Puy Story

Histoire d'une région.

Avis

Puystory est un site pédagogique et indépendant du Puy du Fou.

Posté par Puystory à 17:40 - Commentaires [0] -


Comprendre la Préhistoire

Puystory_01406

A. Le manque de documentation.
La préhistoire est une longue période qui commence avec les premiers hommes (il y a peut-être 1.000.000 d'années !) et se termine avec l'apparition de l'écriture.
Il serait tout aussi juste de dire que la préhistoire finit pour un peuple quand celui-ci apprend à se servir du METAL.
En effet, un peuple qui accède au métal entre rapidement ensuite dans l'histoire.
Les témoignages se limitent donc à des documents NON écrits (armes, outils, bijoux . . .) qui éclairent les principaux aspects de la vie matérielle sans, bien sûr, avoir la précision des textes.
La chronologie faisant largement défaut, cette immense période est obscure.
Aujourd'hui, cependant, la chronologie est en progrès grâce au procédé de datation basé sur la perte de radioactivité du carbone 14 que contient toute matière vivante.
En effet, après la mort de l'animal ou d'un élément végétal, le carbone 14 se désintègre régulièrement en carbone ordinaire, selon un rythme connu.
C'est ainsi qu'après 5568 ans, l'activité du carbone 14 est réduite de moitié.
Après le double d'années, elle est réduite du quart, etc….

Puystory_00120

B. La pierre, témoignage de base.
Les civilisations préhistoriques sont essentiellement basées sur le travail de la pierre.
D'abord maladroit, l'homme parvient petit à petit à maîtriser la pierre dont il fait ses armes, ses outils, etc.
C'est le silex qui constitue la matière idéale.
Alors qu'au début l'ouvrier obtenait, pour un kilo de silex, seulement 10 cm de tranchant, il obtiendra, après des millénaires, jusqu'à 20 m de tranchant !
Les outils fabriqués deviennent donc de plus en plus efficaces et satisfont des besoins essentiels, comme couper, percer...

1. L'époque de la pierre taillée ; le paléolithique.
Etendue ; des origines à 5.000 - 3.OOO av. J.-C.
a. Au paléolithique inférieure.
L'homme vit sous un climat chaud, entouré d'une flore méditerranéenne et d'animaux aimant la chaleur et l'humidité (hippopotame).
Il habite sur les hautes terrasses des fleuves (huttes de branchages), se nourrit de cueillette de fruits et chasse des proies faciles , armé d'un épieu de bois ou d'un "coup de poing".
Ce genre de vie l'empêche d'avoir une habitation fixe.
Un certain nomadisme est inévitable.
b. Au paléolithique moyen. 
Le climat devient froid humide.
L'ours et le mammouth font leur apparition.
L'homme dit de "Néanderthal" vit dans ce milieu hostile.
Ses grottes dominent les fleuves.
La conquête du feu permet la cuisson de la nourriture.
Essentiellement chasseur (gibier, poisson), le Néanderthalien améliore son outillage et inhume ses morts.
c. Au paléolithique supérieur.
Avec le recul des glaciers, apparaît ''l'Homo Sapiens'', homme intelligent qui améliore considérablement ses conditions d'existence en multipliant un outillage de plus en plus spécialisé, non seulement en pierre, mais aussi en os et en bois de renne.
Cet animal est exploité au maximum ; peau, bois, viande, nerfs, lait.
2. L'époque de la pierre polie.
Le néolithique Etendue : de 5.000 à 1.800 av. J.-C; variable selon les régions ou les pays.
La vie est transformée par la grande révolution agricole.
Grâce à l'agriculture et à l'élevage, une vie plus ou moins sédentaire succède au nomadisme.
Favorisé par un climat adouci, l'home se fixe dans des villages parfois placés sur pilotis enfoncés dans les eaux d'un lacs ce sont les cités lacustres.

