Puystory
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2 septembre 2022

Le garde des Sceaux.

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Apparu en Mésopotamie au VIIe millénaire, le sceau précède de peu l’écriture.
Utilisé sous des formes variées et selon des usages d’une étonnante permanence, en Égypte dès le IVe millénaire, en Crète et à Mycènes dès l’âge du bronze, sans parler des civilisations extra-européennes, le sceau passe à Rome puis est repris dès le Haut Moyen Âge par les souverains mérovingiens.
La fonction de garde des Sceaux tire son origine d’une infortune royale.
Le 3 juillet 1194, dans le Vendômois, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion (1157–1199) inflige une défaite cuisante au roi de France Philippe Auguste (1165–1223).
Dans la déroute, ce dernier perd équipages, trésor et archives de la Couronne royale.
Pour remédier à cette perte, il confie à frère Guérin (1157–1227), chevalier hospitalier et évêque de Senlis, son ami et proche conseiller, le soin de créer un Trésor des Chartes.
Il instaure pour lui la dignité de garde des Sceaux.
Élu évêque de Senlis en 1213, il participe à la stratégie de la victoire dans la bataille de Bouvines.
Il est nommé chancelier de France en 1223.

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Créés sous les Mérovingiens (dynastie qui régna du Vᵉ jusqu'au milieu du VIIIᵉ siècle), les sceaux royaux authentifiant les actes officiels et en ordonnant l’exécution étaient choisis par chaque roi et portaient son effigie "en majesté".
Initialement sous forme d’une simple bague ou d’un pendentif de cire verte ou jaune, ils s’élargissent au fil des siècles pour atteindre sous les Capétiens (dynastie royale qui a régné en France de 987 à 1792) les 12 centimètres de leur diamètre actuel.
Le 21 septembre 1792, les sceaux royaux sont brisés, envoyés à la Monnaie et remplacés par le premier sceau républicain à l’effigie de la Liberté, de cire rouge cette fois.
C’est sous l’impulsion de Danton (1759-1794), alors ministre de la Justice, que la Convention fixe l’effigie du sceau de la Première République.
La Liberté est représentée debout, appuyée d’une main sur un faisceau, et de l’autre sur une lance surmontée du bonnet de la Liberté.
Sur le sceau de Napoléon (1769-1821) figuraient les abeilles et la couronne impériale.
Les rois Louis XVIII (1755-1824) et Charles X (1757-1836) reprirent une iconographie aux fleurs de lys proche de celle de l’Ancien Régime.
Quant à Louis Philippe (1773-1850), il y introduisit le drapeau tricolore et les armes de la famille d’Orléans.

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Le sceau de la IIᵉ République, encore utilisé de nos jours, fut défini par un arrêté du 8 septembre 1848.
Le graveur des monnaies, Jean-Jacques Barré (1901-1978), prit des libertés avec les termes du décret, notamment en ce qui concerne l’emplacement des inscriptions.
Une femme assise, la Liberté, tient de la main droite un faisceau de licteur et de la main gauche un gouvernail sur lequel figure un coq gaulois, la patte sur un globe.
Peu d’actes sont aujourd’hui scellés du Grand Sceau et ils sont essentiellement relatifs à la Constitution.
La cérémonie de scellement a toujours lieu à la chancellerie où le garde des Sceaux, fonction fusionnée avec celle de ministre de la Justice depuis 1791, conserve la presse à sceller et les matrices uniques.

23 novembre 2022

Pharsale (Farsala)*

Dans le spectacle du "Signe du Triomphe", il est dit :

Comment le commandant de la garde, dont l’aïeul s’est couvert de gloire aux côtés de César, à Pharsale, avec la légion de l’Alouette, peut-il refuser de sacrifier aux dieux……

Mais que représente "Pharsale" ?

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À Rome, la situation politique était instable et la guerre civile romaine opposait le clan de César à celui de Pompée.
La bataille de Pharsale s'est déroulée en Thessalie (Grèce du nord), le 9 août 48 avant J.-C. (Selon le calendrier romain pré-julien).
Pharsale est bâtie au pied d'une montagne abrupte de 110 m de haut qui portait l'ancienne acropole et au nord de l'Othrys.

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Elle commande les défilés, de sorte qu'elle est sur le passage des armées et des invasions.
Nombre d'historiens s’accordent à dire que la guerre civile fut la conséquence logique d’un long processus de décadence des institutions politiques de Rome.

Pompée disposait de 47.000 fantassins et 7.000 cavaliers, César prétend n'avoir opposé que 22.000 légionnaires et 1.000 cavaliers.
Après plusieurs jours de manœuvres, Pompée livra finalement bataille à César.
Malgré sa supériorité numérique, Pompée sera battu par la stratégie de César. (Voir récits déjà sur le net).
La défaite de Pompée fut complète. 6.000 Pompéiens morts et 24.000 furent cernés dans la montagne et faits prisonniers.

Les autres en fuite. 

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Après la bataille, Pompée se réfugie en Égypte et demande asile au jeune pharaon Ptolémée XII Philopator (13 ans).
Mais celui-ci le fait assassiner dans l'espoir de s'attirer ainsi les grâces du vainqueur.

Devenu par cette victoire l'homme le plus puissant de la République romaine, César va s'emparer du pouvoir et installer un régime de type monarchique.
C'est la fin de la République sénatoriale et le début de ce que l'on appellera plus tard l'Empire.

Après la bataille de Pharsale en 46, César fit élever un magnifique temple de marbre et d'or dédié à Vénus Genitrix (mère).
Fréquemment, César exploita cette filiation au cours de sa carrière.

24 août 2021

Marignan 13-14 septembre 1515. *

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Marignan (Marignano en Italie, aujourd’hui Melegnano, est une ville à 16 km au sud-est de Milan province de Lombardie).
François 1ᵉʳ remporta une difficile victoire contre les piquiers mercenaires suisses qui défendaient le duché de Milan.
La bataille démontra comment l’artillerie lourde alliée à la cavalerie pouvait venir à bout des formations serrées des Suisses, qui perdirent alors leur réputation d’invincibilité.
Marignan vengea la défaite française à Novare de 1513.
François Iᵉʳ fit traverser les Alpes à son armée et aux 70 canons en bronze dont elle était équipée lors d’une marche que l’on compara à celle d’Hannibal.

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En approchant du Piémont, il intimida ses ennemis.
Les Espagnols retinrent leurs troupes plus au sud, et même les Suisses qui contrôlaient Milan songèrent à négocier.
Espérant répéter leur succès de Novare du 06 juin 1513, ces derniers décidèrent finalement d’organiser une sortie et d’attaquer le campement français à Marignan.
Ce mouvement rapide bénéficiait d’un certain élément de surprise, mais cette fois les Français mirent moins de temps à former leurs divisions et à armer leur immense batterie de canons.

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Les Suisses attaquèrent celle-ci en longues rangées de piquiers, comme à leur habitude, mais furent contre-attaqués par la cavalerie française et par les "lansquenets", des mercenaires allemands aussi surnommés la Bande Noire pour leur efficacité, mais aussi leur brutalité.
Les Suisses lancèrent des assauts répétés contre l’artillerie, mais leurs formations furent tout d’abord brisées par les tirs de canon, puis harcelées par la cavalerie.
Plus tard dans la journée, les Français furent rejoints par des troupes vénitiennes et la défaite suisse devint inéluctable.
Grâce à cette victoire, la France de François 1ᵉʳ s’empara de Milan et les Suisses furent chassés d’Italie.
Les pertes sont :
Français, 4000 sur 40000.
Suisses, 10000 sur 20000.

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Le roi de France se fit armer chevalier par Bayard (Pierre Terrail, seigneur de Bayard 1475-1524), sur le lieu de la bataille, qui ouvrit aux Français la voie de la reconquête du Milanais.
La bataille de Marignan a des effets nombreux.
Le roi de France signe avec le Pape le concordat de Bologne.
C’est désormais lui qui nomme les évêques, archevêques et cardinaux en France, au Pape ensuite de les confirmer.
Ce concordat tiendra jusqu’à la Révolution française.
François fait également confirmer ses droits sur la Lombardie, mais le traité ne tiendra pas.
Surtout, la Suisse signe avec la France le traité de Paix perpétuelle de Fribourg qui restera en vigueur jusqu’en 1798, considéré par de très nombreux historiens comme l’acte fondateur de la déclaration de neutralité suisse, effective au XVIIe siècle.

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16 juin 2023

Libération du camp de concentration de Dachau

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Le 29 avril représente la libération du camp de concentration Dachau par la 7e Armée américaine.
Ce camp fut libéré grâce au sang-froid et à l'audace d'un jeune officier de renseignements australien, le Capitaine Thomas G. Groome (1918-xxxx).
Parachuté en France occupée en 1942, il rejoint le Docteur Albert Guérisse (1911-1989), officier médecin de l'armée belge, chef du réseau "Pat O'Leary", qui rapatria 1.200 aviateurs abattus en Belgique et en France.

 

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En avril 1943, le Capitaine Thomas G. Groome est arrêté par la Gestapo à Toulouse, mais parvient à s'échapper au cours de son interrogatoire, en sautant par la fenêtre du 2ᵉ étage.
Le talon enfoncé, il se cache, retrouve son émetteur et informe Londres que le Docteur Guérisse a été arrêté.
Pendant plusieurs mois, il réorganise le réseau, malheureusement infiltré par la Gestapo.
Il est à nouveau arrêté en 1944, incarcéré au Camp de concentration de Mauthausen où il retrouve le Dr. Guérisse.

