château" à la queue de l'étang, nous a confié lors d'une réunion de famille, que tu voulais percer son secret.
Son secret, …..
Je t'avoue que nous avons eu une petite crise de fou-rire autour d'une bonne trouspinette et d'un cerf tournant devant notre feu pour un bon festin……..
Même notre petite Guillemette est repartie en cuisine, avec un sourire dissimulé derrière ses mains fragiles, rejoindre Jacotte notre Maître-cuisinière.

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L'odeur du bon pain sortant du four à pierres chatouillait nos narines….
Ceci dit…. lors du banquet annuel de notre grande famille, personne ne croyait en ce projet farfelu…
À cette époque, seuls, Jean-Louis (notre fauconnier) et Nicolas (maître ménestrel), croyaient timidement en cette histoire.
Faire connaître notre Puy du Fou, et plus hilarant encore… écrire un livre sur notre passé était une idée à faire rire même notre vieux "Capitan" (Cheval de Maître Paco).
Autour de la grande cheminée et avec le cristal bien rempli à la main, Renaud de Mortagne, Guillaume, Pierre, Guyon, les François et Gilbert et j'en oublie (nous étions si nombreux), on en riait encore et encore.
Nous, châteaux du Puy du Fou… perdus dans nos campagnes et surtout perdus dans les mémoires des hommes…… revenir dans les rêves et destination de voyages…
Mais non…. !!!!
Qui sommes-nous pour prétendre à ces honneurs !!

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Au petit matin, en contemplant les dernières cendres de chênes crépitant au fond de la grande cheminée, personne ne croyait en cette persévérance.
Aux premières lueurs du jour, nous sommes repartis dans nos époques et dans nos dernières demeures sans oublier que….tenace… tu es !!!!
Mais aujourd'hui, grâce à toi, visiteur d'un jour, notre grande famille, assise devant notre grand feu du souvenir, ouvrons avec plaisir, le grand livre de nos siècles de présence en ces lieux….."

Voir notre histoire sur :

www.puystory.com

 

2 janvier 2018

Le 6 janvier, c'est l''Epiphanie.

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La fête des Rois se célèbre chaque année le 13ᵉ jour après Noël.
Elle représente l'adoration des Rois mages devant la crèche.

La première reconnaissance du Christ par les hommes est une fête chrétienne ancrée dans les traditions.
Jésus étant né à Bethléem de Judée au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d'Orient arrivèrent à Jérusalem en disant :
"Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son astre à son lever et sommes venus lui rendre hommage."

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Aucune autre information ne sera donnée sur l'identité, la provenance ou même le nombre précis de ces mystérieux mages venus d'Orient.
Ils jouèrent cependant un rôle crucial auprès de l'enfant-roi le plus célèbre de l'humanité.
Ils sont avant tout un signe et un message.
C'est d'eux que le roi Hérode, souverain à Jérusalem, apprend la venue au monde d'un autre roi des Juifs.
Hérode est vieux et malade.
Après avoir assis son pouvoir sur le meurtre, il s'inquiète de sa succession.
Et voilà que des étrangers lui parlent d'un nouveau-né qu'ils veulent adorer comme roi !
Hérode rassemble alors grands prêtres et scribes.
Ils extraient du livre du prophète Michée la citation désignant Bethléem comme lieu de naissance de "celui qui doit régner sur l'Israël" et Hérode y envoie les mages, bientôt guidés par l'étoile qui finalement s'arrête au-dessus de l'endroit où repose l'enfant.
Aussitôt, les voyageurs se prosternent et présentent à Jésus leurs offrandes.
Puis, avertis en songe d'un danger, ils rentrent dans leur pays sans retourner chez Hérode.
Heureuse inspiration puisque Hérode, roi terrestre, voulait les interroger afin de mettre à mort le roi céleste.

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Furieux d'avoir été trahi, Hérode ordonne alors le massacre de tous les enfants de moins de deux ans se trouvant à Bethléem.
Ce sera "le massacre des innocents".
Inutile, car Jésus est déjà en Égypte.
Dans l'histoire, le choix des mages n'est pas fortuit.
Ils sont des étrangers venus d'Orient et, selon l'expression même des juifs, des païens ou "Gentils".
Néanmoins, ce sont eux qui identifient Jésus comme le Messie, qui lui offrent l'or qui honore le roi, l'encens qui honore le dieu et la myrrhe qui accompagne la mort.

