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3 juin 2024

L'ameublement du Moyen-Âge à la Renaissance.

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Pendant le Moyen Âge (400-1400), l'ameublement des maisons est rustique et minimaliste.
Le coffre occupe une place majeure quelle que soit la demeure.
Meuble de rangement, mais aussi assise, la paysannerie médiévale disposait de coffres nommés "huche".

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Souvent sur les routes en temps de guerre, les seigneurs devaient pouvoir partir avec leur mobilier.
Les rares meubles dont ils disposaient étaient donc conçus pour être démontables et facilement transportables.

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Une table composée de plusieurs planches posées sur des tréteaux et recouvertes de tissus dans les logements les plus riches.
La table est encore un meuble en devenir.
À l’heure de s’attabler, on "dresse la table".
Cette expression est restée, et bien ancrée, dans notre langage courant !

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Un lit large, car accueillant plusieurs membres de la famille, court puisqu'on ne dort jamais allongé par peur de la mort.
Le lit a un rôle central au Moyen Âge et est placé à l’endroit le plus confortable de la maison.

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Le 15ᵉ siècle (1401-1500), dans l’histoire de la maison et des châteaux, deviendra un siècle très important.
Sous l’influence des mœurs qui perdent leur brutalité féodale, sous celle aussi de certaines maisons souveraines, le goût du luxe et le désir du confort se répandent.
En même temps, la fortune de la bourgeoisie, très fortement accrue dans les villes commerçantes, permet des installations jusqu’alors réservées à la seule noblesse.

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C’est ainsi que les murs intérieurs des chambres, jusque-là nus ou peints, commencent à se couvrir de ces magnifiques et renommées tapisseries des Flandres.
Ces tapisseries poursuivent du reste un double but d’ornement et de défense contre le froid.
Celui-ci reste à craindre.

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Ni le chauffage, ni l’éclairage ne réalisent de progrès sérieux.
Les cheminées ont même tendance à diminuer de proportions et le mobilier ne se développe guère.

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Ce sont toujours les lits entourés de rideaux qu'on relève en paquets pendant la journée, des coffres à usages divers, de rares crédences (petit meuble) servant à enfermer les objets précieux.
Aucun siège n’est rembourré.
On adoucit la dureté du bois par des coussins mobiles.

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Les horloges apparaissent, très rudimentaires encore et peu précises.
Les unes, munies de pieds, se déposent sur un meuble.
D’autres, à chaînes, se suspendent au mur ou même au plafond à la façon d’un lustre.
Tous ces nouveaux éléments vont se développer rapidement et aboutir à de magnifiques ensembles décoratifs.

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La Renaissance du 16ᵉ siècle (1501-1600) continue et développe le mouvement commencé au 15ème.
Le goût s’affine et le nombre des fortunes bourgeoises augmente dans de fortes proportions, et dans toutes les villes s’élaborent, dans des maisons neuves, des intérieurs luxueux.

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Les fenêtres s’élargissent et se multiplient.
Les appartements deviennent clairs.
Aux meubles rares du Moyen âge succèdent des mobiliers considérables, vastes lits à colonnes, tables, armoires, crédences, cabinets, dressoirs.
Tout cela, surtout pendant la première moitié du siècle, surchargé d’ornements et de sculptures.

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Le moindre meuble se complique de figures en relief, de rinceaux de guirlandes.
Ce goût va jusqu’à l’absurde.

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On produit des objets ménagers, fers à repasser, casseroles, couteaux, si chargés d’ornements, qu’ils ne jouent plus qu’un rôle de parade.
Ni l’éclairage, ni le chauffage ne font d’ailleurs de progrès.
La cheminée reste ce qu’elle était au 15ᵉ siècle.

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L’éclairage est encore produit à l’aide de cierges et de mauvaises lampes à huile où trempe une mèche.
La Renaissance ne vise pas le pratique, mais à l’aspect décoratif.
On remédie au froid en garnissant les murs de merveilleuses tapisseries et en remplaçant les carrelages par des parquets.
Du reste, plus aucun souci d’hygiène.
Les bains deviennent de plus en plus rares.
On préfère s’inonder de parfums coûteux, importés d’Italie et d’Orient.

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L’intérieur des habitations et le mobilier se modifient avantageusement pendant la première moitié du 17ème siècle (1601-1700).
Les dernières traces du Moyen-Âge (400-1400), encore subsistantes au 16ème siècle, achèvent de disparaître.
Aux escaliers étroits, presque dérobés, succèdent des escaliers larges, qui deviennent souvent monumentaux dans les hôtels riches.

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De même, les fenêtres encore étroites et à petits carreaux de la Renaissance, font place à des fenêtres vastes, garnies de vitres d’un format déjà plus grand.
Les appartements s’éclaircissent.
On se défend du soleil et le soir des regards indiscrets, par de petits volets intérieurs.

