Puystory
Google Translate
Newsletter
Retrouvez les articles sur :
12 août 2019

Histoire, légende et Naufrage de la Pérouse.*

Frégates_Astrolabe_et_Boussole_vers_1786_pendant_l'expedition_La_Perouse

Le Mystère de La Pérouse au Puy du Fou est un "spectacle" où le visiteur pénètre dans les entrailles de la "Boussole", mais aussi revit sa fin tragique en 1788 au large de Vanikoro ayant comme fil conducteur une assiette ayant appartenu à Georges Augustin de Monti.
Que devenons-nous retenir de cette "expérience" et de ce mystère qu'est "l'expédition" de La Pérouse ?
De l'histoire, nous connaissons le parcours effectué par la "Boussole" et l'"Astrolabe".

PUY_2462

Commandée par Jean-François de La Pérouse (1741-1788),"La Boussole" (1785) est une gabare de 550 tonneaux construite à Bayonne en 1781-1782 sous le nom de "Portefaix".
Mais pour les besoins de l'expédition, elle sera renommée et armée en frégate en 1785, avec un effectif de 110 hommes.
Avec son capitaine Paul Fleuriot de Langle (1744-1787),"L’Astrolabe" (1785) est une gabare de 450 tonneaux construite au Havre en 1781 sous le nom "d'Autruche". 
Aussi, pour les besoins de l'expédition, elle sera renommée et armée en frégate en 1785, avec un effectif de 110 hommes.
Une gabare est un bateau traditionnel destiné au transport de marchandise.

PUY_3280

Au niveau du matériel, la boussole donne principalement le Nord, et l'astrolabe donnait la latitude..et avec les progrès de l'horlogerie, on sait (à l'époque) mieux déterminer la longitude.
Mais pourquoi une expédition alors qu'un bon nombre de gravures existaient et provenaient du marin britannique et explorateur James Cook ?
Louis XVI confiera à "La Pérouse" (réplique française de Cook) une expédition qui devra être "supérieure" à celle du Britannique, mais sans pourvoir à la violence envers les populations locales rencontrées.

PUY_7989

Pour ce faire, 5 mois de préparation seront nécessaires…
Le but principal était de trouver de nouvelles voies de communication et pour y parvenir, le Roi avait réalisé une carte centrée sur le Pacifique reprenant les routes empruntées par les navigateurs depuis 250 ans en partant de Magellan (1480-1521) à Cook (1728-1779) en passant par Bougainville (1729-1811).
Et c'est le 1er août 1785 que le départ d'un voyage de 4 ans sera donné pour les 220 hommes (dont une vingtaine de scientifiques) afin de découvrir le monde.

PUY_4228

Durant cette toute première expédition si lointaine, La Pérouse fera de nombreuses découvertes : cartographie des îles polynésiennes, découverte des îles Fidji, de nombreuses observations astronomiques et biologiques.
Mais revenons un instant sur le changement de nom de ces navires, était-il signe de perdition ?
Il existe une légende, une superstition venant des traditions antiques !
Les bateaux malchanceux sont généralement ceux qui ont défié les dieux de la mer.
Bien sûr, tout le monde a entendu parler de la légendaire Neptune, le Big Kahuna qui contrôle les océans et les mers, mais il ne faut pas oublier Nereus, Proteus, Glaucus et Phorkys et les dirigeants des vents Neptune connaît personnellement chaque navire énuméré dans son livre, et il se met en colère quand les humains ordinaires le déshonorent en changeant le nom.
Bon nombre de bateaux subiront la colère de "Neptune".

PUY_2461

Faut-il se soucier du changement de nom d'un bateau pour se garantir une belle croisière ?
La question reste posée.
Mais revenons à notre sujet.
Plusieurs événements tragiques seront subis par l'équipage.
En Alaska, la perte de deux chaloupes et de 21 marins.
Aux Îles Samoa, le commandant de l'Astrolabe et 2 autres officiers furent tués et il en suivra le massacre de Tutuila.
Et finalement le naufrage de la "Boussole" et de l'"Astrolabe".
"A-t-on des nouvelles de La Pérouse ?", demandait Louis XVI à la veille de son exécution. 
Depuis 200 ans, un bon nombre d'expéditions seront menées afin de retrouver les trésors des sciences découverts par La Pérouse et aussi les raisons du naufrage de ces deux vaisseaux.

640_astrolabe

Parti en 1785, il n’a plus donné signe de vie après 1788, date à laquelle il a pu expédier son dernier courrier.
Ce naufrage fera l'objet de nombreuses recherches dans le but de retrouver les trésors des sciences découverts par La Pérouse.

En 1791, l’Assemblée constituante a voté les crédits d’une expédition de recherche qui restera infructueuse.
En 1826 : L'épave de "L'Astrolabe" est retrouvée par le capitaine Dillon.
De 1962 à 1964 : la localisation de la seconde épave, celle de La Boussole, bateau de La Pérouse avec les recherches menées notamment par Reece Discombe et l’amiral Brossard.
De 1981 à 2008, l’association Salomon de Nouméa, présidée par Alain Conan, réalisera huit expéditions de plus en plus importantes.
2005 : identification formelle des épaves.

PUY_9553_06258
Depuis 2005, le Musée Maritime conserve et gère plus de 4 200 objets provenant des campagnes de fouilles.
Pourquoi une assiette et des couverts ?
Dans les années 1990, Alain Conan, président de l’association Salomon, plongeur et explorateur des épaves de l’expédition La Pérouse dans les eaux du Vanikoro (îles Salomon), est venu en Vendée, rencontrer la famille de Monti au château du Fief-Milon (près du Puy du Fou), berceau du second de La Pérouse.

PUY_9470_06186

Les armes de la chevalière du maître de maison étaient les mêmes que celles gravées sur une fourchette retrouvée dans les vestiges de La Boussole.
Augustin de Monti (1753-1788), officier de la Royale, avait embarqué sa vaisselle en expédition.
Alain Conan est venu, deux siècles plus tard, raconter les derniers instants de son célèbre ancêtre au châtelain de Vendée, qui a confié une assiette au Puy du Fou, "fil rouge" de nouveau spectacle.
Le voyage de La Pérouse est une référence.
Sa fin a marqué la mémoire collective avec sa part tragique et inconnue.

17 juin 2019

Plongeons dans l'histoire de la Pérouse.*

PUY_0027

À l'ombre de la forêt du Puy du Fou, on pénètre dans un relais de chasse du XVIIIᵉ siècle.

IMG_4317_07469

Au-dessus de la cheminée de la bibliothèque trône l'assiette du lieutenant de vaisseau Augustin de Monti (1753-1788).
Un petit garçon questionne son grand-père sur un couvert dressé en permanence sur la table de famille.
Ce couvert attend toujours le retour de leur ancêtre, Augustin de Monti, parti sur les mers avec Jean-François de La Pérouse (1741-1788) pour une expédition sans retour.

PUY_1572_06438

L'atmosphère intimiste du relais de chasse nous guide d'une pièce à une autre pour nous mener bientôt sur le spectaculaire quai du port de Brest.
Dans les couloirs, on remonte le temps jusqu'en 1785 où l'on s'apprête à monter à bord de "La Boussole".

PUY_9328

Au moment d'embarquer, savants et scientifiques se confrontent aux officiers de marine.
Ces derniers protestent contre le chargement d'outils scientifiques, tous plus volumineux les uns que les autres, tandis que les savants exigent que la mission souhaitée par le roi en personne conserve sa vocation scientifique.
Les futurs marins franchissent la passerelle d'accès et pénètrent dans la cabine des officiers, où les scientifiques et officiers sont conviés à un repas avant de partir en mer.

PUY_3299

À mesure qu'ils s'enfoncent dans les entrailles du navire, on découvre les secrets du vaisseau et nous plonge dans la vie, l'ambiance et l'environnement de ces marins de l'extrême.
Insensiblement, on devient moussaillons prenant le large.
Le navire se met à tanguer et nous voici en route pour les mers inconnues.

PUY_9308_06038

On traverse la cabine de La Pérouse, puis celle des savants qui ont amassé toutes sortes de découvertes botaniques ou animales.
Et voilà le Cap Horn, ensuite l'Île de Pâques, et bientôt l'Alaska.

PUY_2960_06800

Au fil du périple dans les entrailles du vaisseau, le décor prend parfois une dimension verticale sur plusieurs étages.
On explore l'entrepont, enchâssé entre le pont supérieur et le pont inférieur du navire.
L'illusion d'être au cœur même de l'action est totale dans ce décor visuel et sonore en trois dimensions.

PUY_1701_06550

À bord du vaisseau, on participe aux grandes découvertes, du Cap Horn à l'Alaska, jusqu'à Vanikoro... En essuyant les plus redoutables tempêtes !
Alors que les premières explorations suscitaient l'enthousiasme de l'équipage, les succès précèdent les déboires.

PUY_1762

Vanikoro apparaît enfin, ultime étape du voyage.
Les marins se plaignent de n'avoir plus rien à se mettre sous la dent.
Et la tempête saisit bientôt la frégate ballottée par les flots redoutables.
Les paquets de mer inondent littéralement la cabine.

PUY_4285

Les marins tentent de se frayer un passage dans ce déluge dont on pressent l'issue fatale.
La coque ne résistera pas longtemps aux écorchures des coraux.
Le vaisseau est emporté par le fond, c'est le naufrage.

PUY_1798_06645

Nous traversons la cabine de commandement que des torrents d'écume remplissent à vue d'œil, tandis qu'on aperçoit par les hublots fissurés le fond de l'océan ...

PUY_0631

Soudain, nous sommes happés dans un tunnel d'eau et de lumière qui nous ramène à la vie, dans la bibliothèque d'Augustin de Monti où l'assiette attend toujours le retour de celui dont, pendant 200 ans, personne n'a eu de nouvelles.

PUY_9456

21 août 2019

La cloche du Puy du Fou. *

Puystory_02299

Lors de la Cinéscénie, on entend ces mots :

J’aime le geste au ciel que fait mon clocher,
j’aime l’appel des cloches qui de leurs voix pesantes demandent, en patois, de se mettre en dimanche,
j’aime la prière des cloches à l’angélus de l’aube qui féconde mes champs,
j’aime la joie des cloches aux matins de baptême,
j’aime le glas des cloches au soir de trépas, j’aime le vent des cloches qui m’annonce l’orage.
- Mais pourquoi ont-ils fait taire les cloches ?
- Leur trop long silence est devenu intolérable et la bourrasque de 1793 va déferler sur ce pays en accord d’une lugubre désespérance, ils ont proféré des blasphèmes contre la religion, ils ont proscrit les prêtres légitimes, ils ont indigné les cœurs, ils sont venus jusqu’au pignon de la ferme, ils ont réquisitionné les hommes et ils ont provoqué la révolte.

Puystory_00935

En pénétrant dans la cour du château renaissance, on remarque sur l'une des tours, une potence.
A cet endroit se trouvait la petite cloche du château.
Depuis le début de la Terreur, par ordre de la Convention, les cloches étaient descendues des clochers et envoyées à la fonderie pour en faire "des sous et des canons".

