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30 avril 2021

Le Château de Tiffauges à l'époque féodale.

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En bordure de la route de Cholet à Saint-Jean-de-Monts, sur un vaste plateau granitique, entouré de ravins abrupts, au bas desquels coulent la Sèvre Nantaise et son affluent la Crume, formant une défense naturelle, s’élèvent les ruines du puissant château féodal de Tiffauges.
Sentinelle avancée du Poitou "Pays des Pictons' face à la Bretagne et à l’Anjou conquérants.
Les plus anciens habitants de notre région occupèrent ce plateau facile à défendre, attirés également par le gué de la Sèvre "Sépari", dont le passage leur donnait accès dans tout le pays environnant.

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Ils y taillèrent entre autres le souterrain refuge découvert en 1967, lors du creusement d’un passage sous la porte bailleresse, pour permettre l’accès au théâtre de plein air, établi à flanc de coteau à l’occasion du célèbre spectacle "La Bataille de Tartou".
Coupé en son milieu par ce passage, ce souterrain, refuge creusé dans le roc, s’étendait parallèlement aux remparts, et mesurait d’un côté environ sept mètres de profondeur, comblé par des éboulis.
Sur ce plateau et aux alentours furent trouvés de nombreuses haches de pierre taillée, outils et armes des hommes qui y vivaient voici plusieurs millénaires.

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Puis nos plus récents ancêtres se sentant menacés par d’autres tribus, non seulement creusèrent ce souterrain refuge mais élevèrent autour du roc une palissade formée de rochers et de pieux de bois, enchevêtrés de branches entrelacées et mêlées de terre glaise.
Ils y construisirent leurs huttes de bois recouvertes de chaume et de peaux de bêtes tannées.
Dans cette enceinte, près de leurs habitations, ils enterrèrent leurs morts dans des puits funéraires semblables à ceux de Pouzauges et du Boupère, découverts à Tiffauges au milieu du siècle dernier par l’archéologue Pouzaugeais : Fortuné PARENTEAU.

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Lors de la conquête de la Gaule par les Romains, un castrum fut édifié sur cet oppidum Gaulois.
Sur la motte encore apparente, avant l’aménagement par les fermiers de ce vaste enclos en 1958, on voyait encore les restes de cette grosse butte artificielle formée de la terre retirée lors du creusement des fossés qui l’entouraient et la protégeaient, s’élevait une tour de bois carrée de plusieurs étages, qui abritait la demeure du chef.
Ce fut le modèle des premiers donjons entourés de fossés en eau, qu’on franchissait au moyen d’un pont-levis.
Plusieurs routes gauloises, puis romaines s’y croisaient, venant de Clisson, Nantes, Mortagne et Mallièvre.

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Au IV siècle, sous l’empereur Honorius, qui comme ses prédécesseurs recrutaient des tribus étrangères pour défendre son immense empire, une tribu Sarmate, venue du nord-est du Caucase, fut amené par lui à Poitiers.
Ensuite, l’empereur romain y ayant établi une autre peuplade, les Visigoths, les Theiphales durent émigrer vers l’ouest, et s’établirent dans les environs du Tiffauges actuel, auquel ils donnèrent leur nom.
Ils campèrent sur l’ancien oppidum et à l’emplacement de la ville actuelle.
Mais les fortifications qu’ils y élevèrent n’échappèrent pas aux envahisseurs Normands, et deux fois, aux IX et Xᵉ siècle, la forteresse Romaine fut détruite et rebâtie.

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Cent ans plus tard, Tiffauges fut cédée à Alain Barbe-Torte, duc de Bretagne, vainqueur des Normands.
Et après toutes ces destructions, la paix revenant, les Comtes du Poitou donnèrent en "viager" aux vicomtes de Thouars une grande partie de l’actuelle Vendée.
Les nouveaux maîtres rebâtirent les places fortes ruinées, entre autres Tiffauges et les Herbiers, vers la fin du XI siècle et le début du XIIᵉ' siècle.
Herbert II, vicomte de Thouars, seigneur de Tiffauges et des Herbiers, entreprit la reconstruction de la forteresse de Tiffauges et la construction des Herbiers, auxquels il donna son nom "VlLLlS DE HERBERTlS", villas d’Herbert.

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A Tiffauges, il rasa toutes les ruines accumulées par ces guerres successives, et éleva les premiers éléments du château actuel, le donjon, la barbacane, certaines tours encore existantes, renforçant la défense de cette place et la chapelle castrale.
Les abords du château actuel fort abrupts de tous côtés, sauf vers le sud-ouest, où est son entrée principale, c’était là le point faible, celui qui réclamait la plus solide défense de l’ensemble.
C’est pour cette raison qu’on ya élevé un donjon formidable, flanqué d’une barbacane.
Herbert II mourut à la Croisade de Jaffa en 1104 et fut remplacé par son frère Geoffroy, qui continua ses constructions, à Pouzauges, Tiffauges et les Herbiers.

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Ce donjon de Tiffauges forme un vaste quadrilatère de 18 mètres de côté, flanqué aux quatre angles de puissants contreforts arrondis, ainsi que sur le milieu de ses quatre faces.
Il était composé d’un rez-de-chaussée et de quatre étages, dont certains vraisemblablement voûtés, comme celui de Pouzauges, bâti par le même architecte, et partagé de haut en bas, par un énorme mur de refend.
Le sommet garni primitivement de hourds en bois, sorte de balcon en saillie, qui fut plus tard remplacé par des créneaux de pierre.
Ces différents étages étaient reliés entre eux par un escalier en colimaçon, comme nous le montrent certains plans de construction établis au siècle dernier.
Les deux étages supérieurs furent entièrement détruits lorsqu’en 1625, Richelieu fit démanteler les forteresses huguenotes.

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Ce donjon était couvert d’une toiture à quatre rampants, et servait d’habitation au Seigneur.
Près de ce donjon et faisant corps avec lui, nous voyons encore la barbacane d’entrée, autrefois fermée d’une grille en fer, et d’un pont-levis, qui donnait accès au donjon dans lequel on pénétrait par une petite porte en plein cintre, percée au premier étage de cette barbacane.
Cette entrée se composait d’un rez-de-chaussée ouvert par un large portail, donnant accès au vaste enclos entouré de terre et de murailles, et d’un unique étage.

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A l’ouest de ce donjon, bordant les douves qui l’entouraient, se dressait la chapelle Saint-Vincent, composée d’une nef et d’un transept, entièrement détruits, et d’une abside qui subsiste encore en partie.
La croisée du transept était surmontée d’une coupole octogonale et d’un clocher.
Sous cette abside s’étend une belle crypte romane de la première moitié du 12ᵉ siècle, divisée en trois nefs à peu près égales, par deux rangées de quatre colonnes, couvertes en voûtes d’arêtes, appuyées sur des chapiteaux historiés.

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Entre la chapelle et le Puits de la Fée, s’étendait un cimetière où furent faites d’importantes trouvailles, entre autres les débris de la cloche de bronze.
Toute cette vaste enceinte fut entourée de dix-huit tours, reliées entre elles par des murailles crénelées, le tout contemporain du donjon.
Plus tard furent ajoutés une fausse braie et le châtelet actuel, mais ce fut après l’époque féodale qui seule fait partie de cette étude.
Laissé à l'abandon jusqu'au XXᵉ siècle, le château de Tiffauges fut le théâtre des turpitudes du maréchal de France après la mort de Jeanne d'Arc.

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Un conservatoire d'artillerie médiévale a été édifié en 1992 dans l'enceinte du château.
Avec une quinzaine de pièces, construites à l'identique par un spécialiste international, Renaud Beffeyte, il réunit la plus grande collection européenne de reconstitution médiévale en fonctionnement.
Le public peut assister lors de la saison touristique à des démonstrations de tirs de trébuchet, couillard, bombarde et mangonneau, et admirer une grue en bois telle qu'utilisée par les bâtisseurs du Moyen Âge.

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10 août 2017

3. Reconstruction du Château.

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En 1432, Guy II du Puy du Fou (1375-1454) reconstruit son château détruit par l'Anglais sur un emplacement plus favorable, au bord d'un vaste étang et contrôlant le croisement de deux routes importantes.
Vers 1453, Guy II du Puy du Fou meurt et son fils Jacques (1405-1488) lui succède comme seigneur du Puy du Fou.
Il sera élevé, dès son plus jeune âge, à la cour du roi René d'Anjou (1409-1480) et en 1437, il sera fait grand écuyer.
Le 11 février 1434, il épouse une très riche héritière, Louise de la Roche, fille unique du Chambellan des rois Charles VI et Charles VII, qui lui apporte de nombreux domaines en Bas-Poitou.
De cette union, naîtront huit enfants : 6 filles et 2 garçons dont François Ier du Puy du Fou (1435-1527) qui héritera de la seigneurie en 1488.
Le 15 juillet 1465, Jacques est aux côtés de Louis XI (1423-1483) à la bataille de Monthléry (16 juillet 1465), contre ses adversaires de la Ligue du Bien Public (Révolte de princes de mars à octobre 1465 contre l’accroissement des pouvoirs du roi de France Louis XI).

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François Iᵉʳ se marie deux fois.
D'un de ses mariages naîtra François II.
Il succède à son père dans la possession du château et de la seigneurie du Puy du Fou.
Il était aussi baron du Petit-Château de Vouvant et fut gouverneur de Nantes.
En 1527, il fait un mariage princier, en épousant Catherine de Laval, fille de Jean de Laval, qui lui apporte de nombreux domaines et quarante mille livres en dot.
À la tête d'une immense fortune, les jeunes époux font de fréquents séjours à la Cour de France.

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C'était l'aube de la Renaissance.
Les rois de France ramènent d'Italie de nombreux architectes et artistes.
Peu à peu, la noblesse française remplace ses sombres châteaux féodaux, par des demeures splendides, ouvertes largement sur le soleil.
En août 1537, François II du Puy du Fou se rend à la Cour de France pour y recevoir le Collier de l'Ordre de Saint-Michel.  
Il tombe en admiration devant tant de beautés architecturales.

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Lorsqu'il regagne le Puy du Fou avec sa jeune épouse, le château, construit par son aïeul Guy II, leur semble bien triste avec ses épaisses murailles, ses étroites fenêtres, où le confort avait été sacrifié à la sécurité.
Ils décident de remplacer cette forteresse qui avait à peine plus d'un siècle, par un château au goût du jour, bâti sur le même emplacement en bordure de l'étang.

21 septembre 2021

Bouvines *

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Entrant dans la salle des tableaux, nous sommes plongés dans un dialogue entre Diane et ses tableaux, dont son aïeul, hanté par son passé glorieux, voulant retourner sur le champ de bataille de Bouvines.
Pendant des siècles, le combattant qui luttait souvent en hordes compactes et indisciplinées, domina la plupart des guerres de l'Antiquité et du Moyen Âge.
L'ascension de Sparte dans la Grèce antique montra ce qu'une infanterie professionnelle et disciplinée lourdement armée pouvait accomplir devant un ennemi supérieur en nombre.
Comme le démontra Alexandre le Grand dont les phalanges macédoniennes parurent longtemps invincibles.

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Plus tard, les Romains créèrent la plus complète et la plus efficace armée professionnelle du monde ancien, grâce à une infanterie bien entraînée, manœuvrant en cohortes homogènes et compactes, et dominèrent les champs de bataille de la Méditerranée pendant des siècles.
Toutefois, la technologie militaire et le professionnalisme régressèrent.

