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21 juin 2024

La vie au village

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D'après mes grands-parents, avant la tourmente de 1793, le Bocage était recouvert de bosquets et de fourrés épais.
Les terres incultes envahies d'ajoncs rendaient le pays presque impénétrable.
Une seule route traversait la région.

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Dans ce fouillis de verdure se blottissaient de petits villages, à deux ou trois lieues l'un de l'autre (1 lieue= +/- 4,5 km).
Ici et là, émergeait d'une colline un clocher entouré de maison.
Un monde mystérieux d'oiseaux mêlait ses cris au martèlement du métal sur l'enclume.
À travers les haies touffues parvenaient les voix du "bouvier" conduisant son attelage aux champs.
La contrée était calme.

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Mais ce n'est pas sans une certaine frayeur que l'on suivait les chemins encaissés et étroits.
Dans mes jeunes années, j'allais souvent au village voisin porter à mon oncle un panier débordant de produits de notre ferme.
Il était sabotier.
Il travaillait toute la journée, arrivant à peine à satisfaire ses clients.
En été, il fabriquait des sabots de bois de vergne (aulne) plus légers à porter.

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En hiver, le bois d'ormeau très dur et plus lourd ne facilitait pas sa tâche.
En ce temps-là, le village pouvait se suffire à lui-même.
Ne trouvait-on pas un artisan dans la plupart des maisons ?
J'entendais le claquement des métiers à tisser dans les caves.
J'aimais m'arrêter devant le potier.
Sous ses doigts agiles, la terre argileuse devenait, tout à tour, cruche, plat ou écuelle…

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Je parcourais les rues faites de terre battue, empierrées par endroits.
De chaque côté, bâties de plain-pied, les maisons se faisaient faces, attenantes à un bout de jardin.
Des treilles et des poiriers en garnissaient les façades non crépies, aux portes pleines et aux petites fenêtres à barreaux.
Sur une colline toute proche, le vent faisait tourner les ailes d'un moulin.
Le meunier tirait également profit d'une petite rivière où le moulin à eau produisait la farine.

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Les fermiers se ravitaillaient chez lui avant de cuire le pain au four.
Entre-temps, le meunier se faisait rebouteux, guérisseur, arracheur de dents et sa renommée dépassait de loin le village.
On le comptait parmi des "notables" de la bourgade.
Sans nul doute, le forgeron occupait également une place importante au village.
Il avait supplanté les petites forges et les enclumes des fermiers qui, jusqu'alors, fabriquaient ou réparaient eux-mêmes leurs propres outils.

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Toute la journée, son enclume résonnait comme le tintement d'une petite cloche.
Les rues étaient animées par le travail des artisans.
Je m'attardais souvent devant l'atelier du charron, fasciné par le brasier et le cercle de fer chauffé à blanc.
J'étais subjugué par les gestes vifs et calculés que les hommes exécutaient pour poser ce cercle incandescent sur la roue de charrette.
Je revois encore la fumée qui s'échappait et j'entends le grésillement du bois.
Vite un seau d'eau pour refroidir !

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Cela se passait devant l'échoppe du charron.
J'accompagnais les femmes au puits de la petite place.
Le treuil se déroulait vite.
J'écoutais le grincement de la chaîne et le bruit particulier que faisait le seau en tombant dans l'eau.
Avec les garçons de mon âge, que de fois, je me suis penché par-dessus la margelle pour me mirer dans d'eau profonde !
La population vaquait à ses occupations du matin au soir.

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Travail pénible, sans doute, mais les fêtes familiales et religieuses, les noces, la fête du Saint-Patron marquaient un temps d'arrêt.
Malgré la visite des colporteurs qui venaient offrir leurs marchandises, nous allions aux foires très fréquentées dans les environs.
Le soir, nous rapportions "la part de foire" à ceux qui gardaient la ferme.

