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6 novembre 2023

Le Mime

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Le mot mime vient du grec "mimos" qui signifie "imitation".
C’est un genre théâtral, sans parole, dont les principaux moyens d’expression sont l’attitude, le geste et la mimique.
On attribue souvent l’invention du mime au poète grec Sophron de Syracuse (Vème siècle avant J.-C.), mais cette forme théâtrale existait sans doute bien avant lui.
Les mimes grecs ridiculisent les travers de leurs contemporains.
Ces imitations passent par la caricature, la parodie, la comédie de mœurs et de situations, ainsi que par des sujets touchant à la tragédie et à la religion.
On y parle peu, mais on y parle encore.

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Quelques siècles plus tard, on assiste à la naissance, dans l’Empire romain, de ce que l’on nommera plus tard le pantomime (Du latin pantomimus, emprunté au grec ancien παντόμιμος, pantomimos).
Vers 240 avant J.-C., Livius Andronicus a une extinction de voix en pleine représentation.
Il demande alors l’autorisation au public de placer devant lui un récitant tandis qu’il illustre les vers par des gestes.
Les pantomimes furent chassés de Rome sous Tibere (42 av. J.C.- 37 ap. J.C.), sous Néron (0037-0068), et sous quelques-autres empereurs, mais leur exil ne dura pas longtemps.
La politique qui les avait chassés, les rappellera bientôt pour plaire au peuple.
Domitien (0051-0096), les ayant chassés, Néron les fit revenir, et Trajan (0053 – 0117) les chassa encore.

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Il arrivait même que le peuple, fatigué de ses propres désordres, demandait l’expulsion des pantomimes.
Mais il demandera bientôt leur rappel avec plus d’ardeur.
Au VIème siècle, les mimes, accusés d’obscénité, sont chassés par Charlemagne et les conciles les interdisent.
Lorsque la pantomime décline à la chute de l’Empire Romain, on la retrouve au Moyen Âge sur les parvis des cathédrales, parmi les grimaciers du Roi, les poètes qui chantent les ballades, les contorsionnistes, les acrobates, les fous du Roi…
Mais, elle n’est vraiment entrée dans la théâtralité qu’avec Ruzzante et se termine avec Goldoni.

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La pantomime est en vogue à la fin du XVIème siècle avec l’arrivée des comiques espagnols et italiens en France.
Afin de remédier au problème de langue, ils ont recours à la pantomime et la mimique afin de remédier pour s’exprimer.
C’est la Commedia dell’arte et la naissance des "Arquelinade".
Ils animent les personnages d’Arlequin, Polichinelle, ou Colombine.
Au XVIIIème siècle, la danse et la parole sur scène sont interdits pour ne pas faire concurrence à la Comédie Française.

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Les répliques sont écrites sur des pancartes ou chantées par le public.
Ainsi très vite le théâtre de Foire devient théâtre de mime, de pantomime et de marionnettes.
Pendant très longtemps le mime s’est cantonné dans l’imitation des comportements et des objets de la vie quotidienne.
Mais depuis les années 70, le mime s’est diversifié et des spectacles surréalistes, symboliques ou abstraits apparaissent.

26 juin 2023

Saint Fiacre

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Dans la cité du "Fond Rognou", dans un petit recoin discret, se trouve une statue représentant un moine avec un livre et une bêche….
Il s'agit de Saint-Fiacre.
Mais qui est ce Saint ?
Fiacre vient de "fiacrius" en latin ou du celte "fiachra, Fiachrach, Fiach" dont la signification est "le corbeau".
D'origine noble, Fiacre est né vers 590 dans le Connacht, près de Kilkenny et décédé le 30 août 670. 

C'est un moine herboriste solitaire.
Pendant son éducation, Fiacre révéla un talent pour les soins par les herbes.
Saint Fiacre, originaire d'Irlande, quitta sa patrie et vint en France pour y vivre dans la solitude et se consacrer au service de Dieu.
Il débarqua en Normandie et s'arrêta dans le diocèse de Meaux où il fut accueilli à l'hospice pour pèlerins fondé par l'évêque Saint-Faron.
Suite à la malheureuse révélation de sa noblesse par Saint-Killian (de passage à l'hospice), Saint-Faron proposa à Saint-Fiacre de s'établir à six kilomètres de Meaux sur une étendue désertique, mais fertile, afin de fonder un monastère.  
Il se construisit une cellule, un oratoire à l'endroit où se trouve aujourd'hui un village qui porte son nom.
Là, avec ses disciples, il partageait son temps entre la prière et le travail des mains.

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La légende veut qu'en faisant tomber son bâton par terre, celui-ci se transforma en bêche et aurait creusé un sillon délimitant la zone d'un potager, alors qu'en même temps tous les arbres touchés par ledit bâton auraient été arrachés par une force mystérieuse, laissant l'emplacement libre pour les cultures.
Avec son charme irrésistible, Fiacre ne laisse pas indifférent.
Il est calme, équilibré, tolérant et ne cherche qu’à faire plaisir.
Il est en effet extrêmement généreux et donne sans compter.
Sa réputation de sainteté et son pouvoir de guérison (notamment dans le traitement des hémorroïdes, mais aussi de certains cancers) lui valent une grande réputation.
Fiacre était un moine spécialiste en phytothérapie (traitement thérapeutique fondé sur les extraits de plantes et les principes actifs naturels).
Les malades et les disciples étaient tellement nombreux qu'il fit bâtir, à côté de sa cellule, un monastère et un hospice afin de s'adonner à la culture des plantes médicinales pour soigner ses patients.
Il cultivait lui-même un petit jardin, et donnait aux pauvres la plus grande partie des produits qu'il en retirait.
Saint Fiacre est depuis toujours un des saints les plus populaires en France, tenant une bêche et un livre, protecteur des travaux des champs (maraîchers, arboriculteurs, jardiniers, horticulteurs, pépiniéristes).
Il est aussi le saint patron des chauffeurs de taxis puisque son nom est resté attaché aux anciennes voitures attelées parisiennes.
On dit que les voitures de louage, appelées fiacres, ont pris ce nom parce qu'elles avaient servi d'abord à transporter les voyageurs à l'hospice fondé par Saint-Fiacre.

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L'école d'horticulture du Breuil à Vincennes fait référence, par son nom, au monastère de Saint-Fiacre, patron des jardiniers...
Plusieurs villages, en France, portent le nom de Saint-Fiacre : en Seine-et-Marne et dans les Côtes-d'Armor, ainsi qu'en Loire-Atlantique, avec un ajout puisqu'il s'agit de Saint Fiacre-sur-Maine.
La tombe de Fiacrius dans l'actuel Saint-Fiacre-en-Brie est restée un lieu de pèlerinage populaire, bien que ses reliques aient été transférées à la cathédrale de Meaux en 1568. 
En 1641, la reine Anne d'Autriche se rend à pied en pèlerinage à Saint-Fiacre pour prier pour la convalescence de Louis XIII (son époux) et aussi pour le miracle de la naissance du roi Louis XIV, car auparavant, elle était infertile.
Elle se rendit souvent en pèlerinage auprès de son tombeau ainsi que le roi soleil en personne.
Le cardinal de Richelieu est également venu et a demandé le salut des "figues de Saint Fiacre", comme on appelait les hémorroïdes. 
Fiacre est célébré le 30 août.

24 juillet 2023

Le Mémorial de Vendée.

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Au début de 1794, le général Turreau qui commande l’armée de l’Ouest a reçu de la Convention instruction d’en finir avec la Vendée.
Il va alors lancer ses troupes sur une population que la défaite a privée de ses défenseurs, avec pour mission de tout exterminer.
Il est prévu cependant d’épargner treize localités qui serviront de points d’appui.

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Tout le reste sera incendié.
La population devra être anéantie quel que soit le sexe, l’âge ou l’opinion.
Le 28 février 1794, le général Cordelier, qui commande l’une des colonnes infernales, avance vers le village des Lucs-sur-Boulogne, et fait déployer ses soldats en éventail.
Le curé se présente pour protéger ses paroissiens et on lui arrache la langue, puis le cœur, comme le rappelle la tradition.
Des villageois s’étant réfugiés dans l’église, y sont massacrés.
Bien que les douze colonnes "infernales" de Turreau aient brûlé en Vendée des centaines de bourgs et villages, des milliers de fermes isolées, détruit les moulins à vent et les fours à pain, empoisonné les puits, l’épisode horrible des Lucs-sur-Boulogne est emblématique du martyre vendéen.

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Aussi le Conseil général de la Vendée a-t-il choisi cette commune pour y élever un mémorial, qui est à la fois le chemin de la mémoire et un mausolée.
Mausolée austère, d’une grande simplicité, à l’architecture minimaliste d’un ton uniformément gris.
Bâtiment compact et aveugle puisqu’il s’agit en quelque sorte d’un reliquaire, d’un lieu de recueillement.
À l’intérieur du bâtiment, cinq salles qui ponctuent ce lieu de mémoire et l’évocation de l’anéantissement de la Vendée.
Dans le pavillon d’accueil, deux vers du poète Pierre-Emmanuel révèlent le sens profond du lieu.
"Tu nous as donné ces morts en héritage, nous sommes devenus les pères de nos Morts".
Pierre EMMANUEL

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Et c’est après avoir lu ces lignes inscrites sur le mur d’entrée et franchi le monumental portail du Chemin de la Mémoire des LUCS SUR BOULOGNE que le visiteur sort du temps.
Le retour vers le passé commence par l’Allée de l’Histoire.

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Plusieurs panneaux rappellent les grandes étapes de l’insurrection de 1793, comme autant de jalons qui mènent au drame de 1794.
À côté de chaque texte, des portraits de Vendéens accompagnent cette chronologie, nous révélant les traits de quelques survivants tels que les a dessinés en 1826 Lucie de la ROCHEJAQUELEIN.

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À observer l’expression de ces visages simples et pleins de caractère, on ressent à quel point ces héros furent d’abord des êtres de chair et de sang, semblables à bien d’autres, qui ont vécu et souffert.
Souffert, comme le montre la suite du parcours…
À contempler les formes carrées du Couloir de la Mémoire, bloc recouvert de plaques de granit qui chevauche la Boulogne, on pense à un monument funéraire.