Seuls les Normands et les Byzantins conservèrent la tradition du guerrier professionnel.
À partir du XIVe siècle, les armées professionnelles recommencèrent à s'imposer sur les champs de bataille et purent battre de façon décisive un ennemi supérieur en nombre.

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Mais revenons à la bataille de Bouvines.
Philippe Auguste (1165-1223), roi de France, y vainquit la coalition d'Otton IV (1175-1218), empereur romain germanique, de l'Anglais Jean sans Terre (1166-1216) et des comtes Ferrand de Flandre (1188-1233) et Renaud de Boulogne (1165-1227).
Cette victoire confirma la souveraineté du roi sur la Bretagne et la Normandie.

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Il avait été prévu qu'Otton, Ferrand et Renaud marcheraient sur Paris depuis le nord et que Jean débarquerait sur la côte atlantique avant de se diriger lui aussi vers Paris.
Alors que Jean fut vaincu par les troupes royales françaises le 2 juillet 1214 près d'Angers, Philippe Auguste affronta l'armée du nord dans la plaine, près de Bouvines le 27 juillet 1214, en Flandre.
Otton IV déploya ses 25 000 hommes.

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Ses chevaliers répartis en deux groupes sur les flancs, l'infanterie au centre et une réserve de cavalerie à l'arrière.
Les troupes de Philippe Auguste, qui montaient à 15 000 hommes, choisissent une formation similaire.
La bataille débuta par un affrontement de cavalerie sur le flanc droit français.
Au centre, l'armée impériale (qui comprenait la puissante infanterie des Pays-Bas) poussa vers l'avant, mais la cavalerie française, commandée par le roi, la força à reculer.

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Les Français triomphèrent sur l'aile gauche et William Longsword, comte de Salisbury (1176-1226), fut fait prisonnier.
La cavalerie française fut aussi victorieuse sur la droite et le comte Ferrand de Flandre fut capturé à son tour.
Au centre, les deux blocs de réserve de cavalerie s'affrontèrent et la France triomphèrent une fois de plus.

Les deux ailes se rapprochèrent pour bloquer la retraite des parties centrales de l'armée impériale. Renaud de Boulogne résista encore courageusement, mais finit par être capturé.

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La bataille eut plusieurs conséquences directes.
L'empereur Otton IV fut détrôné par Frédéric II Hohenstaufen (1194-1250) et Jean sans Terre si affaibli qu'il fut obligé de signer la Magna Cana (charte des droits anglais).

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Pertes : Français, 1000 sur 15000.
Coalition, 1 000 tués et 9 000 prisonniers sur 25000.

15 mai 2021

Les Noces de Feu - Spectacle nocturne - Puy du Fou

Création originale 2020, "Les Noces de Feu" est le nouveau spectacle nocturne du Puy du Fou !
Découvrez la bande annonce de cette fantasmagorie qui réveille chaque nuit le vieux lac de notre forêt centenaire...

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Le Puy du Fou place l'année 2020 sous le signe du romantisme et de la poésie vespérale, avec ce nouveau spectacle de 30 minutes qui s'inscrit dans la continuité des "Orgues de Feu".
Il marque le deuxième temps de l'histoire passionnelle et sentimentale de la Muse et du Pianiste.
Après s'être rencontrés dans "Les Orgues de Feu", ils se marient dans "Les Noces de Feu".

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Ce voyage poétique, tout en musique, offre une symphonie d'eau et de feu au coeur du XIXème siècle romantique.
L'ensemble des musiques du spectacle est interprété par les célèbres sœurs virtuoses, Camille et Julie Berthollet (artistes Erato et Warner Classics), révélées par l'émission "Prodiges" sur France 2.

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Servi par une mise en scène époustouflante, ce spectacle marie dans une harmonie parfaite l'intime et le grandiose, le sous-marin et l'aérien, la splendeur des costumes électroluminescents et le gigantisme des décors surgissant des profondeurs du lac.

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Une parenthèse féerique pour conclure son séjour au Puy du Fou par un véritable moment d'émotion.

24 mars 2021

La vie à bord de la Boussole et l'Astrolabe.*

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En mer ou au mouillage, la vie quotidienne du bord est bien réglée.
Pour le repas, les officiers et les scientifiques s'habillent et prennent place autour d'une table dressée avec de la vaisselle de porcelaine ou d'étain.
Le menu est répétitif.
Le matin, le petit-déjeuner se compose de café, de pain, d'ail, de mélasse...

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Au déjeuner et au diner, les rations sont à base de biscuits secs, de morue ou de viande salée, de choucroute ou de légumes séchés.
Des vivres frais comme de la viande, du poisson, des légumes ou des fruits améliorent parfois l'ordinaire et évitent le scorbut.
Le médecin veille sur la santé de l'équipage, l'aumônier sur celle des âmes et le commandant reste le seul maitre à bord (après Dieu, évidemment).

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Mais que coûte une telle expédition en vivre ?
Quatre ans, c'est 4 x 365 = 1 460 jours.
Pour les 100 hommes de l'équipage, cela représente 1460 jours x 100 = 146 000 rations journalières de nourriture.
On peut estimer qu'un marin mange au minium 1 kg de nourriture par jour, ce qui fait pour tout l'équipage 146 tonnes à embarquer.
Il boit 2 litres par jour, ce qui fait : 146 000 x 2 = 292 000 litres de liquide (eau, vin, rhum…).
Ces énormes quantités de nourriture embarquées dans des tonneaux, des caisses ou des sacs ne se conservent pas bien en mer du fait de l'humidité et de la chaleur.
Les escales sont les bienvenues pour renouveler l'eau potable et pour se ravitailler en fruits, légumes et viandes.

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Les principaux dangers attendus et redoutés par l'équipage lors d'une telle expédition sont tous ceux qui peuvent entraver la bonne marche de l'expédition :
- mauvaise météo, - rencontres dangereuses, - accidents de toutes sortes, - révoltes ou maladies, - tempêtes, - brouillards, - manque de vent, - manque d'eau et de nourriture, - attaque de pirates, - attaque d'indigènes, - accidents lors de manœuvres, - échouage sur des récifs, - promiscuité, - dispute à bord, - mutinerie, - mal du pays, - maladies (dysenterie, scorbut).
Le scorbut ou "peste de la mer" se déclare au bout d'environ 70 jours de nourriture sans vitamine C (celle qu'on trouve en quantité dans les fruits et les légumes frais ou la choucroute).
Cette carence en vitamine C conduit à la perte des cheveux et des dents, à des hémorragies, au dépérissement et à la mort.

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La Pérouse et son médecin Rollin sont sur la bonne voie pour empêcher le scorbut.
Ils font souvent escale pour acheter des légumes et des fruits frais (oranges, citrons), se nourrissent de choucroute et imposent un mode de vie hygiénique malgré les conditions de navigation difficiles.
Les bonnes relations avec les populations locales feront le succès de l'expédition pour l'approvisionnement des navires, l'aide à la cartographie des cotes, la connaissance de la flore et de la faune, mais aussi les futurs contacts commerciaux.
Afin de les amadouer et de montrer leurs bonnes dispositions, les navigateurs embarquent de très nombreux cadeaux à distribuer aux indigènes et à leurs chefs :
perles de verre, clochettes, outils de métal, hausse-col, décoration de casque de dragon et médailles commémoratives à l'effigie du roi et aussi des rubans en soie, des étoffes de mousseline.

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Claude Nicolas Rollin, chirurgien à bord de la Boussole, organise la vie quotidienne à bord et il dit :
"Le succès d’une longue expédition en mer repose sur la bonne santé de l’équipage.
La lutte contre le scorbut, cette "peste de la mer" due au manque de légumes et de fruits frais, est prioritaire.
J’ai suivi les conseils de Cook qui n’avait pas perdu un seul homme lors de ses voyages.
Nous embarquons donc des farines à base de carotte, raifort et persil, des légumes séchés, de la choucroute, le tout en grande quantité.
À chaque escale, nous faisons le plein de vivres frais et nous portons un soin particulier à l’hygiène : inciter les marins à se peigner, se laver, se raser, à changer régulièrement de chemise.
Et pour les conserver en pleine forme, nous les faisons danser tous les jours sur le pont !".

22 août 2025

La Prière du Soleil

Les bras ouverts vers l’infini,
Sous un ciel éclatant, elle prie.
Une robe blanche, pur éclat,
Pour une offrande, un tendre combat.

Le soldat derrière, figé, muet,
Gardien d’un serment, discret.
Mais elle, vivante, brûlante d’espoir,
Invite le ciel à recevoir son histoire.

Les tambours résonnent, l’air vibre,
Un moment sacré, puissant et libre.
Dans ce théâtre de pierre et de feu,
Elle danse pour les dieux silencieux.

Oh femme, ton cri traverse le temps,
Comme une flamme contre le vent.
Que ton offrande soit entendue,
Que ton courage jamais ne soit perdu.

 

11 décembre 2024

Mais qui est "Las Cases" ?*

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Dans le spectacle Le Dernier panache, Napoléon s’adresse à Las Cases :

"Écrivez Las Cases : j’aurais voulu avoir à mes côtés ce Charette, il me donne l’impression d’un grand caractère, il laisse percer du génie" ...

Mais qui est  ce Las Cases ?

Marie Joseph Emmanuel Auguste Dieudonné, comte de Las Cases était un historien français.

Il est l’un des compagnons d’exil de Napoléon à Sainte-Hélène.

Le nom de Las Casas en Espagne (dans l’entourage de Christophe Colomb), et en France (dans les armées de Louis XII et de François Iᵉʳ) apparaît tout au long de l’histoire.

Il est né le 21 juin 1766 dans le château Las Cases, paroisse de Couffinal, actuelle commune de Blan (Tarn), situé entre Castres et Revel.

Il a été baptisé le 22 juin dans la proche paroisse de Belleserre, l’église de Couffinal étant en travaux.

Il est décédé le 14 mai 1842 à Passy.

Il appartenait à une famille qui se vantait de compter parmi ses ancêtres, (l’apôtre des Indiens), le vénérable Bartolomé de Las Cases (Séville 1484-1566 Madrid) de l’Ordre des Prêcheurs.

L’antique famille de Las Cases s’était illustrée au XIIe siècle dans la lutte contre les Maures.

Napoléon dictant ses mémoires  Jean Baptiste Mauzaisse 1841 Malmaison 15X21.

Cette famille primitivement française est passée en Espagne vers l’an 1095 avec le comte Henri de Bourgogne, venu aider le roi de Castille et Léon, Alphonse VI, à combattre les Musulmans.

Son fils Alphe Henriques remporta la bataille d’Ourique contre 5 rois maures en 1139.

Aidé par un combattant de la maison de Bourgogne, pour le récompenser, il lui donna "todas las Casas" : toutes les demeures des Maures entourant le lieu de la bataille.

De là viennent l’origine des armoiries, la devise : Semper Paratus et le nom de Las Casas.

En 1200, le chevalier Carlos de Las Casas fixé à Séville, fut désigné pour accompagner Blanche de Castille en France lorsqu’elle épousa, le 12 mai 1200, Louis VIII le père de St Louis.

Il se fixa dans l’Agenais et son nom de Las Casas fut francisé en Las Cases.