PUY_8139

La paroisse des Epesses, ne faisait pas exception.
En 1797, les habitants du bourg voulurent retrouver le son de leur clocher.
En effet, un nouveau prêtre assurait le service religieux à l'église paroissiale.

img509

Or, il restait une petite cloche oubliée au Puy du Fou, accrochée à une tour du châtelet.
Elle portait la date de 1731 et l'inscription "Madame d'Armaillé", du nom de la dernière fille de Claude Boylesve, Gabrielle.
Avec la complicité du régisseur, Gilles Lelièvre, la cloche du Puy du Fou fut montée triomphalement au clocher de la paroisse.
Les auteurs de cette bravade se réjouissaient du tour qu'ils allaient jouer ainsi aux Patriotes.

Puystory_01416

La cloche sonna bientôt à toute volée pour les offices.
Une plainte ne tarda pas à être déposée à Fontenay.
Le commissaire voisin se fit rappeler à l'ordre par le Directoire départemental :
"Il paraît, lui écrivait-on, que depuis un certain temps, une cloche sonne aux Epesses, et bien qu'habitant à Saint-­Mars-la-Réorthe, vous ne vous en êtes pas rendu compte !"
Le commissaire se précipita aux Epesses et condamna au silence la petite cloche, dont il fit "descendre la corde".
L'histoire ne dit pas si la cloche du Puy du Fou se remit à sonner en l'absence de ce commissaire à l'oreille un peu dure…  

Source : Puy du Fou

30 août 2019

Saint Martin - Premier Royaume.*

PUY_3362

Le premier livre consacré à l’histoire de Saint-Martin a été écrit de son vivant.
Quand il meurt en 397, Martin, Évêque de Tours, est déjà le saint de la Gaule Romaine.
Le catholicisme est alors protégé par les empereurs depuis 80 ans.
Martin naît à Sabaria (Hongrie actuelle) en 316 de parents païens.
Son père, de simple soldat, est devenu tribun, c'est-à-dire général.
À l'âge de 10 ans, Martin entre dans une église, s'intéresse à la foi et commence son catéchuménat.
Il songe même à aller vivre au désert.
Le général, son père, ne l'entend pas de cette oreille et met en application un édit sur l'enrôlement des fils de vétérans.
Il fait arrêter son fils par la gendarmerie qui le conduit à l'armée.
Martin fait donc son service dans la cavalerie, puis passe à la garde de l'empereur.
Il ne dépassera pas le grade de sous-officier.
Simple catéchumène (dans la tradition chrétienne, une personne qui n'est pas encore baptisée, mais qui s'instruit pour le devenir), il se comporte déjà avec humilité, servant lui-même son serviteur.
C'est en Gaule que se situe l'acte qui le symbolisera pour des siècles.
En 354, lors d'une patrouille près d'Amiens par un hiver de grand gel, il rencontre, à la porte de la ville, un pauvre mourant de froid.
N'ayant plus d'argent à lui donner, saisissant son arme qu'il portait à la ceinture, il coupa sa chlamyde (Manteau réglementaire du soldat romain) en deux, et en donna un morceau au pauvre et se rhabilla avec le reste.
Peut-être Martin en aurait-il donné la doublure, c’est-à-dire la partie chaude, gardant l’autre pour lui ?
Quelques-uns des assistants se mettent à rire, car on le trouvait ridicule avec son habit mutilé.
La nuit, Jésus apparaît à Martin revêtu du demi manteau et dit aux anges qui l'entourent : "Martin, encore catéchumène, m'a couvert de son manteau !".
Cette apparition lui semble une invitation à se rapprocher de Dieu.
La scène s’appelle "La Charité de Saint-Martin".
Et au fil du temps, cet épisode est devenu et est resté jusqu’à nos jours, le symbole du Partage.
Cette scène, popularisée par la sculpture, la peinture et le vitrail jusqu'à nos jours, nous est racontée par Sulpice Sévère, dans la Vie de Saint-Martin.
Mais en donnant son manteau, il réhabilite et élève le pauvre, il lui rend sa dignité d’homme, il lui fait revêtir pleinement son humanité.

PUY_3363

C’est aussi un signe décisif de sa vocation.
Lui qui était partagé entre ses aspirations chrétiennes et sa fonction militaire, imposée par son père dont il critiquait les principes de l’armée auxquels il était astreint.
Le froid rigoureux, on le sait, peut mener à la mort.
Se défaire de son manteau, c’était donner une part de soi, voire se donner soi-même.
Négliger sa propre personne, n’était-ce pas signe d’un amour de Dieu poussé jusqu’au mépris de soi ?
Il s’agissait d’un manteau, ou plutôt d’une cape, d’officier.
Il symbolisait le pouvoir impérial et était en quelque sorte sacré.
Le trancher en deux signifiait renoncer au commandement, à l’armée, à l’Empire.

Une autre explication s’impose : le légionnaire romain n'était propriétaire que de la moitié de son équipement.
L’autre moitié appartenant à l’état romain.
Avec ce geste, on peut y voir une action d’offrande de ses biens sans pour autant renier son appartenance à l’Empire.

Le samedi Saint de l'année 334, il est baptisé et confirmé.
Sa vie de militaire l'entraîne à voyager et en août 336, il se trouve à Worms où l'armée romaine tente de s'opposer aux invasions barbares.
Il propose à l'empereur César Julien de se porter seul à la rencontre des rangs ennemis, sans armes ni protection, hormis celle de sa foi envers le Seigneur.
Pris pour fou, il est enfermé dans une cellule.
Mais le lendemain, au lever du jour, l'ennemi se retire et envoie des messagers de paix.
Les Chrétiens voient en ce revirement de situation un miracle divin et l'empereur manifeste son trouble en libérant Martin.
En 356, quelques années après l'épisode d'Amiens, Martin obtient de quitter l'armée qu'il servait depuis 25 ans.
Il vient à Poitiers auprès du fameux Hilaire qui lutte contre l'arianisme (Doctrine professée par Arius et ses disciples qui est fondée sur la négation de la divinité de Jésus), ce qui vaut à ce dernier d'être arrêté, fouetté et envoyé en résidence surveillée en orient sur une île au large de la côte ligure pendant plusieurs années par le pouvoir impérial.
En 360, Hilaire, gracié par l'empereur,
Martin s'installe comme ermite à Ligugé, à quelques kilomètres de Poitiers.
Il reçoit le ministère d'exorciste.
Il va ensuite retrouver ses parents en Pannonie natale (ancienne région de l'Europe centrale, limitée au nord par le Danube et située à cheval sur les actuelles Autriche, Hongrie, Slovaquie, Slovénie, Croatie, Serbie et Bosnie-Herzégovine) et sa mère se convertit.
Fidèle défenseur de la foi catholique, Martin est persécuté et expulsé par les Ariens.
Il subit à nouveau des persécutions dans les environs de Milan où il a établi son ermitage.
Il va alors s'installer dans l'île de Gallinaria, sur la côte italienne.
Enfin, à la nouvelle du retour d'exil de saint Hilaire, il rentre en Poitou.
Autour de lui, à Ligugé, Martin voit se rassembler de nombreux disciples qui forment une communauté à la fois de prière monacale et d'évangélisation.
Avec eux, Martin visite les pauvres et les malades.
Martin voyage beaucoup, se portant à la tête de ses "légions de moines" détruisant les idoles et convertissant les âmes dans trois directions principales
La première Chartre - Paris - Reims et Trèves, la seconde, la Bourgogne - Lyon - Vienne et enfin la troisième avec l'Aquitaine.
Il fréquente conciles et synodes épiscopaux.
Empereurs et hauts dignitaires respectaient ou craignaient Martin non seulement en raison de ses saintes paroles, mais pour ses actes miraculeux médiatisés par ses biographes successifs que furent Sulpice Sévère ancien avocat de Bordeaux, Paulin de Périgueux, Venance Fortunat et enfin plus tard le célèbre Saint Grégoire également évêque de Tours (593 à 594).
Homme de prière, il exerce la compassion et guérit les malades, tantôt par de simples remèdes, tantôt par l'huile des malades, et, parfois, par des guérisons extra ordinaires.
Martin ressuscite même les morts.
En automne 397, Martin se rend à Candes "car les clercs de cette église se querellaient".
Après avoir rétabli la paix, il songe à revenir au monastère de Marmoutier quand les forces de son corps commencèrent tout à coup à l'abandonner.

PUY_3366

Tous pleuraient autour du mourant qui fit cette dernière prière :
"Seigneur, si je suis encore utile à ton peuple, je ne refuse pas le travail. Que ta volonté soit faite".
Il avait 81 ans.
Martin décédé, le saint corps semble avoir été l'objet de convoitises entre poitevins du monastère de Ligugé et Tourangeaux.
Une fois de plus, ce furent ces derniers qui, par ruse - d'après Saint Grégoire de Tours - le transportèrent dans une barque par la rivière Vienne puis Loire jusqu'à Tours.
Ses funérailles se déroulèrent dans cette ville le 11 novembre 397. Saint Patron de la France, Saint Martin est fêté le 11 novembre.
Jour choisi pour l'armistice par les maréchaux Foch et Joffre qui voulurent que toutes les cloches des églises de France, pays de Saint Martin, sonnent ensemble à 11 h 00 ce jour-là.
Mais c'est dés 507 que Clovis le choisit comme saint patron des francs après une victoire qu'il attribua à sa protection.
On oublie aussi que Capet vient de "cape", celle de Saint Martin dont les capétiens, "abbés laïques de St Martin de Tours", avaient la charge.

18 septembre 2019

Clovis premier Roi chrétien de France…Le baptême.*

PUY_1906

Au 6ᵉ siècle et d’après Grégoire de Tours (538-594), la reine Clotilde (474-545) demandait sans cesse à son mari de se convertir.
Mais elle ne parvenait pas à le convaincre.
Un jour, la guerre fut déclenchée contre les Alamans.
L’armée de Clovis commençait à perdre le combat et à se faire massacrer.

PUY_2076

Ému jusqu’aux larmes, Clovis s’écria :
"Ô Jésus-Christ que Clotilde proclame fils du Dieu vivant….
Si tu m'accordes la victoire sur ces ennemis, je croirai en toi et me ferai baptiser en ton nom.
J'ai en effet invoqué mes dieux, mais comme j'en ai fait l'expérience, ils ne m'ont pas aidé.
Je crois donc qu'ils ne sont doués d'aucun pouvoir.
C'est toi maintenant que j'invoque, c'est en toi que je désire croire, pourvu que je sois arraché à mes adversaires"

Au moment même où il disait ces mots, les Alamans commencèrent à prendre la fuite.