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Cette simplicité étant due aux victimes d’un massacre.
À l’intérieur, la musique, l’éclairage, les sculptures et la disposition des souvenirs invitent au recueillement et à la réflexion, dans une atmosphère complètement intemporelle, où objets d’époque et œuvres contemporaines semblent sortis de l’éternité pour raconter la même histoire.

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Au sol, une plaque de cuivre rappelle que le Mémorial a été inauguré le 25 septembre 1993 par Alexandre Soljénitsyne.
D’emblée, la petite flamme du souvenir qui brûle face au portail d’entrée évoque le souffle de la vie et progressivement, de salle en salle, le visiteur est conduit à se remémorer les faits (extraits du martyrologe du curé BARBEDETTE puis diaporama évoquant les massacres) et à méditer sur les symboles et sur les textes.

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Dans la troisième salle, disposés sur chaque mur, Sacrés-cœurs, petits cœurs en creux ou en relief sur une étoffe, chapelets, chapeau rabalet des paysans de 1793 troué par les balles, faux à la lame retournée, quelques outils devenus armes de combat entourent l’ostensoir en carton utilisé pour le culte clandestin des prêtres réfractaires.

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Ces objets de la vie quotidienne des Vendéens sont devenus ceux de la clandestinité et de la guerre, symboles de l’âme d’un peuple en révolte.
La salle suivante fait antithèse.
De part et d’autre de la rivière sculptée par Benoît Luyckx, qui est à la fois la Boulogne et la Loire, où périrent de nombreux Vendéens, devant un rideau de genêts évocateur du bocage, s’alignent les textes qui attestent la volonté d’anéantissement de la Vendée et qui nous interrogent.

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À la grandeur de la cause vendéenne répondent le sectarisme, le cynisme ou l’inconscience révolutionnaire.
Comment a-t-on pu en arriver là ?
Préméditées ou pas, les horreurs ?
Les textes exposés, de quelques manières qu’on les interprète, font écho aux paroles de SOLJENITSYNE sur les révolutions.

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Au centre, la silhouette décharnée d’un couple de Vendéens est l’œuvre de Jacky Besson.
Puis vient dans la dernière salle, à la crypte, le temps du recueillement.
Une simple croix blanche, à la manière des croix de chaux au-dessus de la porte des fermes vendéennes, sur le mur, surplombe plusieurs alignements de bâtons en schiste sculpté, plantés dans le sol.

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Leurs différentes tailles représentent les différents âges de la vie, tous sacrifiés, et leur grand nombre, le grand nombre des victimes.
Cette crypte moderne est entourée d’un péristyle dans lequel la lueur pâle des lampes, derrière des vitrages carrés et opaques, invite au recueillement.

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Le Vexilla regis, cher aux combattants vendéens, est recomposé dans une musique originale.

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À la sortie, un mur calciné (conçu par le sculpteur Pierre Culot), au pied du petit bois, évoque, comme l’explique le livret distribué aux visiteurs, "la destruction des habitations au pied de la déchirure végétale, symbole des terres incendiées"…
Le visiteur peut désormais pousser la haute porte de bronze pour découvrir, en franchissant la Boulogne, ce lieu de mémoire.

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Le sentier mène ensuite au but ultime du pèlerinage, la chapelle de 1867, qui surplombe le site à l’emplacement des ruines de l’ancienne église du Petit-Luc, incendiée en 1794.

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Les murs de la chapelle néogothique Notre-Dame des martyrs du Petit-Luc sont tapissés de plaques où est gravée dans le marbre la liste interminable des victimes recensées (564) sur les lieux par le curé Barbedette.

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Le sol est souvent couvert d’un cœur de fleurs, émouvant hommage à la mémoire des enfants martyrs.
Mais en tout temps, le visiteur pourra méditer une des phrases inscrites aux alentours de la chapelle.

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Retenons celle-ci ; elle est de CHATEAUBRIAND : "Ce n’est pas tuer l’innocent comme innocent qui perd la société, c’est le tuer comme coupable".
Il est important de souligner que tout ce parcours de la mémoire, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du bâtiment, est entièrement libre.
Pas de guichet d’entrée, pas de billet d’admission, cela pour bien marquer que ces lieux ne sont pas un musée, ni une curiosité, mais une trace indélébile du souvenir.

13 décembre 2023

Le Logis de Lescure

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Situés juste à l’entrée arrière du Grand Parc du Puy du Fou, à côté de la Villa Gallo-Romaine, les 300 m2 du Logis de Lescure accueillent dans une authentique bâtisse vendéenne du XVIIIe siècle entourée d'un jardinet.
Chaque suite dispose d’une terrasse privative et offre la possibilité de se restaurer dans le salon pour le petit-déjeuner.
Nous sommes chez Louis-Marie de Lescure, jeune officier qui allait s'illustrer pendant l'Insurrection vendéenne de 1793 et dont la piété lui vaudrait d'être surnommé par ses hommes "le Saint du Poitou".
Thierry Rétif, l'architecte et décorateur qui a conçu cet hôtel après avoir signé la décoration du Bourg 1900 en a tiré quatre duplex.
Deux grands, susceptibles d'héberger 6 personnes, et deux petits, pour 4 personnes.

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1. Le cabinet de curiosités
La première pièce est sombre, mais le feu brûle dans la cheminée.
Le jeune marquis est absent.
Les objets accumulés au fil des ans trahissent la passion du jeune homme pour les voyages et son goût de l'exotisme : une corne de buffle, une défense d'éléphant, des os de baleine, quelques oiseaux empaillés, des fossiles, des coquillages, un écorché, un morceau de météorite, le rostre dentelé d'un requin-scie.
Les murs sont "rouges Crimson" (rouge brique profond).
En regardant le plafond, vous découvrirez l’arbre généalogique de Lescure.
Un billard français barre la moitié de la pièce tandis que des livres s'empilent sur les étagères.
À l'étage, une table de drapier et une paire de lits en cuivre complètent le cabinet de curiosités du marquis.

 

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2. Le Planétarium
Changement d'atmosphère avec le Planétarium.
Les murs y sont bleus nuit, enrichis de boiseries.
Le cousin de La Rochejaquelein était passionné d'astrologie et d'astronomie.
Son bureau est rempli de globes terrestres, de longues-vues et de jumelles.
Un système solaire est suspendu au plafond.
Les tableaux noirs qu'il a posés sur des chevalets sont recouverts de formules algébriques.

 

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3. La salle aux miroirs
Plus féminine, la Salle des Miroirs est tendue de gris perles et de jaune pâle.
Les volumes y sont plus doux.
Un soin particulier a été porté à la couleur des enduits.
L'escalier qui monte à l'étage est entièrement décoré.

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4. Le salon de musique.
La dernière salle du Logis est une bibliothèque aux meubles noirs et aux murs "vermouth" (vert amande foncé).
La pièce est bourrée de livres, d'instruments de musique et de boîtes à chapeau.
L'ensemble est harmonieux et raffiné, mis en valeur par un éclairage savamment étudié pour ne pas être agressif.
Chaque objet, chaque élément du mobilier a été chiné par Thierry Rétif pour renforcer l'authenticité des lieux.
Interrogés au moment du départ, les clients n'ont généralement qu'un regret : ne pas avoir pu réserver la totalité de la maison pour pouvoir circuler librement d'une suite à l'autre.

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16 février 2024

Commémoration du 90ème anniversaire de la mort du Roi Albert Ier.

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Le Roi Albert 1er a laissé dans la mémoire collective de la Belgique un souvenir qui ne s'efface pas avec le temps.
Aujourd'hui encore, longtemps après sa mort, sa personnalité continue à susciter un attachement très profond.
C'est le 17 février 1934, dans les rochers de Marche-les-Dames, qu'il trouva brutalement la mort.
Dans la matinée, le Roi était au Palais royal à Bruxelles et dans la soirée, il était attendu pour un événement au Palais des Sports.
Réputé pour être un alpiniste prudent, ce jour-là, alors qu'il n'avait que quelques heures devant lui, le roi Albert prend sa voiture et emmène avec lui son valet, Théophile Van Dycke.
Le Roi conduit lui-même, son valet ne sachant pas conduire.
Albert s'était déjà rendu à Marche-les-Dames 3 jours plus tôt, ce qui n'était pas dans les habitudes du souverain de 58 ans d'escalader deux fois dans la même semaine ces rochers.
À cette époque de l'année, grimper dans les massifs belges est rarement agréable.
Le rocher y est froid, souvent humide, les prises glacent les mains et peuvent se révéler très glissantes pour les pieds…
Vers 16 heures, alors que la nuit tombe, arrivé sur les lieux qu'il connaissait bien, il effectue une première grimpée, assuré par son valet.
Pour une raison que l'on ignore, il lui demande ensuite de rejoindre sa voiture et de l'attendre.
Le Roi dit vouloir encore escalader l'aiguille du Vieux Bon Dieu (ce qui suit n'est que pure déduction).
Théophile Van Dycke, qui attend dans la voiture, s'inquiète de ne pas voir revenir le souverain et retourne sur les lieux.
La falaise est vide, de toute évidence, le Roi a fini sa grimpée.
Le valet cherche partout.
Durant ses recherches, il est environ 17 heures, il croise trois personnes, trois frères, qui se portent volontaires pour l'aider à retrouver le Roi.
L'un des frères Jassogne alerte les gendarmes et à partir de 21 heures, ils sont une petite vingtaine de personnes à passer les environs au peigne fin.
C'est seulement à 2 heures du matin, à environ 50 mètres du pied des rochers, que le corps du Roi est retrouvé.
Plusieurs incohérences ou contradictions seront remarquées dans les dépositions successives de Van Dycke.
Et pourtant, de toutes les personnes qu'il dit avoir rencontrées ce jour-là lorsqu'il était à la recherche du Roi, aucune, sauf une (Joseph Jassogne), ne sera entendue pour confirmer les déclarations du valet.