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Par contre, les cheminées deviennent trop petites par rapport à la dimension des chambres.
Il n’est pas rare, l’hiver, de voir les habitants de la maison assis par terre, en demi-cercle, devant le feu, dans l’étroite zone où la chaleur du feu de bois se répand.
La mode des tapisseries passe, ou du moins diminue.

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Elle est remplacée, par le goût des tableaux et des cuirs de Cordoue.
Ces derniers jouent un rôle très important dans la décoration, comme les lourds meubles d’ébène, de "bois-des-îles" ou de vieux chêne.
D’une manière générale, l’aspect des appartements devient moins intime, plus froid.
Les divisions modernes commencent à s’introduire : salons, chambres à coucher, cabinets de travail.
C’en est fini de la chambre unique, à tous usages, du Moyen-Âge et de la Renaissance.

21 septembre 2021

Bouvines *

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Entrant dans la salle des tableaux, nous sommes plongés dans un dialogue entre Diane et ses tableaux, dont son aïeul, hanté par son passé glorieux, voulant retourner sur le champ de bataille de Bouvines.
Pendant des siècles, le combattant qui luttait souvent en hordes compactes et indisciplinées, domina la plupart des guerres de l'Antiquité et du Moyen Âge.
L'ascension de Sparte dans la Grèce antique montra ce qu'une infanterie professionnelle et disciplinée lourdement armée pouvait accomplir devant un ennemi supérieur en nombre.
Comme le démontra Alexandre le Grand dont les phalanges macédoniennes parurent longtemps invincibles.

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Plus tard, les Romains créèrent la plus complète et la plus efficace armée professionnelle du monde ancien, grâce à une infanterie bien entraînée, manœuvrant en cohortes homogènes et compactes, et dominèrent les champs de bataille de la Méditerranée pendant des siècles.
Toutefois, la technologie militaire et le professionnalisme régressèrent.

Seuls les Normands et les Byzantins conservèrent la tradition du guerrier professionnel.
À partir du XIVe siècle, les armées professionnelles recommencèrent à s'imposer sur les champs de bataille et purent battre de façon décisive un ennemi supérieur en nombre.

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Mais revenons à la bataille de Bouvines.
Philippe Auguste (1165-1223), roi de France, y vainquit la coalition d'Otton IV (1175-1218), empereur romain germanique, de l'Anglais Jean sans Terre (1166-1216) et des comtes Ferrand de Flandre (1188-1233) et Renaud de Boulogne (1165-1227).
Cette victoire confirma la souveraineté du roi sur la Bretagne et la Normandie.

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Il avait été prévu qu'Otton, Ferrand et Renaud marcheraient sur Paris depuis le nord et que Jean débarquerait sur la côte atlantique avant de se diriger lui aussi vers Paris.
Alors que Jean fut vaincu par les troupes royales françaises le 2 juillet 1214 près d'Angers, Philippe Auguste affronta l'armée du nord dans la plaine, près de Bouvines le 27 juillet 1214, en Flandre.
Otton IV déploya ses 25 000 hommes.

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Ses chevaliers répartis en deux groupes sur les flancs, l'infanterie au centre et une réserve de cavalerie à l'arrière.
Les troupes de Philippe Auguste, qui montaient à 15 000 hommes, choisissent une formation similaire.
La bataille débuta par un affrontement de cavalerie sur le flanc droit français.
Au centre, l'armée impériale (qui comprenait la puissante infanterie des Pays-Bas) poussa vers l'avant, mais la cavalerie française, commandée par le roi, la força à reculer.

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Les Français triomphèrent sur l'aile gauche et William Longsword, comte de Salisbury (1176-1226), fut fait prisonnier.
La cavalerie française fut aussi victorieuse sur la droite et le comte Ferrand de Flandre fut capturé à son tour.
Au centre, les deux blocs de réserve de cavalerie s'affrontèrent et la France triomphèrent une fois de plus.

Les deux ailes se rapprochèrent pour bloquer la retraite des parties centrales de l'armée impériale. Renaud de Boulogne résista encore courageusement, mais finit par être capturé.

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La bataille eut plusieurs conséquences directes.
L'empereur Otton IV fut détrôné par Frédéric II Hohenstaufen (1194-1250) et Jean sans Terre si affaibli qu'il fut obligé de signer la Magna Cana (charte des droits anglais).

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Pertes : Français, 1000 sur 15000.
Coalition, 1 000 tués et 9 000 prisonniers sur 25000.