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C'est Monsieur le Curé, principal personnage du village, seul lettré, la plupart du temps, qui m'avait appris à lire.
Il tenait les registres paroissiaux qui faisaient état d'actes religieux, baptêmes, mariages et sépultures qui cadençaient la vie des gens.
La population rurale se rassemblait aux offices chaque dimanche.
À la sortie de l'église, on aimait se raconter les dernières nouvelles et discuter des travaux de saison.
Ces rencontres se prolongeaient souvent bien après l'heure du repas.

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L'enfant que j'étais, observait cette population active, tenace, attachée à sa terre et qui devait sa prospérité au travail de chacun.
Je connaissais tous les gens.
Malgré leur dure besogne, ils me paraissaient heureux.
J'en conserve une image de bonheur et de sérénité.

J. Maupillier (garde)

20 juin 2024

Vaincre ou Mourir..

19 juin 2024

Dans le Monde Imaginaire de La Fontaine

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17 juin 2024

Les Amoureux de Teruel.

Lors de votre visite dans les entrailles du "Château Renaissance du Puy du Fou", vous passerez dans la crypte où des gisants reposent.

Deux gisants se tenant la main, nous interpellent et pour les passionnés d’histoire, nous font penser aux "Amoureux de Teruel", Isabel de Segura (1197-1217) et Diego Marcilla… les Roméo et Juliette du roman de William Shakespeare.

Mais qui sont les "Amoureux de Teruel" en Espagne ?

Il s’agit de la plus belle histoire jamais racontée d’un amour infini qui perdure depuis plus de 800 ans.

Les Amants de Teruel sont deux personnages légendaires, Diego de Marcilla et Isabel de Segura, morts en 1217.

Diego Marcilla et Isabella de Segura s’aimaient depuis l’enfance malgré la différence sociale des deux familles.

Isabel venait d’une famille riche alors que Diego venait d’une famille noble mais désargentée.

Malgré tout, le jeune homme décide de demander la permission d’épouser la jeune femme au père de cette dernière.

Mais le père ne veut pas que sa fille épouse quelqu’un sans avenir, lui préférant un autre jeune homme de meilleure famille nommé Azagra.

Certes, Diego est incontestablement noble, mais aussi le cadet de la famille et à l’époque, seul l’ainé recevait titres et fortune.

Cependant, le père de la jeune fille lui accorde un délai de cinq années pour qu’il puisse revenir riche et digne d’épouser son amour.

Diego déclare à Isabel qu’il est prêt à aller chercher fortune n’importe où pour se rendre digne du mariage, à condition qu’elle l’attende cinq ans.

Elle le lui promet.

À l’époque, la meilleure façon de s’enrichir était de partir à la guerre.

C’est ce que Diego décide de faire.

Il s’engage alors dans les troupes chrétiennes de Pedro II d’Aragon, en lutte contre les musulmans qui occupaient l’Espagne.

Il participe d’ailleurs à la célèbre bataille de Navas de Tolosa en 1212, l’une des batailles décisives de la Reconquête, que les chrétiens ont remportée sur les musulmans.

Pendant ce temps, Isabel est harcelée par son père pour prendre un mari.

Elle réussit à retarder les épousailles, au moyen de divers stratagèmes, tout en voulant honorer sa promesse d’attendre Diego durant les cinq ans.

Puis un jour, un soldat, de retour de la bataille de Muret (à quelques kilomètres de Toulouse), raconte avoir vu Diego mourir sous ses yeux en combattant les Maures aux côtés des Cathares.

Ce soldat, (les mauvaises langues parlent d’un soldat français) aurait apparemment été soudoyé par la famille Segura qui voulait marier sa fille au plus vite…

En 1217, à l’expiration des cinq années, Diego n’étant pas revenu, le père d’Isabella l’oblige à épouser Pedro de Azagra, fils du Seigneur d’Albarracin.

Au bout des cinq ans, riche et victorieux, Diego arrive à Teruel pressé de revoir et de demander la main de sa bien-aimée.