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L'astre qu'ils ont suivi, l'étoile, a beau être mentionné dans la Bible comme désignant le Sauveur, le peuple élu ne l'a pas reconnu.
Seuls des païens qui n'attendaient pas de Messie, s'agenouillent devant son berceau.
Les Rois Mages représentent non seulement le monde païen, mais aussi et surtout le monde entier, l'universalité.
Voilà pourquoi ils viennent d'Orient, c'est-à-dire, de là où le soleil se lève.
Et ils y retournent afin d'annoncer ce qu'ils ont vu à Bethléem.

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Ils représentent l'humanité dans sa totalité et sa diversité.
Ils résument tantôt les trois races : blanche, asiatique et noire, tantôt les trois âges de la vie : vieillard, homme d'âge mûr et jeune homme imberbe.
Quant à leur qualité de roi, elle s'explique, elle aussi, sur le plan du symbole.
Les mages sont rois, car ils incarnent les nations païennes converties au christianisme.
Cette royauté des mages trouve également sa justification dans les Écritures :
"Les nations vont marcher vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton lever…

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La fortune des nations viendra jusqu'à toi."
Un texte du XIIᵉ siècle les décrit même de façon très explicite, comme s'ils étaient de vieilles connaissances : 
"Le premier s'appelait Melchior.
C'était un vieillard à cheveux blancs et à longue barbe.
Il offrit de l'or au Seigneur, signe qu'il reconnaissait sa royauté.
Le second, Gaspar, jeune encore, imberbe et rouge de peau, lui offrit de l'encens pour reconnaître sa divinité.
Quant au troisième, de visage noir et portant également la barbe, il avait pour nom Balthazar et présenta de la myrrhe…"

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Trois offrandes, trois races, trois âges, trois personnes pour un seul Dieu… d'où, trois Rois Mages auprès de la crèche.

8 janvier 2018

Histoire de la Grainetière.

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Le côté gauche de la Grainetière n'est plus qu'une ruine, hélas !...
Mais assez fameuse tant par son histoire que par son architecture pour prendre place parmi les plus typiques églises bas-poitevines.

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"Notre âme, disait le Père Monsabré, a de mystérieuses sympathies pour les ruines.
On dirait qu'en les voyants, nous voyons des amies...
Notre imagination vagabonde s'enfuit dans le passé.
Elle se mêle aux générations disparues, rebâtit les murs, redresse les colonnes, rejoint les arceaux et les voûtes, reconstruit l'édifice tout entier, jusqu'à ce que le bruit d'une pierre qui tombe l'arrache à son rêve et lui rappelle la réalité…".

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Étymologie du nom : "La Grainetière" est citée de 2 manières dans les textes anciens.
GRANATARIA et GRANATERIA, ce qui signifie :
Terre à grain ou terre agraire, et indique donc un endroit fertile.
La plus ancienne mention qui en est faite est de 1100, si l'on en croit L. CHAPOT DE LA CHANOMIE.
Il semble vraisemblable qu'il y ait eu une habitation antérieure, peut-être à usage d'ermite, ou peut-être même un lieu de culte marial avec pèlerinage…

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C'est aux environs de 1130, sous le règne du roi Louis VI que des religieux détachés de l'abbaye bénédictine de Fontdouce, en Saintonge, arrivent à La Grainetière, sur un emplacement concédé par Gilbert de LA CHAIZE.
De nombreuses donations furent faites ensuite à l'établissement par les seigneurs de la région.
Guillaume Foucher, sgr. des Herbiers, Chotard de Mortagne, Guillaume de Chantemerle, sgr de Pareds, Guillaume de Mauléon, Guillaume Juquel, et autres.

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En 1145, le pape Lucius II érige en abbaye la nouvelle fondation.
Ce qui laisse supposer un certain nombre de religieux avec bâtiments et revenus suffisants.
Sur la foi de certains documents, d'aucuns avaient cru pouvoir reporter la fondation de ce monastère aux environs de l'an 1100, mais il semble qu'un examen critique des dits parchemins aurait prouvé qu'il fallait les rajeunir d'environ un siècle et que l'abbé Jean n'inaugura son abbatiat que vers 1201.

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Les différentes dates peuvent aussi nous orienter vers une évolution de l'importance de l'abbaye.
La question reste posée.
Depuis les origines, jusqu'en 1790, l'Abbaye fut habitée par des religieux bénédictins.
Propriété nationale depuis 1790, l'abbaye est adjugée en 1806 à monsieur Louis René GUYET, pour la somme de 2.525 francs.
En 1798, Pierre AGERON, propriétaire à Fontenay-le Comte, achète pour la somme de 720 francs, la maison, cour et jardin servant à loger le desservant de l'Abbaye (la majeure partie en ruines).
De l'église abbatiale, chœur, transept et nef ont quasi complètement disparu à la suite d'un incendie, dit-on, vers 1820.