7 septembre 2021

Les Dames du Puy du Fou.*

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Pendant notre parcours dans le "Château Renaissance", le grand peintre "Le Primatice" nous invite à rejoindre la salle de bal en présence du Roi François 1er et la Reine Eléonore…..
Mais qui est la Reine Eléonore d'Autriche (1498-1558) ?
Cette princesse connut dès l'enfance une situation familiale tragique.
Elle n'avait pas encore 8 ans lorsque son père l'archiduc d'Autriche, Philippe 1er Le Beau (1478-1506), mourut.
Sa mère, la reine de Castille, Jeanne 1er (1479-1555), en perdit la raison et l'histoire la retient comme "Jeanne la Folle".
Eléonore allait désormais dépendre de son frère, le futur Charles-Quint (1500-1558).
Ce frère n'avait qu'un seul désir : dominer l'Europe...
Et tout lui était bon pour réussir dans son dessein... même utiliser sa sœur.
Elle était belle, élégante et avait une magnifique chevelure blonde.
Alors pourquoi ne pas se servir d'elle pour mener des unions politiques avantageuses ?
C'est ainsi qu'Eléonore se trouva fiancée au roi du Portugal, Manuel 1er (1469-1521).
Elle avait 20 ans et lui 50.
Il était laid à faire fuir tous les diables de l'enfer, bossu et alcoolique...
Elle dut l'épouser et lui donner deux enfants qui ne survécurent pas.
Enfin, le bel époux mourut et elle fut veuve.
En 1521, à 23 ans, elle revint vivre à la cour de son frère.

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Il allait pouvoir disposer d'elle à nouveau…
L'occasion se présenta quelques années plus tard avec la mort de Claude de France (1499-1524), première épouse de François 1er...
 Le 24 février 1525, devant Pavie, en Italie, François 1er (1494-1547) roi de France, fut fait prisonnier par les troupes de son mortel ennemi, ce même Charles-Quint, empereur d'Allemagne, roi d'Espagne, maître des Pays-Bas...
Le roi de France fut emmené à Madrid, résista pendant une année de captivité à son vainqueur qui essayait de lui imposer un traité visant à démembrer son royaume.
Finalement, en janvier 1526, François 1er dut se résigner à signer.
La France ne pouvait rester indéfiniment sans roi…
Le 17 mars, il franchit la Bidassoa (fleuve côtier du Pays basque).
"Je suis roi de nouveau" soupira-t-il, "mais à quel prix" ... !
Il lui fallait abandonner une partie de son royaume : la Bourgogne, la Flandre et l'Artois.
Il lui fallait aussi verser une rançon de 2 millions d'écus (4 tonnes d'or) et laisser en otages ses deux fils aînés, âgés de 7 et 9 ans ...

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De plus, François 1er devait s'unir à Eléonore d'Autriche.
Mais n'avait-il pas dit que pour sauver la France "il épouserait même une mule ... ".
Charmante remarque pour un roi qui se piquait de galanterie !
Notre Roi mit quatre années à réunir la rançon...
Les enfants royaux durent patienter et Eléonore aussi…
Enfin, le 2 juillet 1530, la Bidassoa vit l'échange se faire entre la galère chargée d'or venue de France et celle venue d'Espagne avec, à son bord, les petits princes et la "fiancée".

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Aussitôt, le roi qui était à Bordeaux, fut informé et s'avança au-devant du long cortège de plus de 100 personnes, 400 mulets et 30 chariots chargés d'étoffes, d'or, de pierres précieuses.
François 1er récupérait ainsi une partie de la rançon ... !
La rencontre et le mariage eurent lieu le 7 août 1530 en l'abbaye de Captieux, non loin de Bordeaux.
Lentement, le cortège royal remonta jusqu'à Fontainebleau en passant par Angoulême, Cognac (où le roi était né), Blois et St-Germain-en-Laye.
Ce ne furent que fêtes et réjouissances en l'honneur des souverains ...
Eléonore qui fut "le plus bel ornement des fêtes de la cour" selon son royal époux, ne joua jamais aucun rôle politique malgré sa grande intelligence.
Pour oublier l'insignifiance de son destin, elle voyagea et séjourna à Montpellier, Avignon, à Marseille, à Cambrai et même à Nice ...
À la mort de François 1er, le 31 mars 1547, elle partit pour les Pays-Bas (son pays natal) puis retourna en Espagne où elle mourut en 1558.
Elle repose près de Charles-Quint, ce frère qui ne vit en elle qu'une monnaie d'échange ...
Ainsi, si nous reprenons le fil de nos investigations, nous notons que François 1er et Eléonore d'Autriche ont parcouru un long chemin entre Bordeaux et Fontainebleau en 1530 ...
Peut-être, à cette occasion, le roi chevalier et sa seconde épouse sont-ils venus au Puy du Fou ... ?
Est-elle aussi la "Dame du Carrosse" de la Cinéscénie ?

