La Vendée a élu, pour raconter sa longue histoire, un irrécusable témoin ; le Puy du Fou.
Cet étrange château enveloppé par la nuit, né de choix très anciens, devenu des raisons mortes, a su garder au creux de ses murailles, le souvenir jaloux du passé.
Abandonnez-vous à la complainte de ses ruines douloureuses qui nous redisent à peine ce que fut cette demeure avant la renaissance et qui portent la trace des artisans qui l'ont élevée et des soldats qui l'ont assaillis.
Laissez-vous bercer par l'étang qui somnole et fredonne sa chanson d'eau.
Suivez l'ombre des arbres dont le péché des hommes a trop souvent trahi la paix.
Écoutez le silence des chemins creux qui se recueillent pour vous faire confidence de ce qu'ils ont entendu.
Regardez ces bocages mystérieux, retraites impénétrables qui savent de folles amours discrètes et d'odieuses tueries.
Alors, vous distinguerez des voix, celle de "Catherine du Puy du Fou", lointaine et mélodieuse, celle de "Charrette", altière, celle de "Clemenceau", puissante et celle de "De Lattre", charmeuse.
Toutes ces pierres mutilées par le temps sortiront de leur nuit et reprendront vie pour un instant.
Les loggias vous diront leurs intrigues et le bassin confiera son mystère.
Et sous les feux des projecteurs, l'histoire de la Vendée vous remontera au cœur, féérique et grandiose.
Le soulèvement de mars 1793 ouvre pour la Vendée une période troublée qui ne s’achève vraiment qu’au 15 juillet 1801.
A cette date, le Concordat signé entre Rome et le gouvernement de Napoléon Bonaparte restaure officiellement en France la liberté religieuse.
On peut alors considérer que la Vendée a obtenu l’essentiel de ce qu’elle réclamait et qu’elle n’aspire plus qu’à la paix.
Plus tard vinrent les soulèvements de 1815 et 1832, que le Vendéen d’aujourd’hui serait bien injuste d’oublier.
Mais rien dans la région n’a jamais égalé la "Grande Guerre" de 1793.
Au mois de mars 1793, la conscription et les excès de la Révolution ne dressent pas qu’une région contre le gouvernement en place.
Les DEUX TIERS des départements français échappent à son contrôle, de la Normandie au Berry, de la Gironde au Massif central.
Partout cependant, même en Bretagne où fleurira un peu plus tard la chouannerie, les troupes républicaines parviennent à reprendre la situation en main.
Partout, sauf dans un pays du sud de la Loire, où l’absence de concentration de troupes, coup de pouce du destin incontestablement, va permettre aux "rebelles" de créer une poche de résistance durable.
Les succès de l’insurrection (mars-juin 1793) se dérouleront en 4 phases.
1ère phase
L’annonce de la circonscription, dans les premiers jours de mars, provoque aussitôt des émeutes.
Le dimanche 3 mars, agitation dans les cafés à Cholet.
Les jeunes protestent contre le tirage au sort.
Le lendemain, la Garde nationale tire sur les manifestants en grande partie venus des paroisses voisines : 3 morts, 7 blessés.
Dans la semaine qui suit, les insoumis s’agitent et parcourent les paroisses.
Du 4 au 12 mars, de nombreuses paroisses du Pays de Retz, du Clissonnais, du Marais, du Bocage et des Mauges s’insurgent.
Les émeutiers remportent leurs premiers succès.
Machecoul tombe entre leurs mains le 11 mars, tandis que le 12 mars, à Saint-Florent-Le-Vieil, les conscrits qui refusent le tirage au sort mettent en fuite les gardes nationaux.
Dans la foulée, des vengeances sont exercées contre les éléments républicains de la population, en particulier les "intrus", dont un certain nombre prend la fuite.
2ème phase
Les insurgés prennent conscience qu’ils se sont mis hors-la-loi et que les autorités vont réagir.
Ils se rassemblent, se donnent des chefs et attaquent les gros bourgs mal défendus.
A l’issue de cette phase, ils sont maîtres au moins des Mauges et du Bocage et 40 000 hommes seraient sous les armes.
Le 13 mars, le voiturier Jacques Cathelineau prend la tête des insurgés du Pin-en-Mauges.
Rejoint par les paysans des environs, il s’empare de Jallais et Chemillé. Ceux d’Yzernais et Maulévrier, conduits par Stofflet, prennent Vezins.
Conduits par les Sapinaud, les gars de la Gaubretière, La Verrie, Beaurepaire, Saint-Aubin-des-Ormeaux, Saint-Martin-des-Tilleuls, Chambretaud, Bazoges-en-Paillers et les Landes-Genusson prennent les Herbiers, pendant que ceux de la Guyonnière, la Boissière de Montaigu, Treize-Septiers, Tiffauges et la Bruffière s’emparent de Montaigu.
Les environs de la Roche-sur-Yon se soulèvent à leur tour, tandis que Challans tombe entre les mains des royalistes.
Le 14 mars, Cathelineau et Stoftlet font leur jonction.
15 à 18 000 hommes marchent sur Cholet.
La première bataille de Cholet se termine par la victoire des Vendéens.
D’Elbée et Bonchamps prennent respectivement la tête des insurgés de Beaupréau et des bords de Loire.
Les paroisses voisines de la Garnache viennent chercher Charette pour le placer à leur tête.
Le 15 mars, Sapinaud prend Clisson.
Le 16 mars, les Vendéens venus de Cholet battent les gardes nationaux de Saumur à Coron.
Vihiers tombe.
Le 19 mars, à Saint-Vincent-Sterlanges, au village de la Guérinière, l’armée du Centre (c’est-à- dire l’armée du Bocage, située entre la Vendée angevine et le Marais, commandée par Charles de Royrand, Sapinaud, Aimé de Vaugiraud, Gabriel de Baudry d’Asson), constituée les jours précédents, bat le général Marcet, commandant de l’armée des côtes de la Rochelle, qui tentait de gagner Nantes.
Le même jour, Guerry de la Fortinière prend Noirmoutier.
Le 22 mars, Cathelineau, Stofflet, Bonchamps, d’Elbée qui ont fait leur jonction à Chemillé et forment l’armée d’Anjou, attaquent Chalonnes-sur-Loire. La ville tombe. Par contre, les 24 et 27, Joly échoue contre les Sables d’Olonne.
Les 23 et 27, Pornic est prise et reprise par Charette.
3ème phase
Les Républicains essayent de reprendre en main la situation.
Un plan est élaboré à Paris le 23 mars 1793.
Trois armées partant de Fontenay-le-Comte, Nantes et Angers doivent prendre la Vendée en tenaille.
S’il se traduit par quelques succès dans le Marais, ce plan échoue en Anjou suite aux initiatives malheureuses d’officiers incapables, aux divisions des généraux qui ne s’entendent pas, souvent à la fois sur le plan stratégique et politique, et à la mauvaise qualité des troupes, où l’on trouve à la fois des révolutionnaires sincères et des aventuriers attirés par la solde.
Tous sont inexpérimentés, le plus grand nombre est indiscipliné ; les plus braillards sont trop sûrs d’eux, beaucoup sont démoralisés et mal à leur aise face à un ennemi dont les premiers succès les déconcertent.
Sans chauvinisme excessif, n’ayons pas honte de dire que la vaillance des Vendéens y joue pour beaucoup, tout aussi inexpérimentés mais convaincus, motivés, excités même, car on n’est encore que dans les premiers jours de la guerre, ils valent mieux en ces circonstances que les troupes adverses.
Pourtant, il s’en fallut de peu qu’ils ne soient écrasés.
En Anjou, malgré la victoire de d’Elbée au "grand choc de Chemillé" (le 11 avril), tous les chefs angevins, Cathelineau, d’Elbée, Bonchamps, Stofflet, doivent se replier sur Mortagne.
C’est un nouveau venu qui va les sauver : Henri de La Rochejaquelein, 20 ans, fils d’un seigneur de Saint-Aubin-de-Baubigné, prend la tête des paysans des Deux-Sèvres, qui se révoltent à ce moment-là, de Mauléon (à l’époque Châtillon) à Argenton-Château.
Il bat aux Aubiers le général Quétineau, imprudemment aventuré dans les environs (13 avril).
Ce succès, la prise de munitions et de canons, conjugués aux innombrables fautes stratégiques du commandement républicain, permet à l’armée d’Anjou et du Haut-Poitou (Deux-Sèvres) de bousculer les Bleus au Bois-Grollau à Cholet (20 avril), à Beaupréau (22 avril) et de les chasser presque complètement des Mauges.
Le 2 mai, la prise de Bressuire permet de desserrer l’étau au sud, de s’emparer de vivres et de munitions, et de délivrer trois prisonniers qui vont devenir les principaux chefs de l’insurrection dans les Deux-Sèvres : Lescure, Marigny, Donnissan.
Par contre, dans le Marais, le général bleu Boulard, un modéré, prudent et humain, a réussi à remporter des succès qui empêchent Charette de contrôler le pays et sauvent Nantes, Les Sables et Fontenay.
C’est ce qui fait que la partie maritime de la Vendée militaire ne sera jamais complètement contrôlée par les Blancs, contrairement aux Mauges et à une partie du Haut-Bocage.
Cela rend difficile d’éventuels contacts avec l’Angleterre.
4ème phase
La conquête des territoires périphériques.
Le mois de mai voit la mise en place d’une structure militaire, la Grande Armée Catholique et royale, dont la paroisse forme la base et dont l’état-major siège à Cholet.
Elle comprend en fait trois armées autonomes, l’armée d’Anjou et du Haut-Poitou, l’armée du Centre (Haut-Bocage), l’armée du Marais (dont Charette est le principal chef), cette dernière combattant de son côté sans trop s’occuper des autres.
Cathelineau est élu général en chef de la Grande Armée à Saumur le 9 juin 1793 (son autorité s’étend en fait principalement sur l’armée d’Anjou).
Un Conseil supérieur installé à Châtillon-sur-Sèvre représente le pouvoir civil, bat monnaie, nomme les capitaines de paroisse et administre le pays au nom du Roi Louis XVII, fils de Louis XVI, emprisonné au Temple.
Se pose alors la question de la stratégie à adopter.
Si le soldat vendéen de base ne pense qu’à défendre son foyer et rentrer chez lui "changer de chemise" sitôt le combat terminé, les généraux songent à un plan à plus long terme.
Celui-ci n’existera jamais faute d’accord entre les chefs.
Plusieurs possibilités.
Attaquer vers le sud et l’est pour soulever les populations du Poitou et du Berry réputées favorables à la Contre-révolution.
- Marcher sur Paris à travers la Beauce.
- S’emparer d’un port pour y recevoir des secours de l’Angleterre.
- Passer la Loire et tendre la main aux quelques rebelles bretons (plan de Bonchamps).
Les Vendéens ne sauront pas choisir.
Les circonstances, en fonction des concentrations d’armées républicaines et des urgences vont rendre, sinon possible, du moins envisageable chacune de ces solutions.
Les villes situées autour de la Vendée militaire vont tomber les unes après les autres, tantôt au sud, tantôt au nord.
Faute de discipline, aucune ne restera occupée plus de trois ou quatre jours.
Le 05 mai : Prise de Thouars.
Le 10 mai : Prise de Parthenay.
Le 25 mai : Prise de Fontenay le comte, après un premier échec le 16.
Le 09 juin : Prise de Saumur par 30.000 Vendéens.
Le 18 juin : Prise d’Angers.
À ce moment, Charette, qui a repris Machecoul à l’ennemi, propose d’attaquer Nantes.
C’était l’occasion d’appliquer le plan de Bonchamps et de réunir toutes les armées vendéennes.
Les Vendéens attaquent Nantes le 29 juin 1793.
Ils auraient peut-être triomphé de la résistance acharnée des Nantais si Cathelineau n’avait été mortellement blessé en débouchant sur la place Viarmes.
Ses troupes paniquées se débandent.
Après cet échec, les Vendéens perdent toute initiative et toute chance de victoire militaire sur la Révolution.
La paix est signée à Versailles le 3 septembre 1783.
L'Angleterre reconnaît l'indépendance des États-Unis.
Elle rend à l'Espagne la Floride et Minorque.
La France récupère ses comptoirs du Sénégal et obtient de nouveaux droits de pêche à Terre-Neuve.
C'est peu, mais le prestige du royaume a été relevé.
La France se consacre désormais à des activités pacifiques, en particulier dans le domaine des sciences.
Le voyage de La Pérouse est une expédition scientifique commandée en 1785 par le Roi Louis XVI et conduite par M. Jean-François de La Pérouse (1741-1788).
À la tête de deux frégates, "La Boussole" et "L'Astrolabe", La Pérouse a pour ordre de mission d'explorer tous les océans pour revenir en France avec des découvertes du bout du monde.
Il quitte le port de Brest le 1ᵉʳ août 1785, franchit le Cap Horn avant d'arriver dans la baie de Concepción au Chili le 23 février 1786.
Après une escale sur l'île de Pâques le 9 mars suivant, l'expédition poursuit son périple vers Hawaï puis l'Alaska.
Le 3 janvier 1787, après sa traversée de l'Océan Pacifique, La Pérouse devient le premier navigateur européen sur les mers de Chine et du Japon, d'où il gagne la pointe orientale de la Sibérie.
D'une découverte à l'autre, l'expédition continue vers le Sud et l'Australie qu'elle atteint le 26 janvier 1788. Les deux vaisseaux reprennent la mer le 15 mars 1788, en direction du Nord-Est.
Mais à partir de cette date, personne ne les reverra jamais.
Quelques décennies plus tard, plusieurs expéditions partiront à la recherche de La Pérouse, sans succès.
Alors que le capitaine de frégate Dumont d'Urville (1790-1842) pense avoir retrouvé l'épave de "L'Astrolabe" dès 1826 au large de Vanikoro, il faudra attendre les années 1960 pour localiser "La Boussole".
Plusieurs plongées sur les épaves seront nécessaires pour remonter un à un les objets de cette expédition sans retour, et essayer de comprendre leur histoire.
Ce n'est que très récemment que les scientifiques ont pu percer une partie du mystère.
Prisonnières d'une tempête et séparées l'une de l'autre, les deux frégates ont sombré dans le Pacifique Sud en juin 1788.
Pendant deux siècles, les épaves ont gardé leur secret dans les eaux cristallines de Vanikoro.
Avec son parcours "Mystère de la Pérouse", le Puy du Fou vous fait plonger au cœur d'une des plus fabuleuses énigmes de notre Histoire.
La Révolution française, un événement marquant de l'histoire mondiale, qui s'étend de 1789 à 1799.
Cette période de bouleversements sociaux et politiques a transformé la France et a eu des répercussions profondes sur l'Europe et le monde.
Les causes de la Révolution française sont multiples et complexes, résultant d'une combinaison de facteurs politiques, économiques et sociaux qui ont créé un climat de mécontentement généralisé et de désir de changement.
Le Contexte Politique
La Révolution française était le résultat d'une accumulation de tensions et de frustrations qui ont culminé en 1789.
