Le Sabotier. *
"Les belles dames, les gros bourgeois dédaignent mes sabots de bois.
Le roi peut bien se chausser de veau.
Moi je préfère mes durs sabots, sabots de frêne taillés chez nous, ils m'ont coûté quatorze sous."
Imaginez un instant une armada de plus de mille sabots ...
Sabots massifs tirés d'un morceau de hêtre, propres à naviguer dans la boue, sabots pointus et coquets garnis de cuir, pour danser...
Sabots qu'un Maupillier rageur fait claquer comme un homme, ou lourds sabots qui traînent lorsque la terre enfonce ...
Faits de bois dur, de frêne, de hêtre ou d'orme pour l'hiver, de vergne pour l'été, plus légers, ou sabots fantaisie en noyer.
Certains, destinés aux marins, taillés dans le bois tendre du peuplier, ne causaient aucun dommage aux ponts des bateaux !
Sur le dessus du pied, un coussinet joliment roulé et une semelle intérieure, tous deux confectionnés en paille de seigle, donnaient un certain confort et gardaient le pied au sec.
Le "sabaron", sorte de guêtre en cuir, parfois fixé au sabot, complétait la protection.
Il était d'usage, afin d'éviter qu'ils ne se fendent, d'entourer le dessus des sabots avec un fil de fer.
Celui-ci nommé "pionnette" ou "arçon" était vendu sur les foires et marchés par quelques pauvres bougres qui ont disparu de nos jours.
Jusqu'à la dernière guerre, avant que la botte de caoutchouc n'envahisse nos campagnes, le sabotier faisait partie de la vie quotidienne du Bocage.
Surnommés "Chausse-Martyrs", ils allaient de village en métairie où ils étaient attendus avec impatience ... Le Saint Patron des sabotiers fut aussi le premier d'entre eux.
En effet, Saint René (396-450), évêque d'Angers, se retire à Sorento (royaume de Naples), vers l'an 440, pour y façonner des sabots.
Le jour de sa fête, le 12 novembre, les manœuvres offraient leur journée de travail au patron sabotier.
Le soir, celui-ci les invitait à un banquet et à des danses.
La fête finissait fort tard dans la nuit voir le lendemain.
Au XVlllème siècle la production était vendue par les boisseliers (fabricant de boîtes en bois et de récipient), les chandeliers (fabricant et marchand de chandelles) et les regrattiers (commerçant de denrée de seconde main) des villes.
Comme les charbonniers (livreur de charbon), les sabotiers en forêt se traitaient de "bons cousins" et formaient un corps du Compagnonnage.
Venus de la forêt où abondait la matière première, les moins farouches, lassés de leur vie d'ermite, se rapprochèrent des villages ouvrirent boutique dans les bourgs.
Aujourd'hui, il reste très peu de ces artisans capables de dégager d'une pièce de bois un de ces sabots qui protégeait si bien le pied de l'eau et du froid.
C'est quoi la Cinéscénie ??*
La Cinéscénie est un nouveau mode d'expression artistique né au Puy du Fou.
Il se définit comme l'espace en mouvement et correspond à ce que les médias ont appelé, en parlant de ce spectacle, le "grand cinéma de plein air".
Utilisant, à partir d'un site exceptionnel, les techniques les plus élaborées, la Cinéscénie du Puy du Fou permet aux bénévoles de préserver leur patrimoine culturel en restituant aux spectateurs leur propre histoire : celle de paysans.
Ce spectacle met en scène une famille, les Maupillier, dont l'aîné, de siècle en siècle, de génération en génération, a toujours été prénommé "Jacques".
Cette famille vit au Puy du Fou depuis le Moyen-âge.
Elle n'a laissé, aux époques successives, dans la grande tradition de sa dynastie paysanne, que le choix du sobriquet, accolé au "petit nom''.
Un Marchand de Quenouilles s'avance lentement pour rejoindre la veillée.
Le Père et la Mère Maupillier, les enfants, l'attendent.
Nous sommes en 1916.
Les dialogues et la suite le feront comprendre.
Plus que ses hôtes, le Marchand de Quenouilles est doué de la Mémoire.
Au coin du feu, les histoires lui reviennent.
Le petit Jacques, qui ne sait pas encore mettre l'histoire en perspective, confond les époques, et nourrit de son imagination les réponses et le récit du vieux sage des "Routes".
Aussi bien les images apparaissent-elles de manière surprenante, nées de l'esprit d'un enfant qui déforme ce qu'il entend, un enfant metteur en scène qui va à son rythme.
Le petit Jacques, écoutant ainsi le Marchand de Quenouilles insister sur l'identité paysanne à travers le "Temps" et le "Prénom", fait surgir, une multitude de tableaux résumant une époque dans la grande dynastie des Maupillier ;
La guerre, l'amour, le travail.
Les questions de la Mère Maupillier amènent finalement le Marchand de Quenouilles à se rattacher lui-même à la longue tradition des vagabonds, conteurs et pèlerins de tous les temps.
Il se met en scène, à son tour, dans les mêmes lieux.
Les auditeurs de la veillée, pris par l'effet de prosopopée (Figure de style par laquelle l’orateur introduit dans son discours soit une personne morte, absente ou feinte) , laissent aller l'oreille et l'œil pour mieux se souvenir de cette terre de paysans et de genêts en fleurs.
La Gondole au Puy du Fou
La scène de la Renaissance vient s'enrichir de quatre gondoles.
Une surprise faite au Roi François 1er lors de son passage au Puy du Fou.
Quatre gondoles vénitiennes émergeant des profondeurs de l'étang.
Inspirateur et mécène de la Renaissance française, François 1er attire à sa cour des artistes et architectes italiens (Benvenuto Cellini, Dominique de Cortone, Le Rosso et Le Primatice).