Après avoir fait de bonnes études à Vendôme (aujourd’hui lycée Ronsard) chez les Oratoriens, Emmanuel de Las Cases est admis en 1780 à l’École militaire de Paris.

En 1782, à 16 ans, il entra dans la marine à Brest, où sa petite taille (1,60 mètre) le fait remarquer.

Comme aspirant, il suit les cours de l’École d’application navale avec Charette, où il se spécialise dans les techniques de la cartographie.

Embarqué à bord de l’Actif faisant partie de la flotte de la Motte-Picquet (1720-1791), il participe au blocus de Gibraltar (1779-1783) et à divers combats contre les navires anglais.

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Il sert, durant les dernières années de la Guerre d’Indépendance américaine, brillamment dans la marine du roi, en particulier aux Antilles où il côtoie Charette à la Martinique en 1785.

Au rétablissement de la paix, il devait faire partie de l’expédition de La Pérouse mais, alors à St Domingue, il arriva trop tard à Brest  pour le départ !

Ce qui le sauva d’une mort certaine.

En avril 1789, Emmanuel de Las Cases, de retour à Brest, est nommé lieutenant de vaisseau, à 23 ans.

Lorsque survient la Révolution, il choisit en 1791 d’émigrer et de rejoindre l’armée de Condé à Coblence où il retrouve Charette.

Il y est déçu par l’accueil qui lui est fait et par les querelles entre émigrés.

Après la dissolution de cette armée, suite à la bataille de Valmy du 20 septembre 1792, Las Cases se rend en Angleterre fin décembre 1792.

Il participe à la préparation de l’expédition de Quiberon mais il n’y débarque pas en juillet 1795, car il était resté à Londres pour y être opéré d’une hernie.

Il participe avec l’armée des émigrés, emmenée par le Comte d’Artois (futur Charles X) à l’expédition de l’Ile d’Yeu d’août à novembre 1795 où Charette ne put les rejoindre.

Puystory_5529Après l’échec de cette expédition, il peut rembarquer et revenir en Angleterre.

A Londres, il travaille à la rédaction d’un atlas géographique et donne des leçons.

C’est à cette occasion qu’il noue une fidèle amitié avec l’épouse du riche baronet Thomas.

Clavering, une jolie lady française, née Claire Gallais, baptisée à Angers Saint-Maurille, le 4 novembre 1770.

La publication, sous le pseudonyme de A. Lesage, de son Atlas historique, généalogique, chronologique et géographique remporte un franc succès à Londres en 1799.

Cet ouvrage connaîtra le même succès en France, puisqu’à partir de 1803, une édition paraîtra chaque année.

De mai à septembre 1812, Las Cases effectue une mission d’inspection des dépôts de mendicité et des prisons qui lui fera proposer d’utiles réformes à Napoléon.

Au printemps 1814, il participe à la défense de Paris comme chef de bataillon à la 10e légion, sous les ordres du général Moncey.

Après la première abdication de Napoléon (1769-1821) signée par l’Empereur le 12 avril à Fontainebleau, il refuse de siéger au Conseil d’Etat et rejoint Londres.

Au retour de l’Aigle de l’Ile d’Elbe, Las Cases est aux Tuileries dès le 20 mars 1815.

Dès le 24 mars 1815, il retrouve ses fonctions de chambellan et de conseiller d’Etat.

Après la défaite de Waterloo, le 18 juin, il reste au service de l’Empereur et sollicite l’honneur de partager son exil.

Le comte de Las Cases et son fils recevant la lettre de Napoléon Lithographie de Langlumé 1821.

Marquis d’Ancien Régime, officier de marine émigré pendant la Révolution, devenu chambellan et comte de l’Empire puis conseiller d’État durant les Cent Jours, Emmanuel de Las Cases ne présenterait dans l’épopée napoléonienne qu’un intérêt restreint s’il ne s’était attaché à son maître proscrit et n’avait publié en 1823, deux ans après la mort de l’Empereur, « Le Mémorial de Sainte-Hélène »  qui fut peut-être le livre le plus lu du XIXe siècle.

Le 7 août 1815, Napoléon et sa suite dont Las Cases et son fils Emmanuel Pons de Las Cases (1800-1854), page de l’Empereur, montent à bord du Northumberland à destination de Sainte-Hélène où ils resteront dix-huit mois jusqu’à leur expulsion vers le Cap, le 31 décembre 1816.

Au cours de la traversée, Las Cases avait noté, dès le 9 septembre 1815, les premiers souvenirs de Napoléon, qui étaient remis en ordre en fin de journée par son fils Emmanuel Pons.

Dans son grand journal, Las Cases a consigné, au jour le jour, les propos de l’Empereur.

Il a pris, sous sa dictée, le récit des campagnes d’Italie et noté les persécutions dont l’illustre captif était l’objet de la part de ses geôliers, dont le gouverneur Hudson Lowe.

La campagne de France de Jean-Louis Ernest Meissonnier (1815/1891) - 1864 - Musée d'Orsay.

Las Cases sut se faire apprécier de Napoléon par ses manières affables, son érudition et sa disponibilité.

Les dictées qui continuèrent jusqu’en novembre 1816 sont à l’origine du "Mémorial de Sainte-Hélène". 

Dans l’édition du Mémorial de 1830, à la date du 6 novembre 1816, Las Cases cite les paroles de Napoléon à propos de Charette :

"J’ai lu une histoire de la Vendée, si les détails, les portraits sont exacts,

Charette est le seul grand caractère, le véritable héros de cet épisode marquant de notre Révolution… Charette me laisse l’impression d’un grand caractère, je lui vois faire des choses d’une énergie, d’une audace peu commune et laisse percer le génie".

Je lui disais avoir beaucoup connu Charette dans mon enfance, nous avions été garde de la marine, ensemble à Brest, nous y avions partagé longtemps la même chambre, mangé à la même table et il avait fort surpris par ses exploits et sa brillante carrière tous ceux de nous qui avaient été liés avec lui"… 

Le 24 novembre 1816, Las Cases confie à son serviteur James Scott une lettre clandestine pour le Prince Lucien et une pour Lady Clavering, chargée de la lui transmettre.

Puystory_5526Il y dénonce les conditions de détention de l’Empereur.

Malheureusement, le serviteur en informe Hudson Lowe et le 25 novembre 1816, Las Cases et son fils sont arrêtés et retenus prisonniers.

Le 16 décembre, le gouverneur remet à Las Cases une lettre de Napoléon, signée du 11, avec sa signature accompagnée de "Votre dévoué".

Après qu’Emmanuel Pons ait pu en recopier certains passages, elle est confisquée par Hudson Lowe.

Las Cases et son fils sont expulsés et quittent l’île de Sainte-Hélène le 30 décembre 1816 pour le Cap, où ils restent en quarantaine, pendant 7 mois1/2 avant de regagner l’Europe.

Arrivés en Angleterre en novembre 1817, ils sont refoulés puis conduits à Ostende.

La France, les Pays-Bas et l’Autriche refusant de leur donner l’asile, Las Cases et sa famille s’installent en décembre 1817 à Francfort, puis au pays de Bade à l’été 1818.

Après la mort de Napoléon, le 5 mai 1821, l’autorisation de rentrer en France est accordée à Las Cases dans les derniers jours de juillet 1821 et il arrive à Paris le 16 août. Il s’installe à Passy.

En 1822, il récupère ses manuscrits notamment la lettre de Napoléon et son "Grand Journal" confisqué par Hudson Lowe où se trouve consigné jour par jour tout ce qu’a dit et fait Napoléon, durant dix-huit mois, du 20 juin 1815 au 25 novembre 1816.

Il publia en 1823 ce Mémorial dont le retentissement fut si grand qu’il fut réimprimé en 1824, 1830, 1835, 1840 et surtout 1842 avec illustrations de Nicolas Charlet qui lui  rapporta 3 millions de francs (+/- 9,5 millions €).

Il fut traduit en de nombreuses langues et enfin, il valut à Las Cases un siège de député.

Emmanuel de Las Cases 1766/1842 Lithographie de Delpech - 1840.

La légende napoléonienne doit beaucoup à cet ouvrage.

En juillet 1831, Las Cases fut élu député de l’arrondissement de Saint-Denis et siège à gauche jusqu’en mai 1834.

Il est réélu en 1839 jusqu’à sa mort en 1842.

Aveugle en 1840, il ne put accompagner le prince de Joinville à Sainte-Hélène pour le Retour des Cendres de Napoléon ; c’est son fils Emmanuel Pons qui le remplaça.

Le 15 décembre 1840, il était présent aux Invalides, lors de la cérémonie.

Il mourut le 14 mai 1842, après avoir eu la satisfaction de voir rendre à la France les restes mortels de l’homme à qui il avait donné des preuves d’un attachement et d’un dévouement qui honorent toujours sa mémoire.

En 2005, le "Grand Journal" tenu par Las Cases à Ste Hélène, prémices du Mémorial a été découvert à la British Library par Peter Hicks.

Il est paru en octobre 2017 sous le titre "Le Mémorial de Sainte-Hélène - Le manuscrit retrouvé" aux Editions Perrin – en collaboration avec la fondation NAPOLEON.

 

BIBLIOGRAPHIE

LAS CASES le mémorialiste de Napoléon - Comte Emmanuel de Las Cases - Arthème Fayard - 1959

Las Cases l’abeille de Napoléon - Jean-Pierre Gaubert - Loubatières - 2003

LAS CASES le Mémorialiste de Napoléon nous dit… - Jean-Pierre Gaubert - 2017

 

Pour découvrir en détails LAS CASE, je vous donne rendez-vous sur la page de  : lauragais-patrimoine.fr

21 octobre 2024

La vie dans une villa Gallo-Romaine.

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Dès le 1er siècle, la présence romaine crée, dans les campagnes gauloises, une forme nouvelle d’exploitation et d’habitation rurales : les "Villae", vastes fermes fonctionnelles, à l’origine d’un grand nombre de nos bourgs et de nos villages.
La conquête et la pacification achevées, les Romains "colonisent la Gaule".
Des villes nouvelles apparaissent et les campagnes voient s’édifier, au milieu de champs et de forêts, de vastes domaines comprenant la demeure du maître, souvent luxueuse, des bâtiments agricoles et des logements pour la main-d’œuvre.
Ces immenses fermes, les "Villae" appartiennent le plus souvent à des vétérans, des légionnaires qui, après quinze ou vingt ans de "bons et loyaux services", reçoivent, en récompense, des terres dans les pays conquis.

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Pour exploiter sa villa, qui vit en autarcie et qui doit produire tout ce qui lui est nécessaire, le maître a besoin d’une abondante main-d’œuvre.
Le "gros des troupes" est constitué par les ouvriers agricoles.
Si certains sont des hommes libres, des tenanciers, qui louent des parcelles aux limites du domaine, la plupart des travailleurs ruraux sont des esclaves dont la vie a peu de valeur.
En effet, ces hommes sont des prisonniers de guerre et les incessantes conquêtes militaires de Rome alimentent le marché.
Les propriétaires trouvent sans difficulté et à des prix dérisoires, des "bras" vigoureux, capables de fournir une énergie musculaire moins coûteuse que celle des animaux.

