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7 juin 2024

Quand j'avais dix ans

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J'avais à peine dix ans.
Comme la plupart des enfants de mon âge j'allais garder les vaches aux champs.
Chez nous, autrefois, c'était toujours à partir du printemps, aussitôt la traite du matin, que l'on menait paître les vaches.
Je me souviens, j'avalais rapidement une soupe et mon panier sous mon bras, le bâton à la main, je conduisais le troupeau dans le pré de la vallée ou parfois dans la grande prairie proche de la ferme nommée "la Pré".

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Près de moi, mon chien Médor me suivait fidèlement et m'assurait protection.
Avec mes petites jambes, je n'arrivais pas à régler ma marche sur celle du troupeau déambulant à une cadence rapide dans le chemin encaissé qui conduisait à la pâture.
La fraîcheur du matin ravivait mon esprit. La campagne était belle.
J'admirais, dans les buissons, les premières églantines embuées de rosée.
Les oiseaux, débordant de vie, piaillaient autour de leurs nids.
Mon troupeau connaissait le chemin et se dirigeait seul vers l'entrée du pré dont la barrière était ouverte.
C'est non loin de là que je m'installais sur deux grosses pierres, lieu privilégié pour mon repas de midi.
Je connaissais toutes les vaches par leur nom.

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Roussette était ma préférée.
Tout le jour, elle restait en ma compagnie et ne cherchait pas à s'éloigner.
Si une vache essayait de franchir la haie, Médor intervenait aussitôt.
Les journées me paraissaient longues.
J'apercevais quelquefois Germaine, notre voisine, qui suivait les cinq ou six vaches de sa borderie, dans la "chintre" du champ d'à côté.
Elle venait me parler par-dessus le buisson.
Je m'occupais avec des riens.
Je confectionnais des petites chaises, des paniers et des corbeilles avec des joncs.
Je tailladais dans des branches avec mon couteau pour fabriquer des sifflets, des bœufs, des petites charrettes.
Dans le ruisseau qui traversait la prairie, je pêchais des vairons.
Je n'avais qu'une ligne très rudimentaire composée d'une baguette, d'un fil et d'une épingle retournée où j'accrochais une sauterelle.
J'attrapais aussi des sangsues que j'allais vendre un bon prix !

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Le contact avec les animaux et cette vie en pleine nature me convenaient.
Je savais que mes petits frères et mes cousins viendraient me rejoindre.
Nos imaginations permettraient alors d'envisager toutes sortes d'amusement pendant ces moments de liberté.
Nous grimpions aux arbres.
Avec les grandes branches, nous réalisions des balançoires.
Nous jouions à saute-mouton ou à cache-cache parmi les vaches, indifférentes à nos jeux d'enfants.
Les grandes filles tricotaient.
Quand ma tante venait me remplacer, elle ne perdait jamais de temps.
Souvent, elle commençait des dentelles au crochet ou bien, elle reprisait des chausses et des bas troués.
Elle emportait aussi la quenouille (emblème de la bergère) pour filer le lin.
Les bêtes rentraient à la ferme le soir quand le maître nous appelait avec sa corne.
Quand j'avais dix ans, j'accompagnais également les valets aux labours, à la fenaison, à la moisson, aux vendanges.
J'allais passer la bineuse dans les choux.
Mais c'était surtout avec mon grand-père que je travaillais le plus souvent.

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Je me rappelle le soir lorsqu'il a remisé pour la dernière fois ses outils dans la grange.
Il les a regardés longuement et il est sorti.
Je l'ai vu contempler avec mélancolie "ses terres" sur lesquelles il s'était acharné toute une vie.
Maintenant ses jambes ne pouvaient plus le porter.
Ce soir-là, il alla reprendre sa place à la table parmi les siens, mais il était triste, il ne parlait pas.
Depuis ce jour, il me voulait toujours avec lui.
Il m'apprenait à nettoyer les oignons et les ails.
Je faisais des petits travaux du jardin.
J'écossais les petits pois et les haricots de semence.
Je battais le "mogette" et il fallait ramasser à genoux les grains éparpillés.
Quand j'avais dix ans, j'aimais me rendre utile.
Je commençais à connaître déjà le dur labeur du paysan.
La sueur perlait sur mon front juvénile.
Je faisais la joie de mon grand-père qui voyait grandir en moi une nouvelle génération.

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"D'hommes de grand matin, durs au mal, d'hommes du soir à la lourde démarche des gros sabots de bois et d'hommes de granit tassé avant l’âge qui prennent les saisons comme elles viennent.

Jacques Maupillier (Garde)

6 juin 2024

Le Char Sherman, Icône de la seconde Guerre Mondiale.

En première lecture. Un article complet sera bientôt disponible sur www.puystory.com. Cliquez sur la photo pour visualiser la synthèse sur l'histoire de ce char.

 

5 juin 2024

A la Citadelle du Puy du Fou.

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3 juin 2024

L'ameublement du Moyen-Âge à la Renaissance.

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Pendant le Moyen Âge (400-1400), l'ameublement des maisons est rustique et minimaliste.
Le coffre occupe une place majeure quelle que soit la demeure.
Meuble de rangement, mais aussi assise, la paysannerie médiévale disposait de coffres nommés "huche".