La crise politique, économique et sociale, exacerbée par l'incapacité du roi à imposer des réformes nécessaires, a créé un climat propice à un changement radical.
La monarchie absolue, qui régnait en France depuis des siècles, était de plus en plus contestée par les idées des Lumières.
Des philosophes comme Montesquieu et Voltaire ont critiqué le pouvoir absolu du roi et plaidé pour une séparation des pouvoirs et la limitation du pouvoir royal.
Cette critique intellectuelle a contribué à saper la légitimité de la monarchie et à alimenter un sentiment de défiance envers le gouvernement.
L'Influence Américaine
La Révolution américaine, qui avait abouti à la création des États-Unis d'Amérique en 1783, a eu un impact majeur sur la France.
Les Américains avaient démontré qu'un peuple pouvait se soulever contre un pouvoir despotique et obtenir sa liberté.
L'idée d'une république indépendante, fondée sur les principes de liberté et d'égalité, a inspiré les Français, notamment les membres du tiers état, qui aspiraient à des changements similaires dans leur propre pays.
La France a soutenu la Révolution américaine, mais cela a entraîné des dépenses considérables, contribuant à la crise financière qui allait secouer le royaume.
L'Affaiblissement du Pouvoir Royal
Louis XVI, qui a accédé au trône en 1774, était un roi faible et indécis.
Il manquait de charisme et de leadership, et il s'est avéré incapable de réformer le système politique et économique de la France.
De plus, son manque d'intérêt pour les affaires du royaume et sa préférence pour la chasse et les loisirs le rendirent impopulaire auprès de ses sujets.
Ses tentatives timides de réforme ont été sabotées par la résistance de la noblesse et du clergé, qui craignaient de perdre leurs privilèges, alimentant ainsi les tensions sociales.
Les réformes étaient souvent incomplètes ou mal appliquées, ce qui a nourri la frustration et le ressentiment.
L'incapacité du roi à répondre aux besoins croissants de la population a contribué à la montée du mécontentement et à la perte de confiance envers la monarchie.
La perte de prestige et de crédibilité de la monarchie a contribué à créer un vide de pouvoir qui a été exploité par les révolutionnaires.
Les dépenses excessives de la Cour royale
La Cour royale de Versailles était réputée pour son extravagance et son style de vie somptueux.
Les dépenses extravagantes de la reine Marie-Antoinette, notamment pour les robes, les bijoux et les fêtes, alimentaient un sentiment de ressentiment parmi les populations qui devaient payer les impôts pour financer ce train de vie luxueux.
Cette ostentation contrastait fortement avec la pauvreté de la majorité de la population et contribua à alimenter le mécontentement social.
La Crise Financière
Le régime monarchique français était déjà en proie à une grave crise financière à la fin du XVIIIe siècle.
Le royaume de France était lourdement endetté, en partie en raison des dépenses liées à l'aide apportée aux Américains pendant leur révolution et de la guerre de Sept Ans.
Les guerres coûteuses, les dépenses extravagantes de la cour, une administration inefficace, la corruption, la mauvaise gestion et les impôts injustes ont contribué à un déficit budgétaire chronique et épuisé les finances publiques.
La France était au bord de la faillite, et le gouvernement était incapable de trouver des solutions viables à cette crise.
La dette nationale avait atteint des niveaux astronomiques, ce qui rendait difficile pour le gouvernement de financer ses opérations et de répondre aux besoins de la population.
Les élites françaises étaient de plus en plus divisées et incapables de trouver des solutions pour apaiser la colère du peuple.
La situation financière difficile a exacerbé les tensions sociales et politiques et a contribué à la crise imminente.
La Crise Alimentaire
L'année 1788 a été marquée par une grave crise économique et agricole.
L'hiver 1788-1789 fut particulièrement rigoureux et a détruit les récoltes, entraînant une pénurie de nourriture.
Le froid intense et la neige abondante ont rendu les conditions de vie extrêmement difficiles pour les populations rurales.
Le prix du blé, et donc du pain, qui était l'aliment de base de la population, a augmenté considérablement, ce qui a aggravé la misère des populations les plus pauvres.
La famine et la pauvreté ont alimenté la colère et le désespoir, et ont contribué à la montée de la violence et des émeutes dans les villes et les campagnes.
La crise économique a également touché les artisans et les commerçants, qui ont vu leurs affaires péricliter.
La situation économique désastreuse a contribué à exacerber les tensions sociales et à renforcer la pression sur la monarchie.
Cette crise alimentaire a frappé particulièrement durement les classes populaires, qui étaient déjà confrontées à des difficultés économiques.
L'Inégalité Sociale
Le système féodal, qui régissait les rapports sociaux et économiques en France, était obsolète et injuste.
La société française était divisée en trois ordres : la noblesse, le clergé et le tiers état.
La noblesse et le clergé, qui représentaient une petite partie de la population, jouissaient de privilèges importants, notamment l'exemption d'impôts et l'accès exclusif à certaines fonctions.
Le tiers état, qui comprenait les artisans, les commerçants, les paysans et les ouvriers, représentait 97 % de la population, mais supportait la majorité des charges fiscales et était privé de toute influence politique réelle.
Les paysans devaient payer des impôts à la fois au roi et aux seigneurs, tandis que les artisans et les commerçants étaient soumis à des réglementations strictes et à des taxes élevées.
De plus, la noblesse jouissait de droits féodaux, tels que le droit de justice.
Ce système inégalitaire a engendré un fort ressentiment au sein du tiers état, qui se sentait opprimé et exploité par les privilèges de la noblesse et du clergé.
Le Contraste des Niveaux de Vie
Le contraste entre le niveau de vie opulent de la cour et les difficultés économiques du tiers état a nourri le mécontentement social.
La richesse et le luxe ostentatoires de la noblesse et du clergé étaient en contraste flagrant avec la pauvreté et la misère de la majorité de la population.
Cette disparité flagrante a alimenté un sentiment d'injustice et de frustration au sein du tiers état, qui aspirait à un système plus juste et équitable.
Le rôle de la bourgeoisie dans la contestation
La bourgeoisie, qui s'est enrichie grâce au commerce et à l'industrie, a joué un rôle majeur dans la contestation du régime monarchique.
Les bourgeois étaient exclus du pouvoir politique, malgré leur richesse et leur influence économique.
Ils aspiraient à une société plus juste et à un système politique qui leur permettraient de participer à la prise de décisions.
La bourgeoisie s'est organisée et a contribué à diffuser des idées révolutionnaires dans toute la société, préparant le terrain pour la Révolution.
Le rôle des parlements dans la contestation
Les parlements, institutions judiciaires françaises, ont joué un rôle important dans la contestation de l'autorité royale.
Ils refusèrent souvent de s'aligner sur les décisions de la monarchie et ont utilisé leur influence pour défendre les privilèges de la noblesse et du clergé.
Ce rôle de résistance a contribué à alimenter les tensions politiques.
La Convocation des États Généraux
Face à la crise financière et au mécontentement populaire, Louis XVI a été contraint de convoquer les États Généraux en 1789 à Versailles.
Cette assemblée, qui réunissait les représentants des trois ordres, était censée trouver des solutions aux problèmes du royaume et de remettre en question l'ordre établi.
La convocation des États généraux était considérée comme une concession majeure, mais elle a rapidement dégénéré en confrontation entre les trois ordres.
Le tiers état, qui représentait la majorité de la population, a exigé une réforme du système de vote par ordre, qui accordait à la noblesse et au clergé un pouvoir disproportionné.
Les États généraux devinrent le creuset de la Révolution française.
Le Serment du Jeu de Paume
Le mécontentement dans le Tiers État s'est accru au cours des années précédant la Révolution.
Les idées des Lumières, qui prônaient la liberté, l'égalité et la raison, ont nourri un désir de changement et d'émancipation.
Et le tiers état, qui se sentait bafoué par les privilèges de la noblesse et du clergé, a décidé de se réunir séparément et de former l'Assemblée nationale.
Le 20 juin 1789, les députés du tiers état se sont réunis dans le Jeu de Paume, une salle de tennis à Versailles, et ont prêté serment de ne pas se séparer avant d'avoir élaboré une constitution pour la France.
Ce serment symbolique a marqué le début de la Révolution française et a affirmé la volonté du tiers état de se faire entendre et de lutter pour une société plus juste.
Le 9 juillet, l'Assemblée nationale se déclara constituante.
Les États généraux de 1789, initialement convoqués pour résoudre une crise, se transformèrent ainsi en une assemblée révolutionnaire.
La Prise de la Bastille
La convocation des États généraux en 1789 a marqué un tournant décisif.
Le refus du Tiers État d'être soumis au vote par ordre a conduit à la formation de l'Assemblée nationale et à la prise de la Bastille (forteresse royale et prison, symbole de l'oppression).
Le 14 juillet 1789, le peuple parisien, exaspéré par la présence de troupes royales dans la capitale, prit d'assaut la Bastille, libérant les prisonniers et marquant ainsi le début effectif de la Révolution.
Cet acte symbolisant la fin du pouvoir royal a démontré la détermination du peuple à renverser l'Ancien Régime et à conquérir ses droits.
Cet événement a marqué un tournant décisif dans l'histoire de la France, ouvrant la voie à une nouvelle ère de liberté et d'égalité.
L'influence des philosophes des Lumières
Les clubs et sociétés politiques, comme le Club des Jacobins et le Club des Cordeliers, jouèrent un rôle important dans la diffusion des idées révolutionnaires et la mobilisation du peuple.
Ces clubs offraient un espace d'expression et de débat pour les idées politiques et sociales, et contribuèrent à l'émergence d'une opinion publique favorable au changement.
Les idées des philosophes des Lumières, tels que Montesquieu, Voltaire et Rousseau, ont eu un impact profond sur les esprits français.
Ces philosophes ont remis en question les fondements de l'ordre social existant, ont plaidé pour la séparation des pouvoirs, les droits naturels de l'homme et la souveraineté populaire.
Les idées révolutionnaires ont circulé rapidement à travers la France, grâce à l'essor de l'imprimerie et à la diffusion de pamphlets et de journaux.
Ces publications ont permis de se propager parmi les différents groupes sociaux, alimentant dans toute la société française, le désir de changement et de liberté.
Les Débuts de la Révolution
La prise de la Bastille a été suivie d'une période de grands bouleversements politiques et sociaux.
Les révolutionnaires ont adopté la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, un document fondateur qui proclame l'égalité et la liberté pour tous les citoyens.
La monarchie absolue a été abolie et remplacée par une monarchie constitutionnelle, mais Louis XVI a tenté de s'échapper en 1791, ce qui a accentué les tensions et conduit à l'établissement de la République en 1792.
La nuit du 4 août et l'abolition des privilèges
Le 4 août 1789, l'Assemblée nationale, sous la pression populaire, abolit les privilèges féodaux et les exemptions fiscales dont bénéficiaient le clergé et la noblesse.
Cette décision historique marqua la fin du système inégalitaire de l'Ancien Régime.
L'abolition des privilèges fut une victoire importante pour le tiers état et une étape clé dans la construction d'une société plus juste et plus égalitaire.
La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen
Le 26 août 1789, l'Assemblée nationale adopta la "Déclaration des droits de l'Homme" et du Citoyen, un document fondamental qui proclamait les droits naturels et inaliénables de l'homme, tels que la liberté, l'égalité et la fraternité.
La Déclaration, inspirée des idées des Lumières, affirmait la souveraineté du peuple et la séparation des pouvoirs.
Ce document, considéré comme l'un des plus importants textes de l'histoire des droits de l'homme, a eu une influence durable sur les mouvements révolutionnaires et les constitutions du monde entier.
La chute de la monarchie et la proclamation de la République
La chute de la monarchie fut précipitée par la fuite du roi Louis XVI et sa famille en 1791.
Cette tentative d'évasion, qui fut interprétée comme une trahison, contribua à la radicalisation de la Révolution.
En septembre 1792, l'Assemblée législative, après la bataille de Valmy, déclara la fin de la monarchie et proclama la République.
Cette proclamation marqua un tournant majeur dans la Révolution, ouvrant la voie à une nouvelle phase de transformations politiques et sociales radicales.
La Terreur
La période de la Terreur (1793-1794) a été marquée par la violence et la répression politique.
Le Comité de salut public, dirigé par Robespierre, a instauré une dictature révolutionnaire et a fait exécuter des milliers de personnes jugées contre-révolutionnaires.
La guillotine devint un symbole de la terreur, et de nombreux opposants politiques, royalistes et révolutionnaires modérés, furent exécutés.
La Terreur, malgré ses motivations idéales de purification et de défense de la République, a engendré une atmosphère de peur et de suspicion généralisée, laissant des traces profondes dans la mémoire collective française.
Cette période de violence, bien qu'elle ait contribué à consolider le pouvoir de la République, a laissé une empreinte durable sur l'histoire de la France.
Le Directoire
Après la chute de Robespierre en 1794, le Directoire, un gouvernement dirigé par cinq directeurs, a été mis en place.
Cette période a été marquée par une instabilité politique et économique, et la France a connu de nouvelles guerres, notamment contre la Grande-Bretagne et l'Autriche.
L'instabilité politique a conduit au coup d'État de Napoléon Bonaparte en 1799, qui a mis fin au Directoire et a ouvert une nouvelle page dans l'histoire de la France.
L'Héritage de la Révolution
La Révolution française a eu un impact profond sur la France et le monde.
Elle a mis fin à l'Ancien Régime, a instauré des principes de liberté, d'égalité et de fraternité, et a inspiré des mouvements révolutionnaires dans d'autres pays.
L'héritage de la Révolution française est complexe et controversé, mais il a contribué à façonner le monde moderne.
La Révolution française a transformé l'organisation administrative de la France en centralisant le pouvoir et en abolissant les anciennes structures provinciales.
Le pays fut divisé en départements, dirigés par des préfets nommés par le gouvernement central.
Cette nouvelle organisation administrative, basée sur une administration centralisée et efficace, a contribué à la modernisation de l'État français et à la consolidation du pouvoir national.
Elle a aussi servi de modèle pour de nombreuses révolutions et a inspiré des mouvements pour les droits de l'homme et la démocratie.
Du Directoire au Consulat : vers l'Empire
Après la "Terreur", la France a connu une période instable avec le Directoire, un régime politique caractérisé par des luttes de pouvoir et des crises économiques.
En 1799, Napoléon Bonaparte, un général ambitieux et charismatique, mena un coup d'État et s'empara du pouvoir, instaurant le Consulat.
Le Consulat marqua un tournant décisif dans l'histoire de la France, préparant le terrain pour l'Empire napoléonien.
L'Impact Culturel
La Révolution française a eu un impact majeur sur la culture et l'art et a vu l'émergence de nouveaux styles artistiques.
La littérature, la peinture, la musique et le théâtre ont été profondément marqués par les idées de la Révolution, comme la liberté individuelle, l'égalité sociale et la lutte contre l'oppression.