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Ou bien, s'agit-il de Marguerite d'Angoulême - Reine Consort de Navarre (1492-1549), la sœur de François 1er car, elle seule, semble être passée par Bayonne, en compagnie de son frère…
Alors, envisageons cette autre possibilité.
De deux ans, l'aînée de François 1er, elle veilla toujours sur lui avec une tendresse toute maternelle ...
Ses dons de cœur et d'esprit fascinaient tous ceux qui l'approchaient : érudits, poètes, artistes, hommes politiques.
À 13 ans, elle parlait aussi bien l'italien et l'espagnol que le français, elle connaissait un peu de grec, de latin et d'hébreu ...
Plus tard, elle fit de sérieuses études philosophiques et théologiques.
Aux charmes de l'esprit, elle ajoutait ceux du corps.
Elle était grande, élancée, elle avait un teint éblouissant, des yeux pétillants et un sourire séducteur.
Seule ombre au tableau, elle avait le nez un peu fort !
La "perle de France" fut mariée, très jeune, à Charles IV d'Alençon (1489-1535) qu'elle n'aimait pas et qui mourut en 1525, honteux d'avoir provoqué par sa fuite le désastre de Pavie.

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Deux ans plus tard, elle épousa Henri II d'Albret, roi de Navarre (1503-1555), de 12 ans son cadet.
Bien que très éprise, elle ne fut pas heureuse.
Alors, Marguerite retourna à ses chères études, écrivit des vers, un recueil de 72 nouvelles plutôt lestes, l'Heptaméron (Dix récits par jour et pendant sept jours).
Elle s'intéressa aussi à l'administration de son royaume qu'elle légua, fort bien géré, à sa fille unique Jeanne d'Albret (1528-1572), qui sera la mère d'Henri IV (1553-1610).
La reine de Navarre mourut deux ans après son frère.
Avec elle disparaissait, dira Pierre de Ronsard (1524-1585) :
"Tout ce qu'avait notre terre d'honneur, de grâce et de beau".
L'incomparable Marguerite fut-elle la "Reine" du Puy du Fou ?
Revenons à ce 17 mars 1526, où François 1er franchit la Bidassoa, enfin libéré par son geôlier espagnol.
Le roi, après quelques lieues franchies au grand galop, atteignit Bayonne où l'attendait sa sœur tant chérie et si dévouée.

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Elle n'avait pas hésité, au péril de sa propre liberté, à aller à Madrid, durant l'automne 1525, pour tenter de fléchir l'implacable Charles-Quint en faveur de son frère.
Ensuite, Marguerite et François, triomphants, avaient regagné le château d'Amboise.
Alors, pourquoi n'auraient-ils pas fait étape au Puy du Fou ?
Il nous faut maintenant choisir parmi ces charmantes "Dames" : Eléonore, Marguerite ?
A chacun de se faire une opinion !

24 août 2021

Marignan 13-14 septembre 1515. *

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Marignan (Marignano en Italie, aujourd’hui Melegnano, est une ville à 16 km au sud-est de Milan province de Lombardie).
François 1ᵉʳ remporta une difficile victoire contre les piquiers mercenaires suisses qui défendaient le duché de Milan.
La bataille démontra comment l’artillerie lourde alliée à la cavalerie pouvait venir à bout des formations serrées des Suisses, qui perdirent alors leur réputation d’invincibilité.
Marignan vengea la défaite française à Novare de 1513.
François Iᵉʳ fit traverser les Alpes à son armée et aux 70 canons en bronze dont elle était équipée lors d’une marche que l’on compara à celle d’Hannibal.

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En approchant du Piémont, il intimida ses ennemis.
Les Espagnols retinrent leurs troupes plus au sud, et même les Suisses qui contrôlaient Milan songèrent à négocier.
Espérant répéter leur succès de Novare du 06 juin 1513, ces derniers décidèrent finalement d’organiser une sortie et d’attaquer le campement français à Marignan.
Ce mouvement rapide bénéficiait d’un certain élément de surprise, mais cette fois les Français mirent moins de temps à former leurs divisions et à armer leur immense batterie de canons.

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Les Suisses attaquèrent celle-ci en longues rangées de piquiers, comme à leur habitude, mais furent contre-attaqués par la cavalerie française et par les "lansquenets", des mercenaires allemands aussi surnommés la Bande Noire pour leur efficacité, mais aussi leur brutalité.
Les Suisses lancèrent des assauts répétés contre l’artillerie, mais leurs formations furent tout d’abord brisées par les tirs de canon, puis harcelées par la cavalerie.
Plus tard dans la journée, les Français furent rejoints par des troupes vénitiennes et la défaite suisse devint inéluctable.
Grâce à cette victoire, la France de François 1ᵉʳ s’empara de Milan et les Suisses furent chassés d’Italie.
Les pertes sont :
Français, 4000 sur 40000.
Suisses, 10000 sur 20000.