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Selon les constatations, le Roi aurait saisi un bloc au-dessus de lui pour s'y tirer.
Le bloc aurait lâché, précipitant le Souverain dans le vide.
Au cours de la chute, sa tête aurait percuté le rocher.
Son corps aurait ensuite rebondi et dévalé la pente sur 49 m.
La recherche de la pierre fatale de 55 kg, que la presse montra abondamment à l'époque, s'est quant à elle révélée vaine.
Emmenée par un gendarme, elle a simplement disparu.

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Mais aucun devoir d'enquête approfondi ne sera effectué pour contrôler ces déclarations.
Entre les versions officielles, les théories du complot, les mystères, les incohérences et les opinions d’expert qui divergent, il aura fallu attendre une étude ADN menée en 2016 pour mettre un terme aux spéculations.
Mais il semblerait que la mort du roi Albert 1
er restera toujours un mystère et restera référencée comme accident.
Mais un accident reste un accident et certains accidents peuvent même défier la science.
Mais qui est Albert 1er ?
Né en 1875 à Bruxelles et mort accidentellement à Marche-les-Dames en 1934.
En 1909, il succède à son oncle Léopold II (1835-1909) comme roi des Belges.
Il épouse Elisabeth de Bavière (1876-1965) le 02 octobre 1900 et le couple aura trois enfants dont le futur roi Léopold III (1901-1983).
C'est pour avoir su préserver un morceau sacré du sol national que le troisième Roi des Belges est devenu une figure mythique, incarnant le courage, la fermeté et la résistance à l'envahisseur.

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De 1914 à 1918, après la violation de la neutralité belge par l'Allemagne impériale en août 1914, et à la tête de l'Armée belge, il fit preuve de fermeté face à l'ennemi et sut diriger les troupes belges aux côtés des alliés.
Ses actions lui vaudront le surnom de "Roi-Chevalier".
Grâce au retard infligé aux Allemands par l'armée belge, les armées françaises ont eu le temps de se reprendre pour arrêter l'offensive allemande sur la Marne, après leurs reculs du début du mois d'août.
D'autant plus que les Belges, en remportant la victoire de la bataille de Haelen et encore, lors du siège d'Anvers, d'août à septembre, vont retenir 150 000 hommes qui vont manquer aux généraux allemands pour résister à la contre-offensive française.
La presse française de l'époque ne s'y trompe d'ailleurs pas quand elle exalte la résistance de l'armée belge.

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Au sortir de la "Première Guerre mondiale", le Roi-Chevalier se mua en bâtisseur de paix.
Il usa de son autorité morale pour entraîner le pays sur la voie du Progrès démocratique, social, scientifique et culturel.
Avec son épouse la Reine Elisabeth, il joua un rôle favorable à l'instauration du suffrage universel, ainsi qu'à la promotion des travailleurs et au développement des Sciences, des Arts et des Lettres.
À la fin de sa vie, en Belgique comme à l'étranger, le Roi Albert 1ᵉʳ faisait figure de sage et, aujourd'hui encore, son aura est intacte.
Après la mort du Roi Albert 1er, le climat international et national n'allait pas tarder à se dégrader.
À la grave crise économique des années trente, allait s'ajouter la menace fasciste, avec l'accession d'Hitler au poste de Chancelier en Allemagne et la montée en force des puissances de l'Axe.
La défense de la liberté, le courage et le sens du sacrifice ont guidé le Roi Albert 1er tout le long de sa vie.

7 août 2023

Visitons le Fond Rogou (Cité Médiévale) par son architecture..

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Porte nord, dite de FONTBEL - 12ème siècle.

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La fontaine FONTBEL - 12ème siècle.

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La Herse à treuil - 13ème siècle.

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Un atelier du 15ème siècle.

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1. Porte ouest dite de PLESSIS - 13ème siècle.
2. Pont levis à contrepoids - 14ème siècle.
3. Mâchicoulis - 15ème siècle.

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Une maison du 11ème siècle.

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Une échoppe du 15ème siècle.

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Maison à 3 arcades (rez-de-chaussée) du 13ème siècle.

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Et son étage du 15ème siècle. 

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Les deux maisons suivantes du 15ème Siècle.

 

 

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La Taverne avec son entrée en double arcade et puits incorporé - 13ème siècle.

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La Halle marchande du 15ème siècle.

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Une maison avec son toit en bardeau et sa girouette en tête de dragon - 15ème siècle. 

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L'Estaminet avec ses poutres sculptées - 15ème siècle.

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La chapelle dont les murs de la nef sont du 11ème siècle, sa façade du 12ème siècle, le chevet du 13ème siècle, sa charpente du 15ème, sa poutre de gloire avec statues du 14ème, ses peintures murales de la nef et entrée du 12ème, peintures du choeur du 14ème et la peinture de la voûte du 15ème siècle.

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 Accolée à la Chapelle, la Maladerie du 14ème siècle et sa croix Hosannière de fin 13ème siècle.

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Et le petit pont à arche brisée construit au 14ème siècle.

13 septembre 2022

Nouvelle rentrée

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La nouvelle rentrée vient de sonner..... et il y a quelques petits changements sur Puystory.
Sur le blog (www.puystory.fr), nous restons toujours à 3 publications semaine (alternance photos-Articles), mais la programmation est placée les lundis, mercredis, vendredis.

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Sur le site (www.puystory.com), il passe désormais en mode sécurisé et la présentation (bannière, espace de lecture, et arrière plan (sur PC)) ainsi que la navigation ont été améliorée et simplifiée (chaque page à son onglet ce qui améliore le retour en arrière traditionnel).
Dans les prochaines semaines, il n'y aura plus de lien Youtube, les vidéos seront hébergées sur le site, ce qui améliorera le temps de chargement et de lecture et ce sans passer par un navigateur.
Je vous souhaite bonne lecture et bon voyage dans le temps.
26 octobre 2022

Vaincre ou Mourir (Le Premier Film du Puy du Fou).

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Le premier film du Puy du Fou, consacré à François-Athanase Charette de La Contrie, sortira en avant-première au cinéma le 8 décembre prochain, partout en France. 
Ce long-métrage raconte la vie de François Athanase Charette de la Contrie, dit Charette, héros de l’armée catholique et royale pendant les guerres de Vendée.

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Nous serions heureux que tous les membres de PuyStory puissent découvrir avant le grand public notre hommage cinématographique à ce héros vendéen.
C’est pourquoi nous vous signalons que des places pour cette projection exceptionnelle sont en vente sur le site internet : 

vaincreoumourir.fr.

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Vaincre ou Mourir, documentaire épique d’inspiration historique.

Vaincre ou Mourir, documentaire épique d’inspiration historique produit par le Puy du Fou et distribué par Studiocanal, est inspiré du Dernier Panache, spectacle du Puy du Fou sacré en 2016 "Meilleure Création Mondiale" par un jury prestigieux lors d’une cérémonie officielle à Los Angeles (Etats-Unis) et qui a déjà émerveillé plus de 10 millions de spectateurs.

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Son succès permettra, nous l’espérons, de faire connaitre au plus grand nombre la vie du héros de l’armée catholique et royale pendant les guerres de Vendée, que vous connaissez bien.

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Casting trois étoiles, moyens colossaux.

Ce documentaire spectaculaire est servi par un casting trois étoiles : Hugo Becker interprétera Charette, tandis que Jean-Hugues Anglade, Rod Paradot, Constance Gay, Gilles Cohen, Anne Serra, Dorcas Coppin, Francis Renaud ou encore Grégory Fitoussi, lui donneront la réplique.

Scène-1-©Christine-Tamalet-7-copie

Il s’appuie par ailleurs sur le savoir-faire artistique et les installations uniques du Puy du Fou : des décors authentiques, 60 000 costumes, 230 chevaux de spectacle, un vivier de milliers d’artistes (cascadeurs, cavaliers, danseurs, escrimeurs...), plusieurs dizaines d’hectares de terrain naturel, des ateliers de construction de décors et de confection de costumes…

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Synopsis…

En 1793, voilà trois ans que Charette, ancien officier de la Marine Royale, s’est retiré́ chez lui en Vendée.
Dans le pays, la colère des paysans gronde.
Ces même paysans font appel au jeune retraité pour prendre le commandement de la rébellion.

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  • (Dernier Panache - Puy du Fou)

En quelques mois, le marin désœuvré devient un chef charismatique et un fin stratège, entraînant à sa suite paysans, déserteurs, femmes, vieillards et enfants, dont il fait une armée redoutable car insaisissable.
Le combat pour la liberté ne fait que commencer...

Réalisé par Paul Mignot et Vincent Mottez sur une idée originale de Nicolas de Villiers, Président du Puy du Fou, cette création originale sera distribuée par Studiocanal et les chaînes du groupe Canal+ dès 2023.

Synopsis : 1793. Voilà trois ans que Charette, ancien officier de la Marine Royale, s’est retiré chez lui en Vendée.
Dans le pays, la colère des paysans gronde : ils font appel au jeune retraité pour prendre le commandement de la rébellion.
En quelques mois, le marin désœuvré devient un chef charismatique et un fin stratège, entraînant à sa suite paysans, déserteurs, femmes, vieillards et enfants, dont il fait une armée redoutable car insaisissable.
Le combat pour la liberté ne fait que commencer...

7 décembre 2022

Les Deux Coqs

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Deux Coqs vivaient en paix ; une Poule survint.
Et voilà la guerre allumée.
Amour, tu perdis Troie ; et c'est de toi que vint.
Cette querelle envenimée.
Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe teint.
Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint.
Le bruit s'en répandit par tout le voisinage.
La gent qui porte crête au spectacle accourut.
Plus d'une Hélène au beau plumage.
Fut le prix du vainqueur ; le vaincu disparut.
Il alla se cacher au fond de sa retraite.
Pleura sa gloire et ses amours.
Ses amours qu'un rival tout fier de sa défaite.
Possédait à ses yeux.
Il voyait tous les jours.
Cet objet rallumer sa haine et son courage.
Il aiguisait son bec, battait l'air et ses flancs.
Et s'exerçant contre les vents.
S'armait d'une jalouse rage.
Il n'en eut pas besoin.
Son vainqueur sur les toits.
S'alla percher, et chanter sa victoire.
Un Vautour entendit sa voix.
Adieu les amours et la gloire.
Tout cet orgueil périt sous l'ongle du Vautour.
Enfin par un fatal retour.
Son rival autour de la Poule.
S'en revint faire le coquet.
Je laisse à penser quel caquet.
Car il eut des femmes en foule.
La Fortune se plaît à faire de ces coups.
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.
Défions-nous du sort, et prenons garde à nous.
Après le gain d'une bataille.