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C'est à Dachau qu'on le retrouve dans la section typhus de l'infirmerie.
Thomas venait d'avoir le typhus et récupérait lentement.
Le Docteur Guérisse et d'autres prisonniers déchargeaient des trains les cadavres destinés au crématoire.
En janvier 1945, le docteur Guérisse demanda à Thomas d'entamer une liaison avec la femme SS qui gardait les prisonniers.
Cela prit quelque temps, mais en mars 1945, elle donna à Thomas la clef du chiffre allemand, ce qui lui permit de décoder les messages de l'état-major allemand adressés au Général SS Polh (1892-1951), quant à la liquidation des prisonniers.

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Le 25 avril 1945, le Capitaine Thomas Groome, accompagné de la femme SS, sortit du camp par la porte principale.
Elle s'en fut à gauche vers Munich et lui à droite vers Regensburg, où il prit contact avec la 7ᵉ Armée américaine.
Son commandant, le Général Patch (1889-1945) déploya immédiatement 18 chars d'assaut sur le périmètre du camp, tandis que les Typhoon attaquaient les baraques SS et les miradors du camp à la fusée et au canon.

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Les SS en uniformes camouflés s'étaient tapis entre les baraques du camp avec leurs lance-flammes.
L'armée américaine avec deux régiments de la 7ᵉ armée américaine libéra le camp de concentration de Dachau, le 29 avril 1945 à 15 heures.

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Il s'y trouvait encore 29.000 prisonniers.
Mais sur la voie de chemin de fer qui dessert le camp, les Alliés trouvent une quarantaine de wagons de marchandises contenant 2 000 cadavres.

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Après la guerre, Thomas Groome retourna dans son pays natal, Queensland en Australie.

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15 mai 2017

La Quintaine et ses Ancêtres.

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Dans son Odyssée, au chant IV, sont évoqués les prétendants de Pénélope.
Pendant que celle-ci trompait son ennui en tissant une interminable tapisserie, séparée qu'elle était de son époux en guerre sous les murs de Troie, ceux qui prétendaient à sa main se divertissaient au jeu de la quintaine.
Et des vases grecs les représentent, armés d'un javelot sans fer ni pointe, se livrant à ce qu'on appelait alors "l'Oegeneum" (un combat quelque peu ressemblant à celui de la quintaine).
On retrouve encore la trace de ce jeu singulier chez les Preux qui, bien plus tard, ont connu les heures grandioses et tragiques de la Jérusalem médiévale.

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Les Seigneurs batailleurs y couraient la quintaine pour s'entraîner en vue des prochains combats contre l'infidèle et pour nourrir leur agressivité guerrière.
Mais d'où vient ce nom ?
D'un certain Quintus, nous dit-on.
Un romain qui aurait inventé ce jet d'un javelot contre des boucliers, attachés à des pieux fixés en terre.

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D'autres chercheurs font remarquer qu'au temps de la Chevalerie médiévale, cet exercice n'avait lieu que tous les 5 ans, d'où le nom de quintaine, comme nous disons de braves gens parvenus à 50 ans qu'ils sont des quinquagénaires.
Il arrive souvent que le terme quintaine soit réservé encore pour désigner une sorte de mannequin grossier qui représentait aux yeux de nos preux chevaliers l'ennemi de toujours : l'infidèle, le païen, un Sarrasin, un Turc… auxquels on pense alors, en lançant son cheval contre ce "Jacquemin" primitif.

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Et aujourd'hui, quand nous disons d'un pauvre individu qu'il est "la tête de turc" de son entourage, assez cruel pour ironiser à son end rait et l'accabler, il semble bien qu'il y ait là une réminiscence de cet ennemi qu'on devait happer à la tête et sur lequel on s'acharnait... par amusement.
Enfin, "quintaine", qui désignait donc un jeu ou le mannequin qui doit être touché au visage, s'appliquait aussi à la lance avec laquelle on le frappait et qui, curieusement, devait être brisée contre celui-ci, sans doute pour prouver la force du coup porté à l'ennemi imaginaire.
Une dernière signification à ce terme est assez inattendue.

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Elle remonte aux Romains encore.
Quintaine pouvait désigner le lieu où se déroulait ce combat fictif : une voie militaire, de cinquante pieds de large, limitée par cinq tentes à droite, cinq encore à gauche (toujours le chiffre cinq) et qui étaient occupées par les légionnaires.
C'était avant le cinquième siècle de notre ère !
Ces antiques jeux sur le forum romain ont-ils donné leur nom à la quintaine que nous connaissons ?
Des érudits le prétendent.
Et, bien plus tard, dans notre Anjou voisin par exemple, on désignera par "quintes" l'espace de 5 000 pas, à proximité de la cité (Angers) où se "tirait" la quintaine.
Il s'agit bien là d'un "noble jeu" qui a traversé des siècles de bravoure combative.

30 juin 2023

L'eau +

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Une goutte d’eau est formée de milliards de molécules d’eau.
La forme d’une molécule d’eau ressemble à une tête de Mickey : la "tête" est un atome d’oxygène, les "deux oreilles" sont des atomes d’hydrogène.
Ces trois parties sont reliées entre elles par des forces électriques importantes.
Sa formule chimique est H2O.
C’est un liquide incolore et inodore présent dans tous les êtres vivants.
Il se présente sous trois formes :

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Liquide : c’est l’état le plus répandu sur Terre.
70% de la surface de la Terre est recouverte d’eau.
Mais la majeure partie de cette eau (97,2 %) est salée, contenue dans les mers et les océans.
La part d’eau douce ne représente que 2,8 % de l’eau totale du globe.
On la trouve dans les glaciers, les eaux souterraines, les lacs et les fleuves.

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Solide : quand elle se transforme en glace (en dessous de 0°C) comme dans le congélateur.
Les glaciers sont les plus grands réservoirs d’eau douce, environ 2,1% de l’eau douce totale.
La masse des glaciers est très importante : s’ils devaient fondre, le niveau des mers remonterait de près de deux cents mètres.

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Gazeux : quand l’eau passe de l’état liquide à l'état de vapeur.
Sous l’effet du soleil, l’eau sur la surface du globe s’évapore et monte dans l’atmosphère.
C’est la vapeur d’eau qui est à l’origine des précipitations (pluie, neige et grêle) qui alimentent les réserves naturelles d’eau douce.
Toute l’eau sur Terre est appelée l’hydrosphère.
C’est grâce à l’eau que la vie est possible.

21 août 2023

Art de la table (Vaisselle, couverts et verrerie).

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Durant la période du Moyen Âge, et au cours de banquets et festins, un grand récipient faisant office de plat commun était disposé sur la table.
On buvait dans des gobelets apodes et le vin était disposé dans des bouteilles en verre à panse globulaire ou à long col.
Les convives mangeaient à l’aide de leur propre couteau (seuls ustensiles présents à la table médiévale) dont la lame était, soit courte et taillée au biseau, soit longue et pointue.
Objets très personnels, ils servaient à piquer la viande dans les plats.
Les tranches de pain sont utilisées comme assiettes sur lesquelles on peut recueillir la sauce des mets.
On les appelle des tranchoirs.

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Peu à peu, des coupes apparaissent au XIIᵉ siècle, elles sont de tailles diverses en fonction de leur utilisation.
Les coupes à pied de petite taille sont réservées à la boisson, les grandes contiennent les aliments.
La cuillère existe, mais elle est assez rare.

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Quant à la fourchette, elle apparaît en 1328 dans un inventaire de Clémence de Hongrie (1293-1328), mais elle n’a que deux dents.
Le musée national du château de Pau en conserve deux de ce type.
La fourchette est d’origine orientale et son centre de diffusion en Europe est Venise.
Les mets sont toujours présentés dans une écuelle, les tranchoirs déjà évoqués sont remplacés par une plaque de métal ou de bois à partir du XVe siècle.

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À l’époque, on buvait dans des coupes appelées hanaps (vase à boire à pied haut), dans des gobelets en métal, céramique, terre vernissée, grès ou verre.
La verrerie atteint un rare degré de perfection au XIVe siècle.
Pour verser les boissons, on utilisait des pots sans bec verseur ou des aiguières.
Au XVIᵉ siècle, Henri III (1551-1589) introduisit la fourchette à la cour de France, mais son usage fut très critiqué.
Elle ne rentrera définitivement dans les mœurs qu’au XVIIe siècle.

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Le XVIème siècle est aussi l’époque où le verre s’impose définitivement, car il ne laisse pas d’arrière-goût dans la bouche contrairement aux gobelets en métal.
La gourde est le récipient caractéristique de la Renaissance, même si elle existait auparavant.
Elle prend place sur les buffets et devient de plus en plus riche.
Sa forme à panse circulaire ou piriforme se prêtait au décor des buffets, car l’anse, en général aplatie, était idéale pour les représentations d’armoiries.
La découverte de nouvelles boissons comme le thé, le chocolat, le café est à l’origine de nouveaux récipients adaptés à ces boissons (théière, cafetière, chocolatière).
Au XVIIIe siècle, la vaisselle est de plus en plus homogène.
On voit apparaître les bords en accolade, dits à contour, pour les assiettes, ainsi que de nombreux décors chinois, la nature devenant l’inspiration essentielle des artistes.