PUY_4823

C. Les métaux Etendue.
A partir de 3.500 - 1.800 av. J.-C, selon les régions.
L'or et le cuivre purs sont les premiers métaux utilisés.
Viennent plus tard le bronze (alliage de neuf dixièmes de cuivre et d'un dixième d'étain) et le fer, d'abord très rare.
L'or est occasionnellement travaillé pour la confection des bijoux.
Le fer est extrait du minerai affleurant en de nombreux endroits.
Celui-ci est réduit dans un bas-fourneau.
Une sorte de poche constitue le creuset à la base d'une cheminée primitive dans laquelle l'ouvrier accumule des minerais et des branchages.
Le métal encore imprégné de scories sera épuré (plusieurs fois) par martelage à chaud, de façon à obtenir un métal assez pur pour être façonné.

Posté par Puystory à 00:10 - Divers - Commentaires [0] -

Fleurs au Grand Parc

PUY_0482

PUY_1057

PUY_5120

PUY_5438

PUY_6844

Posté par Puystory à 00:10 - GRAND PARC - Commentaires [0] -

La vie quotidienne au château fort.

Puy du Fou 2011 - 8155mod3

Les conditions de vie ont évolué entre le XIe siècle et la fin du Moyen Âge.
Voici à peu près à quoi ressemblait la vie quotidienne d'un châtelain entre 1150 et 1270, si tant est que la guerre, la croisade ou les tournois ne l'appellent loin de son château.
Le seigneur se lève tôt.
Vers six heures, un valet le réveille en secouant son oreiller.
Il enfile sa chemise, ses braies et ses chausses, et debout.
La toilette s'effectue dans une cuve en bois apportée directement dans la chambre, ou encore dans l'étuve, à l'étage ou souterrain.
La châtelaine, elle, se baignera après le repas.
Après quoi notre homme passe dans son oratoire (lieu consacré à la prière) pour prier, voire assister à la messe, s'il est seigneur assez important pour avoir un chapelain (prêtres).
Après le déjeuner, le maître reçoit ses officiers.
Le sénéchal, qui représente son autorité dans toute l'étendue dans la seigneurie, le maréchal, responsable des écuries, le chambrier qui tient les comptes et s'occupe des affaires domestiques, d'autres encore comme le bouteiller.
Ces hommes de confiance dirigent tout un personnel de maître-queux, de sergents ..., qui constituent la mesnie (gens vivant ensemble), la maison du seigneur.

Panorama 19

Après avoir discuté avec eux du bon ordre de ses affaires, celui-ci peut terminer la matinée par une visite des écuries ou du chenil, ou encore se rendre au village.
Il est temps maintenant de passer à table pour dîner, c'est-à-dire prendre le repas de la mi-journée.
Celui-ci a lieu dans la grande salle, dans le donjon ou dans le bâtiment principal du château, aux murs agrémentés de scènes de chasse ou de guerre peintes, ou encore ornés de tapisseries ou de trophées.
Le sol, lui, est pavé de petits carreaux.
Les valets dressent la table en posant de simples planches sur des tréteaux.

107

Les convives prennent place d'un seul côté de la table, sur des bancs mobiles, tandis que le seigneur préside, assis sur le maître-dois (Chaise).
Comme on ne connaît pas encore la fourchette et qu'on mange avec les doigts, chacun se lave les mains avant de passer à table.
Dès lors le service, effectué par des valets ou par de jeunes damoiseaux hôtes du seigneur, peut commencer. 
On apporte les "couverts ", les mets recouverts d'une étoffe destinée à les tenir au chaud.
Chacun a devant soi un napperon, une cuiller et un couteau, une écuelle et un hanap (grand vase à boire en métal, avec un pied et un couvercle).

Puystory_01434

C'est la nappe qui tient lieu de serviette.
Le repas, certains jours, peut durer plus de deux heures.
Les plats sont nombreux et épicés, évidemment arrosés de bon vin.
Les châtelains mangent le produit de leur chasse : quartier de cerf au poivre, épaule de sanglier farcie, cygne rôti, pâtés de chevreuil ou de lapin...
D'ailleurs, d'interminables histoires de chasse égrènent le repas, agrémenté aussi par les exploits des jongleurs ou les récits des troubadours de passage, si toutefois le brouhaha de la conversation permet qu'on les écoute.
Les devoirs de la charge reprennent ensuite le dessus.
Certains après-midi, le seigneur rend droit de justice à ses vassaux.
Il tient audience dans la grand-salle ou dehors s'il fait beau temps, et reçoit les plaideurs.
Dans les petits fiefs, il rend lui-même les jugements.
Les grands barons s'en remettent à leur sénéchal.
Les autres jours, par beau temps, il part pour la chasse.