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Travaillant du matin au soir, mal nourris, enchaînés pour la nuit, ces individus brisés sont considérés comme des "instruments animés".
Les artisans, quant à eux, sont appréciés et respectés pour leur savoir-faire.
La villa abrite tous les corps de métiers : les boulangers, les charpentiers, les menuisiers, fabricants de coffres, de tabourets, d’ustensiles ménagers.
Les forgerons confectionnent des socs, des houes, des pioches, les charrons, des charrues, des roues, des socs, les vanniers, des paniers, des ruches ou des coffres de chars.
On rencontre aussi des maçons, des marbriers et des potiers qui pétrissent, à la main, l’argile verte.

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Cordonniers, peaussiers, selliers travaillent le cuir et fournissent les chaussures, les harnais, les outres, les tabliers, les ceintures.
Les tisserands filent et tissent la laine des moutons après qu’elle ait été bouillie dans l’eau et la graisse de porc puis, battue, épluchée à la main et cardée avec des peignes aux dents recourbées.
Avant le tissage, les laines sont teintes, selon le goût de l’époque, de couleurs éclatantes à base de végétaux.
L’airelle pour le violet, la jacinthe pour la pourpre, le pastel pour le bleu, le safran pour le jaune.
Tous les besoins de la villa sont satisfaits par ses productions.
Pour se nourrir, on cultive des céréales.

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Le froment pour le pain blanc du maître, le méteil pour celui des domestiques, l’orge pour la cervoise, l’avoine pour les bouillies et la nourriture des chevaux.
Dans les potagers, on trouve les fèves, les lentilles, les choux, les oignons, les laitues.
Les vergers offrent des cerises, des pommes, des poires, des prunes, des noix.
On n’oublie pas de se désaltérer, on est en Gaule après tout !
Certes, on boit de la cervoise, de l’hydromel, mais aussi du vin, capiteux, parfumé que l’on garde bien précieusement dans des tonneaux de châtaignier.
On mange aussi toutes sortes de viandes.
De la volaille, du bœuf, du mouton, mais surtout du porc.

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Les Gaulois sont les rois incontestés de la charcuterie (pâtés, boudins, saucisses).
Les chèvres, dont on favorise la lactation en leur faisant manger du cytise, fournissent de bons fromages.
Les abeilles donnent leur miel.
Dans certaines "villae", on pratique aussi la pisciculture.
Malgré le coût de l’installation et de l’entretien des viviers, on élève de nombreux poissons.

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Le plat de prédilection est la murène, servie grillée, bouillie ou frite, accompagnée de sauces relevées à base de miel, de poivre, de cumin, de coriandre.
Pour que leurs terres produisent davantage, les Gallo-Romains utilisent des méthodes "modernes".
Ils utilisent déjà des engrais comme le nitre, ils engraissent la terre par la terre.
Dans un sol calcaire ou trop sableux, ils apportent de la marne.
Quand les sols sont trop humides, ils ajoutent du calcaire.

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L’outillage aussi est performant.
Faux, plus pratique que la faucille, fléau articulé, charrue à soc de fer ou de bronze et surtout la fameuse moissonneuse à roues, une grande caisse aux bords garnis de dents, poussée par un mulet, si bien que les épis arrachés par les dents, tombent dans la caisse.

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Les forêts étaient aussi des réservoirs de nourriture.
On y piégeait des lapins et des perdrix au collet, on y engraissait les porcs avec les glands, on y cueillait des noisettes, des champignons, des nèfles, des prunelles, des châtaignes.
On y chassait aussi les biches, les cerfs, les chevreuils, les sangliers pour la viande ; les martres, les écureuils pour la fourrure.
La demeure seigneuriale était dotée de tout le confort.

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Le chauffage central, l’air brûlant circulait sous les planchers et derrière les parements des murs.
L’eau courante aussi, grâce à une grande roue élévatrice qui montait l’eau de la rivière.
Les matériaux utilisés pour les aménagements intérieurs étaient luxueux et coûteux.
Mais cette recherche permanente du luxe, de la douceur de vivre fera que le terme "villae" se videra, peu à peu de son sens originel.
Il ne désignera plus une exploitation agricole, mais une résidence secondaire, "une maison des champs" construite par des citadins aisés, avides de calme et d’air pur…
Les "Villae" ne durèrent que le temps de la "Pax Romana".
La "villae", la "ferme", ne renaîtra qu’aux 8 et 9ème siècles, à l’époque carolingienne.

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Sous la pression des envahisseurs normands et hongrois, les habitants des campagnes vont se regrouper pour mieux se protéger.
La construction sera bien différente de celle de la villa gallo-romaine.
Certes, on retrouvera le même souci de vivre en autonomie et de pourvoir à tous ses besoins, mais plus d’ouvertures sur la nature.

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On dresse des palissades, des tours de guet.
On élèvera même des mottes féodales, ancêtres de nos châteaux forts.

26 mai 2014

Jeanne D'Arc

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Jeanne d'Arc, née vers 1412 à Domrémy, est une héroïne de l'histoire de France.
Chef de guerre et sainte de l'Église catholique, connue depuis l'époque comme "La Pucelle d'Orléans", elle est un personnage mondialement connu.

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Sa vie publique s’étend sur deux années environ, soit de 1429 au 30 mai 1431, date à laquelle elle est brûlée vive (par le bourreau Geoffroy Thérarge) sur la place du Vieux Marché à Rouen à l’âge de 19 ans.

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Les deux années se divisent en deux périodes : une année de vie guerrière, une année de captivité. Prisonnière à Compiègne le 23 mai 1430 par les Bourguignons, elle est vendue aux Anglais pour 10 000 livres.
C’est en février 1431 dans la forteresse du Bouvreuil que débute son procès conduit par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, où elle est accusée d’hérésie.

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Près de l’église Sainte-Jeanne d'Arc, la grande croix, une plaque commémorative ainsi qu’un massif de bruyères délimitent l’emplacement du bûcher.

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Une statue de Jeanne est adossée à l’église, face au lieu de son supplice.

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13 août 2014

Portraitiste à la Cité Médiévale.*

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Dans l'histoire des arts visuels, la représentation humaine date des plus anciens temps, on trouve des représentations dès la préhistoire. 

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Un portrait est une œuvre d'art picturale, graphique, sculpturale, et photographique, représentant généralement une personne réelle, ou un groupe.
Le portrait a bien longtemps été l’unique façon d’afficher la réussite sociale et de fournir à la postérité des informations sur sa physionomie.

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Les plus anciens vestiges de portrait en peinture datent de l'Antiquité romaine.
Différents supports sont utilisés, le bois, la toile, ou même l'ivoire pour les portraits en miniature.

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Le portrait dessiné, tout aussi ancien que le portrait peint, se singularise par la grande diversité de ses techniques, qui vont du fusain, au crayon, en passant par le lavis d'encre, et le pastel qui constitue une technique intermédiaire entre le dessin et la peinture.

http://nade.pagesperso-orange.fr/

 

20 août 2014

Le Mégissier.*

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Avant toutes transformations, la préparation des peaux est confié principalement à deux artisans :

1. Le Tanneur (Grandes peaux brutes tels que : Vaches, Chevaux) et le Mégissier (Petites peaux).
2. Le terme de mégissier vient du verbe "mégir" qui signifie "préparer".
Ils travaillent en blanc (bain d’eau et de centre) et par tannage à l'alun (action de blanchir les peaux), les petites peaux, délicates et fines (agneaux, moutons, chèvre ou veau).
L'alun (du grec als, alos, signifiant "le sel").
La technique consiste à débarrasser la peau de ses impuretés, entre autres de ses poils ou de sa laine.

Les Mégissiers préparent :

- Les peaux dont on veut conserver le poil ou la laine.
- Quelques cuirs propres destinés aux Bourreliers.
- Parchemin et vélin (peau de veau mort-né) avant qu'ils passent entre les mains du parcheminier.

La profession s'inscrit dans l'industrie de la confection.
La mégisserie est un art destiné à l'industrie de la chaussure, de la ganterie, de l'habillement, sacs divers dans le cadre de la production du cuir.
En latin médiéval, on trouvera la profession sous le nom "Alutarius".

27 août 2014

L'atelier Miniature.*

Pièces uniques artisanales, animaux décoratifs ou fonctionnels ainsi qu'une ligne design de vaisselle, des cadeaux, bijoux et sculptures en céramique.
Découvrez l'atelier miniature du Puy Du Fou.

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Le façonnage (moulage) par coulage apparaît dans les dernières années du XVIIIe siècle.
Cette technique consiste à verser de la pâte à l'état fluide dans un moule en plâtre présentant en creux la forme de la pièce à obtenir.
Au contact du plâtre, l'eau est absorbée par capillarité.
Il se produit alors une filtration et la pâte se dépose sur la paroi absorbante en épousant toutes les sinuosités du plâtre.
La fabrication des assiettes et des plats et objet de décoration se fait aujourd'hui en série grâce au calibrage mécanique.

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27 janvier 2017

2. Les noces de Guillemette

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Dans la ferme des Maupillier, à peine le soleil s'est-il levé que l'agitation règne.
Aujourd'hui, c'est jour de noces : Guillemette va épouser son Jehan.
Ne s'est-elle pas assez langui de son beau colporteur ?
Dès le retour du jeune homme, on avait fixé le mariage au lundi précédent Mardi Gras...
Ainsi, on pourrait faire bombance avant le Carême et profiter du dernier repos avant les labours de Mars.
Le promis et son futur beau-père avaient, comme la coutume l'exigeait, fait le tour des chaumières pour inviter les voisins aux noces.
Dans chaque ferme, ils avaient dû manger l'omelette au lard et vider un pichet de vin...

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Autant dire qu'ils n'étaient pas rentrés l'esprit très clair... !
Et en ce lundi, Guillemette, habillée d'une superbe robe rouge, attend son fiancé cachée dans le grand lit de ses parents...
Soudain, une main frappe de toutes ses forces à la porte, soigneusement fermée, de la chaumière ...
"Que veux-tu ?",
demande Jacques, le frère de Guillemette.
"Je suis à la recherche d'une petite colombe", répond Jehan.
"Entre et cherche", reprend Jacques.
Aussitôt, Jehan se met à fouiller fébrilement la pièce et trouve Guillemette, derrière les rideaux du lit.
Elle se met à pleurer, hurlant qu'elle ne veut pas quitter sa mère pour un homme.
Alors, son fiancé la saisit brusquement et la hissant sur son cheval, l'emporte vers l'église au grand galop.

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Il respecte la tradition qui veut que la fiancée soit enlevée au foyer paternel, pour que le mariage soit heureux.
Quand toute la famille a rejoint les jeunes gens à la chapelle, la messe commence et l'échange des anneaux se fait dans le recueillement.
Puis les nouveaux mariés quittent le lieu saint.
Ils sont accueillis par les cris de joie des villageois qui leur jettent des grains de froment et des fleurs, gages de fertilité pour leur couple.

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Les joueurs de vielle se mettent à jouer et tout le cortège se dirige vers le pré où les tables du banquet sont dressées.

Les jeunes époux sont installés à la place d'honneur.
Pour que leur union soit durable, la grand-mère Bertrade, la plus âgée de la famille, les attache l'un à l'autre. 
C'est-à-dire qu'elle tire un fil du châle de Guillemette et un fil des chausses de Jehan et les lie ensemble.
Les voilà, selon un vieil usage païen, "unis par les liens du mariage".
Ce cérémonial respecté, le festin peut commencer.
Soupe au lard, anguilles, lièvres offerts par le Seigneur du Puy du Fou qui préside l'assemblée, fromages et tartes au miel.