PUY_3375

Après sa victoire, Clovis se fit baptiser par l’évêque de Reims, saint Rémi.
Son exemple est suivi par l’ensemble de ses 3 000 guerriers et il devient le premier roi catholique de l’Occident chrétien.
Dès lors, les rois de France seront catholiques.
Clovis reçoit alors le soutien des évêques et du peuple gaulois, en majorité chrétien.
Ce soutien lui permet d’étendre son royaume dont il fixe la capitale à Paris.
À sa mort, en 511, le royaume est partagé entre ses quatre fils (Théodoric 1er, (485-534), (Clodomir (v. 511-524), Childebert Ier (v. 497-558), Clotaire Ier (v. 498-561)) qui se font la guerre pour étendre leurs territoires..
Une fille fait également partie des enfants de Clovis, Chrothieldis ou Clothilde la jeune (500-531), qui épousera en 526 Amalaric (502-531), roi des Wisigoths, permetant de sceller la paix entre ces derniers et les héritiers de Clovis.

PUY_1910

Selon la tradition franque, il laisse à notre pays son nom, la France, et un territoire qui n’en a pas fini avec les guerres et les divisions…
Les successeurs de Clovis forment la dynastie des rois mérovingiens (du nom de Mérovée le grand-père de Clovis).
Après Dagobert (602-639), les Mérovingiens s’appauvrissent en donnant leurs terres aux membres de la Cour qui les aident à gouverner et perdent tout pouvoir.
Cette dynastie perdra rapidement son autorité au profit des maires du palais (1er conseiller du roi), dont Charles Martel (688-741), Duc D'Austrasie) qui renversa le dernier roi mérovingien (Dagobert 602-639), mais aussi aux conflits et guerres de successions entre les descendants de Clovis.

PUY_2022

Au 7ᵉ siècle, comme ils n’avaient plus aucune autorité et ne faisaient rien, on les appelait les "rois fainéants".
Ceux qui dirigeaient vraiment le royaume étaient les maires du palais.
Charles Martel se proclamera Roi et fondra la dynastie des Carolingiens.
Rappelons ici les trois grandes dynasties qui ont régné sur la France.

Les mérovingiens (481-751).
Les Carolingiens (751-987). 
Les Capétiens (987-1848).

26 août 2020

Les Moulins de "La Pérouse"

PUY_0206

Les moulins à farine sont une innovation de l’expédition "La Pérouse", connus au point de devenir un symbole de la silhouette d’au moins un navire.
On sait par ailleurs que le capitaine de vaisseau "de Langle" était très inventif, notamment dans le domaine des instruments culinaires pour la santé des équipages, qu’on devait préserver dans une aussi longue campagne.

PUY_7394_07117

Après le départ des Îles Hawaii (Maui) vers l’Alaska, La Pérouse est préoccupé pour la santé des équipages avec la fraîcheur qui apparaît, route au nord.
Il encourage diverses mesures de lutte contre l’humidité, fait ajouter secrètement du quinquina au rhum du grog, et parle du grain, embarqué en France et au Chili, de préférence à la farine, pour des raisons de conservation.

PUY_9347_06071

Il dit en juin 1786 :
"On nous avait donné des meules de 24 pouces (60 cm) de diamètre sur 4,5 pouces (11 cm) d’épaisseur.
Quatre hommes devaient les mettre en mouvement.
On assurait que Mr de Suffren n’avait point eu d’autre moulin pour pourvoir au besoin de son escadre.
Il n’y avait plus dès lors à douter que ces meules ne fussent suffisantes pour un aussi petit équipage que le nôtre, mais lorsque nous voulûmes en faire usage le boulanger trouva que le grain n’était que brisé et point moulu, et le travail d’une journée entière de quatre hommes que l’on relevait toutes les demi-heures, n’avait produit que 25 livres (11 kg) de cette mauvaise farine.
Comme notre blé représentait prés de la moitié de nos moyens de subsistance, nous eussions été dans le plus grand embarras sans l’esprit d’invention de Mr de Langle qui, aidé d’un matelot, ancien garçon meunier, imagina d’adapter à nos petites meules un mouvement de moulin à vent.
Il essaya d’abord avec quelque succès des ailes que le vent faisait tourner, mais bientôt, il leur substitua une manivelle.
Nous obtînmes par ce nouveau moyen une farine aussi parfaite que celle des moulins culinaires, et nous pouvions moudre chaque jour deux quintaux de blé".

laper2

La manivelle et un système de démultiplication de l’effort (axes, poulies ou engrenages de diamètres différents, éventuellement courroies) étaient ce qu’il y avait de plus productif pour une manutention commode de la meule mobile.
Le procédé, quand il a été au point, a évidemment été appliqué aux deux navires.

piguet-lot-275-astrolabe-(precedemment-autruche)-(1783)-maquette-bois-long

Le moulin à vent de l’Astrolabe a été laissé à Monterey.
Bien qu’il ne fût pas très agréable pour les officiers qu’on vienne moudre le grain au-dessus de leurs locaux, à l’extrême arrière, pour ne pas gêner la voile d’artimon, de Lesseps, un des rares survivants de l’expédition, précise que De Langle a demandé d’en reconstruire un autre après le départ.

PUY_7414_07136

Sur la Boussole, navire de La Pérouse, qui bénéficiait d’une demi-dunette légère à la poupe, l’installation d’un tel moulin, juste au-dessus des locaux abritant le chef d’expédition, aurait supposé des madriers pour le supporter.
Il n’a donc mis en place que la manivelle.
Le dispositif de Langle (qui en a peut-être fait un compte rendu par courrier à l’Académie de Marine, dont il était membre), cela peut être aussi une concession aux équipages post-révolutionnaires, bien décidés à minimiser les corvées.

PUY_9386

On sait en tout cas que ces moulins ont rapidement disparu du paysage de la marine à voile, car ils devaient présenter beaucoup d’inconvénients d’encombrement.
Par contre, la “manivelle” a dû être adoptée partout, et éventuellement perfectionnée.

5 septembre 2025

La Promenade d'Antan

Sous le ciel doux d’un soir ancien,
Roule la voiture au charme ancien.
Jaune éclatant, noir raffiné,
Elle traverse le temps, si bien conservée.

Sur le toit, des valises chargées d’histoires,
Promesses d’un voyage ou d’un doux départ.
Dans l’air flotte un parfum d’antan,
Un écho joyeux des jours éclatants.

Le château veille, noble et distant,
Gardien des souvenirs des siècles passants.
La nature s’épanouit, en parfait décor,
Pour ce joyau roulant, vibrant encore.

Oh, que murmure le vent aux passagers ?
Des contes oubliés ou des rêves à partager ?
Dans cette voiture, le passé revit,
Un fragment d’histoire, jamais fini.

 

28 septembre 2020

La Pérouse, C'est au château de Versailles, où tout commence.*

PUY_5050

Un roi amateur de géographie, Louis XVI, organise des explorations scientifiques qui vont rendre le monde connu plus grand, jusqu’aux confins de la Terre.
Pendant trois ans, les scientifiques embarqués à bord des navires la Boussole et l’Astrolabe cartographient les côtes et les îles du Pacifique, découvrent les us et coutumes des habitants, font l’inventaire de la flore et de la faune et repèrent des comptoirs d’échange.

PUY_9279_06015

Les instructions du roi Louis XVI indiquent les principales étapes du voyage :
Canaries, Brésil, Cap Horn, Chili, Amérique, Chine, Russie et Japon, puis Australie, avant le retour en France avec une escale dans les Mascareignes.

PUY_1716

Les navires sont chargés à bloc de vivres, de matériel d'exploration et de marchandises à échanger avec les indigènes.
L'organisation de l'expédition a couté plus d'un million de livres (soit l'équivalent de 12 millions d'euros).
Les objectifs des expéditions scientifiques du XVIIIe siècle sont les mêmes, quel que soit le pays qui les organise :
. Ouverture sur le monde et exotisme.
. Découvertes astronomiques, géographiques, naturalistes.
. Prestige économique, politique et scientifique.
Au siècle des Lumières, l'ambition des sciences est de mieux connaître le monde et ses habitants, de découvrir les lois de la Nature.
Grâce à la démarche expérimentale et sans les entraves de la religion, la pratique des sciences, liée à celle de la philosophie, doit mener au progrès de l'humanité.

PUY_9437_06159

Louis XVI, roi de France et de Navarre, donne ses instructions à Monsieur de La Pérouse.
Il dit :
"Nous, Louis XVI, en cette année 1785, donnons ordre et instruction à Monsieur de La Pérouse de mener à bien une expédition autour du monde à des fins géographiques, scientifiques, politiques et commerciales.
Il devra ouvrir de nouvelles routes commerciales, surveiller les activités britanniques et espagnoles, augmenter les connaissances géographiques et cartographiques, faire l'inventaire des richesses de la flore et de la faune des contrées visitées.
Il devra se concilier l’amitié des principaux chefs et n’usera de la force qu’avec la plus grande modération".

Carte Lapérouse

Le Maréchal de Castries, ministre de la Marine de Louis XVI, lors de la planification de l'expédition.
Il écrit :
"L’expédition de La Pérouse a pour objectifs l’élaboration de cartes sûres, la découverte de populations, la possibilité d'ouvrir la Chine et le Japon au commerce et de nouvelles informations sur l'océan Pacifique.
La navigation sera plus sûre, grâce aux nouvelles horloges de marine nécessaires à des calculs de longitude précis.
La santé des marins sera préservée par une meilleure prise en compte du scorbut, une bonne hygiène à bord et des escales régulières pour renouveler les vivres.
Monsieur de La Pérouse nous fera des rapports réguliers sur ses découvertes".

PUY_9552_06257

Cette fabuleuse histoire se terminera par un naufrage sur les récifs de Vanikoro, puis par la découverte des premiers vestiges dès 1827 par Dumont D’Urville.
Partons à l’aventure, sur les traces des explorateurs.

6 mai 2020

L'épopée de Jeanne D'arc. *

Puystory_05188

Née en 1412 à Domrémy, aux marches de la Lorraine, Jeanne est d’abord une enfant simple, bonne et pieuse.
Sa vie bascule à l’âge de treize ans, lorsqu'elle entend l’archange Saint Michel lui dire "la pitié qui était au royaume de France " et lui révéler que le Ciel l’a élue "pour apporter aide et protection au dauphin Charles, expulsé de son domaine".

PUY_4173

Guidée par son Conseil (les voix de Sainte Marguerite et Sainte Catherine), Jeanne parvient à convaincre le sceptique Robert de Baudricourt (représentant du roi à Vaucouleurs) de lui accorder quelques hommes pour l’escorter jusqu’à Chinon, où elle reconnaît Charles VII dissimulé parmi ses courtisans.

PUY_5845

Elle le convainc de sa légitimité :
"Le Roi des Cieux vous mande par moi que vous serez sacré et couronné en la ville de Reims, et que vous serez lieutenant du Roi des cieux, qui est Roi de France".
Devenue chef de guerre, elle arrache Orléans aux Anglais en l’espace de cinq jours (8 mai 1429).
Mais Jeanne n’a de cesse d’imposer la volonté du Ciel.
Pour mettre fin à l’anarchie, le dauphin doit être couronné à Reims.

PUY_1275_08232

Le sacre de Charles VII a lieu le 17 juillet 1429.
La légitimité de Charles VII consacrée, la mission de Jeanne s’achève.
Blessée devant Paris, trahie par des conseillers royaux perfides et jaloux, vendue aux Anglais par les Bourguignons, abandonnée par le roi désireux de se réconcilier avec le duc de Bourgogne, Jeanne est emprisonnée, injustement jugée par un tribunal ecclésiastique acquis à l’ennemi et brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431.