Puystory_07901

C'est sa principale activité violente depuis que St-Louis est venu à bout des guerres privées.
Outre le fait qu'il est son plus grand plaisir, ce sport, cet art qu'il a appris dans son plus jeune âge lui permet de protéger les récoltes de ses vassaux en éliminant les animaux nuisibles qui ravagent les récoltes, cerfs, loups, sangliers.
Il lui permet aussi, en parcourant ses terres, d'inspecter les cultures et de rencontrer ses tenanciers, voire de régler certaines affaires.
La pêche, la marche, la simple promenade à cheval peuvent encore être d'autres occupations.
L'escrime permet de s'entretenir pour la guerre et de former du même coup les damoiseaux.
Quant aux longs après-midi d'hiver, ils s'écoulent à réparer les armes devant la cheminée, ou à jouer aux échecs et aux dés, tandis que les femmes filent la laine ou tissent.
Les plus riches se distraient en visitant leur ménagerie.

PUY_5510

La châtelaine vaque à ses propres occupations.
Elle peut accompagner son mari à la chasse ou participer aux jeux de plein air, mais aussi elle coud, tisse, brode, tout en surveillant les meschines, c'est-à-dire les femmes de chambre et servantes.
Parfois elle descend aux cuisines, mais c'est plutôt l'affaire du sénéchal.
Femme du seigneur, elle se doit de remplir ses obligations envers les vassaux de son mari et visite les pauvres et les malades du village.
Le soir, après un rapide et léger souper, on se réunit dans la chambre, plus agréable que la grande salle, avec ses murs peints dans des tons vifs, voire, dans les grandes occasions, recouverts de tentures de soies, également moins vaste et mieux meublée, avec son bahut et son armoire en chêne.
On prend place autour de la cheminée.
Celle-ci, souvent placée entre deux baies, est immense.
Peinte comme tout le reste, elle occupe tout un côté de la chambre.
Des troncs entiers y brûlent, à tel point que sa flamme suffit souvent à éclairer la pièce.
Là, les chiens couchés aux pieds de leurs maîtres, les convives assis sur des bancs ou par terre sur de grands tapis, autour du fauteuil du chef de famille, on écoute de nouveaux récits ou on chante pour s'égayer avant d'aller dormir.

Secret Lance 184

Enfin, tandis que le guetteur prend son poste au donjon, le maître va se coucher après une journée longue et bien remplie.
Après une dernière toilette (c'est à cette heure qu'il se lave les pieds), assisté d'un valet ou, s'il est grand seigneur, du chambrier, le châtelain dispose ses vêtements (manteau, surcot, cotte et chausses) sur une perche horizontale près du large lit entouré de rideaux (les courtines), et qui fait face à la cheminée.
La chemise est roulée sous le traversin, et les braies sous la couverture.
Le seigneur n'a plus qu'à se glisser dans les draps de soie pour sombrer dans un lourd sommeil réparateur.

D'après Jacques LEVRON, Le château fort et la vie au Moyen Âge. Edition Fayard.

Posté par Puystory à 00:05 - Château - Commentaires [1] -

Le Café de la Madelon au Puy du Fou

PUY_0240

PUY_4968

PUY_6765

PUY_8937

PUY_9234

Posté par Puystory à 00:10 - Café Madelon - Commentaires [1] -


Les Jardins à la Française (au Puy du Fou).

PUY_8808

Après un voyage en Italie en 1536, que l'architecte français de la Renaissance Philibert de l’Orme (1514-1570) réalise les jardins d’Anet.
C'est le premier à fixer l’organisation type des jardins à la française ou jardins classiques.
Les progrès dans les domaines de l’optique, de l’hydraulique et la topographie, comme l’emploi d’instruments de mesure nouveaux, serviront à l’aménagement des jardins et à la composition géométrique complexe.