Des artistes comme David, Goya et Delacroix ont immortalisé les événements de la Révolution dans leurs œuvres, créant un langage artistique nouveau et puissant.
Les idées de la Révolution ont également influencé la musique, avec des compositeurs comme Beethoven et Mozart qui ont exprimé dans leurs œuvres le sentiment d'espoir et de changement que la Révolution a inspiré.
La Transformation Politique
La Révolution française a transformé le paysage politique de la France.
La monarchie absolue a été abolie, et la France a été gouvernée par une série de régimes, dont la monarchie constitutionnelle, la République et l'Empire.
Le système politique français a évolué considérablement, avec l'adoption de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui a défini les droits et les libertés des citoyens.
La Révolution française a également contribué à l'émergence d'une nouvelle classe politique, composée de membres du tiers état qui ont pris le pouvoir après la chute de la monarchie.
La France Après la Révolution
Après la Révolution française, la France a connu une période d'instabilité politique et économique.
Avec la proclamation de la République, s'est retrouvée en guerre contre les puissances européennes qui craignaient la contagion révolutionnaire.
Les guerres révolutionnaires, qui ont duré plusieurs années, ont eu un impact considérable sur l'économie et la société françaises.
La guerre a entraîné des pertes humaines importantes, des difficultés économiques et des troubles sociaux.
La guerre contre l'Europe a épuisé les finances du pays, et la société française était profondément divisée.
Cependant, la Révolution a jeté les bases d'un système politique et social nouveau, qui allait influencer l'histoire de la France pendant les siècles suivants.
La France a su tirer les leçons de la Révolution et a progressivement évolué vers une société plus égalitaire et démocratique.
La France Moderne
La France moderne est le résultat des transformations engendrées par la Révolution française.
Le système politique français, fondé sur la République et la démocratie, est un héritage direct de la Révolution.
Les idées de liberté, d'égalité et de fraternité, qui ont été proclamées pendant la Révolution, continuent d'inspirer la société française et le monde entier.
La France a su conserver son héritage révolutionnaire tout en s'adaptant aux défis du monde moderne.
Conclusion
La Révolution française, un événement historique majeur, a transformé la France et le monde.
Les causes de la Révolution sont multiples et complexes, résultant d'une combinaison de facteurs politiques, économiques et sociaux.
L'héritage de la Révolution est controversé, mais il a contribué à façonner le monde moderne en inspirant des mouvements pour les droits de l'homme et la démocratie.
La France moderne est le résultat des transformations engendrées par la Révolution française, et les idées de liberté, d'égalité et de fraternité, qui ont été proclamées pendant la Révolution, continuent d'inspirer la société française et le monde entier.
En 1540, François II est le seigneur du Puy du Fou et il décide de moderniser son château et se lance dans une rénovation sur les traces de la renaissance (mouvement couvrant la période du XIVᵉ siècle au XVIᵉ siècle).
L’art de la Renaissance était en plein essor à Paris et lors de son voyage en 1537, François II juge que son vieux château n’est plus digne de sa grande fortune.
En se mariant avec Catherine de Laval-Bois-Dauphin, il reçoit une dot de 40.000 livres et les travaux peuvent commencer.
Les plans sont fournis par Le Primatice, pilier de l'École de Fontainebleau.
Les infiltrations d'eau obligent les terrassiers à poser les fondations du château sur pilotis.
Le corps du logis s'étend sur 66 mètres de longueur avec de vastes sous-sols (cuisines, cellier, stockage), un rez-de-chaussée (appartement d'apparat et de réception, la chapelle) et un étage (appartements privés), décorés par des colonnes ioniques et corinthiennes comme pour retourner vers l'Antiquité.
Une loggia à l'italienne, composée de deux arcades en plein cintre donnant accès à un escalier à colimaçon.
À l’extérieur, une terrasse surplombe un étang à cinq mètres de haut (Face à la tribune de la Cinéscénie).
Le 17 juillet 1548, François II du Puy du Fou est pris de maladie à Saumur et décède.
C'était il y a 1200 ans !
L'histoire nous est contée par un texte très ancien, la Vita Sancti Filiberti (Vie de St Philbert) écrite au VIIᵉ siècle, sans doute par un moine anonyme de Jumièges, et réécrite par un moine de Noirmoutier appelé ERMENTAIRE vers 853-854.
L'orthographe exacte serait FILIBERT, selon les premiers textes connus.
Mais cette écriture a varié suivant l'humeur des copistes ou les traditions régionales :
FILBERT - PHILIBERT - PHILBERT - PHILEBERT - PHLIBERT - PHLIBART - PHILIBART.
Dans l'ouest de la France (Anjou, Normandie, Poitou et Vendée) on dit plus volontiers : PHILBERT.
On attribue à son nom une origine germanique qui signifie : "Le très brillant".
Philbert est né à EAUZE (Gers), capitale de l'Aquitaine au temps des rois mérovingiens, vers l'an 616.
Il était fils d'un haut fonctionnaire royal qui s'appelait Philibaud.
De sa mère, l'histoire n'a pas retenu le nom.
Son père fut nommé Evêque d'Aire (Landes) à la demande des habitants, en l'an 820.
On en déduit qu'il était alors veuf, et donc que PHILBERT connut à peine sa mère.
À 15 ans, on le destine à une carrière administrative, et PHILBERT s'en va à la Cour du Roi.
La Cour de DAGOBERT est alors fastueuse.
Elle est le creuset d'idées bouillonnantes en quête de renouveau de la société franque.
Les extrêmes s'y côtoient, hommes rudes et brutaux comme EBROIN, gens pieux et instruits comme St ELOI.
Très vite, PHILBERT se lie d'amitié avec WANDRILLE et OUEN (l'un devint Abbé, et l'autre Evêque de Rouen).
Au bout de 5 ans, il renonça aux fastes de la Cour pour devenir moine à son tour.
Il rentre alors au monastère de REBAIS (Seine-et-Marne) où il va passer 15 ans avant d'en devenir le Père Abbé, en 650.
C'est alors qu'il voyage beaucoup d'une abbaye à l'autre en France, Italie, Bourgogne.
Il va faire "provision d'expérience", non seulement à la recherche de la règle idéale pour ses futurs monastères, mais aussi en observant attentivement les réalités sociales, politiques et économiques de son temps.
C'est une époque où la vie monastique fleurit.
Les abbayes deviennent des hauts-lieux non seulement de la recherche de Dieu, mais aussi du travail intellectuel et manuel.
Elles ont un fort impact sur les populations qu'elles évangélisent, instruisent et soignent.
En 654, PHILBERT fonde lui-même sa propre abbaye, dans une boucle de la Seine, à JUMIEGES, dans la province de Normandie qui s'appelait alors la NEUSTRIE.
L'importance des ruines actuelles de cette abbaye donne une idée de ce que dut être son rayonnement, quand on pense qu'elle fut capable d'accueillir jusqu'à 900 moines à la fin du VIIᵉ siècle.
Poursuivi par la haine du Maire du Palais EBROIN, à qui il avait dit ses quatre vérités, PHILBERT fut d'abord emprisonné à Rouen, puis chassé, interdit de séjour, à Jumièges.
Il trouve asile alors, près de l'Évêque de Poitiers ANSOALD, qui lui confie l'île d'HERIO (Noirmoutier) en 675, avec quelques possessions intéressantes sur la côte :
AMPENNUM (Beauvoir-surMer) et DEAS (St-Philbert-de-Grand-Lieu).
Mais à Noirmoutier, il n'arrive pas dans un endroit désert.
Il existait déjà de petites communautés avec village, chapelle et nécropole (aux lieux dits actuellement St-Hilaire et St-André) et même une activité de sauniers à Luzéronde.
Dans cette île, il va fonder un nouveau monastère, certes moins grandiose que celui de Jumièges, mais dont le rayonnement sera tout de même très important.
Regain d'évangélisation des habitants, protection contre la mer (avec de nouvelles digues), utilisation de la mer (développement des marais salants, du commerce maritime et fluvial).
Cet homme extraordinaire, PHILBERT à la fois moine retiré du monde, priant dans la solitude des forêts, ou près des rochers sur le rivage, fut en même temps homme de son temps, très impliqué dans la vie économique et le commerce, plantant ses monastères en des lieux stratégiques.
Evincé de l'estuaire de la Seine, il se remet au travail dans l'estuaire de la Loire.
Au bout de 10 ans, PHILBERT rendit son âme à Dieu, au milieu de ses moines et du peuple de Noirmoutier, le 20 août 685 (ou 687- 688).
Aussitôt, il devint SAINT PHILBERT, canonisé par la voix populaire.
De suite, il fait l'objet d'un culte public qui se propage rapidement de la Bretagne à la Gascogne.
Aujourd'hui, 25 diocèses de France célèbrent solennellement sa fête.
Plus de 50 églises lui sont officiellement dédiées et, dans combien d'autres innombrables, des statues, des vitraux, des peintures attestent la vénération des fidèles.
Des communes même portent son nom.
En Vendée, Saint-Philbert-de-Bouaine et St-Philbert-du-Pont-Charrault.
Des abbayes lui doivent un nouveau rayonnement comme Luçon et St Michel-en-l'Herm.
Au lendemain de sa mort, les miracles commencent.
Les malades arrivent, toujours plus nombreux avec, parmi eux, beaucoup d'enfants et de femmes.
Les miracles n'en finissent pas de se succéder et de se multiplier.
La Vita Sancti Filiberti est intarissable sur ce sujet.
Au IXᵉ siècle, les NORMANDS arrivent.
L'abbaye de Noirmoutier est parmi les plus exposées. ERMENTAIRE écrit :
"Ces barbares s'abattaient souvent sur le port de l'île, se conduisaient comme des gens féroces et dévastaient tout. Les habitants, suivant l'exemple de leur seigneur, préfèrent s'enfuir plutôt que de courir le risque d'une extermination".
On essaye bien de fortifier l'abbaye.
Déjà, on organise une situation de repli dans le monastère de DEAS (St-Philbert-de-Grandlieu).
Mais le péril grandit d'année en année, toujours à la belle saison, là quand la mer est la plus calme.
Aussi, en juin 836, la décision est prise, et le corps de SAINT PHILBERT quitte l'île de Noirmoutier où il reposait depuis 150 ans.
Le lourd sarcophage de deux tonnes, en marbre bleu des Pyrénées, va s'acheminer, par AMPENNUM (Beauvoir-sur-Mer) jusqu'à DEAS.
Là il fallut modifier l'église monastique et lui adjoindre une crypte pour contenir le Saint Tombeau.
Les reliques de SAINT PHILBERT vont reposer tranquillement dans l'abbatiale carolingienne pendant 22 ans.
Puis il fallut fuir à nouveau.
Dès 846, la communauté part à Cunault, domaine royal concédé par Charles-le-Chauve, en laissant les reliques à Déas, adroitement camouflées.
Mais en 858, perdant tout espoir de retourner à Noirmoutier, ils décident d'aller chercher les reliques.
Lors, on laissa sur place le lourd et encombrant sarcophage (qui s'y trouve toujours d'ailleurs), on plaça les ossements du SAINT dans une épaisse enveloppe de cuir, et furtivement, on les achemina au petit monastère de Cunault, possession désormais de la communauté.
Mais Cunault était trop proche de l'océan, et constituait une proie facile pour les NORMANDS, qui remontaient de plus en plus haut sur la Loire, toujours prêts à piller les monastères.
Aussi, 4 ans plus tard, les moines vont fuir à nouveau, avec leurs précieuses reliques, avec toujours beaucoup de miracles, chemin faisant.
Ils vont arriver en 862 à MESSAY, une de leurs possessions.
Ils vont y rester 9 ans.
La communauté des moines de SAINT-PHILBERT ne se sent toujours pas en sûreté définitive, et les incursions normandes commencent à rendre le séjour en Poitou intenable.
Aussi, toujours dans l'espoir d'un refuge stable, l'Abbé GEILON, qui dirige alors la communauté, donne l'ordre à ses religieux de se remettre, une 4ème fois, en route d'exil, toujours accompagnés des reliques de leur fondateur SAINT PHILBERT.
Ils aboutissent cette fois en Auvergne, à l'abbaye de SAINT-POURCAIN-SUR-SIOULE, en 871.
Ils sont désormais à l'abri des invasions Barbares.
Cependant, ils n'y resteront que peu de temps.
L'Abbé GEILON, en effet, avait de grandes ambitions pour sa communauté.
C'est pourquoi il se fait concéder, par Charles-le-Chauve, le 19 mars 875, le territoire de TOURNUS.
Le Roi, "donne à perpétuité à la Sainte Vierge, à Saint Filibert, illustre confesseur du Christ, comme aussi à l'Abbé GEILON et à sa congrégation errante ... l'abbaye de Saint Valérien, le château de Tournus, la ville de Tournus, avec tous ses habitants et tout ce qui en dépend ... ".
Aussitôt les moines prirent possession de leur nouveau domaine, le 14 mai 875 et y déposèrent définitivement les précieuses reliques de SAINT-PHILBERT, où elles sont toujours.
Clovis (466-511), roi des Francs et premier roi de France, qu'on accorde la paternité de la fleur de Lys qui deviendra l'emblème héraldique de la monarchie française jusqu'en 1830.
Elle flotte encore sur le drapeau du Québec.
Il existe plusieurs légendes qui en donnent l'origine.
1. Lors de la bataille de Tolbiac contre les Alamans, Clovis fit le vœu de se convertir s'il emportait la bataille, mais au moment de commencer la bataille de Tolbiac, les crapauds qui décoraient les boucliers vont se transformer en fleurs de lys.
2. Une autre légende rapportée par Louis Girard (1911-2003) rappelle que la fleur de lys est un iris stylisé dont Clovis a fait sa fleur favorite.
Malmené dans la bataille de Vouillé contre les Wisigoth et voyant qu'un fleuve barrait sa retraite, Clovis aperçu dans l'eau un grand nombre d'Iris et comprit qu'à cet endroit le fleuve était peu profond et qu'il pouvait le franchir avec son armée.
De ce fait, il aurait prît la fleur de lys sur fond bleu en souvenir de l'événement.
3. On raconte que la Reine Clotilde, un peu portée sur les croyances et les superstitions, consultait souvent un ermite vivant en forêt de St Germain.
L'ermite lui avait remis un bouclier sur lequel figurait trois fleurs de lys, en référence à la sainte Trinité (Père, Fils et Saint-Esprit).
L'ermite affirma l'avoir reçu d'un ange pour que le roi s'en serve durant la bataille à la place de ses armes ornées de trois croissants ou de trois crapauds.
Selon l'ermite, ce bouclier devait lui assurer la victoire.
Depuis, l'Iris aussi nommée "Reine des fleurs" devint l'emblème Franc, sa forme rappelant en outre celle de l'abeille stylisée que le père de Clovis (Childéric) avait adopté sur ses bannières.
Le lys ou l'Iris apparaît nettement dans le monde franc à la fin du règne de Pépin le Bref (714-768) et au début de celui de Charlemagne (742-814).
