Lettre à un ami du Puy du Fou
Au PUY DU FOU, tu es venu il y a longtemps de cela...
Il a fait froid et il a plu, pourtant, tu es toujours là...

Toi, Puyfolais de la première, tu n'as jamais compris pourquoi, tu venais chercher la lumière.
Le grand, le beau, et cet émoi.

Ressenti depuis la première, et qui revit toujours en toi.
Pionnier un peu fou du début.

Tu as depuis, pris des années.
Mais tu poursuis toujours le but, de faire éclater la beauté.
Si tu as quelques cheveux blancs, dans tes yeux reste la jeunesse.
Tu es le roi, le paysan, la semeuse à l'auguste geste.
Si tes pas ont croisé ma route un jour, en cette fin d'été.
Il ne reste plus aucun doute, je ne l'ai jamais regretté !
Jacqueline DURETZ
Au fond des chemins creux.
Au fond des chemins creux, avez-vous entendu.
Cette rumeur d'orage de paysans armés.
Aiguisant leur courage aux grains du chapelet ?
Au fond des chemins creux, l'avez-vous entendue ?
Dans le vent de galerne, avez-vous vu passer.
Les chevaux galopant, la mort à leurs jarrets,
Les femmes gémissant sur les moissons brûlées ?
Dans le vent de galerne les voyez-vous passer ?
Dans les champs de genêts, avez-vous vu couler,
La sève née du sang, la vie née de la mort ?
Les bourgeons, en craquant, annoncent enfin l'aurore.
Dans les champs de genêts, avez-vous vu l'été ?
Dans les brumes du soir, avez-vous vu venir,
Le cortège des hommes, des femmes et des enfants
Chantant leur foi si fort qu'on les croirait vivants ?
Dans les brumes du soir, vont-ils nous revenir ?
Dans le creux de vos cœurs, avez-vous vu germer.
Cet arbre-souvenir, aux racines hors du temps ?
Oh, gens du Puy du Fou, ce passé de Géants,
Dans le creux de vos cœurs, vous l'avez retrouvé...
Régine ALBERT
Vengeance
LES LAVANDIÈRES DU PUY DU FOU
Laver son linge est une tradition ancestrale qui reste au Puy du Fou synonyme de dur labeur.
Néanmoins malgré cela les femmes en profitaient pour bavarder.
En effet, le lavoir était un lieu animé.
Les lavandières ne se retrouvaient pas au café, mais au doué.
Pour elles, c'était une détente et la rumeur y allait bon train.
La lessive commençait le dimanche après-midi par le trempage.
Il s'agissait de faire bouillir le linge, le plus sale toujours au fond de la marmite, et de laisser tremper avec de la lessive.
Le lundi matin, grande expédition au doué : les lavandières sortaient le linge et le mettaient dans la "berouette" où elles avaient déjà déposé les "garde-g'neuils" (garde-genoux), les battous, les savons et les brosses à chiendent.
Installées près de l'étang dans l'Île, elles savonnaient et brossaient.
Pendant que le linge savonné reposait, elles en profitaient pour "jacter'.
De retour chez elles, le linge savonné devait encore bouillir.
Le mardi matin, elles s'en retournaient au lavoir avec les "berouettes" pleines pour rincer leur linge et l'essorer en le tordant ou en le battant.
Nouvelles rencontres pour de nouveaux commérages.
Elles continuaient le reste de la semaine avec la "lessive des couleurs".
Vous verrez toujours les lavandières du Puy du Fou venir laver, battre et étendre leur linge les vendredis et les samedis soirs de Cinéscénie.
Mais est-ce vraiment pour cela qu'elles viennent à tous les spectacles ?
Ne serait-ce pas plutôt pour cancaner et "colporter" elles aussi "les nouvelles de métairie en métairie" ?
L'éventail *
Les éventails sont utilisés depuis la Préhistoire.
Tout au long de l'histoire, l'éventail a subi une métamorphose.
Dans l'Egypte ancienne, formé d’une longue plume d’autruche, il sera symbole de puissance.
Au Mexique, l’éventail est considéré comme un symbole d’autorité.
Souvent orné de pierres précieuses, il sert à activer le feu des sacrifices.
Pendant le Moyen-âge il sera accessoire de guerre, de danses et arts martiaux au Japon.
Les Espagnols portent des éventails à écrans ronds, garnis de plumes.
Vers le 14ème siècle, les éventails en cercle plissé sont apportés du Japon et de Chine.
Aux 17, 18, 19ème siècle un accessoire de mode dans toutes les cours d'Europe Depuis le début de 20ème siècle il devient un outil publicitaire.
Les premiers hommes agitaient une feuille de palme pour se procurer un peu d'air frais lors de chaudes journées.
Sorte d'écran portatif avec lequel les dames s'éventent (produire de l'air), il est en papier ou en étoffe, plissé en forme palmée.
Objet de mode et objet d’art, l’éventail, venu d’Asie à la Renaissance, a connu son âge d’or en France sous l’Ancien régime (1484-1789).
Au 16ème siècle, les éventails sont fixes et sont très populaires.
A partir du 17ème siècle ils seront progressivement remplacés par les éventails pliables.
C'est Catherine de Médicis (1519-1589), reine de France qui introduit l'éventail pliable en France.
C'est lors de son mariage avec Henri II (1519-1559), fils de François Ier (1494-1547), en 1533, que les éventails sont devenus un accessoire indispensable à la gente féminine.
La partie supérieure est ordinairement recouverte de papier, de taffetas ou de plumes.
En 1678, le roi Louis XIV (1638-1715), à l'initiative de Colbert (1619-1683), fondera la communauté des "Maîtres-éventaillistes" (60 membres) et fixera les règles de fabrication (protection des secrets de fabrication) et de commercialisation de l'éventail.
Les Maîtres-éventaillistes auront recours aux matériaux les plus précieux, comme la nacre et l’ivoire, le bois exotiques et aux peintres à la mode François Boucher (1703-1770), Antoine Watteau (1684-1721), Charles Le Brun (1619-1690), entre autres pour la décoration ainsi qu’aux techniques les plus innovantes, avec des ajouts d’optique, lunettes et loupe, ou de tubes à parfums…
Les éventails pliables ont régné en maître pendant tout le 17ème siècle.
Le 18ème siècle fut l'âge d'or de l'éventail en Europe.
Durant ce siècle, les éventails pliables étaient un instrument accessible par toutes les classes sociales.
Pour la toute première fois, des éventails étaient fabriqués en grande masse.
Ils représentaient des scènes d'Histoire, de la mythologie et des scènes d'amour.
Au 18ème siècle, en France de nombreux éventails ont représenté la reine Marie-Antoinette.
En 1782, Paris sera la capitale de l'éventail avec 253 "Maîtres-éventaillistes".
En 1789, les éventails étaient peu coûteux portaient fréquemment des slogans révolutionnaires.
La première guerre mondiale mettra fin à la production de l'éventail le relayant au statut d'objet pour grand-mère.
Abandonné sauf dans quelques pays comme l'Espagne, il reste l'accessoire des danseuses de flamenco et un accessoire de défilé de mode.
Aujourd'hui, l'éventail est un accessoire raffiné, utile, écologique, peu onéreux, et possède des avantages pour à nouveau charmer les femmes d'aujourd'hui.
Belle histoire
Je voudrais vous raconter une histoire belle, émouvante qui prend ses racines dans notre pays (la Vendée).
En un mot, une histoire véridique.
Une petite fille de neuf ans et sa sœur d'une année plus âgée sont les héros principaux.
Leurs parents ont disparu dans la tourmente de 1793 et les voila fuyant les Mayençais,, accompagnés de leur vieille gouvernante.
Elles quittent la Verrie pour rejoindre Mortagne puis Cholet.
"A la Loire, à la Loire !!".
C'est le cri que poussent femmes, vieillards et enfants après la déroute de Cholet.
Nous sommes le 18 octobre 1793 à Saint-Florent.
La Loire est sillonnée de barques et ses rives couvertes de fugitifs exténués.
Les deux enfants et leur gouvernante sont là, épuisés, les yeux hagards et mortes de faim.
Elles recherchent quelques nourritures.
Errant à travers les champs, elles découvrent quelques pommiers au loin.
Elles y courent.
En effet, quelques pommes en haut de l'arbre, mais si hautes !