C’est alors qu’il apprend que le son des cloches, la musique et les cris de joie des villageois sont pour un mariage, celui d’Isabel de Segura avec Pedro de Azagra.

Diego ayant tenu sa promesse, fou de rage et de désespoir, se faufile dans la chambre du jeune couple et réveille Isabel en la suppliant de l’embrasser, comme dernière preuve d’amour car il était convaincu qu’il allait mourir de douleur.

Ce baiser qu’il avait tant désiré pendant les longues et dures années de batailles.

Bien qu’Isabella folle amoureuse de Diego, elle ne cède pas.

Étant à présent mariée et ne veut pas offenser son mari, le lui refusa car si Dieu ne voulait pas de leur union, alors elle ne pouvait même pas lui donner un baiser.

Juan la prie de nouveau, mais elle refuse encore et c’est là qu’il tombe au sol et meurt, à la grande surprise de la jeune mariée.

Les époux emmènent secrètement le corps dans la maison de leur père et celui-ci lui offre des funérailles solennelles dans l’église de San Pedro.

Le lendemain, Isabel, accablée par le chagrin d’avoir perdu son grand amour, rentre dans l’église San Pedro où se déroulent les funérailles de Diego, elle s’approche du corps de son bien-aimé, soulève le linceul, s’allonge sur son corps et l’embrasse intensément lui donnant le baiser qu’elle lui avait refusé de son vivant.

Lorsqu’une personne de l’assistance voulut la relever, elle ne put que constater que son cœur avait lâché à son tour et qu’elle aussi avait expiré dans cette suprême étreinte.

Et c’est alors que… les deux familles effondrées, réconciliées par le drame, et le mari d’Isabel pour un jour, Pedro de Azagra, au cœur noble, sont tellement touchés par cette histoire d’amour, qu’ils décident de les enterrer ensemble côte à côte pour qu’ils ne soient plus jamais séparés.

Et depuis lors, l’histoire les connaît comme les "Amoureux de Teruel".

En 1555, au cours de travaux réalisés sous la chapelle du cloître San Pedro à Teruel, furent retrouvés les corps momifiés d’un jeune homme et d’une jeune fille que la rumeur populaire attribua immédiatement à ceux de Diego et d’Isabella.

C’est ainsi que commença la Légende des Amants de Teruel.

En 1578, les corps furent transférés dans la chapelle des saints Côme et Damien.

Dès 1619, le notaire Yagüe de Salas et Juan Hernández font paraître un document intitulé "Histoire des Amants de Teruel" qui confirme une tradition orale et écrite antérieure, faisant référence à certains événements tragiques survenus en 1217, affirmant qu’Isabel avait vingt ans lorsqu’elle s’est mariée et est décédée.

L’auteur du document s’est sans doute inspiré d’une tradition antérieure, avec de nombreux éléments cohérents avec l’époque en termes de personnages et de familles, de situations dans leurs foyers et de dates d’événements ; les traditions et les récits se multiplient avec la découverte des momies attribuées aux amoureux.

En 1635, le dramaturge Tisso de Molina en fit une pièce de théâtre qui fut reprise en 1837 par Juan Hartzenbuch dans le goût romantique de son époque.

En 1889 Tomas Breton écrivit un opéra sur ce sujet.

1962, en France, Raymond Rouleau en fit un film et Edith Piaf une sublime chanson.

Isabel et Diego reposent dans un magnifique mausolée construit en 1955 par Juan de Ávalos y Taborda (1911 – 2006), rattaché à l’église de San Pedro où on les avait retrouvés.

Depuis 1578, des centaines de milliers de visiteurs du monde entier viennent leur rendre hommage chaque année.

Et pour célébrer le quatrième centenaire de la découverte des deux corps, le sculpteur Juan de Ávalos commença à travailler à des sculptures qui conservent encore la position poignante des corps retrouvés dont les mains ne se touchent jamais, comme symbole d’un amour inachevé.