Mousquetaires 11092012-002

Le jardin à la "Française", symbole de la Renaissance, est signe de perfection, de noblesse, de pouvoir de l’homme sur la nature.
C’est aussi l’art de corriger la nature pour y imposer une certaine rigueur entre autre par la symétrie avec un désir de faire triompher l’ordre sur le désordre de la nature, du réfléchi sur le spontané.
Il est dessiné comme un édifice, une demeure avec une succession de pièces que le visiteur traverse.
On y parle de salles, de chambres ou de théâtres de verdure.

M 76

Les caractéristiques générales sont : Présence du minéral (sculpture), végétal (plante) et de l'eau.
Une terrasse doit offrir un point de vue général au visiteur sur l’agencement du jardin.
Différents éléments caractérisent les jardins à la française comme les topiaires qui sont des arbres ou arbustes tel que le charme, le buis, l'if ou encore le cyprès.
Taillés à la perfection, ils constituent des formes géométriques et comportes des parterres, des bosquets, des allées, des fontaines, des bassins animés par des jeux d'eau féeriques ou des vasques.
Le tout est rythmé par des statues en pierre qui représentent des personnages de la mythologie ou de la chasse.

Puystory_7391

André Le Notre (1613-1700) sera l'architecte des jardins à la "française" le plus célèbre.
Il sera le jardinier officiel du Roi-Soleil Louis XIV  (1638-1715) et dessinera et créera le jardin de Versailles pendant le règne du Roi au XVIIème siècle.
Il réalise également le jardin du château de Chantilly, de Saint Germain et de Maintenon.
Ce modèle français, imité par de nombreuses cours royales européennes, est aujourd’hui encore la référence ultime de la maîtrise paysagère.

Posté par Puystory à 00:10 - GRAND PARC - Commentaires [1] -

Le Donjon

SH108946

Puy21061646

DSC_6874

Puystory_3495

Puystory_4312

Posté par Puystory à 00:10 - DONJON - Commentaires [1] -

La vie romaine

DSC_0788

Le luxe s'introduisit à Rome avec le retour de l'armée d'Asie.
Par elles furent introduits lits à pieds de bronze, tapis précieux et autres étoffes, guéridons et consoles que l'on considérait comme la suprême élégance de l'ameublement.

PUY_1857

C'est alors qu'apparurent les joueuses de cithare ou de sambuque, et les saltimbanques pour égayer les festins.
Alors on consacra à la préparation des repas plus de soin et de dépense, à faire cas des cuisiniers, qui était les derniers des esclaves chez les vieux romains, et à tenir pour art ce qui avait été un vil métier.

TITE-LIVE (historien latin, 59 av. - 17 ap. J.-C.).

Posté par Puystory à 00:10 - Stadium Gallo-Romain - Commentaires [1] -

En Panoramique au Puy du Fou

IMG_0729

IMG_0734

Panorama 1 (5)

Panorama 2 (7)

Panorama 30

Posté par Puystory à 00:10 - Divers - Commentaires [1] -

SAINT-PHILBERT

PUY_5076

C'était il y a 1200 ans !
L'histoire nous est contée par un texte très ancien, la Vita Sancti Filiberti (Vie de St Philbert) écrite au VIIème siècle, sans doute par un moine anonyme de Jumièges, et réécrite par un moine de Noirmoutier appelé ERMENTAIRE vers 853-854.
L'orthographe exacte serait FILIBERT, selon les premiers textes connus.
Mais cette écriture a varié suivant l'humeur des copistes, ou les traditions régionales :
FILBERT - PHILIBERT - PHILBERT - PHILEBERT - PHLIBERT - PHLIBART - PHILIBART.
Dans l'ouest de la France (Anjou, Normandie, Poitou et Vendée) on dit plus volontiers : PHILBERT.
On attribue à son nom une origine germanique qui signifie : "Le très brillant".
Philbert est né à EAUZE (Gers), capitale de l'Aquitaine au temps des rois mérovingiens, vers l'an 616.
Il était fils d'un haut fonctionnaire royal qui s'appelait Philibaud.
De sa mère l'histoire n'a pas retenu le nom.
Son père fut nommé Evêque d'Aire (Landes) à la demande des habitants, en l'an 820.
On en déduit qu'il était alors veuf, et donc que PHILBERT connut à peine sa mère.