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C’est au XIXe siècle que la notion de "service" désignant l’ensemble de la vaisselle s’installe peu à peu, se traduisant par une harmonisation des plats, assiettes, verres et couverts.
On voit apparaître le cristal de Baccarat en 1832.
Ce matériau impose des formes épaisses, mais il se taille facilement.
Parallèlement, le pressage du verre aux États-Unis, technique utilisée en 1820, en permet une plus grande diffusion, répondant à une importante demande des consommateurs.

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La caractéristique de la table moderne est la nouvelle disposition des couverts sur la table.
Ceux-ci sont désormais rangés dans leur ordre d’utilisation.
La porcelaine prend de plus en plus d’importance et l’on y peint des scènes de tableaux, en particulier sur les assiettes à dessert, très riches en décoration.

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Avec les profonds changements du XXème siècle et l’importance de la cuisine, on recherche avant tout la sobriété et la simplicité dans le service de table.
Les couverts sont en acier inoxydable.
Parallèlement, les matières plastiques s’imposent de plus en plus, ainsi que les grosses porcelaines avec peu de décors, le grès rustique et le gros verre bistrot.

23 juin 2023

Le Lavoir.

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Les lavoirs remontent à l’époque où l'eau courante à domicile n'existait pas encore.
Un lavoir est un bassin public alimenté en eau soit par une source ou un cours d'eau, en général couvert où les lavandières rinçaient et plus rarement lavaient le linge.
Le passage au lavoir était la dernière étape avant le séchage.

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Comme le lavage ne consommait que quelques seaux d'eau, il pouvait se réaliser à la maison, mais le rinçage nécessitait de grandes quantités d'eau claire, uniquement disponibles au lavoir.
Le bord du lavoir comportait en général une pierre inclinée.

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A genoux, les femmes jetaient le linge dans l'eau, le tordaient en le pliant plusieurs fois, et le battaient avec un battoir en bois afin de l'essorer le plus possible.
Une barre de bois horizontale permettait de stocker le linge essoré, ensuite il était embarqué pour le retour sur une brouette vers le lieu de séchage.

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Ce lieu était interdit aux hommes.
Les lavoirs avaient aussi une importante fonction sociale où se nouait une solidarité.
C'était un espace de paroles libérées des oreilles et du regard des hommes.
L'activité de nettoyage du linge était physiquement très difficile.

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Entre elles, les lavandières pouvaient discuter, plaisanter, chanter... rendant le travail moins pénible.

Les ragots et potins, tout est passé en revue, imaginé, répété, détaillé, commenté et parfois même jugé.
Cet endroit ressemble parfois à une véritable "basse-cour" où viennent caqueter celles que l'on appellera bientôt les "poules d’eau".

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Au lavoir, la pudeur n'est pas possible et le linge parle….
Il informe sur la situation sociale, ce qui s'est mangé, sur les ébats amoureux, sur la propreté du corps et l'évolution des esprits.
Au XIXᵉ siècle, les lavandières travaillaient de 7 h 30 à 18 h pour un salaire de 40 centimes l'heure.
Véritable corporation, elles laissèrent de nombreuses traces dans le folklore local.
Endroit déserté, disparu, le lavoir reste un lieu de mémoire qui a été progressivement remplacé par la machine à laver, les laveries automatiques, le pressing.

24 octobre 2018

Le Mémorial de Vendée.

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Situé à proximité immédiate de l’Historial de la Vendée, le Mémorial de Vendée invite le visiteur à une sorte de pèlerinage sur ce lieu, témoin d’une page à la fois tragique et lumineuse de l'histoire de Vendée.
Ce lieu de recueillement est saisissant de sobriété et épuré.

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Élevé en souvenir des Martyrs de la Guerre de Vendée, le Mémorial (bâtiment compact n'ayant pas de fenêtres car sanctuaire), commémore le massacre des villageois des Lucs-sur-Boulogne tués en février 1794 en haine de leur foi, par les tristement célèbres "colonnes infernales" républicaines de Turreau.

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C'est aux Lucs-sur-Boulogne et ses hameaux voisins que du 28 février au 3 mars 1794, 564 villageois - dont 127 enfants de moins de 10 ans furent massacrés par les "colonnes infernales".
Ce document a été établi en mars 1794 par l'abbé Barbedette, curé du Grand Luc.
Ils font partie des 170 000 personnes tuées, représentant près d'un quart de la population de la Vendée militaire.

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Le Chemin de la Mémoire mène à la chapelle.
Il faut lui accorder une mention spéciale à ce petit édifice très secondaire en lui-même, mais très émouvant par les souvenirs qu'il commémore.

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La chapelle du Petit-Luc, se dresse sur la colline dominant la Boulogne, et dans laquelle des plaques de marbre portent les noms des victimes du massacre, de tout âge et de toute condition, martyrisées ici même et sur tout le territoire de la paroisse.

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Cette chapelle, restaurée en 1862, n'est autre que le chœur de l'ancienne église paroissiale de NOTRE-DAME DU LUC, dont les voûtes, naturellement, sont modernes puisqu'elle fut incendiée et ruinée par les Bleus, mais dont le chevet conserve le triplet de ses origines.
La tentative d'anéantissement de la Vendée, ordonnée par la Convention en août 1793, apparaît au fil des salles.

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Inauguré en 1993 par Alexandre Soljénitsyne, le Mémorial rend hommage aux victimes de tous les totalitarismes.

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Un Jardin du pardon a été planté en 2013 en présence de Lech Walesa, pour commémorer les 5.000 prisonniers républicains graciés en 1793.

28 juillet 2023

Le Velum

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Le Vélum, aussi appelé Velarium.
C'était une grande voile que l'on étendait au-dessus des spectateurs, dans les théâtres et amphithéâtres romains, simulant un plafond et servant soit à diminuer la hauteur d'un local, soit à protéger un lieu du soleil.
Le plus grand Velum était au Colisée de Rome et sa manœuvre était confiée aux marins de la flotte de Misène.

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En 2011, pour le confort des visiteurs, le Puy du fou a investi dans l'installation d'un Velum.
Technique ancienne venant des romains destinée à protéger les spectateurs.
Cette toile suspendue au-dessus des tribunes, relève d’une prouesse d'architecture et de technologie complexe, va ombrager les arènes de 80 m par 100 m, soit 6 000 m² de toile tendue rouge.

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Pour les observateurs, 80 x 100 devraient faire 8 000 m², les 2000 m² manquant représentent le rond central de l’arène.
Cette technique fut présentée pour la première fois en 72 après JC au Colisée de Rome et dura 500 ans.
Ensuite, elle sombrera dans les livres d'histoire.
Connu sous "Amphithéâtre des Césars", cet édifice prît au Moyen Âge son nom actuel de Colisée, en raison de sa proximité avec une statue colossale de Néron !!!
Mais quel était le principe de fonctionnement ???

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L'ensemble était centré sur le grand anneau formant lucarne (1), auquel on attachait les cordages qui manœuvraient les toiles.
Durant la première phase, l'anneau était amené du sol de l'arène au niveau de la corniche (2-6).
L'opération était effectuée avec des cordages qui allaient de l'anneau à l'extrémité des piquets (3) et au moyen de poulies passaient à l'extérieur pour descendre jusqu'aux bornes de pierre qui entouraient l'amphithéâtre (4).

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Sur ces grosses bornes étaient fixés des treuils auxquels étaient fixés à leur tour l'extrémité des cordages et les rouleaux-guide (5).
La rotation de ces treuils, parfaitement synchronisée, opérait le soulèvement de l'anneau.
Ensuite, le tronçon extérieur de chaque cordage était ramené vers le haut jusqu'au piquet (7).
Dans une seconde phase, à partir de chaque piquet, on glissait une autre corde que l'on accrochait à l'anneau, plus bas que la première (8-9).

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Cette série de cordes inférieure, tirée par d'autres treuils et d'autres poulies (8-10) sur la terrasse de la galerie supérieure (summa cavea), formait une toile d'araignée (11) destinée à soutenir les toiles du velarium.
Elles avaient leurs pointes convergentes et se déroulaient d'en haut.
Elles étaient reliées entre elles de façon à se rejoindre dans l'anneau central (12).

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René Chambon, ingénieur des Arts et métiers à la retraite, a travaillé avec le Puy du Fou pour la réalisation d'un velum suspendu au-dessus des tribunes de l'arène gallo-romaine.

16 août 2023

Ancre de Marine *

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Lors du spectacle "Vikings", un jet de flamme est propulsé et peut faire penser à une ancre.
Ancre, du latin "Ancora", issu du grec "Agkura", représente un lien profane ou sacré.
Cet objet de marine est connu depuis la plus haute antiquité, et symbolise, l’espérance, la fermeté dans la foi, la conscience, la pauvreté, la charité et le salut.
Elle illustre aussi, l'attache, la lourdeur, le lien, la fidélité, le retour.
L’ancre est aussi un symbole du christianisme primitif.
Vers 99, le Pape Clément de Rome aurait été précipité à la mer avec une ancre attachée autour du cou, comme Jonas.
L'ancre pourrait ainsi symboliser à partir du Iᵉʳ siècle la primauté de Rome et du Pape, tête (chef) de l'Église.
Vers 202, Clément d'Alexandrie mentionne l'ancre comme un symbole autorisé des chrétiens, avec le poisson (ichtus).
On la trouve fréquemment représentée au IIe et IIIe siècles dans les catacombes et les cimetières chrétiens et les sarcophages.
Plus généralement, elle est mieux connue comme un objet lourd en métal et terminé par deux branches qu’on laisse tomber au fond de l’eau afin d’empêcher un bateau de dériver avec le courant.
On la dit "flottante" quand elle est utilisée pour ralentir un bateau en cas de tempête.
La dimension est proportionnelle à la taille du navire.
Dès la fin du 18ᵉ siècle, les Troupes de Marine l'adoptent et elle apparaît sur les uniformes, fanions et drapeaux.
On la retrouve aussi en architecture (Ancre de façade) : extrémité d’une barre de fer, (le tirant), empêchant l'écartement (poussée) de deux murs opposés ou d’angle.
Elle est aussi utilisée dans l’horlogerie et sur internet (crochet hyperlien).