On a découvert dans ce qui reste de l'église de Saint-Denis, construite par l’abbé Fulrad (710-784) à la fin du règne de Pépin le Bref et au début de celui de Charlemagne, des colonnes dont les bases étaient ornées d'une frise de lys et rinceaux (motif ornemental constitué d'une "arabesque de feuillages, de fleurs ou de fruits sculptée ou peinte servant d'ornement en architecture ou dans les arts décoratifs").
Mais, la fleur choisie par Clovis était un iris jaune.
La fleur de "Lys" serait en réalité la fleur "de Luce" ou fleur "de Louis", choisie par Louis VII (1120-1180) au XIIᵉ siècle et qui, par altération phonétique, "Luce" devint "Lys" et ainsi le symbole définitif de la Monarchie Française.
Peut-on confondre lys et iris indifféremment ?
L'iris et le lys sont deux plantes différentes, bien que la fleur de lys, emblème de la royauté française, soit en réalité un iris des marais (ou iris jaune).
La confusion entre les deux noms est ancienne, mais l'iris a des feuilles linéaires et une structure de fleur distincte du lys, qui a une forme de trompette ou d'étoile.
"Du Pain et des Jeux", le seul souhait, la seule convoitise de la "tourbe dégénérée des enfants de Romulus", fulminait le poète satirique Juvénal, stigmatisant la décadence de la plèbe de Rome.
Et les empereurs conscients qu'un peuple "qui bâille est mûr pour la révolte" ne laissèrent jamais les Romains bâiller, ni de faim (par des distributions mensuelles de nourriture), ni d'ennui...
Les feux et les spectacles furent le plus sûr instrument de leur absolutisme.
Ils y ont sciemment englouti des sommes fabuleuses (même les plus pingres, comme Claude ou Vespasien) pour assurer leur pouvoir.
À l'origine...
Les premiers Jeux (les "Ludi") étaient des manifestations équestres, dédiées à une divinité afin de se concilier ses bonnes grâces et de capter son énergie, momentanément incarnée dans les vainqueurs des courses.
Dans les premiers temps de Rome, ces spectacles avaient des objectifs plutôt "agraires"...
On s'adressait à Saturne pour les semailles, à Cérès pour les moissons, à Liber pour la vigne, à Paies pour les troupeaux...
Cette tradition remonterait à Romulus, mais le plein essor des Jeux se situerait à l'époque de Tarquin l'Ancien (au VIᵉ s. av. J.-C.) qui fit construire le Circus Maximus (le "Grand Cirque") et décida la création d'une douzaine de Jeux annuels, à périodes fixes...
Ainsi, en avril, on célébrait Cybèle, la déesse Mère ; en mai, Flore, la déesse du Printemps ; en août, Romulus, le fondateur de la Cité...
Peu à peu, les chefs d'État, les généraux, fêtèrent leurs victoires en offrant au Peuple des représentations supplémentaires de "circenses" (de "Jeux du Cirque") que l'on reconduisit d'année en année.
Ces "commémorations" s'additionnant, on pouvait assister, à Rome, au IVᵉ siècle, à plus de 182 jours de festivités par an...
Toutes, cependant, ne se déroulaient pas dans le "Cirque".
Certaines avaient un autre cadre : "L'Amphithéâtre".
Dans ce lieu, la violence était de mise.
Une autre tradition religieuse avait évolué.
Il s'agissait, dans ce cas précis, du culte que les familles romaines vouaient à leurs ancêtres.
Pour honorer leurs âmes, les Mânes, elles leur offraient des fleurs, des aliments...
Mais il fallait aller plus loin...
Pour apaiser leur courroux d'avoir quitté cette Terre, les défunts réclamaient des sacrifices sanglants, animaux... et humains, lors de combats de gladiateurs où, inévitablement, il y avait des victimes.
En 105 av. J-C , l'État reprit à son compte ce culte barbare.
Il ordonna des combats de gladiateurs pour protéger le peuple romain de la colère des dieux et des âmes mortes...
Au fil des siècles, on oublia le sens profond des "jeux"...
On y assista par désœuvrement, pour l'émotion des courses, mais aussi pour le plaisir immonde de voir couler le sang...
Ce n'est que convertis au christianisme (dont ils avaient tellement persécutés les adeptes) que les Romains rougirent de cette honte invétérée et qu'en 404, un édit d'Honorius interdit les tueries de l'arène.
Ces Jeux, tellement prisés des citoyens romains, duraient des journées entières... et même jusqu'à la nuit tombée.
Nous irons pour ce premier séjour dans l'antique Rome, assister aux Jeux par excellence, les "Jeux du Cirque"...
Ils attiraient une foule très nombreuse et, souvent, l'Empereur les honorait de sa présence...
Au "Circus Maximus'', il se situe entre les collines du Palatin et de l'Aventin, dans la petite vallée Murcia.
Le fond de la vallée forme la piste avec son sol souple et sablonneux, idéal pour amortir les chutes.
Les gradins s'étagent sur les collines environnantes.
Les bancs de bois peuvent recevoir 150 000 spectateurs...
La piste s'enroule sur 568 mètres autour de son "épine dorsale", la spina, une longue terrasse ornée de statues de divinités et de l'obélisque du pharaon Ramsès II, ramenée d'Égypte par l'Empereur.
A chacune des extrémités de la spina, les fameuses bornes de pierre (les metae) autour desquelles devront virer les attelages.
Entre la piste et les gradins, un large fossé empli d'eau, "l'euripe", protège les spectateurs.
Il y avait autrefois des rampes de fer, mais un jour, des éléphants affolés les renversèrent et tuèrent plusieurs assistants...
César fit creuser "l'euripe" pour éviter d'autres accidents.
Mais... attention... l'Empereur Auguste entre avec sa suite...
Il occupe, sur le flanc du Palatin, une magnifique loge de marbre.
Aussitôt la foule se lève d'un sursaut unanime et lui adresse, en agitant des mouchoirs, une vive acclamation...
Déjà, les concurrents de la première course sortent des écuries situées à l'une des extrémités de la piste.
Ils viennent occuper la place que le sort leur a assignée, dans un ordre impeccable et une mise éclatante.
Les chars sont richement décorés, ce ne sont pourtant que de simples caisses montées sur deux roues...
Ils sont ainsi très légers, mais aussi très fragiles et faciles à renverser.
Chacun est tiré par quatre chevaux : c'est une course de quadriges...
Les bêtes s'avancent, un rameau sur la tête, la queue relevée par un nœud très serré, la crinière constellée de perles, le poitrail couvert de plaques étincelantes et d'amulettes, montrant à leur encolure un mince collier et un filet teints de la couleur de leur écurie.
Les conducteurs, les "auriges", attirent, eux aussi,, tous les regards.
Debout sur leur char, casque en tête, fouet en main, bandes molletières enroulées autour des jarrets et des cuisses, ils sont vêtus d'une casaque de la nuance de leur écurie.
Autour de leur corps s'enroulent les rênes, qu'en cas d'accident, ils trancheront du poignard suspendu à leur côté.
Aujourd'hui, le célèbre Scorpus conduit un quadrige...
Il a déjà gagné plusieurs centaines de prix... est l'idole de la foule et surtout des femmes...
Son nom est sur toutes les lèvres, son portrait dans toutes les maisons.
Il est pourtant d'humble origine, comme tous ses collègues...
C'est un esclave, mais il a été affranchi par l'Empereur grâce à ses succès.
Il est devenu fabuleusement riche.
Il se fait payer à prix d'or par son écurie qui veut à tout prix le conserver.
De plus, à chaque victoire, il touche une bonne somme, augmentée d'un cadeau de l'Empereur.
Son destin fait rêver les Romains : la force, la fortune, la gloire à un tout jeune âge...
Mais aussi le danger permanent de mourir sur la piste...
Dans le Cirque, les chevaux piaffent...
L'organisateur des Jeux, un haut magistrat, spectaculaire dans sa tunique écarlate et sa toge brodée d'or, accomplit le geste décisif.
Au son de la trompette, il jette du haut de sa tribune une serviette blanche.
C'est le signal du départ...
La fièvre s'empare alors du public aussitôt que la poussière vole sous la roue des chars.
Les spectateurs tremblent de crainte et d'espoir...
Car ils ont parié, souvent de fortes sommes, sur les quatre écuries, les "factions".
Les Verts, les Bleus, les Blancs et les Rouges.
Chacun mise sur sa couleur favorite.
Le peuple préfère les Verts, les sénateurs et les riches plutôt les Bleus...
Les patrons des différentes écuries s'inquiètent, eux aussi.
Ils attendent le gain des courses pour entretenir un nombreux personnel : entraîneurs, vétérinaires, tailleurs, bourreliers, gardes d'écurie, palefreniers, panseurs, abreuveurs...
La passion monte au fil des tours de piste...
Les quadriges mènent un train d'enfer...
Chaque passage des metae est un moment dangereux et décisif !
Si la borne est serrée de trop près, le Mosaïque du char risque de l'accrocher et de s'y briser !
Si le tournant est pris trop large, l'attelage perdra son avance ou sera heurté par le suivant !
Tout dépend de l'adresse de l'aurige et des deux chevaux extérieurs.
Au lieu d'être attelés au joug comme les deux du milieu, ils sont attachés par une corde et dirigent l'ensemble.
Celui de droite, à l'aile marchante, celui de gauche au pivot...
Ces bornes, il faut en franchir treize au cours des sept tours de piste... sept tours symbolisant l'errance des sept planètes (connues à l'époque) et la succession des sept jours de la semaine...
Sur la spina, se trouvent, en alternance, sept œufs de bois colossaux et sept dauphins de bronze.
A chaque tour, on retourne un œuf et un dauphin pour que chacun sache où en est la course.
Au dernier tour, la foule excitée, hurle, encourageant sa faction...
Une tempête d'acclamations et d'applaudissements salue le vainqueur qui reçoit son prix des mains mêmes de l'Empereur...
Il faut maintenant que les esprits s'apaisent...
Une course de voltige va permettre aux spectateurs de se détendre...
Les cavaliers doivent, toujours au long des sept tours de piste, effectuer sur leur monture, toutes sortes d'exercices difficiles : Manier les armes, se tenir à califourchon, agenouillé ou couché sur le cheval au galop ; ramasser une étoffe sur la piste et même franchir un quadrige d'un bond prodigieux...
Le spectacle est passionnant car chacun des participants redouble d'audace.
La journée au Cirque comporte une douzaine de courses de chars ou de voltige...
Pour ne pas perdre leurs places, les spectateurs ne les quittent même pas pour se restaurer.
Ils déjeunent sur place avec ce qu'ils ont apporté ou ce qu'ils achètent aux innombrables marchands ambulants...
Ils lient conversation avec leurs voisins et discutent...
De quoi…?
Devinez...
De courses, bien entendu... !
Quand le soleil disparaît à l'horizon, épuisés par tant d'émotions, les Romains se dirigent vers le grand banquet offert par l'Empereur... ainsi les esprits se calmeront, les perdants seront consolés...
D'ailleurs, les courses terminées, on pense déjà aux prochaines festivités...
Bientôt, d'autres Jeux, encore plus palpitants, se dérouleront, cette fois, à l'Amphithéâtre...
Une petite commune, Les Châtelliers-Châteaumur, qui possède sur son territoire des vestiges du Moyen Age, dont le donjon domine le bourg de Châteaumur depuis 10 siècles.
C'est un quadrilatère dont les angles et le milieu des côtés sont renforcés de tours pleines sur leur plus grande hauteur.
Le donjon de Châteaumur (XIIᵉ siècle) est de même style et de même époque que les donjons de Pouzauges, de Tiffauges et de Noirmoutier.
Frère ou cousin des châteaux romans de Tiffauges et de Pouzauges, Châteaumur se dresse sur une petite colline dominant "le Vieux Camp Gaulois" dont les traces de forme elliptique de 50 mètres de long sur 40 mètres de large, existent encore dans le Parc du Logis de Villefranche.
Autrefois entouré d'eau au moyen d'étangs creusés et alimentés par le petit ruisseau voisin, qui sépare les communes de Châtelliers-Châteaumur et de la Flocellière, il fut longuement occupé par les Légions Romaines.
De nombreux débris furent exhumés au cours des fouilles entreprises au siècle dernier par les archéologues.
Une église y fut même élevée vers l'an mil.
Ce fut Saint Nicolas qui devint Prieuré.
Ne se contentant pas d'occuper le vieil Oppidum Gaulois, les chefs Romains établirent un Prétoire sur la petite colline où s'élève le Donjon actuel.
Ce fut là que, lors des grandes invasions barbares qui amenèrent la chute de l'Empire Romain, les populations se regroupèrent sur un lieu facilement défendable, le Prétoire Romain.
Par voix électives, elles se choisirent un chef qui, par sa bravoure, son autorité, ses capacités, serait le plus apte à organiser leur défense.
Ce fut l'origine de la Féodalité.
Ce pouvoir donné à un chef n'était pas transmissible à sa descendance.
À sa mort, un autre chef était élu. Puis, vers la fin du Xᵉ siècle, la grande famille des vicomtes de Thouars qui, par les Ducs-Comtes du Poitou, avait été mise à la tête d'immenses domaines correspondant à peu près aux Départements de la Vendée et des Deux Sèvres, commença, sous Aimery II de Thouars, d’organiser le territoire qui lui était confié.
Dans les points stratégiques comme Tiffauges, Pouzauges, Mortagne, les Herbiers, Mauléon, Châteaumur, ils placèrent des cadets de leur famille.
Ce qui prouve l'appartenance des premiers seigneurs de Châteaumur à cette Famille de Thouars, ce sont leurs armoiries.
Les armes reproduites dans le blason actuel de la commune des Châtelliers-Châteaumur, sont celles de Thouars.
Puis ces cadets de Thouars abandonnèrent leur nom de famille pour prendre celui de leur domaine.
Pratique très fréquente, même au siècle dernier, où les cultivateurs prenaient le nom de leur métairie.
Ce sont eux qui, après avoir fait élever un lourd donjon de bois, le remplacèrent au XIIᵉ siècle, par l'actuel donjon roman, près duquel ils élevèrent l'église de la Madeleine, belle église romane à trois nefs voûtées en plein cintre.
Incendiée pendant les Guerres de Vendée, elle ne sera démolie qu'en 1826, de même que celle de Saint Nicolas.
Cet actuel donjon roman se présente comme un cube flanqué de tours rondes aux quatre angles.
On y accède par une belle porte en arc brisé du XIVᵉ siècle.
Au-dessus subsistent les fentes pour le passage des bras du pont-levis.
L'intérieur de ce donjon a perdu ses étages.
Situé à présent au milieu d'un petit village circulaire qui épouse la forme de l'ancienne enceinte de la place fortifiée.
Il est le cousin de ceux de Tiffauges et de Pouzauges, en ce qu'il est bâti sur un plan similaire, quadrangulaire, à contreforts hémicylindriques, au centre des murs avec les angles englobés dans de fortes tourelles massives au rez-de-chaussée, mais au premier étage contenant trois petites chambres destinées à la surveillance et au tir.