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Le roi de France se fit armer chevalier par Bayard (Pierre Terrail, seigneur de Bayard 1475-1524), sur le lieu de la bataille, qui ouvrit aux Français la voie de la reconquête du Milanais.
La bataille de Marignan a des effets nombreux.
Le roi de France signe avec le Pape le concordat de Bologne.
C’est désormais lui qui nomme les évêques, archevêques et cardinaux en France, au Pape ensuite de les confirmer.
Ce concordat tiendra jusqu’à la Révolution française.
François fait également confirmer ses droits sur la Lombardie, mais le traité ne tiendra pas.
Surtout, la Suisse signe avec la France le traité de Paix perpétuelle de Fribourg qui restera en vigueur jusqu’en 1798, considéré par de très nombreux historiens comme l’acte fondateur de la déclaration de neutralité suisse, effective au XVIIe siècle.

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18 mai 2021

François 1er et la rivalité avec Charles Quint (2/2).

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Le règne de François 1er est marqué par de nombreuses guerres avec Charles Quint, alternant avec des périodes de paix.
François 1er a entretenu un temps l’espoir de devenir empereur.
Mais c’est finalement Charles, roi d’Espagne, qui est élu en juin 1519, sous le nom de "Charles Quint".
Il règne sur de nombreux territoires comme les Pays-Bas mais aussi la Franche-Comté, l’Autriche et Naples et rêve de reconstituer l’héritage bourguignon de son arrière-grand-père Charles le Téméraire (1433-1477).
Inquiètes de cette nouvelle puissance, la France et l’Angleterre cherchent alors à se rapprocher pour pouvoir lui faire face.

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Ce sera la rencontre du "Camp du Drap d’or", non loin de Calais.
Succession de fêtes, de tournois et de festins qui ne déboucheront finalement sur aucun engagement précis.
Les tensions croissantes avec l’empereur conduisent à la reprise de la guerre en Italie en 1523.
Lors du siège de Pavie, en 1525, François 1er, est fait prisonnier par le vice-roi de Naples.
De Madrid, où il a demandé à être transporté pour pouvoir négocier directement avec l’empereur, il écrira à sa mère :
"De toutes choses ne me sont demeurés que l’honneur et la vie sauve".

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François 1er, obtient finalement sa libération contre la promesse de céder la Bourgogne à Charles Quint, avant, une fois libéré, de décréter ses concessions nulles et non avenues.
Pour effacer l’humiliation de la défaite, François 1er, lance une autre guerre, déclarée à Charles Quint en 1528 et conclue rapidement par la "Paix des Dames".
L’Empire turc apparaît alors comme la nouvelle puissance menaçante sur les marges du Saint Empire, et Charles Quint préfère avoir la paix du côté français.

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La Bourgogne n’est finalement pas cédée, et François 1ᵉʳ paie les 2 millions d’écus d’or demandés comme rançon pour libérer ses deux fils, qui avaient pris sa place en captivité.
Inquiet quant à lui de la puissance impériale, François 1ᵉʳ conclut de son côté une alliance d’abord secrète.
Puis ouvertement déclarée avec le sultan Soliman le Magnifique (1494-1566).
Cette alliance couvre François 1ᵉʳ, de désaveu aux yeux des Occidentaux.
Elle est contraire au principe selon lequel la chrétienté doit être unie contre l’infidèle !
En 1543, le corsaire Barberousse (1475-1546) ira jusqu’à jeter l’ancre à Toulon, avec l’autorisation du roi, qui compte sur son soutien pour une prochaine guerre en Italie.

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Sur le plan intérieur, François 1ᵉʳ, renforce le pouvoir royal.
Il établit, grâce au concordat signé à Bologne en 1516, la mainmise royale sur l’Église.
S’ils reçoivent du pape l’institution canonique, les évêques, prieurs et abbés sont désormais nommés par le roi.
Le fameux édit de Villers-Cotterêts, qui fait du français la langue officielle des documents juridiques, réforme aussi le système judiciaire.
Il s’agit de contrôler les nominations aux bénéfices ecclésiastiques, et notamment l’âge des candidats, ce qui impose la tenue de registres.

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Grâce au premier Code pénal forestier, François 1ᵉʳ interdit la chasse aux roturiers et la réserve aux gentilshommes.
La chasse est en effet l’un des plaisirs favoris du roi, qui fait construire le château de Chambord pour s’y livrer à sa guise.
François 1er fait par ailleurs transformer le château de Blois et le château de Fontainebleau, qui se dote de la "Porte Dorée" et de la "Galerie François 1ᵉʳ", décorée de stucs par l’artiste Fiorentino Rosso (1495-1540), premier peintre du roi.