PUY_9789

Réaffirmant sans relâche et sans défaillance :
"Mes Voix ne m’ont point trompée…
Les révélations que j’ai eues venaient de Dieu".
Le sacrifice de Jeanne porte rapidement ses fruits.
Par le traité d’Arras (1435), Philippe le Bon, duc de Bourgogne, se rallie à Charles VII.

PUY_1403

Le roi de France reprend l’offensive contre les Anglais.
Paris est pris en 1436.
La Normandie reconquise en 1450 et pour finir la Guyenne.
La bataille de Castillon (17 juillet 1453) marque la fin de la guerre de cent ans et des prétentions de l’Angleterre sur la France.

PUY_9760

1 septembre 2018

Le Puy du Fou. *

Puystory_03777

En arrivant au Puy du Fou, oubliez le XXlème siècle et lancez-vous dans un grand voyage dans le temps.

PUY_5297 Puystory

Sur plus de 50 hectares, partez à la découverte d'un parc naturel abritant des spectacles grandioses, quatre villages authentiques avec leurs artisans d'art et plus de 1500 animaux en pleine nature.

Puy du Fou 2011 - 8074

Entre deux spectacles, respirez dans les allées arborées et prenez le temps de flâner d'une aventure à l'autre.
Les héros du Puy du Fou nous entraînent dans leur aventure artistique au cœur d'un voyage éblouissant à travers les siècles.

PUY_0659_09101

Émotion garantie face aux acteurs, aux prouesses techniques des décors et des spectacles.
Chaque spectacle du Grand Parc du Puy du Fou possède ses particularités et ses propres effets.
Un très bon moyen d'immerger les visiteurs au cœur de l'action.

Panorama Stadium 02

Des moments inoubliables et chargés d'émotions en commençant par des frissons dans l'impressionnant Stadium Gallo-Romain lors la fureur des jeux du cirque, l'émerveillement lorsque le drakkar des Vikings surgit des eaux, la magie de la mise en scène du "Dernier Panache" au Théâtre des Géants, de la tranchée de Verdun et du grand voyage sur le bateau du "Mystère de La Pérouse".

PUY_6326

Et que dire devant l'inoubliable ballet aérien des oiseaux orchestré par les fauconniers, les prouesses équestres des cavaliers du "Secret de la Lance" et la fascinante histoire de "Mousquetaire de Richelieu".

Puystory_7965

Le soir, après une pause repas bien méritée, nous sommes devant l'apothéose de la journée, quand s'ouvre devant nous le décor monumental de la Cinéscénie un spectacle grandiose à couper le souffle.

PUY_5007 Puystory

Un voyage dans le temps à partager en famille ou entre amis.

PUY_9044

25 mars 2020

La Pérouse et les savants.*

PUY_0619

Par temps calme, les marins ont 8 h de repos et 4 h de service.
Mais quand le temps s’agite, ils ont moins d’heures de repos, voire aucune.
Les savants entrent en conflit avec La Pérouse, car ils se plaignent des escales trop courtes et des traversées trop longues.
Ces conditions ne leur permettent pas de faire leurs travaux à terre…

PUY_1735

Loin d’écouter leurs reproches, pour montrer son autorité, La Pérouse les met aux arrêts pendants 24 h !!!
Au cours du voyage, pour donner des nouvelles de l’expédition à Versailles, La Pérouse débarque des messagers.
Jean-Baptiste Barthélémy de Lesseps (1766-1834) interprète de russe (19 ans), quitte l’expédition en Russie à Kamchtka .

PUY_0152_06335

À l’issue d’un an de voyage, il ramène des documents en France et sa mission est terminée.

30 avril 2021

Le Château de Tiffauges à l'époque féodale.

DSC_0006

En bordure de la route de Cholet à Saint-Jean-de-Monts, sur un vaste plateau granitique, entouré de ravins abrupts, au bas desquels coulent la Sèvre Nantaise et son affluent la Crume, formant une défense naturelle, s’élèvent les ruines du puissant château féodal de Tiffauges.
Sentinelle avancée du Poitou "Pays des Pictons' face à la Bretagne et à l’Anjou conquérants.
Les plus anciens habitants de notre région occupèrent ce plateau facile à défendre, attirés également par le gué de la Sèvre "Sépari", dont le passage leur donnait accès dans tout le pays environnant.

DSC_0075

Ils y taillèrent entre autres le souterrain refuge découvert en 1967, lors du creusement d’un passage sous la porte bailleresse, pour permettre l’accès au théâtre de plein air, établi à flanc de coteau à l’occasion du célèbre spectacle "La Bataille de Tartou".
Coupé en son milieu par ce passage, ce souterrain, refuge creusé dans le roc, s’étendait parallèlement aux remparts, et mesurait d’un côté environ sept mètres de profondeur, comblé par des éboulis.
Sur ce plateau et aux alentours furent trouvés de nombreuses haches de pierre taillée, outils et armes des hommes qui y vivaient voici plusieurs millénaires.

DSC03364

Puis nos plus récents ancêtres se sentant menacés par d’autres tribus, non seulement creusèrent ce souterrain refuge mais élevèrent autour du roc une palissade formée de rochers et de pieux de bois, enchevêtrés de branches entrelacées et mêlées de terre glaise.
Ils y construisirent leurs huttes de bois recouvertes de chaume et de peaux de bêtes tannées.
Dans cette enceinte, près de leurs habitations, ils enterrèrent leurs morts dans des puits funéraires semblables à ceux de Pouzauges et du Boupère, découverts à Tiffauges au milieu du siècle dernier par l’archéologue Pouzaugeais : Fortuné PARENTEAU.

DSC03360

Lors de la conquête de la Gaule par les Romains, un castrum fut édifié sur cet oppidum Gaulois.
Sur la motte encore apparente, avant l’aménagement par les fermiers de ce vaste enclos en 1958, on voyait encore les restes de cette grosse butte artificielle formée de la terre retirée lors du creusement des fossés qui l’entouraient et la protégeaient, s’élevait une tour de bois carrée de plusieurs étages, qui abritait la demeure du chef.
Ce fut le modèle des premiers donjons entourés de fossés en eau, qu’on franchissait au moyen d’un pont-levis.
Plusieurs routes gauloises, puis romaines s’y croisaient, venant de Clisson, Nantes, Mortagne et Mallièvre.

Pano Tiffauge 05

Au IV siècle, sous l’empereur Honorius, qui comme ses prédécesseurs recrutaient des tribus étrangères pour défendre son immense empire, une tribu Sarmate, venue du nord-est du Caucase, fut amené par lui à Poitiers.
Ensuite, l’empereur romain y ayant établi une autre peuplade, les Visigoths, les Theiphales durent émigrer vers l’ouest, et s’établirent dans les environs du Tiffauges actuel, auquel ils donnèrent leur nom.
Ils campèrent sur l’ancien oppidum et à l’emplacement de la ville actuelle.
Mais les fortifications qu’ils y élevèrent n’échappèrent pas aux envahisseurs Normands, et deux fois, aux IX et Xᵉ siècle, la forteresse Romaine fut détruite et rebâtie.

Pano Tiffauge 06

Cent ans plus tard, Tiffauges fut cédée à Alain Barbe-Torte, duc de Bretagne, vainqueur des Normands.
Et après toutes ces destructions, la paix revenant, les Comtes du Poitou donnèrent en "viager" aux vicomtes de Thouars une grande partie de l’actuelle Vendée.
Les nouveaux maîtres rebâtirent les places fortes ruinées, entre autres Tiffauges et les Herbiers, vers la fin du XI siècle et le début du XIIᵉ' siècle.
Herbert II, vicomte de Thouars, seigneur de Tiffauges et des Herbiers, entreprit la reconstruction de la forteresse de Tiffauges et la construction des Herbiers, auxquels il donna son nom "VlLLlS DE HERBERTlS", villas d’Herbert.

DSC03359

A Tiffauges, il rasa toutes les ruines accumulées par ces guerres successives, et éleva les premiers éléments du château actuel, le donjon, la barbacane, certaines tours encore existantes, renforçant la défense de cette place et la chapelle castrale.
Les abords du château actuel fort abrupts de tous côtés, sauf vers le sud-ouest, où est son entrée principale, c’était là le point faible, celui qui réclamait la plus solide défense de l’ensemble.
C’est pour cette raison qu’on ya élevé un donjon formidable, flanqué d’une barbacane.
Herbert II mourut à la Croisade de Jaffa en 1104 et fut remplacé par son frère Geoffroy, qui continua ses constructions, à Pouzauges, Tiffauges et les Herbiers.

Pano Tiffauge 01

Ce donjon de Tiffauges forme un vaste quadrilatère de 18 mètres de côté, flanqué aux quatre angles de puissants contreforts arrondis, ainsi que sur le milieu de ses quatre faces.
Il était composé d’un rez-de-chaussée et de quatre étages, dont certains vraisemblablement voûtés, comme celui de Pouzauges, bâti par le même architecte, et partagé de haut en bas, par un énorme mur de refend.
Le sommet garni primitivement de hourds en bois, sorte de balcon en saillie, qui fut plus tard remplacé par des créneaux de pierre.
Ces différents étages étaient reliés entre eux par un escalier en colimaçon, comme nous le montrent certains plans de construction établis au siècle dernier.
Les deux étages supérieurs furent entièrement détruits lorsqu’en 1625, Richelieu fit démanteler les forteresses huguenotes.

DSC03405

Ce donjon était couvert d’une toiture à quatre rampants, et servait d’habitation au Seigneur.
Près de ce donjon et faisant corps avec lui, nous voyons encore la barbacane d’entrée, autrefois fermée d’une grille en fer, et d’un pont-levis, qui donnait accès au donjon dans lequel on pénétrait par une petite porte en plein cintre, percée au premier étage de cette barbacane.
Cette entrée se composait d’un rez-de-chaussée ouvert par un large portail, donnant accès au vaste enclos entouré de terre et de murailles, et d’un unique étage.

DSC03356

A l’ouest de ce donjon, bordant les douves qui l’entouraient, se dressait la chapelle Saint-Vincent, composée d’une nef et d’un transept, entièrement détruits, et d’une abside qui subsiste encore en partie.
La croisée du transept était surmontée d’une coupole octogonale et d’un clocher.
Sous cette abside s’étend une belle crypte romane de la première moitié du 12ᵉ siècle, divisée en trois nefs à peu près égales, par deux rangées de quatre colonnes, couvertes en voûtes d’arêtes, appuyées sur des chapiteaux historiés.

DSC03378

Entre la chapelle et le Puits de la Fée, s’étendait un cimetière où furent faites d’importantes trouvailles, entre autres les débris de la cloche de bronze.
Toute cette vaste enceinte fut entourée de dix-huit tours, reliées entre elles par des murailles crénelées, le tout contemporain du donjon.
Plus tard furent ajoutés une fausse braie et le châtelet actuel, mais ce fut après l’époque féodale qui seule fait partie de cette étude.
Laissé à l'abandon jusqu'au XXᵉ siècle, le château de Tiffauges fut le théâtre des turpitudes du maréchal de France après la mort de Jeanne d'Arc.