Celle du Nord-Ouest comporte une petite cheminée et des lieux d'aisance.
On y entrait par une petite porte romane encore très bien conservée, placée aujourd'hui à deux mètres du sol, qui devait primitivement être plus bas, et cette porte était solidement fermée.
À l'intérieur, il comportait deux étages non voûtés, dont les planchers étaient soutenus par de grosses poutres reposant sur des corbellets de pierre.
Il mesurait à l'intérieur 11 m sur 9,50 m.
Ce château était le siège d'une des plus importantes Baronnies relevant de Thouars.
Le baron de Châteaumur avait le droit de haute, moyenne et basse-justice, sur tout ou partie de 32 paroisses aux alentours.
Le premier texte concernant Châteaumur est de l'an 950, et le premier seigneur connu en fut Arnold 1er, fils cadet d'Arnold de Mauléon d'Humberge de Mortagne, qui avait eu Châteaumur en apanage.
Il apparaît dans les textes en 935, dans la charte de fondation de l'église Saint-Pierre de Mauléon.
C'était un THOUARS.
Ensuite le dernier de cette famille Geoffroy de Châteaumur eut une fille Jeanne qui vers 1260 apporta cette Baronnie à Maurice de Belleville, seigneur de la Garnache et Montaigu.
Un de ses descendants fut le célèbre connétable Olivier de Clisson, ami de Du Guesclin, il fut seigneur de Châteaumur.
Puis toujours un de ces descendants, dit de Bretagne, sera Baron de Châteaumur.
Laquelle Baronnie, vers le milieu du XVIᵉ siècle, devint la propriété de la Famille ESCHALLART de la Boulaye en Treize-Vents.
Châteaumur fut vendu par eux en 1649 à François MESNARD de TOUCHEPRES, seigneur de la Pommeraie-sur-Sèvre.
Le dernier de cette famille, François MESNARD de TOUCHEPRES vivait à Paris.
Le vieux donjon n'étant pas très confortable, les Mesnard de Toucheprès bâtirent, sur la seconde enceinte, une série de constructions que l'on voit 'encore aujourd'hui.
On raconte qu'avar et très inhospitalier, très impopulaire à Châteaumur et à la Pommeraye, il se tenait, quand il y venait, dans l'appartement qui se trouvait au-dessus de l'entrée de son château de Châteaumur, pour surveiller le travail de ses serviteurs.
Il avait comme régisseur le Docteur Vincent CHAPELAIN, originaire des Epesses, qui fut Maire de Châteaumur, la Flocellière et les Epesses, révolutionnaire, guide des Colonnes Infernales en 1794.
Les archives de la Vendée conservent tout un dossier de lettres adressées par MESNARD de TOUCHEPRES, à son régisseur CHAPElAIN. MESNARD de TOUCHEPRES mourut à Paris sans alliance le 12 avril 1793, et comme ses héritiers avaient émigré, leurs biens ont été dispersés et vendus comme biens d'émigrés.
Châteaumur fut donc mis en vente et acquis comme Bien National, le 14 novembre 1798. Les sieurs Cougnaud, notaire à Fontenay, et Bonamy, propriétaire à Maillezais, l'ont acquis pour 80.000 francs.
Quatre familles possédèrent Châteaumur successivement :
- Les sires de Châteaumur, de 950 à 1301.
- Les sires de Belleville, de 1301 à 1538.
- Les Eschallart de la Boulaye, de 1538 à 1649.
- Les Mesnard de Toucheprès, de 1649 à 1791.
Un décret de la convention a décidé de remplacer par des nouveaux noms les noms des localités rappelant la féodalité.
Pendant la période de la révolution, Châteaumur se nommera "LIBRE-MUR" !
Le 8 juillet 1814, Louis XVIII (1755-1824) annule le changement de noms des 3 000 communes rebaptisées par les sans-culottes.
En Bas-Poitou, on a toujours désigné les anciens pigeonniers sous le nom de "fuies".
Le droit de fuie était un droit féodal qui appartenait, en principe, à tous les fiefs nobles avec maison noble.
Il demeurait attaché au fief même si celui-ci était devenu la propriété d'un roturier.
L'importance de la fuie était généralement fonction de l'importance du fief.
La plupart des belles fuies que nous retrouvons de nos jours datent du XVIIᵉ siècle.
Le type courant est une tour ronde, avec une toiture de tuiles plates, pas très haute et, dans la plupart des cas, surmontée d'un petit dôme.
La fuie comporte, en général, quatre petites lucarnes, souvent couronnées d'un fronton et orientées vers le soleil, en alignement ou en triangle, à l’abri des vents et de la pluie.
Ces lucarnes permettent le passage des pigeons, mais sont suffisamment petites pour éviter l’intrusion des gros prédateurs.
À la base des fuies, le plus souvent est aménagée une plage d’appui qui permet à l’oiseau de prendre son envol, de se reposer ou de se réchauffer au soleil.
A l'intérieur, se trouvent des boulins, sortes de niches en poterie dans lesquelles dormaient et couvaient les pigeons.
On compte généralement jusqu'à 4 000 boulins dans une même fuie.
La fuie reste avant tout le témoin d'un élevage lucratif.
Pourvoyeur de viande délicate, d'œufs, de plumes pour garnir les couettes et de fientes pour engraisser les terres sur lesquelles se nourrissaient les volatiles.
À l'écart de l'habitation principale, le pigeonnier assurait la tranquillité à ses pensionnaires comme aux locataires ou propriétaires des lieux.
Ces fuies rondes sont encore très nombreuses, quoique leur entretien soit coûteux et désormais inutile.
D'autres fuies étaient des tours carrées.
Les fuies ont aujourd'hui perdu toute fonction utilitaire et ne sont plus désormais maintenues que par un attachement au passé qui devrait être encouragé pour protéger l'ensemble du patrimoine.
Un monument féodal au pays du Puy du Fou ...
On a surnommé Pouzauges "La Reine du Bocage Vendéen", non à cause de son importance sur la chaîne des Collines de Gâtine, mais parce qu'elle est devenue, en raison de son environnement, le Paradis des nombreux touristes qui parcourent notre Vendée Verte.
Dominée par le Bois de la Folie, la Chaîne des "Puy", Puy Papin, Puy Crapaud, Puy Trumean, Puy Pin, Pouzauges qui dispute à St-Michel-Mont-Mercure, avec ses 288 mètres, l'altitude la plus haute de Vendée, domine un vaste et beau paysage.
Dès l'origine du peuplement du Haut-Bocage, Pouzauges était épisodiquement habitée, et ce plusieurs dizaines de millions d'années avant notre ère.
Quant à la signification de ce nom de Pouzauges, incontestablement la première partie du nom de Pouzauges vient de Puy (élévation).
On ne connaît pas le nom primitif gaulois ou romain, mais dès l'an mil, on écrivait déjà en latin "Pozalgus" ou "Podalgia", et un peu plus tard, en 1170 "Pozauges".
La terminaison en "auges" est gallo-romaine.
Au Bois de la Folie on a trouvé les vestiges d'un temple gaulois dédié à Mercure, la divinité suprême des Gaulois.
Jules César précise dans ses Mémoires, que les temples dédiés à ce dieu étaient construits sur des sommets élevés.
Il occupa la région 55 ans avant notre ère.
Et sur l'emplacement du château actuel, qui fut d'abord un ancien camp préhistorique, auquel succéda un oppidum gaulois et une légion romaine.
Puis lors de la réorganisation de l'état poitevin, ce Bas Poitou était confié aux vicomtes de Thouars, après l'élimination de l'envahisseur Normand.
Vers l'an 970, fut édifié un donjon de bois comme à Tiffauges, donjon de bois dont la réplique est "Le Fort de l'An Mil" édifié dans le Grand Parc du Puy du Fou.
On y a trouvé de nombreux vestiges de ces différentes occupations, déposés depuis par Fortuné Parenteau, Pouzaugeais, qui était Conservateur du Musée Dobrée à Nantes, auquel il fit don de toutes ces trouvailles.
Le constructeur de ce donjon de bois en fut Guillaume de Thouars dit Taillefer, qui avait épousé Mathilde, fille de Renaud de Mortagne.
Un de leurs fils Zacharie de Pouzauges, fut probablement le constructeur de l'actuel donjon roman, dont nous parlerons ci-dessous.
Zacharie de Pouzauges, en 1066, fit partie des seigneurs poitevins qui accompagnèrent Guillaume le Bastard, dit Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie dans la conquête de l'Angleterre.
Quatre mille poitevins sous la conduite du vicomte Aymery de Thouars, prirent part à la sanglante bataille d'Hastings où 6700 Anglais devaient trouver la mort.
Parmi eux certainement des Poitevins du Pays de Pouzauges.
Un des petits-fils du constructeur du donjon de Pouzauges, Aymery de Thouars prit le titre de seigneur de Chantemerle et fut le père de Guillaume de Chantemerle et de Pareds et de Pierre de Pareds, qui en 1202 fondèrent l'Aumônerie de Pouzauges, dont la chapelle subsiste encore de nos jours.
Ils furent co-seigneurs de Pouzauges, qui revint plus tard par mariage à la famille de Thouars.
La création de cette Aumônerie fut autorisée par les Abbés de Saint Nicolas d'Angers, qui possédaient les églises de Pouzauges, moyennant une redevance versée par les seigneurs de Pouzauges à cette abbaye angevine.
Cette Aumônerie ou Hôpital était chargée d'entretenir un certain nombre de lits dans lesquels étaient accueillis et soignés les pauvres et les malades de Pouzauges, du Boupère, de Saint-Prouant et de Rochetrejoux, et qui subsista jusqu'à la Révolution, au cours de laquelle elle fut vendue comme Bien National.
Seul resta un moulin à eau de Saint-Michel-Mont-Mercure, qui versait une rente pour les acheteurs Nationaux de l'Aumônerie, jusqu'à la fin du XIX' siècle.
Guillaume de Chantemerle, co-seigneur de Pareds et de Pouzauges eut une fille, Belle Assez de Pareds qui apporta toutes ses seigneuries au célèbre Savary de Mauléon, un des plus grands savants de son temps.
Et là, nous rejoignons la légende de Mélusine qu'on dit avoir été entre autres, la constructrice du donjon de Pouzauges, d'où son célèbre anathème, après la découverte de son secret de femme-serpent :
"Pouzauges, Châteaumur, Vouvant, Mervent, irez d'une pierre en périssant, tous les ans !".
Mais Mélusine, en réalité Eustache Chabot, ne posséda jamais Pouzauges.
Plus tard Alix de Mauléon, fille de Savary, porta Pouzauges, de nouveau dans la Maison de Thouars, par son mariage avec Guy le Brun, vicomte de Thouars.
Les Archives Nationales conservent un curieux accord passé entre Alix de Mauléon dame de Pouzauges, et son frère Raoul, au sujet de la succession de leur père Savary de Mauléon, en date du 2 juillet 1247.
Cette pièce permet de connaître la descendance de Guy ler de Thouars et d'Alix de Mauléon, seigneurs entre autres de Pouzauges.
Et cette descendance se continua jusqu'à Miles II de Thouars mort en 1419, laissant ses biens à ses deux filles : Marie morte célibataire et Catherine épouse du célèbre Gilles de Rais.
Morte en 1462, et ne laissant qu'une fille Marie, la baronnie passa par héritage dans les familles de Coëtivy, Gouffier, et par vente en 1634, aux Grignon de la Pellissonnière en le Boupère, dont les descendants la possédèrent jusqu'à la vente à la commune de Pouzauges en 1988, du vieux donjon démantelé par Richelieu.
Mais revenons à notre actuel donjon de Pouzauges bâtit au XIème siècle.
Il ressemble étrangement à tous les donjons romans construits à cette époque par la famille de Thouars : Tiffauges, Châteaumur, probablement les donjons détruits de Montaigu, Mortagne, Mouchamps, et celui de Vendrennes remanié au XVème siècle et à Noirmoutier.
Un massif de maçonnerie carré de trois étages, mesurant 27 mètres de haut, séparés de haut en bas par un mur de refends, dont les angles et le milieu de chaque face sont flanquées de tourelles pleines et cimentées.
Il comprenait anciennement trois étages, et une plateforme, desservis par un escalier à vis de granit, chaque étage comprend une grande salle et une plus petite voûtée en berceau, éclairées par de petites fenêtres carrées, garnies de coussièges (banc ménagé dans l'embrasure d'une fenêtre) de granit à l'intérieur.
On y voit quelques cheminées de granit qui semblent plus récentes, et à l'étage supérieur des restes d'échauguettes sur corbelets (pièce de bois ou de pierre saillante).
Les pièces principales à chaque étage étaient séparées par des planchers de bois.
L'escalier à vis desservant les différents étages fut ajouté au XIVème siècle, et à la même époque un quatrième étage avec mâchicoulis vint couronner le vieux donjon.
Dès le début, l'entrée du donjon se situait au 1er étage et on y accédait par une échelle mobile, comme dans les autres donjons romans.
Au pied de ce donjon, existait un corps de garde et une chapelle, dont les ruines furent retrouvées lors de fouilles effectuées en 1988.
Ces ruines semblent plus récentes que le corps principal du donjon.
Une double enceinte de murailles renforcées de dix tours rondes, datant vraisemblablement du XIVème siècle, enserrait le vaste éperon rocheux sur lequel est bâti le château.
Des fossés le protégeaient.
D'autres bâtiments à l'usage des soldats employés à la défense du château devaient exister, mais il ne fut jamais fait de fouilles sérieuses sur ce vaste emplacement dont le donjon occupe un des angles.
Une tour plus importante, dite Tour de Bretagne fut vraisemblablement construite par le célèbre Gille de Rais, qui avait épousé la dernière héritière de cette famille de Thouars.
Voilà le donjon de Pouzauges, au Pays du Puy du Fou.
Sept familles possédèrent successivement le château de Pouzauges :
1. Branche "Pouzauges-Pareds Chantemerle" (de l'an 1000 à 1239).
Belle-Assez de Chantemerle mourut aux environs de 1230. Ses biens sont passés à sa fille Alix de Mauléon qui épousa Guy 1er de Thouars.
2. Branche "Thouars Pouzauges" : (de 1239 à 1441).
Catherine de Thouars épouse Gilles de Rais en 1420, et en seconde noces Jean de Vendôme.
3. Branche "Vendôme" (de 1441 à 1560).
François de Vendôme donne par testament sa Seigneurie de Pouzauges à son oncle Claude GOUFFIER.
4. Branche "Gouffier" (de 1560 à 1634).
Louis Gouffier vend la Baronnie de Pouzauges, pour le prix de 48.189 livres, à Louis Grignon (Seigneur de la Pellissonnière du Boupère).
5. - Branche "Grignon Pelissonnière" (de 1634 à 1819).
Joseph-Gabriel Grignon, fils unique, fut tué par les "bleus" à Chambretaud.