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Protecteur des arts et des lettres, le roi fonde le Collège royal, doté de quatre chaires, et où l’on enseigne les langues anciennes, l’ancêtre du Collège de France.

1 mai 2021

La Renaissance du Château - Spectacle immersif - Puy du Fou *

Partez à la découverte des splendeurs Renaissance du château du Puy du Fou à travers la bande annonce de ce spectacle immersif :

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"La Renaissance du Château" !

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Oublié depuis des siècles, le Château du Puy du Fou vous ouvre ses portes !

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Les tableaux vous parlent, les miroirs vous observent, les fantômes dansent encore...

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Chaque salle du château vous dévoile ses merveilles encore hantées par son passé glorieux.

13 janvier 2021

François 1er et la Renaissance (1/2). *

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François 1er (1494-1547), de la branche des Valois, monté sur le trône en 1515, symbolise la période de la Renaissance.
Héritier des traditions chevaleresques, il méprise l'arquebuse, cette arme à feu lourde apparue vers 1450, parce qu'elle ne permet pas aux chevaliers de s'illustrer.
Amoureux des arts et des lettres, il s'entoure d'artistes italiens, notamment Leonardo da Vinci (1452-1519), qui s'installe dans le Val de Loire, près d'Amboise, dès 1516.
Le roi de France mène par ailleurs de nombreuses guerres en Italie, sans réussir pour autant à s'y implanter durablement, et lutte contre l'empereur Charles Quint (1500-1558).

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La nécessité de financer ces nombreux conflits conduit au renforcement du pouvoir royal.
François d'Angoulême n'était pas destiné à la Couronne.
La mort sans héritier mâle vivant de Charles VIII (1470-1498) puis celle de son oncle Louis XII (1462-1515) le conduit au trône le 25 janvier 1515.
Il a alors 20 ans.
Elevé par sa mère, Louise de Savoie (1476-1531), qui jouera toujours auprès de son fils un rôle prééminent, notamment dans les affaires étrangères, François a acquis, à la cour de Louis XII, le goût des lettres et des arts et à découvert les chefs-d'œuvre italiens.

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Avec sa forte carrure et sa haute taille, cet habile cavalier, soldat courageux, amateur de peinture, de musique et d'architecture, mais aussi grand séducteur, incarne parfaitement le prince de la Renaissance.
Marchant dans les pas de ses prédécesseurs, François 1er se lance dans l'aventure italienne.
Les États italiens, divisés et en conflit les uns contre les autres, semblent des proies faciles.
Dès la première année de son règne, il fait appel à des mercenaires allemands, laisse la régence du royaume à sa mère et se jette sur Milan.
Face aux troupes du pape, du duc de Milan, de l'empereur et du roi d'Aragon, François 1er remporte la bataille de Marignan en septembre 1515.
À l'issue des combats, le roi est fait chevalier par le seigneur Pierre Terrail de Bayard (1475-1524).

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Le règne de François 1er marque à la fois une continuité et certaines ruptures par rapport aux usages médiévaux.
Le roi s'inscrit indéniablement dans la tradition chevaleresque.
Pourtant, à partir de Pavie, les coups d'éclat ne suffisent plus.
Une guerre plus moderne s'impose, il faut mobiliser les ressources du royaume et mener des négociations en Europe ainsi qu'avec l'Empire ottoman.
François 1er règne de façon autoritaire et centralise fortement le pays.
Malgré son grand rêve italien, la France ne réussit pas à s'installer durablement dans la péninsule.

17 février 2020

Le porche. *

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Un porche, (du latin porticus, doublet populaire de portique) est un espace couvert devant une entrée ou un édifice.
On peut le définir plus simplement comme une construction en saillie qui abrite la porte d'entrée d'un édifice ou comme un vestibule, un hall.
Jusqu'au début du XIXème siècle, en Vendée, toutes les maisons un peu importantes étaient à l'intérieur d'une cour fermée.
Pour pénétrer dans cette enceinte, on franchissait un porche.

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Il était "barré" chaque soir, car on redoutait, de petits groupes soit d'adversaires religieux, soit de voleurs, soit encore de voisins.
Le porche le plus simple était un double arceau, dans l'un, la porte principale pour les voitures et cavaliers, dans l'autre, la porte piétonne.

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Certains de ces porches étaient surmontés d'un petit toit.
D'autres étaient crénelés.
Lorsque la cour était entièrement close de bâtiments, le portail formait un petit pavillon entre les autres constructions.

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Quelques demeures plus importantes possédaient un porche monumental.
Un solide portail permettait de clore le porche.
Il était constitué de forts madriers de bois de chêne avec, à l'intérieur, un cloisonnement de chevrons réunis par de grands clous de fer forgé.
Si les porches de Vendée demeurent encore assez nombreux, les portails en bon état sont rares.
Les porches ont aujourd'hui perdu toute fonction utilitaire et ne sont plus désormais maintenus que par un attachement au passé qui devrait être encouragé, si nous voulons protéger l'ensemble du patrimoine.

