A 290 mètres d'altitude, du parvis de l'église et du haut du clocher, quel panorama. Le point culminant de la Vendée se situe à Saint-Michel-Mont-Mercure, commune au cœur de Vendée Vallée, entre Pouzauges et Les Herbiers.
Du haut de la tour de 42 mètres surplombant l'église, les plus courageux gravissent les 194 marches et arrivent au pied de la statue de l'archange Saint-Michel, terrassant le dragon et dominant de sa couleur or étincelante le département et ceux limitrophes.
La statue de l'Archange Saint-Michel, réalisée à la fin du XIXème siècle en cuivre martelé, est la réplique exacte de celle installée sur la basilique Notre-Dame de Fourvière à Lyon.
Elle mesure 8,66 m et pèse 1200 kg avec des ailes de 2,30 mètres. Point culminant de la Vendée, elle veille depuis 1897 sur la commune et sur le département.
Descendu en novembre 2012, l'Archange a été entièrement rénové, recouvert de feuilles d'or et hissé de nouveau sur le clocher en septembre 2013.
Près de 10 000 personnes sont venues assister à l'événement. Une visite du sommet de la Vendée à ne pas manquer.
Au cœur de la Vendée, là où les chemins ancestraux tracent encore leurs sillons invisibles dans le paysage, se dresse un village dont le nom même raconte une histoire millénaire.
Saint‑Pierre‑du‑Chemin n’est pas un simple nom sur une carte: c’est une superposition de mémoires, un lieu où chaque syllabe murmure un héritage qui refuse l’effacement.
Le vocable "Saint-Pierre-du-Chemin" témoigne de l'existence ancienne de la bourgade avec une éloquence rare.
Saint-Pierre évoque les premiers siècles de l'ère chrétienne, célébrant le chef des Apôtres dont la figure tutélaire veille sur ces terres depuis près de deux millénaires.
Mais c'est le second terme, "du Chemin", qui révèle le secret géographique et historique de ce lieu.
Il n'est que le vestige linguistique des deux voies romaines qui se croisaient en ces lieux stratégiques.
La plus remarquable de ces artères impériales était celle reliant Nantes à Rom, l'antique Vienne (Deux-Sèvres), véritable épine dorsale du commerce et de la communication dans la Gaule romaine.
Ces voies n'étaient pas de simples chemins de terre : elles représentaient l'incarnation même du génie civil romain, avec leurs fondations profondes, leurs pierres calibrées, leurs systèmes de drainage sophistiqués.
De nombreux lieux-dits permettent encore aujourd'hui d'en tracer l'itinéraire avec une précision étonnante, comme si la mémoire du sol refusait d'oublier ces cicatrices glorieuses.
À l'occasion du chantier de la "route stratégique" reliant La Rochelle à Saumur, les terrassiers ont mis au jour une borne milliaire qui a permis de dater cette voie de l'époque de Tacite, ce grand historien latin qui chroniclait les affaires de Rome au tournant du premier siècle de notre ère.
Chef-Lieu de Doyenné :
Un Centre Religieux Majeur du Haut Moyen Âge
Des écrits attestent que Saint-Pierre-du-Chemin fut chef-lieu de doyenné, avec pas moins de 31 paroisses sous sa juridiction, jusque vers l'an 900.
Cette information capitale révèle l'importance ecclésiastique considérable du lieu durant le haut Moyen Âge, période souvent qualifiée d'obscure mais qui voit en réalité l'émergence de structures administratives religieuses complexes.
Un doyenné représentait une subdivision administrative d'un diocèse, regroupant plusieurs paroisses sous l'autorité d'un doyen.
Être chef-lieu de doyenné signifiait exercer une influence spirituelle et administrative sur un territoire considérable, bien au-delà des limites de la commune elle-même.
Cette prééminence religieuse explique pourquoi le vocable "Saint-Pierre" fut choisi pour ce lieu : Pierre, le premier des Apôtres, celui à qui le Christ confia les clés du Royaume, était le patron naturel d'un centre ecclésiastique d'une telle importance.
Le choix de ce patronage n'était jamais anodin au Moyen Âge.
Pierre Bersuire :
Un Savant Bénédictin au Rayonnement Européen
Pierre Bressuire, dont le nom francisé deviendra Bersuire, naquit à Saint-Pierre-du-Chemin vers la fin du XIIIe siècle, probablement entre 1290 et 1295.
On ne sait presque rien de son enfance, sinon qu'elle se déroula dans un contexte rural marqué par la foi et les traditions monastiques.
Il semblerait qu'il ait passé sa jeunesse à l'abbaye de Maillezais, ce grand centre intellectuel et spirituel du Bas-Poitou où les manuscrits s'accumulaient et où la pensée médiévale s'épanouissait.
Selon les historiens qui ont étudié son œuvre, Pierre Bersuire était "un savant de premier ordre et un écrivain éminemment moral et religieux".
Il est l'auteur de cinq ouvrages importants qui allient réflexion morale et description du monde connu, synthèse caractéristique de la pensée scolastique du XIVe siècle.
Son opus majeur, le Reductorium morale, constitue une vaste encyclopédie allégorique qui cherche à déchiffrer le sens spirituel caché dans les textes antiques et les phénomènes naturels.
En 1351, reconnaissance suprême de son érudition, il devient secrétaire du roi Jean le Bon, dit Jean II de France.
Cette fonction le place au cœur du pouvoir royal, à une époque troublée marquée par les désastres de la guerre de Cent Ans.
Il mourra à Paris en 1362, laissant une œuvre considérable dont, malheureusement, il ne reste aucune trace manuscrite originale, les copies ultérieures témoignent seules de son génie.
Les Grignon :
Premiers Seigneurs de la Ménardière
En 1403 apparaissent dans les archives les premiers seigneurs de la Ménardière en la personne d'André Grignon, fils de Jean Grignon, déjà seigneur du Breuil Bastard à La Tardière.
Cette date marque le début d'une longue histoire seigneuriale qui traversera les siècles jusqu'à la Révolution.
André Grignon fait construire le premier château, édifice dont les guerres détruiront la plus grande partie mais épargneront miraculeusement la tour que nous pouvons encore admirer aujourd'hui.
Cette tour renferme un magnifique escalier de granit, prouesse architecturale qui témoigne de l'ambition des Grignon et de leur volonté d'affirmer leur statut social par la pierre.
Le granit, matériau noble et durable, fut extrait des carrières locales et taillé avec une précision remarquable par des artisans dont les noms se sont perdus dans les brumes du temps.
Le dernier des Grignon de la Ménardière fut François Grignon, personnage tragique dont le destin violent marque la fin de cette lignée.
Il fut assassiné vers 1529 par Gilles et Jacques de Faubert, seigneurs de la Vergne à Secondigny.
Ces derniers furent condamnés à être décapités et leurs biens confisqués, sentence terrible qui témoigne de la gravité du crime.
Cette sentence fut rapidement suivie de lettres de grâces royales, pratique courante à une époque où la justice pouvait être négociée.
François Grignon était alors père d'une fille, Catherine, mariée depuis quelques années à Louis Bigot.
Le Château de la Ménardière :
Architecture et Symbole
Au bout d'une allée ombragée de 1100 mètres se dresse dans la campagne vendéenne la silhouette du château de la Ménardière, apparition romantique qui émerge des frondaisons comme une vision venue d'un autre temps.
Un petit porche permet de franchir les douves, vestiges du système défensif médiéval, et donne accès à la façade ornée d'une porte ouvragée dont la finesse du travail de la pierre force l'admiration.
Datant du XVe siècle, ce monument a conservé de sa splendeur originelle un majestueux escalier qui constitue aujourd'hui son joyau architectural le plus précieux.
D'élégantes balustrades et des clés de voûte armoriées en complètent la décoration, témoignant du raffinement de la Renaissance naissante.