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Mais, les ruines deviendront une immense carrière où chacun pouvait s'approvisionner à bon compte de matériaux de construction, le propriétaire lui-même donnant l'exemple.
Seules subsistent les deux absidioles du sud et l'absidiole proximale du nord.
Elles se composent d'une simple travée voûtée en cul-de-four et éclairée d'une baie centrale. Mais reprenons la route depuis les origines de la Grainetière.
Sur le carré du transept, soutenu par les robustes faisceaux de colonnes de granit des angles, s'élevait jadis une coupole que couronnait un clocher octogonal.

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Le plein cintre voisin à la Grainetière avec l'arc brisé : les doubleaux des absidioles sont en tiers-point, mais les grandes arcades aveugles du chœur et les baies sont cintrées.
En fait, la construction de l'abbatiale se prolongea pendant plus d'un demi-siècle.
En 1180, l'œuvre était loin d'être achevée, puisqu'à cette époque, les abbés et religieux de Fontdouce, de la Tenaille, de la Grainetière, de Blanche-Couronne et de Lieu-Dieu en Jard adressaient encore une pressante exhortation aux ecclésiastiques et fidèles à contribuer, par leurs aumônes, à l'achèvement de l'église de la Grainetière qu'ils ont voulue "vaste et d'une remarquable architecture".

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Vers 1210, l'abbaye est entierement construite et va exercer pendant plusieurs siècles un profond rayonnement spirituel, culturel et économique.
Au début du XIIIᵉ siècle, Monbail nous a laissé une lithographie du monument tel qu'il l'a vu, dit que "les ruines de la Grainetière appartiennent à tous les styles".
Si, en effet, le cloître et les absidioles qui subsistent sont du plus pur roman, le carré du transept laisse voir des ogives, dont le dessin est malheureusement incertain, mais qui n'est pas sans évoquer le transept de certaines églises de transition, par exemple celui de Beauvoir-sur-Mer ou de l'ile-Chauvet.
Le chœur paraît aussi orné de nervures.

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Le clocher, octogonal, mais très sobre, présentait une baie cintrée dans chacune de ses faces.
Beaucoup moins ouvragé que ceux de Parthenay-le-Vieux ou de Fenioux, il n'avait pour toute ornementation qu'une colonnette engagée à chacun des angles saillants ; une sorte de cordon mouluré contournait les baies et se profilait ensuite horizontalement sur chaque face aux deux tiers environ de la hauteur.
On ne manquera pas d'admirer la galerie de cloître aux fines colonnettes jumelées sur lesquelles le temps a mis sa patine et qui clôt à l'ouest la grande cour d'entrée, donnant une impression de légèreté et de solidité à la fois.

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Depuis plus de huit siècles, le dur granit de ses piliers a résisté aux intempéries et aux révolutions.
Ses élégantes colonnettes rondes avec lesquelles alternent, de loin en loin, de grosses piles carrées aux colonnes d'angle, ses chapiteaux sobrement sculptés sont d'une beauté et d'une grâce dignes de l'antique de Comminges, où elles portent des chapiteaux extrêmement fouillés.
D'époque contemporaine est le bâtiment élevé à la suite, près de l'entrée, dont la façade sud est ornée de trois longues baies cintrées, modèle peut-être des chevets à triplet de la fin du siècle...

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De l'autre côté de la cour, de grandes arcades cintrées dans lesquelles s'inscrivent des remplages gothiques indiquent la salle capitulaire.
Œuvre splendide aussi que cette salle dont les voûtes ogivales retombent sur quatre colonnes centrales qui la divisent en neuf travées.
Elle était jadis, paraît-il, beaucoup plus longue, les colonnes isolées étant au nombre de huit.
Vers 1372, plusieurs textes font état d'une attaque du monastère par les anglais au cours de la Guerre de Cent Ans.

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On y apprend que la Grainetière est du nombre des abbayes fortifiées avec douves ou fossés longeant ses murailles, pont-levis, ainsi qu'un étang considérable.
Edifiée dans les premières années du XIIIᵉ siècle par Geoffroy, qui était en même temps abbé de Fontdouce, cette salle accueillit dans la suite de très hauts personnages.
Charles VII y fut reçu en 1425 et donna à l'abbaye le droit de capitainerie ; Henri IV y vint à plusieurs reprises ; de même, Louis XIII y passa en 1622.