DSC_0031

Un conservatoire d'artillerie médiévale a été édifié en 1992 dans l'enceinte du château.
Avec une quinzaine de pièces, construites à l'identique par un spécialiste international, Renaud Beffeyte, il réunit la plus grande collection européenne de reconstitution médiévale en fonctionnement.
Le public peut assister lors de la saison touristique à des démonstrations de tirs de trébuchet, couillard, bombarde et mangonneau, et admirer une grue en bois telle qu'utilisée par les bâtisseurs du Moyen Âge.

Pano Tiffauge 02

10 août 2017

3. Reconstruction du Château.

PUY_7635

En 1432, Guy II du Puy du Fou (1375-1454) reconstruit son château détruit par l'Anglais sur un emplacement plus favorable, au bord d'un vaste étang et contrôlant le croisement de deux routes importantes.
Vers 1453, Guy II du Puy du Fou meurt et son fils Jacques (1405-1488) lui succède comme seigneur du Puy du Fou.
Il sera élevé, dès son plus jeune âge, à la cour du roi René d'Anjou (1409-1480) et en 1437, il sera fait grand écuyer.
Le 11 février 1434, il épouse une très riche héritière, Louise de la Roche, fille unique du Chambellan des rois Charles VI et Charles VII, qui lui apporte de nombreux domaines en Bas-Poitou.
De cette union, naîtront huit enfants : 6 filles et 2 garçons dont François Ier du Puy du Fou (1435-1527) qui héritera de la seigneurie en 1488.
Le 15 juillet 1465, Jacques est aux côtés de Louis XI (1423-1483) à la bataille de Monthléry (16 juillet 1465), contre ses adversaires de la Ligue du Bien Public (Révolte de princes de mars à octobre 1465 contre l’accroissement des pouvoirs du roi de France Louis XI).

PUY_6275 Puystory

François Iᵉʳ se marie deux fois.
D'un de ses mariages naîtra François II.
Il succède à son père dans la possession du château et de la seigneurie du Puy du Fou.
Il était aussi baron du Petit-Château de Vouvant et fut gouverneur de Nantes.
En 1527, il fait un mariage princier, en épousant Catherine de Laval, fille de Jean de Laval, qui lui apporte de nombreux domaines et quarante mille livres en dot.
À la tête d'une immense fortune, les jeunes époux font de fréquents séjours à la Cour de France.

PUY_7585

C'était l'aube de la Renaissance.
Les rois de France ramènent d'Italie de nombreux architectes et artistes.
Peu à peu, la noblesse française remplace ses sombres châteaux féodaux, par des demeures splendides, ouvertes largement sur le soleil.
En août 1537, François II du Puy du Fou se rend à la Cour de France pour y recevoir le Collier de l'Ordre de Saint-Michel.  
Il tombe en admiration devant tant de beautés architecturales.

SH109276

Lorsqu'il regagne le Puy du Fou avec sa jeune épouse, le château, construit par son aïeul Guy II, leur semble bien triste avec ses épaisses murailles, ses étroites fenêtres, où le confort avait été sacrifié à la sécurité.
Ils décident de remplacer cette forteresse qui avait à peine plus d'un siècle, par un château au goût du jour, bâti sur le même emplacement en bordure de l'étang.

21 septembre 2021

Bouvines *

Puystory_7838

Entrant dans la salle des tableaux, nous sommes plongés dans un dialogue entre Diane et ses tableaux, dont son aïeul, hanté par son passé glorieux, voulant retourner sur le champ de bataille de Bouvines.
Pendant des siècles, le combattant qui luttait souvent en hordes compactes et indisciplinées, domina la plupart des guerres de l'Antiquité et du Moyen Âge.
L'ascension de Sparte dans la Grèce antique montra ce qu'une infanterie professionnelle et disciplinée lourdement armée pouvait accomplir devant un ennemi supérieur en nombre.
Comme le démontra Alexandre le Grand dont les phalanges macédoniennes parurent longtemps invincibles.

PUY_8556

Plus tard, les Romains créèrent la plus complète et la plus efficace armée professionnelle du monde ancien, grâce à une infanterie bien entraînée, manœuvrant en cohortes homogènes et compactes, et dominèrent les champs de bataille de la Méditerranée pendant des siècles.
Toutefois, la technologie militaire et le professionnalisme régressèrent.

Seuls les Normands et les Byzantins conservèrent la tradition du guerrier professionnel.
À partir du XIVe siècle, les armées professionnelles recommencèrent à s'imposer sur les champs de bataille et purent battre de façon décisive un ennemi supérieur en nombre.

PUY_0519

Mais revenons à la bataille de Bouvines.
Philippe Auguste (1165-1223), roi de France, y vainquit la coalition d'Otton IV (1175-1218), empereur romain germanique, de l'Anglais Jean sans Terre (1166-1216) et des comtes Ferrand de Flandre (1188-1233) et Renaud de Boulogne (1165-1227).
Cette victoire confirma la souveraineté du roi sur la Bretagne et la Normandie.

PUY_8027

Il avait été prévu qu'Otton, Ferrand et Renaud marcheraient sur Paris depuis le nord et que Jean débarquerait sur la côte atlantique avant de se diriger lui aussi vers Paris.
Alors que Jean fut vaincu par les troupes royales françaises le 2 juillet 1214 près d'Angers, Philippe Auguste affronta l'armée du nord dans la plaine, près de Bouvines le 27 juillet 1214, en Flandre.
Otton IV déploya ses 25 000 hommes.

Puystory_05846

Ses chevaliers répartis en deux groupes sur les flancs, l'infanterie au centre et une réserve de cavalerie à l'arrière.
Les troupes de Philippe Auguste, qui montaient à 15 000 hommes, choisissent une formation similaire.
La bataille débuta par un affrontement de cavalerie sur le flanc droit français.
Au centre, l'armée impériale (qui comprenait la puissante infanterie des Pays-Bas) poussa vers l'avant, mais la cavalerie française, commandée par le roi, la força à reculer.

PUY_6911

Les Français triomphèrent sur l'aile gauche et William Longsword, comte de Salisbury (1176-1226), fut fait prisonnier.
La cavalerie française fut aussi victorieuse sur la droite et le comte Ferrand de Flandre fut capturé à son tour.
Au centre, les deux blocs de réserve de cavalerie s'affrontèrent et la France triomphèrent une fois de plus.

Les deux ailes se rapprochèrent pour bloquer la retraite des parties centrales de l'armée impériale. Renaud de Boulogne résista encore courageusement, mais finit par être capturé.

PUY_7676

La bataille eut plusieurs conséquences directes.
L'empereur Otton IV fut détrôné par Frédéric II Hohenstaufen (1194-1250) et Jean sans Terre si affaibli qu'il fut obligé de signer la Magna Cana (charte des droits anglais).

PUY_0127

Pertes : Français, 1000 sur 15000.
Coalition, 1 000 tués et 9 000 prisonniers sur 25000.

15 mai 2021

Les Noces de Feu - Spectacle nocturne - Puy du Fou

Création originale 2020, "Les Noces de Feu" est le nouveau spectacle nocturne du Puy du Fou !
Découvrez la bande annonce de cette fantasmagorie qui réveille chaque nuit le vieux lac de notre forêt centenaire...

PUY_2837

Le Puy du Fou place l'année 2020 sous le signe du romantisme et de la poésie vespérale, avec ce nouveau spectacle de 30 minutes qui s'inscrit dans la continuité des "Orgues de Feu".
Il marque le deuxième temps de l'histoire passionnelle et sentimentale de la Muse et du Pianiste.
Après s'être rencontrés dans "Les Orgues de Feu", ils se marient dans "Les Noces de Feu".

PUY_2867

Ce voyage poétique, tout en musique, offre une symphonie d'eau et de feu au coeur du XIXème siècle romantique.
L'ensemble des musiques du spectacle est interprété par les célèbres sœurs virtuoses, Camille et Julie Berthollet (artistes Erato et Warner Classics), révélées par l'émission "Prodiges" sur France 2.

PUY_2831

Servi par une mise en scène époustouflante, ce spectacle marie dans une harmonie parfaite l'intime et le grandiose, le sous-marin et l'aérien, la splendeur des costumes électroluminescents et le gigantisme des décors surgissant des profondeurs du lac.

PUY_7135

Une parenthèse féerique pour conclure son séjour au Puy du Fou par un véritable moment d'émotion.

24 mars 2021

La vie à bord de la Boussole et l'Astrolabe.*

PUY_9317_06046

En mer ou au mouillage, la vie quotidienne du bord est bien réglée.
Pour le repas, les officiers et les scientifiques s'habillent et prennent place autour d'une table dressée avec de la vaisselle de porcelaine ou d'étain.
Le menu est répétitif.
Le matin, le petit-déjeuner se compose de café, de pain, d'ail, de mélasse...

PUY_3530_06854

Au déjeuner et au diner, les rations sont à base de biscuits secs, de morue ou de viande salée, de choucroute ou de légumes séchés.
Des vivres frais comme de la viande, du poisson, des légumes ou des fruits améliorent parfois l'ordinaire et évitent le scorbut.
Le médecin veille sur la santé de l'équipage, l'aumônier sur celle des âmes et le commandant reste le seul maitre à bord (après Dieu, évidemment).

PUY_3624_06941

Mais que coûte une telle expédition en vivre ?
Quatre ans, c'est 4 x 365 = 1 460 jours.
Pour les 100 hommes de l'équipage, cela représente 1460 jours x 100 = 146 000 rations journalières de nourriture.
On peut estimer qu'un marin mange au minium 1 kg de nourriture par jour, ce qui fait pour tout l'équipage 146 tonnes à embarquer.
Il boit 2 litres par jour, ce qui fait : 146 000 x 2 = 292 000 litres de liquide (eau, vin, rhum…).
Ces énormes quantités de nourriture embarquées dans des tonneaux, des caisses ou des sacs ne se conservent pas bien en mer du fait de l'humidité et de la chaleur.
Les escales sont les bienvenues pour renouveler l'eau potable et pour se ravitailler en fruits, légumes et viandes.

PUY_6725

Les principaux dangers attendus et redoutés par l'équipage lors d'une telle expédition sont tous ceux qui peuvent entraver la bonne marche de l'expédition :
- mauvaise météo, - rencontres dangereuses, - accidents de toutes sortes, - révoltes ou maladies, - tempêtes, - brouillards, - manque de vent, - manque d'eau et de nourriture, - attaque de pirates, - attaque d'indigènes, - accidents lors de manœuvres, - échouage sur des récifs, - promiscuité, - dispute à bord, - mutinerie, - mal du pays, - maladies (dysenterie, scorbut).
Le scorbut ou "peste de la mer" se déclare au bout d'environ 70 jours de nourriture sans vitamine C (celle qu'on trouve en quantité dans les fruits et les légumes frais ou la choucroute).
Cette carence en vitamine C conduit à la perte des cheveux et des dents, à des hémorragies, au dépérissement et à la mort.