À droite de l'entrée principale s'ouvrait une autre porte, sans doute celle d'origine, plus ancienne et plus modeste.
Il n'en subsiste qu'un entourage de pierre blanche, mais quel entourage !
C'est une véritable dentelle minérale, un chef-d'œuvre de sculpture sur pierre où le ciseau du tailleur de pierre a fait jaillir de la matière brute une délicatesse presque irréelle.
Le château de la Ménardière est intégré à une ferme, situation unique qui en fait une synthèse architecturale entre le château et la métairie.
Situé sur un domaine agricole et sur une terre noble à la fois, il incarne cette France rurale où l'aristocratie terrienne vivait au plus près de ses terres, loin du faste versaillais mais profondément enracinée dans le sol et les saisons.
Les Armoiries et l'Escalier Gothique :
Chef-d'Œuvre du Patrimoine
Tout fait penser que François Grignon fit construire la tour et l'escalier de la Ménardière.
Les armes des Grignon y sont nombreuses et toutes en premières places, témoignage héraldique qui affirme sans ambiguïté la paternité architecturale de cette famille.
Ces armoiries sculptées dans la pierre ne sont pas de simples décorations : elles constituent une signature, une revendication de propriété et de prestige qui traverse les siècles.
L'escalier de la Ménardière est un escalier gothique monumental, chef-d'œuvre de l'architecture flamboyante qui représente l'apogée de l'art gothique avant la transition vers la Renaissance.
C'est grâce à celui-ci que le château est répertorié aux Monuments Historiques de Vendée.
La directrice du service des Monuments Historiques elle-même l'a déclaré "sans nul doute le plus bel escalier gothique de Vendée", qualification qui témoigne de son exceptionnelle valeur patrimoniale.
De style gothique flamboyant, il est caractéristique de la fin du XVe siècle, période charnière où l'art médiéval atteint une sophistication extrême avant de céder la place aux canons esthétiques de la Renaissance italienne.
Les clés de voûte armoriées, les balustrades ajourées, la grâce de la courbe des marches témoignent d'une maîtrise technique et d'une sensibilité artistique qui forcent le respect.
Comparaisons avec Amboise :
Échos Royaux dans un Château Vendéen
Le Roi Charles VIII, régnant de 1483 à 1498, avait 21 ans lorsqu'il épousa la duchesse Anne de Bretagne, union qui devint une réussite sentimentale rare à une époque où les mariages princiers relevaient avant tout de la raison d'État.
Il entreprit d'importantes constructions à Amboise, dont l'aile dite "de Charles VIII" et la chapelle Saint-Hubert, joyau du gothique flamboyant.
Mais, toutes proportions gardées, on peut établir des comparaisons fascinantes entre le château royal d'Amboise et le modeste château de la Ménardière.
Les clés de voûte de l'escalier de la Ménardière présentent des similitudes troublantes avec celles de la chapelle Saint-Hubert d'Amboise.
La balustrade du haut de l'escalier de la Ménardière rappelle celle de la lucarne d'Amboise.
Les restes de sculptures de l'ancienne porte d'entrée de la Ménardière présentent des similitudes avec cette même lucarne d'Amboise : deux pinacles et traces d'un fleuron, motifs décoratifs caractéristiques du gothique flamboyant.
Ces correspondances stylistiques ne sont pas le fruit du hasard.
Elles témoignent de la circulation des artisans, des modèles architecturaux, des influences artistiques à travers le royaume.
Un maître maçon qui avait travaillé sur un chantier royal pouvait ensuite mettre son savoir-faire au service d'un seigneur provincial, diffusant ainsi les innovations architecturales de la cour vers les provinces.
Les Remaniements du XVIIIe Siècle :
Quand le Classicisme Transforme le Gothique
Modifications Extérieures
Redéfinition de l'accès principal dans l'axe de la tour
Plantation d'une avenue de plus d'un kilomètre menant au château
Modification du porche d'entrée et du pigeonnier
Réduction de la grande cour par construction de deux bâtiments à frontons triangulaires
Percement d'une nouvelle porte centrale et suppression de la porte flamboyante donnant accès à l'escalier
Transformations Intérieures
Transformation du salon carré en salon octogonal pour plus de symétrie
Modification de la place et du style de la cheminée, centrée sur le mur
Percement de nouvelles portes hautes
Découpe des quatre angles de la pièce
Condamnation du passage vers l'escalier (rouvert seulement en 2000)
C'est à l'époque des d'Asnières, au XVIIIe siècle, que le château subit des remaniements profonds de son architecture et de ses dépendances.
Ces transformations reflètent l'évolution du goût aristocratique : le gothique flamboyant, jugé démodé et irrégulier, céda la place aux canons classiques de la symétrie et de l'ordre.
Le salon de forme carrée fut transformé pour réaliser une plus grande symétrie dans le salon octogonal actuel, forme géométrique prisée au siècle des Lumières.
Pour cela, on modifia la place et le style de la cheminée pour la mettre au centre du mur, on perça de nouvelles portes hautes, on coupa les quatre angles de la pièce en bouchant le passage vers l'escalier.
Ce passage ne sera réouvert qu'en l'an 2000 avec une porte dissimulée dans le mur, redécouverte lors de travaux de restauration.
La Révolution et les Colonnes Infernales :
Tragédie et Légende
Le château fut incendié lors du passage des colonnes infernales, ces unités militaires républicaines qui sillonnèrent la Vendée entre 1793 et 1794 dans le cadre de la répression de l'insurrection vendéenne.
La Révolution arrive brutalement dans cette France rurale : Jean d'Asnières émigre, rejoignant l'armée des Princes pour combattre la République.
Sa femme et ses enfants demeurent d'abord à la Ménardière puis se retirent en Normandie, fuyant l'avancée des colonnes.
Mais qu'en est-il réellement de la femme et des enfants ?
Une légende, tenace et troublante, raconte que le propriétaire de l'époque, voyant les colonnes infernales s'approcher du château, prit la fuite en abandonnant femme et enfants à leur triste sort.
L'épouse aurait été malheureusement torturée, violée et, comme ses enfants, sacrifiée dans une orgie de violence qui caractérisa ces heures sombres de l'histoire vendéenne.
"Certains soirs de pleine lune, il n'est pas rare de voir le fantôme bienveillant de la maîtresse de maison à la fenêtre de la tour, attendant le retour de son époux ou veillant sur ses hôtes en guettant l'arrivée des bleus..."
"...et d'entendre les rires des enfants jouant dans le grand escalier."
Légende ou réalité ?
La question demeure posée.
Les historiens sérieux peinent à documenter précisément le sort de Catherine de Montmorin et de ses enfants durant cette période.
Ce qui est certain, c'est que le château fut incendié et que toutes les terres de Jean d'Asnières furent confisquées comme biens d'émigrés.
Elles seront mises en adjudication le 9 Pluviôse an IV (29 janvier 1796). Grâce à un prête-nom, la citoyenne Catherine Arnaude de Montmorin, femme de Jean d'Asnières, eut le droit de racheter le "ci-devant château de la Ménardière, incendié".
Ainsi la Ménardière revint aux d'Asnières, qui procédèrent à quelques réparations sommaires.
Du XIXe Siècle à la Restauration :
Renaissance d'un Patrimoine
Le dernier des d'Asnières à posséder la Ménardière sera le comte Raymond d'Asnières qui épousa Mademoiselle Morin de Banneville.
Cette dernière mourut veuve en 1881, après avoir fondé à Saint-Pierre-du-Chemin un hôpital qui perpétue sa mémoire charitable.
Elle fut inhumée dans la chapelle de cet établissement ainsi que son mari. On y transporta également les corps de ses beaux-parents, créant ainsi une nécropole familiale.
La Ménardière fut achetée en 1869 par Edmond Savary de Beauregard, de la branche du Chastenay à La Châtaigneraie, qui s'intéressait essentiellement aux terres qui l'entouraient plutôt qu'au château lui-même.