PUY_9036

A 15 ans, on le destine à une carrière administrative, et PHILBERT s'en va à la Cour du Roi.
La Cour de DAGOBERT est alors fastueuse.
Elle est le creuset d'idées bouillonnantes en quête de renouveau de la société franque.
Les extrêmes s'y côtoient, hommes rudes et brutaux comme EBROIN, gens pieux et instruits comme St ELOI. 
Très vite, PHILBERT se lie d'amitié avec WANDRILLE et OUEN (l'un devint Abbé, et l'autre Evêque de Rouen)
Au bout de 5 ans, il renonça aux fastes de la Cour pour devenir moine à son tour.
Il rentre alors au monastère de REBAIS (Seine-et-Marne) où il va passer 15 ans avant d'en devenir le Père Abbé, en 650.
C'est alors qu'il voyage beaucoup d'une abbaye à l'autre en France, Italie, Bourgogne.
Il va faire "provision d'expérience", non seulement à la recherche de la règle idéale pour ses futurs monastères, mais aussi en observant attentivement les réalités sociales, politiques et économiques de son temps.

Puystory_02865

C'est une époque où la vie monastique fleurit.
Les abbayes deviennent des hauts-lieux non seulement de la recherche de Dieu, mais aussi du travail intellectuel et manuel.
Elles ont un fort impact sur les populations qu'elles évangélisent, instruisent et soignent.
En 654, PHILBERT fonde lui-même sa propre abbaye, dans une boucle de la Seine, à JUMIEGES, dans la province de Normandie qui s'appelait alors la NEUSTRIE.
L'importance des ruines actuelles de cette abbaye donne une idée de ce que dut être son rayonnement, quand on pense qu'elle fut capable d'accueillir jusqu'à 900 moines à la fin du VII' siècle.
Poursuivi par la haine du Maire du Palais EBROIN, à qui il avait dit ses quatre vérités, PHILBERT fut d'abord emprisonné à Rouen, puis chassé, interdit de séjour ,à Jumièges.
Il trouve asile alors, près de l'Évêque de Poitiers ANSOALD, qui lui confie l'île d'HERIO (Noirmoutier) en 675, avec quelques possessions intéressantes sur la côte :
AMPENNUM (Beauvoir-sur­Mer) et DEAS (St-Philbert-de-Grand-Lieu).
Mais à Noirmoutier, il n'arrive pas dans un endroit désert.

PUY_5732

Il existait déjà de petites communautés avec village, chapelle et nécropole (aux lieux dits actuellement St-Hilaire et St-André) et même une activité de sauniers à Luzéronde.
Dans cette île, il va fonder un nouveau monastère, certes moins grandiose que celui de Jumièges, mais dont le rayonnement sera tout de même très important.
Regain d'évangélisation des habitants, protection contre la mer (avec de nouvelles digues), utilisation de la mer (développement des marais salants, du commerce maritime et fluvial).
Cet homme extraordinaire PHILBERT, à la fois moine retiré du monde, priant dans la solitude des forêts, ou près des rochers sur le rivage, fut en même temps homme de son temps, très impliqué dans la vie économique et le commerce, plantant ses monastères en des lieux stratégiques.
Evincé de l'estuaire de la Seine, il se remet au travail dans l'estuaire de la Loire.

PUY_5700

Au bout de 10 ans, PHILBERT rendit son âme à Dieu, au milieu de ses moines et du peuple de Noirmoutier, le 20 août 685 (ou 687- 688).
Aussitôt il devint SAINT PHILBERT, canonisé par la voix populaire.
De suite, il fait l'objet d'un culte public qui se propage rapidement, de la Bretagne à la Gascogne.
Aujourd'hui 25 diocèses de France célèbrent solennellement sa fête.
Plus de 50 églises lui sont officiellement dédiées et, dans combien d'autres innombrables, des statues, des vitraux, des peintures attestent la vénération des fidèles.
Des communes même portent son nom.
En Vendée, St-Philbert-de-Bouaine et St-­Philbert-du-Pont-Charrault.
Des abbayes lui doivent un nouveau rayonnement comme Luçon et St­Michel-en-l'Herm.
Au lendemain de sa mort les miracles commencent.