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La Morale de la Fable.
La fable "Les deux Coqs", de La Fontaine, est une réécriture de la Guerre de Troie. 
L'intrigue repose sur la bataille de deux coqs qui souhaitent séduire une poule.
Cette guerre se termine sur la défaite de l'un des deux coqs.
Le perdant veut affronter une nouvelle fois son rival mais ce dernier, étant allé crier victoire sur tous les toits, s'est fait enlever par un vautour.
Il ne faut pas crier victoire trop vite car un retournement de situation est vite arrivé.
On peut également y voir une dénonciation de la guerre qui commence souvent pour des vétilles (la poule) et peut se finir de façon imprévisible et disproportionnée (le vautour).

4 novembre 2022

L'obélisque.

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L'invention des obélisques, ouvrages les plus simples de l'architecture des Égyptiens, doit incontestablement se reporter au temps de leurs premiers rois (Pharaon).
On les appelait, en arabe, Messelets de Pharaon, qui signifie aiguilles de Pharaon.
Ils prenaient une place importante dans l’architecture sacrée et établissait un lien entre le monde des dieux et le monde des hommes..

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Les obélisques étaient censés d'agir comme une protection magique des monuments tels que les temples et les tombeaux. 
Dans la pensée religieuse des Égyptiens, les obélisques sont rattachés au culte de Rê et d'Amon-Rê, le dieu Soleil, dont ils représentent symboliquement un rayon figé pour l'éternité.
Il est composé de trois parties :
Un piédestal, qui assure l'équilibre de l'ensemble,
Un fût (le corps) quadrangulaire s'amincissant vers le sommet,
Une cassure de la pente au sommet pour obtenir la forme d'une pyramide, c'est le pyramidion.
Le corps de l'Obélisque, quadrangulaire d'une rigueur mathématique absolue s'amincissant vers le sommet et coiffé à son sommet d'une petite pyramide appelé pyramidion (benbenet en égyptien), est orné d'hiéroglyphes (symbole et textes) dédiés aux divinités ainsi qu'au pharaon qui l'avait fait construire.
Tous les obélisques égyptiens sont des monolithes (une seule pierre à quatre faces) taillés dans le granite rose des carrières de Syène (aujourd'hui Assouan), en Haute-Égypte.
Le pyramidion était recouvert d'électrum (alliage d'argent et d'or), symbolisant le dieu solaire, Rê.
Les plus hauts d'entre eux atteignent une trentaine de mètres.

PUY_7167On plaçait les obélisques sur un piédestal simple et carré, plus large que l'obélisque.
Les obélisques ont, en effet, connu une grande vogue dans l'Antiquité et suscité les convoitises.
Ils étaient par excellence le symbole de l'Égypte.
Les Romains, devenus maîtres de l'Egypte, et jaloux d'orner leurs places publiques de semblables monuments, n'épargnèrent ni travail ni dépense pour en faire passer dans la capitale de leur empire.
Mais Rome ayant été souvent exposée à l'irruption et aux ravages des peuples du nord, les nombreux obélisques qui la décoraient furent renversés et ensevelis sous les ruines.
Rome conserve treize obélisques transportés depuis le 1er au 4ème siècle depuis les temples d'Égypte ou spécialement fabriqués pour Rome dans les carrières d'Égypte.
Beaucoup d'obélisques ont été aussi amenés à Constantinople.

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Le plus célèbre était dans la partie de l'Hippodrome qui le partageait en deux moitiés, et qu'on appelait Media Spina.
Au début du XIXe siècle, l’Europe occidentale a des désirs de monuments égyptiens.
La campagne d’Egypte de Napoléon Bonaparte (1798-1801) a lancé la mode de l’Egyptomanie et Paris et Londres jalousent Rome et ses 12 obélisques.
Une envie que Méhémet Ali, général ottoman à la tête de l’Egypte a bien comprise.
En 1829 il décide d’offrir à la France deux obélisques pour son aide dans la modernisation du pays.
A l'époque, offrir des monuments antiques comme cadeau diplomatique était monnaie courante !

19 septembre 2022

La bibliothèque

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De l'Antiquité classique aux bibliothèques des grands monastères carolingiens, puis à la bibliothèque des rois de France, la bibliothèque est un lieu sacré qui a pour mission première de sauvegarder la mémoire des ancêtres.
Réservées aux clercs à l'origine, elles sont devenues des lieux publics, ouverts à toutes les catégories de citoyens.
L’histoire des bibliothèques est directement articulée avec l’histoire de la pensée, des idées, de la politique, de l’information, voire de l’architecture et de l’urbanisme. 
C'est dans cette perspective que fut construite la célèbre la bibliothèque d'Alexandrie.
Elle regroupait 700 000 rouleaux 3ème siècle avant JC.

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Le terme même de bibliothèkè est attesté pour la première fois en Grèce dans un texte de la seconde moitié du IVe siècle avant J.-C.
Il n'est cependant question que de bibliothèques privées dans la Grèce classique.
A la fin de l'antiquité, le parchemin remplace le papyrus, on passe du rouleau au cahier, plus facile à manier, plus souple, moins fragile.
Le parchemin est issu de peaux animales.
Au 3ème siècle, le codex est en usage (parchemin plié en livre).
La fin du papyrus correspond au déclin des bibliothèques de l'antiquité.
La bibliothèque du Moyen-âge est religieuse. 
Les monastères réunissent des ateliers où des moines recopient des textes religieux.
La lecture se fait à voix haute et elle sert à la méditation religieuse.
Le livre médiéval copié à la main sur parchemin demande plusieurs centaines d’heures de travail.

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Les monastères possédaient des ateliers de copie appelés "scriptoria" où les religieux et religieuses étaient parfois secondés par des copistes et des artistes laïcs.
Lire, copier, gloser sont les maîtres mots de la culture carolingienne.
Le livre est bien écrit, bien illustré, bien conservé.
Il est rare et précieux.
Les conditions d’accès à l’écrit se modifient à la fin du Moyen-âge.
De nouveaux besoins de connaissance s’expriment.
On assiste à une extension des usages de l’écrit dans des domaines comme le droit, l’art, la médecine, le commerce, la chancellerie, les finances.
En 1368, Charles V installe sa collection de livres dans une salle spécialement aménagée du Louvre.

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Une dizaine d’années plus tard, elle compte plus de 900 volumes.
C’est là le début d’une tradition que les rois de France ont ensuite à cœur de maintenir.
Le développement des techniques de l'imprimerie par Gutenberg vers 1440 a marqué un tournant décisif dans l’histoire du livre et de la bibliothèque.
Dès lors, les livres (qui étaient auparavant des objets uniques et précieux) ont pu être reproduits à de nombreux exemplaires.
Grâce à la baisse très forte du coût de production, la diffusion du livre a considérablement augmenté dès le XVe siècle.
À partir de la Renaissance, l’Antiquité suscite l’enthousiasme des cercles humanistes, qui s’attachent à redécouvrir les civilisations grecque et latine au travers de leurs ruines, de leurs œuvres d’art et de leur littérature. 

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François 1er introduit un principe nouveau par une ordonnance du 28 décembre 1537.
Il enjoint imprimeurs et libraires de déposer à la librairie du château de Blois tout livre imprimé mis en vente dans le royaume.
Cette obligation, appelée dépôt légal, constitue une étape fondamentale pour la bibliothèque royale.
Ramenée à Paris dans la seconde moitié du XVIe siècle, elle traverse, non sans dommages, les guerres de religion.
Les bibliothèques populaires émergent au milieu du XVIIIème siècle, lorsque la bourgeoisie et l'aristocratie avertie s’interrogent sur l'éducation du peuple. 

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En 2015, on compte environ 90.000 bibliothèques dans les pays actuellement membres de l'Union Européenne.
La plupart des pays ont une bibliothèque nationale souvent chargée de coordonner le réseau de ses diverses bibliothèques tout en exerçant sa mission traditionnelle d'acquisition, de conservation et de mise à disposition des documents.

31 mai 2022

La messagère

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La messagère Jeanne Marie Andrée Lourdais
Née à Domalain le 15 mars 1762, et décédée à La Gaubretière dans la nuit du jeudi le 30 octobre 1856 (95 ans).
Fille d'André Lourdais et de Renée Roussel. 
Marie Lourdais n’était pas originaire du pays.
Elle venait de Domalain, une petite paroisse du pays de Vitré (Bretagne), et s’était retrouvée dans le bourg de La Gaubretière où elle tenait une épicerie.

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Durant la révolution, profondément religieuse et monarchiste, elle gagna la Vendée afin de secourir les prêtres réfractaires et devint très vite une espionne aux services de Sapinaud et de Charette de La Contrie.
Pour accomplir sa mission, elle troque son costume poitevin, un peu lourd, contre la robe accorte et la coiffe coquette des femmes nantaises.

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La messagère des chefs vendéens, passait ainsi  les postes républicains sans éveiller les soupçons, grâce à sa mine paysanne et au ballot de mercerie qu'elle portait dans sa hotte.
Nul ne prêtait attention à cette pauvre femme ployant sous le poids de son lourd baluchon, pas même les Bleus qui la croisaient au détour des chemins sans se douter un seul instant qu’ils laissaient filer la messagère de Charette et de Sapinaud.

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Le général Charette, connaissait son audace et son intrépidité, il  jugea au premier coup d'œil celle qu'il appela dès lors, à la grande joie de l'humble femme, "Ma Bretonne !".
Il l'attacha au service de l'armée et lui confia les missions les plus graves, celles où il faut autant d'adresse et de sang-froid que de courage et de résistance.
Il l'envoyait d'un corps d'armée à l'autre, d'une extrémité à l'autre de la Vendée, de Montaigu à Fontenay, de Cholet à Luçon, de Belleville à Noirmoutier.