Le château ne fut pas habité par sa famille et tomba progressivement en ruines, proie des intempéries, de la végétation envahissante et de l'abandon.
La Ménardière passa par héritage à ses descendants directs, les La Barre de Nanteuil, puis aux du Plessis de Grenédan qui la restaurèrent partiellement à partir de 1998.
En 1997, la tour d'escalier octogonale du logis était le seul élément encore couvert d'une toiture.
Grâce à Monsieur et Madame du Plessis de Grenédan, qui menèrent à bien une belle opération de sauvetage de l'édifice, le site promis aux ronces et aux éboulis a repris vie.
Ils remirent en valeur le logis par une restauration minutieuse et en firent un Gîte de France de caractère, permettant ainsi au public de séjourner dans ce lieu chargé d'histoire.
Et les soirs de fête, on peut encore entendre, dit-on, les cors et les cris d'une meute imaginaire poursuivant quelque cerf dans la forêt, échos fantomatiques d'un passé aristocratique révolu.
Un Patrimoine Vivant :
Le Château Aujourd'hui
Construit au XVe siècle, remanié au XVIIIe, ce château (grâce à son imposant escalier inscrit aux Monuments Historiques) a été partiellement restauré en 1998-2000.
Aujourd'hui, après restauration, le château est un très grand gîte de caractère, entièrement indépendant, qui allie le charme de l'ancien et le confort du moderne.
Le rez-de-chaussée comprend un salon de 50 m² décoré, une grande salle à manger, une cuisine équipée avec congélateur, une salle d'eau avec wc, et une chambre avec deux lits de 90 jumeaux.
L'escalier gothique monumental, véritable joyau du lieu, mène à l'étage où se trouvent trois chambres (une avec un lit de 160, une avec un lit de 140, et une avec deux lits jumeaux de 90 et un lit de 90), une salle de bains, une salle d'eau et deux wc.
Le téléphone illimité sur fixes en France est inclus.
Le jardin clos de 1000 m² dispose d'une terrasse équipée d'un salon de jardin et d'un barbecue.
Une piscine semi-enterrée est ouverte d'avril à septembre.
Les hôtes ont accès à un abri voiture, une table de ping-pong, une table multi-jeux pour les enfants.
Une ferme se trouve à proximité, avec un droit d'accès aux locataires pour pêcher sur la partie restante des douves.
Rayonnement Culturel :
De la Maquette au Cinéma
La maquette de ce château et le moulage d'une des clés de voûte de l'escalier sont présentés à la Chabotterie, haut lieu touristique de la Vendée dédié à l'histoire des guerres de Vendée.
Cette reconnaissance patrimoniale témoigne de l'importance du château dans le patrimoine architectural régional.
En exposant une maquette et un moulage, les responsables de la Chabotterie reconnaissent que la Ménardière constitue un exemple emblématique de l'architecture seigneuriale vendéenne.
En 2014, le château fut choisi comme cadre du tournage de plusieurs scènes du film "Meurtres à Guérande", téléfilm policier diffusé sur France 3 le 14 février 2015 et régulièrement rediffusé depuis.
Ce choix des producteurs confirme la valeur cinématographique du lieu : son escalier monumental, ses salles aux proportions nobles, son atmosphère chargée d'histoire en font un décor naturel parfait pour des productions historiques ou policières.
Le château de la Ménardière se situe en Sud Vendée, dans une zone riche en ressources touristiques, à une trentaine de kilomètres du célèbre parc d'attractions du Puy du Fou, qui attire des millions de visiteurs chaque année.
Cette proximité géographique place le château dans un écosystème touristique dynamique qui valorise l'histoire et le patrimoine vendéens.
Ainsi, de l'époque romaine à nos jours, de Pierre Bersuire au cinéma contemporain, de l'architecture gothique aux légendes fantomatiques, Saint-Pierre-du-Chemin et son château de la Ménardière incarnent la mémoire vivante d'un territoire où chaque pierre raconte une histoire et où le passé dialogue avec le présent dans une conversation ininterrompue qui enrichit notre compréhension du patrimoine français.
Son nom retentit dans la nuit du Puy du Fou. Il n'est pas Vendéen. Il est né en Ille-et-Vilaine, à Montfort-sur-Meu. Enfant de la campagne bretonne, il a grandi au village d'Iffendic (35750), dans une famille plus riche d'enfants que d'écus. A douze ans, il a pris le chemin de Rennes pour aller étudier au collège des Jésuites. Brillant élève, il apprend le latin, le grec, il excelle en dessin, en peinture, en poésie. On remarque surtout sa piété, son silence recueilli, son amour de la Vierge, sa tendresse pour les pauvres. Un jour qu'il prie devant Notre-Dame des Miracles, une illumination intérieure confirme l'inspiration déjà germée en son cœur. Il sera prêtre et missionnaire. Il donnera sa vie à Jésus-Christ et à l'évangélisation de ses frères. Une bourse, un habit neuf, de bons souliers et le voici sur la route, à pied, vers Paris et le séminaire de Saint-Sulpice. Au premier pont, sur la Vilaine, un mendiant se présente à lui. Montfort lui donne sa bourse. Plus loin, un pauvre à nouveau le sollicite. Le jeune homme lui offre son habit neuf. Au troisième qui surgit, que donner encore ? Montfort n'hésite pas. Il se dépouille de ses vêtements et les échange contre les haillons du miséreux. Puis, tout heureux, il poursuit son chemin.
C'est en cet équipage qu'il arrive dans la capitale. Il n'est pas Vendéen d'acculturation. Sa formation "Jésuite", ses études théologiques à St-Sulpice lui ouvrent des possibilités diverses. Sitôt ordonné prêtre, il ne rêve pourtant que d'aller catéchiser les "pauvres des campagnes", alors si démunis, et de missionner parmi eux. On l'envoie à Nantes, il passe à Poitiers. On l'appelle à Paris. Son goût pour l'indigence et les indigents, son zèle à introduire des réformes, son style de vie "à la Providence" choquent et scandalisent les gens installés. Des évêques même, prévenus contre lui, le chassent de leur diocèse. "Je suis, dit-il, comme une balle dans un jeu de paume, on ne l'a pas sitôt poussée d'un côté qu'on la pousse de l'autre, en la frappant durement". Adieu, Rennes... Adieu, Poitiers... Adieu Nantes... Adieu, Paris... Quelle est donc sa voie ? Il va la découvrir à Rome, près du Pape Clément XI. Il lui fait part de son désir des missions lointaines. Mais non ! "Vous avez, Monsieur, en France, un assez grand champ pour exercer votre zèle". C'est la parole du Vicaire de Jésus-Christ. C'est pour Montfort la parole de Dieu. De 1706 à 1716, il va missionner dans 'l'Ouest de la France. En 1712, il se fixe un temps dans le diocèse de La Rochelle, dont fait partie à l'époque, le bocage vendéen. L'évêque de La Rochelle, Mgr de Champflour, est pour Montfort un protecteur et un ami. Il lui confie plusieurs missions dans les paroisses de sa ville épiscopale et de son diocèse. Alors, le missionnaire sillonne l'Aunis, le Bressuirais, la Vendée. Il prêche à La Garnache, à Saint-Hilaire-de-Loulay, à Luçon, à l'île d'Yeu, à Sallertaine, à St-Christophe-du-Ligneron, à Esnandes, à Courçon, à Bressuire, à La Séguinière, à Roussay, à Saint-Amand, à Fontenay-le-Comte, à Mervent, à Vouvant, à Villiers-en-Plaine, etc.