10 juillet 2023

la cuisine au moyen âge.

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Au Moyen Âge, avant la découverte des Amériques, pas de chocolat, de pommes de terre, de haricots verts, de tomates, de carottes roses, de sucre ni de maïs.

Les circuits commerciaux ne sont pas encore suffisamment établis hors du monde chrétien pour assurer l’approvisionnement en pâtes, riz, oranges, citrons et pamplemousses…
Autrefois, on ne mangeait en dehors de chez soi que pour des raisons de voyage.

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Dans leurs demeures, nos ancêtres mangeaient des fèves, des choux, des oignons, de l’ail, des navets, des raves, des poireaux (tout ce que l’on appelait des "racines").
Des petits fruits de cueillette parfois encore sauvages (baies).
La viande (le gibier était réservé aux seigneurs qui avaient seuls le droit de chasse) était assez rare (on parle de "rôts" et de pâtés).
Le poisson de rivière était souvent réservé au clergé.
La moitié de l’alimentation était constituée de pain ou de farines bouillies.

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Le chaudron à soupe épaisse mijotait dans la cheminée.
Le lait donnait des fromages, la volaille de la viande et des œufs.
Mais la notion de restaurant est récente.
Au moyen âge, l’aubergiste était aussi appelé Albergeur.
Mais c’était aussi un cuisinier.
Les restaurants étaient alors couplés à une auberge, qui louait quelques chambres aux gens de passage, et leur préparait un repas (rôtis, des laitages, œufs,..).

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Ils proposaient quelques quartiers de viande grossièrement coupés et suspendus à de gigantesques landiers, de plantureuses rôties, des coupes pleines de clairet.
Le clairet est un vin rouge léger, intermédiaire entre le rosé et le vin rouge classique, plus tannique.
Pour les bourgeois, les artisans, les gens d’œuvre, un repas plus frugal composé de laitage et d’œufs, rarement de viande, souvent pris en plein air.
Chez les nobles, le cuisinier était moins un cuisinier, mais une sorte de maître d’hôtel, de majordome, ayant la surveillance des valets qui cumulaient toutes les fonctions, chambrier, cuisinier, palefrenier.

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Le 14ᵉ siècle voit naître l’art de la cuisine et des cuisiniers.
On dîne vers neuf heures du matin, et l’on soupe le soir à cinq heures, dans la plupart des familles nobles ou bourgeoises.
Dès cette époque, le cuisinier n’est plus le manouvrier employé à la rotation des broches, ou au maniement du balai.

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Le "queux" est devenu alors un artiste au sens culinaire du mot.
Il invente, il crée, il diversifie.
Autour de la table couverte d’une nappe blanche plissée, ne s’assoient plus de grossiers festoyeurs, de vulgaires gloutons, contents de tout et ne s’inquiétant guère que de la quantité des mangeailles.
Les plats deviennent de plus en plus recherchés et compliqués.

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Le Moyen Âge atteint une sorte de perfection dans l’art du festin.
Le type de repas caractéristique de l’époque est bien le banquet, une occasion d’affirmer son rang, sa richesse et son prestige.
Le menu se compose de plusieurs mets, que l’on appellera plus tard "services" régulièrement séparés par ce que l’on appelle logiquement les "entremets".
Le service comprend tout un ensemble de plats : rôtis, sauces, poissons ou pâtés, disposés sur la table.

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Mais, hélas, les guerres et la misère restreignaient souvent la soupe à peu de chose !
La conservation des aliments se faisait par le sel (d’où l’importance de la taxe sur le sel : la gabelle), le froid (la pièce glacière va se généraliser dans les châteaux à la fin du Moyen Âge) et la fumaison (poissons et viandes).
C’est aussi à cette époque, qu'apparaît le premier grand cuisinier français, Taillevent Guillaume Tirel, dit Taillevent (1310-1395), qui, avec "Le Viandier" (le plus célèbre des livres de cuisine français du Moyen Âge), a marqué à tout jamais l’histoire de la gastronomie.

4 septembre 2023

Saint Maurice

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Mauricius était le tribun de la légion “thébaine” (+/- six mille hommes) nommée en raison de sa résidence à Thèbes (Égypte).
D’origine égyptienne (Kémèt), Saint-Maurice était un "Noir".
Vers 290, l’empereur romain Maximien, voulant réprimer des paysans chrétiens en révolte contre le fisc impérial, remit en vigueur les persécutions et transféra dans ce but cette légion à Agaune (Suisse).
Maurice et ses compagnons, se rappelant qu’il vaut mieux obéir à leur Dieu qu’aux hommes, refusèrent d'exécuter les ordres impériaux.
Aussitôt l’empereur Maximien, associé à l'empire par Dioclétien, donna l’ordre de décimer la légion de Maurice et de la sacrifier aux idoles.
Le 22 septembre 286, la légion romaine entière, général en tête, fut immolée pour n’avoir pas voulu renoncer à leur foi chrétienne.
Le bataillon de six mille hommes rangés en ordre de combat, ayant à sa tête Maurice, à cheval, avec ses brillants officiers.
Avant de mourir, ils envoient au tyran un message :

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"Empereur, nous sommes vos soldats ; nous sommes prêts à combattre les ennemis de l’empire ; mais nous sommes aussi chrétiens, et nous devons fidélité au vrai Dieu.
Nous ne sommes pas des révoltés, nous aimons mieux être des victimes que des bourreaux : Il vaut mieux pour nous mourir innocents que de vivre coupables."

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Maximien les fit massacrer tous en masse.
Une basilique fut élevée par Saint-Théodore dès le IVᵉ siècle, puis une abbaye y fut créée.
À la fin du IVᵉ siècle, les reliques furent déplacées à Angers et Maurice devint ainsi titulaire de la cathédrale et patron du diocèse.
Maurice est l’un des saints dont le culte est le plus répandu en Savoie, et devient, en 1603, le patron particulier de la Maison régnante de Savoie.

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Il est un Saint militaire, invoqué par les gens d’armes, les seigneurs, les hauts barons ainsi que les cités qui redoutent d’être prises d’assaut et pillées.
Il est le patron des chasseurs alpins.
Il y a 1700 ans, Maurice et ses compagnons de la Légion thébaine offrirent leur vie, en proclamant leur foi et en refusant de s’en prendre à une population chrétienne.
Toujours représenté comme Saint à peau blanche, il apparaît à partir du 12ᵉ siècle avec sa couleur d’origine.

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1 novembre 2023

Étrange messe des morts sous la Restauration

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Comme sa voisine la Bretagne, de tout temps, la Vendée a été le pays des légendes.
Pays religieux, ses habitants ont cru à la survivance.
Aussi, il n'était pas une paroisse qui ne foisonnait d'histoires de revenants.
Les morts restaient en communion étroite avec les vivants et se manifestaient de cent façons.
Est-ce par suite de troubles religieux portés en Vendée que les esprits malins ont pris l'habitude de s'y donner rendez-vous ?
Est-ce parce qu'après les tueries de la Révolution, trop d'âmes en peine erraient dans la plaine, le marais ou le bocage ?

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Toujours est-il que chaque hiver qui réunissait la famille autour du foyer ramenait des récits que les enfants écoutaient avec un intérêt grandi par la peur.
L'étrange histoire qui va suivre nous conduit dans une ville sainte de Vendée : Chavagnes-en-Paillers.
En quittant la route nationale 137 pour se diriger vers Chavagnes, l'œil est frappé par l'aspect particulier de l'agglomération qui groupe plusieurs clochers autour de l'église paroissiale.

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Cette petite capitale religieuse est née après la Révolution de la volonté du curé du lieu, fondateur de séminaire et de deux congrégations religieuses.
Au début du siècle dernier s'est déroulée cette curieuse affaire.
Mais aujourd'hui, seuls quelques anciens se souviennent encore…

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C'était un matin de Toussaint, Madame Unetelle qui habitait à petite distance de l'église devait se rendre à Montaigu pour une affaire urgente.
Au 1er novembre, le jour se fait déjà paresseux.

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Il fallait donc se mettre en route bien avant l'aurore.
Aussi notre brave dame avait recommandé à sa servante de l'éveiller de grand matin pour pouvoir assister à la première messe avant de partir...
En hâte, elle se lève et se dirige rapidement vers l'église où elle s'installe sur son banc habituel.
Chose curieuse à cette heure matinale, l'église est pleine.
L'assistance, quoique nombreuse, est silencieuse.
Madame Unetelle n'y prête qu'une médiocre attention.

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Très pieuse, elle s'absorbe dans ses prières...
Le prêtre monte à l'autel et, vêtu d'ornements noirs, commence la messe des Morts.
À l'offrande, la paroissienne s'agenouille à la Sainte Table.
Levant les yeux, elle ne reconnaît pas le prêtre et pourtant son visage ne lui est pas inconnu.
Dans sa hâte pour venir à l'église, Madame Unetelle a oublié sa bourse.
Aussi, retire-t-elle son anneau de mariage et le dépose-t-elle sur un plateau tenu par un enfant de chœur.