473

La Pérouse et son médecin Rollin sont sur la bonne voie pour empêcher le scorbut.
Ils font souvent escale pour acheter des légumes et des fruits frais (oranges, citrons), se nourrissent de choucroute et imposent un mode de vie hygiénique malgré les conditions de navigation difficiles.
Les bonnes relations avec les populations locales feront le succès de l'expédition pour l'approvisionnement des navires, l'aide à la cartographie des cotes, la connaissance de la flore et de la faune, mais aussi les futurs contacts commerciaux.
Afin de les amadouer et de montrer leurs bonnes dispositions, les navigateurs embarquent de très nombreux cadeaux à distribuer aux indigènes et à leurs chefs :
perles de verre, clochettes, outils de métal, hausse-col, décoration de casque de dragon et médailles commémoratives à l'effigie du roi et aussi des rubans en soie, des étoffes de mousseline.

PUY_2487

Claude Nicolas Rollin, chirurgien à bord de la Boussole, organise la vie quotidienne à bord et il dit :
"Le succès d’une longue expédition en mer repose sur la bonne santé de l’équipage.
La lutte contre le scorbut, cette "peste de la mer" due au manque de légumes et de fruits frais, est prioritaire.
J’ai suivi les conseils de Cook qui n’avait pas perdu un seul homme lors de ses voyages.
Nous embarquons donc des farines à base de carotte, raifort et persil, des légumes séchés, de la choucroute, le tout en grande quantité.
À chaque escale, nous faisons le plein de vivres frais et nous portons un soin particulier à l’hygiène : inciter les marins à se peigner, se laver, se raser, à changer régulièrement de chemise.
Et pour les conserver en pleine forme, nous les faisons danser tous les jours sur le pont !".

22 août 2025

La Prière du Soleil

Les bras ouverts vers l’infini,
Sous un ciel éclatant, elle prie.
Une robe blanche, pur éclat,
Pour une offrande, un tendre combat.

Le soldat derrière, figé, muet,
Gardien d’un serment, discret.
Mais elle, vivante, brûlante d’espoir,
Invite le ciel à recevoir son histoire.

Les tambours résonnent, l’air vibre,
Un moment sacré, puissant et libre.
Dans ce théâtre de pierre et de feu,
Elle danse pour les dieux silencieux.

Oh femme, ton cri traverse le temps,
Comme une flamme contre le vent.
Que ton offrande soit entendue,
Que ton courage jamais ne soit perdu.

 

11 décembre 2024

Mais qui est "Las Cases" ?*

PUY_6246

Dans le spectacle Le Dernier panache, Napoléon s’adresse à Las Cases :

"Écrivez Las Cases : j’aurais voulu avoir à mes côtés ce Charette, il me donne l’impression d’un grand caractère, il laisse percer du génie" ...

Mais qui est  ce Las Cases ?

Marie Joseph Emmanuel Auguste Dieudonné, comte de Las Cases était un historien français.

Il est l’un des compagnons d’exil de Napoléon à Sainte-Hélène.

Le nom de Las Casas en Espagne (dans l’entourage de Christophe Colomb), et en France (dans les armées de Louis XII et de François Iᵉʳ) apparaît tout au long de l’histoire.

Il est né le 21 juin 1766 dans le château Las Cases, paroisse de Couffinal, actuelle commune de Blan (Tarn), situé entre Castres et Revel.

Il a été baptisé le 22 juin dans la proche paroisse de Belleserre, l’église de Couffinal étant en travaux.

Il est décédé le 14 mai 1842 à Passy.

Il appartenait à une famille qui se vantait de compter parmi ses ancêtres, (l’apôtre des Indiens), le vénérable Bartolomé de Las Cases (Séville 1484-1566 Madrid) de l’Ordre des Prêcheurs.

L’antique famille de Las Cases s’était illustrée au XIIe siècle dans la lutte contre les Maures.

Napoléon dictant ses mémoires  Jean Baptiste Mauzaisse 1841 Malmaison 15X21.

Cette famille primitivement française est passée en Espagne vers l’an 1095 avec le comte Henri de Bourgogne, venu aider le roi de Castille et Léon, Alphonse VI, à combattre les Musulmans.

Son fils Alphe Henriques remporta la bataille d’Ourique contre 5 rois maures en 1139.

Aidé par un combattant de la maison de Bourgogne, pour le récompenser, il lui donna "todas las Casas" : toutes les demeures des Maures entourant le lieu de la bataille.

De là viennent l’origine des armoiries, la devise : Semper Paratus et le nom de Las Casas.

En 1200, le chevalier Carlos de Las Casas fixé à Séville, fut désigné pour accompagner Blanche de Castille en France lorsqu’elle épousa, le 12 mai 1200, Louis VIII le père de St Louis.

Il se fixa dans l’Agenais et son nom de Las Casas fut francisé en Las Cases.

Après avoir fait de bonnes études à Vendôme (aujourd’hui lycée Ronsard) chez les Oratoriens, Emmanuel de Las Cases est admis en 1780 à l’École militaire de Paris.

En 1782, à 16 ans, il entra dans la marine à Brest, où sa petite taille (1,60 mètre) le fait remarquer.

Comme aspirant, il suit les cours de l’École d’application navale avec Charette, où il se spécialise dans les techniques de la cartographie.

Embarqué à bord de l’Actif faisant partie de la flotte de la Motte-Picquet (1720-1791), il participe au blocus de Gibraltar (1779-1783) et à divers combats contre les navires anglais.

Puystory_6448

Il sert, durant les dernières années de la Guerre d’Indépendance américaine, brillamment dans la marine du roi, en particulier aux Antilles où il côtoie Charette à la Martinique en 1785.

Au rétablissement de la paix, il devait faire partie de l’expédition de La Pérouse mais, alors à St Domingue, il arriva trop tard à Brest  pour le départ !

Ce qui le sauva d’une mort certaine.

En avril 1789, Emmanuel de Las Cases, de retour à Brest, est nommé lieutenant de vaisseau, à 23 ans.

Lorsque survient la Révolution, il choisit en 1791 d’émigrer et de rejoindre l’armée de Condé à Coblence où il retrouve Charette.

Il y est déçu par l’accueil qui lui est fait et par les querelles entre émigrés.

Après la dissolution de cette armée, suite à la bataille de Valmy du 20 septembre 1792, Las Cases se rend en Angleterre fin décembre 1792.

Il participe à la préparation de l’expédition de Quiberon mais il n’y débarque pas en juillet 1795, car il était resté à Londres pour y être opéré d’une hernie.

Il participe avec l’armée des émigrés, emmenée par le Comte d’Artois (futur Charles X) à l’expédition de l’Ile d’Yeu d’août à novembre 1795 où Charette ne put les rejoindre.

Puystory_5529Après l’échec de cette expédition, il peut rembarquer et revenir en Angleterre.

A Londres, il travaille à la rédaction d’un atlas géographique et donne des leçons.

C’est à cette occasion qu’il noue une fidèle amitié avec l’épouse du riche baronet Thomas.

Clavering, une jolie lady française, née Claire Gallais, baptisée à Angers Saint-Maurille, le 4 novembre 1770.

La publication, sous le pseudonyme de A. Lesage, de son Atlas historique, généalogique, chronologique et géographique remporte un franc succès à Londres en 1799.

Cet ouvrage connaîtra le même succès en France, puisqu’à partir de 1803, une édition paraîtra chaque année.

De mai à septembre 1812, Las Cases effectue une mission d’inspection des dépôts de mendicité et des prisons qui lui fera proposer d’utiles réformes à Napoléon.

Au printemps 1814, il participe à la défense de Paris comme chef de bataillon à la 10e légion, sous les ordres du général Moncey.

Après la première abdication de Napoléon (1769-1821) signée par l’Empereur le 12 avril à Fontainebleau, il refuse de siéger au Conseil d’Etat et rejoint Londres.

Au retour de l’Aigle de l’Ile d’Elbe, Las Cases est aux Tuileries dès le 20 mars 1815.

Dès le 24 mars 1815, il retrouve ses fonctions de chambellan et de conseiller d’Etat.

Après la défaite de Waterloo, le 18 juin, il reste au service de l’Empereur et sollicite l’honneur de partager son exil.

Le comte de Las Cases et son fils recevant la lettre de Napoléon Lithographie de Langlumé 1821.

Marquis d’Ancien Régime, officier de marine émigré pendant la Révolution, devenu chambellan et comte de l’Empire puis conseiller d’État durant les Cent Jours, Emmanuel de Las Cases ne présenterait dans l’épopée napoléonienne qu’un intérêt restreint s’il ne s’était attaché à son maître proscrit et n’avait publié en 1823, deux ans après la mort de l’Empereur, « Le Mémorial de Sainte-Hélène »  qui fut peut-être le livre le plus lu du XIXe siècle.

Le 7 août 1815, Napoléon et sa suite dont Las Cases et son fils Emmanuel Pons de Las Cases (1800-1854), page de l’Empereur, montent à bord du Northumberland à destination de Sainte-Hélène où ils resteront dix-huit mois jusqu’à leur expulsion vers le Cap, le 31 décembre 1816.

Au cours de la traversée, Las Cases avait noté, dès le 9 septembre 1815, les premiers souvenirs de Napoléon, qui étaient remis en ordre en fin de journée par son fils Emmanuel Pons.

Dans son grand journal, Las Cases a consigné, au jour le jour, les propos de l’Empereur.

Il a pris, sous sa dictée, le récit des campagnes d’Italie et noté les persécutions dont l’illustre captif était l’objet de la part de ses geôliers, dont le gouverneur Hudson Lowe.

La campagne de France de Jean-Louis Ernest Meissonnier (1815/1891) - 1864 - Musée d'Orsay.

Las Cases sut se faire apprécier de Napoléon par ses manières affables, son érudition et sa disponibilité.

Les dictées qui continuèrent jusqu’en novembre 1816 sont à l’origine du "Mémorial de Sainte-Hélène". 

Dans l’édition du Mémorial de 1830, à la date du 6 novembre 1816, Las Cases cite les paroles de Napoléon à propos de Charette :

"J’ai lu une histoire de la Vendée, si les détails, les portraits sont exacts,

Charette est le seul grand caractère, le véritable héros de cet épisode marquant de notre Révolution… Charette me laisse l’impression d’un grand caractère, je lui vois faire des choses d’une énergie, d’une audace peu commune et laisse percer le génie".

Je lui disais avoir beaucoup connu Charette dans mon enfance, nous avions été garde de la marine, ensemble à Brest, nous y avions partagé longtemps la même chambre, mangé à la même table et il avait fort surpris par ses exploits et sa brillante carrière tous ceux de nous qui avaient été liés avec lui"… 

Le 24 novembre 1816, Las Cases confie à son serviteur James Scott une lettre clandestine pour le Prince Lucien et une pour Lady Clavering, chargée de la lui transmettre.

Puystory_5526Il y dénonce les conditions de détention de l’Empereur.

Malheureusement, le serviteur en informe Hudson Lowe et le 25 novembre 1816, Las Cases et son fils sont arrêtés et retenus prisonniers.