Il est passé, sans doute, au Puy du Fou... La forêt de Mervent charme son attrait pour la nature et pour la solitude. D'une grotte, il fait son ermitage. Il s'y livre à la prière. Il y trouve le bonheur. Il y entend : "L'éloquent silence des rochers et des forêts qui ne prêchent que paix, qui ne respirent qu'innocence". Il y goûte "une paix profonde". Le granit breton a fait alliance avec les rochers du bocage. L'alliance est scellée dans la mort. A quarante ans, Montfort est épuisé... Épuisé par le travail, les longues marches, les jeûnes et les veilles, les dures mortifications qu'il s'inflige. En avril 1716, il arrive à St-Laurent-sur-Sèvre, miné par la fièvre. Toujours ardent, il y commence la mission. Son dernier effort, c'est le dernier sermon qu'il y prêche, sur la douceur de Jésus. Il doit s'aliter. C'est dans une chambre d'auberge, exiguë et misérable, qu'il rend le dernier soupir, au milieu des gens du bourg qui veulent tous, à leur tour, recevoir sa bénédiction. Allons, mes chers amis, Allons en Paradis. Quoi qu'on gagne en ces lieux, Le Paradis vaut mieux. Cette strophe d'un de ses cantiques est son dernier message. Il n'est pas Vendéen, mais la Vendée garde son tombeau. Selon une ancienne tradition, reprise il y a quelques années. Un pèlerinage annuel (le second dimanche d'octobre) rassemble les gens de la région dans la basilique de Saint-Laurent.
Il n'appartient pas à la Vendée. Canonisé par Pie XII en 1947, il appartient désormais à l'Eglise universelle. Ses livres, ses cantiques, les récits de sa vie sont à tous ceux qui veulent le découvrir. Son esprit se survit en ses fils et ses filles. - Pères et Frères Montfortains, Filles de la Sagesse, Frères de Saint-Gabriel, dont les maisons bordent la Sèvre, dont les clochers émergent des coteaux qui en longent le cours. - Pères, Frères et Sœurs dispersés à travers le monde. - Pères, Frères et Sœurs de toutes races, en tous les continents. Il n'appartient pas à la Vendée. Mais la Vendée lui appartient depuis qu'elle l'a reçu, depuis qu'elle a reçu son dernier souffle. "VENDEE - PAYS DES MISSIONS DE MONTFORT" - Pays évangélisé par lui et par ses fils. - Pays qui lui a donné tant de ses enfants. - Pays qui a suivi ses consignes, au temps des violences et de la persécution religieuse. - Pays qui a reçu de lui un héritage spirituel. Dans la nuit du Puy du Fou, la Vendée, fidèle, a redit son nom. Puisse-t-elle garder son message !
On appelle "Vendée militaire" les territoires qui se soulevèrent en 1793 contre la Convention (Assemblée constituante) : en Anjou, les Mauges, autour de Cholet ; en Poitou, la Gâtine, le Bocage et le Marais vendéen, le pays de Retz, autour du lac de Grand-Lieu. Ces régions de pénétration difficile, coupées de haies et de cours d'eau, forment un terrain favorable aux embuscades. On distingue la Vendée militaire, contrôlée par l'armée catholique et royale, des pays de chouannerie (Maine, Normandie, Bretagne), où les royalistes opérèrent en ordre dispersé. Si les premières années de la Révolution ne provoquent aucun rejet de la part de la paysannerie locale, l'opposition entre la Vendée et Paris se noue autour de la persécution des prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé.
Cette répression donne lieu à des révoltes sporadiques. L'exécution de Louis XVI, mais surtout la conscription forcée, sont à l'origine de l'insurrection qui éclate en mars 1793 à St-Florent-sur-Loire, puis qui s'étend rapidement à toutes les Mauges angevines et au Bas-Poitou. Dirigés au début par des chefs issus du peuple, comme Cathelineau, colporteur au Pin-en-Mauges, ou Stofflet, garde-chasse à Maulévrier, les paysans font ensuite appel à leurs "Messieurs". Dans les Mauges, les gars de Beaupréau vont chercher d'Elbée et ceux de St-Florent le marquis de Bonchamps. Au cœur du bocage et du marais, Sapinaud et le chevalier de Charrette conduisent leurs fermiers, comme en Gâtine le jeune châtelain de la Durbelière, La Rochejaquelein, et celui de Clisson, Lescure. Ces "Brigands" armés de faux, de fourches et de quelques fusils, puis d'armes de guerre prises aux Républicains, sont groupés en paroisses. Tous portent le scapulaire, une étoffe ornée du Sacré-Cœur enflammé surmonté d'une croix, que l'on passe sur les épaules et qui couvre le dos et la poitrine.
Le drapeau des Vendéens est blanc, semé de fleurs de lys, et porte souvent la devise "Vive Louis XVII". La base de leur tactique est la surprise, les bons tireurs enveloppent la force adverse et, dissimulés dans les haies, déciment l'ennemi. Puis tout le monde se jette à l'assaut au cri de : "Rembarre ! Vive la Religion I Vive le Roi !". En avril 1793, les Bleus (républicains) ont réagi et, malgré un grave échec à Chemillé, ont repoussé l'armée catholique et royale sur la Sèvre. Puis celle-ci reprend l'avantage et s'empare de l'Anjou en juin. Mais son premier chef Cathelineau est tué lors des assauts infructueux contre Nantes et d'Elbée prend alors le commandement. La menace extérieure des armées coalisées étant en partie levée, la Convention s'inquiète de ce conflit intérieur qui lui semble le plus important.
L'armée de Mayence, conduite par Kléber, Westermann et Marceau, est envoyée en Vendée militaire. Vaincue d'abord à Torfou, cette armée remporte la sanglante bataille de Cholet que l'armée vendéenne essaie de reconquérir. Lescure et Bonchamps sont mortellement atteints. En se retirant sur St-Florent, Bonchamps, mourant, fait libérer des milliers de prisonniers. Puis l'armée catholique et royale passe la Loire, dans l'espoir de rejoindre à Granville une flotte anglaise. Elle échoue dans cette tentative, les déroutes du Mans et de Savenay finissent de désagréger ce qui en reste. Décrétée par la Convention, la répression commence alors. Elle est véritablement effroyable durant l'hiver 1794, s'accompagnant d'exécutions massives et de la destruction de la Vendée. Deux armées, commandées par le général Turreau, sont divisées en colonnes ayant chacune un itinéraire précis.
La mission de ces Colonnes infernales est d'exterminer les combattants, les femmes, "sillons reproducteurs", et les enfants, "futurs brigands", et de détruire l'habitat et les cultures. Cependant, au cours de cette année 1794, la Vendée résiste encore et mène une guerre d'usure contre l'occupant. Dans les Mauges, Stofflet tient la campagne et défait les Bleus sur plusieurs sites. Dans le Marais et le Bocage, Charette harcèle les républicains par de petits raids inopinés. Cette guérilla, la mort de Robespierre, l'action pacificatrice de Hoche font qu'au début de 1795, la paix est signée avec Charette à La Jaunaye, avec Stofflet à St-Florent.
Quelques mois plus tard toutefois, à l'instigation du comte d'Artois, Charrette et Stofflet reprennent la lutte. Mais la Vendée est à bout de souffle et, le frère du roi ne secourant pas ses fidèles. Hoche, habile et généreux, réussit à pacifier la région en obligeant d'Hervilly à se réfugier dans la presqu'île d'Oléron. Il assure la victoire de la République en juillet 1795. En 1796, Stofflet, pris à côté de Jallais, est fusillé à Angers. Charette, capturé à la Chabotterie, subit le même sort à Nantes et meurt, le 29 mars au cri de :
Aménagé sur le coteau qui domine le cours de la Petite Maine, le Sanctuaire de la Salette à La Rabatelière, constitue un ensemble de constructions insolites qui a marqué la vie paroissiale de la fin du XIXème siècle.
En réponse à la politique anticléricale menée en France à partir de 1879, on assiste en Vendée à une vague de reconstructions d'églises et d'édifications de lieux de piété.