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À son retour, elle reprendra son anneau en échange d'une riche aumône.
Après cette messe de Requiem, elle sort de l'église.
Sur la place, pas une âme.
Une peur intense étreint le cœur de la pauvre femme.

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Soudain, elle se souvient.
Le prêtre qui officiait tout à l'heure n'était-il pas l'ancien curé mort depuis des années ?
Et sur les visages inconnus des assistants qui l'entouraient se posent des noms inscrits depuis longtemps sur les dalles et les croix du cimetière.

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À cet instant, l'horloge de l'église donne lentement deux coups : deux heures !...
Affolée, la paroissienne rentre chez elle.
De voyage, il n'en est plus question.
Quelques heures plus tard, elle mettait son curé au courant des événements de la nuit.
Incrédule, le prêtre pensa à un cauchemar.
- Mais Monsieur le curé, je n'ai plus mon alliance !
- Vous l'aurez retirée en dormant.
- Non non, je suis sûre de l'avoir donnée à l'offrande, je l'entends encore tinter sur le plateau de cuivre !
- Eh bien, allons voir à l'église, répliqua le prêtre.
Dans l'édifice, rien de changé.

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On pénètre alors dans la sacristie, chaque objet est à sa place habituelle.
Les ornements noirs rangés dans un placard bien fermé, les burettes, rien ne semble avoir été touché.
"Vous voyez bien ce que je ... "
Le curé n'achève pas sa phrase.
Sur une tablette, il vient d'apercevoir, en même temps que la paroissienne, le plateau de cuivre des quêtes et sur le plateau, l'anneau d'or. ..

24 novembre 2023

Les vendanges.

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À la Toussaint dernière, les sarments (rameau vert de la vigne) avaient gardé leurs feuillages d'automne et le vigneron pouvait déjà envisager pour cette année une récolte abondante.
Plus tard, le soleil rayonnant de la Saint-Vincent lui promettait beaucoup de jus au sarment.
"Autant de brouillard en mars, autant de gelée en mai".
Mais les récoltes n'ont pas été compromises par les gelées avant la Saint-Donatien.
De plus, la Saint-Médard n'a pas connu d'averses.

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Alors le cultivateur peut regarder ses tonneaux, car le mois de juillet a été chaud….
"La pluie du mois d'août a apporté le miel et le bon goût"… et pour "les étoiles filantes de septembre les tonneaux seront trop petits en novembre"…
Si quelques proverbes retrouvés dans mon vieil almanach ne sont pas toujours pris au sérieux, ils nous rappellent toutefois l'expérience de ceux qui ont vécu avant nous.
En cette année, ils confirment l'abondance de la récolte.
Les vignes sont belles !
Le vin sera bon !

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Je me revois, enfant, grimpé sur le "charreteau" tiré par une paire de bœufs, et qui nous conduisait dans notre petit lopin de vigne.
Dans la gaieté, on remplissait les paniers, les "basses", les "bailles".
Les hommes portaient les récoltes et écrasaient les raisins.
Le jus coulait avant d'arriver au cellier.

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Je retrouve encore l'odeur des raisins écrasés et le bruit du cliquet du pressoir que les hommes serraient à un rythme ahané.
On se prêtait les pressoirs.
Tous ces travaux s'effectuaient en famille et entre voisins.
J'aimais beaucoup la saison des vendanges.
Ne retrouvez-vous pas encore au Puy du Fou un peu de cette ambiance d'autrefois ?
"Juste le temps de renverser le barricot pour faire couler le vin nouveau qui fait oublier la sueur sur les fronts moites".
Jacques Maupillier (Garde)

24 janvier 2024

Henry IV et le Puy du Fou.

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Henri III (1551-1589) hérite du trône alors qu’il n’était pas destiné à régner.
À la mort de son frère, Charles IX (1550-1574), il quitte la Pologne pour lui succéder.
Il mourra assassiné par le moine ligueur Jacques Clément (1567-1589).
Son cousin Henri de Navarre (1553-1610) peut prétendre au trône pour sa succession, mais sa religion huguenote est un obstacle.
Il renonce à sa religion et se convertit au catholicisme.

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Il se fait sacrer roi de France à Chartres en 1594 et entrera dans la capitale.
Il aurait prononcé la phrase suivante à propos de la cérémonie :
"Paris vaut bien une messe".
En 1598, il promulgue l’édit de Nantes qui consacre la liberté religieuse.
Il accordait notamment des droits de culte, des droits civils et politiques aux protestants.
Henri IV rétablit la loi et l’ordre et restaure les finances.
Il voulait que tous les français mangent de la viande une fois par semaine :
"La Poule au Pot".
Il sera assassiné en 1610.
Il était l'ami de la famille des "Puy du Fou", et en particulier du Chevalier Gilbert du Puy du Fou (1563-1609), capitaine de cinquante hommes d'armes, qui s'illustra à ses côtés.
Le Roy Henry lui remettra les insignes de l'Ordre de Saint-Michel et de l'Ordre du Saint-Esprit.


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Le 10 janvier 1589, venant de Niort et se dirigeant vers "La Garnache",il s'égara dans la forêt de Champ-Saint-Père avec une faible escorte, et se sentit malade.
Alors, il se vit contraint de s'arrêter à la Mothe-Freslon.
Il y sera soigné.

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Il passera plusieurs fois près du Puy du Fou, et il s'arrêta dans une auberge où mijotaient de bons plats de viande.
C'est pourquoi, en fin gourmet, le Roy Henry dénomma cette auberge "La Mijoterie".

2 février 2024

Les femmes à la ferme

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Aux premiers chants du coq, ma mère se levait pour rallumer, dans la cheminée, le feu qui avait couvé toute la nuit sous les cendres.
Après le "pansage" (entretien du cheval) les hommes venaient prendre le premier repas du jour.
Ensuite, chacun allait à ses occupations habituelles selon les saisons.
Mais, chaque jour, les vaches tirées, le lait passé, les femmes "brassaient" la crème pour faire le beurre.
Puis venait, pour elles, les durs travaux des champs.

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Elles suivaient les hommes partout.
Je les revois éparpillant le foin fauché, soulevant les lourds baquets pleins de pomme de terre, coupant le blé à la faucille pendant les trois semaines de la moisson.
Avant l'hiver, elles allaient encore, le dos courbé, trancher les feuilles de betteraves avant de les arracher.
Les vendanges ne se faisaient pas sans les femmes.

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J'ai vu des femmes épandre le fumier dans les champs avant le labour, bêcher le blé au printemps pour le nettoyer, préparer tous les plants, ramasser les topinambours, attacher la vigne, arracher les "trognons" (tiges) de choux pour les faire sécher.
Je me souviens de certaines cultures réservées aux femmes et qui demandaient beaucoup de soins, comme celles du blé noir, du mil (nom de diverses céréales caractérisées par la petitesse de leur grain) et de la "mogette" (Haricot blanc).

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Triée à la veillée sous une faible lumière pendant que les hommes tressaient des paniers ou des paillons (Petite corbeille ou emballage en paille).
Même dès le jeune âge, ne filait-on pas la quenouille de laine en gardant les moutons ?
Depuis les temps ont bien changé !

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On ne coupe plus le blé à la faucille, le laboureur n'appelle plus ses bœufs devant la charrue.
Et on ne voit plus passer les travaux des saisons.
Les femmes de chez nous ne vont plus semer ou piquer les pommes de terre, ni charger les charrettes….

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Aussi, ce n'est pas sans une certaine émotion que je vois pendant le spectacle ces femmes revenant du travail en tirant et en poussant péniblement la charrette.

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Et puis, cette femme lisant la lettre du soldat de la tranchée me rappelle toutes celles qui pendant la guerre avait pris la place de leur mari absent pour diriger la ferme.
Aujourd'hui, le cadre est différent, les travaux ne sont plus les mêmes.
Mais sur notre chemin, ne retrouvons-nous pas au Puy du Fou et ailleurs les femmes courageuses d'antan ?
J. Maupillier (Garde)

29 mai 2024

La tranchée des Baïonnettes.

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La notion de devoir de mémoire est devenue le thème dominant des discours officiels repris abondamment par les médias.
Verdun est un haut lieu de mémoire où nous retrouvons la tranchée des baïonnettes.
Site reconnu, avec la nécropole nationale de Fleury-devant-Douaumont, comme l’un des neuf hauts lieux de la mémoire nationale.
La Tranchée des baïonnettes constitue l’un des mythes de la Première Guerre mondiale.
Mais quelle est son histoire ?
Depuis un siècle, les histoires concernant ces quelques canons de fusils émergeant du sol ont suscité plusieurs interprétations.

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La version populaire veut que des soldats de deux compagnies aient été enterrés vivants, debout, alors qu’ils attendaient une attaque baïonnette au canon.
La journée du 11 juin 1916 est marquée par un bombardement d’artillerie terrifiant, (notamment de canons lourds de 280 mm et obusiers de 305 mm) préliminaire à plusieurs assauts lancés le lendemain.
Ceux-ci sont en partie repoussés, mais la 3e compagnie et des éléments de la 4e compagnie du 137e RI se retrouvent alors isolés dans leur position, séparés par des trous d’obus.