PUY_3549Les ripailles, bien arrosées, durent des heures...
Jehan et Guillemette rêvent de s'esquiver...
Mais, impossible, on les surveille !
Ce ne sera qu'après les danses qu'ils pourront enfin s'en aller...
Mais il ne faut pas que nos tourtereaux espèrent partir discrètement.
Toute la noce les escorte jusqu'au grand lit clos qui va abriter leur première nuit de mariés et pendant plus d'une heure, on chante à tue-tête sous leurs fenêtres...
Après les émotions de cette journée épuisante, pour la première fois depuis qu'ils sont fiancés, ils sont en tête-à-tête...
Sans doute Guillemette est-elle un peu effarouchée.
Sans doute Jehan est-il un peu ému devant tant de fraîcheur et d'innocence.
Mais ne soyons pas indiscrets, laissons-les à leurs confidences et à leurs rêves.

15 août 2025

La tombe de Childéric 1er

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Childéric Ier, n'est pas un petit chef de tribu sans importance.
C'est un roi des Francs saliens du nord-ouest de la Gaule (457-481), fils de Mérovée et père de Clovis, qui mourut en 481, à Tournai, sa capitale.
Il était âgé d’environ quarante-cinq ans.
Dès qu’il eut fermé les yeux, on le revêtit de ses vêtements royaux, on l’orna de ses bijoux, on fixa à son ceinturon sa bourse remplie de pièces d’or.
Puis, l’ayant couché dans un coffre de bois garni de ferrures, on disposa ses armes autour de lui.
L’épée à son côté gauche ; la lance, à droite ; la hache, sur la partie inférieure des jambes.
Cela fait, le cheval du défunt ayant été sacrifié, son cadavre fut jeté dans la fosse qui reçut le cercueil du roi.
Et les siècles passèrent, et l’oubli se fit.

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Toute trace extérieure de la sépulture avait depuis longtemps disparu quand elle fut découverte fortuitement le 27 mai 1653 à Tournai aux abords de l'église Saint-Brice de Tournai.
Nous voici à la veille d’un grand plongeon dans l’histoire, et d'une relecture de l’influence de ce roi franc, qui fut, les éléments archéologiques sont sans contestations sur ce point, légat romain à part entière.
Dans la cave d'un presbytère en réfection, l'air résonne des bruits d'une pioche martelant la terre.
Brusquement, un incident banal mit au jour la dépouille royale, après douze siècles d’ensevelissement.
Sur le sol de terre, un éclat métallique attire soudain le regard de l'ouvrier. 

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Une bourse de cuir éventrée git, laissant entrevoir des pièces d'or.
Adrien Quinquin qui manie l'outil est plutôt du genre silencieux, car il a la malchance d'être sourd-muet.
Ironie de l'histoire, il va mettre au jour l'un des plus grands trésors mérovingiens, dont on parlera encore 370 ans plus tard.
Certains se sont très probablement servis et on ne peut pas dire que les fouilles aient été méthodiques, mais un ecclésiastique parvient à mettre fin au pillage et à récupérer la plupart des objets.
À peine deux ans après leur découverte, Jean-Jacques Chifflet (1588-1673) médecin, antiquaire et archéologue franc-comtois, publie un inventaire des objets mis au jour.
Le trésor est impressionnant, de grande valeur, dont 80 kg d’or, et bénéficie d'un retentissement énorme !

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Outre un trésor monétaire, une épée d’apparat, des bijoux d’or massif, des accessoires vestimentaires, trois cents abeilles en or, une bague sigillaire en or portant l’inscription  "Childerici Regis", est mise au jour, ce qui permit l’identification du défunt.
La sépulture royale renfermait aussi des insignes de pouvoir germanique et romain, l’ensemble des reliques connaissant dès lors un tumultueux parcours.
Ce trésor, enfin ce qu'il en restait, sera récupéré par le gouverneur des Pays-Bas espagnols et confié aux Habsbourg de Vienne, avant d'être offert diplomatiquement à Louis XIV en 1665 avant de faire l’objet d’un vol spectaculaire commis au Cabinet des Médailles de Paris.
Deux abeilles, sur les 300, seront retrouvées dans la Seine, tandis que les voleurs disparaissent, sans que l’on ne sache jamais ce qui est advenu au "trésor de Childéric".
Des empreintes et quelques rares pièces sont encore conservées au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale de France.

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Grâce à la découverte de sa tombe et l'étude des objets retrouvés, Childéric 1er se révèle bien être un Roi Franc, avec tous les insignes de la royauté des Francs Saliens, mais en même temps, complètement imbriqué dans la structure civile et militaire de l’empire Romain.
On est donc très loin d’une image de “barbare” envahisseur…
En effet, nous sommes entre 440 et 480, période qui coïncide justement avec la fin de l’Empire Romain d’Occident, et tout un mode de vie, toute une civilisation, se trouvant être à un tournant de l’Histoire.
À l’heure de l’effondrement de cet Empire Romain d’Occident, le Fils de Childéric, Clovis, va continuer l’œuvre de son père, et fonder un royaume franc. 
À l’échelle de l’Histoire, ces années de transition sont très rapides, puisqu’elles ne durent qu’à peine 30 ans.

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30 juin 2014

Le Camp du drap d'or

Maximilien Ier meurt le 12 janvier 1519, laissant vacant le trône du Saint-Empire romain germanique.
Les élections du nouveau représentant du Saint Empire romain germanique sont à l’origine du camp du Drap d’Or.

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François Ier et Charles de Habsbourg mieux connu sous les titres "Empereur Charles Quint", et roi d’Espagne, sont en "compétition".
Afin de faire face à la puissance de plus en plus importante de son rival Charles Quint, François Ier, cherche à resserrer les liens entre la France et l'Angleterre et de persuader Henri VIII, roi d'Angleterre, de s'allier avec lui.

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C’est le 7 juin 1520 que François Ier roi de France et Henri VIII roi d’Angleterre se rencontrent (dans une vaste tente spécialement aménagée au centre du Val Doré), afin de conclure un traité d’amitié pour combattre l’offensive (financière) de Charles Quint.
Ce traité portait essentiellement sur le maintien de l'équilibre européen et sur l'attitude à adopter vis-à-vis du Saint Empire romain germanique.

Ensuite, les jours suivants, ils laisseront travailler leurs diplomates.

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Cependant, le souverain anglais ne se laissera pas impressionner et refusa l'offre de François Ier , préférant s'allier et répondre aux sollicitations plus discrètes de Charles Quint.
Le résultat des négociations est un échec.
Une assemblée de sept personnages importants (les archevêques de Cologne, de Mayence, de Trêves, le roi de Bohême, le duc de Saxe, le comte palatin du Rhin et le margrave de Brandebourg) choisit Charles Quint comme nouvel empereur germanique.
Si cette élection est en principe en fonction de l’intérêt politique de l’État, elle sera en réalité en fonction des sommes reçues des deux prétendants.

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François Ier dépense trois millions d’écus, le roi d’Espagne se lie au banquier Jacob Fugger et donne plus de fonds que le roi de France.
Les camps du drap d’or, c’est :
Pendant trois semaines (du 7 au 24 juin 1520), la vie de cour va étaler toutes ses séductions (splendeur de ses tentes, le luxe de ses tenues, le faste de ses festins et les habits chamarrés des dames et de leurs cavaliers) au milieu des tournois, concours de tir à l’arc, musique…et des fêtes.

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Pour réaliser cette réunion, une immense cité artificielle est bâtie en pleine campagne.
Le 04 juin 1520, Henri VIII s’installe à Guînes (terre anglaise à l’époque) et se fait construire un château, le "Palais de Cristal".
Long de 100 mètres, de 40 m de haut et près de 10.000 m² de bois et de verre, il sera préfabriqué en Angleterre et remonté sur place par une armée de charpentiers.

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François Ier prend ses quartiers à Ardres (terre française).
Une tente est aussi haute que la plus haute tour connue et est surmontée d’une statue de Saint Michel terrassant le dragon.
5000 ouvriers participent aux travaux d’aménagement, deux villages sont construits, environ 2800 tentes sont installées.

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Recouvertes d'étoffes brodées au fil d'or (ou de drap d’or), rehaussées aux armes des futurs occupants et surmontées une pomme d’or, elles laissent apparaître un vaste "champ de drap d'or", que l'histoire retiendra sous le nom de "Camp du Drap d'Or".
C'est une première dans l'Histoire de l'Europe.

18 juin 2014

La faïence au village 18ème.*

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Les premiers spécimens de porcelaine chinoise arrivèrent très tôt en Mésopotamie, dès le IXe siècle.
Par sa blancheur virginale, par sa translucidité magique et son incroyable finesse, cette céramique venue d'un autre monde fascinera et envoutera l'Occident pendant des siècles.
C'est ainsi qu'au IXe siècle déjà, les potiers de Mésopotamie inventèrent la faïence.
La technique consistait à remplacer la glaçure transparente de la terre cuite traditionnelle par une glaçure rendue opaque et blanche, grâce à la simple adjonction d'oxyde d'étain.

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Cette nouvelle technologie céramique s'implanta en Europe - probablement dès le XIIe siècle à la faveur de la présence arabe en Espagne, en Sicile et dans le sud de l'Italie.
Au XVIIe siècle, l'art de la faïence connut de nouveaux développements techniques et stylistiques.
Au XVIIIe siècle, la France s'affirma comme le phare culturel de l'aristocratie européenne.
L'art de vivre cultivé à Versailles faisait école.
Confronté à de sérieux problèmes de trésorerie, Louis XIV en vint à ordonner la fonte de toute vaisselle d'or et d'argent.
La faïence prit dès lors une place prépondérante dans l'art de la table.

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C'est dans cet atelier et en costume d'époque et à travers différents décors de fleurs et d'oiseaux que la faïencière du village 18ᵉ se tient à votre disposition pour que votre table soit toujours un enchantement.

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Plusieurs étapes sont nécessaires à ses réalisations.

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La pièce en argile est coulée dans un moule ou tournée par le potier. Cuite, elle est appelée "biscuit".
Ensuite, elle est trempée dans un bain d'émail cru.
La pièce est ensuite peinte avec des oxydes de couleurs à l'aide de pinceaux en poils de martre et de soies de porc.
Une fois déposée dans le foyer, elle va y cuire pendant 7 heures et se vitrifier sous des températures atteignant 980°C.

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Seules les pièces impeccables sont conservées.

http://www.arisis-d-anne.fr/index.php

29 août 2025

Le sablier

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L’histoire du sablier parcourt les siècles et il est encore utilisé alors que les horloges ont été inventées.

Avant le sablier, il y a environ 3 500 ans avant J.-C., sont apparus en Égypte les clepsydres (le voleur d’eau, étymologiquement en grec), ou horloges à eau.

La plus ancienne, conservée au musée du Caire, a été construite pour le pharaon Aménophis III.

Les spécialistes ne semblent pas tous du même avis quant à l’origine précise des sabliers.

Le sablier, symbole du temps qui passe, serait une invention chinoise, sans qu'on puisse la dater avec précision.

Au IIIe siècle avant J.-C., la première mention d'un sablier figure dans une pièce de "Baton", poète comique athénien.