C'est sous la houlette de l'Abbé Hillairet que s'élève un des lieux de pèlerinage les plus originaux du département.
Fervent dévot à la Vierge, Hillairet a souhaité suggérer ici l'apparition de Marie à deux Jeunes bergers sur la montagne de la Salette, dans les Alpes, en 1846.
Les différents monuments le rosaire, la tour, la chapelle et les multiples statues, constituent un élément pittoresque essentiel du patrimoine départemental et ne manque pas de surprendre tant par les matériaux employés, le schiste local et la brique, que par le programme architectural développé.
MOUCHAMPS est une petite cité de caractère classée "Petites cités de caractère". Le village de Mouchamps est juché sur un escarpement rocheux qui domine la sinueuse rivière du Petit Lay.
Ici, tout est mis en œuvre pour garder le caractère pittoresque du vieux bourg. Plantations en pieds de murs, ruelles escarpées, chaussées typiques et coteaux aménagés. A l'abri des regards, découvrez le Colombier, lieu de mémoire incontournable où repose le "Tigre" Georges Clemenceau.
Depuis plusieurs générations, les Clemenceau possédaient un domaine sur la commune de Mouchamps. C'est dans le bois du Colombier que Georges Clemenceau repose auprès de son père. Né en 1841 en Vendée, à Mouilleron-en-Pareds, il passe son enfance à l'Aubraie à Féole.
"L'obstination têtue" était de ces vertus qu'il revendiquait de ses racines vendéennes. Médecin, journaliste, homme politique, il est Président du Conseil de 1906 à 1909, puis de 1917 à 1919. L'histoire a retenu son action décisive pour la victoire lors de la Première Guerre Mondiale.
En 1929, il a choisi Mouchamps comme dernière demeure. C'est là, auprès de son père, à qui il vouait une admiration sans borne, qu'il souhaitait être inhumé.
Il avait, par avance, réglé tous les détails de ses obsèques, refusant des funérailles nationales. Comme le rappelle le panneau qui mène à sa sépulture, on peut être surpris d'une telle simplicité.
Seule une copie de la déesse Athéna, œuvre de son ami sculpteur Sicard, surplombe les deux sépultures jumelles.
Une petite commune, Les Châtelliers-Châteaumur, qui possède sur son territoire des vestiges du Moyen Age, dont le donjon domine le bourg de Châteaumur depuis 10 siècles.
C'est un quadrilatère dont les angles et le milieu des côtés sont renforcés de tours pleines sur leur plus grande hauteur.
Le donjon de Châteaumur (XIIᵉ siècle) est de même style et de même époque que les donjons de Pouzauges, de Tiffauges et de Noirmoutier.
Frère ou cousin des châteaux romans de Tiffauges et de Pouzauges, Châteaumur se dresse sur une petite colline dominant "le Vieux Camp Gaulois" dont les traces de forme elliptique de 50 mètres de long sur 40 mètres de large, existent encore dans le Parc du Logis de Villefranche.
Autrefois entouré d'eau au moyen d'étangs creusés et alimentés par le petit ruisseau voisin, qui sépare les communes de Châtelliers-Châteaumur et de la Flocellière, il fut longuement occupé par les Légions Romaines.
De nombreux débris furent exhumés au cours des fouilles entreprises au siècle dernier par les archéologues.
Une église y fut même élevée vers l'an mil.
Ce fut Saint Nicolas qui devint Prieuré.
Ne se contentant pas d'occuper le vieil Oppidum Gaulois, les chefs Romains établirent un Prétoire sur la petite colline où s'élève le Donjon actuel.
Ce fut là que, lors des grandes invasions barbares qui amenèrent la chute de l'Empire Romain, les populations se regroupèrent sur un lieu facilement défendable, le Prétoire Romain.
Par voix électives, elles se choisirent un chef qui, par sa bravoure, son autorité, ses capacités, serait le plus apte à organiser leur défense.
Ce fut l'origine de la Féodalité.
Ce pouvoir donné à un chef n'était pas transmissible à sa descendance.
À sa mort, un autre chef était élu. Puis, vers la fin du Xᵉ siècle, la grande famille des vicomtes de Thouars qui, par les Ducs-Comtes du Poitou, avait été mise à la tête d'immenses domaines correspondant à peu près aux Départements de la Vendée et des Deux Sèvres, commença, sous Aimery II de Thouars, d’organiser le territoire qui lui était confié.
Dans les points stratégiques comme Tiffauges, Pouzauges, Mortagne, les Herbiers, Mauléon, Châteaumur, ils placèrent des cadets de leur famille.
Ce qui prouve l'appartenance des premiers seigneurs de Châteaumur à cette Famille de Thouars, ce sont leurs armoiries.
Les armes reproduites dans le blason actuel de la commune des Châtelliers-Châteaumur, sont celles de Thouars.
Puis ces cadets de Thouars abandonnèrent leur nom de famille pour prendre celui de leur domaine.
Pratique très fréquente, même au siècle dernier, où les cultivateurs prenaient le nom de leur métairie.
Ce sont eux qui, après avoir fait élever un lourd donjon de bois, le remplacèrent au XIIᵉ siècle, par l'actuel donjon roman, près duquel ils élevèrent l'église de la Madeleine, belle église romane à trois nefs voûtées en plein cintre.
Incendiée pendant les Guerres de Vendée, elle ne sera démolie qu'en 1826, de même que celle de Saint Nicolas.
Cet actuel donjon roman se présente comme un cube flanqué de tours rondes aux quatre angles.
On y accède par une belle porte en arc brisé du XIVᵉ siècle.
Au-dessus subsistent les fentes pour le passage des bras du pont-levis.
L'intérieur de ce donjon a perdu ses étages.
Situé à présent au milieu d'un petit village circulaire qui épouse la forme de l'ancienne enceinte de la place fortifiée.
Il est le cousin de ceux de Tiffauges et de Pouzauges, en ce qu'il est bâti sur un plan similaire, quadrangulaire, à contreforts hémicylindriques, au centre des murs avec les angles englobés dans de fortes tourelles massives au rez-de-chaussée, mais au premier étage contenant trois petites chambres destinées à la surveillance et au tir.
Celle du Nord-Ouest comporte une petite cheminée et des lieux d'aisance.
On y entrait par une petite porte romane encore très bien conservée, placée aujourd'hui à deux mètres du sol, qui devait primitivement être plus bas, et cette porte était solidement fermée.
À l'intérieur, il comportait deux étages non voûtés, dont les planchers étaient soutenus par de grosses poutres reposant sur des corbellets de pierre.
Il mesurait à l'intérieur 11 m sur 9,50 m.
Ce château était le siège d'une des plus importantes Baronnies relevant de Thouars.
Le baron de Châteaumur avait le droit de haute, moyenne et basse-justice, sur tout ou partie de 32 paroisses aux alentours.
Le premier texte concernant Châteaumur est de l'an 950, et le premier seigneur connu en fut Arnold 1er, fils cadet d'Arnold de Mauléon d'Humberge de Mortagne, qui avait eu Châteaumur en apanage.
Il apparaît dans les textes en 935, dans la charte de fondation de l'église Saint-Pierre de Mauléon.
C'était un THOUARS.
Ensuite le dernier de cette famille Geoffroy de Châteaumur eut une fille Jeanne qui vers 1260 apporta cette Baronnie à Maurice de Belleville, seigneur de la Garnache et Montaigu.
Un de ses descendants fut le célèbre connétable Olivier de Clisson, ami de Du Guesclin, il fut seigneur de Châteaumur.
Puis toujours un de ces descendants, dit de Bretagne, sera Baron de Châteaumur.
Laquelle Baronnie, vers le milieu du XVIᵉ siècle, devint la propriété de la Famille ESCHALLART de la Boulaye en Treize-Vents.
Châteaumur fut vendu par eux en 1649 à François MESNARD de TOUCHEPRES, seigneur de la Pommeraie-sur-Sèvre.