21 août 2019

La cloche du Puy du Fou. *

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Lors de la Cinéscénie, on entend ces mots :

J’aime le geste au ciel que fait mon clocher,
j’aime l’appel des cloches qui de leurs voix pesantes demandent, en patois, de se mettre en dimanche,
j’aime la prière des cloches à l’angélus de l’aube qui féconde mes champs,
j’aime la joie des cloches aux matins de baptême,
j’aime le glas des cloches au soir de trépas, j’aime le vent des cloches qui m’annonce l’orage.
- Mais pourquoi ont-ils fait taire les cloches ?
- Leur trop long silence est devenu intolérable et la bourrasque de 1793 va déferler sur ce pays en accord d’une lugubre désespérance, ils ont proféré des blasphèmes contre la religion, ils ont proscrit les prêtres légitimes, ils ont indigné les cœurs, ils sont venus jusqu’au pignon de la ferme, ils ont réquisitionné les hommes et ils ont provoqué la révolte.

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En pénétrant dans la cour du château renaissance, on remarque sur l'une des tours, une potence.
A cet endroit se trouvait la petite cloche du château.
Depuis le début de la Terreur, par ordre de la Convention, les cloches étaient descendues des clochers et envoyées à la fonderie pour en faire "des sous et des canons".

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La paroisse des Epesses, ne faisait pas exception.
En 1797, les habitants du bourg voulurent retrouver le son de leur clocher.
En effet, un nouveau prêtre assurait le service religieux à l'église paroissiale.

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Or, il restait une petite cloche oubliée au Puy du Fou, accrochée à une tour du châtelet.
Elle portait la date de 1731 et l'inscription "Madame d'Armaillé", du nom de la dernière fille de Claude Boylesve, Gabrielle.
Avec la complicité du régisseur, Gilles Lelièvre, la cloche du Puy du Fou fut montée triomphalement au clocher de la paroisse.
Les auteurs de cette bravade se réjouissaient du tour qu'ils allaient jouer ainsi aux Patriotes.

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La cloche sonna bientôt à toute volée pour les offices.
Une plainte ne tarda pas à être déposée à Fontenay.
Le commissaire voisin se fit rappeler à l'ordre par le Directoire départemental :
"Il paraît, lui écrivait-on, que depuis un certain temps, une cloche sonne aux Epesses, et bien qu'habitant à Saint-­Mars-la-Réorthe, vous ne vous en êtes pas rendu compte !"
Le commissaire se précipita aux Epesses et condamna au silence la petite cloche, dont il fit "descendre la corde".
L'histoire ne dit pas si la cloche du Puy du Fou se remit à sonner en l'absence de ce commissaire à l'oreille un peu dure…  

Source : Puy du Fou

15 mars 2019

La vie quotidienne au château fort. *

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Les conditions de vie ont évolué entre le XIe siècle et la fin du Moyen Âge.
Voici à peu près à quoi ressemblait la vie quotidienne d'un châtelain entre 1150 et 1270, si tant est que la guerre, la croisade ou les tournois ne l'appellent loin de son château.
Le seigneur se lève tôt.
Vers six heures, un valet le réveille en secouant son oreiller.
Il enfile sa chemise, ses braies et ses chausses, et debout.
La toilette s'effectue dans une cuve en bois apportée directement dans la chambre, ou encore dans l'étuve, à l'étage ou souterrain.
La châtelaine, elle, se baignera après le repas.
Après quoi notre homme passe dans son oratoire (lieu consacré à la prière) pour prier, voire assister à la messe, s'il est seigneur assez important pour avoir un chapelain (prêtres).
Après le déjeuner, le maître reçoit ses officiers.
Le sénéchal, qui représente son autorité dans toute l'étendue dans la seigneurie, le maréchal, responsable des écuries, le chambrier qui tient les comptes et s'occupe des affaires domestiques, d'autres encore comme le bouteiller.
Ces hommes de confiance dirigent tout un personnel de maître-queux, de sergents ..., qui constituent la mesnie (gens vivant ensemble), la maison du seigneur.

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Après avoir discuté avec eux du bon ordre de ses affaires, celui-ci peut terminer la matinée par une visite des écuries ou du chenil, ou encore se rendre au village.
Il est temps maintenant de passer à table pour dîner, c'est-à-dire prendre le repas de la mi-journée.
Celui-ci a lieu dans la grande salle, dans le donjon ou dans le bâtiment principal du château, aux murs agrémentés de scènes de chasse ou de guerre peintes, ou encore ornés de tapisseries ou de trophées.
Le sol, lui, est pavé de petits carreaux.
Les valets dressent la table en posant de simples planches sur des tréteaux.