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En 1560, 1569 et 1574, l'abbaye fut pillée et saccagée par les gens de guerre de la nouvelle opinion.
La remise en valeur de l'Abbaye :
Le 2 avril 1946, les vestiges de l'Abbaye sont classés parmi les Monuments Historiques, grâce à l'action de Madame de CHABOT, qui s'occupa en outre des premiers et plus urgents travaux.
En 1963 se crée la Société Civile Immobilière de La Grainetière, qui devient propriétaire de l'Abbaye, et qui s'occupe depuis de sa restauration.

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En 1966, les jeunes du séminaire des Herbiers et du juvénat des frères de Saint-Gabriel entreprennent le nettoyage des abords, le débroussaillage des assises, le tri des pierres de taille... et creusent en même temps le sol de l'abbatiale pour retrouver le tracé des murs.
Ce faisant, ils mettent à jour quelques tombes !

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En décembre 1978, après 200 ans du départ des moines, l'Abbaye retrouve sa vocation monastique en accueillant définitivement une petite communauté de 5 à 6 moines de la Congrégation Notre-Dame de l'Espérance, sous l'obédience de Saint-Benoît.
Ils ont fondé ici leur sixième Prieuré, M. PILASTRE, vers 1920, a fait placer à l'intérieur de l'une des absidioles la pierre tombale sculptée, en calcaire, de Parthenay l'Archevêque.

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Près de la porte de la sacristie, les niveaux auraient été baissés : des carreaux bleus auraient été trouvés.
Le long du mur restant de l'abbatiale, dans la nef, une tranchée aurait été faite pour assainir les murs de la ferme.
De nombreux ossements auraient été trouvés.
Vers 1963-1964, les frères du Boistissandeau ont mis à jour des sépultures, à l'angle extérieur nord-ouest du transept, dont les pieds touchaient le mur de l'abbatiale !

Donc tête à l'ouest et pieds à l'est.

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En 1979, la Congrégation Notre Dame d'Espérance des "Moines Bénédictins" reprend possession des lieux.
En 1983, se constitue une Association des Amis de la Grainetière.
Cette association a décidé d'entreprendre des travaux de construction et de rénovation.

10 octobre 2025

L'Angélus *

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L'Angélus est une prière de dévotion en l'honneur de l'incarnation.
Il est récité à 6 heures du matin, à midi et le soir à 18 heures, rythmant les journées de nos bourgs au son des cloches.
Un repère temporel, journalier, musical et religieux.
À l'Angélus, dont les premiers mots étaient : Angelus Domini ("L'Ange du Seigneur")...  , les cloches tintaient trois fois trois coups suivis d’une volée.
Les habitants du village cessaient leurs activités et se tournaient vers l’église ou le calvaire le plus proche et ils récitaient brièvement la prière pour remercier la Vierge d'avoir enfanté le Seigneur avec un "Je vous salue Marie" en même temps que la Rédemption du genre humain.

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À l'origine de l'Angelus, le Pape Urbain II (1022-1099), qui, en 1090, avait ordonné pendant la première Croisade de prier la Vierge à midi pour ceux qui étaient partis défendre le Tombeau du Christ.
Le Roi Louis XI (1423-1483) obligea en 1472 de faire sonner l'Angélus dans tout le royaume le matin, à midi et le soir.
Depuis, cette pratique s'est répandue en France et dans les autres pays.
Certains attribuent aussi la création de l'Angélus à François d'Assise qui lors de son voyage en Orient eut l'idée de créer un appel à la Prière des Catholiques, semblable à l'appel à la prière des musulmans.

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Aujourd'hui encore, à ce rythme, moines et moniales interrompent leurs activités pour quelques instants de prière, faisant mémoire du Message de Dieu, transmis à la Vierge par l'archange Gabriel.
Cette pratique a progressivement décliné, notamment en milieu urbain.
Les cloches ont été, par la force, contraintes au silence durant les guerres de Vendée, symbole de l'écrasement sanguinaire et dévastateur du passage des colonnes infernales sur les terres vendéennes.

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Le peintre Jean-François Millet (1814-1875) en a fait (entre 1857-1859) une célèbre œuvre picturale.
Jean-François Millet est né en Normandie, au sein d’une famille paysanne et représentait la vie quotidienne des gens, quand la France était encore un pays à dominante agricole.
Le tableau de l’Angélus est exposé au musée d’Orsay à Paris.
Tous les soirs de représentation, la Cinéscénie fait revivre cet "Angélus" avec tout le sérieux qu'il se doit en l'honneur de tous les symboles qu'il représente.