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Elle parcourait parfois quinze lieues (+/- 72 km) en un jour avec des lettres, cachées dans la doublure de sa coiffe, qui valaient pour elle, en cas qu'on les découvrît, un arrêt de mort.
Il la chargea même d'y porter une lettre au généralissime d'Elbée.
Puis elle rapporta de la même façon la réponse du généralissime à Charette.

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Elle chemina sans répit, tantôt à travers les pâtures à demi-submergées du Marais, tantôt parmi les forêts de Grand'Lande ou de Machecoul, ou bien dans les chemins encaissés et les taillis presque impénétrables du Bocage.
Après les combats, elle pansait les blessés, leur procurait une bonne cache, les fournissait de fruits, de pain, mendiés chez les fermiers bien pensants et n’eut de cesse de porter secours aux prêtres proscrits, s'oubliant elle-même pour secourir les autres.

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Après la guerre, Marie Lourdais fut recueillie par Madame de Buor née Marie-Aimée Baudouyn de Lansonnière  (1752-1829) en récompense des nombreux services qu’elle lui avait rendus, et avec laquelle elle revint s’établir à La Gaubretière.
 

9 août 2022

Le jardin paysager..

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Les gentilshommes campagnards, dès la fin du XVIIIème siècle, embellissent leurs demeures d'aménagements paysagers où l'aspect naturel du site est complété de "décors".
Ainsi, de la demeure, on peut découvrir des hameaux, des coteaux, des bosquets, des lacs, reliés par de petits sentiers sinueux.
L'eau est toujours présente, elle se coule entre des rochers, sous des ponts.

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Des ruines (fausses), des tombeaux (vides) créent une atmosphère propice à la mélancolie, à la méditation, au recueillement...
C'est le triomphe du "Romantisme".

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Dès le début du XIXème siècle, le jardin n'est plus le privilège de quelques fortunés, il se démocratise grâce aux parcs et aux jardins publics.

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Mais, peu importe l'origine du jardin, il a toujours le même but.
Etre un lieu de retraite où l'on peut échapper aux tensions de la vie quotidienne et renouer la relation avec la nature.

5 août 2022

Le Rêve (Cinéscénie).

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Boncharnps vient de rendre son dernier souffle.
L'armée des ombres n'a pas encore achevé de rendre son hommage au défunt chef, que déjà la terre s'ouvre.
Alors jaillit des profondeurs la ruine encore fumante d'une chapelle calcinée par la folie des hommes.
Dans un équilibre éphémère, les arcs brisés, mutilés,voudraient une dernière fois orienter le regard, exhausser les âmes.
Les élans de pierre se figent, comme les doigts transis d'une main décharnée, tendue vers les hauteurs silencieuses.
Le ciel se tait.

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Debout sur l'arc de pierre fragile, la silhouette titubante d'un homme hagard, qui cherche ses souvenirs et ses affections perdues.
Par la voix chaude et familière de Gérard Depardieu (qui a bien voulu, une fois de plus, offrir son talent bénévolement aux Puyfolais)  Maupillier va livrer ses dernières confidences.
Une lumière blafarde découpe le buste et le chapeau du garde-chasse du Puy du Fou, enveloppé de brume et de mystère.

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Sa mémoire vacillante projette autour de lui les visages de ses dernières tendresses.
Et plus il fouille au tréfonds de lui-même, plus les personnages s'incarnent, non plus flottants dans la brume, mais bien réels, en chair et en os.
La ruine charbonneuse agit sur le survivant comme le révélateur de ses attachements disparus.

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Les mariés, ses parents, puis le cortège de fête sortent de l'église.
Les souvenirs appellent les souvenirs.
Et Maupillier revoit bientôt surgir la petite fille au tambour, celle qu'il a vue s'engager dans l'armée du Général d'Elbée ...
La suite, nous la connaissons.

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Le songe de Jacques enracine dans la Vendée martyre une autre Vendée à naître, celle qui a fait de ses souffrances une force.
Laissons-nous aller à la rêverie d'un homme qui a tout vécu, qui a mille fois traversé le feu, qui a tout perdu, et qui ce soir s'abandonne aux décombres avec lesquels il se confond ...

25 janvier 2022

La Cité Médiévale.*

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Qui n'a pas rêvé de découvrir une cité médiévale restée telle qu'elle était au XVème siècle, intacte, sans bitume, sans "mobilier urbain", fils électriques ou devantures modernes ?
Elle existe.
Nous vous invitons à la découvrir.
Bordé à l'ouest par l'Océan Atlantique, nous sommes dans le bocage vendéen.
Zone de contact située entre le Massif armoricain et le Bassin aquitain.
Cette région, aux aspects contrastés où l'équilibre fragile entre l'homme, la terre et l'eau semble parfois compromis, est connue historiquement par les guerres de Vendée en 1793.

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Elle abrite essentiellement des ormes, des chênes, quelques châtaigniers et parfois des hêtres, le plus souvent en buttes.
C'est ainsi que se dresse la "Colline du hêtre" plus connue sous le nom du Puy du Fou, (du latin podium), surmontée de fouteaux (nom commun du hêtre).
Le Puy du Fou se trouve en Poitou, plus précisément en Vendée situé entre le mont des Alouettes et Saint-Laurent-sur-Sèvre, et comporte une large partie dédiée à l'époque médiévale.
Créé en 1977 par Philippe de Villiers, ce site (avec la Cinéscénie) a acquis aujourd'hui une très bonne réputation mondiale grâce à l'enthousiasme et à la passion des habitants du "pays Puyfolais".
Mais revenons à la Cité Médiévale….

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A l'origine, il n'y avait rien sur l'emplacement.
Pour la réalisation de ce chantier gigantesque, de multiples éléments de granit ont été récupérés sur des chantiers de démolitions.

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Elle est bien protégée par une vaste nappe d'eau et une enceinte munie de deux portes fortifiées. Nous sommes au XVème siècle et cette cité est marquée par le poids du temps.
Sa petite église, romane, a été légèrement remaniée à l'époque gothique, son porche est de la fin du XIIème siècle.

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De cette époque, il ne reste plus qu'une maison et c'est la maison romane du XIIème siècle qui est maintenant tronquée.
Les maisons ont été reconstruites au fil des générations.
L'une d'elles remonte au XIIIème siècle mais la plupart sont plus récentes, de la première moitié du XVème siècle.
Cette cité médiévale a été édifiée en dix mois, de juin 1994 à mars 1995.
Au total, une centaine d'ouvriers a travaillé sur ce chantier.
Elle a été conçue et réalisée dans le cadre du Grand Parc du Puy du Fou.

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Certains feront la fine bouche en la qualifiant de décor de théâtre d'un parc de loisirs.
Mais sur le terrain, le constat est tout autre.
Cette réalisation est exemplaire.
Il s'agit de la reconstitution fidèle d'une bourgade de la fin du Moyen Age telle qu'elle pouvait être à cette époque, marquée par les remaniements successifs et la marque du temps.
Elle est le fruit du travail commun d'équipes du grand parc et d'architectes des monuments historiques de France.
Les matériaux sont anciens, ils ont été récupérés et sont marqués par la patine du temps : vieilles pierres, poutres provenant d'anciennes granges, cheminées et lauzes anciennes.

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Les finitions sont dans le même esprit, les enduits sont fatigués par le temps.
L'aspect est plus vrai qu'un site d'époque fraîchement restauré.
Quant au sérieux scientifique de cette réalisation, l'architecture des bâtiments est un bon catalogue de ce qu'on connaît des constructions urbaines de cette époque.

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Un circuit dans les étages des maisons bordant l'enceinte, nous conduit dans des intérieurs reconstitués (occupés par des artisans).
Le mobilier a été reconstitué tel qu'il était au début du XVème siècle d'après les tableaux et les miniatures de cette époque.
Cette visite nous permet d'entrer de plain pied dans la vie quotidienne du début du XVème siècle.

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9 novembre 2022

Ceux de Verdun....

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Voici un peu plus d'un siècle, se déroulait à Verdun une bataille qui décida du sort de la Première Guerre mondiale.
De nombreux Vendéens y combattirent, au sein notamment des glorieux 93ème et 137ème régiments d'infanterie, partis de La Roche-sur-Yon et Fontenay-le-Comte.
Ce sont 57 soldats du 137e RI (dont 33 Vendéens) qui furent enterrés vivants dans la fameuse "tranchée des baïonnettes" à la suite d'un violent pilonnage de l'artillerie allemande.
Après les grandes manœuvres de l'année 1914, le front occidental s'est stabilisé en 1915.
Alliés et Allemands se font face dans les tranchées.

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Victorieux sur les fronts russe et serbe, les Allemands entendent forcer la décision.
Le général von Falkenhayn choisit le secteur de Verdun pour mener la grande offensive.
Celui-ci dessine sur la ligne du front un saillant placé sous le feu de l'artillerie allemande.
Surtout, ville du traité de 843 où fut partagé l'empire de Charlemagne, donnant naissance à la
France et à l'Allemagne, ville lorraine conquise sur le Saint-Empire par les rois de France, Verdun est un symbole.
Falkenhayn compte sur l'envoi de nombreux renforts français, qui seront alors décimés par les immenses moyens en artillerie déployés sur le secteur.

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A genoux, la France devra alors solliciter l'armistice ...
Au pire, la prise de Verdun ouvrirait le chemin de la vallée de la Marne.
Pour mener l'assaut, les Allemands peuvent compter sur 10 divisions commandées par le prince héritier Guillaume de Prusse, le Kronprinz, dix autres étant tenues en réserve.
En face, une ceinture de collines boisées et une ligne de vingt-deux forts, construits après la guerre de 1870, protègent Verdun.
Mais l'armée française a délaissé les forts, dont elle a retiré les canons envoyés en première ligne.

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Dépourvus de moyens de défense, ceux-ci sont une proie facile à conquérir.
D'une manière générale, le système défensif de Verdun est assez fragile et les effectifs réduits.
Lorsque la bataille s'engage, les Français se battent à un contre deux.
L'offensive débute le 21 février 1916 au petit matin, à la grande surprise de l'état-major français.
Elle s'ouvre par un gigantesque tir d'artillerie, nettoyant le terrain devant 60000 assaillants allemands.
Décimés (les chasseurs à pied du lieutenant-colonel Driant perdent 80 % de leurs effectifs, dont leur chef, dans le bois des Caures) et dispersés, les "poilus" parviennent toutefois à résister jusqu'au 25, au milieu de scènes d'apocalypse, jusqu'à l'arrivée des renforts.