Certains font remonter son invention à l’Antiquité, mais le verre qui existait depuis quatre millénaires chez les Grecs, des Chinois et des Égyptiens n’était pas assez transparent pour permettre d’observer l’écoulement des grains de sable d’une fiole à l’autre.

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C’est à la fin du XIIIe siècle, que le progrès technique décisif eut lieu à Venise, quand fut créée la première verrerie moderne à Murano.

D’abord appelé "monticule d'instants perdus" (Ernst Jünger) ou "clepsydres d'hiver", il deviendra "Orloge" puis "Reloge" ensuite "horloge à sablon" avant de devenir finalement "sablier" au XVIIIe siècle.

Le sablier peut-être utilisé à n'importe quelle température.

Très simple d’utilisation, il ne nécessite aucun entretien.

Fiable, précis et peu coûteux, c’est l’instrument le plus répandu du XIVe au XVIIIe siècles.

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Avec la conquête des océans au XVe siècle, la mesure du temps devient essentielle.

Le sablier s’impose comme l’instrument du voyageur, du marchand et du nomade.

Utilisé dans la marine où il portait le nom d'ampoulette (d'une durée de 28 secondes), le sablier était associé au loch (corde à nœuds) et permettait de connaître la vitesse des bateaux.

Sur un navire, la survie de tout l’équipage pouvait dépendre du sablier !

En mer, la durée de garde, (plus ou moins six heures) que l’on appelle le "quart", était ordinairement déterminée par l’écoulement d’un sablier d’une capacité d’une demi-heure.

Un officier était chargé de le retourner une fois le sable écoulé.

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Sur la terre ferme, les prêtres y avaient recours pour limiter la durée des sermons, les aristocrates pour minuter les joutes dans un tournoi, sans oublier les alchimistes, les astronomes, les géomètres et tous ces nouveaux professionnels du temps.

En Angleterre, une loi de 1483 en ordonna même l’utilisation pour freiner l’enthousiasme des orateurs dans les universités.

Au XVIIIème, le sablier est utilisé dans quelques écoles pour mesurer la durée d'une activité.

On se sert encore d’un sablier pour évaluer le temps nécessaire à la cuisson d’un œuf à la coque.

17 juillet 2013

Chevaliers de la table ronde.*

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La légende du roi Arthur et de ses chevaliers s'est constituée et développée durant des siècles et a débuté au Ve siècle.
À cette époque, l'Empire romain, chaque jour plus affaibli, abandonne la Grande-Bretagne pourtant menacée par les invasions sanguinaires des Saxons.
D'après les romances médiévales, le roi Arthur ou Arthur Pendragon est un seigneur breton qui aurait organisé la défense de l’île face aux envahisseurs.
Cette légende est principalement inspirée par le folklore et l'invention littéraire, et son existence historique d'Arthur n'est pas attestée.

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Cette légende sera reprise par le roi d'Angleterre Henri I (1100 - 1135) désirant rallier les Celtes de son royaume et pacifier ses nouvelles conquêtes en Pays de Galle.
L'épopée arthurienne circule alors dans tout le pays, puis en Europe.
Chrétien de Troyes y fait allusion en France en 1120 dans " Conte du Graal ".
Le roi d’Angleterre exploite donc la légende du roi Arthur pour se constituer une ascendance glorieuse.
C'est vers 1150 que la Table ronde est mentionnée pour la première fois dans Le Roman de Brut, œuvre d'un moine anglo-normand, Robert Wace (v. 1110-v.1170).
À l’époque, la chevalerie constitue un compagnonnage guerrier, marqué par certains rites d’initiation comme l’adoubement, et l'esprit de caste rejoint alors l'exaltation du mérite personnel.
Cet ordre avait pour but de mener la quête du Graal (la coupe qui a recueilli le sang du Christ après la crucifixion) et d'assurer la paix du royaume.

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C'est grâce à Merlin que le roi Arthur est au cœur de la plus brillante chevalerie.
Utilisant ses dons d'enchanteur et de magicien, il eut révélé à Arthur la nécessité de créer une assemblée faite des chevaliers les plus preux afin de retrouver le Graal.

La légende du Saint Graal apparaît pour la première fois à la fin du XIIe siècle dans le roman de Chrétien de Troyes : Perceval ou le Conte du Graal.

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Le mot Graal est un nom commun, employé, semble-t-il, dans l'Est de la France pour désigner des ustensiles domestiques : vase, mortier ou écuelle.
Au XIIIe siècle, le Graal devient la coupe qui a servi à l’Eucharistie, et qui a recueilli le sang du Christ sur la Croix.
Ce sera la version la plus largement diffusée en France et en Angleterre, notamment à travers les grandes compilations du cycle du Graal.
Mais d’où vient la table ?

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Selon le témoignage d'un autre moine anglo-saxon, Layamon, auteur lui aussi d'un Roman de Brut à la fin du XIIe siècle, raconte que le roi Arthur, effrayé par une querelle sanglante de préséance entre plusieurs chevaliers, se rendit en Cornouailles pour commander une "table ronde" de mille six cents places.

Ainsi, plus personne ne pourra se sentir relégué au second plan.
À la table ronde, un siège était toujours laissé inoccupé, car il était réservé au chevalier qui trouverait le Graal.

28 août 2013

Nature.*

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Afin de maîtriser l’impact environnemental de l’activité d’un parc, le Puy du Fou a développé une véritable démarche de sensibilisation auprès de ses visiteurs.

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Des oliviers du stadium Gallo-romain aux buis taillés du Grand carrousel, de la roseraie à la vallée Fleurie, la nature accompagne les visiteurs lors de leur voyage dans le temps.

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Des jardiniers et des paysagistes travaillent toute l’année à la préservation, l’entretien et l’élagage des 130 espèces d’arbres présents dans la forêt de 55 hectares du puy du Fou, des 250 sortes de plantes sauvages, des 5 000 pieds de rosiers de 85 espèces différentes et des 20 espèces de plantes aromatiques et médicinales.

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Les visiteurs sont informés grâce à une signalétique sur les espèces rares, les plantes sauvages, les plantes médicinales et les différentes variétés de légumes dans les potagers du village XVIIIe et de la cité Médiévale.

Aucun insecticide chimique n’est utilisé et le compost est aujourd’hui l’unique engrais

25 novembre 2013

Spica

Les rois furent guidés par une étoile se levant à l'est.
L'étoile Spica (Al Zimach en arabe, ou Tsemech en hébreu, signifiant "de la branche de David").

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En l'an 2 av.-J.-C., cette étoile se lève exactement à l'est le jour de l'équinoxe de printemps.
Premier mystère, Jésus serait-il né au printemps ?

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La naissance de Jésus est fêtée le 25 décembre à Noël, ce n'est pas une date anniversaire, mais plutôt un événement d'où le peu d'importance de la date. 
Fixée dans l'Occident latin au IVe siècle, possiblement en 354, pour coïncider avec la fête romaine du SOL INVICTUS célébrée à cette date à l'instar de la naissance du dieu MITHRA, né un 25 décembre ; le choix de cette fête permettait une assimilation de la venue du Christ - "Soleil de justice" - à la remontée du soleil après le solstice d'hivers.

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 Avant, la Nativité était fêtée le 6 janvier (actuellement fête des rois mages ou épiphanie), l'église arménienne la fête ce jour-là.

D'après certains théologiens, ce serait plus la date de son baptême confondue avec sa naissance. 
Le pape LIBÉRÉ en 354 aurait institué la fête de la Nativité à Rome le 25 décembre.

3 mars 2014

Les Fées.*

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Les fées sont des êtres imaginaires, de sexe féminin, douées d’un pouvoir surnaturel et intervenant pour le bien ou pour le mal dans la vie des hommes.
Ce sont des femmes remarquables par la grâce, l’esprit, la bonté, l’habilité.
Les bonnes fées, personnes qui procurent à quelqu'un, soulagement, amélioration, bien-être comme par magie.

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Les fées semblent bien appartenir au monde celtique.
C’est dans les cycles d’Arthur et de la Table ronde qu’apparaissent Mélusine, Viviane, Morgane.

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Sous l’influence des croyances chrétiennes, les fées, en dépit de leur origine païenne, se christianisent plus ou moins.
On les voit recommander aux chevaliers le respect des observances de l’Église.
Les croyances se rapportant à elles, ont duré de longs siècles.

14 juillet 2025

L'ascension de Clovis !

Ce document explore l'ascension de Clovis, roi des Francs, et son rôle crucial dans la formation du royaume franc à la fin du Vᵉ siècle.

Nous examinerons ses conquêtes, sa conversion au christianisme et l'établissement de la dynastie mérovingienne, marquant ainsi le début de l'histoire de la France médiévale.

En 476, l’Empire romain d'Occident s'effondre, laissant un vide politique en Gaule.

Cette période marque la fin de l'Antiquité et le début du Moyen Âge en Europe occidentale.

La disparition de l'autorité romaine ouvre la voie à de nouveaux acteurs politiques.

Cette ancienne province romaine devient alors un territoire convoité par différents peuples barbares.

Parmi eux, on trouve les Wisigoths, les Burgondes, les Alamans et les Francs.

Chacun de ces peuples apporte ses propres coutumes, lois et traditions, créant une mosaïque culturelle complexe sur le territoire gaulois.

Les Francs, un peuple germanique originaire des régions du Rhin inférieur, s'établissent progressivement dans le nord de la Gaule.

Ils occupent principalement les territoires qui forment aujourd'hui la Belgique et le nord de la France.

Cette région, connue sous le nom de Toxandrie, devient le cœur du futur royaume franc.

Contrairement à d'autres peuples barbares, les Francs entretiennent des relations relativement bonnes avec les Gallo-Romains.

Ils servent souvent comme auxiliaires dans l'armée romaine et adoptent certains aspects de la culture romaine, tout en conservant leurs propres traditions germaniques.

En 481, Clovis, fils de Childéric Ier, devient roi des Francs saliens à l'âge de 15 ans.

Jeune, ambitieux, il hérite d'un petit royaume centré autour de Tournai et entreprend rapidement d'étendre son royaume au-delà des frontières traditionnelles des Francs.

Clovis se distingue rapidement comme un chef militaire talentueux et un stratège politique habile.

Il élimine systématiquement ses rivaux, y compris des membres de sa propre famille, pour consolider son pouvoir.

Clovis lance une série de campagnes militaires visant à conquérir les territoires au nord de la Loire.

Ces conquêtes ne sont pas seulement motivées par la volonté d'agrandir son royaume, mais aussi par le désir d'unifier les différentes tribus franques sous son autorité, posant de ce fait, les bases d'un royaume franc fort et centralisé.

Clovis lance une ambitieuse campagne de conquête des régions situées au nord de la Loire.

La première étape majeure de cette conquête est la victoire sur Syagrius en 486.

Syagrius (430-487), surnommé le "roi des Romains", était le dernier représentant de l'autorité romaine en Gaule.

En le défaisant, Clovis élimine le dernier vestige de l’Empire romain et s'impose comme le nouveau maître de la région.

Cette victoire marque le début de l'hégémonie franque en Gaule du Nord.

En 496, Clovis affronte les Alamans lors de la célèbre bataille de Tolbiac.

Les Alamans, un peuple germanique installé dans la région du Rhin supérieur, représentent une menace pour l'expansion franque vers l'est.

La bataille est féroce et son issue incertaine.

