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24 juillet 2026

Le journal de l’ombre

Dans l’hiver glacé de 1916, quelque part près du front, dans un hôpital de fortune, enfoui quelque part derrière les lignes du front, sœur Marguerite griffonnait les derniers mots de sa journée à la lueur vacillante d’une lanterne.

Le vent hurlait doucement entre les planches mal jointes de la cabane, mais à l’intérieur, le calme régnait.

Ses gestes étaient lents, mesurés, presque rituels.

Chaque soir, elle écrivait dans ce vieux carnet, témoin muet des souffrances, des espoirs et des prières qu’elle croisait.

Aujourd’hui, elle avait tenu la main d’un jeune soldat jusqu’à son dernier souffle.

Il n’avait que dix-sept ans.

Elle avait consolé une mère dans une lettre dictée par un fils qui ne reverrait jamais sa maison.

Elle trempa sa plume une dernière fois et ajouta une ligne :

“Même dans la nuit la plus noire, il reste la lumière d’un regard, d’un mot, d’un geste. Et moi, je veille.”

Puis, elle referma le carnet, souffla lentement sur la lanterne, et la nuit reprit son silence.

Elle savait que, bien plus tard, quand les armes se tairaient, ses mots seraient les seuls témoins des âmes perdues dans la tourmente.

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