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Le 12 juin 1916, vers midi, il ne reste plus que 25 hommes sur 60 qui se sont battus vaillamment pour tenir leur position.
Le lendemain, épuisés, à court de munitions, de vivres et d’eau, les hommes ayant subi l’assaut de 4 vagues allemandes, se rendent alignant leurs fusils à la verticale sur la paroi de la tranchée, laissant leurs compagnons d’armes qui avaient trouvé la mort.
"Une sorte de dernier hommage à leurs frères d’armes dont les cadavres jonchent le fond".
Un drame parmi tant d’autres dans l’enfer de Verdun où le régiment a perdu plus de 1500 hommes en juin 1916…
Suite à cet effroyable bombardement, et selon la légende la terre n’aurait alors laissé dépasser que les pointes des baïonnettes de ces valeureux soldats morts debout face à l’ennemi.
Pendant des mois, les obus et les intempéries comblent ce qui va devenir la fameuse Tranchée des baïonnettes.
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On est bien loin de la légende "des guetteurs du sol de France morts pour la France ".
En décembre 1918, parcourant le champ de bataille, l’abbé Ratier, brancardier en 1916 du 1370 RI, aperçoit sur la crête de "Thiaumont-Fleury-Vaux" sortant de terre, quelques canons de fusils.
En 1919, le chef de corps du 137e RI, revient sur le champ de bataille pour retrouver l’emplacement où le régiment s’était battu.
Il retrouve sur place des fusils alignés, sans baïonnette, qui sortent de terre.

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Les baïonnettes servaient avant tout à l’assaut, alors pourquoi les soldats français auraient-ils mis alors baïonnette au canon ?
Un travail de fouille confirmera la présence de dépouilles de soldats du 137e RI.
En 1920, les fouilles permettent la découverte de 21 corps de soldats français.
Quatorze ont été identifiés et enterrés à la Nécropole de Fleury devant Douaumont.
Les sept autres corps qui restent inconnus ont été réinhumés dans la "Tranchée des baïonnettes".

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En réponse à cette découverte, le commandant du régiment fait ériger un petit monument commémoratif surmonté d’une croix.
Vers 1920, ces faits furent transformés en légende par les premiers touristes ou militaires visiteurs du front.
Pour renforcer le mythe, on a replacé des baïonnettes au bout des fusils, mais ces dernières étant régulièrement volées, elles ne seront plus remplacées.

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En voyant les baïonnettes, ces touristes n’en comprirent pas la signification et fabriquèrent une histoire conforme à l’idée qu’ils s’en faisaient de la bataille, suggérant mieux le corps à corps héroïque, presque joyeux, à l’arme blanche et par là même le symbole patriotique poussé à son extrême.
C’est ainsi que cette tranchée d’abord appelée : "tranchée des fusils" deviendra la "Tranchée des baïonnettes", un nom plus tristement évocateur même au prix de l’invraisemblance.
Revenons sur le travail de l’artillerie du 11 juin 1916.
En effet, ce type d’artillerie inflige un changement de la topographie.
Les obus creusent et sont incapables de combler une tranchée en explosant.
Ils éparpillent les parois des tranchées et les hommes qu’ils abritent en déchiquetant les corps.

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Et comment peut-on imaginer, un seul instant, cette rangée d’hommes debout, baïonnette au canon, laissant passivement la terre monter de la cheville au genou, à la ceinture, aux épaules, à la bouche ?
Alors comment expliquer dans ces conditions que lors des fouilles, les corps étaient allongés, désarmés et que les fusils soient restés plantés, droits et alignés ?
Ces alignements de fusils ou de baïonnettes le long d’une tranchée, ou de corps, sont très fréquents.
Il s’agit d’un usage qui s’est établi durant la guerre.
Après une offensive, il était nécessaire d’enterrer au plus vite les corps, y compris ceux des ennemis. La solution la plus pratique était de combler un boyau inutilisé avec les corps.

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Ensuite, la tombe collective était ensuite marquée de fusils baïonnettes en l’air.
Le monument régimentaire de 1920, seul dans ce paysage dévasté, attire alors l’attention des pèlerins, en particulier celle d’un banquier américain, George T. Rand.

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Très impressionné par ces images, il fait un don de 500 000 Francs pour la construction d’un monument dédié aux héros de Verdun qui abrite toujours le site.
Légende ou réalité, la "Tranchée des Baïonnettes" symbolise toujours, au-delà des récits et des interprétations des faits historiques de juin 1916, le sacrifice des soldats français sur le champ de bataille de Verdun.

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25 mars 2024

Le Genou au Sol.

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Au Puy du Fou, le genou au sol fait partie des spectacles.
Quel est la signification de cette position ?
Mettre un genou à terre, c’est faire allégeance à une autorité, marquer le respect, se soumettre à la merci de quelqu'un et/ou signifier son infériorité.
S’agenouiller, c’est aussi faire preuve d’humilité pour prier, implorer ou demander pardon.

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Dans l'antiquité, les Grecs anciens avaient l’habitude de mettre un genou à terre lorsqu’ils voulaient émouvoir ou demander de l’aide.  
La Bible déjà évoque le fait de "fléchir les genoux devant Baal" (dieu dans l’Ancien Testament).
D’après la mythologie cananéenne, Baal était le fils d’El, roi des dieux, et d’Achéra, déesse de la mer.
Il était considéré comme le plus puissant des dieux et le culte de Baal était un culte sensuel, qui impliquait la prostitution sacrée dans les temples.
Dans l'évangile de  Matthieu, Jésus appelle Satan "Béelzébul" et l’associe ainsi au dieu philistin Baal-Zebub.

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Dans la bible, les bergers mettent spontanément un genou à terre au moment de l'adoration de l'enfant Jésus.
Mais dans la croyance populaire, l’usage de cette posture est apparu à l’époque des chevaliers en signe de respect et de loyauté pour leur seigneur ou pour un noble.
Il en était de même au moment de recevoir son titre.
Au Moyen Âge, les personnages courtois ne cessaient de fléchir leurs genoux devant la dame aimée, comme devant leur souverain.

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Le geste est, depuis, resté  une histoire de cœur pour demander en mariage son ou sa dulciné(e).
Au fil du temps, les chrétiens ont adopté cette coutume et mettre un genou à terre est très fréquent dans les cérémonies religieuses et pleinement intégrée à la liturgie romaine à partir du XVIe siècle. 
Au fil des siècles, l'expression est devenue celle que l'on connaît aujourd'hui, et l'idée est restée la même.

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A travers le monde, poser le genou à terre est devenu un geste symbolique pour demande en mariage avec la bague de fiançailles, mais aussi politique en protestation aux violences policières et les discriminations.
Dans les années 1960, Martin Luther King, s’agenouille durant les marches pour les droits civiques, en hommage aux victimes du racisme.  

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Ce geste repris par les manifestants, après la mort de George Floyd à Minneapolis, avait été initié par le joueur de football américain Colin Kaepernick.

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Il ne faut pas confondre avec la "révérence" qui est un mouvement du corps  inclinant le torse, pour les hommes, ou en pliant les genoux, pour les femmes.

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21 juin 2024

La vie au village

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D'après mes grands-parents, avant la tourmente de 1793, le Bocage était recouvert de bosquets et de fourrés épais.
Les terres incultes envahies d'ajoncs rendaient le pays presque impénétrable.
Une seule route traversait la région.

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Dans ce fouillis de verdure se blottissaient de petits villages, à deux ou trois lieues l'un de l'autre (1 lieue= +/- 4,5 km).
Ici et là, émergeait d'une colline un clocher entouré de maison.
Un monde mystérieux d'oiseaux mêlait ses cris au martèlement du métal sur l'enclume.
À travers les haies touffues parvenaient les voix du "bouvier" conduisant son attelage aux champs.
La contrée était calme.

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Mais ce n'est pas sans une certaine frayeur que l'on suivait les chemins encaissés et étroits.
Dans mes jeunes années, j'allais souvent au village voisin porter à mon oncle un panier débordant de produits de notre ferme.
Il était sabotier.
Il travaillait toute la journée, arrivant à peine à satisfaire ses clients.
En été, il fabriquait des sabots de bois de vergne (aulne) plus légers à porter.

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En hiver, le bois d'ormeau très dur et plus lourd ne facilitait pas sa tâche.
En ce temps-là, le village pouvait se suffire à lui-même.
Ne trouvait-on pas un artisan dans la plupart des maisons ?
J'entendais le claquement des métiers à tisser dans les caves.
J'aimais m'arrêter devant le potier.
Sous ses doigts agiles, la terre argileuse devenait, tout à tour, cruche, plat ou écuelle…

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Je parcourais les rues faites de terre battue, empierrées par endroits.
De chaque côté, bâties de plain-pied, les maisons se faisaient faces, attenantes à un bout de jardin.
Des treilles et des poiriers en garnissaient les façades non crépies, aux portes pleines et aux petites fenêtres à barreaux.
Sur une colline toute proche, le vent faisait tourner les ailes d'un moulin.
Le meunier tirait également profit d'une petite rivière où le moulin à eau produisait la farine.

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Les fermiers se ravitaillaient chez lui avant de cuire le pain au four.
Entre-temps, le meunier se faisait rebouteux, guérisseur, arracheur de dents et sa renommée dépassait de loin le village.
On le comptait parmi des "notables" de la bourgade.
Sans nul doute, le forgeron occupait également une place importante au village.
Il avait supplanté les petites forges et les enclumes des fermiers qui, jusqu'alors, fabriquaient ou réparaient eux-mêmes leurs propres outils.