Le 16 décembre, le gouverneur remet à Las Cases une lettre de Napoléon, signée du 11, avec sa signature accompagnée de "Votre dévoué".

Après qu’Emmanuel Pons ait pu en recopier certains passages, elle est confisquée par Hudson Lowe.

Las Cases et son fils sont expulsés et quittent l’île de Sainte-Hélène le 30 décembre 1816 pour le Cap, où ils restent en quarantaine, pendant 7 mois1/2 avant de regagner l’Europe.

Arrivés en Angleterre en novembre 1817, ils sont refoulés puis conduits à Ostende.

La France, les Pays-Bas et l’Autriche refusant de leur donner l’asile, Las Cases et sa famille s’installent en décembre 1817 à Francfort, puis au pays de Bade à l’été 1818.

Après la mort de Napoléon, le 5 mai 1821, l’autorisation de rentrer en France est accordée à Las Cases dans les derniers jours de juillet 1821 et il arrive à Paris le 16 août. Il s’installe à Passy.

En 1822, il récupère ses manuscrits notamment la lettre de Napoléon et son "Grand Journal" confisqué par Hudson Lowe où se trouve consigné jour par jour tout ce qu’a dit et fait Napoléon, durant dix-huit mois, du 20 juin 1815 au 25 novembre 1816.

Il publia en 1823 ce Mémorial dont le retentissement fut si grand qu’il fut réimprimé en 1824, 1830, 1835, 1840 et surtout 1842 avec illustrations de Nicolas Charlet qui lui  rapporta 3 millions de francs (+/- 9,5 millions €).

Il fut traduit en de nombreuses langues et enfin, il valut à Las Cases un siège de député.

Emmanuel de Las Cases 1766/1842 Lithographie de Delpech - 1840.

La légende napoléonienne doit beaucoup à cet ouvrage.

En juillet 1831, Las Cases fut élu député de l’arrondissement de Saint-Denis et siège à gauche jusqu’en mai 1834.

Il est réélu en 1839 jusqu’à sa mort en 1842.

Aveugle en 1840, il ne put accompagner le prince de Joinville à Sainte-Hélène pour le Retour des Cendres de Napoléon ; c’est son fils Emmanuel Pons qui le remplaça.

Le 15 décembre 1840, il était présent aux Invalides, lors de la cérémonie.

Il mourut le 14 mai 1842, après avoir eu la satisfaction de voir rendre à la France les restes mortels de l’homme à qui il avait donné des preuves d’un attachement et d’un dévouement qui honorent toujours sa mémoire.

En 2005, le "Grand Journal" tenu par Las Cases à Ste Hélène, prémices du Mémorial a été découvert à la British Library par Peter Hicks.

Il est paru en octobre 2017 sous le titre "Le Mémorial de Sainte-Hélène - Le manuscrit retrouvé" aux Editions Perrin – en collaboration avec la fondation NAPOLEON.

 

BIBLIOGRAPHIE

LAS CASES le mémorialiste de Napoléon - Comte Emmanuel de Las Cases - Arthème Fayard - 1959

Las Cases l’abeille de Napoléon - Jean-Pierre Gaubert - Loubatières - 2003

LAS CASES le Mémorialiste de Napoléon nous dit… - Jean-Pierre Gaubert - 2017

 

Pour découvrir en détails LAS CASE, je vous donne rendez-vous sur la page de  : lauragais-patrimoine.fr

21 octobre 2024

La vie dans une villa Gallo-Romaine.

PUY_1721 (2)

Dès le 1er siècle, la présence romaine crée, dans les campagnes gauloises, une forme nouvelle d’exploitation et d’habitation rurales : les "Villae", vastes fermes fonctionnelles, à l’origine d’un grand nombre de nos bourgs et de nos villages.
La conquête et la pacification achevées, les Romains "colonisent la Gaule".
Des villes nouvelles apparaissent et les campagnes voient s’édifier, au milieu de champs et de forêts, de vastes domaines comprenant la demeure du maître, souvent luxueuse, des bâtiments agricoles et des logements pour la main-d’œuvre.
Ces immenses fermes, les "Villae" appartiennent le plus souvent à des vétérans, des légionnaires qui, après quinze ou vingt ans de "bons et loyaux services", reçoivent, en récompense, des terres dans les pays conquis.

Puy du Fou 2011 - 3993

Pour exploiter sa villa, qui vit en autarcie et qui doit produire tout ce qui lui est nécessaire, le maître a besoin d’une abondante main-d’œuvre.
Le "gros des troupes" est constitué par les ouvriers agricoles.
Si certains sont des hommes libres, des tenanciers, qui louent des parcelles aux limites du domaine, la plupart des travailleurs ruraux sont des esclaves dont la vie a peu de valeur.
En effet, ces hommes sont des prisonniers de guerre et les incessantes conquêtes militaires de Rome alimentent le marché.
Les propriétaires trouvent sans difficulté et à des prix dérisoires, des "bras" vigoureux, capables de fournir une énergie musculaire moins coûteuse que celle des animaux.

PUY_6455

Travaillant du matin au soir, mal nourris, enchaînés pour la nuit, ces individus brisés sont considérés comme des "instruments animés".
Les artisans, quant à eux, sont appréciés et respectés pour leur savoir-faire.
La villa abrite tous les corps de métiers : les boulangers, les charpentiers, les menuisiers, fabricants de coffres, de tabourets, d’ustensiles ménagers.
Les forgerons confectionnent des socs, des houes, des pioches, les charrons, des charrues, des roues, des socs, les vanniers, des paniers, des ruches ou des coffres de chars.
On rencontre aussi des maçons, des marbriers et des potiers qui pétrissent, à la main, l’argile verte.

DSC_0049

Cordonniers, peaussiers, selliers travaillent le cuir et fournissent les chaussures, les harnais, les outres, les tabliers, les ceintures.
Les tisserands filent et tissent la laine des moutons après qu’elle ait été bouillie dans l’eau et la graisse de porc puis, battue, épluchée à la main et cardée avec des peignes aux dents recourbées.
Avant le tissage, les laines sont teintes, selon le goût de l’époque, de couleurs éclatantes à base de végétaux.
L’airelle pour le violet, la jacinthe pour la pourpre, le pastel pour le bleu, le safran pour le jaune.
Tous les besoins de la villa sont satisfaits par ses productions.
Pour se nourrir, on cultive des céréales.

PUY_9626

Le froment pour le pain blanc du maître, le méteil pour celui des domestiques, l’orge pour la cervoise, l’avoine pour les bouillies et la nourriture des chevaux.
Dans les potagers, on trouve les fèves, les lentilles, les choux, les oignons, les laitues.
Les vergers offrent des cerises, des pommes, des poires, des prunes, des noix.
On n’oublie pas de se désaltérer, on est en Gaule après tout !
Certes, on boit de la cervoise, de l’hydromel, mais aussi du vin, capiteux, parfumé que l’on garde bien précieusement dans des tonneaux de châtaignier.
On mange aussi toutes sortes de viandes.
De la volaille, du bœuf, du mouton, mais surtout du porc.

20230426_203030

Les Gaulois sont les rois incontestés de la charcuterie (pâtés, boudins, saucisses).
Les chèvres, dont on favorise la lactation en leur faisant manger du cytise, fournissent de bons fromages.
Les abeilles donnent leur miel.
Dans certaines "villae", on pratique aussi la pisciculture.
Malgré le coût de l’installation et de l’entretien des viviers, on élève de nombreux poissons.

20230428_072521

Le plat de prédilection est la murène, servie grillée, bouillie ou frite, accompagnée de sauces relevées à base de miel, de poivre, de cumin, de coriandre.
Pour que leurs terres produisent davantage, les Gallo-Romains utilisent des méthodes "modernes".
Ils utilisent déjà des engrais comme le nitre, ils engraissent la terre par la terre.
Dans un sol calcaire ou trop sableux, ils apportent de la marne.
Quand les sols sont trop humides, ils ajoutent du calcaire.

PUY_4035

L’outillage aussi est performant.
Faux, plus pratique que la faucille, fléau articulé, charrue à soc de fer ou de bronze et surtout la fameuse moissonneuse à roues, une grande caisse aux bords garnis de dents, poussée par un mulet, si bien que les épis arrachés par les dents, tombent dans la caisse.

PUY_1726

Les forêts étaient aussi des réservoirs de nourriture.
On y piégeait des lapins et des perdrix au collet, on y engraissait les porcs avec les glands, on y cueillait des noisettes, des champignons, des nèfles, des prunelles, des châtaignes.
On y chassait aussi les biches, les cerfs, les chevreuils, les sangliers pour la viande ; les martres, les écureuils pour la fourrure.
La demeure seigneuriale était dotée de tout le confort.

PUY_0085

Le chauffage central, l’air brûlant circulait sous les planchers et derrière les parements des murs.
L’eau courante aussi, grâce à une grande roue élévatrice qui montait l’eau de la rivière.
Les matériaux utilisés pour les aménagements intérieurs étaient luxueux et coûteux.
Mais cette recherche permanente du luxe, de la douceur de vivre fera que le terme "villae" se videra, peu à peu de son sens originel.
Il ne désignera plus une exploitation agricole, mais une résidence secondaire, "une maison des champs" construite par des citadins aisés, avides de calme et d’air pur…
Les "Villae" ne durèrent que le temps de la "Pax Romana".
La "villae", la "ferme", ne renaîtra qu’aux 8 et 9ème siècles, à l’époque carolingienne.

PUY_5287

Sous la pression des envahisseurs normands et hongrois, les habitants des campagnes vont se regrouper pour mieux se protéger.
La construction sera bien différente de celle de la villa gallo-romaine.
Certes, on retrouvera le même souci de vivre en autonomie et de pourvoir à tous ses besoins, mais plus d’ouvertures sur la nature.

PUY_6652

On dresse des palissades, des tours de guet.
On élèvera même des mottes féodales, ancêtres de nos châteaux forts.

26 mai 2014

Jeanne D'Arc

DSC_6089

Jeanne d'Arc, née vers 1412 à Domrémy, est une héroïne de l'histoire de France.
Chef de guerre et sainte de l'Église catholique, connue depuis l'époque comme "La Pucelle d'Orléans", elle est un personnage mondialement connu.

DSC_2684

Sa vie publique s’étend sur deux années environ, soit de 1429 au 30 mai 1431, date à laquelle elle est brûlée vive (par le bourreau Geoffroy Thérarge) sur la place du Vieux Marché à Rouen à l’âge de 19 ans.

P1100807

Les deux années se divisent en deux périodes : une année de vie guerrière, une année de captivité. Prisonnière à Compiègne le 23 mai 1430 par les Bourguignons, elle est vendue aux Anglais pour 10 000 livres.
C’est en février 1431 dans la forteresse du Bouvreuil que débute son procès conduit par Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, où elle est accusée d’hérésie.

P1100812

Près de l’église Sainte-Jeanne d'Arc, la grande croix, une plaque commémorative ainsi qu’un massif de bruyères délimitent l’emplacement du bûcher.

94691271_o

Une statue de Jeanne est adossée à l’église, face au lieu de son supplice.