Elles ramassent des pierres pour les faire tomber et soudain, un cavalier, un bleu à cheval se dirige vers elles.
Lui : "Que faites-vous ici, malheureuses ?".
Elles : "Ayez pitié de nous, nous venons de si loin et nous mourront de faim".
Lui : "D'où venez-vous donc".
Elles : "De la Vendée, de la Gaubretière. Nous ne cherchions que quelques pommes avant de franchir la Loire".
Lui : "N'ayez pas peur".
Le cavalier est touché par la jeunesse des enfants.
Se haussant sur ses étriers et avec son grand sabre, il fait tomber les pommes.
Lui : "Mes enfants, n'allez pas plus loin, ne passez pas la Loire, ce serait courir à une mort certaine. Fuyez par ici et retournez chez vous".
Les années ont passés et les enfants ont grandi.
L'une d'elles s'est mariée.
Un beau jour, à son fils Paul, elle raconte son odyssée.
Le jeune garçon est tout à coup frappé par l'émotion qui saisit son père au fur et à mesure que se déroule le récit de sa mère.
Quand elle arrive à la scène des pommes, il voit jaillir de grosses larmes des yeux de son père qui tout à coup pousse un cri et se jette dans les bras de sa mère.
Lui : "Ah ! Ma chère femme, que Dieu est bon, ce cavalier, ce bon bleu….c'était… c'était moi !".
"Qui aurait dit alors, que l'une des petites filles que j'ai sauvée d'une mort certaine, serait un jour ma femme ?".
Ce petit Paul devint un jour député de la Vendée.
J. Maupillier (Garde).















