Les gisants de Turuel sont en albâtres et placées sous une voûte peinte de rinceaux dorés et blancs sur fond noir, avec un lanternon en trompe-l’œil.

Les deux momies reposent dans les socles de marbre ajouré, soutenus par un ange de bronze pour Isabella et un lion pour Diego.

Le monde hispanophone connaît bien leur histoire grâce aux nombreuses sculptures, peintures et œuvres littéraires à leur sujet.

Tout le monde a probablement lu Roméo et Juliette de Shakespeare au lycée, mais peu connaissent la véritable histoire ayant servi d’inspiration à l’auteur.

Comme beaucoup de villes européennes, Teruel revendique être le berceau de l’histoire de ces amants.

Et si un jour, vous êtes de passage en Espagne, on vous jurera que Shakespeare a basé son histoire sur un couple habitant la ville.

Mais, les histoires d’amants, dans le sens premier d’amoureux, qui ne se retrouvent dans la mort sont fréquentes dans les traditions populaires :

- Tristan et Yseut en Armorique.

– Roméo et Juliette en Italie.

– Inès de Castro et Pedro 1 au Portugal.

– Devdas et Parvoti en Inde.

14 juin 2024

Bal des Oiseaux Fantômes

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12 juin 2024

La "Pax - Romana"

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En 52 av. J.-C., les Gaulois sont définitivement vaincus par les légions de César…
En quelques décennies, un monde nouveau apparaît, mêlant culture romaine et traditions gauloises.

Une civilisation originale naît : la civilisation gallo-romaine.
Mais un petit retour en arrière s'impose pour comprendre cette histoire !
Vers 120 av. J.-C, les Romains avaient conquis le sud-est de la Gaule, entre Italie et Espagne : la Narbonnaise.

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En 58 av. J.-C, le gouverneur de cette province s’appelle Jules César (-0100 à -0044) et son appétit de conquêtes est grand.
Une occasion va lui permettre de satisfaire ses ambitions.
Il est appelé à l’aide par un petit état gaulois des bords du Rhin, menacé par les Germains.
Non content de repousser les envahisseurs, César profite de l’opportunité pour s’emparer des territoires de l’Est et puis, il pousse jusqu’à la Manche et l’Atlantique.
En deux ans, il réussit à conquérir toute la Gaule… Toute ? Du moins, le croit-il, !!!.
Les Gaulois ne supportent pas d’être traités en sujets.
Une révolte éclate dans le Nord et le Nord-est.

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Les Romains, pour la mater, brûlent, saccagent les villages, massacrent les habitants, les vendent comme esclaves.
L’exaspération grandit et, en 52 av. J.·C, se déclenche une véritable guerre de libération.
Les peuples de Gaule s’unissent sous la direction d’un chef arverne : Vercingétorix (-0082 à -0046).
Le jeune guerrier emploie une nouvelle tactique.
Il refuse le combat, harcèle l’ennemi lors de brèves escarmouches.

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Il pratique aussi la "terre brûlée" pour que les légions ne puissent pas se ravitailler.
Les Romains s’épuisent et ils échouent même devant Gergovie (au sud de Clermont-Ferrand), la capitale de Vercingétorix et doivent battre en retraite vers la Narbonnaise.
Une bravade de quelques dizaines de cavaliers gaulois allait changer le cours des événements.
Un jour, près de Dijon, de "jeunes fous" se lancent contre un camp ennemi.
Ils sont repoussés, poursuivis et "piégés" dans la ville haute d’Alésia (Alise-Sainte-Reine).

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Les légionnaires accomplissent un travail de "Romains" élevant deux lignes de fortifications.
L’une face à la ville, l’autre face à l’extérieur.
Assiégés et armées de secours s’y brisent.
Ayant perdu tout espoir, Vercingétorix se sacrifie pour essayer de sauver ses compagnons.
Il se livre à César qui, pendant six ans, le gardera prisonnier à Rome et le fera étrangler au soir de son triomphe.
La chute d’Alésia marqua la fin de la guerre.
Huit ans avaient suffi pour conquérir la Gaule.