Sa mère fit don, par testament de la "Tour de Pouzauges" à son neveu.
6. - Branche "Grignon de l'Eperonnière" (de 1819 à 1849).
Charles-Louis Grignon fait don par testament olographe de la tour de Pouzauges à son cousin. Olographe : testateur écrit seul. Pour être valable, il suffit qu'il remplisse les conditions suivantes : Être écrit en entier de la main de celui qui l'établit. Être daté. Être signé.
7. - Branche de "Bagneux" (de 1849 à 1988).
Philippe de Bagneux cède la Nue Propriété du Château de Pouzauges à la Commune de Pouzauges pour la somme de 600.000 F.
Mme De LESTRANGE AUDOUIN, née FROTIER DE BAGNEUX Béatrix en garde l'usufruit.
Les premiers textes qui citent Pouzauges datent de 1905.
On les trouve dans le Cartulaire du Bas-Poitou : "Puzalgiis", "Puteaugiis", "Pozaugiarum".
- Le premier Seigneur connu serait ZACHARIE 1er (ou ACHARIAS) qui vivait en l'an 1000.
L'étymologie est difficile à établir et elle a donné lieu à bien des hypothèses.
L'une des plus vraisemblables pourrait être celle-ci :
- Pou... serait un dérivé de Puy = hauteur, surélévation
- Auge... (ou Oge) viendrait du Gallo Romain = œil, et par extension, un poste d'observation !
1204 : MAXENCE, Dame de Pouzauges, épouse de Guillaume de Chantemerle, meurt au Château de Pouzauges, après donation de ses biens à l'Abbaye de Talmont.
1212 : SAVARY III de Mauléon, et son épouse Belle-Assez de Thouars sont au Château de Pouzauges et fondent un anniversaire à l'Abbaye de l'Absie.
1242 : Le roi Louis IX se fait remettre le château.
Il y place une garnison et en donne le commandement à Geoffroy IV qui en assume la charge jusqu'à la trêve de 1243.
1305 : Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux (futur pape Clément V) couche au château de Pouzauges avec sa suite.
1340 - 1380 : La forteresse aurait été démantelée par DU GESCLIN.
1389 : Mention de Nicolas Brunet garde du Sceau aux contrats de Pouzauges.
1420 - 1440 Catherine de Thouars, Dame de Pouzauges, épouse de Gilles de Rais, habite avec sa fille au château de Pouzauges.
1562 : Une garnison (comprenant 10 hommes à pied, et 10 hommes à cheval) est établie à Pouzauges, par le Maréchal de St-André.
Elle dut fuir en 1563, lors de la prise de la ville par les Huguenots.
1661 : Durcot du Plessis-Puitesson, gentilhomme protestant, fut enfermé à la prison du château, sous la garde du concierge Barion.
1792 : Le chateau est confisqué comme bien national.
1794 : 50 personnes sont massacrées sur l'esplanade du château.
1798 : Le château est vendu aux enchères (30.500 F) à Brillanceau.
1862 : Le château est classé MONUMENT HISTORIQUE.
1871 : Le château est mis à la disposition de la paroisse, pour 99 ans.
Après un voyage en Italie en 1536, l'architecte français de la Renaissance Philibert de l’Orme (1514-1570) réalise les jardins d’Anet.
C'est le premier à fixer l’organisation type des jardins à la française ou jardins classiques.
Les progrès dans les domaines de l’optique, de l’hydraulique et la topographie, comme l’emploi d’instruments de mesure nouveaux, serviront à l’aménagement des jardins et à la composition géométrique complexe.
Le jardin à la "Française", symbole de la Renaissance, est signe de perfection, de noblesse, de pouvoir de l’homme sur la nature.
C’est aussi l’art de corriger la nature pour y imposer une certaine rigueur, entre autre par la symétrie, avec un désir de faire triompher l’ordre sur le désordre de la nature, du réfléchi sur le spontané.
Il est dessiné comme un édifice, une demeure avec une succession de pièces que le visiteur traverse.
On y parle de salles, de chambres ou de théâtres de verdure.
Les caractéristiques générales sont : Présence du minéral (sculpture), végétal (plante) et de l'eau.
Une terrasse doit offrir un point de vue général au visiteur sur l’agencement du jardin.
Différents éléments caractérisent les jardins à la française comme les topiaires qui sont des arbres ou des arbustes tels que le charme, le buis, l'if ou encore le cyprès.
Taillés à la perfection, ils constituent des formes géométriques et comportent des parterres, des bosquets, des allées, des fontaines, des bassins animés par des jeux d'eau féeriques ou des vasques.
Le tout est rythmé par des statues en pierre qui représentent des personnages de la mythologie ou de la chasse.
André Le Nôtre (1613-1700) sera l'architecte des jardins à la "française" le plus célèbre.
Il sera le jardinier officiel du Roi-Soleil Louis XIV (1638-1715) et dessinera et créera le jardin de Versailles pendant le règne du Roi au XVIIᵉ siècle.
Il réalise également le jardin du château de Chantilly, de Saint Germain et de Maintenon.
Ce modèle français, imité par de nombreuses cours royales européennes, est aujourd’hui encore la référence ultime de la maîtrise paysagère.
On chantait beaucoup dans notre bocage.
Tout l'environnement était source d'inspiration.
On chantait le travail du paysan, les métiers, les moulins, les animaux, les fêtes….
J'entends encore les vocalises des jeunes valets menant boire le bétail ou revenant des champs au crépuscule.
Leurs chants langoureux me séduisaient.
Que de fois aussi ai-je entendu "la chanson de toile" de la jeune fille de la ferme voisine.
À l'ombre d'un vieux châtaignier, elle exerçait sa voix argentine tout en filant la quenouille.
Les refrains s'unissaient aux chants des oiseaux d'alentour.
En toute saison, on entendait chanter le rémouleur, le marchand de peaux de lapins sur un ton monocorde, le sabourin à plein gosier, parcourant les rues de mon village.
Ils annonçaient leur passage pour solliciter la clientèle.
On chantait durant les travaux d'été.
On s'animait, on s'exaltait en chansons devant les derniers blés à faucher.
Le soir des vendanges particulièrement, après une journée bien remplie, les hommes s'assemblaient dans le cellier.
Le verre à la main, la casquette en arrière sur un visage grimaçant, ruisselant et rouge, adossés aux barriques, les disciples de Bacchus se réjouissaient de cœur en chansons.
Les chansons rythmaient également les étapes de la vie.
Ma grand-mère avait la charge d'endormir le dernier-né de la famille.
Je la revois dans un coin de notre vaste cuisine et je l'entends encore chanter de sa voix chevrotante et cassée la même chanson qui nous avait endormis.
La tête courbée sur elle-même, elle sommeillait parfois avant mon petit frère devant le berceau aux rideaux amidonnés.
Je crois que nous avons tous appris nos premières chansons quand elle nous faisait sauter sur ses genoux.
Le dimanche, en fin de soirée, il n'était pas rare de voir les groupes de jeunes s'en aller en chantant comme des fous à travers la campagne.
Mais, ce sont surtout les jours de noces que la chanson trouvait son opportunité.
Pendant les repas, le vin aidant, toutes les voix se faisaient entendre. On assistait, alors, à une cacophonie générale.
Le silence se faisait tant bien que mal et les meilleurs chanteurs et chanteuses étaient sollicités.
Aidé par "son papier", chacun piquait une pointe de fierté à chanter tous les couplets (30 à 40 parfois).
Le verre à la main, on entendait celui qui pouvait aller jusqu'au bout de sa chanson.
Et puis, après les compliments, venait la traditionnelle chanson de la mariée.
Le violoneux invitait ensuite à la dance.
Les noceurs s'en donnaient à cœur joie et même souvent à "l'avant-deux", accompagnaient la musique de leurs chants rythmés.
C'est encore en chansons que l'on conduisait les époux à leur demeure.
Quand la fête était terminée, n'entendait-on pas dans la fraîcheur du matin ?
On battait "le charivari" quand un veuf ou une veuve se remariait.
Dans les bourgs, on appréhendait les groupes d'hommes extravagants, voire grotesques qui déambulaient dans les rues.
Un tintamarre accompagnait toujours le cortège au milieu de cris et de chansons entrecoupées de "you ! you !" qui effrayaient les enfants réveillés.
Ainsi, les chansons conduisaient les hommes à la croisée des chemins aventureux.
C'était la chanson du chevalier quittant sa dulcinée pour aller à la guerre.
C'étaient nos ancêtres qui "chantaient au long des haies des strophes de foi et de feu"….
Au printemps de leur vie, les conscrits ramassaient les poules de village en village et sans se soucier de leur avenir, ils annonçaient à tous leur prochain départ sous les drapeaux.
Chansons d'hier…
Vieilles chansons folkloriques, cantilènes, chansons bachiques, mélodies ou romances mélancoliques, chansons à "ripouner", … je vous retrouve dans mon vieux cahier aux feuilles jaunies.
Malgré les craintes du lendemain incertain, malgré les soucis quotidiens qui pesaient lourd sur les cœurs, les chansons reprenaient le dessus et devenaient symboles d'espérance.
Le Mystère de La Pérouse prend ses racines en Vendée.
Dans le village du Boupère, voisin du Puy du Fou, vivent les descendants du lieutenant de vaisseau Augustin de Monti, bras droit de La Pérouse.
Lorsque Jean-François de La Pérouse doit choisir son second pour commander "L'Astrolabe", le deuxième vaisseau de l'expédition, il opte pour l'un des marins les plus aguerris de son temps, ayant participé à la Guerre d'Indépendance Américaine : le lieutenant de vaisseau Augustin de Monti (1753-1788).
Conformément à la tradition, le lieutenant de vaisseau Monti emmena à bord sa vaisselle portant les armoiries de sa famille.
À la fin du XXᵉ siècle, lors des fouilles archéologiques sur les deux épaves dans les eaux de Vanikoro, les équipes de recherches ont notamment remonté une assiette.
Après identification grâce aux armoiries, elle fut rendue à M. Aymar de Monti descendant du bras droit de La Pérouse.
Cette histoire authentique fut le point de départ de la création du spectacle "Le Mystère de La Pérouse".
En 2016, lorsque la famille de Monti sut que le Puy du Fou s'était lancé sur les traces de son ancêtre et elle décida de confier l'assiette en dépôt au Puy du Fou.
Cet objet, témoin de la plus fascinante expédition de l'Histoire de France, est au cœur de l'intrigue de la création du Puy du Fou.
À travers l'histoire de cette assiette revenue du bout du monde après avoir passé 200 ans au fond des océans.
Les visiteurs sont désormais les témoins privilégiés du destin de ces grands hommes, marins et explorateurs, qui partaient à la découverte du monde pour le rayonnement de la France.
Le Mystère de La Pérouse au Puy du Fou est un "spectacle" où le visiteur pénètre dans les entrailles de la "Boussole", mais aussi revit sa fin tragique en 1788 au large de Vanikoro ayant comme fil conducteur une assiette ayant appartenu à Georges Augustin de Monti.
Que devenons-nous retenir de cette "expérience" et de ce mystère qu'est "l'expédition" de La Pérouse ?
De l'histoire, nous connaissons le parcours effectué par la "Boussole" et l'"Astrolabe".
Commandée par Jean-François de La Pérouse (1741-1788),"La Boussole" (1785) est une gabare de 550 tonneaux construite à Bayonne en 1781-1782 sous le nom de "Portefaix".
Mais pour les besoins de l'expédition, elle sera renommée et armée en frégate en 1785, avec un effectif de 110 hommes.
Avec son capitaine Paul Fleuriot de Langle (1744-1787),"L’Astrolabe" (1785) est une gabare de 450 tonneaux construite au Havre en 1781 sous le nom "d'Autruche".
Aussi, pour les besoins de l'expédition, elle sera renommée et armée en frégate en 1785, avec un effectif de 110 hommes.
Une gabare est un bateau traditionnel destiné au transport de marchandise.
Au niveau du matériel, la boussole donne principalement le Nord, et l'astrolabe donnait la latitude..et avec les progrès de l'horlogerie, on sait (à l'époque) mieux déterminer la longitude.
Mais pourquoi une expédition alors qu'un bon nombre de gravures existaient et provenaient du marin britannique et explorateur James Cook ?
Louis XVI confiera à "La Pérouse" (réplique française de Cook) une expédition qui devra être "supérieure" à celle du Britannique, mais sans pourvoir à la violence envers les populations locales rencontrées.
Pour ce faire, 5 mois de préparation seront nécessaires…
Le but principal était de trouver de nouvelles voies de communication et pour y parvenir, le Roi avait réalisé une carte centrée sur le Pacifique reprenant les routes empruntées par les navigateurs depuis 250 ans en partant de Magellan (1480-1521) à Cook (1728-1779) en passant par Bougainville (1729-1811).
Et c'est le 1er août 1785 que le départ d'un voyage de 4 ans sera donné pour les 220 hommes (dont une vingtaine de scientifiques) afin de découvrir le monde.
Durant cette toute première expédition si lointaine, La Pérouse fera de nombreuses découvertes : cartographie des îles polynésiennes, découverte des îles Fidji, de nombreuses observations astronomiques et biologiques.
Mais revenons un instant sur le changement de nom de ces navires, était-il signe de perdition ?
Il existe une légende, une superstition venant des traditions antiques !
Les bateaux malchanceux sont généralement ceux qui ont défié les dieux de la mer.
Bien sûr, tout le monde a entendu parler de la légendaire Neptune, le Big Kahuna qui contrôle les océans et les mers, mais il ne faut pas oublier Nereus, Proteus, Glaucus et Phorkys et les dirigeants des vents Neptune connaît personnellement chaque navire énuméré dans son livre, et il se met en colère quand les humains ordinaires le déshonorent en changeant le nom.
Bon nombre de bateaux subiront la colère de "Neptune".
Faut-il se soucier du changement de nom d'un bateau pour se garantir une belle croisière ?
La question reste posée.
Mais revenons à notre sujet.
Plusieurs événements tragiques seront subis par l'équipage.
En Alaska, la perte de deux chaloupes et de 21 marins.
Aux Îles Samoa, le commandant de l'Astrolabe et 2 autres officiers furent tués et il en suivra le massacre de Tutuila.
Et finalement le naufrage de la "Boussole" et de l'"Astrolabe".
"A-t-on des nouvelles de La Pérouse ?", demandait Louis XVI à la veille de son exécution.
Depuis 200 ans, un bon nombre d'expéditions seront menées afin de retrouver les trésors des sciences découverts par La Pérouse et aussi les raisons du naufrage de ces deux vaisseaux.
Parti en 1785, il n’a plus donné signe de vie après 1788, date à laquelle il a pu expédier son dernier courrier.
Ce naufrage fera l'objet de nombreuses recherches dans le but de retrouver les trésors des sciences découverts par La Pérouse.
En 1791, l’Assemblée constituante a voté les crédits d’une expédition de recherche qui restera infructueuse.
En 1826 : L'épave de "L'Astrolabe" est retrouvée par le capitaine Dillon.