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Toute la journée, son enclume résonnait comme le tintement d'une petite cloche.
Les rues étaient animées par le travail des artisans.
Je m'attardais souvent devant l'atelier du charron, fasciné par le brasier et le cercle de fer chauffé à blanc.
J'étais subjugué par les gestes vifs et calculés que les hommes exécutaient pour poser ce cercle incandescent sur la roue de charrette.
Je revois encore la fumée qui s'échappait et j'entends le grésillement du bois.
Vite un seau d'eau pour refroidir !

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Cela se passait devant l'échoppe du charron.
J'accompagnais les femmes au puits de la petite place.
Le treuil se déroulait vite.
J'écoutais le grincement de la chaîne et le bruit particulier que faisait le seau en tombant dans l'eau.
Avec les garçons de mon âge, que de fois, je me suis penché par-dessus la margelle pour me mirer dans d'eau profonde !
La population vaquait à ses occupations du matin au soir.

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Travail pénible, sans doute, mais les fêtes familiales et religieuses, les noces, la fête du Saint-Patron marquaient un temps d'arrêt.
Malgré la visite des colporteurs qui venaient offrir leurs marchandises, nous allions aux foires très fréquentées dans les environs.
Le soir, nous rapportions "la part de foire" à ceux qui gardaient la ferme.

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C'est Monsieur le Curé, principal personnage du village, seul lettré, la plupart du temps, qui m'avait appris à lire.
Il tenait les registres paroissiaux qui faisaient état d'actes religieux, baptêmes, mariages et sépultures qui cadençaient la vie des gens.
La population rurale se rassemblait aux offices chaque dimanche.
À la sortie de l'église, on aimait se raconter les dernières nouvelles et discuter des travaux de saison.
Ces rencontres se prolongeaient souvent bien après l'heure du repas.

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L'enfant que j'étais, observait cette population active, tenace, attachée à sa terre et qui devait sa prospérité au travail de chacun.
Je connaissais tous les gens.
Malgré leur dure besogne, ils me paraissaient heureux.
J'en conserve une image de bonheur et de sérénité.

J. Maupillier (garde)

30 août 2024

"Et je marche toujours dans mes sabots trop lourds…"

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Lorsque j'entends le marchand de quenouilles au Puy du Fou, je me remémore les déplacements effectués tous les jours par les gens de mon village.
Autrefois, pour se déplacer, on ne connaissait que la marche à pied dans ce grand pays dont la route est le sentier.
Et je me revois encore sur le chemin de l'école.
Avec mes frères et mes sœurs, je partais de bonne heure, enveloppé en hiver de mon capuchon épais souvent encore humide de la veille.
La route me paraissait longue.
Des enfants du voisinage venaient nous rejoindre et mes petites jambes ne pouvaient pas toujours suivre la bande.
Très jeune, mes parents m'avaient gardé pour aller travailler.
Dès ma 12ème année, j'étais "gagé" chez un métayer.
Celui-ci m'avait jugé solide pour mon âge :
"Plus tard, il devrait faire un bon valet !"
...avait-il dit à mon père.

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Depuis le lever du jour, j'étais sur pied.
Je conduisais les bêtes aux champs, je suivais la charrue dans les longs sillons, j'amenais à la ferme des lourdes charrettes de foin ou de gerbes de blé sous les plus grandes chaleurs d'été.
Le soir, je me couchais souvent épuisé de fatigue.
Le dimanche matin, je retrouvais ma famille quand elle s'apprêtait à se rendre au bourg assister à la grand'messe.
Les habitants de la campagne avaient l'habitude de prendre leur repas dans les maisons "attitrés" du bourg.
D'autres faisaient 4 ou 5 kilomètres pour aller déjeuner dans leur ferme et revenir aux Vêpres.
Je restais finir la soirée avec des jeunes de mon âge.

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De retour à la maison, je changeais de vêtements.
Il fallait rejoindre la métairie.
J'avais toujours le cœur gros en partant, car j'appréhendais la traversée d'un petit bois, seul sur la route la nuit tombante.
Je ne devais attendre personne pour mes déplacements.
On ne sortait les voitures que pour les grandes occasions.
Elles étaient réservées aux personnes âgées qui avaient des difficultés pour marcher.
Les veillées et les visites dans les fermes voisines venaient rompre la monotonie.
Pour s'y rendre, on prenait des raccourcis.
Mais on devait escalader les clôtures, sauter les échaliers à travers d'épais fourrés.

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Je me souviens des pèlerinages que des gens pieux organisaient chaque année.
Je les voyais partir en groupes joyeux vers le tombeau du Père de Monfort ou vers d'autres lieux vénérés souvent lointains, nécessitant parfois plusieurs jours de marche.
Et que dire des jours de foires ou de marchés !
Quel encombrement sur les routes !
On voyait les gens s'acheminer vers la ville.
Les hommes coiffés du traditionnel chapeau, vêtus d'une large blouse discutaient en marchant, s'appuyant sur leur bâton, inséparable compagnon de voyage.
Les femmes, les deux bras chargés de lourds paniers, avaient hâte d'arriver pour se défaire de leurs denrées. Je ne connaissais que les foires "gageries" de la Saint-Jean et de la Saint-Michel.
Toute la journée, indifférent aux ébats des vendeurs et des acheteurs, dans la foule qui se pressait un peu partout, je recherchais les garçons, valets de ferme comme moi.

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Sur le chemin de retour, je rencontrais les "toucheurs de bœufs" infatigables.
Debout depuis le petit matin, ils devaient marcher encore toute la nuit derrière les bêtes qu'ils allaient "livrer" aux acheteurs.
Je me souviens aussi des compagnons du village qui venaient souvent effectuer de petits travaux aux bâtiments de la ferme.
Ils arrivaient un petit sac sur le dos contenant leurs outils et leur nourriture pour la journée.
Parfois, je voyais "les grands coureurs du temps", ces marchands de toutes sortes et les vagabonds qui venaient nous surprendre.
Et chacun pouvait redire comme le marchand de quenouilles :

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"Dès que la lumière me fait signe,
La nuit arrête mon chemin.
Pour une soupe et pour la veillée,
La porte s'ouvre à l'amitié".
Jacques Maupillier (Garde)

2 août 2024

Les Epesses.*

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Le village des Epesses, situé en Vendée, est riche en histoire et en culture.

C'est un lieu d'une beauté pittoresque, qui révèle l'authenticité du patrimoine français.

Dès 884, on retrouve dans certains textes, l'existence d'une église Santa Maria de SPISIS, mot latin signifiant "Epines" (fourrés) et par analogie le nom de LES EPESSES, et de ses habitants les Spicéens.
Cette première église construite à l'emplacement de la nef centrale de l'église actuelle, était propriété de l'abbaye bénédictine de VEZELAY.
En 1050, un prieuré dépendant toujours de ces mêmes bénédictins de Vézelay, est fondé au lieu dit BELLEVUE

 

Le Village des Epesses est situé dans le département de la Vendée, au cœur de la région des Pays de la Loire.

Il se trouve à proximité de la Roche-sur-Yon et à une distance raisonnable des côtes atlantiques.

La région est caractérisée par ses paysages vallonnés et ses forêts verdoyantes.

Sa situation centrale en fait un point de départ idéal pour explorer les attractions de la Vendée, y compris le Puy du Fou.

De plus, le village bénéficie d'une connectivité routière facilement accessible, facilitant l'arrivée des visiteurs.

Le Village des Epesses abrite des églises classées.

Ces édifices reflètent l'histoire religieuse de la région.

Leur architecture, son retable et leurs vitraux sont remarquables.

 

29 juillet 2024

Louis XIV

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Louis XIV (1638-1715), dit le "Roi-Soleil", détient le record du plus long règne : 72 ans. 
Seul le pharaon Ramsès II
(1304 à 1238 av. J.-C.) pourrait rivaliser avec lui.
Louis XIV
(05 septembre 1638 – 01 septembre 1715) naîtra au bout de 23 ans de mariage entre Louis XIII (27 septembre 1601- 14 mai 1643) et Anne d’Autriche (22 septembre 1601 -20 janvier 1666) et sa naissance est considérée comme un acte divin. 
Trop jeune pour gouverner à la mort de son père, sa mère, Anne d’Autriche a assuré la régence avec Mazarin
(14 juillet 1602 – 9 mars 1661).
Ce dernier lui transmettra son goût pour l’art et l’initiera aux questions militaires politiques et diplomatiques.
Louis XIV est sacré roi le 7 juin 1654 à Reims, mais laissera le gouvernement à Mazarin jusqu'à sa mort.
Le roi a alors 23 ans et décide de gouverner lui-même et refuse que ce soient les ministres qui commandent.
"Je veux gouverner moi-même mon royaume (…) S’il arrive que j’aie besoin de vos conseils, je vous en demanderai".
Il impose sa volonté.
Il se marie en première noce le 9 juin 1660 à Saint-Jean-de-Luz, avec l'infante espagnole Marie-Thérèse d'Autriche
(13 mai 1717 – 29 novembre 1780).
Il se remarie en secret le 9 octobre 1683 avec Françoise d'Aubigné dite Madame de Maintenon
(27 novembre 1635 – 15 avril 1719) qui remettra le roi sur le chemin de la religion.