Sous sa protection, ils vont inventer un nouveau style.
Primatice sera l'architecte de la transformation du château du Puy du Fou.
La gondole, symbole fort de Venise a cependant une histoire assez méconnue.
Pour les premiers Vénètes habitant dans les îles de la lagune, tous leurs déplacements se sont effectués grâce à divers types de bateaux utilisés pour apporter les matériaux nécessaires à la construction de la Sérénissime République de Venise.
Les premiers écrits mentionnant la gondole de Venise datent de l'an 1094.
Un décret du doge (premier magistrat de plusieurs républiques italiennes, particulièrement de Venise et Gênes) Vitale Falier autorise les citoyens du sud de Venise à utiliser un "gondulam".
Les premières illustrations de ce qui ressemblait à l'aspect d'une Gondole remontent au début du XVIe siècle.
Moyen de transport utilisé pour circuler dans la ville, les plus pauvres conduisaient eux-mêmes leur embarcation tandis que les familles aisées embauchaient des gondoliers.
Ambitieux de posséder l’embarcation la plus richement décorée et voulant montrer leur puissance, les nobles et les riches marchands (dont certains se ruinaient) décoraient leurs gondoles avec des sculptures, de l’or, des pierres précieuses et des soieries.
Au 15ème et 16ème siècle, les gondoles étaient munies d'un "dais" (baldaquin mobile, voûte) afin d'abriter les passagers.
En 1562, afin de mettre fin à la compétition du luxe, un décret dogal imposa la couleur noire et l'interdiction des décorations superflues aux gondoles de Venise.
Aujourd'hui, on compte environ 400 gondoliers (qui ont un permis de navigation), on en comptait entre 10.000 et 14.000 aux XVIIè et XVIIIè siècle.
La construction des gondoles est très réglementée.
Mesurant 10,80m de long et 1,42m de large pour un poids de 600 kg, cette grande barque à fond plat, destinée exclusivement au transport des personnes et aux régates, est constituée de 280 morceaux de bois (chêne, noyer, tilleul, sapin, larix, acajou, cerisier, cornouiller) et de deux pièces métalliques ("pointes" en proue (partie avant) et en poupe (partie arrière)).
Sa construction demande environs 500 heures de travail et sa durée de vie est d'environ 20 ans.
En 1874, c'est dans le chantier Tramontin qu'on été définie les caractéristiques de la gondole à un seul rameur debout.
La coque, relevée à l’avant et à l’arrière, est asymétrique.
Le coté gauche et plus long d’environ 24 centimètres et est plus haut de 2,4 cm que le coté droit.
Cette asymétrie (axe transversal décalé vers la droite) apparue au XIX ème siècle, a pour but de compenser le poids de l'aviron (rame) et du gondolier rendant l'embarcation plus maniable et très stable.
Elément décoratif situé à la Proue de la gondole est le Ferro autrefois appelé Delfino (Dauphin).
Le ferro di prua (terme vénitien pour désigner la figure de proue de la gondole) était à l’origine utilisé pour contrebalancer le poids du gondolier.
Il a acquis sa forme actuelle à la suite d'une longue évolution.
Sa courbure en S inversé représente le "Grand Canal" qui traverse la cité.
Le haut représente le bonnet Ducal (corno) que porte le Doge de Venise.
L’espace vide formé par la partie supérieure et la première barre représente le "Pont du Rialto".
Les 6 barres horizontales vers l'avant symbolisent les six quartiers (sestieri) de Venise :
San Marco, San Polo, Santa Croce, Castello, Dorsoduro et Cannaregio.
La 7iéme (orientée vers l'intérieure de la barque) représente la Giudecca qui est séparé du reste de la ville.
On retrouve aussi des 3 îles rattachées à Venise (Murano, Burano et Torcello).
La couleur noire fait référence à la poix qui était utilisée pour imperméabiliser la coque.
(Matière résineuse gluante et noire qui s’obtient par la distillation des bois résineux de pins ou de sapins).
La rame plate (en bois indonésien) taillée selon les mensurations du gondolier, mesure environ 4,20 mètres n’est pas fixée et repose sur la "forcola" ce qui permet de la dégager rapidement.
Incontestablement la gondole est le témoin d'un savoir faire quasi millénaire et reste une invention unique de la construction navale.
La position et gestes du gondolier n'ont pas changé depuis la Renaissance.
La vie quotidienne des Maupilliers (Cinéscénie)
Le passage des bergers symbolise le temps qui passe et la dureté de la vie quotidienne, sans grand changement jusqu'à la Révolution.
Les Vendéens d'avant la Vendée s'adonnent à leur ouvrage et se laissent aller à leurs humeurs :
le repas, le jeu de cache-cache, les lavandières, les batteurs de fléaux, bûcherons, scieurs de long, les vendangeurs, les faucheurs, les glaneuses, etc ...
Puis vient l'hiver, avec la remontée des porteurs de fagots et de jouguets (pièce de bois permettant d'atteler des animaux de trait) .
Le ballet des semeuses, sur la digue, prépare le monologue des cloches, Cloches du dimanche, de l'angélus, du baptême et du glas.
Le vent des cloches annonce l'orage.
L'arrivée de François 1er au Puy du Fou
Un vent nouveau venu du sud qui ballait les vents de galerne,
des portes qui s’ouvrent largement sur des plafonds à fresque......
Jacques, le veilleur qui annonce la grande nouvelle.
Rassemble autour de toi les bergers des Alouettes, les tissant de Mallièvre, les potiers de Treize-Vent.
Catherine ouvre son château au roi François 1er revenant de Bayonne passer la nuit au Puy du Fou.



























