De 1962 à 1964 : la localisation de la seconde épave, celle de La Boussole, bateau de La Pérouse avec les recherches menées notamment par Reece Discombe et l’amiral Brossard.
De 1981 à 2008, l’association Salomon de Nouméa, présidée par Alain Conan, réalisera huit expéditions de plus en plus importantes.
2005 : identification formelle des épaves.
Depuis 2005, le Musée Maritime conserve et gère plus de 4 200 objets provenant des campagnes de fouilles.
Pourquoi une assiette et des couverts ?
Dans les années 1990, Alain Conan, président de l’association Salomon, plongeur et explorateur des épaves de l’expédition La Pérouse dans les eaux du Vanikoro (îles Salomon), est venu en Vendée, rencontrer la famille de Monti au château du Fief-Milon (près du Puy du Fou), berceau du second de La Pérouse.
Les armes de la chevalière du maître de maison étaient les mêmes que celles gravées sur une fourchette retrouvée dans les vestiges de La Boussole.
Augustin de Monti (1753-1788), officier de la Royale, avait embarqué sa vaisselle en expédition.
Alain Conan est venu, deux siècles plus tard, raconter les derniers instants de son célèbre ancêtre au châtelain de Vendée, qui a confié une assiette au Puy du Fou, "fil rouge" de nouveau spectacle.
Le voyage de La Pérouse est une référence.
Sa fin a marqué la mémoire collective avec sa part tragique et inconnue.
À l'ombre de la forêt du Puy du Fou, on pénètre dans un relais de chasse du XVIIIᵉ siècle.
Au-dessus de la cheminée de la bibliothèque trône l'assiette du lieutenant de vaisseau Augustin de Monti (1753-1788).
Un petit garçon questionne son grand-père sur un couvert dressé en permanence sur la table de famille.
Ce couvert attend toujours le retour de leur ancêtre, Augustin de Monti, parti sur les mers avec Jean-François de La Pérouse (1741-1788) pour une expédition sans retour.
L'atmosphère intimiste du relais de chasse nous guide d'une pièce à une autre pour nous mener bientôt sur le spectaculaire quai du port de Brest.
Dans les couloirs, on remonte le temps jusqu'en 1785 où l'on s'apprête à monter à bord de "La Boussole".
Au moment d'embarquer, savants et scientifiques se confrontent aux officiers de marine.
Ces derniers protestent contre le chargement d'outils scientifiques, tous plus volumineux les uns que les autres, tandis que les savants exigent que la mission souhaitée par le roi en personne conserve sa vocation scientifique.
Les futurs marins franchissent la passerelle d'accès et pénètrent dans la cabine des officiers, où les scientifiques et officiers sont conviés à un repas avant de partir en mer.
À mesure qu'ils s'enfoncent dans les entrailles du navire, on découvre les secrets du vaisseau et nous plonge dans la vie, l'ambiance et l'environnement de ces marins de l'extrême.
Insensiblement, on devient moussaillons prenant le large.
Le navire se met à tanguer et nous voici en route pour les mers inconnues.
On traverse la cabine de La Pérouse, puis celle des savants qui ont amassé toutes sortes de découvertes botaniques ou animales.
Et voilà le Cap Horn, ensuite l'Île de Pâques, et bientôt l'Alaska.
Au fil du périple dans les entrailles du vaisseau, le décor prend parfois une dimension verticale sur plusieurs étages.
On explore l'entrepont, enchâssé entre le pont supérieur et le pont inférieur du navire.
L'illusion d'être au cœur même de l'action est totale dans ce décor visuel et sonore en trois dimensions.
À bord du vaisseau, on participe aux grandes découvertes, du Cap Horn à l'Alaska, jusqu'à Vanikoro... En essuyant les plus redoutables tempêtes !
Alors que les premières explorations suscitaient l'enthousiasme de l'équipage, les succès précèdent les déboires.
Vanikoro apparaît enfin, ultime étape du voyage.
Les marins se plaignent de n'avoir plus rien à se mettre sous la dent.
Et la tempête saisit bientôt la frégate ballottée par les flots redoutables.
Les paquets de mer inondent littéralement la cabine.
Les marins tentent de se frayer un passage dans ce déluge dont on pressent l'issue fatale.
La coque ne résistera pas longtemps aux écorchures des coraux.
Le vaisseau est emporté par le fond, c'est le naufrage.
Nous traversons la cabine de commandement que des torrents d'écume remplissent à vue d'œil, tandis qu'on aperçoit par les hublots fissurés le fond de l'océan ...
Soudain, nous sommes happés dans un tunnel d'eau et de lumière qui nous ramène à la vie, dans la bibliothèque d'Augustin de Monti où l'assiette attend toujours le retour de celui dont, pendant 200 ans, personne n'a eu de nouvelles.
J’aime le geste au ciel que fait mon clocher, j’aime l’appel des cloches qui de leurs voix pesantes demandent, en patois, de se mettre en dimanche, j’aime la prière des cloches à l’angélus de l’aube qui féconde mes champs, j’aime la joie des cloches aux matins de baptême, j’aime le glas des cloches au soir de trépas, j’aime le vent des cloches qui m’annonce l’orage. - Mais pourquoi ont-ils fait taire les cloches ? - Leur trop long silence est devenu intolérable et la bourrasque de 1793 va déferler sur ce pays en accord d’une lugubre désespérance, ils ont proféré des blasphèmes contre la religion, ils ont proscrit les prêtres légitimes, ils ont indigné les cœurs, ils sont venus jusqu’au pignon de la ferme, ils ont réquisitionné les hommes et ils ont provoqué la révolte.
En pénétrant dans la cour du château renaissance, on remarque sur l'une des tours, une potence.
A cet endroit se trouvait la petite cloche du château.
Depuis le début de la Terreur, par ordre de la Convention, les cloches étaient descendues des clochers et envoyées à la fonderie pour en faire "des sous et des canons".
La paroisse des Epesses, ne faisait pas exception.
En 1797, les habitants du bourg voulurent retrouver le son de leur clocher.
En effet, un nouveau prêtre assurait le service religieux à l'église paroissiale.
Or, il restait une petite cloche oubliée au Puy du Fou, accrochée à une tour du châtelet.
Elle portait la date de 1731 et l'inscription "Madame d'Armaillé", du nom de la dernière fille de Claude Boylesve, Gabrielle.
Avec la complicité du régisseur, Gilles Lelièvre, la cloche du Puy du Fou fut montée triomphalement au clocher de la paroisse.
Les auteurs de cette bravade se réjouissaient du tour qu'ils allaient jouer ainsi aux Patriotes.
La cloche sonna bientôt à toute volée pour les offices.
Une plainte ne tarda pas à être déposée à Fontenay.
Le commissaire voisin se fit rappeler à l'ordre par le Directoire départemental :
"Il paraît, lui écrivait-on, que depuis un certain temps, une cloche sonne aux Epesses, et bien qu'habitant à Saint-Mars-la-Réorthe, vous ne vous en êtes pas rendu compte !"
Le commissaire se précipita aux Epesses et condamna au silence la petite cloche, dont il fit "descendre la corde".
L'histoire ne dit pas si la cloche du Puy du Fou se remit à sonner en l'absence de ce commissaire à l'oreille un peu dure…
Le premier livre consacré à l’histoire de Saint-Martin a été écrit de son vivant. Quand il meurt en 397, Martin, Évêque de Tours, est déjà le saint de la Gaule Romaine.
Le catholicisme est alors protégé par les empereurs depuis 80 ans.
Martin naît à Sabaria (Hongrie actuelle) en 316 de parents païens.
Son père, de simple soldat, est devenu tribun, c'est-à-dire général.
À l'âge de 10 ans, Martin entre dans une église, s'intéresse à la foi et commence son catéchuménat.
Il songe même à aller vivre au désert.
Le général, son père, ne l'entend pas de cette oreille et met en application un édit sur l'enrôlement des fils de vétérans.
Il fait arrêter son fils par la gendarmerie qui le conduit à l'armée.
Martin fait donc son service dans la cavalerie, puis passe à la garde de l'empereur.
Il ne dépassera pas le grade de sous-officier.
Simple catéchumène (dans la tradition chrétienne, une personne qui n'est pas encore baptisée, mais qui s'instruit pour le devenir), il se comporte déjà avec humilité, servant lui-même son serviteur.
C'est en Gaule que se situe l'acte qui le symbolisera pour des siècles.
En 354, lors d'une patrouille près d'Amiens par un hiver de grand gel, il rencontre, à la porte de la ville, un pauvre mourant de froid.
N'ayant plus d'argent à lui donner, saisissant son arme qu'il portait à la ceinture, il coupa sa chlamyde (Manteau réglementaire du soldat romain) en deux, et en donna un morceau au pauvre et se rhabilla avec le reste.
Peut-être Martin en aurait-il donné la doublure, c’est-à-dire la partie chaude, gardant l’autre pour lui ?
Quelques-uns des assistants se mettent à rire, car on le trouvait ridicule avec son habit mutilé.
La nuit, Jésus apparaît à Martin revêtu du demi manteau et dit aux anges qui l'entourent : "Martin, encore catéchumène, m'a couvert de son manteau !".
Cette apparition lui semble une invitation à se rapprocher de Dieu.
La scène s’appelle "La Charité de Saint-Martin".
Et au fil du temps, cet épisode est devenu et est resté jusqu’à nos jours, le symbole du Partage.
Cette scène, popularisée par la sculpture, la peinture et le vitrail jusqu'à nos jours, nous est racontée par Sulpice Sévère, dans la Vie de Saint-Martin.
Mais en donnant son manteau, il réhabilite et élève le pauvre, il lui rend sa dignité d’homme, il lui fait revêtir pleinement son humanité.
C’est aussi un signe décisif de sa vocation.
Lui qui était partagé entre ses aspirations chrétiennes et sa fonction militaire, imposée par son père dont il critiquait les principes de l’armée auxquels il était astreint.
Le froid rigoureux, on le sait, peut mener à la mort.
Se défaire de son manteau, c’était donner une part de soi, voire se donner soi-même.
Négliger sa propre personne, n’était-ce pas signe d’un amour de Dieu poussé jusqu’au mépris de soi ?
Il s’agissait d’un manteau, ou plutôt d’une cape, d’officier.
Il symbolisait le pouvoir impérial et était en quelque sorte sacré.
Le trancher en deux signifiait renoncer au commandement, à l’armée, à l’Empire.
Une autre explication s’impose : le légionnaire romain n'était propriétaire que de la moitié de son équipement.
L’autre moitié appartenant à l’état romain.
Avec ce geste, on peut y voir une action d’offrande de ses biens sans pour autant renier son appartenance à l’Empire.
Le samedi Saint de l'année 334, il est baptisé et confirmé.
Sa vie de militaire l'entraîne à voyager et en août 336, il se trouve à Worms où l'armée romaine tente de s'opposer aux invasions barbares.
Il propose à l'empereur César Julien de se porter seul à la rencontre des rangs ennemis, sans armes ni protection, hormis celle de sa foi envers le Seigneur.
Pris pour fou, il est enfermé dans une cellule.
Mais le lendemain, au lever du jour, l'ennemi se retire et envoie des messagers de paix.
Les Chrétiens voient en ce revirement de situation un miracle divin et l'empereur manifeste son trouble en libérant Martin.
En 356, quelques années après l'épisode d'Amiens, Martin obtient de quitter l'armée qu'il servait depuis 25 ans.
Il vient à Poitiers auprès du fameux Hilaire qui lutte contre l'arianisme (Doctrine professée par Arius et ses disciples qui est fondée sur la négation de la divinité de Jésus), ce qui vaut à ce dernier d'être arrêté, fouetté et envoyé en résidence surveillée en orient sur une île au large de la côte ligure pendant plusieurs années par le pouvoir impérial.
En 360, Hilaire, gracié par l'empereur,
Martin s'installe comme ermite à Ligugé, à quelques kilomètres de Poitiers.
Il reçoit le ministère d'exorciste.
Il va ensuite retrouver ses parents en Pannonie natale (ancienne région de l'Europe centrale, limitée au nord par le Danube et située à cheval sur les actuelles Autriche, Hongrie, Slovaquie, Slovénie, Croatie, Serbie et Bosnie-Herzégovine) et sa mère se convertit.
Fidèle défenseur de la foi catholique, Martin est persécuté et expulsé par les Ariens.
Il subit à nouveau des persécutions dans les environs de Milan où il a établi son ermitage.
Il va alors s'installer dans l'île de Gallinaria, sur la côte italienne.
Enfin, à la nouvelle du retour d'exil de saint Hilaire, il rentre en Poitou.
Autour de lui, à Ligugé, Martin voit se rassembler de nombreux disciples qui forment une communauté à la fois de prière monacale et d'évangélisation.
Avec eux, Martin visite les pauvres et les malades.
Martin voyage beaucoup, se portant à la tête de ses "légions de moines" détruisant les idoles et convertissant les âmes dans trois directions principales
La première Chartre - Paris - Reims et Trèves, la seconde, la Bourgogne - Lyon - Vienne et enfin la troisième avec l'Aquitaine.
Il fréquente conciles et synodes épiscopaux.
Empereurs et hauts dignitaires respectaient ou craignaient Martin non seulement en raison de ses saintes paroles, mais pour ses actes miraculeux médiatisés par ses biographes successifs que furent Sulpice Sévère ancien avocat de Bordeaux, Paulin de Périgueux, Venance Fortunat et enfin plus tard le célèbre Saint Grégoire également évêque de Tours (593 à 594).
Homme de prière, il exerce la compassion et guérit les malades, tantôt par de simples remèdes, tantôt par l'huile des malades, et, parfois, par des guérisons extra ordinaires.
Martin ressuscite même les morts.
En automne 397, Martin se rend à Candes "car les clercs de cette église se querellaient".
Après avoir rétabli la paix, il songe à revenir au monastère de Marmoutier quand les forces de son corps commencèrent tout à coup à l'abandonner.
Tous pleuraient autour du mourant qui fit cette dernière prière :
"Seigneur, si je suis encore utile à ton peuple, je ne refuse pas le travail. Que ta volonté soit faite".
Il avait 81 ans.
Martin décédé, le saint corps semble avoir été l'objet de convoitises entre poitevins du monastère de Ligugé et Tourangeaux.
Une fois de plus, ce furent ces derniers qui, par ruse - d'après Saint Grégoire de Tours - le transportèrent dans une barque par la rivière Vienne puis Loire jusqu'à Tours.
Ses funérailles se déroulèrent dans cette ville le 11 novembre 397. Saint Patron de la France, Saint Martin est fêté le 11 novembre.
Jour choisi pour l'armistice par les maréchaux Foch et Joffre qui voulurent que toutes les cloches des églises de France, pays de Saint Martin, sonnent ensemble à 11 h 00 ce jour-là.
Mais c'est dés 507 que Clovis le choisit comme saint patron des francs après une victoire qu'il attribua à sa protection.