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Le 26, l'armée allemande n'est plus qu'à cinq kilomètres de Verdun.
Le fort de Douaumont est tombé la veille.
Mais, épuisé et à cours de munitions, l'ennemi doit suspendre son offensive.
Ce répit permet au commandement français de s'organiser.
La responsabilité de la défense de Verdun échoit au général Pétain, nommé commandant de la 2ème armée française.
Celui-ci organise la rotation des divisions engagées dans la bataille et transforme la route départementale de Bar-le-Duc à Verdun, connue depuis sous le nom de "Voie sacrée" (la formule est de Barrès), en artère vitale de communication avec l'arrière.

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C'est elle qui permet de ravitailler la ville et d'acheminer les renforts.
2000 tonnes de munitions, 2000 tonnes de vivres, 20000 soldats vont y transiter chaque jour et chaque nuit, en un convoi ininterrompu (un camion toutes les quinze secondes).
Durant dix mois de combats acharnés, les deux armées se prennent et se reprennent des lieux devenus légendaires ; la colline boisée du Mort-Homme, sur laquelle échoue en mars la vague allemande, les Eparges...
Les Allemands conservent l'initiative jusqu'en juillet.

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Début avril, lorsque s'achève la première phase de l'offensive, ils n'ont progressé que de deux kilomètres, mais le pilonnage intense des positions françaises se poursuit.
Après la reprise du fort de Douaumont par le général Mangin (fin mai), les Allemands lancent le
2 juin l'attaque du fort de Vaux, où sont retranchés les 600 hommes du commandant Raynal.
Les combattants s'affrontent à la grenade et à la mitrailleuse dans les galeries souterraines du fort, dans lesquelles l'ennemi a pénétré après avoir bombardé les ouvertures au gaz.
Épuisés, manquant d'eau, les survivants capitulent le 7 juin avec les honneurs de la guerre.

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Le commandant Raynal est reçu par le Kronprinz, qui déclare regretter qu'on n'ait pu retrouver son épée, afin de la lui rendre.
C'est fin juin, dans le secteur de Fleury et Souville, que se déroulent les combats où meurent les soldats (en grande partie Vendéens) enterrés dans la "tranchée des baïonnettes".
Cette grande bataille de l'année 1916 restera dans les mémoires comme "1er enfer de Verdun".
Chaque unité envoyée au front perd en moyenne 25 % de ses effectifs dès le premier jour.
Le froid, la faim, la maladie aggravent le quotidien du "poilu".

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Les troupes françaises, qui passent deux jours en première ligne puis deux en seconde ligne, se reposent ensuite deux jours à l'arrière.
Les lourdes pertes imposeront bientôt de porter ce rythme à trois jours.
Mais c'est ce roulement (les trois quarts des divisions françaises, soit un million et demi d'hommes, seraient passés par Verdun entre février et juillet 1916) qui permet à nos soldats de tenir.
Mieux organises, mieux protégés dans un premier temps, mieux ravitaillés en eau et en obus, les Allemands passent davantage de temps sur le front.

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Leur moral s'en ressent.
Soucieux de préserver les vies humaines, Pétain sait au contraire galvaniser ses hommes, lançant dans son ordre du jour du 10 avril 1916 son fameux :
"Courage ! On les aura !".
Il appartiendra au général Nivelle de reconquérir le terrain perdu depuis février.
L'offensive franco-anglaise dans la Somme est lancée en juillet 1916 afin de soulager Verdun. Après une dernière attaque, les 11 et 12 juillet, à nouveau entre Souville et Fleury (ce village a changé de mains dix-huit fois en un mois), dans laquelle les assaillants perdent les deux tiers de leurs effectifs, les Allemands resteront désormais sur la défensive à Verdun, où le front est dégarni au profit d'autres champs de bataille.

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La contre-offensive française, lancée en août, aboutit à la reprise de Douaumont le 24 octobre.
La reprise de Vaux, le 15 décembre, marque la fin de la grande bataille de Verdun, même si les combats continuent en 1917 et 1918 (le Mort-Homme est repris le 20 août 1917).
Verdun est dégagé définitivement par les Américains le 26 septembre 1918.
En décembre 1916, le front avait quasiment retrouvé ses contours de février ...

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La bataille de Verdun aura coûté 143000 tués et 187000 blessés allemands, 163000 morts et 215000 blessés français.
Six villages, dont Fleury près de Douaumont, sont rasés à jamais, tandis que les trous d'obus ont ravagé une terre devenue méconnaissable, en grande partie rendue aujourd'hui à la forêt.
Les esprits resteront marqués par le souvenir d'un massacre sans précédent, symbole puissant du suicide européen que fut la Première Guerre mondiale.

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8 mars 2022

"Quelle tranquillité dans un jardin ... " (3/4)

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JARDIN A LA FRANÇAISE
Si le Moyen Âge aime les espaces clos, propices à l'intimité et au secret...
Si la Renaissance entrouvre des portes sur l'horizon, le XVIIe siècle classique libère totalement l'espace.
Parterres géométriques bordés d'allées et décorés de topiaires (arbres taillés en pyramides, en cônes, en sphères, en formes humaines ou animales), de bassins, de fontaines, de statues.

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Le jardin "à la française" est un lieu de promenade, une extension de l'architecture.
Les grandes perspectives, les parterres aux formes géométriques doivent s'harmoniser avec les grandes lignes du bâtiment.
Les jardins de Versailles, référence des jardins à la française, furent arrachés à une terre hostile de par la volonté du tout-puissant

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Louis XIV et grâce au souci constant du "roi des jardiniers", de complaire à son maître.
D'un marécage, André Le Nôtre a fait un enchantement, un lieu de divertissement raffiné et varié où la cour vit, s'amuse ... tout autant qu'à l'intérieur du château.

8 février 2022

"Quelle tranquillité dans un jardin ... " (2/4)

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LE JARDIN MÉDIÉVAL.
Dans les jardins islamiques de l'Espagne mauresque, l'eau, symbole de vie et de pureté est partout, courante ou jaillissante.
La géométrie rectangulaire est rigoureuse, adoucie par des plantations d'arbres, de buissons touffus et de parterres de roses.
L'Occident chrétien aime les jardins clos, propices à l'intimité, voire au secret, s'ils sont religieux.
Ils sont à l'image du paradis terrestre, divisés en quatre parties correspondant aux quatre éléments : l'eau, l'air, le feu, la terre ...
Ces jardins sollicitent toujours les cinq sens.

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Le bruissement de l'eau des fontaines, le chant des oiseaux enchantent l'ouïe.
Les yeux admirent les plantes dont les teintes varient au gré des saisons.
L'odorat apprécie le parfum des lilas, des violettes, du jasmin ...
Les fraises, les framboises, le cassis, la rhubarbe flattent le goût et le toucher est sensible à toutes les textures ; velouté, rugosité, douceur, piquant...

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Si les jardins médiévaux sont sources de plaisirs, ils remplissent aussi d'autres fonctions.
Soigner avec les "simples", herbes médicinales.
Nourrir avec les choux, les bettes, les laitues, les chicorées, les cressons.
 Sans oublier qu'il faut aussi fleurir les autels de lys, de roses, d'iris, d'ancolies ou ... de choux frisés ...

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Un jardin un peu particulier marque l'histoire du Moyen Age, celui du cloître des monastères.
Protégé du monde extérieur, entouré de quatre galeries, il est constitué par un petit pré, divisé en parterres carrés.
C'est un "jardin secret", porteur d'un puissant symbolisme religieux, qui participe à la vie spirituelle du monastère.
Les moines s'y reposent, méditent, y retrouvent le souvenir du jardin d'Eden et la préfiguration du paradis céleste.
Les campagnes d'Italie de Charles VIII, Louis XII, François 1er, vont bouleverser l'architecture en France, mais aussi la conception des jardins qui vont se métamorphoser.

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Finies les pelouses fleuries, les tonnelles, les charmilles ...
Partout on ne voit plus que parterres symétriques, sol recouvert de gravier, arbustes, terrasses, escaliers ...
Les jardins deviennent des coins de nature maîtrisée.
Grâce aux buis, aux ifs, essences pérennes, leur forme reste stable, alors que le jardin médiéval variait au rythme des saisons.

14 mai 2021

Le caparaçon *

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Le caparaçon est un mot issu de l'espagnol.
À l'origine, il s'agissait d'un harnais d'ornement dont on équipait les chevaux lors de cérémonies solennelles.
C'est une espèce de housse en tissu ou de longue couverture plus ou moins ornée, qui enveloppaient chevaux, bœufs etc… à la manière d'une chemise, s'étendant quelquefois jusqu'à la tête, destinée à protéger le cheval ou l'animal contre le froid, la pluie, les insectes ou lors des cortèges, des tournois, etc
Le caparaçon peut également être un tablier de cuir, de laine, etc.,
Ne pas confondre avec la barde, qui est l'ensemble des différentes pièces d'armure destinées à protéger le cheval lors des tournois et des batailles.

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Ce type de protection fut surtout développé à la fin du Moyen Âge pour protéger la cavalerie lourde des tirs ennemis pendant ses charges.
À la fin du Moyen Âge, alors que l'armure des chevaliers (l'harnois) était devenue très efficace, leurs montures constituaient leur point faible et devinrent les cibles des attaques ennemies.
Cette tactique fut mise à profit par les archers anglais pendant la Bataille de Crécy au XIVe.
Les montures des chevaliers français, enlisées dans la boue, furent abattues par des tirs d'archerie, forçant les chevaliers à démonter.
La barde constitue une réponse à de tels évènements.

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Souvent, la barde était recouverte de tissu.
Le cheval était ainsi caparaçonné, mais la protection venait de la barde, et non du caparaçon.
Au moyen-âge on dépensait aussi pour le harnachement du cheval des sommes considérables.
Les uns de drap de Damas, de fin drap d’or, fourrés de martres zibelines.
Les autres, de velours, fourrés de pennes d’hermine.
Le caparaçon de guerre disparaît vers 1620.
Il protégeait mal le cheval contre les balles de plus en plus puissantes.
Il avait aussi l’inconvénient de coûter très cher et d’être fort lourd.