Selon la légende, c'est pendant cette bataille que Clovis aurait fait vœu de se convertir au christianisme s'il remportait la victoire.

Finalement, les Francs écrasent les Alamans, consolidant ainsi leur domination sur une grande partie de la Gaule du Nord et ouvrant la voie à une expansion vers l'est.

Avant sa conversion, Clovis est un païen, comme la plupart des Francs.

Il vénère les dieux germaniques traditionnels, tels que Wotan (Odin) et Donar (Thor).

Cette religion polythéiste est profondément ancrée dans la culture franque et joue un rôle important dans la vie quotidienne et les pratiques guerrières.

Cependant, Clovis comprend que pour triompher des autres tribus et unifier la Gaule, il a besoin du soutien de l'Église catholique.

L'Église, déjà une institution puissante en Gaule, avec un réseau d'évêques influents et une population gallo-romaine majoritairement chrétienne, voit en Clovis un protecteur contre les autres peuples barbares, souvent ariens.

Clotilde (474-545), l'épouse de Clovis, joue un rôle crucial dans sa conversion au christianisme.

Princesse burgonde et chrétienne fervente, elle travaille patiemment à convaincre son mari des mérites de sa foi.

Malgré la résistance initiale de Clovis, l'influence de Clotilde s'avère déterminante.

Elle arrange le baptême de leurs enfants et continue à plaider en faveur du christianisme, préparant ainsi le terrain pour la conversion de Clovis.

La conversion de Clovis au christianisme est un tournant majeur dans l'histoire de la France et la Gaule.

Après sa victoire à Tolbiac, fidèle à son vœu, Clovis décide de se faire baptiser.

Cet événement a lieu à Reims, probablement à Noël 496, bien que la date exacte soit sujette à débat parmi les historiens.

Cette cérémonie est empreinte d'une grande solennité et marque symboliquement la naissance du royaume franc chrétien.

Selon la tradition, Saint-Rémi (437-533) aurait prononcé ces mots célèbres :

"Courbe la tête, fier Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré."

La conversion de Clovis au catholicisme, plutôt qu'à l'arianisme adopté par d'autres rois barbares, lui assure le soutien de l'Église catholique.

Cette alliance stratégique renforce considérablement sa position politique.

Les évêques catholiques, qui conservent une grande influence dans les villes gallo-romaines, deviennent des alliés précieux pour Clovis.

Grâce à ce soutien ecclésiastique, Clovis peut légitimer ses conquêtes comme une mission divine pour unifier la Gaule sous la bannière du catholicisme.

Cette alliance entre le pouvoir royal franc et l'Église catholique posera les bases de la future monarchie française et de son concept de roi très chrétien.

Fort de son alliance avec l'Église, Clovis entreprend une campagne militaire contre les Wisigoths, qui occupent le sud de la Gaule.

Les Wisigoths sont un peuple germanique arien qui occupait l'Aquitaine et une grande partie de l'Hispanie.

Ils sont adeptes de l'arianisme et sont considérés comme hérétiques par l'Église catholique.

Clovis présente donc son offensive comme une guerre sainte contre l'hérésie.

En 507, Clovis affronte les Wisigoths lors de la bataille décisive de Vouillé, près de Poitiers.

Grâce à sa supériorité tactique et au soutien de la population gallo-romaine catholique, Clovis remporte une victoire écrasante.

Le roi wisigoth Alaric II (484-507) est tué au combat, et les Wisigoths sont chassés de la majeure partie de la Gaule, se repliant en Espagne.

Après sa victoire sur les Wisigoths, Clovis devient le maître incontesté de la plus grande partie de la Gaule.

Son royaume s'étend désormais des Pyrénées au Rhin, englobant la majorité du territoire de la France actuelle.

Cette unification territoriale sous l'autorité franque pose les bases du futur royaume de France.

Clovis établit sa capitale à Paris, une position stratégique au cœur de son royaume.

Il entreprend de consolider son pouvoir en mettant en place une administration centralisée, en promulguant des lois (comme la loi salique) et en favorisant l'intégration entre Francs et Gallo-Romains, posant ainsi les bases de la future monarchie française.

Son règne marque ainsi le début d'une nouvelle ère politique et culturelle en Gaule.

À sa mort en 511, Clovis laisse un royaume unifié et puissant.

Considéré comme le fondateur de la dynastie mérovingienne, qui tire son nom de Mérovée, (son grand-père légendaire) Clovis régnera sur la Gaule jusqu'au VIIIe siècle.

Son règne marque la transition entre l'Antiquité tardive et le début du Moyen Âge en Europe occidentale.

L'héritage de Clovis est considérable : unification des Francs, alliance avec l'Église catholique et création d'un royaume qui préfigure la France moderne.

Cependant, la pratique du partage du royaume entre les héritiers, instaurée par Clovis, conduira à des divisions et des conflits qui affaibliront progressivement le pouvoir royal mérovingien.

Bien que son royaume ne soit pas encore la France telle que nous la connaissons aujourd'hui, ses actions ont jeté les bases de ce qui deviendra la nation française.

L'unification territoriale, l'alliance avec l'Église catholique et la fusion des cultures franque et gallo-romaine sont autant d'éléments qui font de Clovis une figure fondatrice.

Son royaume sera divisé après sa mort, mais l'idéal d'unité qu'il a incarné restera une aspiration constante dans l'histoire de France.

C'est pourquoi Clovis est souvent considéré, à juste titre, comme le "père de la France".

 

18 janvier 2016

Féodalité dans la région du Haut Bocage (1)

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Que fut la Féodalité dans la région du Haut Bocage.
Période de grande transformation après la chute de l'Empire Romain, succombant sous les coups de boutoirs de nouveaux peuples venus de la lointaine Asie Mineure, du Caucase et des Pays Nordiques.
Pendant l'occupation romaine, Agrippa avait créé des camps retranchés où il plaça des garnisons, à Pouzauges, Saint-Michel-Mont-Mercure, Tiffauges, Mallièvre, Mortagne, Durinum, actuellement Saint-Georges-de-Montaigu.
Ces camps eux-mêmes étaient reliés par des chaussées et furent plus tard occupés par des tribus Barbares.
Ces camps qui par la suite de l'abandon progressif de la colonisation romaine, avaient lors des invasions de la fin du 3ᵉ siècle et début du 4ᵉ été utilisés par les populations qui à leur tour s'y retranchèrent.
Ils y creusèrent d'abord un souterrain-refuge, qui fut le premier système défensif de l'époque, comme ce fut le cas à Tiffauges, à Mallièvre, aux Châtelliers.
Plus tard, on les entoura de fossés et on dressa des palissades faites de pieux entrelacés, de branchages, colmatés de terre glaise, hérissées de piques pointues.
Ce furent les ancêtres des châteaux du Moyen Âge.

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Vers l'an 500 paraît Clovis, élevé à la dignité royale par ses tribus Franques, venues d'Outre-Rhin.
Il était le descendant de Sigebert roi des Francs, lui-même un des quinze chefs des tribus Franques, fils d'Odin, le Dieu Germain.
Venu du pays des Tartares, il est fondateur du peuple Mérovingien, conquérant deux siècles avant Jésus-Christ de la Suède, de la Lituanie et de la Germanie.
Déjà établi au nord de la Loire, Clovis battit en l'an 507 Alaric, roi des Visigoths à Vouillé et s'empara de ses possessions.
La terre des Poitevins entrait dans le royaume des Francs.
Pendant trois siècles de la grande histoire "Mérovingienne" d'abord et ensuite "Carolingienne", le Poitou connut les destins mouvementés et les maîtres changeants de la région d'Aquitaine.
Enlevée à ses Ducs par Pépin-le-Bref et érigée par Charlemagne en royaume, à l'avantage de son fils aîné Louis-le-Débonnaire, devenu empereur en 814, il aurait connu sous ces derniers princes des jours particulièrement prospères.

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Mais c'est alors que de nouveaux Barbares parurent qui furent les Normands.
Provenant des régions lointaines de la Scandinavie et portés sur leurs barques légères, les drakkars, aux têtes de proue, figurant des animaux fantastiques qui effrayaient les populations.
Ils défiaient avec eux la fureur des ouragans, dès 820, les Vikings, appelés plus tard les Normands, avaient attaqué l'île de Bouin, sur les côtes vendéennes.
Dès 830 et pour leur résister plus efficacement, Louis-le-Débonnaire a érigé en Comté le vieux Pagus (pays) d'Herbauges en détachant du Poitou enserré entre l'Atlantique, la Loire, et les deux rivières du Layon au nord, du Lay au sud Coïncidence.
Curieuse, ce sera exactement ce même contour de pays qui délimitera, une dizaine de siècles plus tard, la Vendée Militaire.
Mais en 830, les pirates attaquent pourtant Noirmoutier.
En 835, le valeureux comte Renaud, mis à la tète du Comté d'Herbauges par Louis-le-Débonnaire, réussit à les battre.
Mais deux ans plus tard, ils débarquent à nouveau dans l'Ile.

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Le 24 juin 843, remontant la Loire, ils atteignent Nantes et l'Evêque de Nantes, Saint-Gohard périt massacré par eux dans sa cathédrale.
Le danger devenait imminent en tous lieux, en territoire d'Herbauges.
En 846, remontant la Boulogne, navigable à cette époque, les Vikings venaient à nouveau y porter l'incendie et le pillage.
Ils remontèrent aussi la Maine, dévastèrent l'antique Cité Romaine de Durivum (St-Georges-de-Montaigu), incendièrent Saint-Pierre-de-Paillers en Beaurepaire, ainsi que les anciens établissements gallo-romains construits sur l'actuel emplacement des Herbiers.

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C'est alors que les malheureuses populations établirent ou fortifièrent leurs "châtelliers".
Elles en firent des camps retranchés où les habitants pouvaient se réfugier.
Puis plus tard des retranchements, des fortifications.
Ils y élevèrent au centre les premiers donjons de bois, sur une motte entourée d'un fossé profond.

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29 novembre 2023

Les moulins

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C'est à partir du 11ème siècle que s'installent doucement les moulins à vent en France.
Il est admis que ceux-ci auraient été introduits par les croisés revenant de Terre Sainte, comme tout ce qui venait de la Méditerranée orientale.
Ils furent baptisés "Moulins-turquois".
Si mettre en route un moulin à eau ne présente guère de difficultés, il en va tout autrement quand il faut amener les ailes à la prise du vent.
Plusieurs types de moulins ont été conçus.
Le "Moulin Pivot" se rencontre dans le Nord.

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Le "Moulin Sarrazin" ou "Moulin à Cavier" est lui essentiellement angevin.
Le corps de ces moulins est tout en bois et scellé dans une base en maçonnerie.
Il est orienté à l'aide de l'échelle d'accès.
En Vendée, ainsi que dans toute la partie sud de la France, on trouve le "Moulin Tour", également appelé "Moulin à Chandelier", où le corps tout entier est maçonné.
Les ailes sont supportées par une toiture conique que l'on fait pivoter au moyen de la "guivre", longue perche de bois qui descend jusqu'au sol sur un rail de bois, le "chemin", enduit de suif (graisse animale).
Dans le Marais et tout le plat pays, ces moulins possèdent plusieurs étages.
Les ailes, en croix, sont formées de deux "vergues" dans lesquelles sont enfoncés les "verrons".