Son règne présente des points positifs :
Louis XIV sait s’entourer de ministres compétents ….
Jean-Baptiste Colbert
(29 août 1619 – 6 septembre 1683) pour les finances, l’intérieur, le commerce et la marine
François Michel le Tellier de Louvois
(18 janvier 1641 – 16 juillet 1691), secrétariat d’Etat à la guerre qui dirigera une armée de 400.000 hommes.
Sébastien le Preste de Vauban
(01 mai 1633 – 30 mars 1707), ingénieur qui bâtira 300 fortifications.
Louis XIV, grâce à son amour pour les arts, s’entoure d’hommes de lettres comme
Pierre Corneille
(6 juin 1606 – 1 octobre 1684),
Jean Racine
(22 décembre 1639 – 21 avril 1699),
Jean-Baptiste Poquelin, dit "Molière"
(15 janvier 1622 – 17 février 1673),  
Jean de La Fontaine
(8 juillet 1621 – 13 avril 1695),
Jean-Baptiste Lully
(28 novembre 1632 – 22 mars 1687),
André Le Nôtre
(12 mars 1613 – 15 septembre 1700), et permet à la France de rayonner à travers le monde.
Construction de l’hôpital des Invalides ordonnée le 24 février 1670 pour accueillir les soldats blessés.

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Sous son règne débute en 1661 la construction du château de Versailles qui sera terminé 38 ans plus tard.
Cependant, Versailles deviendra la demeure officielle du roi en 1682 et sera le plus grand héritage  
Il est l’emblème de sa réussite en France et aux yeux du monde. 
Pour construire son château, Louis XIV a fait appel aux plus grands architectes et spécialistes de son temps.
On peut notamment citer : André Le Nôtre, Louis Le Vau
(1612 – 11 octobre 1670), Charles Le Brun (24 février 1619 – 12 février 1690) ou encore Jules-Hardouin Mansart (16 avril 1646 – 11 mai 1708), qui s’est occupé de la Galerie des Glaces. 
 

Avec la galerie des glaces, le roi peut montrer que la France est capable de récupérer le monopole des miroirs que détenait Venise (réputée pour la fabrication des miroirs au mercure).
La France d’aujourd’hui est dès lors dessinée et Versailles est la plus belle résidence royale.
Les nobles ont l’obligation d'y résider.
Le château est tellement grand qu’il peut accueillir tous les membres de la cour et du gouvernement.
Ainsi, le roi peut surveiller de près ce qui se dit.
Sous le règne de Louis XIV, la France est le royaume le plus important et le plus stable d'Europe.
La France est aussi le pays le plus peuplé et possède la plus grande armée du continent. 

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Son autre réalisation majeure fut la résidence de plaisance de Marly, dont il restreignait l’accès à seulement quelques courtisans choisis avec soin.
Détruit au début du XIXe siècle, il reste encore aujourd’hui le parc et des éléments comme l’Abreuvoir, avec ses deux bassins.
Le Domaine National de Marly a reçu le label "Jardin Remarquable", décerné en 2022 par le ministère de la Culture.
Mais son règne comporte aussi des points négatifs :
En 1661, il fait emprisonner son surintendant des finances, Nicolas Fouquet
(27 janvier 1615 – 23 mars 1680).

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Louis XIV, est un roi qui aime trop la guerre
La guerre de Dévolution
(1667-1668),
La guerre de Hollande
(1672-1678),
La guerre des Réunions
(1683-1684),
La guerre de la Ligue d’Augsbourg
(1688-1697),
La guerre de Succession d’Espagne 
(1701-1703).
Les nombreuses guerres et les dépenses de prestige vont assécher le "Trésor Publique" qui ne peut plus suffire aux caprices de la vie de la cour et le "Roi" doit écrire à chaque paroisse pour demander de l’or.
Louis XIV se comporte en monarque absolu et ne supporte pas les dissidences.
Il révoquera l’édit de Nantes en 1685 qui accordait la liberté religieuse.
Ce fut une grosse erreur politique qui aura pour conséquence la fermeture des temples et l’exil de plus de 200.000 personnes vers les pays protestants.

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En 1715, après une partie de chasse, Louis XIV se plaint d’une douleur à la jambe.
Son médecin personnel, Guy-Crescent Fagon
(11 mai 1638 – 11 mars 1718) qui a succédé à Vautier, Vallot et Daquin, lui diagnostique une sciatique.
Sauf que son pied se colore vite de noir.
Il faut se faire une raison : c’est la gangrène.
Après une effroyable agonie, le roi rend son dernier soupir le 1er septembre 1715, à quelques jours de son 77ème anniversaire.
Son corps est exposé pendant huit jours dans le salon de Mercure.
Il est transporté le 9 septembre à Saint-Denis, la nécropole des rois de France.
Philippe II d’Orléans
(2 août 1674 – 2 décembre 1723), neveu de Louis XIV, devient régent du royaume en attendant la majorité du futur Louis XV (15 février 1710 – 10 mai 1774)  et les querelles de famille commencent.

22 janvier 2012

Le château des Essarts

Visiter la Vendée.

Une petite présentation du Château des Essarts.
Sur le site, vous découvrirez un fabuleux personnage "Monsieur Jeandré BOUQUIER".
Encyclopédie vivante de l'histoire, Il vous raconte avec passion l'histoire du Château mais aussi l'histoire de France.
Mais il est bon de savoir que le château des Essarts a plus de 2000 ans d'histoire et constitue l'un des plus importants patrimoine civil et militaire castral du département, sur un camp de transit romain.
La motte féodale date du Xèmes, le châtelet d’entrée du XIIIème, l’imposante tour carrée -dite sarrasine- du XIIème et le Logis Renaissance du XVIème.
Au XIXèmes, un nouveau château a été construit à proximité, l’ensemble implanté dans un parc paysager dessiné par les célèbres frères Bûlher, architectes des grands parcs de France.

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L’imposante tour carrée "dite sarrasine" du XIIème.Baronnie sous vassalité de la Vicomté de Thouars, le domaine des Essarts voit s'élever d'imposantes constructions de pierre.
Des remparts et quatre tours, dont la haute tour sarrazine, des chatelets d'entrée à pont levis témoigneront encore longtemps de cette belle époque des chevaliers.
La pierre murmure toujours le nom des grandes familles qui ont marqué son histoire: les maisons d'Aspremont, de Brosse, de Chabot, de Rochefort, de Vivonne, de Penthièvre, de Luxembourg, de Lorraine, de Vendôme, de Savoie Nemours, de La Rochefoucauld, de Lespinay, de Rougé.

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Le Logis Renaissance du XVIème.

Le logis Renaissance que fit construire Jean IV de BROSSE n'a pas échappé aux feux révolutionnaire des colonnes infernales, pendant les guerres de Vendée en 1794.
Charette emprisonna les 300 républicains du camp des Essarts en juin 1795.
Subsistent les ouvertures, la fenêtre à Meneau, la cheminée, la colonne d'escalier évoquant toute la richesse architecturale qui l'orna 2 siècles durant.

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Découvrez-le aussi en vidéo.

 

Le château est ouvert :
Juillet et Août de 10h00 à 18h30.
Juin et Septembre de 14h30 à 18h30.
Lors des Fêtes et Journées du Patrimoine.

3 juillet 2012

L'ile Saint-honorat

Pendant le spectacle des "Mousquetaires de Richelieu", on évoque l’île Saint Honorat.

Ma bouteille à la mer jetée par-dessus bord conduira mon message jusqu’à toi Bouton d’Or Saine et sauve, échappée de l’île Saint-Honorat. Je me suis évadée en Méditerranée ......

Mais qui était Saint-Honorat ?

Iles de Lérins

Au large de la baie de Cannes (Alpes-Maritimes), l'archipel de Lérins est composé par de l'île Sainte-Marguerite, l'île Saint-Honorat, l'îlot de la Tradelière et l'îlot Saint-Féréol. Originaires d'une noble famille gallo-romaine, Honorat et son frère Venance reçurent le baptême.
Par désir de perfection, ils cherchèrent à gagner l'Orient, patrie des moines.
Ils s'embarquent pour la Grèce avec un troisième compagnon, épris lui aussi de vie monastique.
En Grèce, Venance tombe malade et meurt.
Honorat regagne l'Occident avec son compagnon. L'évêque de Fréjus, Léonce, leur fait don d'une île de l'archipel de Lérins au large de Cannes, alors déserte (île de Lérina).

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C'est sur l’île de Lérina que vers 410 Honorat d'Arles y fonde le premier monastère.
Cette île deviendra l'île St. Honorat et est depuis 16 siècles un lieu de vie monastique à la recherche de Dieu et perpétue le souvenir d'Honorat d'Arles (375-430) (Saint Honorat).
Longue de 1 500 m, large de 400 m, cette île est privilégiée par la présence d'une source d'eau douce et charme par son calme et par sa beauté.
En 426, saint Honorat quitte son île pour devenir évêque d'Arles Au début du VIe siècle, Lérins est le monastère le plus illustre de la chrétienté.
Malgré de nombreuses attaques sarrasines et espagnoles, il le restera jusqu' à la fin du XVe siècle, début d'une longue décadence.
Entre 1635-1637 : Les îles sont prises par les Espagnols sous les ordres du marquis de Santa Cruz et occupées pendant deux ans. L’île St Honorat sera fortifiée en mettant des batteries de canons sur les chapelles.
1788 voit la fermeture du couvent.
Pendant la révolution, il est confisqué et vendu.
C'est en 1859 que le monastère est rendu au culte et en 1869 aux moines cisterciens.
En 1886, l'ile est rattachée à l'évêché de Fréjus. Actuellement, une communauté de moines très active voit la visite de 70.000 visiteurs pan an.

 
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