P1100843

13 août 2014

Portraitiste à la Cité Médiévale.*

Puy21062081

Dans l'histoire des arts visuels, la représentation humaine date des plus anciens temps, on trouve des représentations dès la préhistoire. 

PuyStory 2011 Aout 2236

Un portrait est une œuvre d'art picturale, graphique, sculpturale, et photographique, représentant généralement une personne réelle, ou un groupe.
Le portrait a bien longtemps été l’unique façon d’afficher la réussite sociale et de fournir à la postérité des informations sur sa physionomie.

DSC_9905

Les plus anciens vestiges de portrait en peinture datent de l'Antiquité romaine.
Différents supports sont utilisés, le bois, la toile, ou même l'ivoire pour les portraits en miniature.

Nade 036

Le portrait dessiné, tout aussi ancien que le portrait peint, se singularise par la grande diversité de ses techniques, qui vont du fusain, au crayon, en passant par le lavis d'encre, et le pastel qui constitue une technique intermédiaire entre le dessin et la peinture.

http://nade.pagesperso-orange.fr/

 

20 août 2014

Le Mégissier.*

PuyStory 2011 Aout 2242

Avant toutes transformations, la préparation des peaux est confié principalement à deux artisans :

1. Le Tanneur (Grandes peaux brutes tels que : Vaches, Chevaux) et le Mégissier (Petites peaux).
2. Le terme de mégissier vient du verbe "mégir" qui signifie "préparer".
Ils travaillent en blanc (bain d’eau et de centre) et par tannage à l'alun (action de blanchir les peaux), les petites peaux, délicates et fines (agneaux, moutons, chèvre ou veau).
L'alun (du grec als, alos, signifiant "le sel").
La technique consiste à débarrasser la peau de ses impuretés, entre autres de ses poils ou de sa laine.

Les Mégissiers préparent :

- Les peaux dont on veut conserver le poil ou la laine.
- Quelques cuirs propres destinés aux Bourreliers.
- Parchemin et vélin (peau de veau mort-né) avant qu'ils passent entre les mains du parcheminier.

La profession s'inscrit dans l'industrie de la confection.
La mégisserie est un art destiné à l'industrie de la chaussure, de la ganterie, de l'habillement, sacs divers dans le cadre de la production du cuir.
En latin médiéval, on trouvera la profession sous le nom "Alutarius".

27 août 2014

L'atelier Miniature.*

Pièces uniques artisanales, animaux décoratifs ou fonctionnels ainsi qu'une ligne design de vaisselle, des cadeaux, bijoux et sculptures en céramique.
Découvrez l'atelier miniature du Puy Du Fou.

Puy du Fou 2011 - 3760

Le façonnage (moulage) par coulage apparaît dans les dernières années du XVIIIe siècle.
Cette technique consiste à verser de la pâte à l'état fluide dans un moule en plâtre présentant en creux la forme de la pièce à obtenir.
Au contact du plâtre, l'eau est absorbée par capillarité.
Il se produit alors une filtration et la pâte se dépose sur la paroi absorbante en épousant toutes les sinuosités du plâtre.
La fabrication des assiettes et des plats et objet de décoration se fait aujourd'hui en série grâce au calibrage mécanique.

Puy du Fou 2011 - 3766

27 janvier 2017

2. Les noces de Guillemette

Puystory_02095

Dans la ferme des Maupillier, à peine le soleil s'est-il levé que l'agitation règne.
Aujourd'hui, c'est jour de noces : Guillemette va épouser son Jehan.
Ne s'est-elle pas assez langui de son beau colporteur ?
Dès le retour du jeune homme, on avait fixé le mariage au lundi précédent Mardi Gras...
Ainsi, on pourrait faire bombance avant le Carême et profiter du dernier repos avant les labours de Mars.
Le promis et son futur beau-père avaient, comme la coutume l'exigeait, fait le tour des chaumières pour inviter les voisins aux noces.
Dans chaque ferme, ils avaient dû manger l'omelette au lard et vider un pichet de vin...

La Cave 082012 - 13

Autant dire qu'ils n'étaient pas rentrés l'esprit très clair... !
Et en ce lundi, Guillemette, habillée d'une superbe robe rouge, attend son fiancé cachée dans le grand lit de ses parents...
Soudain, une main frappe de toutes ses forces à la porte, soigneusement fermée, de la chaumière ...
"Que veux-tu ?",
demande Jacques, le frère de Guillemette.
"Je suis à la recherche d'une petite colombe", répond Jehan.
"Entre et cherche", reprend Jacques.
Aussitôt, Jehan se met à fouiller fébrilement la pièce et trouve Guillemette, derrière les rideaux du lit.
Elle se met à pleurer, hurlant qu'elle ne veut pas quitter sa mère pour un homme.
Alors, son fiancé la saisit brusquement et la hissant sur son cheval, l'emporte vers l'église au grand galop.

PUY_3574

Il respecte la tradition qui veut que la fiancée soit enlevée au foyer paternel, pour que le mariage soit heureux.
Quand toute la famille a rejoint les jeunes gens à la chapelle, la messe commence et l'échange des anneaux se fait dans le recueillement.
Puis les nouveaux mariés quittent le lieu saint.
Ils sont accueillis par les cris de joie des villageois qui leur jettent des grains de froment et des fleurs, gages de fertilité pour leur couple.

PUY_3906

Les joueurs de vielle se mettent à jouer et tout le cortège se dirige vers le pré où les tables du banquet sont dressées.

Les jeunes époux sont installés à la place d'honneur.
Pour que leur union soit durable, la grand-mère Bertrade, la plus âgée de la famille, les attache l'un à l'autre. 
C'est-à-dire qu'elle tire un fil du châle de Guillemette et un fil des chausses de Jehan et les lie ensemble.
Les voilà, selon un vieil usage païen, "unis par les liens du mariage".
Ce cérémonial respecté, le festin peut commencer.
Soupe au lard, anguilles, lièvres offerts par le Seigneur du Puy du Fou qui préside l'assemblée, fromages et tartes au miel.

PUY_3549Les ripailles, bien arrosées, durent des heures...
Jehan et Guillemette rêvent de s'esquiver...
Mais, impossible, on les surveille !
Ce ne sera qu'après les danses qu'ils pourront enfin s'en aller...
Mais il ne faut pas que nos tourtereaux espèrent partir discrètement.
Toute la noce les escorte jusqu'au grand lit clos qui va abriter leur première nuit de mariés et pendant plus d'une heure, on chante à tue-tête sous leurs fenêtres...
Après les émotions de cette journée épuisante, pour la première fois depuis qu'ils sont fiancés, ils sont en tête-à-tête...
Sans doute Guillemette est-elle un peu effarouchée.
Sans doute Jehan est-il un peu ému devant tant de fraîcheur et d'innocence.
Mais ne soyons pas indiscrets, laissons-les à leurs confidences et à leurs rêves.

15 août 2025

La tombe de Childéric 1er

PUY_4951

Childéric Ier, n'est pas un petit chef de tribu sans importance.
C'est un roi des Francs saliens du nord-ouest de la Gaule (457-481), fils de Mérovée et père de Clovis, qui mourut en 481, à Tournai, sa capitale.
Il était âgé d’environ quarante-cinq ans.
Dès qu’il eut fermé les yeux, on le revêtit de ses vêtements royaux, on l’orna de ses bijoux, on fixa à son ceinturon sa bourse remplie de pièces d’or.
Puis, l’ayant couché dans un coffre de bois garni de ferrures, on disposa ses armes autour de lui.
L’épée à son côté gauche ; la lance, à droite ; la hache, sur la partie inférieure des jambes.
Cela fait, le cheval du défunt ayant été sacrifié, son cadavre fut jeté dans la fosse qui reçut le cercueil du roi.
Et les siècles passèrent, et l’oubli se fit.

PUY_2020

Toute trace extérieure de la sépulture avait depuis longtemps disparu quand elle fut découverte fortuitement le 27 mai 1653 à Tournai aux abords de l'église Saint-Brice de Tournai.
Nous voici à la veille d’un grand plongeon dans l’histoire, et d'une relecture de l’influence de ce roi franc, qui fut, les éléments archéologiques sont sans contestations sur ce point, légat romain à part entière.
Dans la cave d'un presbytère en réfection, l'air résonne des bruits d'une pioche martelant la terre.
Brusquement, un incident banal mit au jour la dépouille royale, après douze siècles d’ensevelissement.
Sur le sol de terre, un éclat métallique attire soudain le regard de l'ouvrier. 

IMG_1273

Une bourse de cuir éventrée git, laissant entrevoir des pièces d'or.
Adrien Quinquin qui manie l'outil est plutôt du genre silencieux, car il a la malchance d'être sourd-muet.
Ironie de l'histoire, il va mettre au jour l'un des plus grands trésors mérovingiens, dont on parlera encore 370 ans plus tard.
Certains se sont très probablement servis et on ne peut pas dire que les fouilles aient été méthodiques, mais un ecclésiastique parvient à mettre fin au pillage et à récupérer la plupart des objets.
À peine deux ans après leur découverte, Jean-Jacques Chifflet (1588-1673) médecin, antiquaire et archéologue franc-comtois, publie un inventaire des objets mis au jour.
Le trésor est impressionnant, de grande valeur, dont 80 kg d’or, et bénéficie d'un retentissement énorme !

PUY_5651

Outre un trésor monétaire, une épée d’apparat, des bijoux d’or massif, des accessoires vestimentaires, trois cents abeilles en or, une bague sigillaire en or portant l’inscription  "Childerici Regis", est mise au jour, ce qui permit l’identification du défunt.
La sépulture royale renfermait aussi des insignes de pouvoir germanique et romain, l’ensemble des reliques connaissant dès lors un tumultueux parcours.
Ce trésor, enfin ce qu'il en restait, sera récupéré par le gouverneur des Pays-Bas espagnols et confié aux Habsbourg de Vienne, avant d'être offert diplomatiquement à Louis XIV en 1665 avant de faire l’objet d’un vol spectaculaire commis au Cabinet des Médailles de Paris.
Deux abeilles, sur les 300, seront retrouvées dans la Seine, tandis que les voleurs disparaissent, sans que l’on ne sache jamais ce qui est advenu au "trésor de Childéric".
Des empreintes et quelques rares pièces sont encore conservées au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale de France.

PUY_1232

Grâce à la découverte de sa tombe et l'étude des objets retrouvés, Childéric 1er se révèle bien être un Roi Franc, avec tous les insignes de la royauté des Francs Saliens, mais en même temps, complètement imbriqué dans la structure civile et militaire de l’empire Romain.
On est donc très loin d’une image de “barbare” envahisseur…
En effet, nous sommes entre 440 et 480, période qui coïncide justement avec la fin de l’Empire Romain d’Occident, et tout un mode de vie, toute une civilisation, se trouvant être à un tournant de l’Histoire.
À l’heure de l’effondrement de cet Empire Romain d’Occident, le Fils de Childéric, Clovis, va continuer l’œuvre de son père, et fonder un royaume franc. 
À l’échelle de l’Histoire, ces années de transition sont très rapides, puisqu’elles ne durent qu’à peine 30 ans.

IMG_1265

Puystory
Archives