Le dernier de cette famille, François MESNARD de TOUCHEPRES vivait à Paris.
Le vieux donjon n'étant pas très confortable, les Mesnard de Toucheprès bâtirent, sur la seconde enceinte, une série de constructions que l'on voit 'encore aujourd'hui.
On raconte qu'avar et très inhospitalier, très impopulaire à Châteaumur et à la Pommeraye, il se tenait, quand il y venait, dans l'appartement qui se trouvait au-dessus de l'entrée de son château de Châteaumur, pour surveiller le travail de ses serviteurs.
Il avait comme régisseur le Docteur Vincent CHAPELAIN, originaire des Epesses, qui fut Maire de Châteaumur, la Flocellière et les Epesses, révolutionnaire, guide des Colonnes Infernales en 1794.
Les archives de la Vendée conservent tout un dossier de lettres adressées par MESNARD de TOUCHEPRES, à son régisseur CHAPElAIN. MESNARD de TOUCHEPRES mourut à Paris sans alliance le 12 avril 1793, et comme ses héritiers avaient émigré, leurs biens ont été dispersés et vendus comme biens d'émigrés.
Châteaumur fut donc mis en vente et acquis comme Bien National, le 14 novembre 1798. Les sieurs Cougnaud, notaire à Fontenay, et Bonamy, propriétaire à Maillezais, l'ont acquis pour 80.000 francs.
Quatre familles possédèrent Châteaumur successivement :
- Les sires de Châteaumur, de 950 à 1301.
- Les sires de Belleville, de 1301 à 1538.
- Les Eschallart de la Boulaye, de 1538 à 1649.
- Les Mesnard de Toucheprès, de 1649 à 1791.
Un décret de la convention a décidé de remplacer par des nouveaux noms les noms des localités rappelant la féodalité.
Pendant la période de la révolution, Châteaumur se nommera "LIBRE-MUR" !
Le 8 juillet 1814, Louis XVIII (1755-1824) annule le changement de noms des 3 000 communes rebaptisées par les sans-culottes.
Nous voici devant le dernier donjon féodal entourant le Puy du Fou, le donjon Roman des Herbiers, appelé communément le "Château Bousseau".
Les Herbiers furent dès la Préhistoire un centre important.
Des pistes gauloises puis romaines s'y croisaient, avec un camp retranché établi sur les hauteurs du Landreau, protégé par le vaste lac qui s'étendait jusqu'au Pont de la Ville, ancienne route d'Ardelay.
Lors de l'occupation romaine, deux grandes voies se croisaient aux Herbiers.
Celle de Nantes à Rome, existant encore en partie, après avoir traversé tout le territoire de Beaurepaire.
L'autre, dite "Route de Brest à Aigues-Mortes", traversait en partie Beaurepaire, Sérit, les Bois-Verts, les Herbiers, Mouchamps, Chantonnay.
C'est la voie appelée "Le Grand Chemin du Bocage".
Une importante agglomération s'établit au croisement de ces deux voies, ce fut "les Herbiers", dont on ne connaît pas le nom primitif.
Et au centre s'étendait un grand lac, remplacé au XVIIᵉ siècle par l'ancienne Prairie du Landreau, où est construit aujourd'hui le Centre Culturel d'Herbauges.
A cette époque, pour actionner des Moulins et donner un passage au Grand Chemin du Bocage, une chaussée fut construite, c'est l'actuelle rue du Pont de la Ville.
Pourquoi la "ville" ?
Pour la bonne raison que les romains y avaient construit plusieurs villas, d'où les noms de "villes" appliqués plus tard aux différentes agglomérations herbretaises.
Et là, nous entrons dans l'Histoire des Herbiers et retrouvons son origine.
Après la défaite des Normands, dans le premier tiers du X' siècle, les Comtes du POITOU confièrent l'administration de ce qui fut le Bas-Poitou, aux Vicomtes de THOUARS, seigneurs de TIFFAUGES et de MORTAGNE.
De 956 à 1104, trois seigneurs de nom d'HERBERT, Vicomtes de THOUARS, furent seigneurs de ces places fortes.
Un Herbert de THOUARS s'intitulait aussi seigneur des VILLES ET DES HERBIERS, et dans plusieurs chartes, dès 956 on trouve mention de "Villis de Herbertis" (Villas d'Herbert).
De 956 à 987, nous trouvons Albert 1er ou Herbert de THOUARS, fils de Savary de THOUARS, qui épousa Adélaïde d'AULNAY.
Son petit-fils Albert II de THOUARS, lui ayant succédé, prit part à la Première Croisade, avec son frère Geoffroy de TIFFAUGES, sous la conduite du Duc d'AQUITAINE, Guillaume IX.
Il tomba gravement malade à Jaffa, y mourut en 1102, et fut enterré près de l'église Saint-Nicolas de Jaffa.
Or dans ses notes historiques sur les Herbiers, M. Georges LELIEVRE, décédé au bourg des Herbiers, dans l'actuelle Maison Lelièvre, parle d'un seigneur des Herbiers, mort à Jaffa, en Croisade.
Les Seigneurs des Herbiers relevaient, et jusqu'à la Révolution de 1789, de la Baronnie de MORTAGNE, le Seigneur des HERBIERS était donc bien, en passant par Mortagne, le Vicomte de THOUARS.
Mais avant d'aller plus loin, voyons ce qu'était l'organisation du pays dans le Vicomté de THOUARS.
Le bourg prenait naissance, dès le 3ᵉ ou le 4ᵉ siècle autour d'un sanctuaire, formé aussi d'un cimetière et d'un château.
C'étaient les lieux d'asile.
Ce fut le cas des Herbiers.
En 1066, Amaury des HERBIERS et son frère Hugues prenaient part à la conquête de l'Angleterre, sous la conduite d'Amaury de THOUARS.
Ce Geoffroy-Guillaume de THOUARS, Seigneur des HERBIERS, eut entre autres enfants, Jean-Juical Seigneur des HERBIERS, dont une fille aînée, Basilie des HERBIERS, qui en 1147 épousa Guillaume II FOUCHER, Chevalier Sire de la SAUZAIE.
Ce fut donc lui ou son frère Pierre FOUCHER, qui lui succédant à la tête de la seigneurie des HERBIERS fut le constructeur de l'actuel château des HERBIERS.
Autrefois entouré de fossés et de murailles, ce château se dressait sur un petit éperon rocheux, proche de l'église Saint-Pierre bâtie par SAINT-MARTIN, au Nord de l'Etang des Herbiers, qui au Moyen Age était immense et s'étendait depuis le Parc du Landreau, jusqu'à la chaussée du Pont de la Ville.
Il alimentait les fossés du château.
Les murailles devaient entourer le château, l'église et le cimetière comme dans tous les bourgs féodaux primitifs.
L'actuelle maison Bousseau est l'ancien donjon du XIIᵉ siècle.
Faisant suite aux donjons préromans, ils étaient à cette époque carrés ou rectangulaires, comme les ruines de l'actuel donjon de Loudun.
Avec des murs de 2 m d'épaisseur à la base et de 1,8 m au faîte, il mesure 18 m de long sur 11 m de profondeur.
Il est composé de trois étages avec grenier au-dessus et petite cave au-dessous (en partie).
Ces étages n'étaient pas voûtés, mais comme à Pouzauges et Tiffauges, séparés par des planchers.
Servit-il d'habitation ?
Probablement, mais les rares petites ouvertures qu'on voit sur les gravures qui en furent faites au début du XIX' siècle ne le laissent guère supposer.
On voit encore la petite entrée romane vers l'Est, à 5 ou 6 mètres du sol.
Ces étages devaient être chauffés, on en distingue les cheminées sur les gravures.
L'entrée du château était la petite tour carrée à porte ogivale, et traces de herse et de vantaux, reliée au château par un chemin de ronde roman, qui fait face actuellement au parking.