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Le caparaçon ne se retrouve guère aujourd’hui que dans les spectacles équestres ou cérémonies funèbres.
Le harnois correspond à ce qu'évoque spontanément la figure du chevalier à cheval et, par conséquent, ce terme comprend également l’armure équestre.

17 septembre 2021

Le coq gaulois !

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Un aigle pour l’Allemagne, un lion pour l’Angleterre et un taureau pour l’Espagne.
Mais pourquoi un coq pour la France ?
Le coq gaulois appartient à la race de la Gauloise, une race très élégante appelée, jusque dans les années 2000, Gauloise dorée.
Avec les concours agricoles, la Gauloise apparaît en exposition dès 1894 et son standard est adopté en 1923.
Délaissées des élevages à cause de sa ponte moyenne, ses effectifs se réduisent jusque dans les années 1990 où une restauration de la race est entreprise par le Bresse-Gauloise Club de France.
Ce sont les Romains qui l’ont attribué aux Gaulois.

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À cette époque, les Romains se moquaient des Gaulois à cause d’une coïncidence linguistique, car en latin le mot "gallus" signifie Gaulois… Mais aussi coq !
Certains disent que Vercingétorix aurait envoyé un coq à César pour symboliser l’ardeur de ses guerriers et que César l’aurait cuisiné au vin.
Avec le temps, les rois de France ont adopté le coq pour son courage et sa bravoure.
Les Anglais se moquaient ainsi de l’arrogance du roi Philippe-Auguste (1165-1223).
C’est justement à partir de ce roi que la notion de "France" a commencé à avoir du sens.
Il signait les documents "rex Franciae" (roi de France) et non plus "rex Francorum" (roi des Francs).
Pendant la Révolution, il devient le symbole du peuple et de l’état : il apparaît sur la monnaie.

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Napoléon Bonaparte remplace le coq par l’aigle (emblème de la Rome impériale), vu que "Le coq n’a pas de force, il ne peut être l’image d’un empire tel que la France".
Mais le rapace ne s’imposa pas longtemps à la France.
Redevenu un symbole du peuple français pendant la Deuxième République (1848-1852), le coq est de nouveau écarté par le Second Empire.
Il ne retrouve un rôle symbolique qu’avec la Troisième République (à partir de 1871) où il orne notamment les boutons des uniformes des gardes républicains.
Vieux symbole, le coq symbolise le royaume de France, ensuite la République française.

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Le coq est aussi le symbole de la vigilance car il éveille la basse-cour et les paysans aux premières lueurs du jour.
Il a été utilisé dans la liturgie chrétienne.
C’est un symbole qui dénonce le manque de fidélité (il chante au moment où St. Pierre renie le Christ).
Historiquement, le premier coq qui a trôné au sommet d’une église est relevé à Brescia en Italie en 820.
Le coq fait son apparition sur un maillot sportif national en 1909.
C’est le Comité français interfédéral, représentant de la France à la FIFA depuis 1908 qui lance cette innovation.
Il devient l’emblème de la sélection olympique française à partir de 1920.

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Le coq gaulois tient toujours aujourd’hui une bonne place comme emblème de la France, car il représente la fierté entre autres.

9 janvier 2021

Le Grand Siècle

Visitez "Le Grand Siècle", le nouvel hôtel du Puy du Fou, création originale 2020 et "Le Théâtre Molière", son Palais des Congrès flamboyant.

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Au sein de la "Cité Nocturne" et à quelques pas des spectacles du Puy du Fou, soyez les invités privilégiés de Louis XIV dans ce château pavillonnaire réservé à la cour du Roi Soleil, et revivez les ors du Grand Siècle.

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Un nouvel espace de plus de 2 500 m², entièrement dédié au tourisme d'affaires et richement thématisé, "Le Théâtre Molière", s'offre également aux entreprises souhaitant organiser leur événement au sein du Puy du Fou.

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1 mai 2021

La Renaissance du Château - Spectacle immersif - Puy du Fou *

Partez à la découverte des splendeurs Renaissance du château du Puy du Fou à travers la bande annonce de ce spectacle immersif :

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"La Renaissance du Château" !

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Oublié depuis des siècles, le Château du Puy du Fou vous ouvre ses portes !

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Les tableaux vous parlent, les miroirs vous observent, les fantômes dansent encore...

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Chaque salle du château vous dévoile ses merveilles encore hantées par son passé glorieux.

3 septembre 2021

L'almanach

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Le mot "almanach" viendrait d'un vieux mot celtique "ar monach", le moine.
Jadis, ce livret annuel annonçait les fêtes religieuses et les éphémérides où figurent les positions du soleil et de la lune.
Il était composé par les moines qui y mêlaient des patenôtres (prières).
L'invention de l'imprimerie en 1450 a permis leur multiplication.
C'était le livre que l'on regardait en famille...
On "regardait", puisque souvent, on ne sait pas lire.
Grâce à des images, des signes que chacun pouvait comprendre, l'almanach racontait tout... ou presque.
Né vers le XVème siècle et diffusé dès le XVI siècle, il renseignait nos ancêtres sur une quantité de faits capitaux, lunaisons, date des Foires, prédictions.
Tout en alimentant largement les récits des veillées par la relation d'aventures liantes et merveilleuses, de secrets admirables, de curiosités extraordinaires.

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Au XVIII siècle, on trouvait le "Petit Désiré", le "Bavard" et surtout, le "Petit Messager Boiteux".
Celui-là plaisait beaucoup car, outre les précieux renseignements que diffusaient tous ses concurrents, il prédisait le temps, rappelait les travaux à faire dans le jardin et à la basse-cour avec, en plus, de beaux "proverbes" de Pascal, Voltaire, Montesquieu, Rousseau ...
Ainsi, grâce à l'almanach, la connaissance entra dans les campagnes et ce fut par l'entremise de tous ces coureurs de chemins, de ces besaciers que l'on rencontrait partout sur les routes, dans les auberges.
Ils contribuèrent largement à la diffusion des idées et même, tout simplement, à la communication entre les hommes.
Les almanachs-tableaux sous Louis XIV étaient ainsi d'une très grande richesse.
Sous Louis XV vint la mode des almanachs savants.
L'almanach artistique disparut avec la révolution française.
Au XIXe siècle, l'almanach est devenu un objet d'aspect pratique proche du calendrier.

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2 novembre 2021

La troupe du Marais..*

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"L’accueil est à haut risque puisque derrière ce rideau qui, dans quelques instants, va s’ouvrir grand, pour vous, la troupe du Marais, en quittant ses tréteaux, change de résidence et fait le pari fou d’un accueil incertain, ici, au Puy du Fou !"
Le théâtre du Marais est l’un des plus célèbres de Paris et un des premiers théâtres du Paris de l’époque classique, mais qui a connu une histoire mouvementée.

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C’est là que fut créé le Cid de Corneille et que furent jouées les pièces de Mairet (1604-1686), Scudéry (1607-1701), Scarron (1610-1660).
La collaboration étroite de Pierre Corneille (1606 – 1684) et de l’excellent acteur Montdory (1594-1654), contribue de manière décisive à la renommée de cette scène concurrente de l’Hôtel de Bourgogne dite "Troupe royale" et qui reçoit une pension de la part du roi.
Vers 1600, il semble (car peu d’écrits l’attestent) qu’une troupe soit venue à Paris pour la foire Saint Germain et voulut s’installer en ville dans un théâtre qu’elle aurait fait construire dans le Marais, dans une maison appelée "Hôtel d’Argent".

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Et ce non sans mal.
En effet, Paris comptait alors deux salles.
Le Petit Bourbon pour les comédiens royaux et l’Hôtel de Bourgogne pour les spectacles ouverts au public.
Et difficile de sortir du monopole de ce dernier.
Déjà, le 28 avril 1599, le Châtelet de Paris réaffirme la défense de jouer ailleurs qu’au théâtre de l’Hôtel de Bourgogne.
Défense également aux bourgeois de louer leur maison à des comédiens.
Mais en 1624, Guillaume de Mondory et Claude Deschamps (dit Villiers (1600 – 1681)) fondirent leur troupe sous le nom de Marais.
1634 : Le 8 mars, Mondory loua le Jeu de paume du Marais, rue Vieille du Temple, pour y entreprendre des travaux afin d’aménager un vrai théâtre.
1635 : 1 er janvier : Inauguration du théâtre du Marais.

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1637 : Première représentation du Cid de Corneille (Pièce crée en pleine guerre avec l’Espagne Corneille prépare une pièce qui célèbre l’héroïsme castillan).
1638 : L’acteur Josias de Soulas, dit Floridor (1608 – 1671) entre dans la troupe, pour succéder à Montdory et devient rapidement à son tour une vedette parisienne et l’ami personnel de Pierre Corneille.
La concurrence entre le théâtre du Marais et l’hôtel de Bourgogne est vive, au point que fréquemment les deux troupes créent la même saison deux pièces rivales sur le même sujet.
Le roi lui-même intervient à deux reprises au moins pour modifier la composition des troupes et faire passer des comédiens d’un théâtre à l’autre.

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1643 : La salle, les décors et les costumes sont détruits par un incendie.
1644 : Octobre, après sa complète rénovation et nouveautés techniques, réouverture du théâtre du Marais et "les petits comédiens" comme on les appelle, par opposition aux "grands comédiens" de l’Hôtel de Bourgogne rejouent et passent par diverses périodes de prospérité et de détresse.
Le nouveau Marais développe de plus en plus ses changements de décors spectaculaires, avec naufrages et cataclysmes dans ses pièces à machines et met fin au décor austère du théâtre de la Renaissance.
Le Marais connaît notamment un succès triomphal avec une pièce à machine, La Toison d’or, que Louis XIV (1638 – 1715) voit deux fois, mais Jean-Baptiste Lully (1632 – 1687) lui porte le coup fatal avec son privilège d’exclusivité, ce qui interdit à la fois la représentation des comédies ballets et des pièces à machines.