On oublie aussi que Capet vient de "cape", celle de Saint Martin dont les capétiens, "abbés laïques de St Martin de Tours", avaient la charge.
Au 6ᵉ siècle et d’après Grégoire de Tours (538-594), la reine Clotilde (474-545) demandait sans cesse à son mari de se convertir.
Mais elle ne parvenait pas à le convaincre.
Un jour, la guerre fut déclenchée contre les Alamans.
L’armée de Clovis commençait à perdre le combat et à se faire massacrer.
Ému jusqu’aux larmes, Clovis s’écria : "Ô Jésus-Christ que Clotilde proclame fils du Dieu vivant…. Si tu m'accordes la victoire sur ces ennemis, je croirai en toi et me ferai baptiser en ton nom. J'ai en effet invoqué mes dieux, mais comme j'en ai fait l'expérience, ils ne m'ont pas aidé. Je crois donc qu'ils ne sont doués d'aucun pouvoir. C'est toi maintenant que j'invoque, c'est en toi que je désire croire, pourvu que je sois arraché à mes adversaires"
Au moment même où il disait ces mots, les Alamans commencèrent à prendre la fuite.
Après sa victoire, Clovis se fit baptiser par l’évêque de Reims, saint Rémi.
Son exemple est suivi par l’ensemble de ses 3 000 guerriers et il devient le premier roi catholique de l’Occident chrétien.
Dès lors, les rois de France seront catholiques.
Clovis reçoit alors le soutien des évêques et du peuple gaulois, en majorité chrétien.
Ce soutien lui permet d’étendre son royaume dont il fixe la capitale à Paris.
À sa mort, en 511, le royaume est partagé entre ses quatre fils (Théodoric 1er, (485-534), (Clodomir (v. 511-524), Childebert Ier (v. 497-558), Clotaire Ier (v. 498-561)) qui se font la guerre pour étendre leurs territoires..
Une fille fait également partie des enfants de Clovis, Chrothieldis ou Clothilde la jeune (500-531), qui épousera en 526 Amalaric (502-531), roi des Wisigoths, permetant de sceller la paix entre ces derniers et les héritiers de Clovis.
Selon la tradition franque, il laisse à notre pays son nom, la France, et un territoire qui n’en a pas fini avec les guerres et les divisions…
Les successeurs de Clovis forment la dynastie des rois mérovingiens (du nom de Mérovée le grand-père de Clovis).
Après Dagobert (602-639), les Mérovingiens s’appauvrissent en donnant leurs terres aux membres de la Cour qui les aident à gouverner et perdent tout pouvoir.
Cette dynastie perdra rapidement son autorité au profit des maires du palais (1er conseiller du roi), dont Charles Martel (688-741), Duc D'Austrasie) qui renversa le dernier roi mérovingien (Dagobert 602-639), mais aussi aux conflits et guerres de successions entre les descendants de Clovis.
Au 7ᵉ siècle, comme ils n’avaient plus aucune autorité et ne faisaient rien, on les appelait les "rois fainéants".
Ceux qui dirigeaient vraiment le royaume étaient les maires du palais.
Charles Martel se proclamera Roi et fondra la dynastie des Carolingiens.
Rappelons ici les trois grandes dynasties qui ont régné sur la France.
Les mérovingiens (481-751).
Les Carolingiens (751-987).
Les Capétiens (987-1848).
Les moulins à farine sont une innovation de l’expédition "La Pérouse", connus au point de devenir un symbole de la silhouette d’au moins un navire. On sait par ailleurs que le capitaine de vaisseau "de Langle" était très inventif, notamment dans le domaine des instruments culinaires pour la santé des équipages, qu’on devait préserver dans une aussi longue campagne.
Après le départ des Îles Hawaii (Maui) vers l’Alaska, La Pérouse est préoccupé pour la santé des équipages avec la fraîcheur qui apparaît, route au nord. Il encourage diverses mesures de lutte contre l’humidité, fait ajouter secrètement du quinquina au rhum du grog, et parle du grain, embarqué en France et au Chili, de préférence à la farine, pour des raisons de conservation.
Il dit en juin 1786 : "On nous avait donné des meules de 24 pouces (60 cm) de diamètre sur 4,5 pouces (11 cm) d’épaisseur. Quatre hommes devaient les mettre en mouvement. On assurait que Mr de Suffren n’avait point eu d’autre moulin pour pourvoir au besoin de son escadre. Il n’y avait plus dès lors à douter que ces meules ne fussent suffisantes pour un aussi petit équipage que le nôtre, mais lorsque nous voulûmes en faire usage le boulanger trouva que le grain n’était que brisé et point moulu, et le travail d’une journée entière de quatre hommes que l’on relevait toutes les demi-heures, n’avait produit que 25 livres (11 kg) de cette mauvaise farine. Comme notre blé représentait prés de la moitié de nos moyens de subsistance, nous eussions été dans le plus grand embarras sans l’esprit d’invention de Mr de Langle qui, aidé d’un matelot, ancien garçon meunier, imagina d’adapter à nos petites meules un mouvement de moulin à vent. Il essaya d’abord avec quelque succès des ailes que le vent faisait tourner, mais bientôt, il leur substitua une manivelle. Nous obtînmes par ce nouveau moyen une farine aussi parfaite que celle des moulins culinaires, et nous pouvions moudre chaque jour deux quintaux de blé".
La manivelle et un système de démultiplication de l’effort (axes, poulies ou engrenages de diamètres différents, éventuellement courroies) étaient ce qu’il y avait de plus productif pour une manutention commode de la meule mobile. Le procédé, quand il a été au point, a évidemment été appliqué aux deux navires.
Le moulin à vent de l’Astrolabe a été laissé à Monterey. Bien qu’il ne fût pas très agréable pour les officiers qu’on vienne moudre le grain au-dessus de leurs locaux, à l’extrême arrière, pour ne pas gêner la voile d’artimon, de Lesseps, un des rares survivants de l’expédition, précise que De Langle a demandé d’en reconstruire un autre après le départ.
Sur la Boussole, navire de La Pérouse, qui bénéficiait d’une demi-dunette légère à la poupe, l’installation d’un tel moulin, juste au-dessus des locaux abritant le chef d’expédition, aurait supposé des madriers pour le supporter. Il n’a donc mis en place que la manivelle. Le dispositif de Langle (qui en a peut-être fait un compte rendu par courrier à l’Académie de Marine, dont il était membre), cela peut être aussi une concession aux équipages post-révolutionnaires, bien décidés à minimiser les corvées.
On sait en tout cas que ces moulins ont rapidement disparu du paysage de la marine à voile, car ils devaient présenter beaucoup d’inconvénients d’encombrement. Par contre, la “manivelle” a dû être adoptée partout, et éventuellement perfectionnée.
Sous le ciel doux d’un soir ancien,
Roule la voiture au charme ancien.
Jaune éclatant, noir raffiné,
Elle traverse le temps, si bien conservée.
Sur le toit, des valises chargées d’histoires,
Promesses d’un voyage ou d’un doux départ.
Dans l’air flotte un parfum d’antan,
Un écho joyeux des jours éclatants.
Le château veille, noble et distant,
Gardien des souvenirs des siècles passants.
La nature s’épanouit, en parfait décor,
Pour ce joyau roulant, vibrant encore.
Oh, que murmure le vent aux passagers ?
Des contes oubliés ou des rêves à partager ?
Dans cette voiture, le passé revit,
Un fragment d’histoire, jamais fini.
Un roi amateur de géographie, Louis XVI, organise des explorations scientifiques qui vont rendre le monde connu plus grand, jusqu’aux confins de la Terre. Pendant trois ans, les scientifiques embarqués à bord des navires la Boussole et l’Astrolabe cartographient les côtes et les îles du Pacifique, découvrent les us et coutumes des habitants, font l’inventaire de la flore et de la faune et repèrent des comptoirs d’échange.
Les instructions du roi Louis XVI indiquent les principales étapes du voyage : Canaries, Brésil, Cap Horn, Chili, Amérique, Chine, Russie et Japon, puis Australie, avant le retour en France avec une escale dans les Mascareignes.
Les navires sont chargés à bloc de vivres, de matériel d'exploration et de marchandises à échanger avec les indigènes. L'organisation de l'expédition a couté plus d'un million de livres (soit l'équivalent de 12 millions d'euros). Les objectifs des expéditions scientifiques du XVIIIe siècle sont les mêmes, quel que soit le pays qui les organise : . Ouverture sur le monde et exotisme. . Découvertes astronomiques, géographiques, naturalistes. . Prestige économique, politique et scientifique. Au siècle des Lumières, l'ambition des sciences est de mieux connaître le monde et ses habitants, de découvrir les lois de la Nature. Grâce à la démarche expérimentale et sans les entraves de la religion, la pratique des sciences, liée à celle de la philosophie, doit mener au progrès de l'humanité.
Louis XVI, roi de France et de Navarre, donne ses instructions à Monsieur de La Pérouse. Il dit : "Nous, Louis XVI, en cette année 1785, donnons ordre et instruction à Monsieur de La Pérouse de mener à bien une expédition autour du monde à des fins géographiques, scientifiques, politiques et commerciales. Il devra ouvrir de nouvelles routes commerciales, surveiller les activités britanniques et espagnoles, augmenter les connaissances géographiques et cartographiques, faire l'inventaire des richesses de la flore et de la faune des contrées visitées. Il devra se concilier l’amitié des principaux chefs et n’usera de la force qu’avec la plus grande modération".
Le Maréchal de Castries, ministre de la Marine de Louis XVI, lors de la planification de l'expédition. Il écrit : "L’expédition de La Pérouse a pour objectifs l’élaboration de cartes sûres, la découverte de populations, la possibilité d'ouvrir la Chine et le Japon au commerce et de nouvelles informations sur l'océan Pacifique. La navigation sera plus sûre, grâce aux nouvelles horloges de marine nécessaires à des calculs de longitude précis. La santé des marins sera préservée par une meilleure prise en compte du scorbut, une bonne hygiène à bord et des escales régulières pour renouveler les vivres. Monsieur de La Pérouse nous fera des rapports réguliers sur ses découvertes".
Cette fabuleuse histoire se terminera par un naufrage sur les récifs de Vanikoro, puis par la découverte des premiers vestiges dès 1827 par Dumont D’Urville. Partons à l’aventure, sur les traces des explorateurs.
Née en 1412 à Domrémy, aux marches de la Lorraine, Jeanne est d’abord une enfant simple, bonne et pieuse.
Sa vie bascule à l’âge de treize ans, lorsqu'elle entend l’archange Saint Michel lui dire "la pitié qui était au royaume de France " et lui révéler que le Ciel l’a élue "pour apporter aide et protection au dauphin Charles, expulsé de son domaine".
Guidée par son Conseil (les voix de Sainte Marguerite et Sainte Catherine), Jeanne parvient à convaincre le sceptique Robert de Baudricourt (représentant du roi à Vaucouleurs) de lui accorder quelques hommes pour l’escorter jusqu’à Chinon, où elle reconnaît Charles VII dissimulé parmi ses courtisans.
Elle le convainc de sa légitimité :
"Le Roi des Cieux vous mande par moi que vous serez sacré et couronné en la ville de Reims, et que vous serez lieutenant du Roi des cieux, qui est Roi de France".
Devenue chef de guerre, elle arrache Orléans aux Anglais en l’espace de cinq jours (8 mai 1429).
Mais Jeanne n’a de cesse d’imposer la volonté du Ciel.
Pour mettre fin à l’anarchie, le dauphin doit être couronné à Reims.
Le sacre de Charles VII a lieu le 17 juillet 1429.
La légitimité de Charles VII consacrée, la mission de Jeanne s’achève.
Blessée devant Paris, trahie par des conseillers royaux perfides et jaloux, vendue aux Anglais par les Bourguignons, abandonnée par le roi désireux de se réconcilier avec le duc de Bourgogne, Jeanne est emprisonnée, injustement jugée par un tribunal ecclésiastique acquis à l’ennemi et brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431.
Réaffirmant sans relâche et sans défaillance :
"Mes Voix ne m’ont point trompée…
Les révélations que j’ai eues venaient de Dieu".
Le sacrifice de Jeanne porte rapidement ses fruits.
Par le traité d’Arras (1435), Philippe le Bon, duc de Bourgogne, se rallie à Charles VII.
Le roi de France reprend l’offensive contre les Anglais.
Paris est pris en 1436.
La Normandie reconquise en 1450 et pour finir la Guyenne.
La bataille de Castillon (17 juillet 1453) marque la fin de la guerre de cent ans et des prétentions de l’Angleterre sur la France.
En arrivant au Puy du Fou, oubliez le XXlème siècle et lancez-vous dans un grand voyage dans le temps.
Sur plus de 50 hectares, partez à la découverte d'un parc naturel abritant des spectacles grandioses, quatre villages authentiques avec leurs artisans d'art et plus de 1500 animaux en pleine nature.
Entre deux spectacles, respirez dans les allées arborées et prenez le temps de flâner d'une aventure à l'autre. Les héros du Puy du Fou nous entraînent dans leur aventure artistique au cœur d'un voyage éblouissant à travers les siècles.
Émotion garantie face aux acteurs, aux prouesses techniques des décors et des spectacles. Chaque spectacle du Grand Parc du Puy du Fou possède ses particularités et ses propres effets. Un très bon moyen d'immerger les visiteurs au cœur de l'action.
Des moments inoubliables et chargés d'émotions en commençant par des frissons dans l'impressionnant Stadium Gallo-Romain lors la fureur des jeux du cirque, l'émerveillement lorsque le drakkar des Vikings surgit des eaux, la magie de la mise en scène du "Dernier Panache" au Théâtre des Géants, de la tranchée de Verdun et du grand voyage sur le bateau du "Mystère de La Pérouse".
Et que dire devant l'inoubliable ballet aérien des oiseaux orchestré par les fauconniers, les prouesses équestres des cavaliers du "Secret de la Lance" et la fascinante histoire de "Mousquetaire de Richelieu".
Le soir, après une pause repas bien méritée, nous sommes devant l'apothéose de la journée, quand s'ouvre devant nous le décor monumental de la Cinéscénie un spectacle grandiose à couper le souffle.
Un voyage dans le temps à partager en famille ou entre amis.
Par temps calme, les marins ont 8 h de repos et 4 h de service. Mais quand le temps s’agite, ils ont moins d’heures de repos, voire aucune. Les savants entrent en conflit avec La Pérouse, car ils se plaignent des escales trop courtes et des traversées trop longues. Ces conditions ne leur permettent pas de faire leurs travaux à terre…
Loin d’écouter leurs reproches, pour montrer son autorité, La Pérouse les met aux arrêts pendants 24 h !!! Au cours du voyage, pour donner des nouvelles de l’expédition à Versailles, La Pérouse débarque des messagers. Jean-Baptiste Barthélémy de Lesseps(1766-1834) interprète de russe (19 ans), quitte l’expédition en Russie à Kamchtka .
À l’issue d’un an de voyage, il ramène des documents en France et sa mission est terminée.