Cette petite tour est vraisemblablement du XIIIᵉ siècle.
Des maisons d'habitation entouraient ce château.
Elles furent brûlées à la Révolution et les ruines disparurent au siècle dernier.
Autour des années 1420, Pierre FOUCHER Seigneur des HERBIERS, et propriétaire de ce donjon, eut un procès retentissant avec son suzerain, le Baron de MORTAGNE au sujet de ce château que Pierre FOUCHER avait entouré de fortifications.
Le suzerain prétendait que le vassal ne pouvait fortifier son château, n'ayant le droit seigneurial de forteresse qu'avec son consentement.
Ce procès se termina par une transaction.
Le Seigneur de MORTAGNE consentit, le 9 novembre 1425, à ce que FOUCHER conserve les fortifications de son château sa vie durant, mais qu'à sa mort, elles devaient être démolies.
Elles ne le furent point puisque les Anglais assiégeant les Herbiers s'y heurtèrent.
Ils le ravagèrent plus tard, du GUESCLIN s'en empara et les chassa.
Après les FOUCHER, il passa à différentes familles.
Incendié à la Révolution, le 2 février 1794.
Après avoir été vendu comme Bien National à la famille AGERON, laquelle le revendit vers 1850 à un ancien aubergiste des Herbiers, Bordelais, qui le transforma en maison d'habitation.
Toutes les ouvertures actuelles furent faites à cette époque.
Ses héritiers le revendirent en 1980 à la municipalité herbretaise.
Un monument féodal au pays du Puy du Fou ...
On a surnommé Pouzauges "La Reine du Bocage Vendéen", non à cause de son importance sur la chaîne des Collines de Gâtine, mais parce qu'elle est devenue, en raison de son environnement, le Paradis des nombreux touristes qui parcourent notre Vendée Verte.
Dominée par le Bois de la Folie, la Chaîne des "Puy", Puy Papin, Puy Crapaud, Puy Trumean, Puy Pin, Pouzauges qui dispute à St-Michel-Mont-Mercure, avec ses 288 mètres, l'altitude la plus haute de Vendée, domine un vaste et beau paysage.
Dès l'origine du peuplement du Haut-Bocage, Pouzauges était épisodiquement habitée, et ce plusieurs dizaines de millions d'années avant notre ère.
Quant à la signification de ce nom de Pouzauges, incontestablement la première partie du nom de Pouzauges vient de Puy (élévation).
On ne connaît pas le nom primitif gaulois ou romain, mais dès l'an mil, on écrivait déjà en latin "Pozalgus" ou "Podalgia", et un peu plus tard, en 1170 "Pozauges".
La terminaison en "auges" est gallo-romaine.
Au Bois de la Folie on a trouvé les vestiges d'un temple gaulois dédié à Mercure, la divinité suprême des Gaulois.
Jules César précise dans ses Mémoires, que les temples dédiés à ce dieu étaient construits sur des sommets élevés.
Il occupa la région 55 ans avant notre ère.
Et sur l'emplacement du château actuel, qui fut d'abord un ancien camp préhistorique, auquel succéda un oppidum gaulois et une légion romaine.
Puis lors de la réorganisation de l'état poitevin, ce Bas Poitou était confié aux vicomtes de Thouars, après l'élimination de l'envahisseur Normand.
Vers l'an 970, fut édifié un donjon de bois comme à Tiffauges, donjon de bois dont la réplique est "Le Fort de l'An Mil" édifié dans le Grand Parc du Puy du Fou.
On y a trouvé de nombreux vestiges de ces différentes occupations, déposés depuis par Fortuné Parenteau, Pouzaugeais, qui était Conservateur du Musée Dobrée à Nantes, auquel il fit don de toutes ces trouvailles.
Le constructeur de ce donjon de bois en fut Guillaume de Thouars dit Taillefer, qui avait épousé Mathilde, fille de Renaud de Mortagne.
Un de leurs fils Zacharie de Pouzauges, fut probablement le constructeur de l'actuel donjon roman, dont nous parlerons ci-dessous.
Zacharie de Pouzauges, en 1066, fit partie des seigneurs poitevins qui accompagnèrent Guillaume le Bastard, dit Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie dans la conquête de l'Angleterre.
Quatre mille poitevins sous la conduite du vicomte Aymery de Thouars, prirent part à la sanglante bataille d'Hastings où 6700 Anglais devaient trouver la mort.
Parmi eux certainement des Poitevins du Pays de Pouzauges.
Un des petits-fils du constructeur du donjon de Pouzauges, Aymery de Thouars prit le titre de seigneur de Chantemerle et fut le père de Guillaume de Chantemerle et de Pareds et de Pierre de Pareds, qui en 1202 fondèrent l'Aumônerie de Pouzauges, dont la chapelle subsiste encore de nos jours.
Ils furent co-seigneurs de Pouzauges, qui revint plus tard par mariage à la famille de Thouars.
La création de cette Aumônerie fut autorisée par les Abbés de Saint Nicolas d'Angers, qui possédaient les églises de Pouzauges, moyennant une redevance versée par les seigneurs de Pouzauges à cette abbaye angevine.
Cette Aumônerie ou Hôpital était chargée d'entretenir un certain nombre de lits dans lesquels étaient accueillis et soignés les pauvres et les malades de Pouzauges, du Boupère, de Saint-Prouant et de Rochetrejoux, et qui subsista jusqu'à la Révolution, au cours de laquelle elle fut vendue comme Bien National.
Seul resta un moulin à eau de Saint-Michel-Mont-Mercure, qui versait une rente pour les acheteurs Nationaux de l'Aumônerie, jusqu'à la fin du XIX' siècle.
Guillaume de Chantemerle, co-seigneur de Pareds et de Pouzauges eut une fille, Belle Assez de Pareds qui apporta toutes ses seigneuries au célèbre Savary de Mauléon, un des plus grands savants de son temps.
Et là, nous rejoignons la légende de Mélusine qu'on dit avoir été entre autres, la constructrice du donjon de Pouzauges, d'où son célèbre anathème, après la découverte de son secret de femme-serpent :
"Pouzauges, Châteaumur, Vouvant, Mervent, irez d'une pierre en périssant, tous les ans !".
Mais Mélusine, en réalité Eustache Chabot, ne posséda jamais Pouzauges.
Plus tard Alix de Mauléon, fille de Savary, porta Pouzauges, de nouveau dans la Maison de Thouars, par son mariage avec Guy le Brun, vicomte de Thouars.
Les Archives Nationales conservent un curieux accord passé entre Alix de Mauléon dame de Pouzauges, et son frère Raoul, au sujet de la succession de leur père Savary de Mauléon, en date du 2 juillet 1247.
Cette pièce permet de connaître la descendance de Guy ler de Thouars et d'Alix de Mauléon, seigneurs entre autres de Pouzauges.
Et cette descendance se continua jusqu'à Miles II de Thouars mort en 1419, laissant ses biens à ses deux filles : Marie morte célibataire et Catherine épouse du célèbre Gilles de Rais.
Morte en 1462, et ne laissant qu'une fille Marie, la baronnie passa par héritage dans les familles de Coëtivy, Gouffier, et par vente en 1634, aux Grignon de la Pellissonnière en le Boupère, dont les descendants la possédèrent jusqu'à la vente à la commune de Pouzauges en 1988, du vieux donjon démantelé par Richelieu.
Mais revenons à notre actuel donjon de Pouzauges bâtit au XIème siècle.
Il ressemble étrangement à tous les donjons romans construits à cette époque par la famille de Thouars : Tiffauges, Châteaumur, probablement les donjons détruits de Montaigu, Mortagne, Mouchamps, et celui de Vendrennes remanié au XVème siècle et à Noirmoutier.
Un massif de maçonnerie carré de trois étages, mesurant 27 mètres de haut, séparés de haut en bas par un mur de refends, dont les angles et le milieu de chaque face sont flanquées de tourelles pleines et cimentées.