17 octobre 2025

La Voix des Tranchées

Dans l’ombre tremblante d’un abri de guerre,
Un soldat murmure à travers la poussière.
Le combiné gronde, porteur de destins,
Des mots lourds de peine traversent les chemins.

Sous son képi, l’espoir et l’effroi,
Entre vie et chaos, il tient la foi.
La lueur d’une bougie, frêle et vacillante,
Éclaire son visage, âme vaillante.

Chaque appel porte un cri d’humanité,
Un pont fragile vers l’éternité.
Dans le tumulte d’un monde déchiré,
Il garde la ligne, ancré, dévoué.

Au cœur des tranchées, là où le temps s’efface,
Un héros discret trace son espace.
Une voix, un message, un souffle transmis,
Gardien silencieux des combats sans répit.

 

6 octobre 2025

C'est quoi une "Frairie" ?

Les frairies sont des traditions ancestrales qui ont façonné le patrimoine culturel de la France.

Bien plus que de simples fêtes, elles représentent un moment de rassemblement, de célébration et de transmission des valeurs communautaires.

Le terme "frairie" dérive du latin "fraternitas", signifiant "communauté de frères".

Cette dénomination reflète l'essence même de ces événements, où la communauté se rassemble pour partager des moments de convivialité et de solidarité.

Les frairies ont leurs racines dans les traditions médiévales, lorsque les habitants d'un village se réunissaient régulièrement pour commémorer leurs liens, leurs traditions et leur appartenance à un même territoire.

Chaque frairie a ses propres traditions, comme des défilés avec des fanfares, des processions, des repas conviviaux, des rituels ou encore des compétitions ludiques, comme des courses, des tirs à l'arc, concours de danse folklorique ou des démonstrations de savoir-faire, permettent de mettre en valeur les traditions locales.

Pour les danses, les hommes et femmes en costumes colorés se rassemblent sur la place du village pour exécuter des pas de danse ancestraux, accompagnés par des musiciens jouant des instruments traditionnels comme le violon, l'accordéon ou les binious.

Les frairies ont lieu à des périodes fixes de l'année, souvent en lien avec le calendrier agricole, tandis que les fêtes patronales sont célébrées à la date de la fête du saint patron de la paroisse.

Après les moissons, les villageois se rassemblaient pour fêter l'aboutissement d'une année de travaux agricoles.

Les repas partagés, la décoration des rues et des places avec des guirlandes et des drapeaux, ainsi que la présence de stands d'artisanat local font également partie intégrante de l'expérience d'une frairie.

Avec l'industrialisation et l'exode rural, les frairies ont connu des transformations, s'adaptant aux changements sociaux et économiques tout en préservant leurs traditions ancestrales.

Pendant la période révolutionnaire, les frairies ont connu un certain déclin, certains les percevant comme des vestiges d'un passé aristocratique, et ont été victimes des changements sociaux, économiques et culturels.

L'exode rural, la standardisation des loisirs et la perte des traditions locales ont menacé la survie de ces événements ancestraux.

Cependant, dès le 19ᵉ siècle, elles ont connu un regain d'intérêt, soutenues par les efforts de préservation du patrimoine et de la culture populaire.

Avec le temps, le terme "frairie" a évolué pour désigner plus largement toute fête populaire ou kermesse organisée dans un village ou un quartier, devenant un symbole de l'esprit de cohésion et de solidarité au sein des communautés locales.

Aujourd'hui, les frairies restent des événements incontournables dans de nombreuses communes rurales et même urbaines de France, témoignant de la vitalité de ces traditions ancestrales.

Les frairies jouent un rôle économique et touristique essentiel dans de nombreuses régions de France en attirant chaque année des milliers de visiteurs locaux et de touristes désireux de découvrir la culture et les traditions de ces événements festifs.

De nombreuses communes ont d'ailleurs fait des frairies un élément clé de leur stratégie de développement touristique.

Vous pourrez y trouver de nombreux stands proposant des produits du terroir, des plats typiques de la région ainsi que des créations d'artisans locaux, comme de la poterie, du tissage ou encore des objets en bois sculptés.

Au-delà de la simple organisation d'un événement festif, les frairies offrent également l'opportunité de mettre en avant le patrimoine architectural d'un village ou d'un quartier.

Que ce soit à travers la décoration des rues, l'ouverture de lieux historiques au public ou l'animation de sites patrimoniaux, ces fêtes populaires permettent de sensibiliser les visiteurs et les habitants à la richesse du cadre bâti local.

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