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L’ampleur du succès dut à la pièce de Corneille "Le Cid" joué par la troupe du Marais oblige les comédiens à placer certaines personnes de part et d’autre de la scène.
Ces places étaient bien plus chères et donc réservées à la Cour.
Mais cela n’arriva pas à compenser le départ, pour l’Hôtel de Bourgogne, de Floridor puis de Corneille, qui apportait toutes ses pièces à la troupe depuis 18 ans.
Durant les années 1650, la salle est désertée.
1660 : Malgré le monopole de l’Hôtel de Bourgogne avec qui il est en concurrence, le théâtre du Marais ouvre ses portes grâce à Mondory et sa troupe.

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Le théâtre du Marais en plein âge d’or du théâtre français reste loin derrière l’Hôtel de Bourgogne et le Palais Royal de Molière.
Il déménagera encore à plusieurs reprises, mais reste toujours attaché au quartier du Marais.
La troupe du théâtre y joue toujours les œuvres de Pierre Corneille.
Mais les trois troupes de comédiens se disputent le public de théâtre parisien, la troupe du Palais Royal (dirigée par Molière), celle du Marais et celle de l’Hôtel de Bourgogne.
1669 : à cause de difficultés financières, la salle est fermée en 1673 et la troupe est dissoute sous l’ordre de Louis XIV.

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Désireux d’une centralisation, Louis XIV ordonne aux comédiens de la troupe du Marais de rejoindre la troupe de Molière après la mort de ce dernier.
Le roi force également la main de la troupe de Bourgogne pour qu’une troupe unique se forme à Paris.
C’est par un édit de Louis XIV que s’est fondée cette troupe unique et permanente : la Comédie Française.
La Comédie Française fut nommée sous deux autres noms également, Théâtre Français et la Maison de Molière.
Les comédiens français s’unissent finalement le 5 janvier 1681, pacte qui ne sera jamais rompu.
En 1791 un autre théâtre du Marais est bâti avec des matériaux récupérés de la prise de la Bastille et présentant des spectacles révolutionnaires.
Si Corneille en était l’auteur-maison au XVIIème siècle, c’est maintenant le tour de Beaumarchais (1732- 1799).

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Le théâtre du Marais connaît alors un franc succès avec la célèbre trilogie de Beaumarchais : "La Mère coupable", "Le Barbier de Séville" et "Le Mariage de Figaro".
1807 : Fermeture du Théâtre par ordre de Napoléon (1769-1821).
1812 : La salle est détruite pour laisser la place à un établissement de bains.
Au XXe siècle, un nouveau lieu théâtral est ouvert sous le nom de théâtre du Marais.
Fondé par Jacques Mauclair en 1976, il ferme un temps ses portes en 1999 avant d’être repris par le cours Florent en mai 2000.
En 2009, il est repris par Sébastien Autret, Charles Petit et Quentin Paulhiac, qui font revivre cette salle avec une programmation hétéroclite de pièces de théâtre.

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15 octobre 2021

Le Geste de Bonchamps.

 

L’histoire l’a conservé et le Puy du Fou l’a remis en mémoire…
Désormais cet épisode est inscrit dans les échos collectifs du Monde.
La Voix et le geste…
L’espérance naissant d’un geste d’agonie…
La bonté de l’homme triomphant de la cruauté et de l’absurdité de la guerre…
La Mort et la Vie…

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Images des symboles de la loyauté, de la lucidité, de la Fraternité.
Illustration ineffaçable de vertus bien oubliées de nos jours.
Mais n’était-ce pas ce que prêchaient les orateurs de la Nouvelle Philosophie du dix-huitième siècle ? Seulement, les théoriciens de ce temps pratiquaient déjà le trop célèbre aphorisme :
"Je dis et vous faites".
Le règne du Médiocre allait arroser de sang les lys décimés…
Bonchamps était l’homme qui vivait l’impossible.

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Cet impossible que Voltaire et Rousseau avaient rêvé en forme de république idéale, que Robespierre et ses compagnons d’infamie transformeraient en massacres des Innocents, que les chefs Vendéens assumeraient en défi et que Bonchamps allait sublimer en un geste de légende et un mot historique…
Il était la preuve par la mort que les enchantements étaient toujours à l’Ouest, que par-delà cette signature qui avait embastillé les horizons du Poitou légendaire, existerait un département sauvé de l’anonymat par un ruisseau nommé Vendée.

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Un royaume immortalisé par les exploits couleur de sang, les sacrifices auréolés de haine et d’amour, dans une Croisade de l’Inutile…
"GRÂCE AUX PRISONNIERS",
cria Bonchamps, en bordure du fleuve Loire…
"Grâce aux prisonniers", que répétaient les buissons et les échos habillés de lys écarlates, de bonnets phrygiens rougissants, et de couronnes de genêts en fleurs.

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La nature offrait un décor grandiose, et la mort du Héros Vendéen devenait le "Salut des Autres", le sourire des humbles, le "Pardon du Soldat", en éternisant le goût du panache, et le refus de n’être que colère et représailles.
Le geste du Vendéen agonisant sur le brancard improvisé, la main qui se lève, la voix qui s’enroue, les cavaliers qui s’inclinent devant la volonté pacifique…
Et la voix de Bonchamps répercutée par le peuple ému aux larmes échos au-dessus de l’angoisse et de la douleur heure à jamais marquée dans l’éternité humaine qui chaque jour entendra, ou devrait entendre, le cri légendaire.
"GRÂCE AUX PRISONNIERS".
L’histoire l’a conservé.

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Le Puy-du-Fou le remet en mémoire.
L’ensemble est une projection de l’âme vendéenne.
Un appel pour raffermir au cœur de nos contemporains, la certitude que partout autour de nous, au-delà des impatiences, des absences, des intolérances, au-delà des affamés de gloire et des oubliés de la planète, il y a des mots nés dans la souffrance d’un homme et dans l’héroïsme des sacrifiés :
"Grâce aux Prisonniers"
Trois mots pour la purification des massacres blancs et bleus.
Un geste pour la Postérité.
Trois mots et un geste pour inscrire au fronton vendéen le blason d’un humanisme toujours présent au cœur de tous et de chacun…

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Et aux soirs des spectacles de ce fastueux livre d’images qu’est le Puy du Fou, défile le flot des Nouveaux Initiés à la ferveur vendéenne.
Ceux qui refluent vers les véhicules de la servitude moderne emportant au fond de leurs yeux les prodiges personnifiés par ce château.
Ceux qui marchent au rythme des reflets de ce passé et de ce présent dansant sur les eaux du lac enchanté.
Ceux qui s’en vont heureux, de notre Joie et des sentiments éternels éveillés par ces échos de la Vendée Militaire.
Ceux qui savent que désormais ces géants sont une symphonie quotidienne et permanente en bleu et blanc et le témoignage d’une aventure humaine…

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Bonchamps !
Le geste et le visage du Courage et de la Pitié.
La révélation du troisième personnage d’un douloureux triptyque.
La Guerre, le Chef, et ceux qui se battent.
Bonchamps a réhabilité les Innocents.
Et ce qui est symptomatique de la portée planétaire de ce geste, c’est la contraction en TROIS MOTS d’une scène historiquement autre.
Bonchamps blessé, aux portes de l’infini, entendait les rumeurs et les hurlements vengeurs.
Il était ainsi fait, qu’il ne croyait point aux vertus de la vengeance.
À tort ou à raison, il faisait la guerre, rien que la guerre…

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Et il voulait empêcher cette horreur, qui ternirait le double cœur vendéen…
Il dit à son cousin :
"MON AMI, C’EST PROBABLEMENT LE DERNIER ORDRE QUE JE VOUS DONNERAI, LAISSEZ-MOI L’ESPÉRANCE QU’IL SERA EXÉCUTÉ".
Et le Comte d’Autichamp (1770-1859), lança la parole sacrée.
"Grâce aux Prisonniers.
Bonchamps l’a dit. Bonchamps le veut !
Bonchamps l’ordonne !
Il y avait près de lui le petit Herminée battant doucement sur son tambour.
Il faut aller au-delà de la scène.
Ce qui importe, c’est que son vœu fut accepté, que la foule le crût, et le cria, et le crie encore.

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Un geste d’humanité dans une frénésie destructrice.
La Foi domptant l’Animalité.
C’ÉTAIT LE VENDREDI 18 OCTOBRE 1793…
Il faisait beau, mais froid.
A onze heures du soir l’homme mourut, laissant au Héros le privilège de crier aux générations futures, ces paroles extraordinaires :
"GRÂCE AUX PRISONNIERS !"
Le Geste de Bonchamps.

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La Voix de Bonchamps !
Puissent-ils être entendus de tous les hommes, et que l’intolérance se voile la face et se courbe devant le symbole du lys bénissant le bonnet phrygien, devant la Vérité de l’amour humain interdisant les gestes de la Guerre.
Ici dans ce haut lieu, l’histoire ne peut plus s’isoler de la légende.
L’une et l’autre renaissent de l’attention et de l’enthousiasme des pratiquants et des spectateurs de cette romanesque réalité.

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Cet opéra vivant des ombres et des gerbes de lumière, et ressuscitant au cœur de chacun de nous.
Au-delà du conte particulier se greffe l’histoire des hommes, la tendresse des femmes de l’éternité des paysages qu’ils fécondent.
Ces lieux où le bleu et le blanc s’épousent étroitement, où le geste de Bonchamps s’interpose pour que ce mariage n’engendre plus le sang, car le rouge de la révolte n’est pas forcément la pourpre de la Gloire.
Bonchamps n’avait pensé qu’à la sauvegarde de ses frères en humanité.

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Il mourait, mais il ne voulait pas faire mourir.
Trois mots pour épargner les trois couleurs de la Vie.
Un symbole de ce que devrait être un homme dans une société d’homme.
Ce fut l’histoire, c’est devenu une légende.
Mais c’est chaque soir de nos étés vendéens, une réalité de chair et d’apothéose…
Un soir au Puy du Fou, dans le silence des armes apaisées, une voix dit encore :

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"GRÂCE AUX PRISONNIERS !"

 VSV.

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