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65 m² environ de grosse toile de lin étaient drapés par le meunier, attachés par des lanières.
D'autres, plus récentes, de type "Berton" (du nom de leur inventeur de la Chapelle Saint Denis) sont des ailes articulées en bois, généralement de pitchpin.
Dans les moulins de quelque importance, le "farinier" était aidé par un "Chasseron" qui faisait le transport des "pochées" de grains ou de farine.
Une fois remplis, les sacs étaient presque aussi hauts qu'un homme.
Les sacs étaient marqués vers leur ouverture d'un triangle noir ou rouge, ou bien d'un cœur de même nuance ou encore d'une croix faite de fils de couleurs vives.
C'était autant de marques de propriété.

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Les activités artisanales du meunier étaient nombreuses et variées.
Effectuer les petites réparations d'entretien, et, périodiquement, mettre le moulin en chômage pour procéder au repiquage des meules.
Refaire leurs stries rayonnantes abîmées par l'usage, avant qu'elles n'aplatissent le grain au lieu de le moudre en farine.
Ce repiquage, au marteau de moulin coupant de chaque bout, demandait de la patience et de l'adresse pour conserver la bonne forme de surface des meules.
Légèrement bombée pour la "dormante" ou "gisante" et creuse pour la "tournante".

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Le moulin étant en action, il lui fallait ne pas se laisser endormir par le tic-tac régulier du babillard et ne pas oublier d'approvisionner en grains la trémie d'alimentation.
Il est vrai qu'un dispositif aussi simple qu'ingénieux fait sonner une clochette avant que la trémie ne soit vide.
Surveiller et régler le blutoir afin que le blutage entre farine et son soit correct.
Ensacher et peser les produits de la mouture.
Tenir les cahiers de comptes à jour de toutes opérations.
Nettoyer et graisser toutes les parties mécaniques en contact de frottement.
Enfin, il devait constamment veiller à la bonne orientation de la voilure et au réglage de sa surface, en fonction de la direction et de la puissance du vent.
Cette surveillance constante du temps, la connaissance des vents, l'observation des nuages, des variations de température, faisaient de ces meuniers de très bons météorologistes.

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1 août 2025

Comprendre le "Bal des Oiseaux Fantômes".

Le Bal des Oiseaux Fantômes

Bienvenue dans l'univers envoûtant du "Bal des Oiseaux Fantômes", l'un des spectacles les plus emblématiques du Puy du Fou.

Depuis sa création en 1998, ce ballet aérien extraordinaire émerveille plus de 3 500 spectateurs par représentation, combinant avec maestria l'art ancestral de la fauconnerie, les richesses de l'histoire médiévale et des prouesses techniques à couper le souffle.

Laissez-vous transporter dans un monde dans lequel les rapaces deviennent les messagers d'une époque révolue, où la magie de l'instant présent se mêle aux échos du passé.

L'Histoire et la Mise en Scène

Le Bal des Oiseaux Fantômes se déroule dans un cadre somptueux : les ruines mystérieuses du vieux château fort médiéval.

Le récit s'articule autour de deux personnages principaux : la Princesse Aliénor et son amie d'enfance Éloïse.

Lorsque cette dernière revient au château après une longue absence, elle réveille les souvenirs endormis de la princesse.

C'est alors que la magie opère.

Les souvenirs prennent vie sous la forme d'oiseaux fantastiques qui émergent des pierres ancestrales.

Rapaces, symboles de noblesse et de liberté au Moyen Âge, entament un ballet aérien chorégraphié avec une précision remarquable.

La mise en scène habile alterne entre moments de poésie pure et séquences spectaculaires, créant une narration fluide qui captive les spectateurs de tous âges.

Les costumes d'époque soigneusement conçus, les décors authentiques et les effets spéciaux discrets, mais efficaces transportent le public dans un voyage temporel inoubliable.

Le château lui-même devient un personnage à part entière, témoin silencieux d'une histoire d'amitié qui transcende le temps.

Une Expérience Sensorielle Unique

Proximité Saisissante

Les oiseaux de proie frôlent le public à quelques centimètres seulement, créant une intimité rare entre l'homme et l'animal.

Certains spectateurs ressentent même la caresse légère d'une plume effleurant leur tête, moment de connexion privilégié qui suscite émerveillement et frissons.

Immersion Sonore

La bande sonore orchestrale, comprenant des morceaux du célèbre compositeur Thomas J. Bergersen, enveloppe l'arène dans une ambiance mystique.

Les mélodies épiques accompagnent parfaitement les mouvements gracieux des oiseaux, renforçant l'impact émotionnel de chaque séquence.

Stimulation Visuelle

Le ballet aérien offre un spectacle visuel d'une rare beauté, avec des formations changeantes et des figures aériennes complexes.

Les jeux de lumière naturelle à travers les plumes des oiseaux créent des tableaux vivants qui évoluent constamment sous les yeux émerveillés des spectateurs.

Cette symphonie multi-sensorielle constitue l'une des signatures du spectacle.

Plutôt que de simplement observer, le public vit une expérience immersive où tous les sens sont sollicités.

Les battements d'ailes, les cris des rapaces et même les subtiles variations de température créées par le passage des oiseaux contribuent à cette sensation d'être au cœur même de l'action.

Chiffres Clés et Diversité Animale

La diversité des espèces présentées constitue l'une des richesses majeures du spectacle.

On y découvre des aigles majestueux aux envergures impressionnantes, des faucons agiles capables de plongées à plus de 300 km/h, des chouettes silencieuses aux vols feutrés, des vautours imposants, des cigognes élégantes et même des marabouts exotiques.

Cette variété permet d'illustrer différentes techniques de vol et de chasse, transformant le spectacle en véritable leçon de biodiversité.

Les oiseaux proviennent de tous les continents, certaines espèces étant rares ou menacées dans leur habitat naturel.

Le Puy du Fou participe ainsi à des programmes de conservation et contribue à sensibiliser le public aux enjeux de protection de ces espèces emblématiques.

Chaque représentation devient ainsi non seulement un divertissement, mais aussi une occasion de médiation scientifique.

Temps Forts et Moments Marquants

Les moments les plus captivants du spectacle sont minutieusement chorégraphiés pour créer un crescendo émotionnel qui culmine avec le final époustouflant.

La coordination entre les fauconniers, les acteurs et les équipes techniques relèvent d'une précision quasi militaire pour garantir la fluidité et la sécurité de chaque représentation.

Les transitions entre ces différents tableaux sont aussi importantes que les moments forts eux-mêmes.

Elles permettent de maintenir le rythme narratif tout en offrant aux spectateurs le temps d'assimiler les émotions suscitées par chaque séquence.

L'alternance entre moments spectaculaires et instants plus intimes crée une dynamique qui maintient l'attention du public du début à la fin.

Les Maîtres Fauconniers et leur Savoir-faire

Au cœur de la réussite du Bal des Oiseaux Fantômes se trouvent des fauconniers passionnés qui consacrent leur vie à ces rapaces exceptionnels.

Leur expertise va bien au-delà d'un simple "dressage".

Il s'agit d'une véritable relation de confiance et de respect mutuel construite jour après jour.

Formation Intensive

Les fauconniers suivent une formation rigoureuse qui combine connaissances théoriques sur l'ornithologie et apprentissage pratique auprès de maîtres expérimentés.

Ils apprennent à reconnaître les besoins spécifiques de chaque espèce et les subtilités comportementales des rapaces.

Entraînement Quotidien

Dès leur plus jeune âge, les oiseaux sont habitués à la présence humaine et familiarisés avec les routines du spectacle.

L'entraînement repose sur le renforcement positif et l'établissement d'une relation privilégiée entre l'oiseau et son fauconnier attitré.

Soins Spécialisés

Une équipe vétérinaire dédiée surveille la santé des oiseaux, avec des contrôles réguliers et une alimentation adaptée.

Les installations d'hébergement sont conçues pour respecter les besoins naturels de chaque espèce.

Transmission du Savoir

La visite des coulisses "Voyage au Cœur de la Fauconnerie" (payante et sur réservation) permet au public de découvrir les secrets de cet art ancestral et de comprendre le travail minutieux réalisé en amont du spectacle.

Cette expertise unique fait du Puy du Fou l'un des centres de fauconnerie les plus réputés au monde.

Les techniques développées ici ont influencé d'autres spectacles internationaux et contribuent à la préservation d'un patrimoine culturel immatériel reconnu par l'UNESCO.

Innovations : Liberté, Sécurité et Technologies

Liberté Contrôlée

Contrairement à de nombreux spectacles animaliers, les oiseaux du Bal des Oiseaux Fantômes évoluent en totale liberté.

Cette approche respectueuse exige une maîtrise technique exceptionnelle et une connaissance approfondie du comportement de chaque espèce pour assurer leur retour volontaire.

Machinerie Sophistiquée

Des systèmes mécaniques complexes permettent l'apparition et la disparition des oiseaux à des moments précis, créant des effets de surprise qui rythment le spectacle.

Ces installations sont conçues pour garantir la sécurité des animaux tout en maximisant l'impact visuel.

Accessibilité Numérique

Une application dédiée propose l'audiodescription et des traductions en cinq langues (anglais, allemand, espagnol, néerlandais et italien), rendant le spectacle accessible à un public international et aux personnes malvoyantes.

En coulisses, une organisation millimétrée coordonne les interventions des différents acteurs du spectacle.

Des systèmes de communication sophistiqués permettent aux fauconniers de synchroniser leurs actions, tandis que des capteurs environnementaux surveillent les conditions météorologiques qui pourraient affecter le comportement des oiseaux.

L'innovation constante est l'une des clés du succès durable du spectacle.

Chaque saison apporte son lot d'améliorations techniques et artistiques, maintenant l'intérêt même des visiteurs réguliers qui redécouvrent le spectacle sous un nouveau jour.

Un Spectacle Inoubliable et International

Impact Émotionnel

Le Bal des Oiseaux Fantômes crée un lien affectif puissant avec les spectateurs, qui conservent souvent ce moment comme l'un des souvenirs les plus marquants de leur visite au Puy du Fou.

L'émotion ressentie transcende les barrières linguistiques et culturelles.

Reconnaissance Internationale

Le spectacle a reçu de nombreuses distinctions dans l'industrie du divertissement pour son originalité conceptuelle et sa qualité technique.

Des professionnels du monde entier viennent étudier cette réussite pour s'en inspirer.

Rayonnement Culturel

En mêlant histoire médiévale, art de la fauconnerie et innovations contemporaines, le Bal des Oiseaux Fantômes contribue au rayonnement culturel français à l'international et attire des visiteurs de tous horizons.

Engagement Écologique

Au-delà du spectacle, le Puy du Fou participe à des programmes de réintroduction d'espèces menacées dans leur milieu naturel, transformant le divertissement en vecteur de sensibilisation environnementale.

Le succès du Bal des Oiseaux Fantômes réside dans sa capacité à toucher profondément les spectateurs tout en leur offrant un moment de pur émerveillement.

Cette alchimie rare entre émotion authentique et prouesse technique en fait bien plus qu'un simple spectacle : une expérience qui change notre regard sur le monde animal et notre rapport au patrimoine historique.

Vingt-cinq ans après sa fondation, le "Bal des Oiseaux Fantômes" ne cesse de s'améliorer tout en conservant son essence magique, témoignage de sa vision novatrice et de sa capacité à réinventer en permanence l'art du spectacle vivant.

 

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