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Les convives prennent place d'un seul côté de la table, sur des bancs mobiles, tandis que le seigneur préside, assis sur le maître-dois (Chaise).
Comme on ne connaît pas encore la fourchette et qu'on mange avec les doigts, chacun se lave les mains avant de passer à table.
Dès lors le service, effectué par des valets ou par de jeunes damoiseaux hôtes du seigneur, peut commencer. 
On apporte les "couverts ", les mets recouverts d'une étoffe destinée à les tenir au chaud.
Chacun a devant soi un napperon, une cuiller et un couteau, une écuelle et un hanap (grand vase à boire en métal, avec un pied et un couvercle).

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C'est la nappe qui tient lieu de serviette.
Le repas, certains jours, peut durer plus de deux heures.
Les plats sont nombreux et épicés, évidemment arrosés de bon vin.
Les châtelains mangent le produit de leur chasse : quartier de cerf au poivre, épaule de sanglier farcie, cygne rôti, pâtés de chevreuil ou de lapin...
D'ailleurs, d'interminables histoires de chasse égrènent le repas, agrémenté aussi par les exploits des jongleurs ou les récits des troubadours de passage, si toutefois le brouhaha de la conversation permet qu'on les écoute.
Les devoirs de la charge reprennent ensuite le dessus.
Certains après-midi, le seigneur rend droit de justice à ses vassaux.
Il tient audience dans la grand-salle ou dehors s'il fait beau temps, et reçoit les plaideurs.
Dans les petits fiefs, il rend lui-même les jugements.
Les grands barons s'en remettent à leur sénéchal.
Les autres jours, par beau temps, il part pour la chasse.

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C'est sa principale activité violente depuis que St-Louis est venu à bout des guerres privées.
Outre le fait qu'il est son plus grand plaisir, ce sport, cet art qu'il a appris dans son plus jeune âge lui permet de protéger les récoltes de ses vassaux en éliminant les animaux nuisibles qui ravagent les récoltes, cerfs, loups, sangliers.
Il lui permet aussi, en parcourant ses terres, d'inspecter les cultures et de rencontrer ses tenanciers, voire de régler certaines affaires.
La pêche, la marche, la simple promenade à cheval peuvent encore être d'autres occupations.
L'escrime permet de s'entretenir pour la guerre et de former du même coup les damoiseaux.
Quant aux longs après-midi d'hiver, ils s'écoulent à réparer les armes devant la cheminée, ou à jouer aux échecs et aux dés, tandis que les femmes filent la laine ou tissent.
Les plus riches se distraient en visitant leur ménagerie.

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La châtelaine vaque à ses propres occupations.
Elle peut accompagner son mari à la chasse ou participer aux jeux de plein air, mais aussi elle coud, tisse, brode, tout en surveillant les meschines, c'est-à-dire les femmes de chambre et servantes.
Parfois elle descend aux cuisines, mais c'est plutôt l'affaire du sénéchal.
Femme du seigneur, elle se doit de remplir ses obligations envers les vassaux de son mari et visite les pauvres et les malades du village.
Le soir, après un rapide et léger souper, on se réunit dans la chambre, plus agréable que la grande salle, avec ses murs peints dans des tons vifs, voire, dans les grandes occasions, recouverts de tentures de soies, également moins vaste et mieux meublée, avec son bahut et son armoire en chêne.
On prend place autour de la cheminée.
Celle-ci, souvent placée entre deux baies, est immense.
Peinte comme tout le reste, elle occupe tout un côté de la chambre.
Des troncs entiers y brûlent, à tel point que sa flamme suffit souvent à éclairer la pièce.
Là, les chiens couchés aux pieds de leurs maîtres, les convives assis sur des bancs ou par terre sur de grands tapis, autour du fauteuil du chef de famille, on écoute de nouveaux récits ou on chante pour s'égayer avant d'aller dormir.

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Enfin, tandis que le guetteur prend son poste au donjon, le maître va se coucher après une journée longue et bien remplie.
Après une dernière toilette (c'est à cette heure qu'il se lave les pieds), assisté d'un valet ou, s'il est grand seigneur, du chambrier, le châtelain dispose ses vêtements (manteau, surcot, cotte et chausses) sur une perche horizontale près du large lit entouré de rideaux (les courtines), et qui fait face à la cheminée.
La chemise est roulée sous le traversin, et les braies sous la couverture.
Le seigneur n'a plus qu'à se glisser dans les draps de soie pour sombrer dans un lourd sommeil réparateur.

D'après Jacques LEVRON, Le château fort et la vie au Moyen Âge. Edition Fayard.

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