PUY_5690

Les malades arrivent, toujours plus nombreux avec, parmi eux, beaucoup d'enfants et de femmes.
Les miracles n'en finissent pas de se succéder et de se multiplier.
La Vita Sancti Filiberti est intarissable sur ce sujet.
Au IXème siècle les NORMANDS arrivent.
L'abbaye de Noirmoutier est parmi les plus exposées. ERMENTAIRE écrit :
"Ces barbares s'abattaient souvent sur le port de l'île, se conduisaient comme des gens féroces et dévastaient tout.
Les habitants, suivant l'exemple de leur seigneur, préfèrent s'enfuir plutôt que de courir le risque d'une extermination".
On essaye bien de fortifier l'abbaye.
Déjà on organise une situation de repli dans le monastère de DEAS (St-Philbert-de-Grand­lieu).
Mais le péril grandit d'année en année, toujours à la belle saison, là où la mer est la plus calme.

Puystory_07483

Aussi, en juin 836, la décision est prise, et le corps de SAINT PHILBERT quitte l'île de Noirmoutier où il reposait depuis 150 ans.
Le lourd sarcophage de 2 tonnes, en marbre bleu des Pyrénées, va s'acheminer, par AMPENNUM (Beauvoir-sur-Mer) jusqu'à DEAS.
Là il fallut modifier l'église monastique et lui adjoindre une crypte pour contenir le Saint Tombeau.
Les reliques de SAINT PHILBERT vont reposer tranquillement dans l'abbatiale carolingienne pendant 22 ans.
Puis il fallut fuir à nouveau.
Dès 846, la communauté part à Cunault, domaine royal concédé par Charles-le-Chauve, en laissant les reliques à Déas, adroitement camouflées.
Mais en 858, perdant tout espoir de retourner à Noirmoutier, ils décident d'aller chercher les reliques.

DSC03130

Lors, on laissa sur place le lourd et encombrant sarcophage (qui s'y trouve toujours d'ailleurs), on plaça les ossements du SAINT dans une épaisse enveloppe de cuir, et furtivement on les achemina au petit monastère de Cunault, possession désormais de la communauté.
Mais Cunault était trop proche de l'océan, et constituait une proie facile pour les NORMANDS, qui remontaient de plus en plus haut sur la Loire, toujours prêts à piller les monastères.
Aussi, 4 ans plus tard, les moines vont fuir à nouveau, avec leurs précieuses reliques, avec toujours beaucoup de miracles, chemin faisant.
Ils vont arriver en 862 à MESSAY, une de leurs possessions.
Ils vont y rester 9 ans.
La communauté des moines de SAINT-PHILBERT ne se sent toujours pas en sûreté définitive, et les incursions normandes commencent à rendre le séjour en Poitou intenable.

PUY_8941 copy

Aussi, toujours dans l'espoir d'un refuge stable, l'Abbé GEILON, qui dirige alors la communauté, donne l'ordre à ses religieux de se remettre, une 4ème fois, en route d'exil, toujours accompagnés des reliques de leur fondateur SAINT PHILBERT.
Ils aboutissent cette fois en Auvergne, à l'abbaye de SAINT-POURCAIN-SUR­SIOULE, en 871.
Ils sont désormais à l'abri des invasions Barbares.
Cependant, ils n'y resteront que peu de temps.
L'Abbé GEILON, en effet, avait de grandes ambitions pour sa communauté.
C'est pourquoi il se fait concéder, par Charles-le-Chauve, le 19 mars 875, le territoire de TOURNUS.
Le Roi, "donne à perpétuité à la Sainte Vierge, à Saint Filibert, illustre confesseur du Christ, comme aussi à l'Abbé GEILON et à sa congrégation errante ... l'abbaye de Saint Valérien, le château de Tournus, la ville de Tournus, avec tous ses habitants et tout ce qui en dépend ... ".
Aussitôt les moines prirent possession de leur nouveau domaine, le 14 mai 875 et y déposèrent définitivement les précieuses reliques de SAINT-PHILBERT, où elles sont toujours.

Puystory_07253

L'exode aura duré près de 40 ans.

Posté par Puystory à 00:05 - VIKINGS - Commentaires [1] -