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Malgré les morts et les destructions perpétrées par les vainqueurs, les Gaulois vont accepter facilement la domination romaine et se "romaniser".
Ils apprécient la paix, la fameuse "Pax Romana" qui va faire de la Narbonnaise, de la Belgique, de la Lyonnaise et de l’Aquitaine, les provinces les plus riches de l’Empire au 1er, et 2ème siècles.
Comme dans tous les pays conquis, les Romains encouragent la construction de routes pour faciliter les échanges, et aussi pour que les légions puissent circuler vite et aisément, si jamais une révolte éclatait…
Droites, protégées, balisées, bien entretenues, les "voies" sont jalonnées de relais pour se reposer et changer les chevaux.

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Des villes, bien organisées, aux plans réguliers, remplacent les anarchiques bourgades gauloises. Narbonne, Arles, Vienne, Nîmes, Béziers, Orange, Fréjus, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Autun, Lyon, la capitale des Gaules, peuvent rivaliser avec les plus belles villes italiennes.
On construit des arènes dans lesquelles les citadins assistent à des courses de chars et des combats de gladiateurs.

  • PUY_0125(Musée de Xanten - Allemagne).

On élève des temples pour célébrer le culte impérial, des arcs de triomphe en l’honneur des généraux vainqueurs, des théâtres où se joue la tragédie.
Des thermes permettent de se laver et de se détendre dans les différents bains : du froid au chaud, en passant par le tiède.
On peut aussi y pratiquer le sport et la lecture.
L’eau qui alimente les thermes et les habitations est amenée par des aqueducs, sans doute les plus belles constructions inspirées par les Romains.

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En Gaule, le plus célèbre est le pont du Gard, avec ses 275 mètres de long et ses 49 mètres de haut.
Il conduisait à Nîmes des eaux de sources captées près d’Uzès et permettait, à chacun des 50 000 habitants de la ville, de recevoir 40 litres d’eau par jour (que des égouts évacuaient après utilisation).
Dans ces villes "modernes", les Gaulois vivent comme des Romains qui deviennent des "Gallo-romains" qui adoptent peu à peu la langue latine.
Une langue latine souvent déformée, car elle est véhiculée par des soldats, des commerçants qui ne parlent pas forcément la langue de Cicéron (-0106 à -0043).
De ce "bas-latin" naîtra la langue romane, première étape vers le français.

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Si les "Gaulois des villes" changent et se romanisent, ceux "des champs" restent fidèles à leurs habitudes ancestrales, même s’ils travaillent dans des domaines agricoles, organisés à la "Romaine" : les "Villae", autrement dit les Villas "Gallo-Romaine".

10 juin 2024

Le Mime et l'étoile.

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7 juin 2024

Quand j'avais dix ans

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J'avais à peine dix ans.
Comme la plupart des enfants de mon âge j'allais garder les vaches aux champs.
Chez nous, autrefois, c'était toujours à partir du printemps, aussitôt la traite du matin, que l'on menait paître les vaches.
Je me souviens, j'avalais rapidement une soupe et mon panier sous mon bras, le bâton à la main, je conduisais le troupeau dans le pré de la vallée ou parfois dans la grande prairie proche de la ferme nommée "la Pré".

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Près de moi, mon chien Médor me suivait fidèlement et m'assurait protection.
Avec mes petites jambes, je n'arrivais pas à régler ma marche sur celle du troupeau déambulant à une cadence rapide dans le chemin encaissé qui conduisait à la pâture.
La fraîcheur du matin ravivait mon esprit. La campagne était belle.
J'admirais, dans les buissons, les premières églantines embuées de rosée.
Les oiseaux, débordant de vie, piaillaient autour de leurs nids.
Mon troupeau connaissait le chemin et se dirigeait seul vers l'entrée du pré dont la barrière était ouverte.
C'est non loin de là que je m'installais sur deux grosses pierres, lieu privilégié pour mon repas de midi.
Je connaissais toutes les vaches par leur nom.