Il comprenait anciennement trois étages, et une plateforme, desservis par un escalier à vis de granit, chaque étage comprend une grande salle et une plus petite voûtée en berceau, éclairées par de petites fenêtres carrées, garnies de coussièges (banc ménagé dans l'embrasure d'une fenêtre) de granit à l'intérieur.
On y voit quelques cheminées de granit qui semblent plus récentes, et à l'étage supérieur des restes d'échauguettes sur corbelets (pièce de bois ou de pierre saillante).
Les pièces principales à chaque étage étaient séparées par des planchers de bois.
L'escalier à vis desservant les différents étages fut ajouté au XIVème siècle, et à la même époque un quatrième étage avec mâchicoulis vint couronner le vieux donjon.
Dès le début, l'entrée du donjon se situait au 1er étage et on y accédait par une échelle mobile, comme dans les autres donjons romans.
Au pied de ce donjon, existait un corps de garde et une chapelle, dont les ruines furent retrouvées lors de fouilles effectuées en 1988.
Ces ruines semblent plus récentes que le corps principal du donjon.
Une double enceinte de murailles renforcées de dix tours rondes, datant vraisemblablement du XIVème siècle, enserrait le vaste éperon rocheux sur lequel est bâti le château.
Des fossés le protégeaient.
D'autres bâtiments à l'usage des soldats employés à la défense du château devaient exister, mais il ne fut jamais fait de fouilles sérieuses sur ce vaste emplacement dont le donjon occupe un des angles.
Une tour plus importante, dite Tour de Bretagne fut vraisemblablement construite par le célèbre Gille de Rais, qui avait épousé la dernière héritière de cette famille de Thouars.
Voilà le donjon de Pouzauges, au Pays du Puy du Fou.
Sept familles possédèrent successivement le château de Pouzauges :
1. Branche "Pouzauges-Pareds Chantemerle" (de l'an 1000 à 1239).
Belle-Assez de Chantemerle mourut aux environs de 1230. Ses biens sont passés à sa fille Alix de Mauléon qui épousa Guy 1er de Thouars.
2. Branche "Thouars Pouzauges" : (de 1239 à 1441).
Catherine de Thouars épouse Gilles de Rais en 1420, et en seconde noces Jean de Vendôme.
3. Branche "Vendôme" (de 1441 à 1560).
François de Vendôme donne par testament sa Seigneurie de Pouzauges à son oncle Claude GOUFFIER.
4. Branche "Gouffier" (de 1560 à 1634).
Louis Gouffier vend la Baronnie de Pouzauges, pour le prix de 48.189 livres, à Louis Grignon (Seigneur de la Pellissonnière du Boupère).
5. - Branche "Grignon Pelissonnière" (de 1634 à 1819).
Joseph-Gabriel Grignon, fils unique, fut tué par les "bleus" à Chambretaud.
Sa mère fit don, par testament de la "Tour de Pouzauges" à son neveu.
6. - Branche "Grignon de l'Eperonnière" (de 1819 à 1849).
Charles-Louis Grignon fait don par testament olographe de la tour de Pouzauges à son cousin. Olographe : testateur écrit seul. Pour être valable, il suffit qu'il remplisse les conditions suivantes : Être écrit en entier de la main de celui qui l'établit. Être daté. Être signé.
7. - Branche de "Bagneux" (de 1849 à 1988).
Philippe de Bagneux cède la Nue Propriété du Château de Pouzauges à la Commune de Pouzauges pour la somme de 600.000 F.
Mme De LESTRANGE AUDOUIN, née FROTIER DE BAGNEUX Béatrix en garde l'usufruit.
Les premiers textes qui citent Pouzauges datent de 1905.
On les trouve dans le Cartulaire du Bas-Poitou : "Puzalgiis", "Puteaugiis", "Pozaugiarum".
- Le premier Seigneur connu serait ZACHARIE 1er (ou ACHARIAS) qui vivait en l'an 1000.
L'étymologie est difficile à établir et elle a donné lieu à bien des hypothèses.
L'une des plus vraisemblables pourrait être celle-ci :
- Pou... serait un dérivé de Puy = hauteur, surélévation
- Auge... (ou Oge) viendrait du Gallo Romain = œil, et par extension, un poste d'observation !
1204 : MAXENCE, Dame de Pouzauges, épouse de Guillaume de Chantemerle, meurt au Château de Pouzauges, après donation de ses biens à l'Abbaye de Talmont.
1212 : SAVARY III de Mauléon, et son épouse Belle-Assez de Thouars sont au Château de Pouzauges et fondent un anniversaire à l'Abbaye de l'Absie.
1242 : Le roi Louis IX se fait remettre le château.
Il y place une garnison et en donne le commandement à Geoffroy IV qui en assume la charge jusqu'à la trêve de 1243.
1305 : Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux (futur pape Clément V) couche au château de Pouzauges avec sa suite.
1340 - 1380 : La forteresse aurait été démantelée par DU GESCLIN.
1389 : Mention de Nicolas Brunet garde du Sceau aux contrats de Pouzauges.
1420 - 1440 Catherine de Thouars, Dame de Pouzauges, épouse de Gilles de Rais, habite avec sa fille au château de Pouzauges.
1562 : Une garnison (comprenant 10 hommes à pied, et 10 hommes à cheval) est établie à Pouzauges, par le Maréchal de St-André.
Elle dut fuir en 1563, lors de la prise de la ville par les Huguenots.
1661 : Durcot du Plessis-Puitesson, gentilhomme protestant, fut enfermé à la prison du château, sous la garde du concierge Barion.
1792 : Le chateau est confisqué comme bien national.
1794 : 50 personnes sont massacrées sur l'esplanade du château.
1798 : Le château est vendu aux enchères (30.500 F) à Brillanceau.
1862 : Le château est classé MONUMENT HISTORIQUE.
1871 : Le château est mis à la disposition de la paroisse, pour 99 ans.
Les Protestants détruisirent au XVIème siècle l'église primitive de Mouchamps, qui se trouvait à la sortie du bourg, sur la route de Saint-Vincent. L'église actuelle n'est autre que la chapelle, agrandie et retouchée à diverses reprises de l'ancien château-fort, rasé en octobre 1626 par ordre de Richelieu. Autour d'elle s'élevait une forteresse, fief des puissants seigneurs du Parc Soubise : les Lusignan, les Parthenay, puis les Rohan.
C'est en elle-même une construction bien humble qui tire surtout son intérêt de sa position au sommet de la colline, en bas de laquelle coule le Lay dans lequel elle se reflète. En forme de croix latine, elle se compose du chœur, du transept et de la nef. Le clocher, de plan carré, se situe au-dessus du bras sud du transept et est dépourvu de flèche.
Seul le chœur, à chevet semi-circulaire et voûté en cul-de-four, paraît ancien et remonter à l'époque romane. Des plaques commémoratives conservent les noms des vieux prieurs enterrés là avant la Révolution. La nef, grande bâtisse rectangulaire, n'a été ajoutée qu'après la Réforme pour agrandir l'édifice.
Elle n'est recouverte que d'un simple lambris qui a été refait la dernière fois en 1825-1826. Ce lambris se poursuit sur l'inter-transept, qui apparaît comme la continuation de la nef. Les croisillons présentent de curieuses voûtes coupoliformes qui, si elles étaient authentiques, seraient des productions intéressantes de l'architecture gothique de transition de l'Ouest.
Malheureusement, ce ne semble pas être le cas, tout au moins pour la voûte du Sud, laquelle a été refaite en 1841 après l'effondrement du clocher frappé par la foudre et dont les moulures sont en plâtre. Pour ce qui concerne la voûte du Nord, très bombée sur quatre grosses nervures quadrangulaires aux arêtes creusées d'un cavet, il semble bien en être de même.