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Souvent sur les routes en temps de guerre, les seigneurs devaient pouvoir partir avec leur mobilier.
Les rares meubles dont ils disposaient étaient donc conçus pour être démontables et facilement transportables.

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Une table composée de plusieurs planches posées sur des tréteaux et recouvertes de tissus dans les logements les plus riches.
La table est encore un meuble en devenir.
À l’heure de s’attabler, on "dresse la table".
Cette expression est restée, et bien ancrée, dans notre langage courant !

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Un lit large, car accueillant plusieurs membres de la famille, court puisqu'on ne dort jamais allongé par peur de la mort.
Le lit a un rôle central au Moyen Âge et est placé à l’endroit le plus confortable de la maison.

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Le 15ᵉ siècle (1401-1500), dans l’histoire de la maison et des châteaux, deviendra un siècle très important.
Sous l’influence des mœurs qui perdent leur brutalité féodale, sous celle aussi de certaines maisons souveraines, le goût du luxe et le désir du confort se répandent.
En même temps, la fortune de la bourgeoisie, très fortement accrue dans les villes commerçantes, permet des installations jusqu’alors réservées à la seule noblesse.

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C’est ainsi que les murs intérieurs des chambres, jusque-là nus ou peints, commencent à se couvrir de ces magnifiques et renommées tapisseries des Flandres.
Ces tapisseries poursuivent du reste un double but d’ornement et de défense contre le froid.
Celui-ci reste à craindre.

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Ni le chauffage, ni l’éclairage ne réalisent de progrès sérieux.
Les cheminées ont même tendance à diminuer de proportions et le mobilier ne se développe guère.

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Ce sont toujours les lits entourés de rideaux qu'on relève en paquets pendant la journée, des coffres à usages divers, de rares crédences (petit meuble) servant à enfermer les objets précieux.
Aucun siège n’est rembourré.
On adoucit la dureté du bois par des coussins mobiles.

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Les horloges apparaissent, très rudimentaires encore et peu précises.
Les unes, munies de pieds, se déposent sur un meuble.
D’autres, à chaînes, se suspendent au mur ou même au plafond à la façon d’un lustre.
Tous ces nouveaux éléments vont se développer rapidement et aboutir à de magnifiques ensembles décoratifs.

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La Renaissance du 16ᵉ siècle (1501-1600) continue et développe le mouvement commencé au 15ème.
Le goût s’affine et le nombre des fortunes bourgeoises augmente dans de fortes proportions, et dans toutes les villes s’élaborent, dans des maisons neuves, des intérieurs luxueux.

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Les fenêtres s’élargissent et se multiplient.
Les appartements deviennent clairs.
Aux meubles rares du Moyen âge succèdent des mobiliers considérables, vastes lits à colonnes, tables, armoires, crédences, cabinets, dressoirs.
Tout cela, surtout pendant la première moitié du siècle, surchargé d’ornements et de sculptures.

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Le moindre meuble se complique de figures en relief, de rinceaux de guirlandes.
Ce goût va jusqu’à l’absurde.

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On produit des objets ménagers, fers à repasser, casseroles, couteaux, si chargés d’ornements, qu’ils ne jouent plus qu’un rôle de parade.
Ni l’éclairage, ni le chauffage ne font d’ailleurs de progrès.
La cheminée reste ce qu’elle était au 15ᵉ siècle.

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L’éclairage est encore produit à l’aide de cierges et de mauvaises lampes à huile où trempe une mèche.
La Renaissance ne vise pas le pratique, mais à l’aspect décoratif.
On remédie au froid en garnissant les murs de merveilleuses tapisseries et en remplaçant les carrelages par des parquets.
Du reste, plus aucun souci d’hygiène.
Les bains deviennent de plus en plus rares.
On préfère s’inonder de parfums coûteux, importés d’Italie et d’Orient.

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L’intérieur des habitations et le mobilier se modifient avantageusement pendant la première moitié du 17ème siècle (1601-1700).
Les dernières traces du Moyen-Âge (400-1400), encore subsistantes au 16ème siècle, achèvent de disparaître.
Aux escaliers étroits, presque dérobés, succèdent des escaliers larges, qui deviennent souvent monumentaux dans les hôtels riches.

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De même, les fenêtres encore étroites et à petits carreaux de la Renaissance, font place à des fenêtres vastes, garnies de vitres d’un format déjà plus grand.
Les appartements s’éclaircissent.
On se défend du soleil et le soir des regards indiscrets, par de petits volets intérieurs.

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Par contre, les cheminées deviennent trop petites par rapport à la dimension des chambres.
Il n’est pas rare, l’hiver, de voir les habitants de la maison assis par terre, en demi-cercle, devant le feu, dans l’étroite zone où la chaleur du feu de bois se répand.
La mode des tapisseries passe, ou du moins diminue.

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Elle est remplacée, par le goût des tableaux et des cuirs de Cordoue.
Ces derniers jouent un rôle très important dans la décoration, comme les lourds meubles d’ébène, de "bois-des-îles" ou de vieux chêne.
D’une manière générale, l’aspect des appartements devient moins intime, plus froid.
Les divisions modernes commencent à s’introduire : salons, chambres à coucher, cabinets de travail.
C’en est fini de la chambre unique, à tous usages, du Moyen-Âge et de la Renaissance.

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