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Roussette était ma préférée.
Tout le jour, elle restait en ma compagnie et ne cherchait pas à s'éloigner.
Si une vache essayait de franchir la haie, Médor intervenait aussitôt.
Les journées me paraissaient longues.
J'apercevais quelquefois Germaine, notre voisine, qui suivait les cinq ou six vaches de sa borderie, dans la "chintre" du champ d'à côté.
Elle venait me parler par-dessus le buisson.
Je m'occupais avec des riens.
Je confectionnais des petites chaises, des paniers et des corbeilles avec des joncs.
Je tailladais dans des branches avec mon couteau pour fabriquer des sifflets, des bœufs, des petites charrettes.
Dans le ruisseau qui traversait la prairie, je pêchais des vairons.
Je n'avais qu'une ligne très rudimentaire composée d'une baguette, d'un fil et d'une épingle retournée où j'accrochais une sauterelle.
J'attrapais aussi des sangsues que j'allais vendre un bon prix !

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Le contact avec les animaux et cette vie en pleine nature me convenaient.
Je savais que mes petits frères et mes cousins viendraient me rejoindre.
Nos imaginations permettraient alors d'envisager toutes sortes d'amusement pendant ces moments de liberté.
Nous grimpions aux arbres.
Avec les grandes branches, nous réalisions des balançoires.
Nous jouions à saute-mouton ou à cache-cache parmi les vaches, indifférentes à nos jeux d'enfants.
Les grandes filles tricotaient.
Quand ma tante venait me remplacer, elle ne perdait jamais de temps.
Souvent, elle commençait des dentelles au crochet ou bien, elle reprisait des chausses et des bas troués.
Elle emportait aussi la quenouille (emblème de la bergère) pour filer le lin.
Les bêtes rentraient à la ferme le soir quand le maître nous appelait avec sa corne.
Quand j'avais dix ans, j'accompagnais également les valets aux labours, à la fenaison, à la moisson, aux vendanges.
J'allais passer la bineuse dans les choux.
Mais c'était surtout avec mon grand-père que je travaillais le plus souvent.

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Je me rappelle le soir lorsqu'il a remisé pour la dernière fois ses outils dans la grange.
Il les a regardés longuement et il est sorti.
Je l'ai vu contempler avec mélancolie "ses terres" sur lesquelles il s'était acharné toute une vie.
Maintenant ses jambes ne pouvaient plus le porter.
Ce soir-là, il alla reprendre sa place à la table parmi les siens, mais il était triste, il ne parlait pas.
Depuis ce jour, il me voulait toujours avec lui.
Il m'apprenait à nettoyer les oignons et les ails.
Je faisais des petits travaux du jardin.
J'écossais les petits pois et les haricots de semence.
Je battais le "mogette" et il fallait ramasser à genoux les grains éparpillés.
Quand j'avais dix ans, j'aimais me rendre utile.
Je commençais à connaître déjà le dur labeur du paysan.
La sueur perlait sur mon front juvénile.
Je faisais la joie de mon grand-père qui voyait grandir en moi une nouvelle génération.

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"D'hommes de grand matin, durs au mal, d'hommes du soir à la lourde démarche des gros sabots de bois et d'hommes de granit tassé avant l’âge qui prennent les saisons comme elles viennent.

Jacques Maupillier (Garde)

6 juin 2024

Le Char Sherman, Icône de la seconde Guerre Mondiale.

En première lecture. Un article complet sera bientôt disponible sur www.puystory.com. Cliquez sur la photo pour visualiser la synthèse sur l'histoire de ce char.

 

5 juin 2024

A la Citadelle du Puy du Fou.

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